Voie 9 ¾

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Comme un goût de déjà vu dans le Pouldard Express. PV <Paul>

La gare de King's Cross ressemblait étrangement à une fourmilière. Ici et là les gens s'agitaient. Chacun de ne voulait pas louper son train, chacun devait retrouver sur la quai son compagnon, récupérer sa belle-mère voire la fuir. Bref, aucun de ses anglais agité ne faisait attention au manège qui se déroulait entre la voie neuf et la voie dix du quai. En effet, depuis la nuit des temps, chaque jour de rentrée, de nombreuses personnes courraient sur le poteau en brique rouge de la gare et disparaissaient. Il ne s'agissait pas ici du plus grand escamotage du monde, mais bien d'un fait magique que nul ne saurait expliquer. C'est donc dans cette ambiance d’empressement et de stress que le jeune Andrew Pailow franchit la grande porte de la gare. Celle-ci avait choisi de mêler modernisme et rustique. De faire jouer sur le même instrument les briques rouges traditionnelles et les banc designs en forme de coussin. Dans une telle ambiance on ne pouvait être qu'agréablement surpris. Andrew avait dans sa main sa valise de carton que ses parents lui avaient légué pour qu'il puisse partir à Poudlard. Dans l'autre main, son ticket et la lettre qu'il avait reçut quelques temps plus tôt, le jour de ses onze années. Andrew savait parfaitement qu'il devait gagner la voie 9 3/4. Ce n'était ni un mythe, ni une légende et Andrew y croyait dur comme fer ; c'était indiqué sur son papier, dans la lettre. Poudlard avait du réorganiser l'accueil des premières années moldus qui ne connaissaient rien au monde magique, une note explicative était donc glissée avec la lettre. Serein, Andrew marchait le long du quai comptant mentalement les différentes voies. *Deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf...dix !* Aie, il n'avait pas vu d'indication précise concernant l'accès à cette fameuse voie. Cependant, Andrew, plein d'imagination, compris rapidement qu'il ne devait pas s'agir d'une traditionnelle voie et il relut sa note explicative.

Cher M. Pailow,


Une fois rendu sur les différents quais, placez vous entre les panneaux indiquant la voie neuf et la voie dix.
D'ici vous pouvez observer quatre poteaux de briques rouges traditionnelles.
Si c'est le cas, réjouissez vous M.Pailow, vous êtes au bon endroit !

Comptez en partant de l’amas de briques le plus près de la voie neuf et choisissez le troisième.
Placez votre valise dans vos deux mains, solidement agrippée contre votre poitrine.
Fermez les yeux et foncez droit devant vous sur le poteau ! Le tour est joué.
Rappelez-vous M. Pailow, une seule chose pour réussir : croyez en la magie.

Bon vent,

Miss Müller, directrice.


Andrew resta bouche bée un instant. Devait-il sincèrement foncer les yeux fermés dans un poteau qu'il savait infranchissable ? Il voulait bien croire en le pouvoir de la magie mais n'était tout de même pas idiot. La note explicative avait du se moquer de lui, ainsi que ses parents en lui donnant cette lettre. D'ailleurs, ces parents n'avaient pas pu venir avec lui aujourd'hui. Ce matin ils l'avaient fortement embrassé et sa mère avait versé quelques larmes. Ils devaient travailler car chez les Pailow, on ne croulait pas sous l'or, malheureusement. Andrew, la rage au ventre aurait voulu une preuve que tout ceci existât bien, mais personne n'était la pour le lui dire. Il serra la valise tout contre son cœur qui battait au rythme de sa colère montante. Il fourra dans sa poche la lettre explicative qui se voyait toute chiffonnée. Il ferma les yeux comme on lui avait conseillé. Il devait se calmer, trouver quelqu'un qui lui inspirait la neutralité la plus parfaite, l’indifférence la plus total afin qu'il puisse penser à ce qui pouvait se trouver derrière ce poteau. Apparut alors dans sa tête le visage de Miss Lobwark
Reducio
sa voisine moldus, vieille femme aigrie lui inspirant la plus grande neutralité.
et son énervement s'estompa, laissant place à l'indifférence que lui évoquait cette femme. Maintenant, il devait se concentrer, imaginer le derrière de ce poteau et, un petit peu naïvement, il se mit à courir de grandes enjambées vers le mur. Il n'avait plus peur du heurt, il avait l'esprit ailleurs. Il se sentit d'un coup comme dans une sorte de gélatine et il réapparut sur un quai où il faisait plus chaud, où les gens avaient l'air souriant et où les cris résonnaient la joie de vivre. Andrew ouvrit les yeux, les frotta ; il ne rêvait pas, toute cette histoire magique semblait réelle. Plus réel que jamais.

Il ne savait pas comment faire, mais il entendit le haut parleur ordonner aux élèves de monter dans le Poudlard Express. Andrew monta par la première porte qu'il vit et décida de rejoindre un compartiment vide. Après avoir ouvert deux ou trois portes coulissantes pour déboucher sur un manque considérable de place, le jeune élève trouva enfin son compartiment de voyage. Deux banquettes, l'une face à l'autre. Au dessus de celles-ci siégeaient deux portes-bagages en métal. Dans le fond de ce petit 2X3 une grande fenêtre par laquelle Andrew pouvait voir la foule de sorcier - osa-t-il les appeler ainsi ? - qui saluait leurs enfants. Il songea brièvement à ses parents mais le train démarra. Andrew, seul dans son compartiment, sa valise en carton au dessus de sa tête espérait que le voyage ne serait pas trop long. Il voyait petit à petit le quai s'éloigner et lui avancer vers sa nouvelle réalité.

♪♫ ~ Le souffle des Poufsouffle, jamais ne s'étouffe ! ~ ♫♪
Marx Twain - Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait. ☻
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Ancien sorcier  

Comme un goût de déjà vu dans le Pouldard Express. PV <Paul>

La gare était pleine de moldus. Il fallait s'y attendre ! Après tout, on était à Londres. Pourtant, on reconnaissait facilement les futurs élèves de Poudlard : ceux qui portaient déjà leur robes de sorciers en poussant leur chariot portant une valise et un hibou en cage, ou les nés moldus qui restaient avec un air perplexe entre la voie 10 et la voie 9. Paul s'avança et traversa la barrière magique avec tranquillité. Tant pis si un moldu le voyait. Au mieux, on se moquerait d'un type qui dit avoir vu un enfant traverser un mur, au pire, la clinique psychiatrique moldue.
Les enfants se pressaient, embrassaient leurs parents, saluaient leurs futurs ou anciens camarades, discutaient ou restaient en retrait comme Paul, venu seul.
Les premiers wagons étaient déjà pleins d'élèves. Certains, penchés à leur fenêtres, bavardaient avec leurs parents pendant que d'autres se battaient pour une place. Paul poussa son chariot le long du quai, à la recherche d'une place libre. Il entra dans un wagon qui semblait assez vide, à l'exception d'une fille blonde portant un badge jaune de préfète qui discutait avec une fille rousse qui curieusement, portait une batte, et de quelques Gryffondor de deuxième année.
Paul observa les environs. Les élèves, au sifflement du train, se pressaient pour entrer, parfois avec violence.
*Quelle bande de sauvages* pensa Paul.
Le train s'ébranla. Paul vit des parents, mais pas les siens, partis tôt au ministère, faire de grands signes de la main, certains pleurant. Le train prit de la vitesse et quitta la gare. Les fenêtres qui bordaient la voie défilaient à la fenêtre du compartiment. Paul éprouvait un sentiment d'excitation : il savait ce qu'il l'attendait, et c'était certainement mieux que ce qu'il laissait derrière lui. Les élèves étaient peu nombreux dans le wagon, et c'était l'occasion de trouver un bonne place, tout seul, et de lire "Théorie de la métamorphose transsubtantielle" ou juste "Le Quidditch à travers les âges". Paul ouvrit le compartiment qui semblait vide, mais il y avait déjà un garçon petit, maigre, aux cheveux foncés emmêlés. Il portait de grosses lunettes. Paul pensa qu'il ne pouvait pas faire demi-tour.


"La place est libre ?" demanda t-il en montrant le siège en face du garçon. "Les autres compartiments sont pleins."