Voie 9 ¾

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Prélude à l'aventure  Solo 

Aujourd'hui était un jour spécial, particulier, un jour ensoleillé comme les autres jours de fin d'été, mais une journée unique. Même les moldus s'amassant dans le hall de la gare de King's Cross pouvaient ressentir de façon presque inconsciente cette atmosphère électrique. En effet, parmi les voyageurs pressés et les businessmen stressés, on pouvait remarquer des familles poussant des chariots recouverts de chaudrons, de cages contenant toutes sortes d'animaux étranges, d'énormes valises, voire même de balais... Aujourd'hui avait lieu la rentrée à Poudlard. Elle avait lieu tous les ans, pourtant chaque année était un nouveau départ.

Se tenant devant ses parents, Lloyd contempla le mur séparant la plateforme 9 de la plateforme 10. Il ressentait une sorte d'appréhension indescriptible en observant ce mur de briques tout simple, qui dissimulait un tout nouveau monde. Le jeune garçon respira avec difficulté, impressionné par la perspective du futur qui l'attendait derrière cette barrière. Puis, il saisit son chariot, et le poussa pour traverser le mur. Ces quelques pas, cette action si simple qu'est pousser un chariot, c'était pour lui un événement important. C'était comme le passage dans une nouvelle partie de sa vie, un tout nouveau chapitre. La plateforme 9 3/4 était, sans surprise, pleine de sorciers et d'élèves. Des nuages de fumée s'échappaient régulièrement de la locomotive du Poudlard Express, noyant toutes les familles dans une brume épaisse qui se dissipait rapidement, empêchant Lloyd de distinguer complètement l'énorme train écarlate. Des élèves s'étaient déjà installés dans le véhicule, bavardant avec leurs camarades, faisant connaissance, posant leur valise, ou se disputant pour une place près de la fenêtre. L'atmosphère mêlait joie et tensions, les futurs premières années semblant tout autant heureux qu'effrayés par la perspective de leur arrivée à Poudlard.

- Il est 10h 57 ! Lloyd, tu ferais mieux de monter dans le train, maintenant, il va bientôt partir ! s'exclama Mr Macmillan en jetant un coup d'œil à sa montre. Les parents de Lloyd l'aidèrent à monter sa valise dans le train, sans oublier la cage de Boney, son Boursouf, puis lui firent toutes sortent de recommandations importantes avant de lui dire au revoir : bien écouter les professeurs, respecter le règlement, leur écrire régulièrement... Ils furent interrompus par un sifflement strident : le train allait démarrer. Aussitôt, la plateforme commença à s'éloigner, lentement, puis de plus en plus rapidement, tandis que les parents de Lloyd continuaient leurs conseils, leur voix couverte par le bruit du véhicule et des adieux des autres parents d'élèves, jusqu'à ce que Mr et Mrs Macmillan ainsi que toutes les autres familles d'élèves ne soient plus que des minuscules ombres lointaines qui enfin s'évanouirent dans l'horizon.

Lloyd regarda le paysage urbain défiler à travers la porte vitrée pendant un moment, puis il saisit sa lourde valise et se mit à la traîner avec difficulté à la recherche d'un compartiment libre. Il se dit qu'il aurait dû arriver plus tôt en voyant que presque toutes les places étaient déjà prises, envahies par des garçons et des filles de tout âges. Finalement, après avoir traversé deux wagons entiers, les bras faibles de Lloyd hissant la valise par un effort surhumain, il trouva un compartiment déjà occupé, mais qui avait une ou deux places libres. En jetant un œil à l'intérieur, il vit que ce compartiment était seulement occupé par deux filles de son âge, une fille rousse avec des couettes, et une fille au visage hautain et aux cheveux noirs. Il ouvrit la porte, et, après avoir demandé le droit de s'asseoir dans le compartiment, demande ayant reçue une réponse positive, il plaça sa valise dans le porte-bagage avant de s'asseoir, posant sur ses genoux la cage de Boney. Lloyd lâcha un soupir. Il était enfin dans le train. Dans quelques heures, il sortirait du véhicule pour se trouver face au château de Poudlard, l'école des sorciers. Pensif, il se pencha vers le fenêtre, regardant le paysage défiler à toute vitesse : la ville avait déjà disparu pour faire place à la campagne anglaise. Lloyd réfléchissait à ce qui l'attendait à Poudlard. Dans quelle maison allait-il être réparti ? Est-ce qu'il arriverait à faire de la magie ? Une multitude de questions fourmillèrent dans son esprit et se multiplièrent. Il ne savait pas ce qui l'attendait, ni ce qui allait se passer. Mais il savait que cette journée marquait le début d'un nouveau chapitre dans sa vie.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Prélude à l'aventure  Solo 

Silencieux, Lloyd continuait de fixer les paysages champêtres qui défilaient le long du train. Toujours plongé dans ses pensées, il ignorait les deux filles présentes dans le compartiment. Elles-mêmes étaient silencieuses, l'une d'entre elle (la fille au visage hautain) ayant même sorti un gros livre intitulé L'Histoire de Poudlard. Lloyd jeta un œil à sa valise, et décida d'en sortir un livre également, pour passer le temps. Il parvint à extirper son grimoire de sortilèges, et l'ouvrit, entamant la lecture du premier chapitre, qui expliquait comment tenir sa baguette pour le lancement d'un sortilège. Lloyd n'avait presque pas touché à ses manuels, qu'il avait acheté depuis un moment. Il s'était dit qu'il aurait le temps de les lire, mais finalement il ne les avait jamais ouverts. En voyant que la fille du compartiment avait déjà largement entamé son livre, il se demandait si les autres premières années avaient déjà révisé afin de démarrer l'année avec des connaissances suffisantes en magie. Il avait intérêt à s'y mettre vite. Lloyd ne voulait pas que ses camarades pensent qu'il n'y connaissait rien à la magie. Et quand il se disait que la plupart de ses futurs camarades avaient déjà dû essayer de jeter des sorts simples alors que malgré tous ses efforts, il n'y était pas arrivé, cela ne faisait que l'effrayer davantage.

Sa lecture continua pendant un moment, jusqu'à ce qu'un bruit de pas l'interrompe. Un garçon avait couru le long du couloir et s'était arrêté à la porte du compartiment. Ouvrant ladite porte, il entra, et sans même attendre l'autorisation de qui que ce soit, il s'assit bruyamment. Lloyd observa le nouveau venu. Il avait l'air de ces garçons qui étudient tous leurs mouvements pour faire le plus de bruit possible.

- Dites donc, vous ! commença-t-il avec un grand sourire. Vous savez ce que j'ai vu ? Il y a un compartiment avec des élèves qui ont un phénix ! Un phénix, vous vous rendez compte ? Au fait, je m'appelle Emmett, et vous ?

Un peu surpris par l'arrivée soudaine de ce garçon, Lloyd resta silencieux, tandis que les deux filles se présentaient. La fille rousse s'appelait Abby et l'autre Madge. Cette histoire d'élèves possédant un phénix était peu crédible, et un silence gêné s'installa dans le compartiment. Cependant, Emmett n'avait pas l'air de remarquer le malaise s'étant installé, et continua :

- Vous voulez arriver dans quelle maison, à Poudlard ? Moi j'aimerais trop être réparti à Gryffondor ! Les courageux et les plus forts, ajouta-t-il avec un grand sourire.

Lloyd ne répondit pas tout de suite. À vrai dire, il n'avait jamais vraiment réfléchi à la maison où il finirait. Il avait toujours pensé que, si il allait à Poudlard, il serait réparti à Poufsouffle. Toute sa famille, à sa connaissance, avait été à Poufsouffle, du côté paternel en tout cas. La famille Macmillan était une vieille famille de sorciers, l'une des plus vieilles d'Écosse, d'après ce qu'il avait entendu dire de son père. Mais il ne savait pas trop si il avait les qualités nécessaires pour être à Poufsouffle... La loyauté, il ne savait pas trop... il avait toujours été plutôt solitaire. La gentillesse, peut-être... même si il n'était pas vraiment plus gentil qu'un autre. La patience, ou le travail, sûrement pas... Lloyd était patient, certes, mais pas travailleur. En tout cas, ses mauvais résultats en école primaire moldue n'étaient sûrement pas des bons présages.

- Gryffondor ? rétorqua la dénommée Madge. C'est clairement Serdaigle, la meilleure maison. La maison de la sagesse et du savoir ! Toute ma famille a été à Serdaigle. Mais bon, il faut valoriser l'intelligence... ajouta-t-elle en jetant un regard courroucé à Emmett.
- Excusez-moi, demanda l'autre fille, c'est quoi, une maison ? Je suis pas d'une famille sorcière, moi...
- À Poudlard, on est répartis entre quatre groupes d'élèves. Ça dépend de nos qualités, en fait... Il y a Serpentard, je crois qu'ils sont ambitieux, et rusés, Serdaigle, les plus intelligents...
- Et Gryffondor ! Les Gryffondor sont courageux et nobles !
- Hum... Excusez-moi... Mais vous oubliez Poufsouffle... ajouta Lloyd. Tous les occupants du compartiment se tournèrent vers Lloyd comme si il venait d'apparaître dans la pièce. Gêné, le jeune garçon marmonna quelques mots d'excuse.
- Poufsouffle ? C'est pas génial, Poufsouffle... Poufsouffle, c'est là où vont les élèves qui n'ont pas les qualités pour aller dans les autres maisons... ricana Emmett.

Pendant tout le reste du voyage, Abby, Madge et Emmett continuèrent à débattre de la meilleure maison, et d'autres détails concernant Poudlard. Lloyd préféra ne pas se mêler à leur conversation, et ne leva la tête de son grimoire que pour acheter des sucreries à la sorcière au chariot qui passa dans le couloir quelques heures plus tard. Il ne savait pas que Poufsouffle était une maison qu'on méprisait tant. Il savait qu'il y a longtemps on associait Serpentard aux mages noirs, par exemple, et que par le passé cette maison avait eu mauvaise réputation, mais il ne pensait pas qu'on jugeait les qualités de Poufsouffle comme étant inférieures aux autres... Tant pis, décida Lloyd, peu importe dans quelle maison il serait réparti, il respecterait toujours Poufsouffle.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Prélude à l'aventure  Solo 

Il respecterait toujours Poufsouffle... C'était parler un peu vite. Si ça se trouve, il ne finirait même pas dans la maison d'Helga, pensa le garçon en grignotant une Chocogrenouille d'un air distrait. Il ne s'était jamais imaginé dans les autres maisons, mais la perspective de la cérémonie de Répartition le tourmentait et il ne pouvait pas s'empêcher d'envisager toutes les possibilités imaginables. Gryffondor ? Il n'était pas courageux... Et loin d'être fort. Serdaigle ? Il n'était pas plus intelligent ou plus sage qu'un autre. Serpentard ? Peut-être. Il n'en savait rien, en vérité. Il était trop jeune pour faire preuve de véritable ruse, ou d'ambition... Mais ce qui effrayait Lloyd, c'était que le Choixpeau magique reste de longs moments sans lui attribuer de maison, avant de déclarer qu'il ne correspondait à aucune maison... Ou pire, que le Choixpeau déclare qu'il y a eu une erreur, que Lloyd n'était pas un sorcier, et qu'il fallait qu'il parte par le premier train. En effet, Lloyd n'avait révélé ses pouvoirs de sorcier que très tard dans son enfance (ça ne devait pas être très impressionnant étant donné qu'il ne s'en souvenait même pas) et il avait encore des doutes sur la présence de ses capacités magiques. Le mieux était de ne pas y penser... si il avait reçu cette lettre d'inscription à Poudlard, cela voulait forcément dire qu'il n'était pas un Cracmol, décida Lloyd tandis qu'il glissait un morceau de Chocogrenouille dans la cage de son Boursouf en regardant par la fenêtre avec tristesse.

Peu à peu, derrière la vitre du train, le soleil se coucha dans le paysage devenu montagneux. Lloyd reconnaissait l'Écosse : sauf erreur, ils allaient bientôt arriver à Poudlard. Le compartiment commençait à baigner dans une douce lumière tamisée : vérifiant sa montre, le jeune garçon vit qu'en effet, il était bientôt l'heure. Posant son grimoire, Lloyd se mit à attendre l'arrivée avec une impatience grandissante, observant les montagnes écossaises défiler dehors devant un ciel de plus en plus sombre et nuageux. Enfin, le train se mit à ralentir de plus en plus : ressentant ce ralentissement, tous les occupants du wagon semblèrent se taire, comme par respect. Puis le train s'arrêta enfin. Ils étaient arrivés à Poudlard, l'école de sorcellerie. Un court silence régna dans le train, puis soudain, tous les élèves et futurs élèves se ruèrent bruyamment vers les portes, distribuant des coups de coudes sans pitié, espérant être les premiers à mettre les pieds dans le château. Lentement, Lloyd se leva, sortit du compartiment puis attendit que la foule entourant la porte se réduise avant de sortir du train. Dehors, il faisait déjà nuit. Pourtant, tous les élèves pouvaient distinguer les contours du château se dessinant derrière un énorme lac noir. C'était un bâtiment immense, gigantesque, même, avec une multitude de tours et de tourelles, des milliers de fenêtres éclairées se reflétant dans le lac. C'était encore mieux que ce que Lloyd avait imaginé.

Un homme immense, qui ajoutait encore plus de grandeur à toute l'immensité du décor, appela les premières années et leur demanda de se rassembler près du lac, tandis que les élèves plus anciens se dirigeaient plus loin le long du train. L'énorme personnage ordonna aux premières années de prendre place dans des barques le long du lac. Lloyd prit place dans l'une des barques, où trois autres élèves étaient installés. C'était une sensation très étrange d'être sur cette barque et de se dire que, dans quelques instants, il allait être dans cet édifice colossal qui se tenait entre les montagnes, devant lui. Enfin, une fois tous les futurs élèves installés, les frêles bateaux se mirent à glisser le long du lac. Lloyd ne parvint pas à détourner le regard du château qui s'approchait de plus en plus : on distinguait bien les contours sombres de l'école des sorciers, qui semblait encore plus imposante quand ils s'en rapprochaient. Il n'était pas le seul : on aurait dit que la majorité des élèves restaient silencieux dans un instant si solennel. Ce trajet en barque avait quelque chose de rituel, comme pour imposer dans l'esprit des élèves la magnificence et l'importance de Poudlard dès leur arrivée. Finalement, après un long moment de calme et de silence, avec quelques remous, les barques glissèrent vers l'école, puis arrivèrent à terre. Lentement, les élèves sortirent des barques, la plupart levant la tête pour contempler l'immensité du bâtiment qui se tenait devant eux, et il se dirigèrent vers les portes du château qui s'ouvrirent. Et enfin, les premières années les traversèrent avec appréhension, entrant dans le hall du château. Tout le monde n'avait qu'une chose en tête : c'était le début de l'acte II.

- Fin du RPG -

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !