Voie 9 ¾

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Laisser son passé derrière soi

Il était 10h15 lorsque Johanna arriva sur le quai avec sa maman et ses frères. Ils étaient arrivés avec un peu d'avance et Johanna en profita pour chercher des yeux des élèves qui pouvaient être en première année. Elle s'attarda sur une femme discutant avec ce qui semblait être sa fille vu la ressemblance. Elle portait un manteau de couleur jaune jonquille, ce qui rappela à Johanna la couleur de la couverture en laine qu'elle avait reçu pour son anniversaire deux ans plus tôt. Elle fut tirée de ses pensées par Ronny,l'un de ses frères, bien décidé à ne pas lui faire oublier ces 11 ans de souffrance quotidienne. 
Hé Jojo,tu feras attention à Poudlard surtout! Attention à pas manger trop de dessert, surtout ceux à la crème, il ne faudrait pas que tu reviennes grosse comme une citrouille en plus d'être moche comme un sanglier! Lui dit-il en tournant la tête vers les deux autres, pliés en deux eux aussi. Johanna avait prit l'habitude de leurs blagues, elles faisaient parties de son quotidien. Mais chaque phrase la détruisait un peu plus. Elle repensa au jour où, peu avant ses trois ans, elle descendait les escaliers pour se rendre dans le jardin de ses grands parents. Ses frères, âgés de 9 ans, sont arrivés derrières elle qui était debout sur une marche, et la poussèrent en bas des escaliers en plein dans la boue. 
Ne fais pas attention à eux ma chérie, ils sont jaloux parce qu'ils n'auront plus l'occasion d'y retourner. Répondit sa maman en voyant l'air triste de Johanna.
Je sais maman, j'aurai juste voulu qu'ils arrêtent de m'ennuyer juste aujourd'hui. Dit Johanna les larmes aux yeux. Ce sont mes frères, et eux me traitent comme si je ne servais à rien. 
Tu as 11 ans Johanna,tu vas à Poudlard. Je sais que tu es forte, tu vas te faire des amies, tu vas apprendre encore plus de choses que tu ne connais déjà. Ajouta sa maman. N'oublie pas tes frères, mais tu as l'occasion de commencer à être toi, laisse les derrière toi. 
Avait-elle raison? Johanna arriverait-elle à laisser de côté tout ce que ces frères lui ont fait? 
Dernière modification par Johanna Hostek le 20 mars 2018, 22 h 46, modifié 1 fois.

J.Hostek

Laisser son passé derrière soi

Le train devait démarrer d'ici vingt-cinq minutes et Johanna avait encore largement le temps devant elle. Elle pensa avoir encore le temps de dire au revoir à sa maman avant son départ à elle aussi. 
Maman... Tu m'écriras? Tu sais, quand tu seras avec papa là-bas... Dit-elle à sa mère avec un air triste. 
Oh ma chérie, ne pense pas que je t'abandonne. Cela va faire vingt ans que ton père et moi acceptons de vivre séparés à des milliers de kilomètres, maintenant tu es grande,tes frères commencent à travailler la semaine prochaine alors il est temps pour moi de le rejoindre. Lui répondit sa mère d'un ton calme et apaisant. Nous reviendrons de temps en temps et tu viendras passer les grandes vacances avec nous. Ajouta sa mère en lui caressant les cheveux.  
Elle pensa alors à la Bulgarie,à ses nombreuses vacances là-bas et à Stanislav. C'était son meilleur ami depuis l'âge de cinq ans. Johanna rejoignait son père en Bulgarie et lui venait de Russie rejoindre sa mère, une collègue au père de Johanna. La dernière lettre qu'elle avait reçue de lui datait de la fin du mois de juillet, il lui expliquait qu'il partait rejoindre sa mère en Bulgarie avant de rentrer pour acheter ses fournitures pour Durmstrang. Il lui avait apprit le nom de la plupart des étoiles, obstiné depuis leur connaissance à devenir professeur d'astronomie malgré leur jeune âge. Elle n'avait jamais rencontré son père, Stanislav rendait toujours visite seul à sa mère. Johanna savait quand même qu'il devait ressembler à son père, car il avait les cheveux blonds tirant extrêmement sur le blanc et de longs cils faisant ressortir ses yeux noir et sa mère avait des cheveux châtains et de petits yeux bruns. 
Je t'écrirai tout les jours,promis. Ajouta Amanda,faisant sortir Johanna de ses pensées. 
Pas tout les jours quand même! Je vais avoir l'air de quoi si ma maman m'écrit tout les jours? Lui répondit Johanna en rigolant. 
Tu crois que je serai à Serpentard? Comme toi et Tante Sofia? Demanda Johanna un peu inquiète. Du côté de sa mère, tout le monde avait été à Serpentard,y comprit ses frères. On lui parlait depuis toute petite de cette maison,et Johanna avait rarement pensé à ce qu'il se passerait si elle était envoyée autre part qu'à Serpentard. Mais elle y pensa maintenant, et sa mère ne tarda pas à la rassurer. 
Je ne sais pas dans quelle maison tu seras Johanna,mais franchement même si tu es envoyée à Serdaigle tu resteras toujours mon bébé. Nous t'aimons, plus que tout, le choixpeau lira dans ton coeur et lui seul sait dans quelle maison tu seras, fais lui confiance. Lui dit-elle chaleureusement. 
Johanna prit sa mère dans ses bras et resta ainsi quelques instants avant de regarder ses frères discuter avec un garçon sûrement lui aussi ancien élève de Poudlard car il n'avait pas de malle et la supposition de Johanna s'avéra exacte lorsqu'elle entendit une petite fille lui demander de l'aider à porter sa malle en suppliant qu'en tant que grand frère il était obligé de l'aider. Johanna sourit quand elle vit le garçon dire au revoir à Winston,Ronny et Donny pour aider sa petite soeur. Mais au fond d'elle, elle ne pu s'empêcher de penser que ses frères n'auraient rien fait de tout ça. 
Alors soeurette, t'es prête pour le grand saut? Lui demanda Ronny,assez enthousiaste. 
Tu vas enfin commencer la grande aventure de Poudlard! Ajouta Winston. 
Et pour nous ça signifie que nous ne t'aurons enfin plus dans les pattes! A nous la liberté, pas vrai les gars? Lança Donny en rigolant? 
Vous avez de la chance que maman n'est pas là, vous savez qu'elle n'aime pas quand vous vous comportez comme ça. Répondit Johanna,blessée. 
Oh miss Jojo a besoin de sa moman! N'espère pas faire ça à Serpentard Jojo,les bébés c'est pas pour eux! Lui dit Donny avec le sourire au lèvre. Combien on parie les gars? Que dans une semaine elle revient en pleurant à la maison. 

J.Hostek

Laisser son passé derrière soi

Felicity se réveilla de très bonne heure ce matin-là, l'aurore n'avait pas encore pointé le bout de son nez. Et c'était fort rare, la jeune fille étant une grosse dormeuse il était même fréquent pour ses parents d'envoyer son frère pour la secouer.Mais aujourd'hui était le jour qu'elle attendait avec impatience, c'était le départ pour Poudlard.

Dans sa famille, chaque entrée en première année à Poudlard était fêtée, les enfants recevaient des cadeaux, les parents portaient des toasts et pour l'occasion même l'oncle Archi était venu passer quelques jours au domaine Warner.

Archibald Bletchley, le frère aîné de sa mère, était son oncle préféré. Il était parti jouer les globe-trotter le jour où il reçu les résultats de ses ASPICs. Depuis que Felicity était en âge de comprendre elle s'est imaginée faire la même chose, quelques Mornilles au fond de ses poches, le strict nécessaire dans un sac, et la vie devant elle. D'ailleurs, pour cultiver la graine de révolte qu'il avait plantée dans le cerveau de sa nièce, l'oncle Archi lui envoyait de temps en temps des objets, livres traitants toutes sortes de sujets mais le thème principal – la liberté – était toujours présent.

Si la jeune fille s'était levée si tôt c'était en grande partie pour pouvoir accompagner son oncle se balader en forêt avant l'heure du petit-déjeuner.


La matinée défilait bien trop vite parce qu'elle ne savait pas quand elle reverrait son oncle, et bien trop lentement parce qu'elle avait hâte d'être à Poudlard.
Ses parents les trouvèrent dans le petit salon en grande discussion. Archibald lui racontait des souvenirs de famille comme la fois où il prit son jeune frère en train de goûter la réserve de grands crus de leur père. Lysander était plein comme une barrique et il a fallut lui jeter un sort de lévitation pour le mettre au lit.
L'histoire préférée de Felicity était celle où l'oncle Archi et ses cousins avaient fait une partie de criquet improvisée sur la terrasse d'un restaurant à la mode. Ils avaient chapardés les cannes de leurs pères pour frapper les pistaches qui leurs servaient de boules.

À 10h15, toute la famille était réunie sur le quai de la voie 9 ¾. Ils devaient retrouver Reginald avant le départ du train. Felicity à voir sa mère si triste et nerveuse à l'idée de laisser partir son 'bébé' commençait un peu à s’inquiéter.
« Si jamais je rate le train ? Si le Choixpeau ne me trie pas ? Et si … etc. » La petite fille se retournait le cerveau d'angoisses naïves.
Franck, son père lui posa une main rassurante sur la tête qui faisait un contraste frappant avec le regard dur qu'il lui adressait.
 « Tu es une grande fille maintenant. Je ne veux pas te voir montrer d'émotions si sotte que la peur. Avoir peur et être inquiet pour diverses choses est normal et même bénéfique parfois mais le montrer est un signe de faiblesse. Montrer ses faiblesses peut coûter très cher. »
Felicity lui répondit d'un oui clair et chaud. Son père tout bourru qu'il était tenait beaucoup à elle, et lui donnait toujours des conseils fort avisé. Malgré le ton froid utilisé pour les dires, ces paroles réchauffaient le moral de Felicity et lui rendirent un peu de courage.

L'oncle Archi, qui s'était tut jusqu'à présent lui remit un sachet de velours vert brodé d'un magnifique dragon.
« Un Vert Gallois. » pensait Felicity.
En parlant bas pour n'être entendu que de sa nièce, Archibald lui dit « Ce sont des Verglas-Balles ; des Spray-Ventouses ; et des chocolats. »
Devant le regard interrogatif de Felicity, son oncle précisa que le chocolat était bon pour remonter le moral ; que ces sprays diffusaient une espèce de colle extra forte qui contrairement aux colles Moldus celle-ci était multi-surface et ne pouvait pas être enlevée par magie ; et les Verglas-balles faisaient givrer n'importe quelle surface dure à leur contact.
« Mais Archi, tu sais bien que je n'aime pas ce genre d'objet. Je déteste les farces et attrapes ! »
« Utilisés correctement ils pourront peut-être te sauver la mise. » rétorquait Archibald avec panache.
Il était très content de son petit effet, Felicity observait son sac avec attention et se dit que ça ne lui coûterai rien de le garder.

Elle oubliât vite le sac et son contenu en apercevant son grand frère. Il ressortait du train dans lequel il avait déjà installé ses affaires avant leur arrivée sur le quai.
Reginald lui avait manqué. Celui-ci fit une bise à sa mère en guise de bonjour et bénéficiât d'une accolade viril de son père. Il se contentait de serrer la main de son oncle qui le prit par surprise en lui faisant un câlin démonstratif.
Felicity eu le droit à un sourire bref mais sincère.
« Comment ce sont passées tes vacances mon chéri ? Tu n'as pas eu froid ? Tu aurai pu nous envoyer plus de lettres quand même ? » Sa mère le bombardait de question auxquelles il répondit avec sobriété.

C'est en regardant la foule agglutinée sur le quai que la jeune fille repéra pas très loin d'elle une de ses amies en compagnie de ses trois frères.
« C'est Johanna ! Oh, maman, papa, je peux aller la voir ? » Felicity faisait une tête de chien battu dans l'espoir d'attendrir ses parents.

Son père lui dit simplement « Vas-y » et Felicity avec empressement allât rejoindre son amie Johanna.
Arrivée à quelques mètres d'elle, Felicity entendit un bout de leur conversation et ce qu'elle entendait ne lui fit pas plaisir.

Avec moult encouragements à elle-même, Felicity interrompit leur conservation avec un timide mais audible « Euh... Bonjour Johanna. Tes vacances se sont bien passées ? »

Felicity Warner

Laisser son passé derrière soi

Encore une phrase blessante. Encore des moqueries. Johanna se retint très fort de pleurer et s'apprêta à lui répondre lorsqu'une voix assez timide qu'elle connaissait l'interpella:

Euh... Bonjour Johanna. Tes vacances se sont bien passées ? 

Elle retourna et vu Felicity,elle aussi nouvelle à Poudlard qu'elle avait rencontré peu de temps auparavant sur le chemin de traverse.  Johanna se félicita d'avoir retenu ses larmes et, avec un grand sourire, répondit à son amie: 

Oh bonjour Felicity! Je suis contente de te voir. Oui très bien, j'ai été passé un mois en Bulgarie là où travaille mon père. Nous sommes partis le lendemain du jour où j'ai acheté mes fournitures. Et toi? Tu es partie en vacances? 

Elle regarda son amie en souriant, mais son regard était insistant tel qu'il lui fit comprendre de s'éloigner. Tout en écoutant la réponse de Felicity,elles marchèrent vers la direction opposées de ses frères, de peur qu'ils n'aient aucun scrupule à la ridiculiser devant une amie. Elle pria très fort qu'elle n'ai pas entendu ce que lui a dit les garçons et s'arrêta devant un groupe d'élèves plus âgés qui bouchait le chemin. Elle chercha du regard quelque part où s'asseoir et remarqua un banc vers lequel elle se dirigea. Lorsqu'elles se furent assises,Johnna pensa à toutes les questions qu'elle s'était posée depuis qu'elle avait reçu sa lettre d'admission à Poudlard. C'était la première fois qu'elle avait l'occasion de parler de ça avec une élève dans le même cas, son meilleur ami, Stanislav, rentrait en première année aussi mais à Durmstrang, pour lui c'était différent. Elle osa quand même demander à Felicity ce qu'elle en pensait: 

Tu n'as pas peur toi? Peur de tout ça... Peur de te retrouver perdue ou abandonnée? 

Au moment où elle termina sa phrase elle ferma les yeux,regrettant ce dernier mot. Elle ne voulait pas passer pour un bébé et pourtant elle avait peur d'être abandonnée. Elle n'avait jamais manqué de rien, pourtant rare étaient les moments où son regard exprimait un peu de joie. Mais elle n'avait jamais eu l'occasion de raconter à quelqu'un la vraie raison des absences fréquentes de son père, il était dur d'expliquer à des moldus de 10 ans que son père travaillait en Bulgarie d'où il y chassait des dragons. Ce fut la principale raison pour laquelle la lecture devint la principale passion de Johanna. Et le quidditch. 

J.Hostek

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Johanna regardait son amie avec insistance et celle-ci comprit rapidement qu'elle voulait s'éloigner de ses frères. Les jeunes filles déambulaient sur le quai un peu au hasard.
Felicity répondit à Johanna avec une pointe d'amertume. "Non, je ne suis pas partie en vacances. ... Nous n'allons jamais nulle-part."

Elles finissent par repérer un banc de libre et s'y asseyent toute les deux.
Johanna n'était vraiment pas en grande forme, elle paraissait fatiguée et désorientée. Felicity quand à elle, elle était nerveuse et sursautait au moindre bruit un peu proche d'elles.

Le silence s'était installé et les demoiselles en profitaient pour penser à leurs avenirs. Felicity se mettait sous pression, son père ne lui accorderait plus aucune faveurs et son frère ferait comme si elle n'existerait pas si jamais elle avait le malheur de rater ses études.
Felicity était ressassait ses idées noires quand Johanna lui posa une question.

"Tu n'as pas peur toi ? Peur de tout ça ... Peur de te retrouver perdue ou abandonnée ?

Johanna ferma les yeux comme si elle avait peur d'entendre la réponse de Felicity, que celle-ci se moque de son sentiment d'abandon, de sa faiblesse pour avoir osé dire cela à voix haute.
C'était loin d'être le cas. Felicity avait le même questionnement.

Felicity a vécu toute sa vie cloîtrée entre quatre murs, elle ne connaissait du monde extérieur que ce qu'elle en avait lu ou ce que ses parents, son frère et son oncle Archi lui avaient dit.
Elle réfléchit longtemps à cette question. Elle avait peur elle aussi d'être abandonnée et perdue. Elle se décida à lui dire la vérité pour rembourser la franchise et la confiance que Johanna lui témoignait en osant lui parler d'une chose si intime.

"J'ai peur de ne pas être à la hauteur des espérances de ma famille, de mon frère surtout. Il m'a dit qu'il ne m'adresserai pas la parole tant que je n'aurai pas prouvé que je suis digne d'être sa sœur. Je ne veux pas qu'il ait honte de moi et qu'il me renie. Avoir son approbation est la chose la plus importante pour moi. Si je n'arrive pas à lui prouver que je suis digne de lui, tout le reste ne me servira à rien. Je suis morte de peur à l'idée de ne rien savoir, de me perdre dans les couloirs, de... ne pas arriver à survivre."

C'était la première fois que Felicity parlait de ses angoisses. Son oncle lui avait déjà dit qu'elle devait vivre pour elle et non pour les autres mais son frère était tout pour elle. Il s'était blessé gravement à cause d'elle et il ne pourra jamais jouer au Quidditch par sa faute. Elle devait rembourser sa dette, c'était un besoin viscérale pour Felicity.
La vie dehors est bien plus exaltante que de vivre dans un vase clos comme ici, avait dit l'oncle Archi mais c'était aussi plein d'ennuis et de galères et une perte de temps d'après son père. Felicity ne savait pas quoi penser et balisait devant ce grand inconnu qui se profilait sous ses pieds. Elle était tout de même très impatiente et curieuse de découvrir le monde.

L'avoir dit à haute voix ne l'avait pas dérangée finalement. C'était la pure vérité et elle l'assumait. Mais en parler la fit réfléchir.

Felicity était complètement paniquée maintenant et elle se tassa le plus possible sur le banc, les épaules voutée comme si elle portait une charge trop lourde pour son petit corps.

* Si j'échoue... je... . Je dois impérativement réussir mon année ! Je n'ai pas le choix. L'échec n'est pas une option. *

Elle fini par reprendre du poils de la bête et réussi même à sourire doucement à son amie.

Felicity Warner

Laisser son passé derrière soi

C'était la première fois que Felicity s'ouvrait à Johanna,elle parlait de sa famille, de son frère sans arrêt. Johanna avait peut-être bien fait d'engager la conversation? La boule qui pesait dans son ventre s'estompait peu à peu en l'écoutant. Elle aussi ressentait la même chose que Johanna,et au fond d'elle, elle se sentit quelque peu rassurée de ne pas être seule. Elle se demanda quand même pourquoi elle lui avait dit ne jamais aller nul part, Johanna aurait un grand plaisir à l'inviter avec elle aux prochaines vacances en Bulgarie. 

Heu... Felicity? Si tu veux... L'année prochaine tu peux m'accompagner en Bulgarie? Si tes parents sont d'accord bien sûr... Demanda-t'elle en espérant lui faire plaisir. J'espère réussir mon année aussi, ce serait un choc que je la rate. 

A vrai dire, personne ne lui en avait parlé. Personne n'avait parlé du risque qu'elle rate son année car tout le monde savait que Johanna était très douée. Elle avait passé tellement de temps dans sa chambre à lire et relire tout les ouvrages qu'elle trouvait dans la maison. Dès qu'elle avait apprit à lire, sa mère l'emmena sur le chemin de traverse acheter plusieurs livres pour elle. Le lendemain, Johanna demanda pour y retourner, elle n'avait pas dormi de la nuit,préférant lire. Ses frères en avaient souvent rigolé, lui demandant pourquoi elle passait autant de temps dans des livres qui ne servaient à rien. Ils n'aimaient pas l'école,ils aimaient juste la magie, c'était pour eux un exploit d'avoir passé sept années à Poudlard. 

Si jamais tu as besoin de quelqu'un à qui parler ou si tu veux que l'on s'entraide pour les devoirs, même si l'on ne se retrouve pas dans la même maison, je serai contente de venir t'aider... Ajouta Johanna peu sûre que sa proposition passe bien. 

Elle se demanda si elle avait enfin trouvé la personne qui lui manquait, une amie. Car après tout pourquoi Felicity serait-elle venue lui dire bonjour sur le quai si elle n'avait pas eu envie de la voir? Elle pensa à Stanislav,lui n'avait jamais oublié Johanna. Tout au long de l'année ils s'écrivaient des tas de lettres, se racontant leur semaine et préparant des fois des mois à l'avance, leurs retrouvailles en Bulgarie. Elle aimait aller là-bas,car ses frères ne venaient que rarement avec, préférant passer leurs vacances à Londres. Et surtout, elle pouvait passer plus de temps avec son père, qui lui, aimait beaucoup Stanislav,les qualifiant souvent d'amoureux. Il avait toujours promis de ne pas parler de ça devant les garçons, pour ne pas embêter plus Johanna. Mais les lettres répétées avaient retenues l'attention de Winston,qui après en avoir parlé à Ronny et Donny,décidèrent d'en ouvrir une. Depuis Johanna se cachait pour écrire à Stanislav,ils en avaient parlé pendant des mois, rigolant d'elle à chaque fois qu'elle entrait dans la pièce. Elle pense à Felicity qui avait sûrement entendu ce que ses frères lui avaient dit, espérant que ça ne serait pas un sujet de moqueries entre elles. 

Je voulais te dire merci... Pour être intervenue tout à l'heure... Je savais qu'ils n'oseraient rien dire devant toi... Dit-elle un peu gênée par la situation. 

J.Hostek