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L'invasion des cigognes  PV 

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EVELYN WEDENJACK


La tête pâle de Joy Wedenjack vrillait contre le carreau en verre du Poudlard Express. Le paysage défilait lentement, dévoilant tantôt des étendues de montagnes fascinantes, tantôt des prés verdoyants à n'en pas finir. Les cheveux blonds de la jeune fille étaient devenus électriques depuis qu'ils étaient collés contre la fenêtre de son wagon, mais elle ne s'en souciait guère. Le train avançait à une vitesse fulgurante, tant qu'elle en avait presque des nausées, et chaque seconde qui passait la rapprochait un peu plus du moment qu'elle attendait depuis des mois. Peu à peu, une boule d'appréhension se nichait dans son ventre et sa gorge se nouait. Elle correspondait avec sa famille très régulièrement depuis qu'elle était à Poudlard, mais l'idée de les revoir en vrai lui faisait tout drôle. Anxieuse, elle détacha enfin ses yeux des champs qui s'étendaient sur des kilomètres et elle fixa Arthur Grimms.

Qui l'eut cru ? Joy, cette gamine toujours méfiante vis-à-vis de cette étrange espèce qu'étaient les garçons, la voici liée d'amitié avec l'un d'eux. Était-elle une traître à la fratrie ? Certainement pas ; naturellement, personne ne lui avait jamais reproché de côtoyer le Serpentard. S'il pouvait paraître un peu grognon à première vue, Arthur était en réalité quelqu'un d'amusant, de sympathique et rempli d'idées farfelues. La preuve en était que leur première rencontre s'était faite lorsque tous deux étaient cloîtrés dans une armoire.. dans la salle de classe de Défense contre les Forces du Mal. Si ça, ça n'était pas une première approche originale, alors rien ne l'était. Puis, ils avaient davantage fait connaissance lors d'une vente illégale de patacitrouilles, qui s'était joliment clôturée par une dispute puérile. De fil en aiguille, les deux enfants avaient su apprendre à se connaître et à s'apprécier. Joy esquissa un sourire en y repensant.

Si elle était pourtant quelqu'un de très bavard, l'Écossaise était enfermée dans un mutisme inhabituel depuis le début de la journée. Elle allait revoir sa famille après dix longs mois. Elle allait quitter ce château irréel pour deux mois. Son train-train quotidien s'en trouvait tout chamboulé, et elle détestait le changement. Elle était le genre de personne à profiter du confort sans oser prendre de risques volontaires. Cependant, l'idée de retrouver ses proches l'emplissait d'une joie immense. La magie, ses innombrables rencontres, ses aventures exceptionnelles, les cours marginaux.. Joy s'imaginait déjà leur raconter tout ça, sous le soleil et une glace à la main.


« C'est long, j'en ai marre. » lâcha-t-elle, trépignante d'impatience.

Se plaindre était le meilleur des remèdes contre l'attente, à n'en pas douter. Heureusement qu'elle pouvait échanger avec Arthur, elle aurait haï se retrouver seule dans un wagon, confrontée à ses appréhensions qui n'en finissaient pas. À la base, la fillette avait prévu de faire le voyage en compagnie de Rose Adams et d'Arthur, mais il en était résulté qu'elle n'avait jamais trouvé la Serdaigle dans l'effervescence qui régnait sur le quai. Elle s'était mise sur la pointe des pieds, espérant vainement apercevoir la tête blonde de son amie. Joy avait même crié pour la retrouver, mais elle s'était arrêtée quand elle avait compris que tout le monde la dévisageait bizarrement. À regrets, elle avait du renoncer à faire le trajet avec elle. Au moins, elle avait su trouver Arthur !

Même si aucun scientifique ne semblait pouvoir le prouver, Joy était certaine que le temps se moquait des humains. N'avez-vous jamais remarqué qu'il s'obstine à s'écouler avec une lenteur exaspérante lorsque vous souhaitez qu'il passe rapidement ? Et, dans le cas contraire, il passe à une vitesse effroyable lorsque vous désirez profiter pleinement d'un long moment. C'était toujours comme ça. Aujourd'hui aussi, c'était comme ça. Joy pouvait presque entendre le son tranquille de l'horloge dans son esprit. « Tic, tac. Tic, tac. » Quand est-ce que ce fichu train allait donc se décider à arriver à destination ? Quand donc pourrait-elle sauter dans les bras de sa mère, étreindre son père, retrouver une complicité avec sa sœur ? L’engrenage sadique du temps ne voulait pas accélérer le processus. Elle soupira.

Plusieurs minutes après, enfin, enfin ! le train s'ébranla. Joy se sentit tellement excitée qu'elle poussa un cri de joie et sauta presque sur ses deux jambes. Elle fit un grand sourire à son ami et tous deux se précipitèrent hors de leur wagon, traînant leur lourde valise derrière eux. Lorsqu'ils descendirent du train, il fallut quelques secondes à la fillette pour qu'elle distingue les silhouettes des membres de sa famille parmi toute la masse de gens qui attendaient leurs enfants. Sans retenue, elle fonça dans les bras de sa sœur.


« V'LYNE ! »

« Jo' ! » répondit-elle, apparemment tout aussi ravie que la cadette.

Elle la serra longtemps dans ses bras maigrichons, puis en fit de même avec ses parents, un sourire jusqu'aux oreilles. À quelques mètres, Arthur avait également trouvé sa famille. Joy, qui semblait avoir perdu sa langue depuis ce matin, retrouva soudainement sa capacité à débiter quinze phrases à la seconde.

« Poudlard c'est trop, trop, trop bien ! J'arrive pas à croire que j'suis une sorcière, même si c'est déjà la fin de l'année ! Je vous ai tout raconté par hibou, mais j'ai encore trop de trucs à vous dire ! En plus l'autre jour je suis tombée sur une chauve-souris dans les sous-sols, j'ai eu hyper peur et j'ai lâché ma baguette, j'ai cru que j'allais la perdre ! Mais finalement je l'ai pas perdue. »

« Tu sais que tu peux respirer quand tu parles ? » questionna Evelyn avec un sourire amusé.

La fillette s'interrompit pour la dévisager béatement, toujours sur son petit nuage, dans l'euphorie des retrouvailles. Physiquement, sa soeur et elle n'avaient presque aucun point commun ; si Joy portait de longs cheveux blonds qui déferlaient sur ses épaules, Evelyn avait des cheveux noirs coupés courts, des yeux marrons indéchiffrables, un teint hâlé, un sourire discret. Joy lui sourit, puis elle se retourna pour désigner Arthur, qui était en compagnie d'une belle petite bande. Elle haussa les sourcils d'étonnement lorsqu'elle vit le ventre rond de la dame qui était très probablement sa mère. Pourquoi Arthur ne lui avait-il pas parlé de ça ?


« C'est mon ami, je vais vous le présenter ! Il s'appelle Arthur Grimms, j'vous en ai déjà parlé dans une lettre. Vous savez... » expliqua-t-elle en faisant de grands gestes inutiles. « ...c'est lui qui a lancé une espèce de tarte sorcière sur des gens, une fois. »

« Ah. » répondit Diana, la mère de la Serdaigle, une femme à l'allure faussement sévère. « Oui, je m'en souviens. »

Elle semblait sur le point d'ajouter quelque chose, mais elle se tut. Joy traîna les trois membres de sa famille vers ceux d'Arthur, qu'elle salua poliment. Elle offrit un sourire complice à son ami, avant de prendre la parole :

« P'pa, m'man, V'lyne, je vous présente Arthur et ses parents ! »

Puis, laissant les adultes se débrouiller entre eux pour les formalités, Joy se pencha à l'oreille de son camarade de Serpentard pour lui murmurer :

« Ta maman elle va avoir un bébé ? »

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

L'invasion des cigognes  PV 

Le chocolat resté collé sur les dents d'Arthur Grimms témoignait que la vendeuse de gourmandises venait de passer. Il rangea, décu, la carte chocogrenouille qu'il venait de découvrir. Ulric le Follingue, encore... C'était donc le septième exemplaire de cette carte en sa possession à présent. 
Dans un soupir las, il s'appuya contre le dos de la banquette, frémissante avec le passage du Poudlard Express sur ses voies de chemin de fer.
Installé ainsi, n'arrivant pas à s'endormir, sans être totalement bien réveillé, il observa Joy Wedenjack, son amie. Elle avait la tête posée contre la vitre, ses longs cheveux blonds se collant de plus en plus à elle, du fait de l’électricité statique. À cet instant, Arthur se demandait, non sans appréhension, s'ils allaient s'écrire pendant les vacances, et même s'ils seraient encore amis, à la rentrée. Il ne pouvait pas en être sûr. Il l'espérait, évidemment, mais son manque d'assurance le poussait à se poser la question, sans qu'il n'ose le faire à voix haute. L'avenir répondrait à sa question. Ou peut-être Joy, sans le savoir, car quand elle se retourna pour observer Arthur, ce dernier eut soudain le sentiment qu'ils n'étaient pas prêts de ne plus se parler, tous les deux. Il lui fit un sourire, avant d'observer le paysage à son tour.

Plus ils se rapprochaient de la gare, plus l'appréhension lui prenait le ventre. Arthur était partagé. Avait-il envie de rentrer chez lui ? Il ne saurait répondre. Il y avait un an de cela, nous avions un petit première année qui trépignait d'impatience, sur son siège, d'arriver à la gare. Ne plus aller à Poudlard pendant deux longs mois ? Le rêve, à l'époque ! Mais cette année, c'était différent. Étrange, car l'école n'avait pas changé. Non, c'était Arthur qui avait changé. Il s'était enfin investi, devenant membre de clubs, travaillant dans le journal de sa maison, s'intéressant à tout ce qui pouvait se passer dans les murs de Poudlard, et se liant d'amitié. Joy avait peut-être été l'élément prouvant au serpentard que c'était possible, de s'amuser dans cette école. Et de s'y attacher, à elle et à ses élèves et professeurs. Et en effet, ça lui faisait tout bizarre de partir loin pour plusieurs semaines maintenant. Il se surprenait à espérer que la rentrée arrive vite. Mais tout ça, sa mère lui avait déjà dit ! Elle lui avait promis, alors qu'il râlait et qu'il la suppliait de pouvoir rentrer chez lui, qu'il finirait par aimer être là-bas. Et une fois de plus, sa maman avait raison.
Et puis d'un autre côté, il avait hâte de retrouver sa famille. Sa grande famille ! Car Arthur n'avait pas que sa maman, loin de là. La famille Grimms était encombrante. Lorsqu'elle se déplaçait, c'était toujours tout entière. Le jeune sorcier était certain, une fois arrivé à la gare de Londres, d'y retrouver ses parents, ses deux sœurs, son frère et ses trois chiens. Et il en avait hâte ! Voilà pourquoi il était si partagé. Quand il se trouvait à Poudlard, il ne se passait pas une semaine sans qu'il leur écrive. Là-bas, sa famille n'était pas avec lui et elle lui manquait terriblement. Mais à présent, lorsqu'il serait chez lui et entouré de tout cet amour familial, c'est Poudlard qui allait créer un vide chez lui. Poudlard et Joy, surtout. On pouvait aussi compter les autres amis qu'il s'y était créé : Meilla, Wilson, Amaëlle, et d'autres encore que l'on ne pouvait qualifier d'amis mais dont Arthur aimait la compagnie... Et il y avait aussi Alyce Oran. Aaah Alyce, une grande histoire. Mais il se savait davantage lié à Joy. Elle lui manquerait plus que sa cavalière de bal, c'était certain. D'un autre côté, il avait passé plus de temps avec elle donc ce n'était pas très surprenant.

Pendant le trajet, Arthur aurait aimé discuter avec son amie, partager toutes ses appréhensions, mais il était prévenant. Il avait bien vu que ce jour peu banal mettait la serdaigle dans un état un peu nostalgique. Il ne voulait pas la déranger. Mais alors qu'il mettait à son tour sa tête contre la vitre dans l'espoir de s'assoupir un instant en dépit du manque de conversation, Joy prit parole.


« C'est long, j'en ai marre. »

Arthur redressa légèrement la tête, en souriant. Il lâcha un petit rire. Vous savez, celui que l'on fait quand on souffle un peu avec le nez. Puis il lui répondit.

« C'est clair. Tiens, tu veux une baguette à la réglisse ? »

S'en suivit une conversation qui dura jusqu'à l'heureuse arrivée du Poudlard Express. À peine le train avait-il freiné que les deux jeunes gens se firent un sourire qui voulait tout dire. Ils avaient tous les deux hâte de sauter du train et de retrouver leur famille. Alors dès que l'autorisation de sortir de l'engin fut donnée, les deux élèves sautèrent hors de leur cabine, bousculèrent deux ou trois autres passagers et descendirent du train comme si ce dernier était en feu, sans avoir oublier leur valise au passage.
Ce fut alors le moment des recherches. Où se cachaient les Grimms ? La colonie était pourtant bien visible d'habitude ! Stressé et extatique, Arthur regardait frénétiquement de tous les côtés. À sa gauche, il entendit Joy crier « V'LYNE ! » et serrer quelqu'un dans ses bras, sûrement sa sœur. Arthur comprit donc qu'elle avait trouvé sa famille, ce qui fut pour lui un coup de stress supplémentaire. Il savait qu'il allait les trouver, forcément. Mais il ne pouvait s'en persuader avant que ce ne fut le cas. Chose qui arriva rapidement, malgré ses craintes. Le premier Grimms qu'il vit fut sa grande sœur, Ava. En fait, c'est elle qui l'avait trouvé.


« Ah bah te voilà petit serpent ! » entendit-il, juste derrière lui.

Il se retourna vivement et ses yeux s'illuminèrent à la vue de sa sœur, cette personne qu'il admirait tant. Sans attendre, ils se prirent dans les bras l'un de l'autre. Comme d'habitude, Ava le soulevait un peu du sol, pour se m'occuper gentiment de sa petite taille, elle qui faisait exactement 1 mètre 81.
Quand ils se lâchèrent enfin, Ava appela le reste de la troupe d'un signe de la main. Et 6 des 7 autres membres de la famille arrivèrent à leur tour. Ce fut d'abord Sunset, le chien qu'Arthur préfèrait qui lui sauta dessus, témoignant son affection par une grande léchouille pleine de bave sur la joue. Dans un rire, Arthur le repoussa pour câliner ensuite Midnight et Sunrise, les deux autres animaux de la famille. S'en suivirent ensuite plein de câlinous à ses jumeaux de petit frère et petite sœur, Tom et Naala. Naala ne put d'ailleurs s'empêcher de commencer à râler :


« Pourquoi tu fais des câlins aux chiens avant de nous en faire à nous ? J'te fais la tête du coup ! »

Mais la petite fille ne put s'empêcher de refaire un nouveau câlin à son grand frère après ça. La boude n'avait pas duré bien longtemps.
Ce fut ensuite le tour du papa, Asgyr, qui enlaça son fils comme s'il ne l'avait pas vu depuis des mois (et en fait, c'était bien le cas). Il le couvrit de questions telles que : « ça va tes notes ? », « Tes profs sont gentils ? », « Alors, tu as une petite chérie ? » etc. Autant de questions gênantes auxquelles Arthur ne put répondre tant son père les posait vite. Tant mieux, d'ailleurs.
Mais dans tout ça, il manquait quelqu'un...


« Où est maman ? » Demanda-t-il, inquiet.
« Ne t'inquiète pas, elle est juste allée aux toilettes. Ah tiens, la voilà ! »

Plus qu'heureux de retrouver sa maman chérie, Arthur tourna la tête dans la direction indiquée par son père. Mais son sourire s'effaça bien vite lorsqu'il vit quelque chose qu'il ne s'attendait pas à voir. Sa mère marchait bizarrement et tenait son ventre comme s'il y avait un truc très important à l'intérieur. Et c'était le cas : elle était enceinte jusqu'aux yeux, la Satine Grimms !
Quand cette dernière arriva jusqu'au groupe, elle sourit tendrement à son fils, attendant sa réaction. Arthur avait les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Il regardait le ventre, il ne voyait que ça. Il ne comprenait pas pourquoi sa mère ne lui avait rien dit dans ses nombreuses lettres. Ni même pourquoi elle avait fait ça ! Ils étaient bien assez, non ? Visiblement, ses parents pensaient que non. Quand enfin le Serpentard leva les yeux vers ceux de Satine, il ne put prononcer que :


« Maman... »

Cette dernière, tout attendrie et visiblement fière de sa petite surprise, s'accroupit pour se retrouver à hauteur de son fils. Elle lui caressa les cheveux en lui expliquant.

« Oui mon cœur, tu vas être à nouveau grand frère. Je voulais te faire la surprise, c'est pour ça que je ne t'ai rien dit. J'espère que tu es content ! »

Face au regard plein d'amour de sa mère, et avec le bonheur de la retrouver enfin, Arthur se dit qu'il ne pouvait pas faire autrement que de prononcer un petit mensonge :

« Oui, très. »

La récompense de cela était visiblement un gros câlin. Accolade qui s'avéra néanmoins un peu compliquée par un obstacle de taille. C'était difficile de serrer convenablement sa maman quand cette dernière avait un ventre de trois kilomètres de diamètre.

Après ses joyeuses retrouvailles, Arthur vit Joy venir vers lui avec sa propre famille. Hallelujah ! Il allait avoir besoin de soutien face au choc qu'il venait de subir. Il la désigna avant de leur dire :


« Vous voyez la fille qui vient vers nous ? C'est Joy Wedenjack ! C'est ma super amie à Poudlard. J'vous en ai parlé dans mes lettres. »
« Ah oui, c'est ta fameuse associée de vente de patacitrouilles, c'est ça ? »
Demanda sa mère.
« Oui ! »
« J'parie que c'est ta p'tite chérie plutôt, nan ? »
L'enquiquina sa grande sœur Ava, qui n'eut comme réponse qu'un :
« La ferme ! » très rapide car Joy était bientôt près d'eux. Arthur ne souhaitait pas que sa famille l'embarrasse devant son amie avec ce genre de réflexions qui l'agaçaient profondément.

Il était heureux pour Joy qui avait l'air bien au milieu de sa propre tribu. Il ne put s'empêcher de se dire que ni sa sœur, ni sa mère ne lui ressemblaient, c'était marrant. La serdy salua les parents de son ami avant de le présenter.


« P'pa, m'man, V'lyne, je vous présente Arthur et ses parents ! » 

Ensuite, les adultes parlèrent ensemble. Les trois chiens ne pouvaient partir trop loin à cause des laisses que tenait Asgyr, ils se tenaient donc tranquillement assis, observant la foule passer, excepté Sunset qui ne cessait de sautiller tout autour du groupe. Tom et Naala jouaient tous les deux à celui qui arriveraient à sauter le plus haut possible. Et Ava et Evelyne faisaient connaissance de leur côté, elles semblaient bien s'entendre mais Arthur n'entendait pas ce qu'elles se disaient. De toute façon, il était avec Joy maintenant et allait pouvoir dire vraiment ce qu'il pensait.

« Ta maman elle va avoir un bébé ? » Lui demanda-t-elle.

La première réponse d'Arthur fut de lever ses yeux au ciel, indiquant déjà à Joy ce qu'il pensait de cette histoire. Puis vinrent les mots :


« Ouais, t'as vu ça ? Et j'le savais même pas ! Elle a rien dit dans ses lettres. Même ma sœur ! Ils ont tous gardé le secret. Ils voulaient me voir choqué à la gare comme ça ! Ils ont réussi leur coup, hein ? Mais franchement, j'suis un peu dégoûté là... En fait, j'sais pas trop comment réagir parc'que j'aime trop les jumeaux mais avec un autre bébé, ça va commencer à faire beaucoup là... Tu trouves pas ? Pis maman...Heu ma mère, elle sera encore plus occupée... »


Sans le vouloir, Arthur avait dévoilé ce qui le gênait le plus dans cette histoire. Avec un nouvel enfant, Satine aurait encore moins de temps à consacrer à son fils qu'elle ne voyait déjà pas beaucoup. Et compte tenu du ventre qu'elle arborait, il pointerait bientôt le bout de son nez, ce têtard. Mais bon, c'était comme ça. Il enchaîna :

« Et ta famille, ça va ? T'as pas subi de chocs psychologiques comme moi ? »

Il conclut sa phrase par un rire sincère. Inconsciemment, il appréhendait le moment où tout ce petit monde se dirait au revoir, cet instant où les Wedenjack partiraient d'un côté, et les Grimms, d'un autre. Il ne voulait pas que Joy le laisse seul face à cette famille qui était sur le point de s’agrandir encore, avec les préparatifs et toute l'organisation que ça demandait.

« Sinon... On a dit qu'on s'écrirait pendant les vacances ! T'oublieras pas hein ! Faudra que je te raconte comme ça se passe du coup ! »

Avant que Joy puisse répondre, Sunset avait réussi à se libérer de sa laisse et alla lui sauter ! Visiblement, la petite femelle aimait bien la jeune fille car elle lui laissa sur la joue presque autant de bave qu'à Arthur qui, devant ce spectacle, ne put s'empêcher d'éclater de rire.

Reducio
La tribu Grimms :

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~ magiclandthetopofthetop.tumblr.com ~
Take my smile, that's the only thing I have

L'invasion des cigognes  PV 

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DIANA WEDENJACK, NÉE ALLEN


La différence flagrante qui sonnait entre la famille Grimms et la famille Wedenjack était des plus éloquentes. Les uns, joyeux, bruyants, nombreux, à l'évidence très soudés, semblaient illuminer la gare tel un rayon du soleil qui se mourait sur les plages des côtes esseulées. La tribu, avec leurs trois chiens hyperactifs, ne passait pas inaperçue ; plusieurs passants leur jetaient des coups d’œil curieux, finalement souvent attendris face à l'amour qui semblait émaner des liens familiaux qui enlaçaient les membres de la famille des Grimms. Attachants, peut-être, pouvait être le mot qui convenait le mieux à l'impression globale qu'ils laissaient. De l'autre flanc, les quatre Wedenjack paraissaient si réservés qu'ils en semblaient presque tristes. Les manières bourgeoises de Diana Allen - résidus de son enfance stricte - ne jouaient probablement pas en leur faveur ; lèvres pincées, regard froid et perçant, voix qui ne se penchait que rarement vers l'amusement...

Le père Wedenjack, en revanche, un quadragénaire introverti, ne paraissait pas tant sérieux. S'il était loin d'être très bavard et enthousiaste, au moins ses lèvres se fendaient souvent en un sourire léger et rassurant. Evelyn, elle, pouvait avoir des airs de marginale si on ne s'attardait que sur ses mouvements toujours lents et prévenants, son physique qu'elle négligeait, son sourire un peu mystérieux ; si l'on ajoutait toutes ces caractéristiques à la solitude dont elle s'était éprise, il coulait de source que l'aînée des filles Wedenjack n'avait pas de quoi attirer les foules. Pourtant, Joy les aimait du fond du cœur, sans même se soucier des regards qu'on pouvait poser sur cette famille jugée très réservée. Ils étaient polis, courtois, ne se montraient pas ennuyés quand on leur parlait, faisaient des efforts pour s'intégrer et ne pas rester cloîtrés chez eux. En somme, si l'arc-en-ciel et ses milles couleurs ne semblaient pas émaner de l'ambiance familiale des Wedenjack, rien ne prouvait qu'ils étaient réellement tristes.

Joy, en compagnie du seul meilleur ami garçon qu'elle eut jamais eu, ne pouvait s'empêcher de détailler toutes ces personnes aux mœurs étranges qui se mélangeaient et discutaient avec une bonté qui, sans qu'elle n'identifie pourquoi, lui faisait plaisir. Elle laissait son regard inquisiteur glisser sur les membres de la famille Grimms, et remarqua l'adolescente - dont les traits lui rappelaient d'ailleurs légèrement Meilla Primard - qui était en train de discuter avec Evelyn. Ayant rarement vu sa sœur aussi engagée dans une conversation, la Serdaigle ne put s'empêcher de s'interroger sur le sujet de leur dialogue - à l'évidence palpitant.

Coupant cours à ses réflexions mentales, son ami lui fit part de ses peurs et de son appréhension quant à l'heureuse nouvelle que portait sa mère. Apparemment, la voir arriver avec un ventre bien rond qui ne pouvait augurer qu'une chose n'avait pas ravi Arthur. Joy ne savait pas trop comment le rassurer ; au fond, ses doutes étaient fondés. Un poupon, ça prenait toujours un temps considérable pour les parents. Finalement, la Serdaigle lui offrit un sourire qui se voulait rassurant avant d'arguer ;


« Ouais, j'comprends. Mais j'suis sûre qu'en vrai, ça va être trop cool, même si ta mère va forcément devoir s'occuper un peu d'lui. Dis-toi que tu pourras lui raconter plein de mensonges sur Poudlard ! Genre, tu pourras lui dire que nous, un jour, y'a un Gryffondor qui nous a trop cherchés et on lui a mis une patate ! Comme ça ton frangin ou ta frangine il va trop te respecter. » finit-elle avec un regard complice.

L'idée, si elle pouvait pourtant sembler fourbe, était prise très au sérieux dans la tête de la jeune fille blonde. Elle trouvait le stratagème plutôt intéressant. Elle se souvenait que quand elle était plus jeune, elle en avait presque été au stade de la vénération envers sa sœur, qui lui avait semblé être munie de toutes les qualités du monde. Après multiples affronts, en passant par les batailles de coussin effrénées le soir et aux échanges de jurons concluants, la vision des choses de Joy avait un peu changé.

« Et ta famille, ça va ? T'as pas subi de chocs psychologiques comme moi ? »

« Non. » sourit-elle. « Même si j'aimerais bien. Dommage qu'on puisse pas échanger les rôles. »

Le regard de son ami sembla s'éteindre une fraction de seconde, comme s'il était véritablement soucieux des vacances qui s'étendaient devant lui. Heureusement, son air morose eut vite fait de s'en courir ailleurs pour revenir sur un sujet moins tanguant.

« Sinon... On a dit qu'on s'écrirait pendant les vacances ! T'oublieras pas hein ! Faudra que je te raconte comme ça se passe du coup ! »

Elle s'apprêtait à lui affirmer qu'il n'avait pas à s'inquiéter, lorsqu'un chien affectueux laissa une énorme trace de bave sur son visage pâle, en collant au passage quelques-uns de ses cheveux blonds sur sa joue. Son ami éclata d'un rire sonore, mais Joy eut plutôt une moue révulsée.

« Erk ! » s'exclama-t-elle en attrapant sa manche pour essuyer sa joue mouillée. « Plein d'salive. Il est affectif, ton chien. Il s'appelle comment ? » demanda-t-elle, lorsque une fois remise de ses émotions, elle s'accroupit pour passer une main chatouilleuse entre ses deux oreilles. « Au fait, pour c'que tu venais d'me dire.. t'inquiète, j'vais te noyer de lettres. Et oublie pas les détails pour le bébé, j'veux tout savoir ! »

Avant qu'elle n'ait eu le temps demander à son ami si, selon lui, elle avait une chance de devenir la marraine du futur cadet des Grimms, Evelyn et sa vraisemblable nouvelle amie se tournèrent vers eux.

« Alors, les amoureux ! »

Joy décocha un regard intrigué à son ami, forma le mot « Alyce ? » sur ses lèvres, mais n'osa pas interrompre sa grande sœur, qui avait un gigantesque sourire accroché aux lèvres. Malgré son humour un brin trop intrusif au goût de la Serdaigle, celle-ci éprouvait une certaine affection pour l'adolescente. Elle la trouvait joviale et charismatique. Simple et sûrement très gentille.

« De quoi vous parliez, hein ? »

Ne sachant quoi répondre, la fillette se tourna vers Evelyn qui la fixait en arborant un sourire malicieux, apparemment nullement prête à prendre sa défense. Joy sentit ses joues s’empourprer face à l'évocation des sentiments amoureux. Elle n'était pas amoureuse d'Arthur - ni de personne d'autre d'ailleurs -, mais malgré ça, les adultes semblaient prendre un malin plaisir à penser le contraire.

« De Poudlard. » répondit-elle finalement, essayant timidement de dévier la conversation sur un sujet qui ne la dérangeait pas.

« Vous venez à peine de quitter votre école qu'elle vous manque déjà ? » s'exclama Evelyn, étonnée, en jetant un coup d’œil intrigué à la sœur d'Arthur qui hocha doucement la tête, comme pour affirmer que Poudlard ne pouvait que manquer à ses élèves férus de magie.

La grande sœur d'Arthur prit à nouveau la parole pour informer Joy qu'elle se prénommait Ava, et pour lui demander dans quelle maison elle était, en pariant qu'elle était dans la même maison qu'Arthur - apparemment, Joy aurait une « tête de Serpentard ». Celle-ci lui répondit, non sans un sourire amusé, qu'elle était en réalité à Serdaigle et qu'elle s'y plaisait bien. Tout en laissant son ami et Ava discuter entre eux, Joy décrit brièvement les autres maisons à sa sœur, qui ne connaissait que Serdaigle, puisque c'était la seule maison qu'elle avait maints fois mentionné dans ses lettres. Tout en lui détaillant le principe de ces séparations en quatre « groupes » distincts, Joy se fit la remarque qu'elle avait beaucoup de chance qu'Evelyn ne soit pas jalouse. À Poudlard, ses camarades Nés-Moldus lui avaient souvent raconté que leurs frères et sœurs les jalousaient de pouvoir faire de la magie et d'aller à une école comme celle-ci. Evelyn, elle, avait un but tout autre que celui de brandir des baguettes magiques ; réussir ses études de médecine. Elle était tant absorbée et fascinée par son objectif que Joy était presque sûre qu'elle aurait refusé d'aller à Poudlard, si elle avait eu le choix.

« Maman doit te dire un truc, Jo'. Vous voulez venir ? » demanda-t-elle à l'adresse d'Ava et d'Arthur.

Suivant sa sœur, non sans une once de curiosité, Joy retourna près des quatre parents qui étaient en train de parler d'un sujet sûrement trop compliqué à saisir pour elle. Ou du moins, trop compliqué pour qu'elle ne veuille saisir le sens de leurs propos - avec un peu de chance, ils parlaient de politique.

« Joy... » annonça-t-elle d'une voix chevrotante, un sourire doux aux lèvres. « Tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur. »

Abasourdie, la Serdaigle la regarda avec des yeux ronds. Se tourna pour regarder les deux cadets de la famille Grimms jouer entre eux, hurlant et riant avec une innocence attendrissante. Fixa Arthur, la bouche légèrement entrouverte. Replanta ses prunelles bleutées dans celles de sa mère et lança un ;

« Sérieux ? »

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

L'invasion des cigognes  PV 

C'était drôle de voir deux familles qui ne se connaissaient pas du tout à la base, se mélanger et discuter de tout et de rien au milieu d'une gare bondée. Les deux étaient liées par l'amitié de leur enfant de douze ans respectif, Joy et Arthur. Les Wedenjack et les Grimms, un drôle de patchwork pour des univers si décalés mais qui avaient l'air de s'entendre, finalement. Mais Arthur ne s'attardait finalement que peu sur les discussions engagées ou sur ces quelques personnes de l'entourage de Joy qui lui étaient inconnues. Non, en fait, il avait beaucoup de mal à détacher son regard du bidon tout rond de sa maman. La nouvelle lui paraissait d'autant plus mauvaise que l'arrivée d'un nouveau Grimms était visiblement pour très bientôt. Satine était tombée enceinte peu de temps après que son fils ne soit parti pour Poudlard pour la seconde fois. Connaissant les ennuis que celui-ci avait pour s'habituer au château et pour s'intégrer parmi le groupe d'élève qui y habitaient toute l'année, elle n'avait pas souhaité lui donner une autre source de tracas ou une nouvelle raison qui lui aurait donné encore plus envie de rentrer chez eux. Alors elle avait attendu de le revoir, de le serrer dans ses bras et de le rassurer de vive voix. Elle n'était pas naïve, la maman Grimms, elle savait bien que c'était dur à avaler pour son petit garçon. Ava était déjà grande et commençait à faire son propre nid ailleurs. Les jumeaux, eux, pouvaient se soutenir l'un et l'autre. Mais Arthur, il était finalement seul au milieu de tout ce monde. Alors elle savait qu'elle devrait être présente pour lui, même quand le bébé serait là. Après tout, c'était Arthur le plus sensible de ses enfants, même s'il ne le montrait pas toujours, elle le savait bien.

Heureusement pour lui, Joy était là et elle le rassurait du mieux qu'elle le pouvait.


« Ouais, j'comprends. Mais j'suis sûre qu'en vrai, ça va être trop cool, même si ta mère va forcément devoir s'occuper un peu d'lui. Dis-toi que tu pourras lui raconter plein de mensonges sur Poudlard ! Genre, tu pourras lui dire que nous, un jour, y'a un Gryffondor qui nous a trop cherchés et on lui a mis une patate ! Comme ça ton frangin ou ta frangine il va trop te respecter. »


Et ça marchait ! Elle parvint même à arracher un rire chez le Serpentard. Il lui répondit que c'était une super idée et se mit à se demander si ce n'était pas le stratagème qu'avait utilisé sa sœur quand elle lui racontait tous ses exploits datant de la période où elle-même étudiait à Poudlard. La chanceuse avait d'ailleurs atterri à Serdaigle ! Arthur s'empêcha, pour ne pas être trop dégoûté, de se demander ce qu'il se serait passer si lui-même avait été réparti dans la Maison de Rowena. Il aurait pu être avec Joy plus souvent et l'avoir connue dès la première année ! Mais les choses étant ce qu'elles étaient, il était un Serpentard, le premier de la famille.

Après cela, Joy lui avoua qu'elle aurait aimé être à sa place à ce moment-là. La folle ! Arthur lui fit de gros yeux comme pour lui dire « nan mais t'es sérieuse ? » et se moquer gentiment d'elle. Mais d'un autre côté, il la comprenait. D'après ce qu'il voyait, elle n'avait qu'une grande sœur. Arthur aimait bien sa grande famille (il n'avait cependant jamais imaginer qu'elle puisse devenir encore plus grande). Et être un grand frère face aux deux petits mioches, j'ai nommé Tom et Naala, il y avait quand même de quoi être fier. Il aimait bien le regard passionné qu'ils faisaient tous les deux quand il leur racontait ce qu'il faisait à Poudlard. Il avait d'ailleurs hâte de leur parler plus en détail de l'épisode de la patacitrouille dans le couloir pour les voir mourir de rire. Donc ouais, c'était quand même cool d'être grand frère et il était sûr que Joy serait une grande sœur génialissime.

Puis vint le chien.


« Erk ! Plein d'salive. Il est affectif, ton chien. Il s'appelle comment ? Au fait, pour c'que tu venais d'me dire.. t'inquiète, j'vais te noyer de lettres. Et oublie pas les détails pour le bébé, j'veux tout savoir ! » 

Tout en riant, Arthur réattacha Sunset de façon plus sûre à la laisse. Il lui fit également une petite caresse sur la tête comme pour le remercier du fou-rire. Une fois remis de ses émotions, il répondit à son amie.

« Promis, j'te dirai tout ! Il s'appelle Sunset ! J'sais pas si t'as vu, j'en ai deux autres. Le gros moche, c'est Sunrise et l'dernier, Midnight. »


Alors qu'il allait enchaîner les détails, plus ou moins intéressants, sur ses chiens, Arthur entendit derrière lui ces quelques mots qu'il redoutait un peu :

« Alors, les amoureux ! De quoi vous parliez, hein ? » 

C'était la grande sœur d'Arthur qui avait parlé. C'était très mature... Elle lui mettait la honte devant Joy sans remord... Il la reconnaissait bien là ! Surtout qu'il n'aimait pas ce genre de blagues parce que, et comme en ce moment, ça lui donnait une teinte pivoine ! En voyant Joy, il fut un peu rassuré, il n'était pas le seul. D'ailleurs, son amie murmura le nom d'Alyce. Arthur ne lui avait pas encore dit mais il n'était pas sûr d'être encore amoureux de cette dernière. Le bal où il l'avait invitée ne s'était pas passé comme il l'espérait et il avait été un peu refroidi. Mais c'était là un sujet d'un autre jour.
Quoi qu'il en soit, les adultes ne pouvaient pas s'en empêcher ! Chaque fois qu'une fille et un garçon avaient la mauvaise idée de bien s'entendre, les sous-entendus douteux, et vraiment bêtes selon Arthur, ne faisaient que s'enchaîner.
Joy ne trouva aucun secours chez sa propre grande sœur. Décidément, c'est toujours dans sa famille que se trouvent les traîtres, hein ?


« De Poudlard. » Arthur hocha la tête pour appuyer ces deux mots. Il fixa Ava avec un regard noir qui lui promettait que dès qu'ils seraient tous à la maison, il lui ferait payer ça !

« Vous venez à peine de quitter votre école qu'elle vous manque déjà ? » Dit à son tour l'aînée des Wedenjack. D'après Ava, c'était normal que Poudlard manque à n'importe quel élève. Oui, ça manquerait sûrement à Arthur très vite, mais le bonheur d'être en vacances n'étaient pas moindre chez des sorciers que chez des Moldus !
S'en suivit une conversation entre Joy et Ava où cette dernière lui demandait plein d'informations sur sa vie à Poudlard et qui elle était. Arthur failli mettre fin à cet interrogatoire en disant à sa sœur que ça suffisait comme ça mais il n'eut pas à le faire. Après qu'Evelyn ne se soit présentée à lui à son tour, Ava se tourna vers lui.


« Et toi alors ? Comment ça a été cette année ? Mieux qu'avant, d'après tes lettres, n'est-ce pas ? »

Arthur laissa cinq minutes Joy et Evelyn ensemble pour répondre à sa sœur. Il lui dit que oui, ça a été mieux que l'an passé et qu'il fallait juste qu'il s'habitue. Il lui parla ensuite de tout ce qu'il avait fait cette année, comme avec la pièce de théâtre, le journal de sa maison, son rôle de préfet qu'il avait déjà décrit plus que bien dans ses lettres etc. Ava était fière de son petit frère qui marchait désormais dans son sillage. En effet, elle-même avait été une excellente élève. La seule différence entre les deux était que la jeune fille avait également été titulaire dans l'équipe de Quidditch de sa Maison, et que c'était une très bonne joueuse à son époque ! Tandis que chez Arthur, la passion pour le Quidditch était très limitée.

« Sinon, elle est mignonne cette petite Joy ! Pourquoi c'est pas elle que tu as invitée au bal dont tu m'as parlé ? »

Alors qu'Arthur était sur le point de râler à n'en plus pouvoir sur son indiscrète de sœur aînée, il fut sauvé par Evelyn qui se rappela à leur attention.

« Vous voulez venir ? »

Ne sachant pas trop de quoi elle parlait, Arthur regarda Joy et comprit qu'il fallait retourner près des parents parce que ceux de sa pote avait quelque chose à lui dire. Et c'était pas un petit quelque chose !
La première fois qu'il avait vu la mère de Joy, il y avait de cela quelques minutes, Arthur l'avait trouvée un peu froide. Il s'était dit qu'elle devait être stricte chez eux. Mais maintenant, alors qu'elle s'apprêtait à dire quelque chose de vraisemblablement important à la Serdaigle, elle avait une lueur de bienfaisance sur le visage, comme une mine épanouie. Et finalement, il la trouva d'un coup très attachante.


« Joy... Tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur. »

Arthur fit de nouveau des yeux ronds et prit un air choqué, presque autant que lorsque sa mère lui avait annoncé la même chose. Joy semblait aussi surprise que lui, elle le regarde la bouche grande ouverte. Arthur avait toujours les yeux grands ouverts à cause de la surprise et fit un grand sourire à son amie. Pour lui, c'était une bonne nouvelle, et il y avait plusieurs raisons à cela : quelques instants plus tôt, la Serdaigle lui avait dit vouloir le même genre de nouvelles ; et puis maintenant, ils étaient deux dans le même bateau ! Tous les deux subiraient une nouvelle présence baveuse et criarde dans leur maisons et tous les deux auraient à assumer le statut si important, précieux et plein de responsabilités de « grand frère et grande sœur ». Au moins, ils auraient des choses à dire, dans leurs lettres !
Mais pour le moment, Joy ne trouva rien d'autre que :


« - Sérieux ? 
- Bah oui, c'est sérieux à ton avis ! Elle va pas te faire une blague comme ça ta maman ! »
Lui répondit instantanément Arthur. Avant d'ajouter, en se tournant vers sa maman : « Enfin...Je pense. 
- Oui, sérieusement. » Affirma-t-elle, un regard attendri sur sa fille.

D'ailleurs, Satine Grimms faisait exactement le même regard sur Arthur. Elles faisaient flipper toutes les deux, comme ça. Mais Arthur ne regardait que Joy. Il la prit par les épaules et sauta sur place en essayant de la réveiller tout en lui disant :


« Tu vas être grande sœur ! C'est pas c'que tu voulais ? C'est trop bien ! Grande sœur Joy ! Tu vas être trop géniale ! »

Les parents rigolaient entre eux devant cette coïncidence étrange et joyeuse. Et là, catastrophe : le père d'Arthur tenta l'humour...


« On ne vous l'a pas dit, mais le gouvernement nous a donné la mission secrète de repeupler la Terre ! » Et il partit dans un rire solitaire. Satine se plaça devant lui et mit fin à sa tentative ratée par un « oui, oui. » expéditif. Tenant son gros ventre, elle s'approcha des deux élèves de Poudlard pour leur dire :

« Vous pourrez vous soutenir l'un et l'autre ainsi. Dans quelques mois, vous aurez plein de choses à vous raconter. »

La mère de Joy acquiesça, quand elle remarqua quelque chose. Elle montra du doigt les jumeaux à Satine. Les gamins avaient tous les deux une baguette à la main et essayaient, sans y parvenir évidemment, de lancer des sorts (ils ne prononçaient pas bien et faisaient des gestes trop brusques et peu précis). Leur mère les somma de venir la voir dans l'immédiat. Ils arrivèrent en courant, avec leur bouille d'ange et faisant des grands sourires, cachant les baguettes derrière leur dos.

« Vous cachez quoi ? Montrez-moi ça tout de suite ! »

En bons gosses obéissants, Tom et Naala dévoilèrent en même temps la baguette qu'il avait chacun en main. Baguettes qui étaient inconnues aux yeux d'une Satine qui commençait à crier.

« - Vous avez trouvé ça où, je peux savoir ?! 
- Bah ça dépassait d'une poche... J'ai presque touché les fesses du monsieur en les prenant. »
Répondit Naala, dissimulant difficilement son sourire, tandis que Tom riait entre ses dents.
- Allez redonner ces baguettes à qui vous les avez prises, bande de petits voleurs ! Vous allez voir la fessée que vous allez recevoir à la maison ! Chéri, va les aider à retrouver le propriétaire, tu veux bien ? »

C'est ainsi que Asgyr et les jumeaux partirent en quête du sorcier à qui ils avaient volé les baguettes, dans un soupir exaspéré de Satine. Cette dernière se tourna vers la mère de Joy. Elle tenait son ventre d'une main et remit ses cheveux en arrière de l'autre tout en lui disant :

« Ils m'en font 15 par jour, des comme ça ! J'espère pour vous que vous n'attendez pas de jumeaux ! » Puis elle se mit à rire.

De leur côté, Evelyn et Ava semblaient discuter de leurs impressions quant au fait d'être de nouveau grande sœur. Ava, elle, était ravie. Elle souhaitait aussi une grande famille de son côté. D'ailleurs, elle annonça à Evelyn qu'elle allait bientôt emménager avec son chéri, chose que l'inconscient d'Arthur ne voulait pas entendre.
Il se tourna vers Joy et lui demanda :


« Alors ? T'es une future grande sœur maintenant ! Ça t'fait quoi ? »

Il avait un grand sourire aux lèvres car il était certain que Joy devait être ravie. Il n'avait pas trop fait attention à la bêtise de ses petits frères et sœurs. En effet, ils en faisaient souvent, c'était une habitude maintenant. Mais c'était aussi la raison pour laquelle le Serpy appréhendait sa cinquième année à Poudlard. Pourquoi ? Parce que quand il en serait là, les jumeaux auraient alors 11 ans. Et on sait tous ce que ça veut dire...

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L'invasion des cigognes  PV 

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STEPHAN WEDENJACK


Des « on-dit », des rumeurs, des charivaris inutiles, des tumultes erronés, des bobards, il y en avais tas, à propos de la maternité et de ce qui s'en accompagnait. Quand ta maman aura un nouvel enfant, celui-ci prendra ta place dans ta famille. Une fois le poupon né, tes parents porteront toute leur attention sur lui et te délaisseront afin de le gâter. Tu le détesteras, le bébé, parce qu'ils n'auront d'yeux que pour lui - et toi, tu seras sur le côté à tenter de capter l'attention par tous les moyens. Mais ce sont des sornettes ; si, effectivement, un lot de responsabilités ira de paire avec la naissance, ça ne veut pas dire que les autres enfants seront de trop. Les nourrissons, lorsqu'ils sont désirés par deux personnes responsables, sont avant tout un signe d'amour et de bonheur. C'est une famille qui s'agrandit, encore un petit peu, c'est une bouille pleine de vie qui apporte sa dose de joie, de problèmes, de convocations scolaires, d'histoires tantôt drôles, tantôt dramatiques. C'est tout, sauf l'oubli des ainés.

Voilà les pensées qui fourmillaient dans la tête de la jeune Écossaise, toujours éberluée et incapable de réagir autrement que par une bouche entrouverte et des yeux écarquillés suite à l'annonce qui lui avait été faite. Une foule de questions lui traversait l'esprit ; serait-ce une fille ou un garçon ? Ses parents avaient-ils déjà songé à un prénom ? Serait-il doué de magie, comme elle ? Qu'en pensait Evelyn ? Ce fut l'exclamation d'Arthur qui sortit la jeune fille de sa rêverie. Ses paupières papillonnèrent un instant, le temps qu'elle revienne sur Terre et prenne conscience que la réalité était là, se présentant inéluctablement à elle ; dans neuf mois, Joy ne détiendrait plus le titre de cadette Wedenjack.


« Bah oui, c'est sérieux à ton avis ! Elle va pas te faire une blague comme ça ta maman ! »

Diana confirma les dires d'Arthur avec attendrissement, comme si l'idée de souffrir à nouveau pendant neuf mois l'enchantait réellement. Elle semblait planer, confortée par la bienheureuse nouvelle, ancrée dans une félicité qui n'en finissait pas. Joy se demanda, un bref instant, quelle sensation cela produisait de porter la vie. De sentir la chair de sa chair en soi. Arthur, surexcité, lui attrapa les épaules et les secoua en hurlant :

« Tu vas être grande sœur ! C'est pas c'que tu voulais ? C'est trop bien ! Grande sœur Joy ! Tu vas être trop géniale ! »

Elle sourit et balbutia, se remettant doucement de ses émotions :

« Heu... ouais. Ouais. Chaud. Cool. Trop bizarre. Grande sœur... Trop bien ! » s'extasia-t-elle finalement, en une jolie gradation.

En d'autres circonstances, Evelyn l'aurait probablement taquinée en lui dispensant un mini-cours de langue ; « Alors.. » aurait-elle dit en prenant une voix autoritaire, « une phrase est généralement composée d'un sujet, d'un verbe et d'un compliment. Allez, ré-essaie, je suis sûre que tu peux y arriver ! » Hors, Evelyn ne pipa mot et se contenta de la regarder en réprimant un sourire amusé.

Les deux amis furent coupés par l'interruption du père d'Arthur qui, dans un élan de joie, fit une blague ; étant apparemment le seul à s'en amuser, il éclata d'un rire tonitruant sans plus se soucier de ne pas être accompagné dans le concert de rire qu'il avait entamé. Joy, voyant que la petite assemblée était mal à l'aise, dut se contenir pour ne pas laisser japper de rire nerveux qui aurait été la cerise. Sa femme s'empressa de changer e sujet en s'adressant à Arthur et à Joy, sur le ton de la confidence :


« Vous pourrez vous soutenir l'un et l'autre ainsi. Dans quelques mois, vous aurez plein de choses à vous raconter. »

Diana hocha imperceptiblement la tête, puis elle désigna les deux jeunes Grimms à Satine qui constata avec horreur que ses jumeaux étaient en possession de deux baguettes magiques. Ils les agitaient aléatoirement, babillaient des formules inconnues aux oreilles de Joy, semblaient fous de joie et ravis de s'amuser à jouer aux grands sorciers. L'Écossaise haussa les sourcils et, à la mine de Satine, sut qu'elle avait intérêt à dissimuler son amusement. La mère de famille les somma de s'approcher - ce qu'ils firent sagement, sans contester, apparemment pas encore conscients du courroux qui commençait à gagner leur mère.

« Bah ça dépassait d'une poche... J'ai presque touché les fesses du monsieur en les prenant. » expliqua Naala lorsque Satine lui eut demandé où ils avaient dégoté les baguettes.

Au comble de l'exaspération, Satine leur intima d'aller rendre les baguettes au pauvre monsieur qui s'était fait ratiboiser. Son mari les accompagna dans leur quête complexe et Joy ne put s'empêcher de se demander ce qui se passerait si ils ne retrouveraient pas le propriétaire. Existait-il un endroit où porter plainte lorsqu'on se faisait voler un objet magique ? La famille Grimms pourrait être dans un sacré pétrin, pour une histoire si bête. La fillette ne détacha pas ses yeux des jumeaux et de leur père jusqu'à ce qu'ils s'enfouissent dans le pandémonium du quai. Livrés à eux-mêmes et à la recherche d'un inconnu dont le seul homme responsable du trio ne connaissait même pas le visage.


« Ils m'en font 15 par jour, des comme ça ! J'espère pour vous que vous n'attendez pas de jumeaux ! » ria Satine.

Bien que cela ait été dit sur le ton de l'humour, Joy s'imagina aussitôt la situation se produire réellement. Passer d'une famille de deux enfants à quatre... voilà qui bouleversait ses repères. Leur cocon familial silencieux et calme serait agité de cris, de pleurs, d'aventures quotidiennes, d'une tonne de choses que l'aiglonne attendait avec impatience. Faisant fi de la discussion animée d'Ava et d'Evelyn, Arthur s'adressa à elle, tout sourire :


« Alors ? T'es une future grande sœur maintenant ! Ça t'fait quoi ? »

Elle n'eut pas besoin de réfléchir bien longtemps avant de lâcher, la mine réjouie :

« J'ai trop hâte ! Bon, j'ai encore un peu d'mal à réaliser, hein, mais j'ai trop hâte. Il va s'passer plein de nouveaux trucs, avec ça... Genre mon père, déjà, il va arrêter de parler de son boulot tout l'temps. Enfin... j'espère. Et j'ai du mal à imaginer la réaction de ma sœur face à un bébé. T'sais, elle est tout le temps renfermée et là, elle va sûrement s'occuper de lui ! J'arrive pas à me représenter cette situation. Déjà, rien que le fait qu'elle ait pas recalé ta sœur, c'est incroyable. J'dis pas ça méchamment, hein, c'est juste que d'habitude, moins elle parle et mieux elle se porte. Bref, cet été va être génial ! »

Arriva alors une chose qui fut une véritable épreuve pour la jeune Joy. Son père, habituellement en retrait et détestant parler pour ne rien dire, s'approcha des deux amis avec un visage qui en disait long sur ses intentions. Arborant toujours un air aussi strict et sérieux, il s'adressa à Arthur.

« Et bien, Arthur ! Si j'avais su que ma petite fille craquerait aussi vite sur un jeune garçon... J'espère que le coup des... »

Il sembla hésiter sur le mot et continua, légèrement hésitant.

« Des Pototoucitrouilles... ne s'est pas reproduit deux fois. Je ne veux pas que tu fasses prendre un mauvais chemin à Joy. Tu as l'air très gentil, cependant, je ne dis pas le contraire ! Quel âge tu as, déjà ? »

La fillette n'aurait jamais cru que son père aurait su se montrer si inutilement protecteur. Le fait qu'il puisse s'imaginer qu'il existait une quelconque relation amoureuse entre Arthur et elle la glaçait sur place. Elle détestait qu'on aborde sur ce sujet - d'autant plus quand son père était si diablement sérieux.

« P'pa, sérieux, t'abuses. »

Stephan faillit répondre mais Joy ajouta, alors qu'il avait la bouche ouverte :

« Laisse-nous tranquilles, on n'est même pas amoureux, de un ! Et de deux, y'a pas de deux ! »

Alertée par l'exclamation de la Serdaigle, qui avait élevé la voix pour que son père cesse de les importuner avec ses questions, Diana tourna la tête vers le petit groupe et haussa un sourcil. En voyant Joy qui tempêtait contre son père, elle n'eut pas besoin de plus pour comprendre la situation et porter secours à sa fille en masquant son amusement.

« Chéri, ne les ennuie pas... Tu sais bien que les jeunes détestent qu'on parle de sentiments. »

Joy gratifia sa mère d'un regard de remerciement et vit avec soulagement son père hausser très légèrement les épaules. Il s'éloigna ensuite des deux familles, entamant une marche esseulée dans le quai. La fillette savait qu'il détestait la foule ; il était agoraphobe. Son père, tout comme Evelyn et Diana, supportait très mal de devoir se montrer sociable très longtemps. Il préférait rester ancré dans sa solitude, se conforter dans la sécurité de leur petit confort familial. Peut-être qu'il avait souhaité déambuler dans le quai pour s'éviter les conversations auxquelles il n'arrivait pas à s'intégrer. L'aiglonne se sentit légèrement coupable d'avoir ainsi éloigné son père d'eux, alors qu'il faisait justement des efforts pour ne pas rester trop silencieux. Sa mère, cependant, ne s'en préoccupa pas et repartit dans sa conversation avec Satine.

« Désolée.. Pas très subtil, mon père. » dit-elle à l'adresse de son ami.

Elle jeta un regard circulaire autour d'elle. Quatre membres manquaient à l'appel ; Naala, Tom, Asgyr et Stephan. Ava et Evelyn parlaient toujours de trucs de grandes, Satine et Diana étaient plongées dans une discussion qui concernait la grossesse. Depuis quelques minutes, une envie titillait l'esprit de Joy. N'y tenant plus, elle se confia à Arthur dans une messe basse digne des plus grands agents secrets :


« Eh ! On demande pour pouvoir aider ton papa à retrouver le propriétaire des baguettes ? Ça pourrait être marrant. »

Avec un certain esprit enfantin qu'elle ne s'ignorait pas, Joy était complètement fan de ce genre d'initiatives. Partir dans une mission comme celle-ci, c'était digne des plus grands rêves d'aventures qui avaient bercé son enfance.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

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Quelques temps après l'annonce de sa mère, Joy fit partager à Arthur ses sentiments. Pour elle, ce bébé à venir était porteur d'espoirs, de changements. Elle avait sûrement raison. Et ça allait très certainement en être de même pour Arthur. Mais étrangement, il semblait bien moins enthousiasme que son amie. Cependant, le fait qu'elle vivrait la même chose que lui le rassura beaucoup. Il aurait quelqu'un à qui se confier quand ça n'irait pas. Même si Joy n'était pas sur le point de devenir grande sœur, il en aurait fait autant bien sûr, mais avec ça, les choses devenaient...meilleures ? Ces bébés, c'était une expérience partagée maintenant. C'était ça, la vraie bonne nouvelle pour Arthur.
Sa famille n'avait de cesse de s'agrandir, augmentant paradoxalement le sentiment de solitude chez Arthur. Mais maintenant, il ne serait plus seul, grâce à Joy, il pourrait parler à cœur ouvert à quelqu'un. Il pourrait lui dire que ce bébé était moche, bruyant, qu'il ne sentait pas très bon et qu'il était encombrant... sans subir de remontrances ! Avec ces perspectives à venir, le jeune garçon aux oreilles décollées avaient presque hâte que le têtard arrive ! Mais seulement presque.

Joy parla aussi de sa grande sœur. Elle ne savait pas trop comment Evelyn allait réagir. Arthur, lui, avait déjà une petite idée du comportement d'Ava. Il se souvenait un peu de ses réactions avec les jumeaux, il y avait quelques années de cela. Une vraie petite maman. Pas très attentionnée, bizarrement. Mais très organisée. Elle aimait prendre les choses en main et n'hésitait pas à s'en occuper, avec l'avis de sa mère ou pas. Ava avait un comportement plutôt autoritaire. Mais même si elle se débrouillait bien avec les nouveaux-nés et dans une maison en général, Arthur savait qu'elle n'était pas faite pour être mère au foyer plus tard. À ses yeux, Ava était une héroïne. Il la voyait présidente, ministre, chef d'entreprise ! Bref, il lui fallait un métier à la hauteur des qualités qu'elle avait aux yeux d'Arthur. Nul doute, donc, que cette ancienne Serdaigle serait parfaite avec l'imminent petit Grimms.

Après avoir écouté Joy sans réussir à retirer son sourire, Arthur vit le père de cette dernière se rapprocher d'eux, avec un air des plus sérieux, et donc, des moins rassurants.


« Et bien, Arthur ! Si j'avais su que ma petite fille craquerait aussi vite sur un jeune garçon... J'espère que le coup des... Des Pototoucitrouilles... ne s'est pas reproduit deux fois. Je ne veux pas que tu fasses prendre un mauvais chemin à Joy. Tu as l'air très gentil, cependant, je ne dis pas le contraire ! Quel âge tu as, déjà ? »

Le Serpentard n'eut même pas le réflexe de rire lorsque le père de son amie se trompât sur le mot ''patacitrouille'' tant il était à présent rouge pivoine. Décidément, l'amitié entre une fille et un garçon était bien difficile à assumer à la face du monde ! Sa sœur leur avait fait le même coup, au moment des retrouvailles. C'était gênant, très gênant. Néanmoins, le jeune garçon voulut tout de même prendre sur lui et répondre à la question de l'adulte sur son âge quand Joy prit la parole.

« P'pa, sérieux, t'abuses. Laisse-nous tranquilles, on n'est même pas amoureux, de un ! Et de deux, y'a pas de deux ! »

Arthur hocha la tête pour confirmer. La p'tite Joy se défendait plutôt bien ! C'est vrai, on ne parlait pas comme ça à son père normalement. Mais là, le jeune Grimms ne put que se dire qu'elle avait raison. Lui-même n'avait pas été des plus corrects lorsqu'Ava avait fait une réflexion du même genre.
Heureusement, après cela, la mère de Joy vint à leur secours.


« Chéri, ne les ennuie pas... Tu sais bien que les jeunes détestent qu'on parle de sentiments. » 

Sous-entendait-elle ici que des sentiments amoureux existaient entre les deux enfants mais qu'ils ne voulaient pas en parler ? Bah... De toute façon, eux savaient que ce n'était pas le cas ; et ça avait eut le mérite de stopper une conversation des plus gênantes avant même qu'elle ne commence. En effet, le père de la Serdaigle les laissa alors pour partir seul, vagabonder dans la gare. Il ne semblait pas très à l'aise. Était-ce le fait d'avoir été remballé ainsi par sa femme et sa fille ? Arthur s'en voulu un peu de ne pas avoir répondu à sa question du coup.

« Désolée.. Pas très subtil, mon père. »

Joy réveilla Arthur de ses réflexions intérieures.

« Oh... T'inquiète, j'connais ça. » Ava était surtout visée par cette réponse. Joy reprit aussitôt, un ton plus bas qu'avant.

« Eh ! On demande pour pouvoir aider ton papa à retrouver le propriétaire des baguettes ? Ça pourrait être marrant. »

Ça, c'était une super bonne idée ! Les yeux d'Arthur s'illuminèrent et son avis ne se fit pas attendre.

« Oh ouais ! En plus, il doit être en train de galérer là ! Il a b'soin de nous, c'est sûr ! »

En plus, ils n'avaient rien d'autre à faire ici. Les mamans discutaient de problèmes de femmes enceintes. En gros, de trucs dégueu' pour Arthur. Et les deux grandes sœurs blablataient aussi pas mal de leur côté. Donc comme les discussions qui duraient trois heures, c'était pas trop le délire d'Arthur, et pas celui de Joy non plus visiblement, ils n'avaient plus qu'à partir à l'aventure !
Oubliant de demander la permission, Joy et Arthur se tournèrent donc du côté par lequel le père, le frère et la sœur de ce dernier étaient partis. Les deux amis avaient à peine entamé leur quête que, déjà, Arthur sentit une main sur son épaule, le stoppant dans son élan. En se retournant, il vit Ava.


« Hé les p'tits ! Vous croyez aller où comme ça ? »

« Ça va, on va juste chercher papa ! Tu peux nous laisser s'te-plaît ? »

« Non Arthur, je suis désolée mais je ne vais pas vous laisser tout seul au milieu de cette foule. Vous êtes inconscients ! Vous n'avez pas vu le monde qu'il y a ? Et si vous vous perdez, hein ? »

« Mais on sait où vous êtes ! On va pas s'perdre... »

« Non, en effet, vous n'allez pas vous perdre parce qu'Evelyn et moi, on vient avec vous. Une fois que vous serez avec papa, on vous laissera. C'est comme ça. »


Arthur poussa un soupir agacé. Ava montrait là son caractère si autoritaire. Personne n'avait eu son mot à dire, elle avait pris la décision pour tous. Histoire de ne pas la faire râler un peu plus, son jeune frère ne répondit rien et se résigna à son sort qui était d'être sous la garde de la nounou Ava. Néanmoins, il fit un regard à Joy qui voulait dire quelque chose comme : « T'as vu ? Ma famille aussi n'est pas mal dans le genre. ».

Alors, tous les quatre avancèrent quelques temps sur le quai, au milieu des gens, des valises, du bruit et vapeurs de fumée, Arthur faisant le deuil d'une attitude d'espions tombée à l'eau. Personne ne dit un mot, l'attitude un peu sévère d'Ava avait réussi à jeter un froid sur l'assemblée. C'est pour ça qu'Arthur eut la frayeur de sa vie lorsqu'il entendit sa sœur crier d'un coup derrière lui :


« Ho ! Mais c'est Friendye ! Héééé ! Friendye ! Houhouuuuuuu ! »

Elle faisait des grands signes de la main et avait un sourire jusqu'aux oreilles. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre qu'elle venait de voir quelqu'un qu'elle connaissait, une certaine « Friendye » de toute évidence. De loin, Arthur parvint à l'apercevoir car elle faisait de grands signes également. Elle avait des longs cheveux noirs et un sourire aussi grand que celui de sa sœur. Elle avait l'air gentille, c'est tout ce qu'il parvint à remarquer. Ava se tourna vers Joy et lui.

« C'est une de mes amies, Friendye Knowledge. Elle était avec moi quand j'étais à Poudlard. C'était la préfète de Gryffondor. Je vais aller la voir, ok ? Arthur, t'arrivera bien à retrouver papa tout seul ! »


Elle se tourna ensuite vers Evelyn.

« Je vais vous présenter. Elle est géniale, tu vas voir. »

Une nouvelle fois, Ava prit les décisions pour tout le monde. La pauvre Evelyn n'avait pas le choix. Elles partirent toutes les deux en direction de l'ancienne préfète de Gryffondor, laissant les deux élèves actuels de Poudlard seuls au milieu de la foule. Arthur ne put s'empêcher de faire un commentaire sur le comportement de sa sœur à Joy.

« Ma sœur ferait pas une nounou terrible, hein ? »

Arthur se doutait bien qu'Ava devait paraître insupportable actuellement, mais il ne peut s'empêcher de la trouver amusante. Elle était naturelle, et elle semblait à l'aise partout et avec tout le monde. Il l'enviait et l'admirait pour ça. Et il l'appréciait d'autant plus que cette rencontre avait donc l'avantage de les laisser seuls tous les deux, à jouer aux agents secrets !
Un air de malice dans les yeux, Arthur prit plus ou moins la posture d'un espion – débutant – qui essayerait de se cacher lors d'une mission. Il avança à pas feutrés, essayant de faire rire son amie en se cachant derrière des grosses fesses de madames, ou s'agenouillant derrière des valises de voyageurs...

Au bout d'un long moment où les deux jeunes gens s'amusaient bien, ils virent au loin la houppette toute rousse d'Asgyr. Après un regard complice, ils se rapprochèrent donc de lui. Ils reconnurent alors les jumeaux qui avaient un air tout penaud et le père d'Arthur qui faisait des gestes lents et doux avec ses mains, comme s'il essayait de calmer quelqu'un. En se rapprochant encore un peu plus près, ils purent observer un homme qui avait l'air visiblement très en colère et qui criait sur le père d'Arthur. Le jeune Serpentard fit un regard un peu effrayé à Joy. Il n'aimait pas les inconnus qui criaient comme ça sur ses parents, même si ça n'arrivait pas souvent. Ce genre de situation pouvait vite dégénérer. Les baguettes volées étaient certainement la raison de cette confrontation, mais il n'y avait qu'un seul moyen d'en être sûr. Les deux élèves de Poudlard devaient s'avancer encore un peu vers le groupe...


Reducio
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L'invasion des cigognes  PV 

S'agissait-il de résidus d'une enfance placée sous le signe de la gaieté ou était-ce simplement de l'inconscience ? Difficile à dire, mais quelle qu'en soit la raison, Joy adorait jouer les espions expérimentés. Elle n'avait aucune expérience dans ce domaine - évidemment, elle n'avait que douze ans ! - mais elle aimait s'imaginer qu'elle avait vécu de longues années en tant que ninja. Elle adorait reproduire les mimiques des espions dans les films ; regarder successivement à droite puis à gauche, fusil contre la poitrine ; cagoule noire rabattue sur le visage ; utilisation de la langue des signes pour communiquer avec ses compères. Que de comportements qu'elle aurait immédiatement classés dans la catégorie « cool ». Si elle n'avait pas été une sorcière, elle aurait certainement voulu faire carrière dans la police. Elle n'avait pas encore conscience des risques du métier, n'y voyant que le côté « je sauve la veuve et l'orphelin ». Elle n'avait pas un milligramme de courage dans le sang, si bien qu'elle se serait dégonflée dès sa première confrontation à une situation dangereuse, mais soit.

La jeune Serdaigle avait eu un peu peur, lorsqu'elle avait révélé à Arthur son envie de partir à l'aventure. Son ami semblait vivre dans le même genre de rêve qu'elle, saupoudré de bêtises, d'aventures d'explorateurs, d'innocence. Joy n'avait pas été du genre à jouer aux barbies, quand elle était plus jeune, bien qu'elle ait été bercée parmi des dessins animés de princesses. Il y avait certains « trucs de filles » qu'elle aimait, d'autres moins, mais on pouvait en dire une chose ; mentalement, elle ne grandissait pas trop vite. Peut-être que dans un ou deux ans, elle subirait une prise de maturité conséquente et cesserait de nager en pleine imagination d'enfant. C'était inéluctable ; un jour ou l'autre, elle grandirait. Elle ferait des trucs de grand, ricanerait face à l'idiotie des gamins, tomberait amoureuse. Mais en ce jour, trente-et-un juin, King's Cross, rien de tout ça n'était encore arrivé et la jeune fille qu'elle était attendait le feu vert de son ami, avec une pointe d'appréhension.

Et il le lui donna. Un éclat vrilla dans ses yeux avant qu'il ne donne joyeusement son accord, en arguant que son père avait sûrement besoins des deux agents secrets géniaux qu'ils étaient. Ainsi, sans plus se soucier des discussions qui s'échangeaient autour d'eux, les deux amis s'en allèrent à la rencontre d'une nouvelle quête à accomplir dignement. Nul doute qu'ils étaient tous les deux animés par une quantité de bonnes intentions ; ils voulaient aider le père d'Arthur, rendre sa baguette magique à un pauvre monsieur désarmé, peut-être même parviendraient-ils à épargner quelques remontrances aux jumeaux, s'ils parvenaient à prendre leur défense. Et, alors qu'ils étaient partis vers l'exploration, les voilà promptement ramenés sur Terre.


« Hé les p'tits ! Vous croyez aller où comme ça ? »

Dixit Ava, la grande sœur aux yeux de lynx d'Arthur. Les deux amis furent coupés net dans leur envie de découvrir de nouveaux horizons. La main d'Ava s'était posée sur l'épaule du jeune Serpentard, l'empêchant de partir plus loin avant qu'elle n'ait obtenu de réponse à sa question. Joy se retourna en même temps que son complice et fixa la demoiselle de ses yeux bleus clairs.

S'ensuivit un débat entre frère et sœur, l'un déclamant qu'ils ne faisaient rien de mal et qu'ils ne pouvaient pas se perdre, l'autre expliquant que c'était trop dangereux et qu'elle ne pouvait pas laisser deux enfants déambuler sans surveillance. En fait, Joy était bel et bien du genre à se perdre dans la gare de King's Cross. Elle ne l'aurait jamais dit, évidemment, pour ne pas donner raison à Ava. Elle savait que la grande sœur d'Arthur avait raison et agissait comme le ferait tout jeune adulte raisonnable. Mais Joy était quand même déçue. Finalement, le verdict tomba.


« Non, en effet, vous n'allez pas vous perdre parce qu'Evelyn et moi, on vient avec vous. Une fois que vous serez avec papa, on vous laissera. C'est comme ça. »

Curieuse de connaître la réaction de sa sœur aînée, Joy jeta un coup d'œil à Evelyn qui suivit Ava sans rechigner. Eve n'avait pas l'air trop contrariée, du moins pas par l'attitude de sa potentielle nouvelle amie ; en revanche, elle affubla Joy d'un regard noir. Celle-ci haussa négligemment les épaules et se tourna vers Arthur, qui eut un regard éloquent. La Serdaigle lui répondit par un mime d'un bébé qui pleurait, faisant clairement comprendre à son ami qu'être maternée ainsi ne lui plaisait pas beaucoup. Un jour, son arrogance la perdrait.

L'ambiance de mission ultra secrète qu'aurait pu avoir cette escapade s'était évaporée. Pcrrt, pcrrt, la mission est un échec, je répète, la mission est un échec, « roger ». Le petit groupe avançait en silence, sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Joy échangeait quelques regards avec Arthur, mais elle n'osa piper mot, de peur de subir la colère des deux grandes sœurs. Cependant, la jeune blonde ne put s'empêcher de rire lorsque le visage de son ami se crispa sous la surprise, lorsque Ava s'écria :


« Ho ! Mais c'est Friendye ! Héééé ! Friendye ! Houhouuuuuuu ! »

Joy n'avait jamais, au grand jamais, entendu parler d'une « Friendye ». Un peu plus loin sur le quai, une jeune femme aux cheveux de jais et au grand sourire saluait Ava. La grande sœur d'Arthur, apparemment ravie, décida qu'Evelyn et elle iraient à la rencontre de cette Friendye, laissant les deux amis seuls. Joy était surprise de ce retournement de situation ; elle pensait qu'Ava était déterminée à ne pas les lâcher du regard. Mais elle s'était visiblement trompée, puisque l'ancienne Serdaigle s'en allait déjà avec Eve.

« Ma sœur ferait pas une nounou terrible, hein ?, demanda Arthur. »

Joy savait que c'était une question rhétorique, qu'il ne s'attendait pas réellement à entendre « non » ou « si ». Elle lui sourit avant de répondre :

« Elle est marrante. Et imprévisible. »

Et désormais, c'était comme si cet épisode avec Ava et Evelyn n'avait pas existé ; ils étaient seuls, au beau milieu de la gare, livré à la seule envie de retrouver le père d'Arthur et les jumeaux. Durant plusieurs minutes, ils imitèrent des ninjas dignes de ce nom. Arthur, par ses imitations grotesques, permit à Joy de partir dans un fou-rire incontrôlé. Elle avait vraiment rencontré un ami génial, à Poudlard ; il était sans gêne, s'amusait des mêmes choses que Joy, partageait ses bêtises avec gaieté ; en cet instant, elle était heureuse du moment qu'elle partageait avec lui. Quand, enfin, ils aperçurent le trio qu'ils cherchaent, ils interrompirent toute activité pour se concentrer sur la conversation virulente qui semblait avoir lieu.

Joy se tourna vers Arthur et lui retourna son regard craintif. Elle n'avait plus trop envie de s'approcher d'eux, tout à coup ; sa lâcheté avait refait surface. Cependant, elle savait qu'elle ne pouvait pas perdre la face devant son ami. Ils s'approchèrent donc du quatuor en pleine dispute ; Asgyr se démenait pour essayer de se défendre et les jumeaux semblaient beaucoup moins confiants. L'homme à la baguette volée était particulièrement mécontent de ce qu'il s'était passé, et il comptait bien le faire entendre à ces quelques membres des Grimms. Une fois qu'ils furent assez proches du petit groupe, Arthur et Joy purent entendre les propos de l'homme :


« ... UNE HONTE ! J'AURAIS PU PERDRE MA BAGUETTE MAGIQUE ! VOUS RENDEZ-VOUS COMPTE DE LA GRAVITÉ DE CET ACTE ? C'EST UN VOL ! »

Quelques passants jetaient des regards curieux dans leur direction. Ils semblaient intrigués, ce qui n'avait rien d'étonnant ; un tel conflit devait être inhabituel, sur les quais de cette gare. Les gens étaient habituellement civilisés et ne se mettaient pas à hausser le ton de cette façon. Mais l'homme n'en prenait pas compte, souhaitant apparemment hurler ses reproches à tout prix. Heureusement qu'ils étaient encore sur la voie 9 3/4 et qu'aucun Moldu ne pouvait entendre ce fou déblatérer des histoires de « baguette magique ». Les conséquences auraient été particulièrement graves, s'ils n'avaient pas été entourés que par des sorciers.

« Écoutez, monsieur, je suis navré, ça ne se reproduira plus, je..., tenta de se défendre le père d'Arthur. »

L'homme lui jeta un regard noir. Il était loin d'être calmé. Joy fronça les sourcils, consternée par cette tendance à vouloir faire persister le désaccord alors qu'Asgyr s'était excusé.

« J'ESPÈRE BIEN, QUE ÇA NE SE REPRODUIRA PLUS ! Vraiment, les éducations, de nos jours, c'est... »

Là, l'attitude apaisée du père d'Arthur partit en fumée. L'accusation de cet adulte névrosé sembla être la goutte d'eau. Il était probable qu'Asgyr n'ait pas apprécié qu'on s'en prenne aussi directement à ses enfants. D'un ton nettement plus froid, il répliqua :

« Vous n'avez pas à juger la façon dont j'éduque mes enfants, vous ne savez pas ce que... »

Naala et Tom semblaient regretter leur acte ; malgré leur jeune âge, ils pouvaient comprendre que c'était leur attitude qui avait causé cette mésentente. Joy entraîna Arthur près des jumeaux et tenta de les rassurer en s'accroupissant pour serrer la main du petit Tom. Le regard de Joy, glacé, était braqué vers l'homme qui continuait ses élucubrations. Si les yeux de la jeune fille avaient été des fusils, ils auraient tiré.

« Je m'en fiche !, coupa le monsieur en faisant de grands gestes exaspérés. Tout ce que je peux vous dire, c'est que... »

Et il était reparti dans un discours infernal, qu'il avait déjà du tenir une dizaine de fois. Naala tenta platement un petit « Pardon, monsieur », qu'il n'entendit même pas. C'en était trop. Joy était peut-être jeune, mais ce spectacle effarant l'avait énervée. Elle ne connaissait pas les membres de la famille d'Arthur, mais elle détestait qu'on s'en prenne à eux de cette façon. Elle échangea un regard entendu avec Arthur et intervint :

« Oui, bon, on vous a dit pa.. pardon... ça va, là... »

L'homme s'arrêta et se tourna vers elle, étonné.

« C'est qui, celle-là ? »

Personne ne lui répondit, si bien qu'avec un dernier mouvement de baguette menaçant vers Asgyr, il s'éloigna, avec ces dernières douces paroles :

« Si jamais ça arrive encore une fois..., marmonna-t-il dans sa barbe. »

Les prunelles de Joy devinrent encore un peu plus froides lorsqu'elle rétorqua pour elle-même :

« Oui, bon bah ça va, hein. On a compris. »

Quand il fut enfin parti, Joy se tourna vers Arthur et son regard devint plus doux. Elle lui fit les yeux ronds et siffla légèrement de façon à dire ; « il est complètement barré, ce bonhomme. » Elle se demandait comment se déroulerait le chemin du retour, et comment ils pourraient raconter cette altercation aux mamans restées là-bas.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

L'invasion des cigognes  PV 

Il était plutôt rare que le jeune Arthur Grimms ait honte de sa famille. Ça n'arrivait jamais en vérité. Et de sa grande sœur, encore moins ! Elle était si intelligente, si belle, si extra à ses yeux que jamais ô grand jamais il n'aurait pu éprouver quoi que ce soit d'autre que de la fierté à son égard. Sauf aujourd'hui. Lorsqu'elle les abandonna, son amie Joy et lui-même, pour aller retrouver une de ses copines, tout en entraînant Evelyn presque de force, après leur avoir fait la morale comme quoi ils étaient irresponsables... Il y avait de quoi rire. Et d'avoir honte, pour Arthur.

« Elle est marrante. Et imprévisible. » 

Joy était décidément trop gentille. Content de sa réaction qui était tout sauf négative, Arthur lui sourit avant de se mettre dans la peau du parfait petit espion. Il était à fond dans son rôle, se cachant derrière les gens, tâchant de ne pas faire dépasser ses oreilles au risque de se faire découvrir, se mettant parfois presque à plat ventre sur le sol à la propreté suspecte, parlant à sa coéquipière Joy dans un talkie-walkie invisible... Bref, il s'amusait bien quoi. Heureusement que Joy était là ! Qui osait dire que les filles ne savaient jouer qu'à la poupée ? Arthur s'éclatait aujourd'hui à faire le ninja aux côtés de la Serdaigle, et il était certain que ses amis garçons (moldus pour la plupart) ne le faisaient pas autant rire.
À vrai dire, il s'amusait tellement qu'il avait presque oublié leur but premier : retrouver son papa et les jumeaux ! Cette idée ne lui revint en mémoire que lorsque ses derniers firent leur apparition dans son champ de vision.

Malheureusement, le petit Grimms ne fut pas soulagé de les avoir retrouvés. En fait, ils avaient l'air en mauvaise posture. Curieux, Joy et lui-même se rapprochèrent histoire d'en savoir plus. Ils apprirent assez rapidement qu'Asgyr, Tom et Naala venaient de retrouver le propriétaire des baguettes.
L'homme en question était en train de hurler comme un poissonnier sur le père de la tribu Grimms. Arthur se sentit très mal de voir son papa se faire maltraiter ainsi. Il entendit des mots tels que « vol », « honte », « gravité de cet acte »... Bref, certains faisaient vraiment des tonnes de toutes petites choses de rien du tout. D'autant plus qu'il les avait retrouvées ses baguettes ! Arthur devenait de plus en plus rouge de colère. Sans compter que son père tentait de s'excuser, de s'expliquer aussi, mais rien à faire. L'homme en face ne voulait rien savoir, il cherchait le conflit et faisait tout pour l'avoir.
La discussion n'en finissait plus et n'avançait pourtant pas beaucoup. Arthur voyait son petit frère et sa petite sœur près de leur père. Ils avaient l'air très mal, eux aussi. Les pauvres. Ils faisaient des bêtises, d'accord, mais ils n'étaient pas méchants. Ils ne pensaient jamais à mal et ne méritaient pas ça. Naala glissa même un tout petit :


« Pardon, monsieur »

Mais une nouvelle fois : rien à faire. Ça ne changeait rien. Arthur, voyant sa petite sœur si triste, voyait rouge. Il était grand temps d'intervenir. Comme par réflexe, il se tourna vers Joy. En croisant son regard, Arthur comprit qu'elle pensait à la même chose que lui, et elle avait l'air aussi déterminée.
Alors, d'un seul et même élan, ils s'avancèrent et se placèrent dans le groupe de façon à pouvoir prendre pleinement part à la conversation.
Ce fut Joy qui s'engagea la première.


« Oui, bon, on vous a dit pa.. pardon... ça va, là... » 

L'homme se retourna vivement vers elle et la regarda d'un air qui glaça le sang d'Arthur, même s'il semblait plus étonné qu'énervé à cet instant précis. L'élève de Serpentard remarqua tout de même qu'il était grand ce monsieur, en fait.

« C'est qui, celle-là ? » 

*Celle qui va te botter les fesses !* Pensa Arthur. Malheureusement, il était moins courageux que Joy sur ce coup-là et il ne fit que penser ces paroles qui auraient, il en était certain, eu leur petit effet si elles avaient été prononcées à haute voix.
Lorsque le malotru fit un geste de sa baguette envers son père, Arthur sursauta par peur que quelque chose de terrible ne se produise ici et maintenant. Mais finalement, il put respirer. L'homme laissa enfin tomber cette histoire ridicule.


« Si jamais ça arrive encore une fois... »

Et ce fut Joy qui répondit une nouvelle fois, même si l'homme n'avait peut-être rien entendu, étant déjà en train de partir :

« Oui, bon bah ça va, hein. On a compris. » 

Arthur s'en voulut terriblement de n'avoir rien dit. Il avait été un couard. Il n'y avait pas d'autres mots. Voilà pourquoi il cru bon, à tort, de rajouter :

« Et ne reviens pas, gros naze ! »

Bien sûr, avant de le dire, il avait pris soin de vérifier que l'homme était trop loin pour entendre le moindre mot.

« N'en rajoute pas Arthur. » Intervint Asgyr, visiblement blasé de ce qu'il venait de vivre. Il soupira longuement avant de reprendre parole, observant les deux élèves actuels de Poudlard « Je crois que cet homme a bien besoin d'une grosse part de gâteau au chocolat, ça lui ferait du bien ! »

Cette dernière remarque eut pour effet de détendre un peu l'atmosphère. Arthur ria de bon cœur, soulagé de voir que cette désagréable rencontre n'avait pas touché son père plus que ça. Ce dernier observa alors les jumeaux. Tom était en train de pleurer derrière ses grosses lunettes et Naala n'était pas loin d'en faire autant, sans les lunettes. Asgyr posa sa main gauche sur la tête de Tom et la droite, sur celle de sa fille avant de leur dire, sourire aux lèvres.

« Qu'est-ce qu'on va faire de vous, petits bandits ? Allez, je vais vous acheter des chocogrenouilles, ça ira mieux après ! » Il secoua les têtes des deux gamins pour les faire rire, et ça marchait bien. « Tu aimes les chocogrenouilles, Joy ? J'imagine que tu fais la collection des cartes comme tous les élèves de Poudlard, non ? C'était comme ça à mon époque déjà ! Allez, retournons vers l'autre partie du groupe. Je vous en achèterai à la sortie de la gare, si on trouve un vendeur. »

C'est ainsi qu'Asgyr, Tom, Naala, Joy et Arthur retrouvèrent rapidement, et le sourire aux lèvres, Diana, Satine, Midnight, Sunrise et Sunset à l'endroit même où ils les avaient laissés. Stephan avait rejoint le groupe quelques minutes après, suivi de peu par Evelyn, Ava et Friendye. Cette dernière allait passer quelques jours chez les Grimms apparemment.
Tout le monde était là ! Heureusement que le groupe entier ne repartait pas ensemble sinon il aurait fallu louer un bus ! Arthur et Joy s'amusèrent de la situation, remarquant qu'ils étaient les éléments ayant réuni tout ce petit monde. Sans se séparer, tous repartirent en direction du mur qui séparait les sorciers des Moldus.

Et en peu de temps, le moment de se dire au revoir fut venu.

Dans un coin, on pouvait observer trois jeunes filles.


« Je suis contente de t'avoir rencontrée ! On se reverra peut-être un jour ! Sûrement d'ailleurs, vu comme Joy et Arthur ont l'air de bien s'entendre ! » Dit Ava à Evelyn.

Dans un autre, il y avait deux couples avec deux femmes enceintes, dont une chez qui ça se voyait un peu plus, ainsi que trois chiens bruyants.

« Bon, et bien je vous dis au revoir ! J'espère que votre grossesse se passera aussi bien que la mienne ! Croisez les doigts pour ne pas avoir de jumeaux ! » Dit en guise d'au revoir Satine à Diana. Les deux pères se contentèrent d'une poignée de main virile.

Et enfin, non loin de là, il y avait Joy et Arthur. Ce dernier fut soudain pris d'une grande tristesse à l'idée de ne pas voir son amie pendant deux longs mois. Il allait s'ennuyer sans elle et ce sentiment serait à coup sûr renforcé par le bon moment (malgré le bonhomme pas très sympa) qu'ils venaient de vivre. Arthur aurait eu envie de lui faire un gros câlin mais il se retint, sans trop savoir pourquoi. Peut-être par timidité, ou par peur que leurs proches interprètent mal ce qui ne serait qu'un geste d'une immense amitié. Mais si elle, elle voulait lui en faire un, il ne le refuserait pour rien au monde. Pour l'heure, il se contenta de dire :


« Bon, du coup... à dans deux mois ! J'espère que ça va aller chez toi et qu'on s'écrira ! Promets-moi qu'on s'écrira ! J'vais pas tenir sinon ! Surtout avec le nouveau bébé qui va empester toute la maison bientôt ! »

Sans Joy, sans Poudlard, avec tout ce bruit et avec ce nouvel événement soi-disant heureux, Arthur prit conscience que cet été allait certainement être très, très long.

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L'invasion des cigognes  PV 

Joy Wedenjack était du genre à être très imprévisible concernant la « maîtrise de soi ». Parfois, elle savait contenir sa fureur et se montrer patiente, représentant dignement sa maison aux valeurs calmes et douces. D'autres fois, cependant, il lui arrivait de monter sur ses grands chevaux et de s'énerver très rapidement. Elle n'avait ni un tempérament très calme, ni un tempérament explosif ; elle se maîtrisait le lundi et devenait excessivement colérique le mardi. À n'y rien comprendre ! Et pourtant, ce comportement n'était pas dénué de tout sens logique. Les réactions des gens ne pouvaient pas être toujours identiques, parce qu'on ne naît pas avec l'aptitude de rester impatient toute sa vie. Une personne désintéressée ne le sera pas toujours ; ce n'est pas en croyant connaître le caractère de quelqu'un que vous pourrez prédire son comportement à la perfection. C'est ce qui fait que l'être humain peut être surprenant. Il y a toute une série de paramètres qui entrent en compte dans les agissements d'une personne ; et ce jour-là, Joy avait été particulièrement sensible à l'agressivité d'un homme bourru et impoli. Ses grands airs l'avaient vite exaspérée, et un sifflement réprobateur s'était échappé de ses lèvres. Elle n'avait pas regretté d'avoir pris la défense de la famille d'Arthur, mais elle avait tout de même eu une sacrée frousse ; elle aurait pu chèrement payer son effronterie, si ce goguenard s'était emporté et s'en était pris à elle.

Heureusement, il n'avait rien fait et s'en était juste allé avec le semblant de dignité qu'il lui restait. Les yeux de Joy, qui lançaient des éclairs, ne le quittèrent pas jusqu'à ce qu'il soit hors de sa vue. Elle se tourna ensuite vers son ami, qui, après s'être assuré qu'il ne pouvait plus l'entendre, lui lança une pique. Joy eut un sourire amusé en constatant qu'Arthur se protégeait de tout potentiel risque. D'un ton las, Asgyr prit la parole, ce qui rassura la petite troupe ; la virulence de l'inconnu ne semblait pas l'avoir heurté mentalement. Il embraya sur un sujet plus léger : les Chocogrenouilles, et l'ambiance redevint moins tendue. Joy admirait les personnes qui savaient détendre l'atmosphère sans instaurer de malaise, et visiblement, le père d'Arthur était pourvu de ce don. L'altercation fut bien vite rangée loin dans tous les esprits et n'était désormais plus qu'un vague souvenir.


« Tu aimes les chocogrenouilles, Joy ? J'imagine que tu fais la collection des cartes comme tous les élèves de Poudlard, non ? C'était comme ça à mon époque déjà ! »

Asgyr avait visé juste ; effectivement, Joy était férue de Chocogrenouilles, et plus particulièrement des cartes. Manger était éphémère, et bien qu'elle appréciât le goût du chocolat dans sa bouche, ça ne valait pas la joie de trouver une carte que l'on ne possédait pas encore. Les collections étaient obsessionnelles mais Joy ne pouvait pas s'en défaire ; elle voulait devenir la meilleure collectionneuse de cartes Chocogrenouilles de tous les temps ! Elle espérait simplement que ça payait bien.

« Oui, répondit-elle en souriant. Faire la collection, c'est carrément un principe incontournable ! »

Le papa d'Arthur leur promit ensuite de leur acheter quelques friandises s'ils trouvaient un vendeur et le sourire de Joy s'élargit. Ses parents, puisqu'ils étaient Moldus, n'auraient jamais pu lui faire une telle offre. La jeune fille savait qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps pour s'empiffrer de Chocogrenouilles, puisque ces chocolats ne se vendaient pas chez les Moldus. Elle avait pris soin d'emmener une petite réserve dans sa valise, mais elle savait qu'elle aurait vite fait de l'épuiser.

Le trajet du retour se déroula dans la bonne humeur, les rires et les discussions à propos des vacances. Joy, elle, songeait qu'elle ne verrait plus Arthur pendant deux longs mois, ce qui eut pour effet de l'attrister. Elle chassa ces mauvaises pensées de son esprit pour pouvoir se concentrer sur la joie actuelle qui émanait du petit groupe avec lequel elle se baladait. Elle se sentait légèrement intimidée, puisque aucun membre de sa famille n'était avec elle ; cependant, ils eurent vite fait de retrouver le reste de la troupe et cette sensation s'envola aussitôt.

Plusieurs petits groupes s'étaient formés, ce qui amusa profondément Arthur et Joy. Sans eux, aucun des duos ou trios qui s'étaient formés ne se connaîtraient ! Ava et Evelyn semblaient bien s'entendre, pour le plus grand bonheur de la jeune Wedenjack qui savait que habituellement, sa grande sœur avait du mal à tisser des liens. Elle n'arrivait pas à comprendre comment Ava avait procédé pour la décoincer mais Joy ne pouvait que saluer un tel exploit. À quelques mètres, Satine et Diana continuaient, inlassablement, à parler de la grossesse. Aucune d'elle ne semblait avoir envie de lâcher le sujet et Joy s'amusa de voir sa mère aussi bavarde. Les enfants faisaient des miracles. La jeune Serdaigle se tourna vers son ami, tentant difficilement de cacher l'émotion qui l'envahissait à l'idée de ne plus le voir durant des semaines.


« Bon, du coup... à dans deux mois ! J'espère que ça va aller chez toi et qu'on s'écrira ! Promets-moi qu'on s'écrira ! J'vais pas tenir sinon ! Surtout avec le nouveau bébé qui va empester toute la maison bientôt ! »

Joy rit légèrement à l'allusion du bébé, dont Arthur ne semblait décidément pas désirer la venue immédiate. Le cœur lourd, l'Écossaise répondit à son meilleur ami :

« C'est promis. J't'écrirai plein d'lettres, tellement que tu vas crouler sous leur poids ! »

Puis, le moment tant redouté arriva et ils durent se séparer. Tandis que sa famille l'obligeait à se diriger dans le chemin opposé que celui qu'empruntaient les Grimms, Joy soupira faiblement. King's Cross était définitivement une gare magique.

~ RPG TERMINÉ


Reducio
Ooooh ! Que d'émotions, mon premier RPG ++ est terminé. :P Merci d'avoir partagé ce RPG avec moi, c'était super !

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.