East London

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 RP++  Douceur et gentillesse  SOLO 

Lullaby... Song of the Sea

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PDV : Marianne Elinor Crawford



"Chut..."

Les épaules frêles de ma petite fille tremblaient toujours tandis que ses larmes détrempaient rapidement mon tablier à fleurs. Je caressais doucement ses longs cheveux bruns, qu'elle tenait de sa mère, en murmurant les paroles d'une berceuse que je lui chantais autrefois. Ma Lizzy avait bien grandi, ces dernières années et j'étais fière de la belle enfant qu'elle devenait de jour en jour. Forte et vaillante, elle souriait et croquait la vie à pleines dents même si cette dernière n'était pas tendre avec elle.

"Lizzy" murmurais-je doucement. "Lève la tête, mon enfant..." Obéissante, la petite releva lentement ses yeux bleus rougis par les pleurs jusqu'à ce qu'ils ne viennent rencontrer les miens. Je baisais son front, la tenant délicatement par les joues. "Allons allons, sèches tes larmes. Pleurer n'est jamais la solution." finissais-je, la regardant avec tendresse, mes pouces effaçant les derniers vestiges de ses pleurs.

Je tapotais par la suite maladroitement le sommet de sa tête et me levais de la chaise en lui souriant. Je me dirigeais vers le comptoir de la cuisine et posait sur une assiette une part de gâteau au chocolat que j'avais préparé dans l'après-midi. Cette recette était sa préférée. Posant devant elle la gourmandise, je m'attablais à ses cotés et la regardait dévisager avec envie la patisserie.

"Allez, mange. Au diable ton régime et ta mère. Tu peux te faire plaisir de temps en temps. Ce n'est pas une part de gâteau qui te rendra grosse comme un cochon."

Enfin. Elizabeth venait d'étouffer un rire, qu'elle s'empressa de camoufler de sa main droite. À sept ans, elle avait déjà les manières d'une dame... Je soupirais, me demandant vraiment ce à quoi ma belle-fille et sa famille pensaient. Mon fils était fou amoureux de sa femme, je le voyais bien, et il osait rarement aller à son encontre lorsqu'il s'agissait d'éduquer leurs enfants, même s'il savait que Katerina avait parfois tord. Et ainsi, cela engendrait parfois des situations embêtantes dans lesquels Elizabeth ou son frère s'enfuyaient, et venait me voir. 

Je regardais ma petite-fille qui dévorait son gateau, des étoiles pleins les yeux. À cet âge, on allait à l'école le sourire aux lèvres et on mangeait pour le gouter de bonnes friandises. À cet âge, on jouait à la poupée et on se laissait dorloter. À cet âge, on ne participait pas à des diners qui pouvait durer des heures, on apprenait pas le protocole des soirées mondaines, on n'apprenait pas à devenir une épouse parfaite... Et pourtant, c'est exactement ce que Katerina enseignait à sa première fille qui venait d'atteindre l'âge de raison.

J'avais parlé, deux ans auparavant, à mon fils, à propos de sa femme et de ce qu'elle arrachait à leur ainés.
"Katerina les empêche de vivre une enfance normale !" lui avais-je dit. Georges s'était alors contenté de ricaner froidement. "Ton histoire d'enfance a très bien marché sur mon frère et moi, tu as raison. Tellement bien fonctionné que ton second fils fait joujou avec la magie noire. Tu nous as trop laissé de liberté maman et voilà qu'Adam est maintenant perdu à jamais !". J'avais accusé le coup, et j'ai mis du temps à digérer ces paroles. Mais je comprenais cependant pourquoi mon fils m'en voulait tant... Car moi aussi je m'en voulais. Adam n'en serait pas là si j'avais été davantage vigilante.

Perdue dans mes pensées, je remarquais à peine ma petite Lizzy qui avait fini son gateau et se dirigeait maintenant jusqu'au salon. Je savais ce qu'elle cherchait avant qu'elle ne le trouve elle-même. Avec un sourire, je la suivais et prenait la petite boite grise avant elle. Les yeux pétillants et un sourire espiègle, elle me demanda : 


"Dis Mamie... Je peux voir les photos de Papi et toi ?"

Avec un sourire, j'acquiesçais, et je me baissais difficilement jusqu'à donner la boite à la petite brune. Je me relevais par la suite, et je m'asseyais sur le sofa, tapotant l'espace vide à coté de moi. Toute contente, Elizabeth vint s'asseoir, regardant avec envie les photos de mariage sous ses yeux.

"Dis Mamie, tu l'as toujours ta robe de mariée ?"

Amusée, je répondis par l'affirmative et Elizabeth se tritura les doigts quelques secondes avant de demander, d'une voix si fluette que la sourde que j'étais eu du mal à entendre sa phrase complète. J'y parvenais tout de même en devinant parfois quelques mots grâce aux sonorités.

"Je pourrais me marier dedans plus tard ? Quand j'aurais trouvé mon papi à moi ?"

J'acquiesçais lentement et ma petite-fille retourna à sa contemplation des photos, effleurant parfois celles qui lui semblaient particulièrement belles. L'enfant finit finalement par s'endormir, l'album toujours serré contre elle. Je me levais, lui passais un oreiller sous la tête, rabattant une couverture sur son corps frêle puis me laissais glisser sur le fauteuil en face du sofa où était étendue la petite. Avec délicatesse, je ramassais mon ouvrage, une fleur brodée sur un mouchoir, et m'affairais à le terminer, jetant parfois quelques brefs coups d'oeil à la silhouette endormie se dessinant sur le divan.

Code couleur : #374CD7
Professeur d'Étude des moldus.
Solynyle forever

 RP++  Douceur et gentillesse  SOLO 



Trois coups rapides raisonnèrent sur la porte en bois de ma maison. Je courrais vers la porte d'entrée, le coeur aux bords des lèvres, puis je l'ouvris en grand, me laissant entrapercevoir ma petite-fille, debout sur le seuil, détrempée et frigorifiée. À ses côtés, Georges lui tenait fermement l'épaule droite tandis qu'Edward avait enroulé sa main autour de celle de sa soeur. Devant ce tableau déchirant, je m'écartais et les enfants rentrèrent, la tête baissée et les larmes aux yeux. 

Ils se réfugièrent bien vite dans le salon, s'emmitouflant tout les deux dans la couverture posée sur le sofa, joignant leurs mains et leur front ensemble. Attendrie, je me tournais finalement vers mon fils qui n'avait pas bougé, et qui restait là, sous la pluie. Je ne pouvais pas le laisser là seul. Alors sans une once d'hésitation, je sortais à mon tour, sans prendre le temps d'enfiler un manteau par dessus mon tablier, et marchais jusqu'à pouvoir finalement prendre mon fils dans mes bras.

Nous restâmes ainsi pendant quelques minutes, moi l'enserrant dans mes bras avec amour, lui inerte. Il finit tout de même par agripper mon chemisier et le serra si fort que j'eus peur qu'il ne le déchire. Pourtant, je ne retirais pas ses mains, je ne le lâchais pas et je ne m'éloignais pas. Je me contentais simplement de poser ma joue contre son épaule, lui qui était plus grand que moi, et de murmurer son prénom comme une symphonie. Ce prénom que je lui avais donné voilà trente-neuf années.

Je ne devinais la présence des larmes qui dévalaient ses joues seulement grâce aux soubresauts de ses épaules et les frissons dont son corps semblait être victime. Il s'accrochait à moi comme si sa vie en dépendait et bientôt, il glissa et finit à genoux tandis que la pluie tombait de plus en plus fort. Je l'avais accompagné jusqu'au sol et j'embrassais son front.

Quand il se sentit mieux, Georges se releva, et m'aida à en faire de même. Après tout, je n'étais plus toute jeune... Je remarquais alors les enfants qui nous regardaient, curieusement, de puis la fenêtre de la cuisine. Avec un sourire, je les congédiais gentiment, les faisant déguerpir à coup de mouvements de la main. Quand ils disparurent de mon champs de vision, je me retournais vers mon fils et je le conduisais ingénieusement jusque dans le salon, vide. Les enfants devaient être montés.

Je laissais Georges se mettre à l'aise et je disparaissais quelques instants dans la salle bain pour finalement en ressortir avec une serviette en éponge que je finis par lui tendre. J'en avais également une, et j'essuyais mon visage et mes cheveux qui gouttaient sur le sol. Quand je m'estimais suffisamment sèche, je rejoignais mon garçon sur le sofa et lui posais une main qui se voulait rassurante sur le genou. 

Mon fils finit par apposer lui aussi sa paume sur le dos de ma main et je me prenais à sourire comme une idiote. Nous avions tellement passé de temps à nous disputer que j'en avais oublié tout l'amour que je lui portais. Georges finit par se relever et s'agenouilla devant moi en prenant mes mains en coupe, me surprenant grandement.

"Maman, je suis tellement désolé. Je ne t'écoutais pas et j'aurais dû... Je... Katerina devient folle. Elle veut fiancer Lizzy à l'un de ses amis. Il a la trentaine et elle n'a que huit ans ! Je ne sais plus quoi faire ! Et elle ne veut pas m'écouter..." 

Oh bien sûr, j'vais toujours su que j'avais fait une énorme erreur en laissant mon fils partir en Russie ce jour-là... Mais quand je l'avais revu, sept mois plus tard, heureux au bras d'une russe de la haute aristocratie magique, j'étais tellement fière et contente pour lui... Je n'avais pas pu me résoudre à lui exposer les dangers d'une telle union, pour lui et pour ses futurs enfants. Aujourd'hui, Elizabeth faisait les frais de mes erreurs passées.

"Maman, notre couple tombe en lambeaux et les enfants sont traumatisés. Georgiana est trop jeune pour comprendre quoi que ce soit mais tu connais Edward et Elizabeth. Ils sont brillants... Ils ont vite comprit que tout n'allait pas bien dans la maison."

J'acquiesçais. Je ne le savais que trop bien. Peu d'enfants de huit et neuf ans s'amusaient à lire du Edgar Allan Poe à leurs heures perdues. Je me contentais de regarder avec compassion mon fils et lui caressait la joue avec tendresse. Ne souhaitant pas lui servir un "je t'avais prévenu", j'optais plutôt pour un :

"Veux-tu que je garde auprès de moi pendant quelques temps Elizabeth et Edward ici ?"

Georges ne parvenait plus à parler alors il se contenta d'hocher la tête. J'affichais un sourire contrit lorsque je le vis s'éloigner vers la porte et l'ouvrir. Il se retourna cependant une dernière fois vers moi.

"Et maman, si je les ai déposé ici... C'est aussi parce qu'il est revenu. Il loge en ce moment même dans une de nos chambres... Katerina l'a accueilli les bras grands ouverts... Je ne reconnais pas mon épouse."

Un hoquet me prit soudainement. Il était de retour ? Adam se promenait librement dans la maison de son frère ? Sur ces dernières paroles, Georges referma derrière lui la porte et je ne fis pas un geste pour le retenir, trop abasourdie. Adam... Des pas retentirent alors, et Elizabeth, suivie de son frère, apparut. Sans un mot un seul, ils coururent dans mes bras et, me forçant à sourire, je les étreignais.

Mes trésors

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