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Ancien sorcier  

Le pandémonium de sa confiance

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"Écoute moi bien, Enaël. Tu ne seras pas toujours accompagné tout au long de ta vie, mais sache que si un jour, je ne suis plus là, une autre femme pourra certainement t'aider... j'en reste persuadée." confia-t-elle à un bambin qui aurait bien eu du mal à saisir la situation, du haut de ses huit ans. Le ton grave et plein d'affection venait contrebalancer avec sa mine pâle et éreintée, l'amour qu'elle lui portait était encore plus fort que l'aurait espéré n'importe quel petit garçon de son âge, celle d'une femme qui l'aimait aussi bien pour ses qualités que pour ses défauts. Ne voit on que le meilleur d'une personne dès lors que l'on l'aime ? Certainement. Enaël n'avait jamais réussi à aimer une autre personne qu'elle, elle à qui elle devait tout et rien à la fois mais elle qui avait toujours été à ses côtés. Ce n'était plus le cas désormais et on n'y pouvait rien changer...

La recherche de l'identité de cette fameuse jeune femme n'avait pas été de loin infructueuse, bien au contraire. Néanmoins, la tâche s'en était révélée bien plus difficile qu'escomptée. Le but était que le jeune futur Poufsouffle ne la retrouve pas dès la première difficulté qui pointait son nez mais bel et bien le jour où la nécessité criait famine. Il lui avait fallu près de trois ans pour rassembler toutes ses souvenirs, c'est à dire toutes les bribes de conversations la concernant, tous les mots laissés à son égard dans les divers parchemins de sa mère, toutes les photographies qu'elle conservait bien précieusement avec la dite-femme. Trois ans qui parurent une éternité mais au bout desquels Enaël eut enfin la certitude qu'il s'agissait de cette femme, la seule et l'unique que sa mère avait prise d'affection il y a bien longtemps de cela. La première chose qui avait étonné le petit garçon était leur ressemblance physique sur les photographies dont il disposait, toutes deux grandes, élancées, imposantes et rieuses. Des années s'étaient écoulées depuis cette photographie et le temps avait laissé bien plus que des rides sur le doux visage de sa mère. Certains bien-pensants auraient énoncé la théorie que le temps passé n'était que le synonyme de la sagesse et de l'expérience tandis que d'autres se contenteront de relever que simplement la vie s'écoulait tel le sable dans un sablier. Sa mère n'avait pas eu la chance de trancher sur cette question, son dernier souffle fut poussé avant même que sa première ride n'apparaisse. Son cœur emprisonné dans un étau dont il avait du mal à se débarrasser, le petit garçon ravala les larmes qu'il s'apprêtait à verser. Rien ne servait de pleurer, son père le lui avait suffisamment martelé. Que dirait il aujourd'hui ?

À l'horloge trônant toute en haut de la gare Saint Pancras où déjà pléthore de futurs élèves de Poudlard se bousculait, il était indiqué qu'il était deux heures de l'après midi. Enaël avait rendez vous avec une femme, la fameuse femme qu'il attendait avec impatience. Mais leur rencontre n'était prévue qu'une bonne demi-heure plus tard, ce qui lui laissait le temps de vaquer à ses occupations. Le lieu du rendez vous n'était que très peu connu du garçon, simplement l'abribus du Magicobus, près de la cabine téléphonique de l'autre côté de la rue Euston. Sillonnant les abords de la gare, il repéra assez aisément le lieu de rendez vous. Encore un bon quart d'heure et il la rencontrerait enfin. En attendant, il s'assit sur le banc métallique de l'abribus et chercha dans son sac à dos toutes les affaires dont son nécessaire de communication. Si un pré-adolescent de cet âge vous avait mentionné ce point, vous auriez certainement cru à une bonne blague. Mais pour Enaël, ça n'en était absolument pas une. Loin d'une moquerie, le jeune homme, dont le mutisme s'était réveillé depuis désormais trois ans, souffrait de l'exclusion, dont seul lui était le coupable. Mais jamais il ne s'en plaignait, par quelques moyens de communications que ce soit. Un stylo et des feuilles à petits carreaux dont il avait l'habitude dès qu'il se promenait dans la ville moldue de Londres, étaient bien rangés dans son sac. Le rendez vous avait été convenu par les deux. Sans plus d'explications que cela, la jeune femme avait accepté sa demande. Seulement, Enaël, qui savait pertinemment quelle fonction elle occupait, avait préféré s'éloigner de sa future école. Ses futurs camarades auraient pu le surprendre, et concrètement il n'en avait guère envie.

Triturant ses mains, dévoilant son stress à n'importe quel londonien qui passait par là, le jeune garçon se préparait mentalement à leur rencontre. Comment allait il l'aborder, lui expliquer qu'il était muet, lui exposer toute la situation et la raison de leur entrevue ? Toutes ces idées s'entremêlaient dans son esprit, où une seule conclusion en émergea : il verrait bien comment les évènements allaient s'agencer. Un dernier doute l'envahit : et si la femme qui avait contacté n'était pas l'amie de sa mère, Judith Pratchett ? Mordant frénétiquement sa lèvre inférieure et replaçant constamment une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille, il sursauta dès que la demi-heure fut annoncée par l'horloge centrale de la gare. Elle devait arriver.

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Erin était intriguée. Prise dans sa routine post rentrée scolaire - paperasse, réunion de préparation avec les professeurs, envoi des derniers hiboux de dossiers scolaires, coordination des elfes de maison, de nouveau réunion mais cette fois-ci avec le Directeur pour apporter les touches finales aux emplois du temps, vérification de l'avancée des préparatifs pour la rentrée et j'en passe - elle ne s'était absolument pas attendue au hibou qu'elle avait reçu. Imaginez donc la scène : la jeune femme était bien tranquillement assise à son bureau, noyée dans les plans d'attribution des dortoirs pour chaque élève, lorsqu'un hibou était venu se poser devant elle. Jusque là, rien d'anormal me direz-vous et vous avez raison. Certes, elle ne connaissait pas l'animal mais c'était bien souvent le cas. Il tendit sa patte gauche et elle décrocha la missive qui s'y trouvait avant de récompenser le messager d'un peu de miamhibou et de l'envoyer à la volière pour qu'il s'y repose avant de repartir d'où il venait. Mais lorsqu'elle déroula le parchemin, elle découvrit une lettre mystérieuse avec si peu de détails qu'elle avait bien failli croire à un canular dont seuls les chenapans arrivant en fin d'études pouvaient avoir le secret. Mais la curiosité que les quelques lignes avaient éveillée, ajoutée à la détresse perceptible dans cet appel au secours, l'avait convaincu d'y prêter attention. Et quelques échanges de hiboux plus tard, sans plus d'explications d'ailleurs, un rendez-vous avait été convenu.

Elle avait donc prévenu Arseni qu'elle devrait s'absenter durant l'après midi. Certes, ce n'était pas le meilleur moment mais elle s'était arrangée pour régler les urgences dans la matinée. Et s'il fallait y passer la nuit pour en terminer, elle le ferait une fois son inconnu rencontré. Dommage d'ailleurs que le temps pressait sinon, elle aurait sûrement eu cinq minutes pour chercher des informations sur cet étrange Enaël Dewberthon. Elle y aurait alors appris qu'il s'agissait d'un futur étudiant de Poudlard et aurait appris sa parenté. En bref, le mystère aurait été levé. Mais Erin n'en avait pas eu le loisir et c'est donc dans le flou total qu'elle ôta sa robe de sorcière pour vêtir une tenue plus appropriée à l'environnement moldu : un jean bleu marine, un pull à col en V d'un marron noisette qui rappelait étrangement ses yeux, une veste en cuir marron clair et pour finir des bottines assorties. Gardant sa baguette magique à la main, elle se mit en marche vers l'entrée du parc et disparut subitement une fois l'enceinte franchie.

Dans un craquement sonore, elle réapparut à Londres, dans une impasse qu'elle connaissait bien et qui présentait le double avantage d'être proche du lieu de rendez-vous et toujours vide. Au pire, elle présentait un recoin qui permettait de transplaner à l'abri d'éventuels regards. La potionniste rangea aussitôt sa baguette dans la manche de sa veste, de sorte à pouvoir la ressortir rapidement en cas d'urgence et d'un pas rapide, se dirigea vers l'abribus du Magicobus, rue Euston. Ses talons claquant sur le bitume du trottoir, elle arriva à 14h35. Elle était légèrement en retard et seul un enfant attendait. Assis sur la banc, des feuilles sur les genoux, un stylo à la main, il ou elle attendait. Même en s'approchant un peu plus, Erin n'aurait su dire avec certitudes s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille. 10, 11 ans peut être ? Moldu ou sorcier, elle n'en savait rien. Il se triturait les mains de façon tellement nerveuse que c'est ce qui incita la jeune femme à lui parler, loin de se douter qu'il s'agissait de son rendez-vous :


"Eh bien, jeune enfant, tu es seul ?"

Elle jeta un rapide coup d'œil alentour mais aucun adulte ne semblait l'accompagner. Ou alors, le dit-adulte était bien caché ! Elle enchaîna donc, faisant bien attention à n'utiliser ni le féminin, ni le masculin pour ne pas vexer le jeune enfant :

"Tu attends quelqu'un ? Je peux t'aider ?"

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Quelques minutes s'étaient écoulées depuis le gong sonore de quatorze heure passées de trente minutes, déposant un voile d'anxiété quelque peu pesant sur les frêles épaules du jeune garçon. Se pouvait il que la jeune femme qu'il attendait n'honore pas sa promesse ? Avait elle eu un quelconque souci, repoussant par la même occasion leur premier rendez-vous ? Toutes ces hypothèses étaient bien possibles et Enaël en saisissait le moindre recoin de cette envergure. Néanmoins, il ne se décourageait pas ou plutôt il parvenait à se souvenir des paroles, emplies de sagesses, de sa mère au sujet de cette parfaite inconnue. Le futur élève de Poudlard pourrait lui faire confiance. Et comble du destin, il s'avérait que les deux se croiseraient assez fréquemment dans les couloirs de l'école de magie, voire même dans les salles de cours.

Puis, le tirant progressivement de ses souvenirs, qui commençaient à le faire sombrer dans des rêves aussi pervers qu'un serpent puisque le lui remémorant la présence de sa mère, le bruit de talons frappant le bitume se fit entendre. Une femme approchait de l'abribus où il avait pris place depuis une petite dizaine de minutes. Ne se déparant pas de son air innocent mais tout aussi stressé, il préféra laisser venir le son à lui plutôt que de lever la tête et de contempler la jeune femme qui se présentait à lui. Et enfin plus rien, enfin si. Les klaxons des taxis londoniens manifestaient l'impatience de leur chauffeur, le soleil de début septembre chauffait l'air ambiant alors que ce dernier était bien obstrué par la pollution ambiante... Mais quelque chose venait de se passer, un silence pouvait en dire long mais la jeune femme qui viola en quelque sorte cette absence de bruits, connaissait parfaitement les effets de sa voix. Calme et en même temps tonique, sa question bien innocente révéla à Enaël le simple fait qu'elle ne pouvait pas l'identifier. Ainsi, comme l'avait décrite sa mère, il ne s'agissait pas d'une de ses hauts fonctionnaires, enclins à juger toute la vie d'une personne après avoir sondé son passé. En même temps, avec cette interrogative, une sensation, peut être fausse, d'un instinct maternelle présent en cette femme ne cessait de parcourir l'esprit d'Enaël. Ce fut à l'instant où la jeune femme brune prononça une nouvelle parole que le jeune adolescent au côté androgyne opta pour lever la tête. En levant la tête, il ne s'attendait à ce que son interlocutrice reconnaisse la moindre expression de visage que sa mère aurait pu lui léguer. Bien malheureusement, hormis ses prunelles reconnaissables entre toutes, le garçon de onze ans avait tout pris de son père.

De loin de s'offusquer de la deuxième personne du singulier employé pour l'interroger, Enaël se contenta de scruter la jeune femme, sans piper mot. Vous pourrez alors me piquer en arguant : "De toute façon, il ne parle jamais". Mais c'était toute autre chose qui motivait son silence, il était subjugué par la ressemblance entre la femme qu'il avait sous les yeux et l'idée qu'il s'en était faite. Certes, il possédait une photographie de leur scolarité, mais elle datait d'un peu plus d'une dizaine d'années. Pour autant, s'il devait comparer cette photographie à la Erin Grayce qui posait devant lui, il pourrait remarquer qu'elle n'avait pas particulièrement vieilli mais un voile de tristesse s'était emparé des joviales expressions qui figuraient auparavant sur son visage, ou en tout cas lors de la prise de la photographie. Le destin n'avait pas été charitable pour tous et Enaël ne semblait pas en être la seule victime. Le garçonnet décida alors, avant de mettre mal à l'aise sa future aide et de la faire fuir, d'écrire sur ses feuilles de papier. N'avait il pas fini qu'il venait de tourner la tête avec rapidité pour percevoir la réaction de la trentenaire. Était elle étonnée qu'il ne lui réponde pas ? Il n'avait pas réussi à définir une émotion et à apposer un nom sur cette sensation.

Il finit par tendre le message à la jeune femme sur lequel était écrit :

Merci d'être venue, Miss Grayce.

Simple, bref, concis, on n'en attendait pas davantage pour les premiers mots d'Enaël. Il reporta son attention sur ses feuilles de papier où il inscrivit alors un second petit mot à l'attention de la jeune femme.

Je suis sincèrement désolé de vous importuner mais vous êtes en quelque sorte mon dernier espoir.

Derrière ce message qui se révélait être plus un appel au secours, Enaël venait de donner un indice sur son identité. Il s'agissait donc bien d'un jeune homme, si la jeune femme n'avait pas encore compris que le petit Dewberthon était assis sur le banc de l'abribus. Comment allait réagir la jeune femme ? S'attendait elle à la venue d'une personne autre que lui ? Bonnes questions.

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Étrange ce sentiment qui se frayait un chemin dans l'esprit d'Erin en attendant la réponse du jeune enfant. S'il n'avait pas paru si désemparé, elle n'aurait sûrement pas eu la patience dont elle faisait preuve en cet instant. Car après tout, qu'attendait-il pour répondre à une si bête question ? Ou peut-être appliquait-il à la lettre le précepte que les parents inculquaient, à savoir ne jamais parler à un inconnu ? Certes, et si telle était la raison, c'était fort louable à lui - ou elle ? - mais ça ne l'aiderait pas à se sortir de la situation esseulée dans laquelle il était et la jeune femme était attendue. Elle n'avait donc guère de temps à perdre. D'ailleurs, une pointe d'agacement commençait à percer en voyant que son rendez-vous était en retard. Bien qu'elle n'en laissait rien paraître et qu'elle affichait toujours un sourire bienveillant, elle était passablement irritée qu'on la fasse attendre. Non pas qu'elle pensait être quelqu'un d'important mais, aujourd'hui, elle n'avait vraiment pas que ça à faire ! Et justement tiens... Vu qu'elle était sur le lieu fixé par le dernier hibou, qu'avait-elle de mieux à faire, justement que d'attendre ? Elle prit donc une profonde inspiration pour s'exhorter au calme et, lentement pour ne pas effrayer l'enfant, elle s'installa sur le banc à côté de lui. S'il avait besoin de temps pour lui faire confiance et enfin lui répondre, alors elle lui en donnerait autant qu'elle pourrait se le permettre.

Elle se laissa donc dévisager sans se départir de son calme, ni de son sourire, et fixa même un point devant elle afin de ne pas scruter son interlocuteur en retour. Elle ne savait que trop bien que sa manie de dévisager les gens les mettait parfois mal à l'aise. L'impression qu'elle avait des rayons X à la place des yeux étaient sûrement dérangeante, elle n'en doutait pas mais l'observation était primordiale, on lui avait suffisamment répété lors de sa formation d'Auror. Du coin de l’œil, elle nota un mouvement de l'enfant qui se mit à écrire sur l'une des feuilles de papier qu'il tenait sur ses genoux. Avait-elle à faire à un autiste ? Auquel cas, la tâche allait être ardue. Elle n'était pas psychologue et ne savait de cette maladie que ce qu'elle avait vu dans les films moldus de son enfance. Autant dire, rien ! Peut-être, dans ce cas, se contenterait-elle d'appeler un hôpital pour qu'il se charge de lui. Ou alors pourrait-elle trouver un moyen de fouiller dans son sac pour y trouver un numéro de téléphone. S'il était à Londres, sa famille ne devait pas se trouver bien loin et devait sûrement se faire du mauvais sang. Comment pourrait-elle s'y prendre sans qu'il se sente agresser ? Et sans utiliser la magie ? Et pourquoi avait-il fallu qu'il tombe sur un des endroits magiques de la ville ? Imaginez sa réaction s'il était tombé sur de jeunes sorciers qui auraient voulu lui faire impression ?

Bref, autant dire que l'esprit imaginatif d'Erin se laissait emporter par ses divers scénarii lorsqu'elle remarqua que l'enfant lui tendait sa feuille. Délicatement et avec un sourire encore plus grand, elle s'en empara et le regarda un court instant dans les yeux. Hmm, pas de mouvement de recul, son hypothèse n'était donc certainement pas la bonne. Il n'avait d'ailleurs pas l'air effrayé, juste stressé. L'examen dura à peine quelques secondes puis la jeune femme glissa son regard sur les quelques mots du papier. Quelques mots qui lui en apprenaient suffisamment pour rester bien assise sur le banc. Ainsi, son rendez-vous n'était en retard... L'enfant était son rendez-vous. Voilà qui était surprenant. Elle n'eut pas le temps de répondre que déjà, il lui tendait une nouvelle feuille. Cette nouvelle phrase lui permettait au moins de savoir qu'il s'agissait d'un garçon, ce qui éviterait tout impair pour la suite de la conversation. Mais qui était-il ? En quoi sa situation était-elle si désespérée qu'elle était son dernier recours ? Pourquoi elle d'ailleurs ? Et pourquoi, pourquoi ne parlait-il donc pas ?

Avant tout, il était primordial de ne pas le brusquer. La jeune femme savait qu'elle pouvait obtenir toutes les informations qu'elle souhaitait si elle s'y prenait bien. Aussi, commença-t-elle simplement :


"Eh bien, j'avoue être surprise. En même temps, vu les échanges que nous avons eu, j'aurais été surprise dans tous les cas puisque je ne m'attendais à rien en particulier. Mais il va me falloir plus d'explications que cette simple phrase mystérieuse."

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"On n'est jamais trop près des étoiles" avait été susurré, parfois chuchoté et d'autre fois simplement dit par des parents au jeune homme, pour lui signifier tout l'espoir qui pouvait encore résider en son cœur malgré l'absence irréversible d'un être cher. Cet être cher n'était pas l'un des plus banales, non qu'il existait une hiérarchie dans les sentiments. On aimait tout simplement de façon différente. Et cette différence faisait en sorte que l'amour qu'il avait perdu le laissait présager une vie morne et difficile, à moins qu'un message d'espoir vienne ponctuer par un heureux hasard son destin. Pourtant ce n'était pas un euphémisme de déclarer qu'il n'en avait pas été question. En effet, ce réconfort qui s'apparentait plus à de la pitié qu'autre chose, selon lui, ne lui avait servit à rien, si ce n'est à entendre une fois de plus une parole qui s'envolerait, tout comme le reste. Bon nombre d'anciens parents avaient fait le déplacement pour le réconforter, mais ces étrangers plus que des éléments de sa famille, il n'en avait écouté aucun mot, plongé totalement dans sa solitude. Solitude qui deviendrait en peu de temps son habitude et son futur.

Aujourd'hui, quelque chose avait changé. Il n'aurait su quoi exactement mais il se sentait plus léger, comme si un lest avait été relâché pour le faire avancer avec plus de facilité. Serait ce à la vue d'Erin Grayce, un pan de passé de sa mère ou autre chose ? Il le saurait ou sentirait bien assez vite. Quoiqu'il en soit, à cet instant précis il se sentait bien plus proche de l'une des étoiles qui parsemait le ciel depuis maintenant trois ans que lors de ces trois années passées. Cette proximité était sans doute due à la présence de l'amie de sa mère. Il s'intensifiait mesure du rapprochement spatial avec elle et il ne put que s'accroître quand elle vint s'asseoir à ses côtés. Il n'était plus seul. Aussi bien en ce moment même que jusqu'au restant de ses jours. C'aurait pu donner l'impression que c'en était risible, voire même pathétique mais ne dit on pas que l'homme a besoin des autres pour exister. C'était le cas pour Enaël. Et sa mère avait su choisir ses amies, au vu de celle qui avait croisé son chemin.

Souriante à souhait, elle n'avait pour le moment posé aucune question à laquelle Enaël n'eut su répondre, ce qui le conforta dans son idée de le lui accorder sa pleine et entière confiance. Il ne fut ensuite pas déçu de la réaction de la jeune femme quand elle apprit que c'était lui son rendez vous, puisque pour ainsi dire il n'y en eut aucune. Elle savait parfaitement maîtriser ses émotions et même du haut de ses onze ans et avec son sens de l'observation, il n'avait rien remarqué, hormis peut être un sourire. Ce sourire qui en quelque sorte lui intimait la conviction qu'elle ne voulait surtout pas le brusquer, que tout irait à son propre rythme, ce dont il avait besoin pour le lui dévoiler un à un chaque élément du puzzle de son passé. D'ailleurs, une pensée venait d'alerter le jeune homme, aurait elle la patience de le lire ? Même si Enaël pouvait être assez rapide pour écrire, le fait d'attendre entre chaque réponse était quelque peu barbant.

Paré pour répondre à une éventuelle question, le jeune homme tenait fermement son stylo, pointe vers le bas, appuyée sur le papier blanc. Et la question, quoique implicite ne se fit pas attendre : plus de détails devaient être délivrés. Il écrivit donc une question simple mais qui allait jouer sur le reste de la discussion :

Connaissez vous une certaine Judith Pratchett, Miss Grayce ?

Cette question anodine attendait une réponse franche, ce dont il était persuadé qu'Erin serait capable. Si elle se souvenait d'elle, la rencontre avait lieu d'être , sinon ce serait une plongée dans les abysses pour Enaël, qui avait fondé ces derniers espoirs en elle. Que lui répondrait elle ?
Pendant ce laps de temps, qui il l'espérait ne serait pas trop long, il repensa à tous les petits détails que lui avait confier sa mère sur la jeune femme. Il crut même se souvenir qu'Erin était particulièrement extravagante, un peu gauche, insouciante et toujours en train de rire. Était-ce toujours le cas aujourd'hui ? En tout cas l'extravagance ne semblait pas transparaître sur sa façon de s'habiller. Pour le reste, il le découvrirait plus tard. Ils avaient tant à découvrir l'un de l'autre...

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Le jeune homme avait, semble-t-il, décidé de ne pas faire entendre le son de sa voix. Et pour le moment, ce n'était pas là le plus urgent ni la question la plus importante que se posait Erin. Ils aborderaient le sujet à un moment donné elle le savait. Mais quel hasard avait conduit à cette étrange rencontre ? Et une fois encore, elle ne pouvait s'empêcher de se demander comment son interlocuteur avait eu l'idée de faire appel à elle et pour quelle raison ? Car si tout sorcier de son âge - car elle ne doutait pas qu'il était en âge de faire sa rentrée à Poudlard - devait avoir entendu son nom puisqu'elle s'était chargée des formalités de cette nouvelle année, avec le départ du professeur Stoyanov, il y avait un pas de géant à franchir avant de la contacter directement. Et heureusement d'ailleurs sinon, elle aurait croulé sous les hiboux de futurs élèves dès les premier jour ! Et la pauvre Biélaïa aurait rapidement usé ses forces à apporter une multitude de réponse. Or, si Erin cherchait toujours à préserver autant que possible sa chouette, elle la savait aussi très susceptible. Qu'elle s'aperçoive que sa maîtresse avait fait appel à un hibou de l'école et c'en serait parti pour des semaines de bouderie digne du plus capricieux des enfants.

Une nouvelle feuille tendue stoppa un instant le flux des pensées de la potionniste. Elle lut rapidement et stoppa net sur le nom qui figurait sur le papier. Judith Pratchett. Si l'espace d'un millième de seconde elle avait été agacée de voir que le garçon répondait à sa question par une autre question, ce nom la plongeait dans des souvenirs enfouis depuis longtemps. Judith, une élève plus âgée qu'elle, avec qui elle s'était liée d'amitié. Tout avait commencé avec ses difficultés en métamorphose. Elle avait beau travailler sans relâche, elle n'avait aucune facilité dans cette discipline. Elle préférait de loin les potions ou encore la défense contre les forces du mal ou bien les sortilèges. Mais elle en avait besoin dans le projet fou qu'elle s'était donné : celui de devenir Auror. Elle avait donc passé des heures dans une salle de cours vide à s'entrainer encore et encore sur chacun des sorts appris en cours, sans grand succès... jusqu'à sa rencontre avec Judith. Contrairement à elle, elle avait un don pour la métamorphose et sa gentillesse lui avait dicté de l'aider. Erin lui en était toujours redevable, ses notes montant en flèche jusqu'à réussir, non pas avec facilité certes mais au moins sans difficulté, à obtenir les notes suffisantes pour voir son rêve se réaliser. Elles étaient restées en contact longtemps après Poudlard, Judith ayant même été invitée au mariage de Noah et Erin. Bien sûr, c'était avant le drame...

Et voilà qu'Erin était à son tour frappée de mutisme. Ce seul nom lui remémorait trop de choses, bons comme mauvais souvenirs, pour qu'elle soit en mesure de parler. Chargée d'émotion, bien que seule une vague de tristesse passant dans son regard puisse en attester, elle se contenta de hocher la tête, signifiant ainsi par l'affirmative qu'elle connaissait effectivement ce nom. Elle se doutait que ce simple geste allait inciter le garçon à écrire une suite sur sa feuille et profita de ces quelques minutes de répit pour se ressaisir et s'interroger. Etait-il apparenté à Judith ? Il ne lui ressemblait guère mais après tout pourquoi pas ? Mais quel lien dans ce cas et où était-elle ? Étonnant comme chaque information amenait une nouvelle question. Ce rendez-vous prenait une tournure fort intéressante !

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En ce moment-même, tous les principes derrière lesquels se cachaient quelques hommes et femmes de santé, qu'ils appartiennaient à la médecine moldue ou sorcière, avaient été mis en déroute. Ne jamais se fier entièrement à une institution avait été l'une des rares maximes profondément ancrées au plus profond d'Enaël et qui sortaient tout droit de la bouche de son père. Aujourd'hui, force était de constater que malgré tous les beaux discours de médecins qu'Enaël avait pu consulter depuis ses trois dernières années, le mutisme pouvait être contagieux. Preuve en était que la jeune femme avec qui il avait pris rendez vous ne pipait mot depuis qu'il avait écrit sur une feuille le nom de Judith Pratchett. Même le nom de Lord Voldemort n'aurait pas produit un tel effet, il en aurait mis sa main au feu. Quoiqu'il en soit, le mutisme de la sous-directrice de Poudlard ne l'aiderait certainement pas de la façon qu'il s'était imaginé.

Synonyme d'un oubli enfoui dans diverses pensées ou tout simplement le temps que le souvenir de la défunte Judith Pratchett remonte à la surface, cette totale léthargie de son interlocutrice venait de faire sombrer le petit garçon dans un profond doute. Serait ce possible qu'il se soit véritablement fourvoyé sur le choix de la personne vers qui s'adresser ? Celle qui n'était absolument pas capable de réagir à une simple question ? Celle à qui il demanderait de l'aide, comme sa mère le lui avait préconisé ? Il s'était imaginé pléthore de plans sur la comète au sujet de sa rencontre avec l'ancienne amie de sa mère mais avait il pu se tromper ? Aussi, il avait opté sur la confiance qu'accordait Judith à cette femme, mais oserait il lui accorder sa confiance, quitte à lui confier sa propre vie. Elle avait très bien pu changer entre temps, sans que sa mère ne puisse le constater, étant décédée depuis bien longtemps.

Le découragement commençait à pointer le bout de son nez, parmi toutes les émotions qui se succédaient dans l'esprit tourmenté du pré-adolescent. Finalement, une petite voix se fit entendre parmi une tranchée de résistance, certainement celle de sa mère : non, il était juste impossible que sa mère ait pu se tromper à ce point, la tant admirée Erin Grayce n'avait pu changer du tout au tout. Surtout que la jeune femme brune ne semblait pas insensible à ce nom. Enfin, c'est ce qu'il crut déceler au fond de ses prunelles, qui étaient envahies vainement d'un voile de tristesse. Judith les avait quittés il y a trois ans. Enaël pensait y avoir contribuer et d'un seul coup, au vu du statut de son interlocutrice, il s'en voulut d'autant plus de ne pas avoir fait appel à elle... Enfin c'était le passé mais sa mère était...morte !

Enfin, ce qu'il attendait avec impatience arriva, un petit hochement de tête presque imperceptible fut capté par Enaël. Erin connaissait donc Judith ! La retenue qui l'avait empêché à toutes familiarités s'envola vite en éclat. Voilà qu'Enaël venait de se blottir dans les bras de la jeune femme et la serrait à lui en briser quelques côtes. Il allait enfin avoir quelqu'un sur qui compter, il le sentait. Une sensation de bien être s'empara du jeune garçon, ça faisait bien longtemps qu'il ne s'était accordé ce genre d'attitudes, d'autant plus avec une femme qui aurait pu être sa mère. Puis, il se reprit et sans lever la tête pour éviter de croiser le regard de la jeune femme, il se mit à écrire sur la feuille déjà utilisée :

Je suis désolé. J'ai juste l'impression de retrouver un peu ma mère avec vous. Vous me comprenez ?

Et puis, à peine eut elle le temps de lire les quelques lignes griffonnées, qu'il continua à écrire :

Si je viens vers vous, c'est que ma mère, enfin Judith, pensait que vous pourriez m'être utile si j'avais quelques soucis...

Cette fois-ci, Enaël tendit la feuille à la sous-directrice de Poudlard, afin qu'elle puisse en faire ce que bon lui semblait.

Le pandémonium de sa confiance

La situation prenait une tournure des plus étranges. Son simple hochement de tête avait déclenché une réaction totalement inattendue, et voilà qu'elle se retrouvait avec un gamin qu'elle ne connaissait pas dans les bras. Elle ne fit pas le moindre mouvement, ne voulant pas le brusquer mais sans l'encourager pour autant. Elle se sentait gênée par cette promiscuité d'un inconnu mais cela avait si spontané qu'il lui était clairement impossible de repousser l'enfant qui semblait si désemparé. Il se serait sûrement refermé sur lui et alors, plus jamais elle n'aurait eu l'occasion d'obtenir des réponses. Les secondes s’égrainèrent et Erin osait à peine respirer. Elle, qui avait été si spontanée, naturelle et parfois même effrontée, ne semblait plus être que l'ombre d'elle-même. Assise sur ce banc, en plein milieu de Londres, elle réalisait à quel point elle avait encore du chemin à faire pour se remettre totalement de son deuil... si jamais elle s'en remettait complètement. Quelques années plus tôt, elle aurait su quoi faire, comment se comporter dans pareille situation, quoi dire mais ça, c'était avant.

Heureusement, le jeune garçon mit fin à son étreinte et se remit à griffonner sur ses feuilles. La potionniste en profita pour le regarder avec plus d'attention. Pour un enfant de son âge, il écrivait relativement vite et la forme de ses lettres aurait pu faire penser à quelqu'un de plus âgé. Il était bien équipé aussi avec tout son fatras... bref, tout laissait à penser qu'il avait l'habitude de s'exprimer ainsi. Il ne semblait même pas trouver ça pénible. Une seule conclusion s'imposait alors : il était muet ! Mais il était étrange qu'il n'ait pas cherché à s'exprimer en langage des signes. Certes, dans la situation présente, cela n'aurait pas fait avancer les choses puisqu'Erin ne la parlait pas mais il ne pouvait le savoir avant d'essayer. Quelque chose disait donc à la jeune femme qu'il ne devait pas être né avec ce handicap. Mais alors, que lui était-il arrivé pour perdre l'usage de la parole ?

La sous directrice remarqua, à cet instant, que le garçonnet marquait une pause dans son écriture. Elle regarda ce qu'il avait griffonné alors qu'il enchainait rapidement. Cette seule petite phrase - retrouver sa mère - était lourde de sens. Il était difficile pour elle de comprendre en quoi elle lui rappelait Judith vu qu'elles étaient bien différentes mais elles avaient été amies et l'auraient sûrement encore été si Erin ne s'était pas refermée sur elle-même à la mort de Noah. Mais le phrase du garçonnet laissait surtout sous entendre qu'il avait perdu sa mère. Qu'était-il donc arrivé à Judith pour disparaître si jeune et où était le père de l'enfant ? Comment se faisait-il qu'il était seul dans une si grande ville ? N'était-ce pas là de l'inconscience de la part de l'adulte qui était responsable ? Tant de questions et si peu de réponses. Et surtout ce pincement au cœur désormais familier enserrait de nouveau la poitrine d'Erin en songeant qu'elle ne reverrait plus son amis. Et voilà que son fils venait chercher de l'aide...


"Et en quoi puis-je t'être utile ?"

La phrase était un peu abrupte mais le sourire bienveillant de la potionniste montrait clairement ses intentions. Et puis, avec un enfant qui écrivait toutes ses réponses, il fallait aller à l'essentiel...

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Ancien sorcier  

Le pandémonium de sa confiance

L'étreinte provoquée par le petit garçon lui avait certes procuré un certain sentiment de soulagement, celui de ne plus jamais être esseulé, mais l'avait aidé à réaliser que personne ne viendrait substituer sa défunte mère. Preuve en était que hormis l'impression de surprise qui émanait du corps, presque rigide et sans réaction de son interlocutrice, aucune réaction n'avait été perceptible : ni refus, ni encouragement. Autrement dit, la jeune femme qu'il avait emprisonnée de ses bras, tel qu'il l'aurait exécuté si sa mère avait été encore de ce mode, ne pouvait guère lui procurer l'amour maternel qu'il réclamait tant. Pourtant, il se persuadait qu'il était bien, dans ses bras, tranquille. Comme si le temps s'était arrêté durant une fraction de seconde.

La raison s'était de nouveau manifesté dans l'espoir d'obtenir de l'aide de la jeune femme, en souvenir de l'ancienne amitié qu'il avait lié cette jeune femme et sa propre mère. Judith vouait une profonde confiance, presque indéfectible envers Erin Grayce, comme s'il s'agissait d'une sœur pour sa mère alors qu'Enaël ne l'avait à priori jamais rencontrée, à moins que sa mémoire ne lui joue des tours. La jeune femme qui se trouvait en face de lui pouvait fortement avoir changé entre le moment où Judith avait quitté Poudlard et aujourd'hui même. Comment avait elle pu être aussi confiante et sûre d'elle pour assurer à son fils que la sous directrice de Poudlard se verrait être une précieuse aide, quelle que soit la situation actuelle ? La culpabilité refit surface : celle de ne pas faire confiance dans le jugement de sa mère, celle de l'avoir en quelque sorte trahie et abandonnée, celle de vivre paisiblement sa vie d'adolescent...

Mais une question lui avait été posée de la part de la figure maternelle de substitution qu'il croyait déceler en Miss Grayce. En quoi pouvait-elle lui être utile ? Une question aux abords simples mais d'une complexité extrême pour celui qui ne parvenait même pas à poser de mots sur sa propre souffrance, s'emmurant chaque jour d'autant plus dans un mutisme qui se voulait au départ salutaire. Le jour où sa mère était décédée, le choix de ne plus piper mot s'était avéré la meilleure solution pour ce garçon qui se supposait coupable de cet affreux évènement. Durant cette terrible journée, qui n'avait été le résultat que d'une très longue agonie de la part de sa mère, Enaël, alors âgé de sept ans à peine, avait enchaîné les mauvaises décisions, se laissant manipuler par plus influençant que son propre père. Après le dernier souffle de son premier amour, l'amour maternel, il n'avait pu que se morfondre, notamment sous les regards accusateurs et la haine palpable que son père éprouvait à son encontre. Il n'était plus question de s'adresser le moindre mot, aussi bien du côté de l'enfant que du garçon.

Alors de quelle façon la sous directrice de Poudlard et néanmoins professeur de potion émérite pouvait elle l'épauler ? Il était presque impensable de se référer une nouvelle fois à une potionniste, surtout après le décès de sa mère. La rumeur des talents de Miss Grayce ne se laissait plus étouffer, il était dit qu'elle était la meilleure potionniste de la décennie, si ce n'est du siècle. On pouvait dire que Judith avait su reconnaître les talents et s'entourer des personnes "influentes". Trifouillant ses mains, comme un petit garçon, en proie au doute, l'aurait fait, il ne parvenait plus à lever la tête de son parchemin. Arriverait il à lui expliquer son mal-être ?

* Enaël, si tu continues comme ça, tu n'iras pas bien loin ! Fais autant confiance à ta maman qu'à Erin* se martelait il pour se donner plus de courage.

Inspirant plus que régulièrement à la limite de s'hyperventiler, il se sentit défaillir à vive allure. Serrant les mâchoires aussi fort qu'il pouvait, dans le but d'éloigner sa légère syncope, il se prit à écrire à une vitesse vertigineuse. Il devait tout écrire, une bonne fois pour toute.

Depuis le soir où ma mère est décédée, je ne parle plus. Je suis bloqué. Au début, c'était ma protection mais maintenant c'est ma prison. Je ne sais plus comment faire. Surtout avec mon admission à Poudlard dans quelques jours, comment vais-je faire ? Peut être ne devrais pas y aller ? Je n'aurai pas ma place.

Ces quelques phrases avaient été écrites en moins de quelques secondes et tantôt la feuille tendue à son interlocutrice qu'il se renfrogna, assis sur le banc. Il s'était libéré de son fardeau mais pour autant n'était pas plus soulagé. Il avait comme la sensation qu'il ne pourrait pas être aidé par la professeure. Fixant les lacets de ses chaussures, il fit totalement abstraction de ce qui l'entourait. Il n'y avait plus que eux deux.


Reducio
Je m'excuse de ce retard impardonnable !

Le pandémonium de sa confiance

Muet... Elle avait donc vu juste. Et ces quelques mots avaient au moins le mérite de répondre à une partie de ses questions. Ainsi, la douce Judith, qui lui avait été d'une si grande aide durant son enfance, n'était plus et elle laissait derrière elle son fils totalement perdu. Comment Erin aurait-elle eu le cœur de refuser de lui apporter son aide avec tout ce qu'elle devait à sa mère ? Et peut-être encore plus avec son vécu personnel. Après tout, ils avaient un point commun tous les deux, et de taille : ils souffraient du deuil d'une personne chère. Elle était donc bien placée pour comprendre la souffrance de cet enfant, encore plus alors qu'il était frappé si durement par la vie à un âge si jeune. Et bien placée pour noter le courage qu'il lui avait fallu pour dire toutes les inquiétudes qu'il avait, lui parler franchement, en face à face - si cela pouvait être considéré comme tel alors qu'il écrivait, bien sûr ! Se renfermer sur soi-même, elle avait connu ça et s'en sortir était une très longue étape, comparable de son point de vue à la convalescence que pourrait subir quelqu'un passé sous un bus. Il fallait reconstruire toute sa vie, ses repères et bien souvent alors que son propre entourage se sentait impuissant. Elle avait, heureusement, pu compter sur le soutien sans faille de son frère mais qu'en était-il du jeune garçon devant elle ? Elle en revenait à la remarque qu'elle s'était faite : il était seul dans une grande ville, laissé à lui-même, ce qui était forcément le reflet du comportement de son tuteur envers lui.

"Tout jeune sorcier a sa place à Poudlard. De ça, il ne te faut pas douter !"

Non seulement il y avait toute sa place mais surtout, il était primordial qu'il reçoive une éducation en conséquence. Rien n'était plus dangereux qu'un mage n'ayant pas appris à contrôler ses pouvoirs. Alors oui, c'était un droit mais bien aussi un devoir. Et quelle aurait été la réputation de Poudlard si l'école avait refusé les élèves qui rencontraient quelques difficultés ? Certes, c'était le projet insensé de Salazar Serpentard mais, fort heureusement, les autres fondateurs s'étaient opposés à ses desseins.

"Je ne vais pas te mentir : ce sera sûrement plus difficile pour toi que pour tout autre élève mais je suis certaine que tu as la force de caractère pour t'en sortir."

Surmonter une telle épreuve ne pouvait que l'avoir endurci, même s'il n'en avait pas forcément conscience. Erin refusait donc de lui mentir. Elle avait plus que tout haï ceux qui n'avaient eu de cesse de lui répéter que tout irait bien. Non, ce n'était pas le cas, son mari était mort, tout n'irait pas bien. Mais oui, elle s'en remettrait et c'est ce que le garçonnet allait affronter lui aussi. Certes, son discours pouvait paraître un peu dur mais elle était certaine qu'il n'était pas venu la voir pour qu'elle pleure avec lui. Quant à son blocage, elle ne doutait pas qu'il fallait seulement qu'il se sente de nouveau en sécurité, serein et même peut être qu'il accepte d'être à nouveau heureux pour que le problème se règle. Certes, il faudrait faire preuve de patience mais rien n'était irrémédiable. Et si jamais elle se trompait, elle saurait sûrement trouver un sorcier muet qui pourrait lui venir en aide. D'autres avaient forcément dû faire face à des problèmes semblables, ne serait-ce que ceux qui naissaient ainsi.

"Poudlard est une école tellement incroyable que rien n'y est impossible. Aie confiance, tout se passera pour le mieux !"

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