Voie 9 ¾

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Ysalyne Benett  

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

Ysalyne inspira profondément, les doigts serrés au possible autour de son chariot, la boule au ventre. Elle redoutait ce qui allait suivre.

Premièrement, elle redoutait l'incompréhension. Celle des autres, celle de ceux qui étaient ses amis. Elle avait peur qu'ils n'arrive pas à comprendre qu'elle ai eu besoin de se retrouver avec sa famille, seule, de se couper du monde extérieur, de rester dans sa bulle, entourée de sa grand-mère et de ses parents.

Elle avait peur du jugement. De leur jugement. Elle ne voulait en aucun qu'ils pensent qu'elle les avait abandonnés, ou pire, oubliés, car c'était faux. Lorsqu'elle ne songeait pas à sa mère, c'était vers ses amis que ses pensées se tournaient. Alors pourquoi ne leur avait-elle pas écrit, tout simplement ? Elle n'avait pas osé.

Elle était partie comme ça, du jour au lendemain, sans rien dire à personne, pas même à Antony ou à Amaëlle, juste après avoir eu la permission de Miss Loewy pour quitter le château et suivre ses cours par correspondance... Elle s'en voulait. Terriblement.

La jeune fille prit une nouvelle inspiration et fixa avec force la barrière de ses yeux gris bleuté. Elle devait trouver le courage de passer cette barrière, et de rejoindre le quai 9 ¾, malgré toutes ses appréhensions. Les deux plus grandes étant Amaëlle et Antony, bien évidemment.

La première était sa meilleure amie. Elle lui confiait tout, et elle espérait toujours se rappeler dans cinquante ans comme elles s'étaient rencontrées. Elle l'expliquerait à ses petits enfants, et bien évidemment, puisqu'elles seraient encore amies, elle pourraient le leur conter ensemble en riant au souvenir de cette heure passer dans les toilettes des filles à lancer des sort de nettoyage sur des feuilles de parchemin maculées d'encre noire.

Et puis il y avait Antony aussi... Chaque fois qu'elle pensait à lui, son cœur de petite fille se serrait douloureusement. Elle avait honte de l'avoir laissé sans nouvelles. Oui, honte. Elle n'oublierait jamais non plus comment ils s'étaient rencontrés pour la première fois. C'était le lendemain de la répartition, pendant le banquet. Ysalyne s'était forcé à s'assoir à côté de lui pour essayer de sociabiliser avec les gens de sa classe. Résultat, ils s'étaient retrouvés tous les deux couvert de jus de citrouille et de jus de viande. S'en était tout de même suivie une petit aventure dans les couloirs tandis qu'ils essayaient d'échapper à Peeves !

Et puis, ils venaient enfin de s'embrasser au bal de la Saint Valentin de l'an dernier quand tout avait basculé dans sa famille, et qu'elle était partie. Ca avait été son premier baiser, et ça avait été comme dans un livre de guimauve. Lui, dans son costume élégant de gentleman, elle, dans sa belle robe rose de princesse.

Elle avait été heureuse ce jour-là. Et les quelques uns qui suivirent. Ensuite, elle ne se souvenait plus. Tout était un peu noir. Les jours avaient finis par se succéder, identiques, alors que son angoisse pour sa mère ne cessait de croître...

Ysalyne secoua la tête. Il fallait qu'elle aille de l'avant, qu'elle arrête de ruminer toutes cette période douloureuse. Sa mère allait bien, elle était tirée d'affaire, et elle, elle était là, devant cette fichue barrière qui semblait la mettre au défit de la traverser.

Sans réfléchir, et parce que l'heure tournait et qu'il fallait bien qu'elle se décide un jour – de préférence avant que son train ne parte sans elle – la fillette se mit à courir tout d'un coup et ferma les yeux au moment du choc qui, elle le savait, ne viendrait pas, pour les rouvrir une fois passée de l'autre côté.

Tout était comme dans ses souvenirs. La grosse locomotive rouge écarlate du Poudlard Express crachait toujours d'énorme panaches de fumées, et le brouhaha ambiant qui régnait sur le quai 9 ¾ la fit sourire malgré elle. Elle était stressée, elle avait peur du banquet de ce soir, qui l'obligerait à croiser ses camarades de classe, mais pour le moment, elle se sentait juste bien ici.


« Tu m'as drôlement manqué... » murmura-t-elle alors au train avec une petite note nostalgique dans la voix.

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

Reducio
Vu les circonstances, je vais modifier le contexte de mon arrivée à King's Cross comme il eut été décrit dans le HHX "Le septième wagon"


En retard... Antony avait bien cru qu'il le serait ! Il s'était pourtant levé très tôt ce matin ! Lui et ses parents étaient partis de Bath en voiture, un véhicule moldu, et Antony était épuisé de sommeil. Bon joueur qu'il est, il avait bien sûr passé la soirée à jouer avec Lucky, son chien, qui lui avait drôlement manqué ! Et heureusement, il avait convaincu ses parents de l'emmener avec eux à Londres. Il avait donc profité du voyage pour jouer une dernière fois avec son chien adoré avant de repartir encore un long moment de ne plus le revoir avant longtemps. D'après ses parents, son chien faisait toujours une sorte de dépression quand il ne voyait plus son meilleur ami, le petit Serpentard, à la maison... Mais il se sentait beaucoup mieux maintenant qu'il était de retour ! Enfin, à présent, il était déjà sur le départ...

Et quel départ ! Comme l'an dernier, lui et ses parents, trouvant la gare sans difficultés, ne se souvinrent plus de quel mur il s'agissait. Heureusement, Antony eut la brillante, ou plutôt évidente..., idée de regarder son billet... La voie 3/4 ... Ça devait sûrement se trouver entre les voies 9 et 10 ça...
Malheureusement, il y avait bien des murs entre ces deux voix... Et bien entendu, le jeune garçon se trompa de mur... Avec perte et fracas... Heureusement plus de peur que de mal... Mais Antony se demanda quand même dans un sourire si ses parents n'avaient pas fait exprès de le laisser passer le premier, peu rassurer de foncer tête baissée dans un mur... Après tout, ils étaient saints d'esprit eux, pas idiot, ils n'aillaient pas prendre le risque de se briser la nuque !
Enfin... La mère d'Antony fut prise de panique en apercevant son fils, ainsi dans cet état...
La nouvelle chouette d'Antony était surexcitée... Elle qui était si jeune, et si malmenée... Antony devrait faire attention à prendre plus soin d'elle !

Heureusement personne ne vit Antony ce jour, si ce n'est que ses parents... Son père, lui, voyant que son fils n'avait rien, fut pris d'un violent fou rire, les larmes aux yeux...
Vexé, Antony ne lui adressa pas un mot pendant un moment, même s'il devait avouer que si ça n'avait pas été lui dans sa situation, il se serait bien amuser lui aussi.
Finalement, malgré le peu de monde qui se trouvait dans la gare ce jour-là étrangement, la famille Vendrale finit par apercevoir d'autres sorciers qui, eux, savaient où se trouvent l'entrée du quai 9 3/4 bien sûr...
Comme si de rien, Antony les suivit, jetant un coup à sa montre, rassuré de voir qu'ils allaient tout de même être à l'heure.
Cette fois plus rassuré après avoir vu les autres sorciers passer à travers le mur, il avança d'un pas assuré et finit par le traverser.. Le quai 9 3/4... Enfin...

Le train était là... Le Poudlard Express... Fumant et jouant de son sifflet... Le jeune garçon n'eut pas à attendre très longtemps ses parents, qui eurent finalement eux aussi le courage de traverser le mur. Pas de temps à perdre, il leur fallait trouver une place !
Antony se pressa le long du quai, songeant à tout ce qui l'attendait à Poudlard... Ses parents, eux, étaient plus inquiets et finirent par le dépasser pour aller voir plus loin sur le quai s'il restait des places dans les derniers wagons, à travers les fenêtres...

Les pensés d'Antony, quant à elle, finirent par s'arrêter sur les amis qu'il allait retrouver à Poudlard, et plus particulièrement sur Ysalyne... Son ancienne amie... Elle qui avait disparu si subitement sans donner de nouvelles... Antony ne savait pas où elle habitait... Il n'avait eut aucun moyen de la contacter et ce n'était pas faute d'avoir essayé... Il n'avait donc lui non plus pas pu lui envoyer de lettre... Si seulement elle lui en avait envoyé une... Une seule... Juste afin qu'il obtienne son adresse... Rien... Antony s'arrêta de marcher sur ces pensées...
Il regarda le train... Ce cher train chaleureux presque animé de bonheur, fumant généreusement au-dessus des élèves et des parents...
Antony sortit alors son porte-bonheur de sa poche, sa petite guitare, accrochée à une chaîne à son pantalon... Allait-elle venir... Allait-il revoir Ysalyne ? Allait-elle seulement bien... ?


"Tu me manques..." murmura-t-il alors à son porte-bonheur avec une petite note nostalgique dans la voix.

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
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Ysalyne Benett  

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

La jeune fille resta plantée là quelques instants, juste à admirer le Poudlard Express. Plus qu'un simple train, il représentait beaucoup pour elle. La liberté, ses amis. Un autre monde. Son monde. L'heure pourtant, le convainc à sortir de sa contemplation. Il ne s'agirait surtout pas de rater le départ, car même si elle avait peur, elle avait plus que tout envie de retourner dans son école, de retrouver son dortoir.

Ysalyne se mit alors à pousser son chariot à travers la foule encore compacte, tâche ardue compte tenu du nombre de parents venus faire leurs adieux mouillés à leurs enfants. Ses parents à elle ne l'avaient pas accompagnés. S'ils avaient décidé de ne plus repartir en voyage, au plus grand plaisir de la fillette, et de s'installer à Londres, elle habitait pour le moment toujours avec sa grand-mère moldue dans un petit village écossais. Elle attendait avec impatience le moment d'emménager à Londres avec ses parents.

Ce serait une première. Depuis qu'elle était née, elle n'avait jamais cohabité avec eux plus de trois mois d'affiler, et à vrai dire, elle appréhendait, bien sûr. Son père et sa mère avaient toujours préféré leurs excursions autour du monde plutôt que de rester auprès de leur fille. Ysalyne voulait vraiment savoir ce que ça faisait que de vivre avec eux.

Ysalyne reconnaissait avec un certain bonheur quelques têtes, des Serpentard, comme Gwen Mirena, Arthur Grimms, ou Caroline Purelune, mais aussi des élèves d'autres maisons, comme Ana Johnson de Gryffondor, ou Elina Montmort de Poufsouffle. C'était d'ailleurs bien étrange de les recroiser après tout ce temps. Ils n'avaient pas énormément changé, quoi qu'Arthur avait l'air d'avoir bien prit quelques centimètres en plus.

Chaque fois qu'elle croisait un première année, Ysalyne ne pouvait s'empêcher de sourire. L'an passé, à cette heure, c'était elle qui trépignait d'impatience et de nervosité à l'idée de mettre le Choixpeau sur sa tête. A l'époque, elle aurait aimé être envoyé à Serdaigle, comme sa mère, mais elle avait quand même finit par accepter très vite sa maison. Vive Serpentard !

Presque inconsciemment, la jeune fille se surpris à chercher Amaëlle et Antony dans la foule, mais en vain. Elle se réconforta en se disant qu'il y avait tant de monde sur le quai que c'était un miracle de pouvoir deviner les visages des gens. Mais quand même... ses meilleurs amis...

Ysalyne se rendit compte qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps avant le départ lorsque les premiers parents se mirent à scruter les fenêtres du train à la recherche d'une place pour leur enfant. Elle grimaça. Sa grand-mère avait raison, elle aurait dut partir plus tôt. Elle aurait aimé pouvoir se trouver un coin calme pour réfléchir un peu, au mieux entourée de personnes qu'elle ne connaissait pas, pour ne pas avoir à s'expliquer tout de suite. Elle ne se sentait pas prête à affronter ses camarades.

La jeune Benett se mit alors à longer les wagons dans l'espoir d'entrevoir un compartiment peu peuplé. Enfin, elle le vit. Pas son futur compartiment, non. Mais Antony. Il était seul, sur le quai. Le cœur de la petite se serra si fort qu'elle cru qu'elle allait faire un malaise. Parmi tous, c'était lui qu'elle aurait voulut revoir en dernier. Pas par méchanceté, pas parce qu'elle ne voulait plus de lui, au contraire. Parce que c'était envers lui qu'elle se sentait le plus coupable.

Ysalyne fut tentée un moment de tourner les talons et se réfugier dans le compartiment le plus rempli de tout le train pour être sûr qu'il ne l'y trouverait pas. Elle se reprit pourtant. Oui, elle avait une boule dans la gorge, oui, elle avait l'estomac noué, oui, elle avait l'impression qu'elle pouvait s'effondrer à chaque instant. Cela s'appelait la peur. Sauf qu'elle n'avait pas l'intention de redevenir la petite chose de l'an dernier qui laissait sa timidité gâcher chacun de ses moments. Elle avait douze ans, elle n'était plus un bébé. Elle devait prendre son courage à deux mains et aller le voir...

Lentement, la petite s'approcha de son ami et, lorsqu'elle fut juste derrière lui, posa doucement un main sur son épaule. Il se retourna aussitôt et elle put revoir enfin ses yeux bleus qu'elle avait croisé cent fois et dont elle ne se laissait pas.


« Salut... » murmura-t-elle alors dans un souffle.

C'était tout. Salut. Mais elle se bien sentait incapable de dire autre chose que ce pauvre petit mot.

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Lucky, assis tranquillement à côté du jeune Serpentard, poussa un aboiement... Était-il stressé avec tout ce remue-ménage ? Ce serait étonnant. Il avait onze ans lui aussi, et la foule, il la côtoyait tous les jours. Mais pas Tovex, sa pauvre chouette qui remuait de peur dans sa cage... Heureusement, la mère d'Antony s'était préparée à ça et avait attaché solidement la cage à la valise, sur son chariot. Antony tenta tant bien que mal de la calmer.

"Chuuuut... Ça va aller Tovex, calme toi... Je suis là..."


Visiblement, cela sembla fonctionner, puisque la chouette se posa doucement, tremblant encore un peu des ailes. Mais elle était attendrie par les caresses de son maître sur le haut de son crâne... Elle adorait ça. Antony lui faisait souvent cette petite caresse protectrice, surtout les soirs d'orage, Antony la sortait de sa cage et la prenait dans son lit. C'était étrange, mais cela calmait toujours tout de suite la chouette. Kateline, la mère d'Antony, détestait ça... Cela mettait des plumes partout dans le lit, et les draps empestaient la chouette après ça. Mais Antony ne pouvait pas laisser sa pauvre petite Tovex adorée dormir toute seule !

*Peut-être que toi aussi tu trouveras l'amour un jour.* songea Antony, caressant toujours le petit crâne de l'animal. Il eut presque l'impression que celle-ci l'entendit, puisqu'elle leva ses yeux attendris vers lui et hulula faiblement.
Lucky aboya alors à nouveau, et vient lécher la main de son maître... Celle qui serait fort son porte-bonheur depuis un moment déjà son Qu'Antony ne s'en soit vraiment rendu compte.
Antony baissa la tête vers lui. Les gens autour d'eux et le brouhaha du train n'avaient plus d'importance. Il était dans sa bulle, accompagné par ses deux animaux préférés, ses deux petits protégés...

Lucky semblait sentir qu'Antony allait partir, qu'il allait le laisser tout seul, et que lui aussi était en détresse. Bien sûr qu'il l'était. Aujourd'hui était un jour important, et pas seulement parce qu'il rentrait à Poudlard. C'est vrai, il allait revoir ses amis, déjà, il en avait aperçu plusieurs riens qu'en quelques minutes. Il allait retrouver son balai, peut être se relancer dans son club de bavboules, qu'il avait finalement fermé après le départ d'Ysalyne. Il allait revoir ses professeurs aussi, découvrir de nouveaux sortilèges et bien d'autres choses encore. Des choses merveilleuses dont il y a encore un an seulement, il ignorait l'existence. Mais il s'agissait là aussi d'un jour important puisqu'il allait peut-être enfin aujourd'hui combler à nouveau le vide qui s'était installé dans son cœur depuis des mois déjà... Du moins caressait-il cet espoir.

Mais, peut-être se faisait-il des illusions, et le temps passait déjà. Il ne pouvait pas se permettre d'être en retard. Ses parents allaient revenir d'une minute à l'autre. Et puis lui ne faisait rien, il était tout comme ces petits enfants immatures qui faisaient faire leur travail à leurs parents. C'est lui devait prendre le train et pas eux. C'était à lui de trouver une place, pas à ses parents de se démener et bousculer les gens dans la dense foule qui se serait sur le quai.

C'était bientôt l'heure. Antony jeta un dernier coup d’œil à sa petite guitare verte... Une petite main se déposa alors sur son épaule. Pris en plein moment intime, et tandis que sa bulle fut brisée, Antony se retourna aussitôt. Ce qu'il vit alors lui tordit l'estomac et lui noua la gorge... C'était elle. C'était bien elle, ses cheveux auburn, ses doux yeux gris où il avait tant plongé son regard, et son tendre visage. 'Salut...' fut ses premiers-mots... Son premier mot... Un mot qui n'arriva pas aux oreilles d'Antony. Il avait soudainement les oreilles trop engourdies pour entendre quoi que ce soit. Celles-ci bourdonnaient même... Elles lui brûlaient, d'une chaleur intense mais chaleureuse à la fois.
Elle avait le visage si triste. Ses yeux gris trahissaient tant de souffrances...

Antony ne réfléchissait même plus. De sa main gauche, sans s'en rendre compte, sans même en émettre le moindre souhait, il avait doucement pris sa main droite posée sur son épaule. Et le temps s'était arrêté. Il avait plongé ses yeux dans les siens, et d'un regard tout était dit... Les yeux humides, sans un mot, Antony la prit dans ses bras et la sera contre son lui. C'était elle... C'était elle.

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Ysalyne Benett  

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Elle sentait ses yeux se remplir de larmes vite, bien trop vite, et une forte envie de les laisser couler sur ses joues menaçait de gagner et de briser ses dernières défenses. Il ne disait rien.

Sa poitrine ne s'en serra que plus. Il restait là, sans bouger, et cela lui faisait tant de mal. Elle aurait préféré qu'il lui parle, qu'il hurle même si ça avait été là on souhait, car son silence était le pire des supplices. Comment savoir ? Comment savoir ce qu'il pensait ? Et par-dessus tout, comment lui dire à quel point il lui avait manqué ?

Ysalyne sentit sa respiration devenir haletante. Elle avait rêvé de ce moment tant de nuits, tant de jours, qu'elle ne pouvait plus compter les fois où c'était arrivé. Elle avait été si malheureuse. Sa vie avait basculé dans l'obscurité d'un jour à l'autre, sans qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, et pourquoi c'était sûr elle que le sort s'acharnait. Elle aurait tant eu besoin de ses amis à ce moment là, mais elle avait fait la bêtise de rester seule. Comme elle avait regretté, comme elle regrettait.

La petite voulue dire quelque chose mais tout était bloqué dans sa gorge, et l'empêchait de respirer convenablement. Qu'il fasse, qu'il dise quelque chose, c'était tout ce qu'elle demandait...

Comme pour répondre à sa prière, Antony, sans la quitter des yeux, posa sa main sur celle qu'elle avait laissé sur son épaule. Ysalyne se sentit fléchir, et cru qu'elle allait éclater en sanglot. Les yeux bleus du jeune reflétait de la souffrance, de la surprise, une grand incompréhension douloureuse. Ils brillaient, comme dans ses souvenirs, et la fillette aurait donné n'importe quoi pour qu'il lui sourit, comme pour dire « Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Je t'aime toujours. »

Ils se regardaient droit dans les yeux. S'étaient fort, le temps étaient suspendu. Il y avait des larmes, de la tristesse dans leur échange, mais tout ce qui importait à Ysalyne, c'était de lui dire à travers son regard à quel point elle était désolée... Elle était tellement désolée. C'est sans prévenir, alors qu'Ysalyne sentait ses défenses se briser, qu'Antony l'attira soudain à elle. Le premier sanglot étouffé sortit de la gorge de la petite, suivie de pleurs qui dévalèrent ses joues sans qu'elle ne puisse plus rien pour les arrêter et sans réfléchir, elle se serra le plus fort possible contre son meilleur ami.

Son cœur battait fort, si fort qu'elle ne doutait pas qu'il puisse le sentir aussi. Il lui avait tant manqué, elle avait tant de fois souhaiter qu'il puisse la prendre dans ses bras pendant tous ces moments de détresse où, roulée en boule dans son lit, elle se demandait si sa mère survivrait. Elle avait besoin de lui.


« Antony... »

Ysalyne tentait comme elle le pouvait de camoufler ses gros sanglots mais la tâche était presque impossible. Elle se sentait si faible, mais si bien contre lui.

« Pardon... » La jeune fille enfouie un peu plus sa tête dans le cou de son ami. « Pardon... »

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La tenait enfin dans ses bras... Enfin il ressentait à nouveau sa chaleur contre lui... Son cœur allait exploser... Ses poumons le brûlaient... Quelque part il sentait qu'il voulait exploser... Elle lui avait tant manqué... Tant de fois il avait pensé à elle, s'était inquiété pour elle... Qu'était-elle devenue tout ce temps ? Qu'avait-elle fait ? Allait-elle bien ? Et pourquoi tout ce mystère ? Pourquoi ne pas l'avoir prévenu ?

Mais d'un autre côté Antony ne voulait pas craquer... Pas du tout, pas comme ça, pas devant elle, pas pour elle. Il devait se montrer fort, et ce n'était finalement pas si dur. Il ne ressentait pas cette difficulté. Lui n'avait pas vécu les souffrances que elle semblait avoir enduré. Il la connaissait. Si ça n'avait pas été important, elle l'aurait prévenu. Ne tenait-elle pas à lui en fin de compte ? Il ne pouvait pas se permettre de faire comme elle, ou de se plaindre de quoi que ce soit quand il n'avait presque rien endurer. Non, il devait tout naturellement se montrer fort et en paix. Ne pas se poser de question, tout simplement enfin accepter le fait qu'elle était là, qu'elle était de retour, et qu'à présent tout allait bien se passer.
Mais son cœur, comme celui de son amie, bâtait tout de même la chamade. Il le sentait contre lui, son cœur à elle, bâtant à tout rompre... Et ses sanglots qu'elle tenta tant bien que mal de cacher, sans succès...
Elle enfourna sa tête et ses doux cheveux froids dans le cou d'Antony. C'était humide. Elle pleurait. Antony n'avait pas envie de pleurer. Il avait changé depuis la dernière fois. Il était plus serein. Il était naturellement heureux de la revoir. Il l'avait accepté, elle était là. Antony soupira de soulagement, les yeux fermés, profitant de chaque instant.


"Antony..."
murmura-t-elle.

*Je suis là Ysalyne* songea-t-il, ne lâchant pas prise.

"Pardon..."


Elle s'enfonça plus encore dans ses bras.


"Pardon..."

Elle pleurait encore... Mais il ne fallait pas. Tout était pardonné. Maintenant ils étaient ensembles, à nouveau. Ils étaient à nouveaux réunis. Elle était là. Il était là. Et il devait la rassurer, lui faire comprendre que tout allait bien, qu'il ne lui reprochait rien. C'était finit... Tout allait bien se passer maintenant. Et aucuns mots n'aurait pu retranscrire quel bonheur Antony ressentait de retrouver Ysalyne.
Antony la sera plus fort encore dans ses bras. Il ne la lâcherait plus. Ils ne seraient plus jamais séparés. Jamais...

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Ysalyne Benett  

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Ysalyne se calma peu à peu. La présence d'Antony l'apaisait, elle se sentait mieux, elle se sentait bien. Comme si une énorme chape de plomb s'envolait de ses épaules, lui promettant de ne jamais plus revenir à elle. Et alors que les larmes s'en allaient petit à petit, la jeune fille sentait les bras d'Antony se serrer plus fort autour d'elle. Elle sourit doucement et ferma les yeux.

Elle aurait put rester éternellement là, mais il lui faudrait bien se détacher de son ami, à un moment ou à un autre. Ysalyne sentit sa respiration reprendre son rythme normal, et l'envie de voir Antony fut plus fort que celle de rester blottie contre lui.

Lentement, elle s'éloigna de lui, mais laissa ses mains sur ses bras, et le regarda de nouveau dans les yeux. Les siens devaient être rougis et gonflés. Ceux du garçon n'avaient pas versé une larme. Etrangement, cela rassura Ysalyne. Elle s'en serait voulut d'avantage si son ami avait pleuré.

Elle avait tant à lui dire. Tant de choses qui mériteraient peut-être des jours pour être comprises, mais dont elle avait besoin de lui parler. Pourtant elle se tut. Elle voulait juste, à cet instant, profiter de le regarder droit dans les yeux. Simplement. Ysalyne prit une grande inspiration, sans qu'elle ne sache pourquoi elle en ressentait le besoin.

Ses doigts se crispèrent sur les bras d'Antony lorsqu'elle se sentit trembler.


« Salut... » répéta-t-elle bêtement sans le lâcher du regard. « Je... »

Avait-elle réellement besoin de parler ? Il était là, devant elle, et semblait la comprendre sans qu'elle ne prenne la peine de s'exprimer. Ne pouvait-elle pas remettre ce moment douloureux à plus tard ? Non. Elle sentait, qu'elle devait s'expliquer, au moins partiellement. Il le méritait.

« Je sais que tu vas me dire que ce n'est pas la peine mais... »

Ysalyne lâcha son meilleur ami et se mordilla la lèvre, comme à chaque qu'elle était stressée, en entendant sa voix trembler. Elle toussota et baissa un instant son regard sur le bout de ses chaussures. Maintenant que le moment d'émotion avait atteint son paroxysme et était quelque peu retombé, la gêne s'emparait d'elle, et la honte ressurgissait brusquement.

« Mais... Je voulais te dire que tu m'avais vraiment manqué et que... et que je suis contente de te revoir. »

La fillette releva la tête et planta ses yeux dans ceux de celui qui avait été son tout premier amoureux. Celui qui l'était encore, même si elle ignorait ce qui s'était passé du côté d'Antony pendant tout ce temps...

« Même si j'ai tout gâché. » ajouta-t-elle d'une petite voix.

Au moment où elle prononça ses mots, elle se souvint d'une autre de leur discussion. Ils s'étaient disputés et étaient restés plusieurs semaines sans s'adresser la parole après le désastre du repas de Noël organisé par leur maison. Et le jour de leur réconciliation, Antony lui avait gentiment dit d'arrêter de s’apitoyer sur son sort, qu'il ne lui en voulait pas. A bien y réfléchir, c'était toujours à cause d'elle que des situations telles que celles-ci se produisaient. Alors voudrait-il bien lui pardonner, une fois de plus, sa faiblesse ?

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Ysalyne était tendre et emplie d'une douce chaleur... Cette même chaleur qui avait tant manqué au jeune garçon... Cette douce amie vers laquelle ses pensées n'avaient cessé d'être tournées...

Antony eut l'impression sur l'instant que leur étreinte dura une éternité... Elle lui avait tellement manqué... Antony s'était même reproché d'avoir un jour osé pensé qu'elle ne reviendrait peut-être pas... Qu'il lui fallait à présent sûrement faire une croix sur leur relation... Mais comment avait-il pu penser ça... Elle était bien là... Ce n'était pas une illusion...
Mais en fin de compte, au fond de lui, une autre part de lui-même avait toujours tenu bon. Elle savait qu'Ysalyne reviendrait, qu'ils se retrouveraient ainsi et que tout redeviendrait comme avant... Antony ne lui demanderait jamais des comptes, si elle était partie, elle avait de bonnes raisons et ne devait pas se justifier.

Tout à coup Ysalyne desserra prise, et s’éloigna lentement d'Antony, brisa leur petit rêve... Que lui arrivait-elle d'un coup ? N'était-elle plus amoureuse de lui ? L'aimait-elle encore ?
Le cœur d'Antony s'emballa de plus belle, tandis qu'Ysalyne vient timidement planter ses yeux gris dans ceux d'Antony, alors que la honte se lisait presque sur son visage de petite fille...
Quelques larmes éparses ruisselaient encore sur ses joues... Ses pauvres joues si pâles et semblant si froid... Il ne faisait pas bien chaud sur le quai et Antony regrettait la douce chaleur que lui avait procurer leur étreinte... Il n'espérait plus qu'une chose. Qu'elle aille mieux.
Aucun mot n'avait besoin d'être prononcé.
Antony avait beaucoup réfléchi à l'amour pendant l'absence d'Ysalyne. Bien plus qu'un enfant de son âge ne devrait, en terme d'amour platonique. Les gens en général, les amoureux, ne laissaient visiblement pas assez place à l'amour puissant, celui de regard... Celui du silence qui pourtant signifiait tellement. Mais pas seulement le regard, mais aussi la tranquillité... L’apaisement. Comme lors de câlin emplis de tendresse qu'ils venaient de faire. Ou simplement "se dévorer des yeux". Mais l'expression restait fausse aux yeux d'Antony. On ne dévore pas, on apaise tendrement, comme on s'apaise tout autant. C'est ce qu'Antony souhaitait... Profiter sans un mot de chaque instant avec sa belle retrouvée. Mais celle-ci semblait en pleine crise...
Ses mains se mirent doucement à trembler, elle ne se contrôlait plus bien, tandis que celles-ci se crispèrent contre les bras du garçon.


"Salut..." refit-elle. "Je..."

Que voulait-elle dire ? Allait-elle lui reprocher quelque chose ? Peut-être ne l'aimait-elle plus, et que finalement, elle se retrouvait dans un instant de gêne. Antony n'eut pas même le temps de se morfondre dans ces sombres pensées que la Serpentard reprit déjà :

"Je sais que tu vas me dire que ce n'est pas la peine, mais... "

Elle le lâcha complètement. Encore plus de distance... Et elle se mordit la lèvre. La lèvre !
Antony avait presque oublié cette subtile mimique si mignonne... C'était Ysalyne, il n'y avait pas doute. Mais elle était visiblement très gênée. Qu'est-ce qui pouvait bien la perturber à ce point ?
Elle fut prise d'une petite toux gênée, avant de baisser les yeux de honte. Qu’essayait-elle de lui dire ?


"Mais... Je voulais te dire que tu m'avais vraiment manqué et que... et que je suis contente de te revoir."

Vraiment ? N'essayait-elle pas de lui faire comprendre qu'elle n'avait plus de sentiments pour lui et que tout était finit à présent ? Et ensuite viendrait le stade où elle lui avouera qu'elle aimerait bien qu'ils restent amis... Antony ne s'attendait pas du tout à ça. Tout sauf ça. Tout, jusqu'au plus larmoyant des pleurs, mais dans son esprit, leur amour réciproque était inéluctable, comment pouvaient-ils être séparés ?
Ysalyne releva ses doux yeux gris-azur vers lui et d'un seul souffle, la voix cassée, lui lâcha faiblement :


"Même si j'ai tout gâché."

Comment pouvait-elle dire ça. Ce n'était pas possible... Elle n'avait rien gâché ! Antony l'aimait encore de tout son être. Et il préféra considérer qu'elle aussi. Après tout il ne pouvait tout de même pas douter de son amour. C'était impossible. Non.
Mais elle ne devait pas penser ça. Elle n'avait rien gâcher. C'était la faute d'Antony si elle était dans cet état. Il ne fallait pas qu'elle se mette dans cet état. Elle n'avait rien à justifier.
Antony avait l'impression d'avoir déjà vécu cette scène. Et pour cause, c'était peu avant qu'ils ne sortent ensemble, suite à leur dispute du dîner de Noël, l'année précédente. Antony s'en était terriblement voulu. Ils n'avaient pas parlé pendant des semaines. Et elle aussi. Mais cette fois aussi elle n'y était pour rien. C'était lui qui était terriblement asocial à certains moments...
Et cette fois encore il n'y était pour rien. Antony devait se montrer fort. Lui montrer que tout allait bien, qu'il ne lui reprochait rien. Qu'il comprenait.

Le train n'était pas loin. Antony détourna ses yeux d'Ysalyne à contrecœur et marcha doucement, vers le wagon, ne ce pressant pas. Il devait se montrer tranquille, apaisé. Et il l'était d'une part.
Malgré le tumulte qui régnait autours deux, et le court éloignement du garçon, ils restaient dans leur bulles, ses oreilles toujours aussi engourdies.
Étrangement, malgré qu'il soit toujours habillé en moldu, avec sa chemise les manches remontées et son jean, Antony avait gardé sa baguette sur lui. Elle ne lui servait en fait à rien, puisqu'il n'avait pas le droit de l'utiliser à l'extérieur de Poudlard. Mais il pouvait aussi l’utiliser dans le train.
Et tandis qu'il gravit la première marche, le dos tourné à Ysalyne, il prononça alors faiblement, à l'abri de tous regards y compris Ysalyne, ces mots :


"Orchideus"

Le sortilège eut exactement l'effet escompté. Il n'en attendait pas moins, ainsi habité par de si beau sentiments.
Apparurent alors dans le creux de sa main deux superbes tulipes, une blanche et une rouge.
Elles étaient magnifiques.
Il se retourna tout aussi tranquillement qu'il était parvenu sur le perron du wagon, dissimulant les fleurs dans son dos, et s'approcha d'Ysalyne, où il plongea un instant son regard dans le sein.
De sa main droite, il lui prit sa main gauche, et dévoila alors ses fleurs qu'il déposa doucement dans le bras de la jeune fille. Il approcha alors son visage du sien, si près qu'il sentait son souffle chaud contre son cou, et lui susurra simplement à l'oreille :


"Je t'aime"

Et doucement il approcha sa main de sa joue et, la caressant un instant, embrassa ses froides lèvres rougies.

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.
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Ysalyne Benett  

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

La petite resta plantée là, à regarder Antony dans les yeux, alors que son silence remplaçait tous les mots du monde. Il ne pouvait apparemment pas, peut-être ne voulait-il juste pas, lui pardonner. C'était clair. Il ne disait rien, et se contentait de la fixer de ce regard indescriptible qui nouait la gorge de la fillette. Elle l'avait perdu.

La constatation lui fit comme un coup de poing dans l'estomac. Bien sûr, pendant ces longs mois d'éloignements, elle avait brièvement songer à ce qu'il se passerait s'il lui disait qu'il ne voulait plus avoir affaire avec elle, s'il lui disait que tout ça était du passé, qu'il était tombé amoureux d'une autre fille. Pourtant, elle avait refoulé ces sombres pensées tout au fond de son esprit.

Ignorer le problème était revenu pour Ysalyne a prétendre que tout allait pour le mieux, et que rien n'avait changé, que rien n'allait changer lorsque qu'elle retournerait à Poudlard. Telle avait été sa bêtise. Elle aurait du se douter que la fuite n'était en rien la solution, pas plus que l’hypocrisie qu'elle s'était elle-même manifestée. Elle n'aurait pas du sa voiler la face, car la chute n'était que plus rude.

Ysalyne ravala tout de même courageusement ses larmes. Il était hors de question qu'elle pleure de nouveau, et surtout à cause de ce silence qu'il lui faisait endurer en soutenant son regard comme pour la punir. Elle fut d'autant plus certaine de la fin de leur histoire lorsque Antony détourna le premier la tête vers le Poudlard Express qui crachait toujours autant de fumée. La petite aurait voulut pouvoir dire que c'était cette fumée qui lui donnait tant envie de pleurer.

Et puis il se détourna totalement d'elle et s'éloigna tranquillement, sans un mot, pour rejoindre le wagon le plus proche. La Serpentard ne pouvait détacher ses yeux de lui alors que son son cœur se serrait et ses lèvres se mettaient à trembler. Ainsi c'était de cette façon que tout allait se terminer ? Sans un regard en arrière, sans une phrase d'adieu ? Il allait tout simplement lui tourner le dos, pour la laisser dans le plus insupportable des supplices ?

Ysalyne détourna les yeux vers la foule pour contenir son envie de le rappeler. Il avait fait son choix, et même si la douleur saccadait à présent sa respiration, elle se devait de le respecter. Elle le méritait peut-être. Oui, elle méritait sûrement d'être abandonnée de la sorte sans pouvoir au moins s'expliquer. Tout était de sa faute après tout.

Ne pouvant tout de même se retenir, la fillette jeta un coup d'oeil à Antony avec l'impression que le temps s'arrêtait. Elle ne voulait pas qu'il fasse un pas de plus, elle aurait voulut qu'il se retourne et lui sourit en lui rouvrant ses bras. Elle se rendit pourtant à l'évidence lorsque son ancien ami grimpa sur la première marche du wagon : elle n'aurait sans doute plus jamais l'occasion de voir cette lueur qu'elle aimait tant dans les yeux bleus d'Antony.

Résignée, et même si cela la faisait souffrir, Ysalyne porta une main à son ventre, se mordit la lèvre, et ferma les yeux dans une position de défense face au monde qui l'entourait. Elle n'entendait plus les bruits si oppressants autour d'elle, elle n'avait même plus le sentiment d'être sur le quai de la gare. Elle était juste sûr d'une chose : elle avait mal.

Pourtant, elle releva les yeux pour voir Antony redescendre de la marche du wagon aussi tranquillement qu'il y était monté et s'approcher d'elle, sans hâte, d'un pas posé. Ysalyne sentit son estomac se tordre. Est-ce qu'il changeait d'avis à la dernière seconde ? Allait-il finalement venir lui cracher tout ce qu'il avait sur le cœur ? Pourtant, le visage du deuxième année ne trahissait aucune colère, aucune rage. Il semblait juste calme, si bien qu'Ysalyne se sentit perdu et lui lança un regard à la limite de la panique. Que lui voulait-il ?

Sans prévenir, il lui attrapa alors la main gauche et la petite n'eu le temps de rien faire qu'il sortait de derrière son dos deux tulipes, l'une rouge et l'autre blanche, bouquet qu'il déposa au creux de son bras. Ysalyne sentit son cœur s'emballer alors qu'elle écarquillait les yeux et entre-ouvrait la bouche sous le coup de la surprise. A quoi jouait-il ?

Et puis, elle longea dans ses yeux et eu l'impression que tout son corps se liquéfiait alors que son regard chaud l'enveloppait et que la compréhension frappait son esprit. Elle n'osais pas penser une chose pareil et pourtant, son regard seul suffisait...

La Serpentard sentit un sourire hésitant mais incontrôlable lui monter aux lèvres alors qu'elle envisageait lentement l'autre possibilité. Et s'il ne lui en voulait pas autant qu'elle ne l'avait craint, ou du moins pas assez pour ne plus jamais vouloir la voir ? Et s'il... l'appréciait... toujours assez pour lui pardonner sans encore aucune explication ? Doucement, Antony s'approcha d'elle.


« Je t'aime. »

C'était tout. C'était simple. C'était suffisant. Ysalyne n'en cru pas ses oreilles et avant qu'elle ne puisse assimiler la phrase qui déjà faisait battre la chamade à son cœur, la petite sentit les lèvres d'Antony se poser ses les siennes. La deuxième année ferma les yeux, profitant de ce chaste baiser qui lui semblait presque irréel, alors que dans sa tête se déroulait un véritable feu d'artifice de sentiments.

Lorsque les deux adolescents se séparèrent d'un même mouvement doux et lent, comme s'ils avaient tous les deux peur de briser cette bulle qui semblait les avoir coupé du monde extérieur, Ysalyne eu le courage de coller quelques secondes son front à celui d'Antony, les joues en feu, ne réalisant qu'à moitié ce qu'elle allait dire à son tour.


« Je t'aime aussi. » murmura-t-elle en accentuant la pression de ses doigts sur ceux de son amoureux.

Et alors qu'elle aurait voulu que ce moment dur encore et toujours, une voix de femme appela soudain Antony, les faisant sursauter tous les deux. Ysalyne regarda par-dessus l'épaule du garçon et se mit à rougir violemment... en croisant le regard des parents d'Antony.

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

C’était humide… Mais intense… Le temps sembla s’arrêter et accorder aux deux enfants un moment de passion. Il s’était retrouvé, enfin. Ysalyne sentait si bon. Son parfum lui avait tant manqué. Un parfum qu’il avait reconnu immédiatement. Un parfum unique. Son parfum.
Antony referma ses doigts autour de ceux d’Ysalyne et des deux tulipes. Et tandis qu’il s’embrassait, il passait son autre main derrière sa tête, dans ses cheveux auburn si fins, si soyeux, la caressant le crâne du bout des doigts. Ses cheveux aussi étaient froids. Mais cela avait plutôt un effet rafraichissant et agréable qu’autre chose.
Étrangement, le cœur d’Antony commença à s’apaiser. Ce n’était pas la première fois qu’il s’embrassait. Leur premier baiser datait déjà de la Saint-Valentin, bien des mois auparavant. Pourtant Antony eut l’impression que ce fut là leur premier… Quelque chose de nouveau se passait entre eux. Quelque chose d’intense qui ne s’était jamais produit auparavant. Ce baiser… Le baiser…
Antony était presque sur la pointe des pieds… Sans s’en rendre compte, la plupart de ses muscles s’étaient contractés sous l’impulsion de ce baiser.

Les deux enfants finirent par se séparer lentement, naturellement, comme d’un commun accord. Antony lui avait froissé les cheveux, la pauvre… Il sourit doucement. Ysalyne sembla sentir sa complicité et vient coller son front contre celui d’Antony. Son nez vient chatouiller celui du garçon. C’était si doux, si simple, et pourtant si agréable.

« Je t'aime aussi. » murmura-t-elle doucement.

Le cœur d’Antony s’emballa. L’entendre dire cela lui fit l’effet d’une bombe. Il en eut presque un sursaut ! Cela faisait tant d’effet, tant de sentiments agréable de se sentir aimer ! Surtout par Ysalyne. Par elle que lui-même aimait. Ce n’était pas rien… C’était quelque chose d’extraordinaire. Antony prit soudain la mesure de l’amour qu’Ysalyne devait lui porter. Comment pouvait-elle l’aimer ? Elle ? Aimer Antony ? Un pauvre garçon comme lui ? Et une fille aussi extraordinaire qu’elle ! Qu’est-ce qui avait bien pu se passer dans le cerveau de cette fille pour qu’elle tombe ainsi amoureuse de lui. Antony se le demandait bien.
Comme pour le rassurer dans ces pensées, comme si la jeune fille lisait en lui, elle resserra ses doigts autour de ceux d’Antony. C’était si agréable. Le moindre petit signe comptait. Le moindre geste, le moindre détail. C’était cela le plus beau… Les détails… Des choses si petites et pourtant si importantes, si agréables, qu’on aimerait être emplis de ces petits détails…

Mais leur douce bulle d’amour fut rapidement brisé par une voix de femme insistante, qui répétait ‘Antony !’ pour la énième fois… C’était sa mère. Ysalyne était rouge écarlate. La pauvre, elle devait se sentir tellement gêné. Antony rougit lui aussi, mais de honte. Les avaient-ils vu ? Les avaient-ils aperçu s’embrasser ?
Qu’allait dire sa mère ? Après tout il restait un enfant de douze ans seulement… Qu’en penserait-elle ?

Antony se retourna.


« Qu’est-ce que tu fais ! Le train va partir ! Il n’y a pas de temps à perdre ! Ton père et moi avons trouvé des places à l’arrière, dans le dernier wagon, dépêche-toi ! » Elle adressa alors un regard bienveillant vers Ysalyne, tandis que Eloi, le père d’Antony, ne disait mot, trop essoufflé pour ça… « Bonjour, je suis Kateline, la mère d’Antony. Tes parents sont par là aussi ? Sinon tu peux venir, il reste plusieurs places au fond. Enfin si nous nous dépêchons ! » Elle adressa un regard noir à son fils qui n’avait toujours pas bougé, resté dans les bras de son amoureuse. « Allez dépêche-toi ! »

C’était sûr… Elle les avait vus. Mais elle trouvait ça mignon sa mère. Un petit amour d’enfant. Enfin elle ne craignait rien, son fils était un gentil garçon. Son père, lui, s’imaginait déjà à taquiner son fils. Lui aussi se souvenait de ses premiers amours, et il comptait bien faire cracher le morceau à son fils, même si pour cela il devait le faire par lettres…
Antony retourna son regard vers Ysalyne, qui n’osait apparemment adresser un regard à ses parents. Antony était amusé… Lui n’était finalement pas tant que ça gêné, si sa mère le prenait si bien. Attendrie par l’attitude de la jeune fille, Antony voulu provoquer sa honte et l’embrassa à nouveau sur la joue avec entrain.
Puis il desserra son emprise, saisit son chariot d’une main qu’il ramena vers lui. Et attira Ysalyne à lui de l’autre, l’embrassant à nouveau dans le cou.

« Alors on y va ? Tes parents ne sont pas là ? »

Lui demanda-t-il, prêt à prendre le train, tandis que comme pour répondre à sa question, le train fit siffler sa fumée au-dessus de lui, dans un grondement aigüe. La seule chose qu’Antony espérait à présent, était que, connaissant son père, il ne soit pas trop questionné et titillé par son père avant leur départ...

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
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Ysalyne Benett  

Retrouvailles de rentrée I PV Antony VENDRALE

Antony se retourna lentement vers ses parents, le rouge au joue, alors qu'Ysalyne ne savait plus où se mettre. Par Merlin, elle ne s'était vraiment pas attendu à ce que les parents d'Antony les observe... maintenant. Et en plus c'était la première fois qu'ils la voyaient ! Qu'est-ce qu'ils allaient penser ?

« Qu’est-ce que tu fais ! s'exclama la femme d'un ton pressé. Le train va partir ! Il n’y a pas de temps à perdre ! Ton père et moi avons trouvé des places à l’arrière, dans le dernier wagon, dépêche-toi ! »

Et puis, alors qu'Ysalyne se demandait s'il fallait mieux que les deux adultes l'ignorent ou lui adresse la parole, au risque qu'elle passe pour une idiote bafouillante, la mère d'Antony tourna le regard vers elle. La petite aurait voulu disparaître sous terre avant d'y voir une étincelle de bienveillance et un sourire. La deuxième année se mordit la lèvre et battit des cils, puis serra un peu plus sa main dans celle d'Antony pour y trouver du soutient.

« Bonjour, je suis Kateline, la mère d’Antony. »

« Bon-bonjour. » bredouilla la fillette, mal à l'aise.

« Tes parents sont par là aussi ? » demanda alors Kateline. « Sinon tu peux venir, il reste plusieurs places au fond. Enfin si nous nous dépêchons ! »

Elle se tourna ensuite vers son fils avec un regard un peu plus sévère et lui intima de se dépêcher. Le père d'Antony n'avait pas dit un mot mais les observaient avec une sorte de malice au fond des yeux. Ysalyne baissa les siens vers ses chaussures, gênée au plus haut point. Elle aurait aimé les rencontrer dans une autre circonstance. Maintenant, la première image qu'ils auraient d'elle serait Ysalyne en train d'embrasser leur fils. Il y avait pire, soit, mais il y avait aussi mieux.

Ysalyne sentit Antony se tourner dans sa direction et elle leva les yeux vers lui. Il avait un petit sourire, comme si la situation ne le dérangeait pas plus que ça, et qu'il était même amusé par la réaction d'Ysalyne. La fillette croisa son regard bleu et riant avant d'écarquiller les yeux quand Antony lui planta un bisou sur la joue. La Serpentard jeta un coup d'oeil affolé au deux adultes qui les regardaient toujours et rougit une fois de plus.

Elle l'aurait bien fusillé du regard pour jouer ainsi avec sa gêne mais il ne lui en laissa pas le temps et attrapa son chariot d'une main avant de tendre l'autre bras vers elle pour la coller à lui. Ysalyne sentit alors un petit bisou se loger dans son cou et elle sursauta. Non mais il allait arrêter maintenant ? Ils étaient devant ses parents là...

Pour toute réponse, Ysalyne lui donna un léger cou de coude dans les côtés et elle entendit Antony pouffer discrètement près de son oreille. Elle secoua la tête, finalement amusée. Il lui avait manqué.


« Alors on y va ? Tes parents ne sont pas là ? »

« Non, je suis venue toute seule. » fit-elle d'une petite voix, encore quelque peu mal à l'aise par la présence des époux Vendrale.

Décidant de rattraper le temps perdu, elle glissa pourtant de nouveau sa main dans celle d'Antony, et malgré les deux adultes, lui sourit doucement avant de le suivre jusqu'au compartiment qu'avaient trouvé ses parents. Ils avaient beaucoup à se dire, mais toutes ces choses pourraient attendre. Aujourd'hui, ils se retrouvaient, et c'était le principal.

Et tout aurait put sembler parfait si son regard n'était pas tombé sur une jeune fille qui, de dos, lui rappela affreusement Amaëlle. Ce n'était pas elle, mais la jeune Benett se mordit la lèvre. Elle espérait que son amie aussi, lui pardonnerait et l'accueillerait à bras ouverts.

Ysalyne sentit les tulipes dans le creux de sa main, et y resserra sa prise. Elle aimait Antony, c'était sûr. D'abord comme un ami, comme un confident, et puis comme quelqu'un de plus spécial encore. Oui, elle était timide, et oui, elle était gênée de montrer ses sentiments à tout le monde, et elle le serait encore sûrement encore quelques temps, mais elle savait qu'avec l'aide d'Antony, elle arriverait à s'assumer plus, et à acquérir de la confiance. Elle en était même certaine.

Reducio
FIN du RPG !