Voie 9 ¾

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Point de non retour  Solo 

*** Nous sommes en période de vacances de fin d'année, Dylan rentre chez lui pour y passer les vacances, toujours pendant sa cinquième année ***


Le paysage défilait à grande vitesse. Dylan, main contre sa joue, elle-même collée contre la vitre, observait les éléments naturels défiler à vitesse grand V. Sans trop penser à quoique ce soit en particulier, le jeune homme réfléchissait surtout à ses vacances. Difficile de retourner dans une famille divisée, et pourtant, c'est bien ce qui allait se passer. Toujours remonté contre sa famille, Dylan ne comptait pas jouer les bons garçons et faire comme si de rien n'était, mais quelque chose au fond de lui savait qu'il ne pouvait pas agir comme cela indéfiniment et qu'éventuellement, il allait devoir passer outre ses ressentis et grandir. Quelques missives avaient été échangées avec son frère entre la période de la rentrée et les vacances d'hiver, et Dylan savait que la situation était toujours tendue. Son père n'était plus que très rarement à la maison, mais il avait été convenu de passer Noël ensemble. Les choses se calmaient, mais il n'était toujours pas question d'un éventuel retour à la normal pour sa famille.

« De toute façon, c'est couru d'avance ... » soupira Dylan, alors que le train poursuivait sa course effrénée.

Quelques heures plus tard, et après une petite sieste, Dylan arriva finalement à destination : King's Cross. Il était convenu que son frère vienne le chercher, du moins c'est ce que les lettres échangées disaient, puisque sa mère était fort occupée au ministère. Un travail de la plus haute importance, apparemment. Dylan ne s'en plaignait pas, il laissait faire les choses. Quoiqu'il en soit, une fois le train arrêté, il prit valises et autres bagages, puis descendit du train. Il s'échappait de la gare une odeur de vapeur et de fraîcheur relativement surprenante. L'endroit était bien entendu bondé, mais un point de rendez-vous avait été fixé et Dylan savait où se rendre. Se frayant un chemin parmi la masse d'individu, il rejoignit rapidement le croisement de la voie 13 et de la voie 14, où l'attendait son frère. Fabian était à l'heure, et reconnu son frère immédiatement. Affichant un grand sourire, il lui fit des grands signes pour qu'il puisse le repérer. Dylan aperçut son frère, et esquissa un sourire, chose rare ces derniers temps. Il se dirigea vers lui avec rapidité.


« Te voilà enfin, p'tite tête ! Alors, tu as fait bon voyage ? »

« Boarf, tu sais, les voyages en train, c'est redondant. Mais on va dire que oui. Ça va toi ? »

« Impec', tu sais bien que j'ai toujours le sourire. Tu veux un coup de main avec tes bagages ? Pire qu'une nana toi, je te jure ! »

Les deux frères se mirent à rire de bon cœur, ce qui fit plaisir à Dylan. Quelques moments plus tard et les deux jeunes gens se retrouvaient dans la voiture qui les conduiraient à destination. Fabian conduisait, et Dylan était assis devant, et s'était remis à fixer le paysage. Difficile de discuter, tant l'atmosphère n'était pas au rire, mais Dylan était tout de même content de retrouver son frère. Il apprit donc la situation actuelle, les tensions qui étaient présentes, mais que sa mère avait hâte de le revoir. * Bah tiens * songea Dylan, perplexe. Son père également avait forte envie de le revoir, mais ce n'était pas la plus grande envie de Dylan. Au fil des discussions, le jeune sorcier apprit entre autres que son frère prévoyait de s'installer en Irlande, ce qui surprit Dylan mais qui encouragea son frère dans cette initiative.


« Tu sais, c'est difficile pour moi de squatter chez les parents, et puis ... Fabian marqua une pause, et Dylan releva la tête, curieux. Non rien, l'Irlande est simplement un très beau pays et je suis sûr que je m'y plairais. »

L'intonation chez Fabian semblait étrange, mais Dylan ne s'en soucia pas trop. Ils étaient maintenant arrivés à destination. Personne pour les accueillir. Fabian aida son frère à transporter ses bagages hors du coffre, et les emmena à travers l'allée, pour ensuite les déposer dans l'entrée de la maison. Dylan entendit son frère crier qu'ils étaient rentrés, mais lui était toujours dehors, devant la maison, qu'il observait avec des yeux mélancoliques. Il entendit sa mère arriver en trombe, et cela le sortit de sa rêverie. Il n'eût d'autre choix que d'avancer et de rejoindre son frère et sa mère, un demi sourire aux lèvres. Malgré tout, Dylan était content de retrouver sa famille, c'est quelque chose qui compte pour lui. Quant à savoir s’il accepterait une éventuelle, bien que probable, séparation de ses parents, cela restait à déterminer.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Point de non retour  Solo 

Quelques jours s'étaient écoulés depuis le retour de Dylan au domicile familial. Noël approchait à grand pas, et d'ici quelques jours, toute la petite famille partagerait un repas ensemble, chose qui ne s'était pas produite depuis un petit moment. Dylan appréhendait ce moment plus que tout au monde, mais il espérait vraiment que tout ce passerait bien. Malgré le contexte familial quelque peu tendu, les choses ne se passaient pas si mal que cela, et justement, Dylan trouvait qu'il y avait anguille sous roche. Son frère et lui avaient eu l'occasion de mettre les choses à plat et commençaient tout juste à recréer des liens. Les parents de Dylan agissaient comme deux fantômes, se contentant de banalités, même si son père semblait faire plus attention à sa femme que l'inverse. Les choses allaient bon train somme toute, mais une étrange atmosphère régnait dans la maison.

Ce jour-là, le 20 décembre, Dylan lisait un livre, confortablement installé dans le canapé du salon. Le sapin de Noël illuminait le recoin de la pièce, et cela mettait toujours du baume au coeur du jeune homme. Les autres décorations, qu'il avait gentiment aidé à disposer dans la maison, rendait plutôt bien et l'atmosphère festive était au rendez-vous. Sa mère était occupée non loin, dans la cuisine, à peaufiner le repas du soir. Son père n'était pas à la maison ce jour-là, en fait il n'était venu que le jour du retour de Dylan, et ne reviendrait que pour Noël. Excepté quelques visites de courtoisie de temps à autre, et surtout pour récupérer quelques bricoles dans son ancien bureau, Mike ne passait pas beaucoup de temps à la maison. " Tu sais que je t'aime fiston ? ", avait été la seule phrase qu'il avait prononcé lors de sa dernière visite. Mais Dylan essayait de ne pas trop penser à toute cette situation, cela était déjà bien assez compliqué pour lui. Sa mère travaillait souvent tard et était généralement plus qu'occupée pour faire la discussion à son fils. Contexte qui rapprocha donc Dylan et Fabian, qui avaient eu, plus de choses à se dire et des sujets de débats. D'ailleurs, ce dernier, qui passait souvent ses journées dans sa chambre à préparer on ne sait trop quoi, arriva dans le salon alors que Dylan terminait son chapitre.


« Yo ! Toujours aussi studieux, le frangin, à ce que je vois ! »

Dylan esquissa un sourire, puisque ces derniers temps les études lui échappaient un peu. « Non, c'est ma lecture personnelle cette fois. Je ne suis un génie qu'à mi-temps ! »

Fabian esquissa à son tour un sourire, et s'affala dans le canapé pour allumer la télé et commencer à regarder une chaîne au hasard. Dylan ferma son livre, et se mit à regarder également la télé, sous le regard amusé de sa mère. L'après-midi se termina ainsi, entre conversations lambda et éclats de rire entre frères.

*** plus tard, dans la soirée ***


« Délicieux, maman, comme d'habitude ! »

« Merci Fabian, c'est gentil de ta part et ça me fait plaisir. Et toi Dylan, qu'en a tu pensé ? »

Il mit un certain temps à répondre. « Bon comme toujours, maman. »

Sa réponse n'était pas celle espérée par sa mère, et celle-ci baissa les yeux, puisqu'elle comprenait la situation, et connaissant son fils par cœur, elle savait très bien qu'il n'avait toujours pas digéré les événements récents. Fabian tenta de détendre l'atmosphère avec quelques blagues, qui ne firent rire que lui, fort malheureusement. Suite à quoi, il demanda à Dylan de l'aider à débarrasser la table, ce que le jeune homme fit avec un peu de réticence. Une fois la table débarrassée, Dylan se tourna vers sa mère, en train de faire la vaisselle, et demanda aussi abruptement que si une pierre avait été lancée dans un lac :

« Maman, toi et papa, c'est fini, fini ? Vous allez divorcer, n'est-ce-pas ? »

La question secoua Rose qui en laissa tomber une assiette dans l'évier, qui se brisa en mille morceaux, à l'image de cette famille. Un long silence pesant s'installa dans la cuisine. Fabian fronçait les sourcils vers son petit frère, qui n'en avait que faire de son avis. La mère de Dylan commença à ramasser l'assiette tranquillement, mais elle cachait les larmes qui coulaient sur son visage. Dylan ne bougeait pas et attendait sa réponse. Il voulait l'entendre de la bouche d'un de ses parents, pour être fixé. Quelques instants plus tard, sa mère répondit doucement :

« Les choses sont compliquées entre ton père et moi, Dylan. (Elle ne l'appelle jamais par son prénom, et Dylan comprit l'importance de la situation). Rien n'est décidé pour le moment, mais je préfère être honnête, je ne peux rien te promettre ... »

Dylan avait obtenu sa réponse. Serrant les poings, il détala dans sa chambre en quatrième vitesse, son frère derrière lui. Ce dernier arrêta cependant sa course quand sa mère l'interpella pour le laisser ruminer seul. En effet, Dylan n'avait pas besoin qu'on le berce d'illusions qui ne feront que retarder l'inévitable. Fabian resta donc dans la cuisine et aida sa mère à terminer la vaisselle. En silence, mère et fils nettoyèrent les plats et assiettes. Ce fût Rose qui brisa le silence :


« Fabian, tu vas devoir t'occuper de ton petit-frère. »


« Ne t'en fais pas pour ça, maman. »

« Non, tu vas devoir l'emmener avec toi. Je sais que tu comptes partir en Irlande. »

La révélation de sa mère fit un choc au grand-frère de Dylan. Il ne l'avait encore qu'évoqué, ce n'était rien de précis, du moins pour son entourage. Il est vrai qu'il comptait partir, mais pas avant plusieurs mois !

« Comment tu ... ? » commença Fabian.

« Je m'en suis douté à la minute où tu as évoqué ton voyage là-bas. Il ne s'agit plus de voyage si tu comptes t'y installer, mais nous en reparlerons plus tard. Je voudrais que tu emmènes Dylan avec toi. »

« Mais ... vous allez vraiment vous séparer, toi et papa ? »

Sa mère détourna le regard.

« Les papiers sont déjà signés ... La procédure prendra du temps mais ... »


Fabian ne sût quoi répondre à cette affirmation. Sa mère ne termina pas sa phrase. Une larme coulait sur les joues de la mère, comme du fils. Même si Fabian avait été loin longtemps, il espérait également que les choses s'arrangent. Plus personne ne parlait, ni Dylan dans sa chambre, ni Fabian, ni Rose. La maison était étrangement silencieuse, quand bien même un séisme venait de s'abattre sur la famille Swanson. Fabian prit sa mère dans ses bras, et tous deux se serrèrent un petit moment. Suite à quoi, Fabian fit un signe de la tête, signe affirmatif, pour faire comprendre à sa mère qu'il verrait ce qu'il peut faire avec Dylan. Il n'était pas question qu'il reste dans un foyer décomposé, balloté entre papa et maman. Le mieux était pour lui de partir habiter avec son frère, et de voir ses parents de temps en temps. Le temps pour lui de terminer ses études. Dylan, qui était dans sa chambre, ne se doutait pas de ce qui allait lui arriver. Le repas de Noël promettait d'être joyeux ...

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Point de non retour  Solo 

*** quelques jours plus tard, le soir du réveillon de Noël ***


C'était un soir de fête où du moins, c'était supposé être un soir de fête. La famille Swanson était réunie autour d'une table relativement grande qui contenait divers plats et entrées. Le dessert, bien sûr, serait servi en fin de repas, comme d'habitude. En général, l'ambiance est relativement bonne les soirs de fêtes, mais ce n'était pas trop le cas ce 24 décembre. Etant donné le contexte familial tendu, tout le monde était sur la réserve et n'osait pas ouvrir la bouche de peur de déclencher une troisième guerre mondiale dans la maisonnée. Dylan restait en retrait, calme et serein, pour une fois. Il avait pu discuter avec son frère quelques jours plus tôt pour discuter calmement de la situation actuelle. Bien que Dylan comprenait la décision de ses parents, il n'avait pas immédiatement compris pourquoi il devait partir habiter en Irlande avec son frère, mais en tant que personne censée, il jugea bon de partir loin de tout ce tumulte d'embrouilles et de paperasse administrative. Il n'avait pas encore eu l'occasion d'en discuter avec ses parents, mais il prendrait soin de garder contact avec eux, puisque c'était sa condition pour partir habiter dans un pays totalement nouveau : garder contact avec ses parents et avoir la possibilité de les voir de temps en temps, quand les choses se seront calmées. * En espérant qu'elles se calment * songea Dylan en avalant une bouchée de saumon.

Oui, les choses changeaient pour la famille Swanson. Fabian avait toujours un peu de mal à savoir quel comportement adopter avec son petit frère, mais ce dernier ne s'en préoccupait pas énormément. En fait, Dylan avait mis de côté son ressenti pour son frère, et essayait d'être aussi pragmatique que possible, même si la situation lui faisait mal au cœur, au fond. Le repas se continua tranquillement, seules des banalités furent échangées : « C'est très bon » ou encore « Belle décoration de table », ce genre de chose. Il est vrai que, pour qui est étranger au contexte, cette scène pourrait ressembler à un parfait repas familial. Un sapin dans le coin du salon, des cadeaux au pied de ce dernier, une table avec un foisonnement de repas, et même des décorations lumineuses un peu partout dans la maison. Dommage qu'il n'en soit rien : Mike, à l'opposé de sa future ex-femme, faisait des clins d'œil à son fils, comme il avait l'habitude de le faire pour le rassurer. Il jetait également des coups d'œil vers Rose, qui répondait avec un sourire quelque peu forcé. L'ambiance n'était pas au beau fixe, mais au moins, le repas se déroula sans encombre.


« Bien, je vais débarrasser et apporter le dessert ! » annonça la mère de Dylan tout en se levant de table.

« Je vais t'aider », répondit Fabian. Et en un éclair, tous deux étaient partis dans la cuisine, laissant Dylan et son père seuls. Difficile pour un père d'aborder la conversation avec son fils mais Mike voulait vraiment bien faire et essaya d'entamer la conversation, profitant que Fabian et Rose soient plus loin.

« Alors fiston, tu tiens le coup avec toutes ces histoires de grands ? »

Dylan leva la tête en direction de son père, avec un regard de mépris.

« Papa, je n'ai plus 5 ans, tu peux me parler normalement. Je ne tiens pas vraiment le coup, je m'adapte c'est tout. Je serais bientôt loin de tout cela, de toute façon. »

Sa réponse désarçonna quelque peu son père.

« Oui c'est vrai ... répondit-il sur un ton monotone. J'espère que tu te sentiras bien là-bas avec ton frère. Je prendrai de tes nouvelles souvent, Dylan. »

Dylan hésita un moment avant de répondre, et baissa la tête.

« C'est gentil, merci. Je passerai vous voir également quand je le pourrais. »

Une larme glissa sur la joue de Dylan et son père s'en rendit compte très vite. Paternellement, il se leva et alla embrasser son fils sur le front en lui promettant que tout irait bien. Difficile de dire autre chose pour réconforter son fils, mais Mike espérait lui aussi que tout serait bientôt terminé. Il rassura son fils quant au devenir de la famille, qu'il serait toujours là pour lui et qu'ils seraient plus forts que tout cela. Bien que Dylan ait quelques ressentis vis-à-vis de ses parents, les paroles de son père lui firent chaud au cœur. Alors que père et fils s'entrelaçaient chaleureusement, Fabian et Rose arrivèrent pour déposer le dessert sur la table. Fabian eu un sourire en coin et adressa un clin d'œil à son petit frère qui lui fit un petit signe de tête en retour. Rose, quant à elle, semblait émue mais ne disait rien. Quelques instants plus tard, tous terminèrent le repas dans une bonne entente. Bien que Rose et Mike ne s'adressaient peu la parole directement, les conversations allaient mieux qu'au début du repas. Dylan se demandait toujours ce qu'il allait faire en Irlande, loin de tous ses repères, mais la discussion à ce sujet le rassura quelque peu et détendit également l'atmosphère. Au final, le repas se termina tranquillement jusqu'au moment où Dylan dû dire au revoir à son père, qui rentra chez lui. Tous deux se refirent un câlin puis se dirent à bientôt. Suite à quoi, Dylan essuya à nouveau une larme de sa joue, puis alla aider à débarrasser le reste de la table.

« Maman, tu me promets toi aussi que tu prendras de mes nouvelles et que papa et toi vous ne resterez pas fâchés, même si on est plus une vraie famille ? »

Alors qu'elle entendit son fils prononcer les mots " vrai " et famille " dans la même phrase, Rose faillit lâcher les assiettes qu'elle tenait dans les mains. Elle se retourna vers Dylan, qui la regardait d'un air interrogatif. Elle déposa ses assiettes, embrassa à son tour son fils sur le front, et lui répondit :

« Bien sûr, mon chéri. Je te le promets. Elle le sera dans ses bras à son tour, pendant que Fabian retournait en cuisine. Nous t'aimons, Dylan, ne l'oublie jamais. »

Quelques larmes coulèrent également sur les joues de la mère de Dylan. Malgré tout, ce repas aura permis de mettre les choses à plat, et une chose était sûre : rien ne serait plus pareil, mais il subsisterait l'amour maternel et paternel entre Dylan et ses parents.

« Allez, finissons de ranger, mon chéri. »

Tous deux se dirigèrent donc en cuisine, Dylan le cœur léger, sa mère le cœur plus léger également. Comme quoi, les miracles de Noël, ça peut arriver.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Point de non retour  Solo 

Quelques jours plus tard, les fêtes de fin d’année étaient maintenant terminées et il était temps pour Dylan de retourner étudier à Poudlard et de terminer sa cinquième année. Les choses étant ce qu’elles étaient, le Gryffondor se sentait soulagé de repartir au château. En effet, même si la situation commençait doucement à s’améliorer, il n’en était pas moins que Dylan allait avoir besoin de temps pour digérer un petit peu tout ce qu’il avait appris pendant ces vacances. L’an prochain, il habiterait en Irlande, mais il ne savait pas encore exactement où et, allongé sur son lit en lançant la balle à son chien Flèche, il réfléchissait à tout ce que cela allait entraîner pour lui. Non pas qu’il est beaucoup d’attaches ici, à Londres, Dylan était un solitaire, et il ne connaissait que quelques personnes de son quartier. Cependant, il se demandait si la vie Irlandaise allait lui plaire. Il était loin de se douter de ce qu’il allait découvrir là-bas … Mais pour l’heure, il devait encore faire ses valises, le grand départ étant pourbientôt.

« Quelle plaie … » pensa-t-il en se relevant. Il frotta la tête de son chien et commença à empaqueter ses affaires.

Tout en réfléchissant quoi emmener, entre affaires habituelles et nouvelles affaires achetée ou obtenues à Noël, Dylan réfléchissait à son avenir et se demanda quel métier il souhaiterait exercer. Mais impossible : la question rebondissait en boucle dans les parois de son cerveau : il n’en avait pas la moindre idée. Il se demandait même s’il allait réussir ses BUSEs, étant donné qu’il avait un peu délaissé les cours, cette année. De même, il avait délaissé un bon ami à lui, Tyr, et leur rencontre fortuite dans les toilettes peu avant la coupure hivernale lui fît un pincement au cœur. En cherchant dans ses affaires, il retomba sur une vieille photo de lui et de sa famille : Dylan était tout petit et assis par terre, son père tenait la main de sa mère et Fabian faisait les oreilles de lapin à son petit-frère. * Une époque bien lointaine * songea Dylan, une petite larme coulant sur sa joue. Il chercha le collier de son frère qu’il avait réduit en poussière quelques mois plus tôt et le retrouva dans une petite boîte, dans un tiroir de sa table de de chevet. Il poussa un soupir en l’ouvrant et choisit de le laisser là où il était. Il termina de ranger ses affaires et descendit quelques heures plus tard vaquer à ses occupations pendant que sa mère travaillait dans son bureau et que Fabian était parti s’occuper de quelques détails administratifs.


*** Le jour du retour à Poudlard, à la gare ***



« Prêt à retourner en cours, p’tit frère ? », lança Fabian alors qu’il aida Dylan à ôter sa valise du coffre. « Dis donc, t’en met plus qu’une fille toi, ma parole ! »

Dylan esquissa un sourire et lui répondit qu’il avait besoin de beaucoup de choses pour la fin de l’année, mais qu’il avait surtout pris des affaires pour ne pas les oublier lorsqu’il reviendrait en été pour partir pour l’Irlande. Quelques mots furent échangés à ce sujet et les deux frères partirent en direction de la voie 9 ¾. Les parents de Dylan n’étaient pas présents : sa mère avait beaucoup de travail aujourd’hui et ne pouvait accompagner son fils, quand à son père, il était dieu seul sait où mais avait dit au revoir à son fiston la veille. Sa mère lui avait dit de bien manger et de ne pas abuser des cochonneries, de décrocher ses BUSEs haut la main et de revenir en été en pleine forme. Tout ceci n’aida pas Dylan à se sentir mieux, il commençait à avoir l’impression que la seule famille qui lui restait, c’était son frère. Frère qui l’avait « abandonné » les premières années de sa vie pour aller voyager aux quatre coins du monde. Quoiqu’il en soit, le jeune garçon était bien content de s’éloigner de toute cette atmosphère.

Les deux frangins prirent un café, pour Fabian, et un chocolat pour Dylan en attendant le train qui ne devait pas arriver avant plusieurs minutes. Fabian n’étant pas sorcier, il préférait ne pas trop se mêler à la foule des nouveaux sorciers, ou des plus âgés, qui commençaient à traverser le passage menant au Poudlard Express, qu’il pouvait apercevoir de loin. Les deux frères échangèrent plusieurs banalités tout en rigolant, retrouvant peu à peu leur complicité d’antan. Malgré tout ce qui avait pu les séparer, Dylan aimait son grand-frère et lui pardonnait petit à petit ses erreurs passées. Quant à Fabian, il agissait de plus en plus naturellement avec son frère mais ressentait toujours un petit pincement au cœur lorsque les voyages de ce dernier étaient évoqués. L’horloge de la gare sonna 10h pile et Dylan comprit qu’il était temps d’y aller.


« Allez, je crois que je dois y retourner, maintenant »

« Ouaip ! Je t’accompagne jusqu’à ton mur-porte » lança Fabian en souriant.

« T’es vraiment bête », répondit Dylan en rigolant.

Dylan et Fabian marchèrent jusqu’au passage menant au train et se firent une dernière accolade fraternelle qui ému Dylan, sans même qu’il ne s’en rende compte. Fabian cachait aussi bien ses émotions, mais tous deux pensaient à leurs parents qui n’allaient bientôt plus vraiment en être. Des parents divorcés tout du moins. Dylan se détacha de l’emprise de Fabian en prétextant qu’il allait être en retard et se dirigea vers le passage.

« Bon courage avec tes MUSEs, Dylan ! »

« C’est les BUSEs, crétin, mais merci frangin ! » lança Dylan en souriant d’amusement à la remarque de son frère. Puis, en un instant, il était passé de l’autre côté (du mur, pas de la force, merci).

Fabian prit donc le chemin du retour, anxieux de la suite des événements. Il savait qu’il allait devoir héberger son petit frère, et il n’avait pas pu refuser cela à sa mère, mais le problème c’est qu’il ne serait pas deux, mais trois dans cette nouvelle vie … Mais cela, Dylan, et même ses parents, l’ignoraient, seul Fabian le savait. Il s’inquiétait de la réaction de son petit frère quant à cette … colocation de longue durée. Dylan, lui, rejoignait tranquillement quelques connaissances et amis dans le Poudlard Express et partait pour cette dernière ligne droite avant ses examens finaux.


FIN DU RPG



Gryffondor du mois d'octobre 2015