East London

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Une prison de mensonges  Solo 

~DECEMBRE 2041~
Thème musical

Elina laissait ses pas la guider dans les rues de Londres, recouvertes de quelques centimètres de neige tombés la nuit même. Cela avait beau être les vacances, l'adolescente était soucieuse. Elle avait les sourcils légèrement froncés alors qu'elle ressassait les récents événements. Elle avait reçu un hibou pour le moins surprenant de ses parents juste après le bal de Noël. Dans leur lettre, ils lui demandaient de se rendre à Pré-au-Lard dès le lendemain. Sa mère ayant bien précisé qu'elle savait sa fille en possession d'une carte du maraudeur et qu'elle ne tolérerait donc ni retard, ni absence. Quand Elina s'était rendue sur place le lendemain, elle avait trouvé son père, patientant devant la vitrine de chez Honeyduck. Sans lui donner plus d'explications, il lui avait annoncé qu'elle passerait la fin des vacances d'hiver à Londres et qu'une lettre avait d'ors et déjà été envoyée à Poudlard pour expliquer ce brusque changement de programme. Sans autre forme de procès, son père les avait fait transplaner et Elina était arrivée à Londres plus que nauséeuse en raison de l'effet combiné du transplanage et de l'anxiété que cette situation inhabituelle engendrait. Elle s'était attendue à ce qu'on lui annonce une mauvaise nouvelle ou du moins une nouvelle d'une gravité permettant d'expliquer ces mesures drastiques. Au lieu de quoi, elle avait été accueillie comme si sa présence était tout à fait normale. On aurait difficilement cru que Frank et Isabella Montmort venaient d'arracher leur fille a Poudlard au beau milieu des vacances d'hiver pour des raisons plus que troubles. Le désarroi de la Poufsouffle n'avait fait que croître lorsqu'elle avait constaté que le temps passait et que sa famille continuait de se comporter comme si de rien n'était. Loin de calmer les inquiétudes d'Elina, cette apparente normalité en était devenue oppressante. Elle lui semblait artificielle, surfaite. Comme si ses parents avaient voulu vivre normalement aussi longtemps qu'ils le pouvaient avant de lui parler. Cette attente dura jusqu'à la veille de son retour à Poudlard via le Poudlard express.

Ce n'était que le matin même, alors qu'elle était arrivée à Londres depuis quelques jours déjà, que sa mère lui avait annoncé qu'elles devraient avoir une discussion quand elle rentrerait du travail. Cette annonce aurait probablement dû inciter Elina à se tenir sur le qui-vive, mais elle était plutôt rassurée de savoir qu'elle ne serait bientôt plus dans l'ignorance. Quoiqu'il en soit, il lui avait fallu occuper cette journée et elle était si tendue qu'elle ne parvenait pas à se concentrer sur ses devoirs. Elle avait fini par enfiler quelques couches de vêtements supplémentaires et des bottes avant de sortir prendre l'air. Risquer un rhume était toujours mieux que tourner en rond toute la journée a en user le plancher. Elle connaissait le Chemin de Traverse comme sa poche depuis que son père y tenait une boutique, aussi avait-elle décidé de s'aventurer au-delà. Elle avait dû traverser le Chaudron Baveur pour se retrouver dans le Londres moldu. C'était là qu'elle se trouvait à ce moment même. Elle n'avait pas cherché à déterminer une quelconque trajectoire, elle se contentait de laisser ses pieds la guider, tandis que ses pensées se bousculaient sous son crâne. Elle ne s'expliquait pas l'attitude de ses parents. Visiblement, c'était sa mère qui avait finalement pris la décision de la rappeler à Londres. Il y avait forcément une explication. Isabella Montmort ne faisait jamais rien sans de bonnes raisons. Mais aucune des hypothèses que pouvait faire Elina n'était satisfaisante. Elle emprunta le Tower Bridge, espérant qu'explorer une partie de Londres qu'elle connaissait mal lui donnerait suffisamment matière à s'occuper pour qu'elle cesse de retourner les mêmes questions dans tous les sens comme si cela allait lui permettre d'en trouver les réponses.


**Quelques heures plus tard**


Le soleil commençait déjà a décliner et Elina n'avait aucune envie d'attendre que la température baisse davantage. Elle se décida a rebrousser chemin. A moins que des imprévus poussent sa mère a faire des heures supplémentaires, elle ne tarderait pas non plus à rentrer du travail et Elina en avait plus qu'assez d'attendre qu'on veuille bien lui donner quelques explications. Elle avait rapidement atteint le niveau du Tower Bridge, mais s'arrêta brusquement avant de s'y engager. Quelqu'un lui faisait face tout en se tenant ostensiblement au beau milieu du trottoir. Et ce quelqu'un ne semblait pas vouloir bouger.

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**Quelques heures plus tôt**


Un craquement se fit entendre alors qu'un sorcier apparaissait dans l'allée des embrumes. Quelques regards se posèrent sur le nouveau venu pour le jauger avant de s'en désintéresser. Personne ne s'attardait a regarder trop longuement un autre sorcier dans cet endroit. Personne ne voulait provoquer involontairement le mauvais sorcier. Un instant plus tard, personne ne lui prêtait plus attention. Il faisait parti du décors. Le nouveau venu ne mis pas longtemps a trouver le tronçon de ruelle qui débouchait sur le chemin de Traverse bien que ce fut la première fois qu'il mettait les pieds à Londres. Il mis a profit l'heure qui suivit pour se familiariser avec les lieux. Cela lui serait forcément utile par la suite. Après une attente relativement courte, il avisa la personne qu'il cherchait, sortant par la porte de côté d'un magasin de botanique. La silhouette fine, presque fragile et de longs cheveux blonds qui atteignaient le bas de son dos, elle était facilement reconnaissable. Il la vit saluer quelques commerçants qui semblaient la connaître. Cela n'avait rien de surprenant compte tenu du fait que sa famille vivait au dessus du magasin de botanique de son père. Elle fut également arrêté a quelques reprises par des familiers du Chemin de Traverse qui avaient visiblement beaucoup de choses a lui dire. Cela le fit pester intérieurement. Il finirait par sembler suspect s'il ne cessait de s'arrêter brusquement devant une quelconque vitrine pour feindre de s'y intéresser ! Néanmoins, quand elle s'engouffra dans un pub dont l'enseigne indiquait « Chaudron Baveur », il l'avait eu suffisamment longtemps sous les yeux. Il plongea la main dans l'une de ses poches pour en extraire une carte de Londres. C'était une carte d'apparence tout a fait anodine, si ce n'est le petit point rouge qui s'y promenait...

****

Cette carte de Londres lui avait finalement été très utile. Grâce a elle, il avait pu suivre sans effort les déplacements de la jeune fille. Celle-ci avait erré dans les rues de la ville sans but déterminé et semblait maintenant revenir sur ses pas. S'il en croyait la carte, elle passerait obligatoirement par le Tower Bridge, a moins de faire un large détour. Elle serait très probablement de nouveau sur le Chemin de Traverse avant que la nuit ne tombe tout a fait. Il rangea soigneusement la carte dans la poche de son long manteau d'hiver et s'apprêta a reprendre sa route quand il se ravisa brusquement. Avec un rapide volte face, il pris résolument la direction du Tower Bridge.
Quand la jeune fille blonde atteignit les abords du pont, il était déjà là, accoudé a la rambarde. Il attendit qu'elle arrive presque a sa hauteur pour se placer en travers de sa route. Quand elle constata qu'on lui barrait le chemin et qu'elle leva les yeux vers son visage, elle montra aucun signe qui aurait laissé penser qu'elle l'avait déjà vu. Elle ne l'avait donc pas remarqué sur le Chemin de Traverse, ni même plus tard dans la journée ? Avec un instinct aussi inexistant, comment avait-elle pu survivre au Tournoi des Trois Sorciers ? Sans parler de le remporter... Qu'importe, il se fichait bien de cette compétition sans intérêt. Il sentit un léger rictus étirer ses lèvres tandis qu'il prononçait d'une voix aussi calme que s'il parlait de la pluie et du beau temps.

« Bonsoir,... »
Il pris le temps de savourer par avance l'effet de ce qui suivrait et ses yeux s'étrécirent légèrement comme ceux d'un chat devant un bol de crème « … petite sœur. »

Il ne fut pas déçu. L'adolescente s'était figée et il pouvait aisément imaginer la tempête qui devait faire rage sous son crâne. Son sourire tordu s'élargit encore. Mais cet instant de jubilation fut troublé par la désagréable stridulation du carillon de l'un de ces engins a deux roues sur lesquels les moldus s'échinaient pour avancer. Il ne quitta l'adolescente des yeux qu'un instant pour jeter a l'importun un regard peu amène, mais cela suffit. Quand il voulu le reporter sur la jeune fille qui lui faisait face, celle-ci avait disparue. Enfin, pas tout a fait, il eut le temps de voir sa chevelure blonde disparaître dans une ruelle toute proche. Le jeune sorcier soupira avant de passer la main dans ses cheveux mi-long pour ramener en arrières quelques mèches échappées. Elle connaissait forcément mieux Londres que lui et il n'était pas d'humeur a jouer a cache-cache. De toute manière, il savait où elle finirait par réapparaître. Il n'avait qu'a s'y rendre et attendre qu'elle vienne bien gentiment se jeter d'elle-même dans la gueule du loup. Il laissa échapper un ricanement presque imperceptible. Il devait bien lui accorder qu'elle avait réagit plus vite que ce a quoi il s'était attendu.

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En d'autres circonstances, Elina se serait contentée de contourner l'obstacle et de continuer sa route. Mais quand elle avait levé les yeux vers l'importun, elle n'avait pu que constater que celui-ci la fixait. C'était un jeune homme qui devait avoir a tout prendre cinq ou six ans de plus qu'elle. Un adulte donc, aux yeux de la loi. La Poufsouffle n'était pas particulièrement petite, elle était même plutôt grande pour son âge, mais il la dépassait d'une bonne tête. Il avait les cheveux mi-long, étrangement blancs au vu de l'âge qu'il semblait avoir, et la peau mate. Mais ce furent ces yeux qui la surprirent le plus. Ils étaient dorés, comme ceux d'un loup. Elle l'aurait trouvé beau si ce n'était le plis glacial que ses lèvres tentaient de faire passer pour un sourire et la tension qui s'était emparée d'elle. Elle reconnaissait cette tension. Elle l'avait déjà ressentie dans le Dominion lors de la dernière épreuve du Tournoi. C'était bien loin de la terreur qui l'avait saisie face à Stanislav Stoyanov, mais quelque chose lui hurlait que ce jeune homme était dangereux lui aussi. Mais ce qu'elle redoutait pris une forme inattendue.

« Bonsoir,... » La pâle imitation de sourire s'élargit : « ...petite sœur. »

La voix était légèrement traînante, presque ronronnante et trahissait un fort accent français, mais elle n'y prêta pas attention. Elina s'était figée, comme subitement frigorifiée. Peut-être avait-elle mal entendu ? Qui était ce jeune homme qui l'appelait ''petite sœur'' ? Elle voulait fuir le regard doré, mais ne parvenait pas a s'en détacher. Elle avait l'impression d'être comme la proie de l'un de ces serpents a la morsure mortelle ; terrifiée, mais incapable de bouger.

L'avertisseur d'un vélo la tira de sa torpeur. Une fraction de seconde plus tard, le moldu traversait l'espace qui la séparait de l'inconnu, captant un instant les pupilles ambrées. Comme si cela l'avait subitement libéré de chaînes invisibles, ses réflexes de finisseuse prirent le relais. Elle tourna les talons et se mis a courir aussi vite qu'elle le pouvait. Elle s'engouffra dans la première ruelle venue et continua de courir sans chercher a savoir si elle avait été suivit. Elle ne savait pas si elle cherchait a fuir le jeune homme ou bien les paroles qu'il avait prononcé, mais elle avait au moins une chance de semer l'un a défaut de pouvoir chasser l'autre. Elle couru jusqu'à ce que ses poumons la brûlent et lui demandent grâce. Quand elle s'arrêta, elle jeta des regards en tout sens et, voyant qu'elle n'avait pas été suivie, s'adossa a un mur pour reprendre son souffle. Ses vêtements d'hiver étaient maintenant étouffants et lui collaient désagréablement a la peau. Elina se laissa glisser jusqu'à s'asseoir sur une parcelle de neige encore intacte.

Elle commençait a se calmer tandis que son souffle formait de petits nuages de vapeur dense. Le froid l'aidait a recouvrer ses esprits. Elle avait couru sans prêter attention a la direction qu'elle prenait et il semblait bien qu'elle avait réussit a se perdre, mais pour l'instant elle s'en moquait éperdument. Les mots de l'inconnu ne cessait de résonner dans sa tête et ses pensées avaient finit par abandonner l'anglais pour trouver le réconfort de sa langue natale. Les sonorités gutturales de l'allemand parvenaient a l'apaiser efficacement tant elles étaient éloignées de l'aspect ronronnant de la voix de celui qui se prétendait son frère. Parmi les pensées désordonnées qui fusaient, deux mots revenaient sans cesse, cherchant a s'imposer par la force. *Unmöglich!* 1 *Lüge!* 2 Deux mots auxquels ne tarda pas a se joindre un troisième : *wie?* 3 Elina repoussa ce troisième mot avec autorité. Il n'y avait pas de « Comment ? ». Il n'y avait pas même de « Pourquoi ? ». Ces questions ne se posaient pas, ces questions n'existaient tout simplement pas car il n'y avait rien. Rien de plus qu'un mensonge. Mais une petite voix incidieuse tenait a ce qu'elle entende sa question : « Quel intérêt pour lui de mentir? ». Elle la chassait rapidement, mais la petite voix saisissait chaque occasion, chaque faille pour revenir a la charge. « Quel intérêt pour lui de mentir? » Elina repoussa a nouveau la question. Il n'y avait pas besoin qu'elle connaisse la raison pour que raison il y ait. Il sautait au yeux qu'ils n'étaient pas du même sang! Que ce soit la couleur de ses yeux ou de ses cheveux. Même la couleur de sa peau! Cela ne collait pas et cela ne pouvait pas coller. *Unmöglich!* *Lüge!* Mais la petite voix haïe reprenait de plus belle : N'y avait-il pas dans ce visage certains des traits fins de sa mère? N'y avait-il pas dans sa stature quelque chose qui rappelait étrangement son père? Mais Elina restait sourde a ces questions. Ou du moins faisait semblant de l'être.


1 : impossible!
2 : mensonge!
3 : comment?

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Il fallut que le froid recommence a l'assaillir pour qu'elle se décide a bouger. La chaleur de la course s'était entièrement dissipée et la nuit était déjà presque tombée. Elle commença par se diriger vers une rue plus fréquentée, puis se mis en quête d'un arrêt de bus. C'était le moyen le plus rapide et le plus sûr de rentrer au Chemin de Traverse. Il était hors de question de prendre le risque de croiser a nouveau l'inconnu. Heureusement, trouver un bus ne lui posa pas trop de difficultés. Elle paya son trajet avec les quelques livres qu'elle avait en poche et se cala dans l'un des sièges de plastique moulé revêtu de tissus a motifs géométriques assez repoussants. Il y avait déjà de nombreux passagers et plus encore montèrent a l'arrêt suivant. Aucun ne prêtait attention aux autres personnes présentes, pressés qu'ils étaient de rentrer chez eux après une journée de travail. Elina, quant à elle, observait chaque visage, le temps de déterminer si elle le reconnaissait. A son grand soulagement, les seuls cheveux blancs qu'elle vit étaient ceux d'une vieille femme au cabas débordant littéralement de ses achats. S'inquiéter et rester aux aguets avait au moins permis à Elina de ne pas voir le temps passer et de ne pas penser à ce que lui avait dit l'inconnu. Lorsque vint son arrêt, elle se leva de son siège, la démarche mal assurée, pour se rapprocher des portes alors que le bus n'était pas encore à l'arrêt. Un instant plus tard, elle prenait pied sur le trottoir qui faisait face au chaudron baveur. Un coup d'oeil à droite et à gauche lui appris du même coup qu'aucune voiture ne venait dans sa direction et qu'aucun individu suspect au cheveux blanc ne semblait traîner dans les parages. Elle traversa rapidement la route et passa la porte du chaudron baveur avec l'impression d'avoir atteint un lieu d'asile. Elle retrouvait la chaleur, la lumière et même, certains visages connus. A présent, sa mésaventure lui semblait n'être ni plus ni moins qu'un mauvais rêve, les lambeaux d'un cauchemar difficile a oublier. Elle se détendit, se laissa même aller a sourire. Elle allait bien, tout était normal. Rien n'avait changé et les évènements de l'après-midi n'avait eu aucune incidence. Sauf peut-être de lui assurer un sermon bien senti de la part de sa mère. Elle venait tout juste de faire cette constatation et senti immédiatement remonter son niveau de stress. Elle aurait dû être rentrée depuis au moins une heure maintenant. En toute hâte, elle se dirigea vers le mur de briques qui servait de passage vers le chemin de traverse.

Celui-ci ne s'était même pas encore refermé qu'elle descendait le Chemin de Traverse à toute vitesse, manquant de glisser par endroit, là où la neige avait été tassée par les passages fréquents des piétons au point de se transformer en plaque de givre. Un dérapage plus ou moins contrôlé faillit lui faire dépasser la boutique de son père. Elle se rattrapa de justesse au chambranle de la porte heurtant plutôt violemment le cadre de bois. Tout en pestant et massant son épaule douloureuse, elle gagna la porte de côté. Son geste s'arrêta alors qu'elle allait sortir ses clefs. Elina marqua un instant d'hésitation avant d'imposer une légère pression à la porte... qui lui céda le passage sans la moindre résistance. Personne n'oubliait jamais de fermer une porte dans sa famille. Ce n'était pas normal. Elle eut une pensée douloureuse à l'égard de sa baguette soigneusement rangée dans sa malle. Pourquoi avait-il fallut qu'elle obéisse aux instructions de sa mère lui interdisant d'emporter sa baguette si elle se rendait dans le Londres moldu? Si elle lui avait désobéit, elle ne se retrouverait pas aussi vulnérable a ce moment même. Décidément, les souvenirs revenaient la hanter aujourd'hui. Elle se revoyait sans baguette, enfermée dans les geôles du Dominion et le même constat s'imposa à elle. Si, contrairement à la majorité des sorciers, elle comptait un peu moins sur sa baguette, elle ne serait pas une proie aussi facile en ce moment même. Cela dit, quelle était la menace? Une porte avait été laissée ouverte... Cela ne voulait peut-être rien dire... Mais avec la rencontre qu'elle avait faite un peu plus tôt, elle ne parvenait pas a s'en convaincre. Elle n'allait quand même pas aller frapper chez un voisin et lui demander de l'accompagner pour si peu? Et à cette heure, il n'y avait plus grand monde sur le Chemin de Traverse en dehors de quelques rares sorciers pressés de rentrer chez eux. Elle se résigna a entrer avec l'impression de faire le mauvais choix. Tout son corps était tendu comme pour bondir vers la sortie au moindre bruit suspect, mais il n'y avait pas le moindre bruit. Elle n'entendait aucun bruit de pas, pas même le murmure d'une conversation. L'adolescente tenta d'actionner l'interrupteur des escaliers, mais celui-ci refusa de remplir son office. La monté des marches qui menaient a l'appartement où elle vivait avec ses parents lui sembla durer une éternité. Chaque craquement que faisait le bois sous ses pas la faisait frémir alors même qu'elle se morigénait mentalement de céder à la paranoïa. Pourtant, le terme de « paranoïa » disparut de son esprit dès lors qu'elle mis un pied dans l'appartement.

Les lieux étaient plongés dans l'obscurité et un silence de plomb alors même qu'ils auraient dû être clairs et chaleureux. Elina demeura un moment figée en haut des escaliers. Elle n'osait pas faire un pas de plus dans l'appartement, pas même pour aller jusqu'à l'interrupteur le plus proche, préférant laisser à ses yeux le temps de finir de s'acclimater. Avec une lenteur angoissante, elle commença a distinguer les contours de quelques meubles. Malheureusement pour elle, les volets étaient fermés et ne laissait pas filtrer la lumière des lampadaires de la rue. Après quelques minutes passées dans l'immobilité et le silence le plus complet, elle se convainquit que si quelqu'un attendait tapis dans l'ombre il lui serait déjà tombé dessus et elle se décida à se risquer jusqu'à l'interrupteur. Elle fit quelques pas prudents... et s'arrêta net. Son coeur manqua un battement. Il y avait quelque chose au sol. Une forme aux allures... humaines? Elle n'y tint plus, en un bon elle était sur l'interrupteur et l'actionna. Eblouie par le retour brutal de la lumière, elle dû plisser les yeux et cru que son coeur allait s'arrêter pour de bon. Le temps de réaliser que la tâche écarlate qui s'épanouissait sous la silhouette allongée n'était due qu'à la coloration excentrique de sa tante. Car c'était bel et bien Ingrig Fawley qui était étendue au sol, apparemment inconsciente. Car elle ne pouvait qu'être inconsciente n'est-ce pas? Sonnée par cette découverte, Elina contourna lentement le corps allongé comme dans un ralenti pour s'accroupir à ses côté. Après une hésitation craintive, elle se saisit du poignet de sa tante pour y chercher un pouls. La peau était chaude, mais elle ne sentait rien. Elle déplaça précautionneusement son pouce, cherchant toujours une trace de pouls. Les secondes s'égrainaient, implacables, douloureuses, et elle cherchait toujours. Quand finalement elle sentit un léger battement sous son pouce, elle émis un son étranglé entre le rire nerveux et le hoquet alors que des larmes dégringolaient le long de ses joues pour disparaître dans la chevelure écarlate de sa tante. Pendant un instant, un instant terrible elle avait cru que... qu'elle était...

Ses larmes se tarirent brusquement alors qu'elle prenait conscience qu'elle n'avait vu nulle trace de ses parents et que la pièce principale dans laquelle elle se trouvait était dans un désordre indescriptible. On aurait pu croire qu'un ouragan s'était engouffré par l'une des fenêtre avant de disparaître comme il était venu. Sous le coup de l'adrénaline, l'impulsion qu'elle pris pour se relever fut trop forte et elle faillit trébucher aussi sec. Son équilibre retrouvé de justesse, elle couru de pièce en pièce, cherchant le moindre indice de la présence de Frank et Isabella Montmort a grand fracas. Elle ne se souciait pas des portes qu'elle faisait claquer contre le mur en les ouvrant trop brusquement. Sa recherche s'était terminée dans sa chambre, celle-ci se trouvant tout au bout du couloir. Elle sentit le découragement la gagner tandis que ses membres tremblaient. Son immobilité retrouvée, le silence repris ses droits dans l'appartement. Ou presque. Un bruit familier parvint aux oreilles d'Elina. Ce craquement, c'était celui des dernières marches de l'escalier qu'elle venait d'emprunter. Etait-ce les responsables qui revenaient? Des voisins alertés par le bruit? Elle ne prendrait pas le risque de se montrer désarmée cette fois. Elle commença par récupérer sa baguette dans sa valise avant de reprendre la direction de la pièce principale aussi silencieuse qu'elle pouvait l'être. Lorsqu'elle risqua un oeil vers le haut des escalier, elle faillit lâcher un hoquet de surprise. C'était le jeune homme qui se prétendait son frère. Il avait un genoux à terre et était penché sur sa tante, la tête légèrement inclinée alors qu'il l'observait avec attention. La crainte qu'il lui avait inspiré a leur première rencontre fut balayée comme un fétu de paille par la vague de colère qui monta en elle. Ce n'était pas un coïncidence que de telles choses arrivent le jour de son apparition. Ce ne pouvait être que lui le responsable. Ses parents introuvables, sa tante était la dernière personne qui lui restait. Il en était déjà bien trop proche.

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Voilà maintenant une bonne heure que le jeune sorcier attendait non loin de la boutique de botanique. Il ne s'était pas pressé pour retourner sur ses pas, sachant pertinemment grâce à la carte toujours en sa possession, que sa... ''petite soeur'' n'avait pas encore regagné le Chemin de Traverse. Même s'il avait volontairement usé de ces termes pour choquer l'adolescente, il répugnait à la désigner par ces mots. Jusqu'à il y a peu, il ne se connaissait ni frère ni soeur et c'était très bien ainsi. Il ne voyait pas ce que cela pouvait lui apporter de toute manière. Et ce qui n'apportait rien n'avait aucun intérêt. Il était néanmoins revenu aux abords de la petite boutique. Il voulait obtenir certaines réponses même s'il aurait nié en bloc dans le cas improbable où quelqu'un aurait découvert ce dont il s'agissait. Il se renfonça dans la porte cochère pour se soustraire aux courant d'air.

****


Ce fut finalement une tornade de cheveux blond qui déboula sur le chemin de traverse. La jeune fille descendait la rue à moitié courant, à moitié glissant, visiblement très pressée. Au point qu'il se demanda si elle avait cessé de courir a un moment donné depuis qu'il s'était mis en travers de son chemin. Un manque aussi flagrant de tenue en devenait navrant. Il sautait au yeux qu'elle n'avait pas été élevée par la famille principale. Mais cette constatation au lieu de lui donner un sentiment de supériorité lui laissait un goût amer dans la bouche. Ses parents avaient fuit l'influence de la branche principale en leur abandonnant sans regrets leur fils premier né. Et pourtant, ils n'avaient pas hésité à s'exiler Merlin savait où pour tenir leur cadette à l'écart. Il n'étaient finalement réapparus que quelques années plus tôt, quand leur fille avait atteint l'âge d'entrer à Poudlard. Qu'est-ce qui justifiait un tel favoritisme? Y avait-il seulement quelque chose qui le justifiait? Car nul besoin d'être un génie pour s'apercevoir que cette blondinette ne tenait pas la comparaison. Pour commencer, c'était une fille... et cet argument se suffisait presque à lui même. Elle n'aurait jamais le loisir de transmettre le nom des Montmort. Or, n'était-ce pas le but ultime de toute famille de sorcier digne de ce nom que de faire perdurer sa lignée?

Elina avait marqué un arrêt sur le pas de la porte. Avait-elle remarqué quelque chose? Quoiqu'il en soit, elle ne fit pas mine de sortir sa baguette. C'était décidément une piètre sorcière. Elle avait détallé à toute vitesse devant lui et prenait maintenant le risque de se jeter dans la gueule du loup, quand bien même le loup en question aurait mis les voiles. Cette aptitude à passer d'un excès d'instinct de survie à pas d'instinct du tout le désorientait. Quand elle fut avalée par la bâtisse, il ne fit pas mine de la suivre, se contentant d'attendre encore et toujours. Attendre quoi? Il n'aurait su le dire tout en ayant la certitude de le savoir le moment venu. Il agissait rarement sous le coup de l'impulsion. Jamais en fait. Pourtant il était là, dans cette ruelle glaciale alors même qu'il aurait dû se trouver bien loin en cet instant... Pourtant il s'était montré à visage découvert alors qu'il n'y avait aucune raison valable pour qu'Elina ait vent de son existence... Peut-être avait-il espéré une fraction de seconde voir sur son visage autre chose que de l'incompréhension et de la peur. Un regard avait suffit pour qu'il soit certain d'une chose : jamais ses parents n'avaient évoqué son existence au cours de ces quinze dernières années. Une fraction de seconde qui avait suffit à accroître son ressentiment, à l'égard de ses parents qui avaient vécus en l'oubliant, à l'égard de cette gamine qui avait grandit sans savoir. Malgré tout, il ne savait pas exactement ce qu'il faisait là. En tant qu'héritier de la famille Montmort, il prétexterait vouloir profiter de la détresse de cette sorcière de pacotille. S'il se montrait un minimum honnête avec lui-même, il devrait reconnaître vouloir simplement voir comment elle allait réagir. S'il découvrait le moindre indice justifiant le traitement de faveur dont elle avait bénéficié, cela pourrait ménager son orgueil déjà mis à mal.

Quelques minutes s'égrenèrent lentement sans que rien ne se passe. Puis, le son étouffé de portes qui claquent lui parvint. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien fabriquer? Il devait déjà y avoir suffisamment le souk là dedans sans qu'elle ai besoin d'en rajouter. Une fois encore il pris une décision qui allait à l'encontre de son éducation. Il faudrait qu'il prenne garde à ce que cela ne devienne pas une habitude. Quelques secondes plus tard, il empruntait le même chemin qu'Elina un peu plus tôt jusqu'à l'appartement d'Isabella et Frank Montmort. Quand il atteignit le haut des marches, il n'y avait pas trace de la jeune sorcière, seulement une femme au sol. De là où il se trouvait, il pouvait distinctement entendre les portes claquer et des pas rapides. Ses pas ne pouvaient appartenir qu'à Elina qui semblait avoir décidé de retourner l'appartement de fond en comble. Il se désintéressa rapidement de ses activités et, perplexe, se pencha sur la femme inconsciente pour mieux voir son visage. Ses traits lui étaient inconnus, que faisait-elle ici?

Quand il releva la tête, Elina était là. Elle avait les yeux légèrement rougit, mais ce n'étaient pas des larmes qui y brillaient et elle pointait une baguette sur lui. A la manière dont sa mâchoire était crispée, il devinait qu'elle avait les dents serrées. Elle aurait probablement pu lui lancer un sortilège interdit en cet instant, mais il lui manquait le cran pour ça, ou bien le talent. Peut-être même les deux. Lui n'aurait pas eu ces scrupules imbéciles et il avait le talent nécessaire. Elle ne présentait pas une menace même sa baguette à la main. Sa pâle imitation de sourire réapparu. Qu'avait-il donc espéré en venant ici?

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Elina vit rouge. La baguette pointé sur le jeune homme, elle s'avança dans la pièce. Comment ce... ce type avait attérit ici? Elle était certaine de ne pas avoir été suivie pourtant. Devait-elle considérer qu'il connaissait déjà les lieux? Cela signifiait qu'i était probablement impliqué dans ce qui s'était passé ici. Qu'est-ce qu'il cherchait au juste? Elle ne le laisserait pas approcher sa tante d'un centimètre de plus! Elle avait sa baguette pointée sur lui. Les sortilèges les plus cuisants qu'elle connaissait dansaient la farandole dans sa tête et lui brûlaient les lèvres. Elle mourrait d'envie d'en essayer un sur lui. Voir de tous les essayer. Pourtant, alors même qu'elle bouillait de rage, ils continuaient à se regarder en chien de faience. Il y avait tellement de questions dont elle voulait les réponses. Mais elle avait la ferme conviction que le jeune homme n'y répondrait pas. Qu'il ait ou non les réponses d'ailleurs, il ne le ferait pas de bonne grâce. Elle brisa néanmoins le silence pesant :

« Eloignez-vous de ma tante. »


Sa voix se limitait à un chuchotement pourtant parfaitement audible. Elle ne pris pas la peine de préciser sa menace, jugeant que sa baguette pointée vers le sorcier s'en chargeait à sa place. Le jeune sorcier haussa un sourcil interrogateur avant d'observer de plus près la sorcière inconsciente sans sembler se soucier un seul instant de la baguette pointée sur lui. Elina ne savait pas pourquoi il agissait de cette manière, mais elle était à bout de patience. Elle frémit quand le sorcier se releva pour s'écarter de sa tante et resserra un peu plus sa prise sur sa baguette comme pour le dissuader de faire un autre mouvement. Cela n'avait pas l'air d'inquiéter son vis-à-vis le moins du monde. Il avait adopté un air décontracté et même plutôt ennuyé. Son sourire tordu avait retrouvé sa place sur son visage. Alors même qu'il n'avait pas sa baguette en main au contraire d'Elina, celle-ci avait l'impression désagréable de ne pas être celle qui maîtrisait la situation. Il n'avait même pas l'air de vouloir prendre la peine de sortir sa baguette dans le cas improbable où elle l'aurait laissé faire sans broncher. La jeune Poufsouffle ne se pensait pas orgueilleuse, mais elle détestait être prise à la légère, quand bien même cela pouvait s'avérer être un avantage. Cependant, l'attitude désinvolte de son vis-à-vis ne semblait pas destinée uniquement à la déstabiliser. La confiance qui émanait du jeune homme laissait entendre qu'il ne se jugeait réellement pas plus en danger que s'il se trouvait face à un boursoufflet en colère. Cela faisait à peine une poignée de secondes qu'Elina et l'intru se jaugeaient du regard, mais il lui semblait que cela durait depuis bien plus longtemps. Elle était dans une impasse. Elle pouvait toujours attaquer, mais a quoi cela l'avancerait-elle? Elle ne connaissait pas son adversaire et, même en colère, avait assez de bon sens pour ne pas prendre de risques inconsidérés. Après un silence qui sembla s'éterniser, son vis-à-vis expira, marquant ainsi son exaspération.

« Nous savons toi et moi que tu ne fera rien. » Il semblait très sûr de lui et n'accordait pas la moindre attention à la baguette pointée sur lui. « De toute évidence, tu n'as pas l'habitude de la manière dont se déroule les disputes de famille chez les Montmort. »

Elina fronça les sourcils malgrès sa répugnance à montrer sa perplexité au jeune sorcier. Il y avait trop de secrets dans sa famille. Ses parents, sa tante et elle n'en était pas moins une famille soudée, mais tous ces secrets les séparaient aujourd'hui alors même qu'Elina n'avait même pas eu conscience de tout ce qui était caché. Bien sûr le travail de sa mère au ministère apportait aussi son lot de questions, mais il fallait s'y attendre quand on travaillait au département des mystères. Et pour être tout a fait honnête, ces secrets là ne comptaient pas vraiment. C'étaient ceux liés à la famille qui étaient les plus lourds. Bien que le sorcier qui lui faisait face lui soit franchement antipathique, il sous entendait avoir des réponses a ses questions. Mais elle répugnait à les lui poser. Si elle lui posait des questions, elle se placerait en position de demandeuse et elle avait l'impression que cela donnerait une position de force au jeune homme. Certes, il semblait déjà avoir le contrôle total de la situation, mais elle ne voulait pas lui laisser croire qu'elle en était consciente. A contrecoeur, elle abaissa légèrement sa baguette sans pour autant faire le moindre geste pour la ranger.


« Qu'est-ce que vous faites ici? »



**Quelques heures plus tard**


Elle était de retour à l'appartement. Elle n'avait pu soutirer aucune information à son prétendu frère, mais elle n'en était pas vraiment surprise. Le jeune sorcier les avait fait transplaner jusqu'à sainte Mangouste où Ingrid avait été admise immédiatement et avait disparu aussi sec dans un craquement caractéristique. Elina s'était trouvée abandonnée à son sort, mais avec la certitude que sa tante ne pouvait pas se trouver entre de meilleurs mains. Elle n'avait toujours pas repris connaissance et les médicomages avaient émis l'hypothèse qu'un mauvais sort en était probablement la cause. Elina ne leur était d'aucune utilité puisqu'elle était incapable de leur dire de quel sort il s'agissait. Ils l'avaient donc rapidement congédiée. Son premier réflexe avait été de retourner à l'appartement du chemin de traverse, mais elle n'était guère enthousiaste à l'idée de passer la nuit là bas. Ses parents n'avaient toujours pas reparus et elle ne voulait pas s'y trouver seule après les évènements de la journée. Le temps de faire le trajet de Sainte Mangouste à l'appartement, elle avait pris sa décision. Elle ferait sa valise de manière à ce qu'elle soit prête pour reprendre le Poudlard express qui devait ramener les élèves à Poudlard le lendemain et quitterait l'appartement. Avec un peu de chance, ils auraient encore une chambre de libre au chaudron baveur. Elle serait plus tranquille si elle y louait une chambre. Elle traversa le hall et gravis les marches jusqu'à l'appartement... pour se figer une nouvelle fois. Les lieux avaient retrouvés leur rangement habituel. Chaque objet était retourné à sa place comme par magie. Et c'était probablement le cas. Elle soupçonnait son pseudo-frère d'être le responsable. De toute évidence, cette affaire était du domaine familial et, s'il était vrai qu'il en fasse parti, il ne souhaitait pas qu'un tiers s'en mêle. Maintenant que toute trace de ce qui s'était produit dans l'appartement avait disparus, il n'y avait plus rien à en dire. Elina gagna sa chambre et fit rapidement sa valise avant de prendre le chemin du chaudron baveur.

FIN

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~