Bureau du concierge

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Une mission de sauvetage pour parchemins  Libre 

Amaëlle connaissait très bien le règlement intérieur de Poudlard, d'autant plus depuis qu'elle devait veiller à son application. Elle ne le connaissait pas par cœur bien évidemment, dans la mesure où elle ne savait le réciter mots à mots, néanmoins elle en connaissait le contenu, et c'était bien suffisant pour savoir qu'elle était indéniablement en effraction.
Intérieurement elle se jura de ne plus jamais jouer aux cartes avec les quatrièmes années, ces filles étaient sadiques, et elle ne voulait pas mourir si jeune. C'était un jeu tout ce qui paraissait d'innocent, un simple jeu de carte sorcier qui se jouait à huit et où il y avait deux gagnants, un jeu où elle avait été invitée puisque les participants n'étaient pas assez nombreux. Puisqu'elle n'avait rien à faire de particulier elle avait accepté, seulement ça n'était pas tout : au début du jeu chacun écrivait un gage sur un bout de parchemin et le mettait dans une urne et tous les perdants devaient en piocher un à la fin du jeu. Quand elle avait lu le sien (puisqu'elle avait effectivement perdu) Amaëlle n'avait pu s'empêcher d'afficher sa surprise : elle devait devenir l'elfe de maison de quelqu'un pour deux jours ! Mais cela aurait pu être moins grave si elle n'était pas tombée sur Elle, qui la regardait avec un air dangereusement malicieux.

Désormais la préfète avait une liste de tâche longue comme le bras et elle ne se sentait pas capable de la finir à temps, surtout que c'était souvent des missions impossibles (ou plutôt des missions suicide). La liste allait en effet de ''faire mon lit le matin'' à ''s'introduire dans le bureau de Miss Grayce pour trouver sa cachette de chocogrenouilles'' (ce qu'elle doutait sincèrement de trouver à cet endroit), actuellement elle en était à ''retrouver le tas de parchemins invisibles que je me suis fait confisquer par Rusard la semaine dernière''. Si Amaëlle avait pu donner son avis elle lui aurait bien dit qu'elle n'était pas très maligne d'avoir réussi à se faire confisquer une chose invisible mais elle n'avait pas son mot à dire. *N'empêche, je me demande à quoi peuvent bien servir ces parchemins… faudra que je demande à Tessa, elle est bien plus douée que moi dans ce qui est d'élaborer des farces...*

Le bureau de Rusard était affreux : Amaëlle ne savait pas qui était responsable de cette attribution mais ça n'était sans doute pas quelqu'un le portant dans son cœur. Toute petite, miteuse, les murs s'effritant, on lui aurait dit que la pièce servait autrefois de local à balai ou de pièce de cachot de torture psychologique elle l'aurait cru. Avisant la pièce dans son ensemble Amaëlle put apercevoir les menottes et autres objets de torture que Rusard utilisait effectivement comme moyen de torture psychologique mais aurait sans doute voulu utiliser pour d'autres formes de torture, deux grands placards dans lequel elle trouverait sans doute ce qu'elle cherchait et quelques outils de ménage. Si jamais Rusard arrivait elle pourrait peut-être essayer de faire illusion en disant « Oh bonjour Monsieur Rusard ! Je voulais vous faire une surprise mais…je nettoie un peu votre bureau pour fêter ce… cette belle semaine ! ». Hum… sans doute cela ne fonctionnerait pas : elle avait beau être gentille avec Rusard, il restait Rusard et il avait l’œil pour repérer les infractions, sa petite bouille de gamine innocente ne fonctionnerait pas avec lui.

Mais passons, la Serpentard n'avait pas tant de temps à perdre en élucubrations inutiles : il fallait qu'elle trouve une idée pour trouver les parchemins invisibles. Elle venait de sortir sa baguette pour ouvrir les placard magiquement que soudain quelque chose perturba ses plans : quelqu'un approchait.


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Même le plus petit serpent a du venin (si si)

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S'il y avait bien une chose que Joy détestait plus que encore que les punitions ou faire des bêtises, c'était bien de s'ennuyer. On ne dirait pas au premier abord, mais elle avait besoin d'être sans cesse occupée, d'avoir quelque chose à faire, sinon elle se sentait inutile. Alors voilà, le fait terrible et inéluctable était là, sous ses yeux ; en ce Samedi après-midi, elle s'ennuyait comme un rat mort. Et, croyez-le ou non, un rat mort ça s'ennuyait beaucoup.

Bon, il fallait avouer que s'ennuyer dans un endroit comme Poudlard, ça paraissait impossible. Quand on vivait dans un château rempli d'élèves aux idées plus farfelues les unes que les autres, où régnaient magie et désordre, où les concours les plus bizarres qui soient s'enchaînaient et où on trouvait toujours des gens enclins à vivre avec vous les aventures les plus extraordinaires. Alors c'est vrai qu'avec tout ça, il y avait de quoi faire. Mais le problème majeur, c'était que Joy était une gamine relativement peureuse, pas vraiment extravagante, et que ces histoires d'aventures délirantes la repoussaient plus qu'autre chose. Alors elle évitait de jouer au Quidditch, de s'inclure dans tout groupe un peu suspect, et elle se contentait de passer son temps à lire et à étudier dans sa Salle Commune.

Mais cette époque macabre était désormais révolue ! Joy, aussi sage et innocente qu'elle soit, allait tenter quelque chose de spectaculaire, quelque chose qui la ferait enfin se démarquer du lot ! Elle ne savait pas encore quoi exactement, mais elle trouverait bien. Ainsi donc, ça faisait dix minutes qu'elle errait dans les couloirs de Poudlard en espérant trouver quelque chose à faire. Sa chevelure blonde flottait allègrement derrière elle tandis qu'elle jetait des regards par ci par là, tentant désespérément d'apercevoir un indice qui la mènerait dans une quête où elle vaincrait dragons, détraqueurs, trolls, et que sais-je encore..

Bien sûr, il était indéniable que l'imagination de Joy était parfois un peu trop débordante, mais elle ne considérait pas vraiment ça comme un défaut. Quoi qu'il en soit, il fallait croire que les miracles existaient, puisque la petite, qui commençait sérieusement à perdre espoir, entendit un bruit furtif à quelques mètres de là où elle se trouvait. Elle s'arrêta net de marcher et tendit l'oreille attentivement. Effectivement, il y avait bien quelqu'un — ou quelque chose, qui sait ? — qui faisait du bruit à quelques pas d'elle. L'aiglonne se dirigea donc vers le bureau du concierge, d'où le son semblait provenir, sentant son excitation monter d'un cran. Enfin !

Cependant, la nature prudente de la Serdaigle semblait revenir au galop. Était-ce vraiment de sa trempe d'entrer par effraction dans le bureau de Rusard ? Et puis, pourquoi avait-elle pensé que c'était un élève qui était dans ce bureau ? C'était improbable, il y avait de fortes chances pour que ce soit le concierge lui-même qui soit à l'intérieur. Alors quoi ? Elle allait tout laisser tomber, malgré sa soif d'aventure, alors que l'occasion parfaite de s'amuser se trouvait peut-être à moins de dix mètres d'elle ? Non, hors de question. Mais hors de question également d'entrer dans le bureau de Rusard alors qu'il était peut-être à l'intérieur.

Finalement, après quelques secondes de réflexion, Joy n'eut trouvé aucun plan meilleur que celui de passer sa tête le plus discrètement possible pour espérer entrevoir quelle était la personne qui faisait du bruit. Elle s'approcha donc lentement de la pièce vétuste, et pencha légèrement sa tête pour jeter un coup d’œil rapide à l'intérieur. Et là, à sa plus grande surprise, elle découvrit une fillette aux cheveux noirs qui ne semblait pas très rassurée. Il n'était pas difficile de comprendre qu'elle avait entendu Joy arriver et qu'elle avait eu peur que ce soit Rusard. Après un cours instant d'hésitation, la petite blonde prit la parole.


« Heu.. Salut. Qu'est-ce que tu fais là ? » questionna-t-elle en plongeant son regard dans les iris vertes de l'autre fillette.

Joy ne savait pas trop si l'intonation qu'elle avait mis dans sa voix donnait plus l'impression d'être réprobatrice ou de lui proposer son l'aide, mais elle espérait que sa camarade — de Serpentard, à en juger par l'écusson cousu sur sa robe — avait compris qu'il s'agissait de la deuxième option.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

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Les pas se rapprochaient. Et ils se rapprochaient dangereusement.
Le cœur s'affolant Amaëlle se demanda si elle pouvait réellement s'emparer d'un balai et faire semblant de nettoyer la pièce. Sûrement pas… de toute façon même si Rusard croyait à son histoire de bonne action il lui filerait une retenue pour infraction au règlement par frustration d'avoir loupé tous les autres de la journées à cause de son pas lourd et de sa démarche clopinante qui le ralentissait. D'ailleurs parlons en de ce pas lourd : si Amaëlle avait été moins paniquée sur l'hypothèse que Rusard ne la trouve et ne l'emmène par le bout des oreilles dans le bureau de Miss Loewy -Miss Loewy qui serait sans doute très peu ravie et parlerais à son DDM, signant par la même la fin de son préfectorat – elle aurait eu la présence d'esprit d'écouter mieux ce qui approchait, et ce serait rendu aisément compte que le pas léger qui approchait n'avait rien de celui du concierge. Quoique c'était encore à nuancer… si ça se trouvait le vieil homme était amoureux… ou heureux parce qu'il venait d'attraper une brochettes d'élèves qu'il mettrait à flamber, euh pardon… à travailler. Et il serait sans doute ravi de la rajouter à sa petite brochette d'ailleurs. Pouvait-on amadouer le concierge avec des plumes en sucre ? Ça marchait bien sur les Gryffondors butés… C'était à méditer. D'ailleurs dans quelle maison aurait été le concierge ? Mais elle n'eut pas le temps de prouver par a plus b que le concierge aurait sans doute été à Gryffondor, ce qui était encore plus dangereux pour elle, que déjà la porte se poussait et s'ouvrait sur la tête d'une petite blonde. Petite blonde qui avait failli lui faire faire une crise cardiaque mais qui finalement était hautement préférable au très cher Argus Rusard, propriétaire du petit taudis qu'était la pièce.
Cette dernière n'avait pas l'air méchante d'ailleurs, elle semblait juste surprise. Et plongeant ses yeux dans les siens elle n'avait fait que lui demander :


« Heu.. Salut. Qu'est-ce que tu fais là ? »

C'était une bonne question soit dit en passant. En effet que pouvais donc bien faire Amaëlle ici ? On se demandait bien… Remercions-en cette fichue Kate-la-sadique qui était esclavagiste dans l'âme. A quatorze ans. Oui. Après tout on trouvait bien des tortionnaires en première année dans cette école. Mais bon… finalement tout le monde avait un cœur. Il fallait juste chercher. Quoiqu'elle n'était pas sûre d'avoir tout de suite le courage de chercher celui de Kate. Serpy ou non. Parce qu'à cause d'elle elle se retrouvait pétrifiée et les mains moites dans un bureau miteux, triste et lugubre, à regarder fixement une probable première année qui se demandait innocemment ce que faisait une préfète dans le bureau de Rusard et à qui elle n'osait pas répondre qu'elle jouait à l'elfe de maison d'une mauvaise élève pas bien fine qui arrive à se faire confisquer des choses invisibles par un cracmol.
Mais la petite n'avait vraiment pas l'air méchante. Avec un peu de chance elle pourrait l'aider… et puis si elle lui expliquait il y avait moins de chance qu'elle rapporte l’événement à des oreilles dangereusement indiscrètes si ? Dangereuses pour le poste de préfète d'Amaëlle.


« Je… je cherche un truc... » Puis après ces quelques mots hésitants elle poussa un profond soupir et se lança « En fait j'ai perdu à un jeu avec des quatrièmes années… et je suis sous menace de représailles enchantées si je ne me soumets pas aux ordres d'une fille de ma maison pendant deux jours… Autrement dit elle me prend pour un elfe de maison en 1990 qui n'est pas encore un sans culotte aux longues oreilles. »

Sur cette dernière allusion la petite fille allait sans doute rester septique… à vrai dire à moins que Melpomène ait parlé en salle commune (car le fillette était de Serdaigle apparemment) il n'y avait que peu de chance qu'elle comprenne. Mais soit, passons. Elle avait encore du travail : parce que si la blondinette ressemblait à tout sauf à Rusard, ce dernier allait finir arriver tout de même. Aussi se retourna t-elle vers l'armoire qu'elle visait au préalable et lança un Alohomora – ce sortilège si pratique – sur le meuble qui s'ouvrit en grinçant. Fronçant les yeux devant le bazard que contenait cette boîte de bois, et le nez devant la poussière qui en sortit, elle allait commencer à chercher lorsqu'elle se rappela que dans cette histoire elle n'avait pas fait preuve de beaucoup de politesse. Aussi se détourna t-elle quelques seconde de l'objet de ses attentions pour replonger dans les yeux bleutés de la demoiselle légèrement intrusive malgré tout.


« Au fait ? Tu t'appelles comment ? » Lança t-elle avec un petit sourire.

Puis elle lui lança un petit regard interrogateur. Peut-être difficilement des traduisible mais qui voulait dire du point de vu d'Amaëlle : ''Vas tu m'aider ? Ou me dénoncer ?"

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Étonnamment, la fillette aux cheveux noirs en face d'elle n'avait pas l'air spécialement ravie de l'arrivée de Joy. On se demandait bien pourquoi. Après tout, cette dernière ne venait que de prendre en flagrant délit une élève, préfète de surcroit, dans le bureau de Rusard. Ceci dit, ladite élève avait l'air plus surprise que fâchée, et ça rassurait pas mal Joy, qui aurait eu tôt fait de décamper si la Serpentard lui avait intimidé de partir sur le champ. On avait beau répéter que les préjugés sur les Serpentard étaient tous faux, Joy préférait ne pas trop se fier à ces dires. Qui savait ce qu'il se cachait derrière la fillette qui se tenait face à la Serdaigle ? Après tout, elle pouvait très bien avoir comme passion première de martyriser les élèves.

« Je… je cherche un truc... »

Tiens donc. Elle devait vraiment y tenir, à son truc, si elle prenait la peine d'entrer illégalement dans cet endroit juste pour le retrouver. La petite blonde resta pantoise un instant, ne laissant rien échapper de plus qu'un « Ah.. » un peu déçu. Je vous l'accorde volontiers ; retrouver un objet perdu dans le bureau de Rusard, c'était une sacrée aventure, digne des plus braves chevaliers médiévaux, mais Joy n'allait quand même pas forcer la main à la Serpentard. Si elle ne lui avait rien donné de plus comme indication, c'était bien parce qu'elle n'avait pas envie que la Serdaigle sache quelque chose de plus. Autrement dit, Joy prenait ça comme un « j'aimerais beaucoup que tu me laisses tranquille s'il te plaît, merci. » Oui, elle était un peu paranoïaque et susceptible sur les bords, mais sinon tout allait bien.

« En fait j'ai perdu à un jeu avec des quatrièmes années… et je suis sous menace de représailles enchantées si je ne me soumets pas aux ordres d'une fille de ma maison pendant deux jours… Autrement dit elle me prend pour un elfe de maison en 1990 qui n'est pas encore un sans culotte aux longues oreilles. »

Joy haussa légèrement les sourcils à l'évocation d'un « elfe sans culotte aux longues oreilles ». Cette fille parlait en langage codé, c'était pas possible autrement. Mais la Serdaigle laissa tomber cette partie incompréhensible de la phrase, se concentrant plutôt sur le fait que la pauvre préfète face à elle devait apparemment obéir à tous les faits et gestes de certains élèves. Finalement, Joy avait visé à côté ; ce n'était pas la Serpentard qui martyrisait les autres, mais bien les autres qui la martyrisaient. La pauvre. En plus, c'était vachement pas sympa de forcer quelqu'un à se rendre dans le bureau de Rusard. Pour tout dire, Joy eut un élan de compassion pour la fillette qui s'affairait à chercher elle-ne-savait-toujours-pas-quoi. Même si elle pensait un peu qu'elle n'aurait jamais du jouer à ce genre de jeux avec des perfides quatrième année. Beaucoup d'élèves de cette école avaient la cruauté dans l'âme, de ce que Joy avait pu conclure depuis son arrivée.

Lorsque la verte et argent se dirigea vers une armoire poussiéreuse, la Serdaigle hésita une fois de plus sur la façon dont elle devait agir. S'excuser et partir prestement en prétextant une excuse aussi stupide que « Je viens de me rappeler que j'ai cours, je dois y aller » ou rester statique ? Elle opta finalement pour la deuxième option et se contenta d'observer la préfète à l’œuvre, se retenant bien de piper mot. La Serpentard était sûrement déjà assez sur les nerfs comme ça pour que Joy vienne en rajouter. Quand elle ouvrit une armoire, une bonne quantité de poussière en jaillit, et la première année eut comme pensée que si il y avait quelque chose là-dedans, ça ne pourrait pas être autre chose que des souris mortes. Franchement, ce bureau était loin d'être distingué ou raffiné ; quelle stupide idée que de se faire confisquer quelque chose par un concierge si peu soigneux.

« Au fait ? Tu t'appelles comment ? »

Question accompagnée d'un sourire et d'un regard appuyé. Ah ! Enfin quelque chose à quoi Joy savait répondre. Là, c'était facile ; elle s'était toujours appelée et s'appellerait toujours Joy Wedenjack. C'est donc forte de ce fait inéluctable qu'elle répondit à la Serpentard, qui semblait également pouvoir être appelée aimant à problèmes. Parce que Joy n'en démordait pas ; pour réussir à se retrouver obligée de rechercher un objet pour quelqu'un d'autre, fallait vraiment y aller.

« Joy Wedenjack, et toi ? »

Assez drôle de voir une discussion aussi banale alors qu'elles étaient dans une situation qui ne s'y prêtait pas vraiment. C'est en prenant conscience qu'elle n'avait vraiment plus rien à faire là que Joy se décida enfin à poser la question fatidique. De toute façon, la Serdaigle était sûre que la fille aux yeux verts savait très bien qu'elle allait parler de ça. C'était évident. Elle enchaîna donc, un peu hésitante tout de même.

« Je peux t'aider ? C'est quoi que tu cherches ? »

Il y avait mille et une façons de faire des rencontres. Celle-ci entrait inévitablement dans le top vingt des plus improbables.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
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La Serdaigle inconnue s'appelait Joy Wedenjack. Enfin sauf si elle lui avait donné un faux nom pour ne pas se faire prendre dans le cas où elle voudrait la trahir. Mais bon, partant du principe que tout le monde n'était pas forcément paranoïaque, et que certains – même si c'était difficile à concevoir peut-être - pouvaient lui accorder leur confiance, elle considérerait que Joy s'appelait bien Joy. De toute façon elle n'aurait eut aucun intérêt à la dénoncer : elle aurait du pour se faire se dénoncer elle même. Et puis la jeune Wedenjack n'avait vraiment pas l'air méchante. Hésitante oui, mais pas de façon vicieuse. Elle avait plus l'air de se demander s'il fallait qu'elle déguerpisse que si elle pouvait la dénoncer.
Et puis finalement, alors qu'elle l'observait encore, la bleue lui proposa son aide, avant de lui demander ce qu'elle cherchait, faisant naître un sourire sur le visage de la préfète.


« Et bien écoute si ça ne te gène pas de trop… un peu d'aide ne serait pas de refus ! »

Voilà. Maintenant elle avait bloqué sa camarade ici. Ça n'était pas volontaire, elle avait vraiment besoin (et envie) d'un peu d'aide… et puis c'était elle qui avait poposé… mais le résultat était le même. Elle pouvait toujours partir bien sûr mais c'était plus délicat. La Serpentard décida donc de lui laisser une porte de sortie, après lui avoir expliqué de quoi il en retournait, car après tout : la seule piégée de l'histoire c'était elle, elle n'avait pas besoin d'en piéger d'autres.


« En fait… je cherche un paquet de parchemins invisibles… ne me demande pas comment c'est possible de se faire confisquer un truc pareil, faut croire que Rusard à l’œil pour les choses interdites, même si elles ne se voient pas… peut-être qu'il a un odorat sur-développé ? Enfin bref… Si tu veux partir tu peux toujours, je voudrais pas qu'il t'arrive malheur par ma faute. »

Et cette dernière phrase était strictement sincère. Déjà parce qu'elle ne souhaitait à personne de se faire surprendre par Rusard, ensuite parce qu'elle ne savait vraiment pourquoi, mais la blonde attirait sa sympathie. Toujours était-il que pour le moment elle perdait du temps : Rusard n'allait pas être absent éternellement. Aussi adressa t-elle un petit sourire à la première année avant de se détourner vers le placard qu'elle venait d'ouvir, et de commencer à le fouiller.

Soudain, le nez dans les affaires poussiéreuses, parfois datant d'un autre temps, parfois à l'air assez douteuses (elle avait d'ailleurs un peu peur qu'une de ces dites affaires ne lui saute à la figure), elle réalisa qu'elle avait encore oublié une chose importante dans les manières civilisés inscrits dans les codes de toute rencontre, qu'elle soit originale ou pas. Aussi, du fond du placard poussiéreux où elle cherchait une couche de poussière en équilibre sur rien du tout, elle lança à sa camarade inopinée :

« Au fait ! Moi c'est Amaëlle Nelly ! »

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La Serpentard lança un deuxième sourire à Joy, et celle-ci le prit comme un remerciement silencieux — et c'en était d'ailleurs sûrement un —. Bon, et bien la Serdaigle allait sûrement avoir ce qu'elle voulait ; elle qui avait sillonné les couloirs en quête d'une aventureuse juteuse, n'était-elle pas justement récompensée ? Après tout, elle l'avait bien cherché, ce n'était pas comme si elle avait atterri dans ce bureau totalement par hasard.

« Et bien écoute si ça ne te gène pas de trop… un peu d'aide ne serait pas de refus ! »

La voix de la fillette aux cheveux sombres était comme.. soulagée. Ce qui, en fait, n'avait rien d'étonnant. Quoi de plus normal que d'espérer une aide bienveillante quand vous êtes obligés de chercher un truc qui s'est fait confisqué à des Serpentard beaucoup moins bienveillants ? Et puis, ça devait pas être trop difficile de trouver quelque chose dans un endroit aussi petit. Le bureau de Rusard ne faisait pas non plus trois kilomètres, et peu importe ce que la Verte cherchait, à deux, elles ne devraient pas avoir trop de mal à le trouver. Alors que Joy allait acquiescer et se mettre au boulot sur le champ — ce qui, j'en conviens, est assez stupide puisque la Serdaigle ne savait même pas ce qu'elle cherchait —, la Serpentard reprit.


« En fait… je cherche un paquet de parchemins invisibles… ne me demande pas comment c'est possible de se faire confisquer un truc pareil, faut croire que Rusard à l’œil pour les choses interdites, même si elles ne se voient pas… peut-être qu'il a un odorat sur-développé ? Enfin bref… Si tu veux partir tu peux toujours, je voudrais pas qu'il t'arrive malheur par ma faute. »

Pour tout dire, la partie « parchemins invisibles » perturba tellement Joy qu'elle n'écouta pas vraiment la suite. C'était donc pour ça que la Verte ne se contentait pas seulement de jeter un coup d’œil partout où elle passait, mais également qu'elle chipotait et posait ses petites mains partout. Un truc invisible, sincèrement.. Chapeau bas. Mais bon, maintenant qu'elle s'était embarquée dans une histoire pareille, la Serdaigle ne pouvait franchement plus faire demi tour et marche arrière. Ça aurait été bien trop méchant pour sa camarade et puis.. elle n'avait qu'à prendre ça comme un défi. Dix points si elles retrouvaient les parchemins du diable avant que Rusard ne les surprenne ! Et dix points en moins accompagnés d'une retenue si elles se faisaient surprendre..

Se rendant doucement mais sûrement compte des risques qu'elle encourait, Joy poussa un soupir découragé en regardant la Serpentard reporter son attention sur la vieille armoire poussiéreuse. Apparemment, elle n'avait pas peur de la saleté, puisqu'elle plongeait ses mains dedans sans la moindre hésitation. Mais ça se comprenait. Après tout, le temps était compté, et il n'était pas question de faire des chichis pour des affaires de fillettes qui ne voulaient pas salir leurs mains.


« Au fait ! Moi c'est Amaëlle Nelly ! » lança sa camarade du fond de son armoire.

C'est vrai qu'elle ne lui avait toujours pas donné son nom. Mais passons, puisque c'était désormais chose faite. Prenant son courage à deux mains, Joy sourit à la Serpentard et se dirigea vers la deuxième armoire à l'autre bout de la pièce. Elle l'ouvrit brusquement, et une jetée de poussière s'en échappa. Mais la Serdaigle s'y était un peu préparée et se retint donc bien de tousser.

« Bah dis donc, il doit pas faire le ménage très souvent ce concierge ! »
lança la Bleue en découvrant que l'armoire était tout aussi crasseuse que l'autre.

Armoire qui contenait quand même pas mal de choses intéressantes, sûrement confisquées à des élèves. Ici, on retrouvait la trace d'un bon nombre de cancres, si l'on en croyait les objets tous aussi interdits les uns que les autres. Enfin, pour être honnête, Joy ne savait pas vraiment s'ils étaient tous interdits, puisqu'il y en avait certains qu'elle n'arrivait même pas à identifier. Avec un haussement d'épaule, elle tendit son bras pour toucher le bois rêche du premier étage de l'armoire où n'étaient apparemment pas disposés des parchemins invisibles. Dommage. Par contre, une plume un peu bizarre se trouvait là. Joy l'effleura et se demanda un instant pourquoi une bête plume avait été confisquée, avant d'émettre l'hypothèse que c'était une plume à réponses intégrées. Mais bon, pas le temps de divaguer sur tout objet qui n'était ni un parchemin, ni invisible, aussi examina-t-elle aussitôt le deuxième étage.

« Dis-moi.. » dit soudain la Serdaigle, n'y tenant plus. Ça faisait plusieurs minutes que cette question lui brûlait les lèvres. « Je comprendrais que tu veuilles pas en parler, mais.. la fille qui t'a donné ce gage, c'est pas ton amie quand même ? »

Parce que si c'était le cas, c'était franchement triste. Tandis qu'elle fouillait l'armoire, Joy se mit à espérer pour Amaëlle que toutes ses amitiés n'étaient pas comme ça, parce que sinon, elle devait vivre l'enfer sur terre.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
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Il n'y avait rien dans se placard, du moins strictement rien qui ressemblait de près ou de loin à ce qu'elle cherchait : c'est à dire à un truc invisible plat à la texture du parchemin et haut comme un tas de parchemins. Parce que oui autrement dans ce placard il y en avait des choses, des tas de choses, sans doute trop : des objets sans doute confisqués sur des génération d'enfants turbulents ou appartenant au concierge qui étaient des plus suspects. Lasse déjà de cette recherche infructueuse la gamine soupira légèrement avant de s'y remettre, s'accroupissant pour observer les étagères plus basses.

« Bah dis donc, il doit pas faire le ménage très souvent ce concierge ! » s'exclama sa désormais camarade après avoir ouvert la porte d'un autre placard en un grand fracas.

Un petit rire plus tard la petite fille retourna à ses activités... activités pour le moins infructueuses. Soupirant doucement elle se releva et entreprit de visiter les plus hautes étagères, ce qui du haut de son mettre trente cinq ou un truc du genre (elle avait peut-être grandit depuis la rentrée n'est ce pas?) ça n'était pas l'entreprise la plus aisée du monde. C'était même tout à fait impossible, même sur la pointe des pieds. Aussi se détourna t-elle du soucis pour observer la pièce plus attentivement, découvrant alors sous un saut, à côté de la porte, un tabouret un peu vieillot. Allant donc le chercher elle posa le seau en métal qui servait peut-être à faire le ménage, si tant est qu'il le faisait de temps en temps, puis apporta sa trouvaille jusque devant le placard. Un peu bancal il avait le mérite d'être assez grand pour permettre à la gamine de voir le haut du placard une fois montée dessus. Ce qu'elle s'empressa de faire juste après s'être détournée vers la Serdaigle avec un petit sourire :

« Merci au fait »

Puis elle grimpa sur le petit meuble, prenant garde à ne pas tomber alors qu'il se mettait à branler. Une fois assurée qu'elle était à l'équilibre elle examina ce qu'il y avait devant elle… et trouva quelque chose.
Quelle était la probabilité qu'un élève un jour s'amuse à faire des caricatures de Rusard sur son livre de Sortilèges et se le fasse confisquer par ce même Rusard ? Qu'elle était la probabilité pour qu'en l'ouvrant, curieuse, bien des années plus tard, les yeux de la petite verte déambulent sur l'index des sorts étudiés dans l'ouvrage, page qu'elle venait d'ouvrir au hasard ? Et ses yeux s’arrêtant sur un sortilège en particulier puisqu'à côté de ce dit sortilège était fait un petit dessin assez drôle de Rusard courant à en perdre haleine, du temps ou sans doute il n'était pas encore un spectre… Qu'elle était la probabilité que ce sort soit le sortilège d'Attraction ?


« Dis-moi.. Je comprendrais que tu veuilles pas en parler, mais.. la fille qui t'a donné ce gage, c'est pas ton amie quand même ? »


Venant la couper dans son élan la petite Joy lui lança ceci, clairement curieuse. Ce qui déclencha d'ailleurs un deuxième petit rire de la part de la préfète. Non ses amies n'étaient pas comme ça, ses amies à elle s'étaient les meilleures du monde. Enfin bien sûr si l'on excluait Ysalyne dont elle n'avait toujours pas digéré le retour qu'elle avait fait mine de rien. Autrement il y avait Abby et Melpomène et ces deux là elle espérait qu'elles resteraient ses amies pour toujours parce que c'était vraiment des filles adorables et drôles auxquelles elle s'était attachée… même si apparemment elles ne s'étaient pas spécialement attachées entre elles.
Quoiqu'en y repensant si elle s'était retrouvée à devoir nettoyer la table des Serpentards avec une brosse à dent c'était bien cause d'un amie… enfin ça n'était pas la même chose non plus. Caroline ça n'était pas tout à fait une amie, pas tout à fait une ennemie, c'était à la fois les deux et quelque chose entre, ce qu'on aurait pu appeler une rivale amicale.


« Ça n'était pas une amie non, commença t-elle un petit sourire sur le visage, tournée vers la Serdaigle, en fait c'était juste des filles qui voulaient une personne de plus pour jouer parce qu'il leur en manquait une...sauf que j'ai perdu… et que les quatrièmes années de ma maison, du moins elles, se sont des sadiques apparemment... Au moins maintenant je le sais. »

Puis elle descendit de son tabouret, se faisant une petite frayeur alors qu'il se mettait à vaciller, prenant le vieux livre poussiéreux avec elle pour aller le poser sur le bureau et l'étudier. Accio ça n'était pas un sortilège très compliqué, Miss Tourmaline lui avait dit à son dernier cours qu'il faisait partie des sortilèges mineurs et donc simples à apprendre juste avec un livre et un peu de bonne volonté. Elle pouvait donc aisément le faire. Ouvrant à la page 14, qui était celle indiquée par l'index du manuel, elle se mit à lire la description du sortilège et les conseils données attentivement. Elle n'était pas très douée en sorts mais elle espérait au moins réussir celui ci, sortilège qu'elle s'était jurée d'apprendre depuis que sa professeur avait affirmé qu'il n'était pas nécessaire d'apprendre un cours pour le maîtriser.

« J'essaie un truc… Enfin je connais pas Accio ou si ça fonctionne sur tous les objets mais on verra bien »

Oubliant un instant Joy qui peut-être continuait à chercher elle se concentra sur la gestuelle qui était somme toute assez simple, avant de vérifier s'il n'y avait pas de contre-indications à propos de la prononciation et puis, après avoir sauté le passage étymologie de la formule, s'empressa de lire les dernières recommandations à propos de la visualisation et de la volonté à donner au sortilège avant de s'y essayer. Si les premiers essais furent assez peu concluant pour qu'on évite d'imposer à Amaëlle la honte de les voir raconter elle finit par réussir à attirer vers elle un crayon qui était posé sur le bureau. Fière de sa réussite elle lança deux ou trois Accio sur quelques objets présents dans la pièce avant d'être certaine d'être prête et se concentra et invoqua :


« Accio parchemins invisibles ! »

Rien, rien ne vint du tout. Elle avait pourtant fait attention à bien tendre la main pour que les parchemins puissent s'y déposer en arrivant mais ça n'avait pas fonctionné : aucun poids invisible ne pressait sa paume. Elle réessaya deux ou trois fois avant d'abandonner : soit les parchemins résistaient au sortilège, soit elle avait manqué l'étape visualisation, ce qui était assez compréhensible, soit ils étaient assez bien enfermés pour ne pas pouvoir sortir.

« Bon… bah ça ne fonctionne pas apparemment... »

Au moins elle aurait essayé, elle était un peu dépitée mais elle avait essayé. S'empressant de remettre le livre à sa place puis le tabouret à la sienne elle regarda Joy, un peu désœuvrée, ne sachant plus ou chercher, et craintive à l'idée que Rusard n'arrive. Le point important était qu'au moins elle connaissait un nouveau sortilège.

« T'as rien trouvé non plus ?… Au fait ?… Pourquoi t'étais là toi? »

Même le plus petit serpent a du venin (si si)

Une mission de sauvetage pour parchemins  Libre 

Joy Wedenjack, pour énoncer clairement l'affaire, était un paradoxe sur pattes. Elle aimait les barres chocolatées mais exécrait la mousse au chocolat, qu'elle trouvait beaucoup trop onctueuse. Elle aimait se sentir cultivée en lisant de gros romans poussiéreux mais avait en horreur les petits livres policiers auxquels elle ne comprenait rien. Elle avait maints fois essayé de s'amuser sur l'ordinateur de sa grande sœur, qui semblait s'être éprise de cet objet à haute technologie et aux fonctionnalités qui échappaient à la jeune Wedenjack ; sans succès. Par contre, elle adorait garder les yeux rivés sur sa télévision durant des heures. Elle haïssait penser à d'éventuelles représailles à l'idée d'enfreindre le règlement de Poudlard ; mais aucune culpabilité ne la tiraillait à l'idée qu'elle se trouvait actuellement en train de farfouiller dans les affaires du concierge de ladite école.

Cependant, bien que la rencontre fortuite d'Amaëlle Nelly ait été une véritable aubaine dans sa journée maussade, Joy ne souhaitait y passer une dizaine d'heures encore. Elle aimait se sentir âme d'enquêtrice, durant quelques instants éphémères, c'était certain. Cependant, une maxime disait qu'il ne fallait pas pousser mémé dans les orties ; qu'il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin ; que, en d'autres termes, son insouciance avait des limites. Chercher des parchemins invisibles en compagnie d'une Serpentard à l'air tout à fait sympathique, c'était une chose. Sentir le risque de voir Rusard débarquer, chaque seconde davantage, c'en était une autre.

Voici les tergiversations diverses qui fourmillaient dans l'esprit torturé de la jeune Wedenjack, dont l'appréhension devenait presque palpable - intuition féminine, ou pure couardise ? -, tandis qu'elle fouillait la grande armoire qui se dressait devant elle. L'inconvénient était qu'il ne suffisait pas de jeter un coup d’œil pour chercher les fameux parchemins, mais qu'elle devait également poser ses petites mains partout pour espérer sentir la matière un peu rêche mais délectable des vieux papiers. Malheureusement, jusqu'à présent, ses mains avides ne frôlaient que le bois épais et infesté d'épines de l'armoire vétuste. Elle se défit un instant de ses fonctions pour jeter un regard à la prénommée Amaëlle, qui jouait à l'équilibriste sur un tabouret tanguant. Lorsque la Serpentard se fut placée en haut de l'armoire qu'elle examinait depuis tout à l'heure, elle répondit à la question de Joy, avec un petit sourire aux lèvres, lui expliquant que ce n'étaient pas ses amies qui lui avaient donné cet odieux gage. Joy ne savait pas trop si elle devait plaindre la naïveté de la Serpentard ou saluer son courage.


« Nous, à Serdaigle, y'a des gens qui jouent aux cartes.. » dit-elle enfin, pour souligner la différence flagrante entre les occupations des deux maisons.

En réalité, c'était loin d'être vrai. Elle avait aperçu - une fois seulement - deux quatrième année jouer aux cartes dans la salle commune. Le reste du temps, les Serdaigle mangeaient, parlaient, riaient ou travaillaient. Un jour, elle avait même surpris deux garçons à la mine malicieuse en train de cacher une gigantesque réserve Chocogrenouilles, derrière de gros bouquins dans leur bibliothèque. Elle se demanda s'ils les avaient récupérés ou s'ils les avaient oubliés et qu'ils avaient fondus. Mentalement, Joy se promit d'aller y jeter un coup d’œil dès qu'elle retournerait dans sa salle commune.

Amaëlle, chancelante, descendit du tabouret, sembla perplexe une fraction de seconde, puis annonça d'un air résolu :


« J'essaie un truc… Enfin je connais pas Accio ou si ça fonctionne sur tous les objets mais on verra bien. »

Intriguée, Joy observa sa camarade dont les yeux parcouraient les pages d'explication d'un livre qu'elle avait sorti du haut de son armoire. Constatant qu'elle devait d'abord prendre connaissance des instructions et s'habituer au sortilège avant de tenter l'Accio sur les parchemins, la Serdaigle haussa les épaules et retourna à sa propre armoire. Elle souffla sur la poussière qui décorait le troisième étage avant de tâter un peu partout, sans succès. Elle réprima un juron lorsqu'elle sentit un objet tranchant lui effleurer la paume.

« Accio parchemins invisibles ! » s'exclama Amaëlle, ayant apparemment fini ses quelques petits tests d'usage.

La fillette blonde se retourna avec espoir, mais perdit aussitôt son sourire en comprenant que ça n'avait pas fonctionné - d'ailleurs, Amaëlle le confirma avec une phrase qui sonnait comme une sentence irrévocable aux oreilles de Joy.


« T'as rien trouvé non plus ?… Au fait ?… Pourquoi t'étais là toi ? »

La Serdaigle fronça momentanément les sourcils, comme si elle avait oublié ce qu'elle était venue trafiquer ici. Puis, avec un sourire amusé, elle répondit.

« J'm'ennuyais. Du coup j'me promenais en espérant trouver un truc à faire, j'ai entendu du bruit ici, j'ai penché ma tête, j't'ai vue et j'suis entrée ! » Court instant de réflexion puis ; « Non, rien trouvé. Mais j'vais prendre le tabouret comme toi, pour voir s'ils sont en haut ! »

Elle exécuta ses dires en allant chercher le tabouret qu'Amaëlle avait remis à sa place pour le déposer devant son armoire. Tandis qu'elle grimpait dessus, tout en s'accrochant timidement à l'armoire pour ne pas perdre l'équilibre et tomber à terre, Joy cru important d'ajouter ;

« Tu sais, déjà que j'aime pas beaucoup me mettre debout sur un tabouret à deux doigts de craquer.. j'me dis que là, si j'me ramasse et que ça rameute le vieux, on est fichues. »

Au prix d'un ultime effort, elle poussa sur ses bras et se hissa tout en haut de l'armoire. Puis, elle s'assit, faisant pendre ses pieds dans le vide. Si on avait été dans un film, tout se serait passé à une vitesse fulgurante, dans des plans entrecoupés d'une musique rapide.. hors, ici, je ne pourrai - malheureusement - pas donner cet effet et dois donc me contenter de décrire la scène comme elle s'est passée ; tâtonnant à droite à gauche, Joy faisait légèrement gigoter ses pieds.. qui frôlèrent la planche de la dernière étagère. Ou plutôt, qui frôlèrent des parchemins disposés sur ladite planche. Quelques millièmes de seconde plus tard, un bruit de papiers écrasés résonna dans le bureau du concierge.

Joy planta un regard ébahi dans les prunelles vertes de sa camarade et s'empressa de descendre de son étage. Atterrit à côté du tabouret. S'étala donc sur le plancher dur dans un bruit sourd. Étouffa un cri de douleur. Entendit un bruit de pas empressés qui se dirigeait vers les deux fillettes. Se releva sur ses pieds en un bond imprévu. Se pencha, grimaçant de douleur, pour chercher les parchemins invisibles au sol. Les trouva. Empoigna solidement le bras de sa camarade et courut.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

Une mission de sauvetage pour parchemins  Libre 

Joy Wedenjack était une sacrée petite fille. De ce qu'elle en voyait elle n'avait peur ni d'elle ni du bureau du concierge (quoiqu'en réalité elle n'avait jamais compris comment les élèves pouvaient parfois avoir peur de la minuscule préfète qu'elle était) et se mettait à l'aider comme si elle n'avait que ça à faire au risque de s'étouffer dans un nuage de poussière, perdre un bras sur un des drôles d'objets tranchants de la pièce ou se briser les jambes en tombant du tabouret branlant qu'elle venait de lui chiper. Etrange à première vue sachant que c'était la première fois qu'elles se rencontraient et que les circonstances étaient déjà bien assez peu communes comme ça. Déjà il était à noter que la première phrase de la petite Serdaigle avait été : « Salut. Qu'est-ce que tu fais là ? ». Comme si tout était parfaitement normal et qu'elles se connaissaient depuis longtemps.
Elle aimait bien la Wedenjack, c'était un fait qu'elle venait de décider.

La petite blonde jouait l'équilibriste sur son tabouret en lui expliquant qu'il vaudrait mieux que Rusard ne les surprenne pas - ce dont elle ne rêvait en effet pas particulièrement - et Amaëlle, un peu inquiète malgré tout, se tenait derrière pour la rattraper si besoin était. Néanmoins la Serdaigle décida de lui faire peur en se hissant sur l'armoire qui se mit d'ailleurs à grincer lugubrement. et à agiter ses pieds tranquillement, comme tous ces enfants qui ne touchent pas le sol du haut de leurs chaises. Sauf que là la "chaise" était bien plus haute et sans doute bien plus vieille qu'il n'était permit et risquait, si l'on en croyait son inclinaison, déjà de basculer avant qu'une drôle d'enfant ne se décide à l'escalader. Ainsi, bien décidée à faire comprendre à Joy qu'elle ne pouvait pas risquer de se tuer, surtout qu'elle avait l'air sympathique et qu'en plus de ça la préfète serait sans doute tenue pour responsable, Amaëlle ouvrit la bouche pour lui chuchoter un « Mais ça va pas la tête ?! » bien explicite. Cependant elle fut coupée dans son élan par un bruit sourd, caractéristique de quelque chose tombant au sol.

Bouche encore entrouverte, la petite verte plongea ses prunelles dans celle de Joy, un sourire reconnaissant naissant bien malgré elle sur ses lèvres. Elle observa alors la petite Serdy descendre, toujours comme si elle faisait ça tous les matins avant de prendre son petit déjeuner (c'était peut-être le cas après tout, on ne savait jamais), tendant les mains pour l'aider. Néanmoins la Serdaigle s'était élancée trop vite et était déjà par terre, sa chute bien mal ralentie par Amaëlle qui ne put sans doute que lui empêcher de se briser la jambe.
Ensuite tout s'enchaîna très vite, l'empêchant de réfléchir : la chute de Joy entraîna des jurons dans le couloir et des bruits de pas, la Serdy bondit, attrapa la chose invisible du sol, puis son bras, puis se mit à courir. Mettant à son tour toutes son énergie dans la course elle bifurqua dans un petit couloir au bout duquel un escalier devait mener à l'étage au dessus. Elle était déjà passé par ici pendant ses rondes, et elles seraient sans doute déjà loin lorsque le concierge se déciderait à passer par là. Ainsi les deux jeunes filles galopèrent, de moins en moins vite, jusqu'à s'arrêter au détour d'un couloir, essoufflée. A ses côtés sa camarade d'aventure grimaçait légèrement et sa chute puis sa course n'y était sans doute pas pour rien.


« Ravie de te rencontrer Joy ! J'espère qu'on se reverra dans des situations un peu moins étranges et dangereuses. Merci en tout cas, j'aurais sans doute jamais trouvé sans toi » lança le demoiselle verte et argent riant à moitié.

Puis elle tendit, un peu hésitante, la main à cette petite première année qui l'avait bien aidé et qui lui était bien agréable. Elle avait toujours trouvé les personnes qui faisaient ça un peu bizarre car les amitiés ne se réclamaient pas mais s'obtenaient mais à rencontre peu commune, comportement peu commun.


« Amies ? »


Elle attendit quelques instants ainsi la main en l'air, se demandant si elle n'avait pas trop l'air ridicule, lorsque l'autre répondit à sa demande par l'affirmative. C'est donc avec un grand sourire qu'elle secoua la main de sa camarade, de manière un peu trop exagérée pour être sérieuse.

« Bien ! Alors puisque c'est comme ça je t'emmène à l'infirmerie ! »

Il était hors de question que la petite continue de boiter ainsi pendant deux semaines, surtout à Poudlard, c'était juste impossible. L'infirmière ne devrait pas poser de questions de toute façon, les enfants qui courraient dans les couloirs en pariant des chocogrenouilles ou pour arriver à l'heure en cours ou encore pour jouer au loup ça n'était pas si rare que ça. C'est donc sur cette résolution qu'elle récupéra le paquet invisible, attrapa le bras de la petite blonde et l'emmena d'autorité jusqu'à l'infirmerie en faisant de son mieux pour ne pas lui faire forcer sur sa jambe qui n'allait pas tarder à lui faire encore plus mal maintenant que l'adrénaline était retombée. Foi de Nelly, plus jamais elle ne mettrait les pieds dans le bureau du concierge, et plus jamais d'ailleurs la petite Serdaigle lui ferait une peur pareille, il faudrait sans doute lui apprendre l'instinct de survie.

Même le plus petit serpent a du venin (si si)

Une mission de sauvetage pour parchemins  Libre 

Il y a deux points qui nécessitent d'être éclaircis. Le premier semble évident, mais on ne répètera jamais assez à quel point une chute fracassante peut faire mal. Joy, perchée sur une armoire, avait voulu reprendre contact avec le sol du bureau du concierge ; pas de bol, elle avait mal visé et s'était écroulée à côté du tabouret censé amortir sa chute. Grimaçante, elle s'était levée, ignorant la douleur qui envoyait des signaux de détresse alarmants à sa jambe qui avait durement heurté le sol. L'adrénaline avait momentanément fait disparaître l'endolorissement qui, désormais, la gagnait vivement. Elle restait cependant maitre de ses mouvements et même si la douleur la lançait de plus en plus fort, elle ne souffrait pas le martyre et pouvait se déplacer à une vitesse raisonnable - ce qui était nécessaire. Ce qui me fait une transition parfaite pour le deuxième point, et certainement le plus important.

Joy cavalait. Courir n'était pas sa tasse de thé, mais sur ce coup-là, elle n'avait pas eu le luxe de choisir. C'était le sport intensif ou la retenue - voire la peine de mort, autorisée pour des raisons administratives et donc, je n'en doute pas, tout à fait légales. Évidemment, comme si la situation n'était pas déjà assez rare comme ça, il avait fallu que Joy soit en compagnie d'une jeune fille tout à fait sympathique. Sympathique mais surtout préfète. Hors, plus étrange encore que deux élèves fuyant la mort dans une école censée être sans danger, il y avait une première année et une préfète fuyant la mort, toujours dans une école réputée pour être sûre. Poudlard, on ne le dira jamais assez, recelait tant de mystères qu'il fallait bien plus qu'une vie pour tous les percer.

Amaëlle Nelly dans le rôle de la préfète bravant le règlement et Joy dans celui de la première année accablée du don d'être là où il ne fallait pas quand il ne fallait pas, commençaient toutes deux à ralentir le pas. Une grimace peignait le visage de la Serdaigle tandis qu'elle essayait de reprendre son souffle. Tout en se concentrant sur son pouls qui battait à une vitesse de plus en plus régulière, elle porta une oreille attentive aux alentours afin d'être certaine que Rusard ne les avait pas suivies. Joy était en train de se demander si ces bruits de pas avaient bien été réels lorsque Amaëlle lui dit une phrase qui, dans d'autres circonstances, n'aurait pas été si drôle :


« Ravie de te rencontrer Joy ! »

Un sourire illumina son visage. Elle aussi, elle était ravie d'avoir rencontré une jeune fille amusante et qui, de surcroît, était parvenue à devoir retrouver des parchemins invisibles dans l'endroit le plus poussiéreux et le plus dangereux de l'Angleterre.

« J'espère qu'on se reverra dans des situations un peu moins étranges et dangereuses. Merci en tout cas, j'aurais sans doute jamais trouvé sans toi. »

Le sourire de la Serdaigle s'élargit tandis qu'elle tâtait ses joues pour essayer de savoir si elles étaient encore rouges. Elle n'avait pas le pouvoir de le deviner par le toucher mais, étant donné leur moiteur, elle en déduit que c'était le cas.

« Ravie de te rencontrer aussi. Et pas d'problème, pour t'avoir aidée. C'était un plaisir. J'serai au rendez-vous samedi prochain, pour la perle minuscule que tu devras sûrement retrouver. » fit-elle, taquine.

En fait, elle ne croyait pas si bien dire.

Amaëlle lui tendit la main, comme pour signer un pacte, en lui demandant si elles étaient officiellement amies. Joy la serra volontiers et répondit par l'affirmative, avant de s'entendre théâtralement dire :


« Bien ! Alors puisque c'est comme ça je t'emmène à l'infirmerie ! »

Puisqu'elle ne pouvait pas nier qu'elle était mal en point, la fillette blonde se laissa entraîner par sa nouvelle amie tout en ressassant cette aventure. Des filles comme Amaëlle, on n'en croisait pas à tous les coins de couloir, c'est moi qui vous le dis. Joy pensa que la beauté de Poudlard ne résidait ni dans les cours qui y étaient dispensés, ni dans les froids murs de pierre qui l'avaient bâti, ni dans la légende si populaire des quatre fondateurs, ni dans les mille passages secrets, mais dans les gens merveilleux qui y vivaient.

~ RPG TERMINÉ

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.