Voie 9 ¾

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Premier voyage à bord du Poudlard Express  solo 

Quand son frère revint vers elle, Felicity savait qu'il était tant de partir. Elle fit un dernier 'au revoir' à ses parents d'un signe de la main, conquérant et un 'à tout à l'heure' pour ses nouvelles amies.
La jeune fille était assez agacée que ses parents ne la laisse pas partager sa cabine avec ses amies, ou qui que ce soit hormis son frère.
Reginald avait décidé que laisser une jeune fille sans chaperon aussi tôt, bien avant d'être à Poudlard était une parfaite hérésie.

"Surtout que tu as fait une belle gaffe le jour de la sortie sur le Chemin de traverse. Cette fois, tu n'en auras pas l'occasion",
lui disait son grand frère d'un air sévère.
Felicity ne chercha pas à répondre et rougissait à vue d’œil en se remémorant sa rencontre avec Johanna et son père. Malgré un début 'à tomber' elle s'était liée d'amitié avec la jeune fille et avait même rencontré Sam, une autre jeune fille fort sympathique elle aussi.
Elle se mit à sourire stupidement et reprit bien vite un visage qui se voulait imperméable après avoir croisé le regard fort peu engageant de Reginald.

"Ça y est, je vais enfin étudier à Poudlard, la meilleure école de Sorcellerie de Grande-Bretagne... Peut-être même du monde !!" C'est sur cette heureuse pensée que Felicity atteignait la porte du wagon le plus proche.
Son frère, en parfait jeune homme de bonne famille l'aidait à monter ses bagages à l'intérieur, et, quand ils eurent trouvé le compartiment habituel de Reginald et ses amis, c'est encore lui qui lui grimpait sa valise dans le porte-bagage.
À son entrée dans le compartiment, deux jeunes garçons de l'âge de Reginald se sont levés pour les accueillir. Ils étaient très grands et arboraient déjà fièrement leurs robes de sorcier aux couleurs de leurs maisons respectives.
Son frère fit les présentations d'usage mais elle ne parvint pas à se souvenir de leur nom. Ils étaient pompeux et fiers et c'était tout ce qu'il y avait à retenir pour Felicity. Elle leur rendait tout de même la politesse pour ne pas décevoir son frère.

Installée où Reginald lui avait dit, c'est à dire, le long de la fenêtre, Felicity était très heureuse de pouvoir voir le paysage défiler en relevant la tête de son nouveau livre préféré.
Elle était mal à l'aise à l'idée de devoir être surveillée et surtout de gêner son frère et ses amis à cause de sa présence.
Mais un des garçons lui répondit gentiment que ce n'était pas le cas et que c'était même tout à fait normal qu'elle soit chaperonnée par son frère. Il ajoutait même que quand sa sœur irai à Poudlard il ferai la même chose.
"Les vieilles familles aristocratiques et leurs traditions débiles !" Felicity se retenait de justesse de soupirer et retournait à sa lecture passionnante de son livre de Potion.
La jeune fille n'avait lue que la moitié du premier chapitre qu'elle décidait plutôt de suivre la partie d’Échecs version sorcier qui opposait Reginald et un de ses amis.
Elle adorait regarder son frère jouer parce qu'il était sans doute le meilleur à ce jeu et cette partie était très serrée.

Les pièces volaient en éclat et des morceaux tombaient sur la banquette sous l'échiquier. "C'est vraiment barbare !" Pensait Felicity. Ses pensées vagabondaient un peu partout, lui ramenant des souvenirs tel un ressac ; des souvenirs d'elle enfant, des souvenirs de son grand frère lui apprenant à jouer aux échecs, de la peur qu'elle a eu pour les pauvres pièces détruites.

Elle se souvenait de ses pleurs et de Reginald qui se détournait d'elle de mépris. Cette scène tournait dans sa tête et elle revint à elle. Le train semblait s'être arrêté au milieu d'un pont entouré d'eau à perte de vue. C'était un pont métallique ancien et mal entretenu qui grinçait fort.
Le grincement était insupportable. De plus en plus fort, semblant venir de nulle-part et de partout à la fois. Le bruit lugubre lui donnait des sueurs froides. Soudain, un pressentiment oppressant lui compressait la poitrine. Affolée, Felicity se tournait et se retournait en tous sens. Elle criait après son frère ; personne.

Il avait disparût. Ils avaient tous les trois disparût. Et ce bruit assourdissant, concert de craquements, de grincements stridents et le grondement des vagues qui frappaient gaiement la structure osseuse du pont qui branlait sous la force de l'onde. L'onde de choc faisait claquer les vieilles articulations rongées par la rouille, arthrose sévère de cette maudite architecture tombant en ruine.
Cacophonie atroce portée, soutenue et renforcée par Zéphyr lui-même.

D'un coup, tout s'enchaînait.
Plus rien. Plus le moindre son ne se fit entendre. Comme si le temps et l'espace venait de se stopper. Même l'air autour d'elle semblait figé, en attente. En attente de quelque chose, de quelque chose de précis ; d'effroyable.
Suite à ce rien, tout tombait. Le train. Le pont. Même la mer se ratatinait, se vidait .

C'est là qu'elle vit. Un typhon. On aurait dit un évier géant remplit à ras-bord de liquide qui se vidait inlassablement, attirant tous à son centre, avalant la moindre goutte d'eau, la moindre épluchure de légume oubliée.

Le tout était irrémédiablement aspiré, attiré en son centre, broyé, désossé.

Elle sentait son corps la lâcher. Ses jambes ne la soutenaient plus. Tétanisée et anesthésiée par la peur elle se laissait emporter avec le reste.
Elle était seule. Son frère avait disparu. Reginald ne viendrait plus l'aider, ne la secourait plus par l'épaule pour la réveiller. Il ne lui crierai plus dans les oreilles d'agacement de la voir si lente à réagir.

"Fel, … Felicity !"

C'était exactement ça. La voix de son frère sonnait toujours nettement à ses oreilles.


"Oh, par Salazard tu vas te réveiller ! Bon sang, tu vas nous mettre en retard !"



D'un seul mouvement elle s'était réveillée, levée les yeux grands ouverts, le cœur battant la chamade. Et BANG !
Elle venait de rencontrer la tête de son cher grand frère. Elle avait un mal de tête atroce et était au trois-quart sonnée mais elle était heureuse. Son frère était là, bien vivant avec elle. Malgré son regard hagard elle percevait le train et entendait les voix des autres élèves et elle pleura.

Felicity racontait à son frère son rêve entre deux soubresauts et écoutait avec empressement la sévère réprimande que lui administrait son frère pour s'être endormie moins d'une heure avant l'arrivée du train. Et se laissait même pousser sans ménagement vers les toilettes des filles pour qu'elle revête son uniforme.
La pauvre jeune fille n'était pas seule. Et son frère lui disait à sa manière.

"Ne prends pas tes bagages, ils seront apporter directement dans ton dortoir après la répartition. Sur le quai tu suivra le demi géant qui sert de garde-chasse."


"C'est vrai que les premières années traverse le Lac Noir en barque pour aller à Poudlard ?
" Demandait Felicity la voix encore un peu tremblante.
Elle n'eut pour réponse qu'un hochement de tête et emboîtait le pas vif de Reginald la guidant vers Hagrid.


En apercevant l'homme à la barbe hirsute, elle se disait que son aventure ne faisait que commencer.

Felicity Warner