Bureau du concierge

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Et voilà dans quel bourbier elle avait encore réussi à se mettre. Ça se disait Serdaigle mais ça réussissait quand même à se retrouver deux fois de suite dans le bureau de Rusard, en parfaite illégalité, en moins d'un mois. Chapeau, vraiment. Mais c'est que ça viendrait encore se plaindre, savez-vous ! Parce que la petite Joy, toute petite fille frêle qu'elle était, considérait qu'il n'était nullement de sa faute si elle avait du réitérer sa fraude au règlement. La première fois qu'elle s'était retrouvée ici, c'était de sa propre volonté. Elle y avait d'ailleurs fait une charmante rencontre, celle d'Amaëlle Nelly, préfète mais surtout victime des Serpentard. Cette histoire n'avait, allez savoir par quel miracle, pas tourné au cauchemar. Mais rien ne prédisait que ça tournerait aussi bien cette fois-ci.

Pourtant, malgré toute sa rage, Joy était quand même revenue ici de son propre gré, pour une raison bien simple. Son collier était introuvable. Collier qui avait énormément de valeur à ses yeux, et qu'elle n'aurait voulu perdre pour rien au monde. Alors après avoir retourné sa salle commune dans tous les sens, demandé à tous les gens qu'elle croisait s'ils n'avaient pas aperçu une chaînette en or gravée des initiales « H.K », et enchaîné les réponses négatives, la petite avait du se rendre à l'évidence. Elle avait malencontreusement perdu son collier dans le bureau de Rusard. Bien, et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On applaudit ? En réalité, Joy avait plus sérieusement pensé à se taper la tête contre un mur en maudissant son manque de prudence pour ses trois générations futures, mais elle avait finalement opté pour une troisième solution ; prendre son courage à deux mains et retourner dans ce satané bureau, prendre le collier, et partir.

Mais hors de question de le faire sans Amaëlle Nelly. Joy avait requiert sa présence pour de vastes et nombreuses raisons. Étant d'une nature un peu égoïste sur les bords, la petite Serdaigle s'était dit qu'elle aurait moins d'ennuis si elles se faisaient pincer à deux. Puis Amaëlle était préfète, alors ça pouvait peut-être un peu atténuer la sentence.. En plus, la Serpentard avait été de pair avec Joy pour retrouver les « parchemins invisibles », donc elle connaissait désormais plutôt bien le bureau de Rusard, et elles devraient normalement avoir deux fois plus de chance de retrouver rapidement le collier si elles s'y mettaient à deux. Et puis, la Serdaigle ne s'en cachait pas ; ça avait été là une occasion en or de pouvoir reparler à Amaëlle, qui était pas mal sympa quand elle s'y mettait !

Les deux compatriotes avaient donc marché donc plus ou moins prudemment dans les couloirs de Poudlard avant de vérifier par un rapide coup d’œil que le bureau était vide — elles en auraient tiré une de ces tronches, si le concierge avait été dedans —, puis s'y étaient introduites. Ça devenait presque naturel maintenant, si on passait outre de la peur de Joy de se faire prendre. Celle-ci poussa un petit soupir découragé ; l'endroit restait assez grand pour une toute petite chaîne, et en plus, il n'était même pas prouvé que le collier qu'elle cherchait était bel et bien là. Haussant légèrement les épaules, elle commença ses recherches en jetant un sourire à Amaëlle.


« Si on m'avait dit que je serais venue ici deux fois, et de mon plein gré, je n'y aurais pas cru.. » murmura-t-elle en vérifiant que le bijou orné n'était pas bêtement posé sur la table.

Mais il n'y était. Bien sûr. Donc, il était autre part parmi les étagères, tiroirs, et j'en passe. Et c'est parti..

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Ancien sorcier  

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Après une demie-heure passée à sillonner les couloirs interminables du château, Mel jura. Son cours de Défense contre les Forces du Mal avec déjà commencé et impossible pour elle de trouver la salle. Les couloirs se ressemblaient tous et la fille de première année commençait à désespérer de pouvoir sortir un jour de ce labyrinthe gigantesque. D'autant plus que le château était assez inquiétant avec ses chuchotis incessants provoqués par les portraits aux murs, les bourrasques de vent qui s'engouffraient par les fenêtres ouvertes, les halos de lumière pâle provenant des chandelles fixées au mur sans oublier les nombreuses apparitions des spectres traversant les murs comme si c'était une chose aussi naturelle que d'aller se coucher après une longue journée d'efforts.
Melissandre, qui préférait qu'on l'appelle Mel, osait à peine imaginer la réaction du professeur Holloway lorsque elle arriverait en classe bien après le début du cours – si elle y arrivait un jour. D'autant plus que ce serait seulement son quatrième cours et la brune ne voulait pas faire mauvaise impression à la prof qui serait la sienne pendant les sept années à venir. Avec un soupir à fendre l'âme, Mel continua de marcher dans le couloir, droit devant elle, sans s'arrêter. Elle arriverait bien quelque part, ce maudit couloir avait forcément une fin ! Ou alors elle errerait ici pour le restant de ces jours, seule dans cet endroit sinistre et glauque, en se nourrissant de rats et en buvant l'eau verdâtre qui émanait des murs humides. Sans Dylan, seule au monde. Non ! Elle s'y refusait. Dylan était tout son monde. Le perdre aurait signifié la fin. La fin de la joie, de l'amour, de la paix, de l'angoisse, de la tristesse, de la colère. La fin de se vie. Sans lui elle ne ressentirait plus rien. Sauf un immense vide. L'impression d'avoir été amputée du cœur.Il était son soleil à lui tout seul avec ses cheveux blonds lumineux, doux au toucher, son sourire malicieux, sa bonté... Bref il était SA vie. Son âme sœur. Son cœur. Elle devait donc trouver la fin de ce fichu couloir. Il en allait de sa santé mentale.
Née de parents moldus, Poudlard avait été une vrai surprise pour elle, qui n'avait jamais oser rêver qu'un tel château puisse exister. L'émerveillement initial avait cependant laissé place à l'agacement de toujours se perdre entre chaque cours. Mel se promis de toujours suivre ces camarades de classe, dorénavant. Plongée dans ses pensées, elle n'aperçut pas tout de suite la petite porte qui se trouvait à l'angle du couloir. Reculant pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvée, Mel sentit des larmes de joies lui monter aux yeux : elle avait enfin trouvé la porte de la classe de DCFM !
Elle rentra comme une furie en lançant d'un ton saccadé :


"Je...je suis terriblement déso...désolé professeur je m'étais perdue et..."


Mel se figea, laissant sa phrase inachevée. La salle dans laquelle elle était entrée était beaucoup trop petite pour être une salle de classe. Elle ressemblait davantage à un bureau. Deux élèves s'y trouvaient dont Joy que Mel reconnut tout de suite : il s'agissait d'une Serdaigle de première année qui l'aidait beaucoup depuis son arrivée au château. Mel rougissait à vue d'oeil. Après un silence pesant elle murmura :

"Désolé, je me suis visiblement trompé de porte... D'ailleurs où sommes-nous ?"


Le lieu était sinistre et oppressant. Épouvantée, Mel aperçut des chaînes et des menottes qui pendaient du plafond. Déglutissant bruyamment, elle se demanda où elle avait atterrit. Et si cette pièce était la dernière qu'elle apercevrait dans sa courte vie ? Et si les battements de son cœur étaient soudain comptés ? Si cet endroit deviendrait son tombeau ?


*Non, non, ce n'est pas possible ! Joy est là, Joy n'est pas méchante, tout va bien !*


Elle cédait pourtant à la panique. Dans une pensée désespérée elle songea à Dylan. A l'amour de sa vie. Quand elle serait morte ressentirait-il de la tristesse ? Ou passerait-il rapidement à autre chose ? Mel espérait qu'il ne serait pas trop malheureux. Son sourire ne devrait jamais s'effacer de son si beau visage.

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Est-il réflexe plus idiot que se cacher derrière un bureau ? Ou du moins de se cacher derrière un bureau alors que notre complice reste à découvert, et que celui dont on se cache arrivera forcément dans notre direction ? Sans doute pas. Mais à vrai dire sa réaction avait été purement instinctive, elle n'avait pas vraiment eu le temps de se demander si oui ou non ce qu'elle était en train de faire était intelligent. Quoique de toute façon, dans une telle situation, il n'y avait sans doute rien à faire. Parce que la seule chose intelligente à faire aurait été de ne pas être fourré dans cette dite situation.
Vous allez me dire, les situations douteuses, c'était un problème récurent apparemment pour la jeune préfète… mais pour une fois, elle n'était absolument pas responsable. Enfin seulement un peu, mais vraiment un tout petit peu. Disons que des actions passées qu'elle pensait révolues, l'avaient ramené dans le bureau du concierge fantomatique de Poudlard par un coup du sort. Et ce coup du sort s'appelait Joy Wedenjack.

L'ennui était que si elle racontait cela autour d'elle personne ne la croirait. Ou du moins pas grand monde. Peut-être quelques Serpentards, ainsi que quelques Serdaigles (mais là elle n'était pas totalement certaine), mais ça faisait indubitablement très peu de monde. Ça n'était d'ailleurs pas très juste. La blondinette était une fillette calme et posée, que l'on ne pourrait jamais croire impliquée dans une telle affaire, à moins que justement elle ne l'y ai tirée. A la limite peut-être que les professeurs écouteraient son histoire, elle était préfète après tout… l'ennui était que dans son histoire il y avait une toute petite faille : elle n'était pas tout à fait innocente.

Mais soit, en cessant de parler obscurément de la chose, on pourrait expliquer ceci : En fait Amaëlle venait d'être réquisitionnée par une petite fille apeurée qui avait perdu un objet très cher, dans un endroit absolument pas approprié. Elle avait donc accepté de l'aider, et il y avait plusieurs raisons à cela : premièrement elle commençait à considérer la première année comme une amie, deuxièmement elle lui devait bien. Parce que quelques jours auparavant, par la faute d'Amaëlle, les deux filles avaient vécu une drôle d'histoire dans le bureau d'un certain concierge, et que Joy l'avait énormément aidée. Elle se devait donc de lui rendre la pareille, d'autant qu'elle ne pouvait quiconque volontairement aussi désespéré. La mission du jour était donc de chercher un collier – une chaînette en or plus précisément - sur lequel serait gravé H.K. Dans le bureau d'un concierge teigneux. Oui. Ça n'était pas drôle si c'était trop facile…

Les deux filles avaient donc traversé Poudlard jusqu'à se retrouver dans le lieu appréhendé, avant d'y pénétrer discrètement durant la ronde de son propriétaire. Et elles s'étaient plantées dans l'entrée, anxieuses et le cœur battant, à l'idée que Rusard ne revienne en coup de vent parce qu'il aurait oublié quelque chose (on ne sait jamais… peut-être avait-il besoin d'un balai?).


« Si on m'avait dit que je serais venue ici deux fois, et de mon plein gré, je n'y aurais pas cru.. » murmura sa complice du jour.

Joy était inquiète. Personne n'avait besoin de diplôme de psychomage pour le remarquer : la petite fille aurait sans doute donné cher pour être partout sauf ici. Enfin pas tout à fait. Par exemple elle n'avait sans doute nulle envie de se retrouver dans le bureau de Miss Loewy à répondre de ses actes… mais c'était un détail. Toujours était-il qu'elle n'était vraiment pas à l'aise. Amaëlle la regarda donc observer la table avant d'aller s'agenouiller derrière le bureau pour fouiller les quelques placards ouverts.


« Ne t'inquiète pas Joy ! On va le retrouver… la dernière fois on a retrouvé quelque chose d'invisible non ? Alors là… un chaîne brillante ? Trop facile ! » murmura t-elle à son tour pour tenter de la réconforter.

Finalement ça n'était peut-être pas les paroles exactes qu'elle aurait du prononcer… parce que si elle était si visible Rusard aurait parfaitement eut le temps de la voir. Enfin de toute façon elle n'était pas certaine qu'il faille espérer qu'il n'ait rien vu. Quoiqu'aucune annonce n'avait été faite en salle des préfets pour leur dire de faire plus attention car quelqu'un c'était introduit dans le bureau de Rusard. Ce qui était plutôt pas mal en somme, parce que devoir échapper à Rusard, plus à des préfets vigilants, c'était un peu trop. Et c'était à ce stade de la réflexion d'Amaëlle, que la porte se mit à grincer lugubrement, la faisant sursauter et passer non loin de la crise cardiaque, son instinct lui indiquant de se baisser davantage pour être cachée. Voilà comment on en était arrivé là.

Et maintenant, cachée derrière son bureau, Amaëlle eut tout le loisir d'entendre quelque chose de très inattendu :


« Je...je suis terriblement déso...désolé professeur je m'étais perdue et... »

Professeur hum ? Soit Joy avait considérablement grandi… soit la gamine perdue qui se trouvait là (décidément c'était récurrent aussi ça lors de ses excursions dans le bureau de Monsieur Rusard) prenait des cours particuliers avec le concierge. Etait-ce une apprentie tortionnaire ? Peut-être. Ou peut-être pas d'ailleurs réalisa t-elle alors qu'elle se redressait, révélant sa position et pouvant observer la nouvelle venue.

« Désolé, je me suis visiblement trompé de porte... D'ailleurs où sommes-nous ? »

Ah oui ça pour s'être trompée… Mais si elle avait pu se tromper ailleurs en fait ça aurait été plutôt pas mal. Parce que là elle avait eut la frousse, Joy était si ça se trouve en train de succomber à son stress, et la rouge impudente ne savait pas dans quoi elle venait de se fourrer. Elle allait lui donner une chance de s'en tirer, elle avait l'habitude désormais de se faire surprendre dans le bureau de Rusard en fait… elle avait vite reprit contenance. C'est donc le plus naturellement possible qu'elle se releva, faisant mine d'avoir ramassé quelque chose, puis s'assit au bureau de tant aimé Argus Rusard.


« Nous sommes dans le bureau de Rusard demoiselle… et c'est assez interdit en fait » lança t-elle d'un air suggestif.

Un bon observateur aurait sans doute, à ce moment là de l'histoire, fait remarqué que ça n'était pas interdit qu'aux Gryffondors, et que Joy et Amaëlle n'était pas bien plus grande que la rouge (qui était en première année, il n'y avait que les premières années pour se perdre dans des endroits pareils), donc ne devait pas avoir davantage le droit d'être là. Oui, c'est ce qu'on aurait pu objecter à la verte. Mais la verte en question avait prévu le coup.

« D'ailleurs là je remplace Rusard pour une retenue mais lorsqu'il va revenir je doute qu'il soit très heureux de te trouver là… ou plutôt si en fait… mais si tu n'as pas envie de te joindre à nous, ou plutôt à Joy, je te conseille de filer. »

Puis elle se tourna vers Joy, avant de réaliser que les deux fillettes étaient dans la même année, et que si ça se trouvait elles se connaissaient.

Même le plus petit serpent a du venin (si si)

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Ce n'était pas un secret ; Amaëlle Nelly était, aussi innocente soit-elle, une des personnes les plus imprévisibles que la Terre puisse porter. Avec elle, on pouvait s'attendre à tout et n'importe quand. La preuve ? Le fait qu'elle ait accepté sans trop de problème d'aider Joy à retourner dans le bureau de Rusard alors qu'elle avait tout à y perdre était déjà un fait assez étonnant en soit. Quand les deux fillettes entrèrent dans le fameux bureau rapiécé que la Serdaigle commençait à avoir en horreur, Amaëlle commença aussitôt à inspecter tous les tiroirs du bureau avec minutie, et Joy la remercia mentalement de se montrer si efficace et rapide. Plus vite elles sortaient de cet endroit pourri mieux elles se porteraient, et la Verte semblait l'avoir compris au même titre que sa complice.

« Ne t'inquiète pas Joy ! On va le retrouver… la dernière fois on a retrouvé quelque chose d'invisible non ? Alors là… un chaîne brillante ? Trop facile ! »

C'était pas faux quoique un peu trop optimiste, mais Joy offrit un sourire à la Serpentard pour la remercier. Puis elle soupira avant de se diriger vers une armoire toute poussiéreuse et se mit à prier Merlin. Faites qu'elle soit dedans et qu'elles puissent sortir dès maintenant.. Parce que non seulement Joy flippait de se faire attraper par le concierge, mais en plus de ça, elle n'avait pas du tout envie de culpabiliser si Amaëlle se faisait prendre aussi. Après tout, n'était-ce pas entièrement sa faute si elles étaient toutes les deux là ? Perdue dans ses pensées, la Bleue poussa un nouveau soupir las avant de faire un geste pour ouvrir l'armoire vétuste qui se tenait droitement devant elle.

« Je...je suis terriblement déso...désolé professeur je m'étais perdue et... »

Une quantité de choses traversèrent l'esprit de la Serdaigle à ce moment précis. Premièrement, qu'elle connaissait cette voix. Deuxièmement, que la personne à qui appartenait cette voix connue avait eu de la chance de tomber sur le bureau de Rusard quand celui-ci n'était pas occupé par le vieux concierge. Et troisièmement.. que la petite tête d'Amaëlle disparaissant soudainement derrière le bureau était franchement très drôle à voir, et Joy dut retenir un léger rire. La situation n'était clairement pas encline à une partie de franche rigolade, aussi évita-t-elle de laisser paraître son amusement. Elle se tourna plutôt vers la nouvelle venue et un énième soupir (de soulagement, cette fois) s'échappa de sa bouche. C'était Melissandre d'Errasium, première année à Gryffondor de son état, dont les deux fillettes fautives n'avaient absolument rien à craindre.

« Désolé, je me suis visiblement trompé de porte... D'ailleurs où sommes-nous ? »

Les cheveux noirs appartenant à la Serpentard refirent surface, et leur propriétaire se releva fièrement avant d'adresser un regard des plus sérieux à Melissandre. Un regard presque sévère, qui fit comprendre à la Serdaigle que tout n'allait pas se passer sous les meilleures augures. Amaëlle s'était composé un visage froid et somme toute assez inquiétant, et elle planta ses prunelles vertes dans les yeux de Melissandre. À ce moment de l'histoire, Joy avait bien envie de désamorcer la bombe et d'expliquer à Melissandre qu'elle connaissait Amaëlle et qu'elle ne faisait rien de mal (enfin...), et d'expliquer à Amaëlle qu'elle connaissait Melissandre et que la Gryffondor ne les dénoncerait pas. Mais trop tard, la Verte avait pris la parole.

« Nous sommes dans le bureau de Rusard demoiselle… et c'est assez interdit en fait »

Oui, et c'était bien le problème. Pour le coup, Joy ne comprenait pas tout ; pourquoi sa complice s'asseyait-elle donc au bureau de Rusard comme si c'était en son parfait droit ? Et pourquoi faire remarquer à la nouvelle arrivée qu'elles n'avaient pas le droit de se trouver là ? Il y avait tout à parier, au vu de l'air d'Amaëlle, que celle-ci avait un plan bien précis, mais restait à savoir quel était ce plan.

« D'ailleurs là je remplace Rusard pour une retenue mais lorsqu'il va revenir je doute qu'il soit très heureux de te trouver là… ou plutôt si en fait… mais si tu n'as pas envie de te joindre à nous, ou plutôt à Joy, je te conseille de filer. »

D'accord. Enfin non, pas d'accord du tout, en fait. C'était quoi cette histoire ? Amaëlle qui se faisait passer pour la remplaçante de Rusard, c'était la meilleure ! Et qui faisait croire à Melissandre que Joy était punie ! L'idée n'était pas si mauvaise que ça, bien qu'un peu tordue, et elle aurait pu marcher si la Gryffondor ici présente ne connaissait aucune des deux fillettes. Mais là, ça risquait de prendre des proportions gigantesques. Avec un peu de pas d'chance, Melissandre voudrait aider la Serdaigle, allait questionner Rusard à propos d'Amaëlle et des ses fonctions privilégiées, et le concierge les punirait toutes les trois. La Bleue se tourna vers sa complice avec un air aberré et, voyant que celle-ci la regardait également, commença à faire non de la tête pour lui signifier qu'elle s'était embarquée dans un truc pas bon du tout.

« Euh.. Amaëlle.. » commença Joy d'un ton hésitant. « Je te présente Melissandre.. Et je suis pas sûre qu'il faille lui faire la peur de sa vie, elle nous dénoncera pas.. Hein Melissandre ? » lança la Serdaigle à la Rouge qui ne devait absolument rien comprendre.

En plus de ça, la pauvre Gryffondor ne semblait clairement pas à l'aise. Mais en même temps.. quelle idée de venir se perdre ici !

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Avant de rentrer à Poudlard, dans ce qu'elle appelait son ancienne vie, Melissandre était connue pour être une fille froide, désintéressée, impassible en toutes circonstances. A cet instant précis, cependant, elle était en proie à une violente panique. Son cœur battait à une allure folle, son corps était parcouru de tremblements incontrôlables, ses yeux bleus étaient écarquillés des froids. Cette pièce était celle de ses pires cauchemars. Plus elle y passait du temps, plus elle avait l'impression de se faire envahir par une multitude d'ondes négatives. Elle se sentait très mal, ne comprenant pas elle-même pourquoi elle réagissait aussi violemment à cause d'une simple pièce. Une pièce à l'allure sinistre, d'accord, mais une pièce tout de même. * Ressaisis-toi* s'ordonna-t-elle en pensées. Plus facile à dire qu'à faire. Par dessus-tout, elle ressentait un profond sentiment de honte. Elle avait honte d'elle, la Gryffondor qui perdait ses moyens à cause d'un stupide bureau. Au prix d'un terrible effort, elle parvint à afficher à visage froid, rendant son regard distant.
Mel avait remarquée que l'autre fille, qui n'était pas Joy, s'était précipitamment cachée sous le bureau lorsqu'elle avait posé sa question. Étonnée, elle fixa cet endroit jusqu'à ce que l'autre en ressorte le plus naturellement du monde.


« Nous sommes dans le bureau de Rusard demoiselle… et c'est assez interdit en fait »


Aussitôt, Mel se traita d'idiote. Le bureau de Rusard ! Comment avait-elle pu ne pas le deviner ? Pourtant, elle en avait entendu parler, de ce concierge et de son terrible bureau, elle aurait dû immédiatement faire le lien ! * Minute, si c'est interdit... Qu'est-ce qu'elles font là toutes les deux ? * Comme si elle avait entendu sa question muette, la fille reprit.

« D'ailleurs là je remplace Rusard pour une retenue mais lorsqu'il va revenir je doute qu'il soit très heureux de te trouver là… ou plutôt si en fait… mais si tu n'as pas envie de te joindre à nous, ou plutôt à Joy, je te conseille de filer. »


Abasourdie, Melissandre la fixa sans comprendre. Rusard avait une assistante ? Joy était en retenue ? Cette dernière idée était inconcevable pour elle. Joy était celle qui l'aidait à comprendre le fonctionnement de Poudlard, elle ne pouvait pas être en retenue ! D'ailleurs, son amie semblait également surprise par les paroles de celle qui se disait l'assistante de Rusard. Il y eut un silence pendant lequel Mel ne dit rien, attendant que son amie confirme ou démente les propos de l'autre fille. D'ailleurs Joy s'anima soudain. Elle se tourna vers l'autre en lui faisant des signes négatifs de la tête. Mel fronça les sourcils, elle ne comprenait rien. Joy prit la parole d'un air hésitant.



« Euh.. Amaëlle.. »


*Ah, tient, c'est son nom ? * Elle reprit.

«Je te présente Melissandre.. Et je suis pas sûre qu'il faille lui faire la peur de sa vie, elle nous dénoncera pas.. Hein Melissandre ? »

Même si Joy avait de bonnes intentions, Mel ne pouvait s'empêcher de se sentir irritée. Cela aurait été si compliqué que ça de lui expliquer clairement ce qu'il se passait ? Car au lieu de l'éclairer, les paroles de la Serdaigle la plongeait dans une incompréhension encore plus grande. Mel garda quelques instants le silence, observant alternativement les deux autres filles d'un visage qui ne trahissait aucune émotion. Puis, au bout de quelques longues secondes, elle parla d'une voix égale, posée.

«  Enchantée de te rencontrer, Amaëlle. Ou bien devrais-je t’appeler Mlle l'Assistante de Rusard ? »


Elle affichait un visage sérieux. Rien dans son attitude ne dégageait de la moquerie mais ses paroles étaient suffisamment explicites pour que l'on comprenne qu'elle appréciait très peu être menée en bateau.

« Drôle d'endroit pour une discussion amicale, les couloirs ne sont plus à la mode ? »


Elle avait à présent un air de curiosité sincère, presque innocent. Cependant, elle se lassa vite de son petit jeu, qui ne lui apportait aucune satisfaction. Mel se sentait particulièrement démoralisée : elle était en train de rater son cours de Défense contre les Forces du Mal, ce qu'elle avait voulu éviter à tous prix. Elle était d'une nature élitiste donc rater un cours était une vraie source de malheur pour elle, sans compter ce que Miss Holloway devrait penser d'elle. En plus de cela, elle se perdait pour la millième fois, atterrissait dans cet endroit sordide et se faisait mener en bateau par une fille à peine plus âgée qu'elle qui semblait comploter quelque chose avec Joy, son amie. Elle se tourna vers cette dernière, la regardant dans les yeux.


« Joy, j'ai confiance en toi. Dis-moi ce qu'il se passe réellement s'il te plaît.. »


Elle avait prononcé ces paroles comme une supplique mais à l'instant présent elle s'en fichait. Sa fierté n'avait plus aucune importance car elle en avait assez. Elle était déterminée à comprendre, c'était tout ce qui comptait désormais. Une simple chose, comprendre.

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Amaëlle était particulière fière de l'excuse qu'elle s'était trouvée. Bon certes elle était assez étonnante mais la petite fille espérait grandement que la gamine à l'écusson rouge y croie, après tout il n'y avait pas de raison qu'elle remette sa parole en doute. N'était-elle pas préfète ? Ne pouvait-on pas considérer qu'elle n'avait pas l'air spécialement vicieuse ? Et puis de toute façon ne se passait-il pas toujours des choses étranges à Poudlard ?
Sauf qu'évidemment si Joy commençait à la regarder comme elle la regardait, c'est à dire en secouant la tête d'un air un peu abasourdi, c'était tout de suite plus compliqué. Puis la voilà qui, suite à un coup d’œil hésitant passant d'elle à la fille à la porte, s'empressa de mettre le coup de grâce à son petit manège. C'est à dire que lui présenter tout à fait normalement la donc dénommée Melissandre et affirmer qu'elle ne les dénoncerait pas n'était pas vraiment en accord avec ce qu'Amaëlle venait de dire. D'ailleurs les paroles de Joy donnaient bien trop de pouvoir à la nouvelle venue à son goût : parce que la Gryffone savait alors directement et pertinemment qu'elle pouvait les dénoncer. Mais passons : ça n'était pas le moment de discuter à propos des choix de Joy : il fallait faire avec maintenant que c'était fait.
C'est pour cette raison que, comprenant que son ''subterfuge'' étant réduit à néant devant Melissandre, elle lui adressa un petit sourire d'excuse et se releva, décidée à recommencer à chercher le collier célébrité de la journée. Ça n'était pas qu'elle n'avait rien à faire de la nouvelle venue mais c'était simplement qu'Amaëlle n'avait pas spécialement envie d'être encore dans le sombre bureau lorsque son propriétaire et sa teigne rentreraient, elle pouvait bien laisser Joy expliquer puisqu'elle avait décidé de faire confiance à la rouge. Sauf qu'apparemment cette dernière avait envie de lui parler à elle :


«  Enchantée de te rencontrer, Amaëlle. Ou bien devrais-je t’appeler Mlle l'Assistante de Rusard ? »


En soit la salutation aurait pu être amicale, ou juste moqueuse vis à vis de sa tentative d'il y avait quelques secondes pour qu'elle ne comprenne pas qu'elles étaient dans le bureau en illégalité… sauf que le ton était tout sauf moqueur : il était bien trop calme. Fronçant les sourcils la petite Amaëlle releva la tête vers la rouge et or : pour découvrir un visage des plus sérieux et presque désapprobateur. Apparemment la Melissandetruc n'avait pas apprécié qu'elle lui mente. Oh ! elle lui avait fait un sourire non ? Bon et bien alors il n'y avait aucune raison qu'elle ne lui en veuille ! De toute façon qu'aurait-elle fait à sa place ? Elle devait bien essayer de faire quelque chose : il n'était absolument pas dans son intérêt que qui que ce soit apprenne ce qu'elle était en train de faire et risque d'en parler aux professeurs qui se seraient empressés de lui mettre au moins une retenue dans ce même charmant bureau. Pour désobéissance au règlement accompagné du fait qu'au lieu de dissuader Joy de faire une bêtise elle était en train de l'y entraîner, et ce malgré son statut de préfète. Ça n'était pas si difficile que ça à comprendre si ? Elle avait simplement cherché à préserver les apparences.
Finalement la première année, contrairement à ce qu'elle avait craint, ne continua pas sur son reproche, et demanda innocemment quelque chose à propos propos des couloirs avant de d'interroger Joy sur ses activités. Enfin plus que demander la rouge s'était mise à supplier invoquant une idée de confiance et sans doute d'amitié qui la laissait perplexe : non pas qu'elle ne pensait pas que Joy puisse avoir des amis mais simplement que le fait de supplier ainsi était assez curieux.

Amaëlle aurait bien rapidement répondu quelque chose mais elle n'était pas certaine que Joy soit d'accord pour raconter la vérité. Aussi, et pour permettre à la Serdaigle de ne pas raconter de qu'elles faisaient si elle ne le désirait pas, elle lança une explication, se disant que si Joy voulait démentir elle n'aurait qu'à le faire.


« On cherche un truc. Un truc oublié la dernière fois que je suis venue »
lança t-elle encore penchée sur les tiroirs, le son des objets qu'elle y déplaçait cliquetant en même temps que ses paroles.

Relevant la tête vers la Gryffone elle lui lança un petit sourire, espérant défaire le mauvais sentiment qu'elle avait instauré dès les premiers instant à la fillette.


« Ouais j'suis déjà venue… être assistante de Poudlard ça fait vachement visiter les sous sols en fait tu vois ? » finit-elle sur un petit air taquin.

Ensuite elle retourna au travail, parce que mine de rien cette chaîne dorée avait beau briller elle n'allait pas se retrouver toute seule. Observant la lourde armoire le long du mur droit du bureau Amaëlle eut un petit sourire : elle avait déjà cherché quelque chose par ici, c'était un peu revenir à la case départ et c'était amusant comme sensation. C'était comme ces lourds placards emplis de poussière qu'elle allait devoir rouvrir, ces lourds placard qui auraient du lui paraître totalement inconnus mais dont elle connaissait finalement déjà le contenu. Décidant d'ailleurs de commencer par là elle ouvrit le placard dans une sorte de petit claquement produit par la porte puis, toussotant doucement par réflexe face à la poussière qui en sortit, elle se mit rapidement à décaler frisbees à bords tranchants, savons sauteur, pièges à loup, batte de Quiddtich tachée de sang, et autres objets en tout genre comme ce paquet de cartes absolument banal qui faisait d'ailleurs tache dans tout ce fatras. Au passage la deuxième année découvrit quelques sucreries et se demanda si Tessa connaissait l'existence de cette réserve assez importante, à moins que ça ne soit les bonbons de Tessa qu'elle se serait fait confisqué justement. Tessa avait-elle déjà été punie par Rusard ? En sa qualité de préfète on lui racontait quelques petites choses et il lui semblait que oui. De toute façon ça n'était pas cela qui l'intéressait ce jour là : les bonbons certes c'était peut-être bien mais à moins que le collier de Joy ait beaucoup changé ou bien que la petite Serdaigle soit absolument incompétente en description ça n'était pas ça qu'elle cherchait.

Sortant ses mains un peu rapidement du placard après s'être coupée sur une espèce de pince affûtée qui ressemblait assez à un instrument de torture tels que le mur en était tapissé, la petite Amaëlle observa la petite coupure puis soupira, légèrement désespérée par la tache qui lui revenait. Et puis soudain elle eut une idée, une idée un peu stupide, ou plutôt une idée qu'il était stupide de ne pas avoir eut plus tôt.

« Joy tu voudrais pas tenter un Accio ? Ça marchera peut-être cette fois ci, et puis comme tu sais ce que tu cherches ça sera peut-être assez efficace »

Elle avait dit ses mots sortant la tête du placard, se pivotant vers les deux autres filles. A vrai dire elle n'avait plus fait attention à elles depuis le début de ses recherches et elle ne savait pas du tout ce qu'elles étaient en train de faire avant de se retourner, si ça se trouvait elle les avait coupées en plein milieu d'une phrase et on allait la prendre pour une grande malpolie. Mais bon tant pis : au moins elle avait une idée.


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Navrée pour se retard des plus honteux...

Même le plus petit serpent a du venin (si si)

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L'allure que prenait cette virée illégale, aux airs de promenade réitérée, commençait à déplaire à la jeune Serdaigle. Si elle avait été anxieuse en pénétrant dans cette pièce macabre et vétuste, au moins n'avait-elle pas le poids de la culpabilité sur ses épaules. Hors, l'entrée fracassante et imprévue de Melissandre d'Errasium avait tout bouleversé dans la mission express des deux complices. Comment annoncer à la nouvelle venue ce qu'elles faisaient sans prendre le risque qu'elle les dénonce ? Amaëlle avait répondu à la question avec brio ; en inventant un stratagème et un mensonge qui, à coup sûr, ferait déguerpir la Gryffondor.

C'était là que s'implantait le vrai problème de la situation délicate dans laquelle Joy s'estimait être fourrée. Si Melissandre n'avait pas été Melissandre, vous pouvez être certains qu'elle aurait appuyé la théorie erronée de la Serpentard. Hors, forte de son affection naissante pour la Rouge - qui pouvait s'avérer être très sympathique quand elle le voulait -, la fillette blonde réfutait à lui mentir ouvertement. Alors, elle avait fait ce qu'elle avait jugé le plus judicieux. Lui révéler que Amaëlle mentait, mais pas trop. Rester vague. Évasive. Tout ce que vous voulez du moment qu'elle ne trahissait ni l'une, ni l'autre. Jouer à un jeu névrosé, en somme.

Ce que Melissandre ne sembla guère apprécier, puisque ce fut un sarcasme à l'égard d'Amaëlle qui s'échappa de sa bouche. L'ambiance tendue qui régnait dans le bureau du concierge gênait tant Joy qu'elle n'essaya même pas de rattraper le coup. Elle voulait défendre son amie Verte, bien sûr, qui resplendissait de qualités - solidarité, intelligence, gentillesse, humour et tout ce que vous voulez ; Amaëlle Nelly qui était une des rares fillettes que Joy considérait comme son amie, de vrai de vrai. Pas une connaissance, une alliée, une camarade, non, elle était plus que ça. Et voilà qu'elle se faisait apostropher par l'autre fillette dont elle avait voulu prendre la défense. Tandis que la Rouge continuait ses sarcasmes, difficiles à avaler bien que compréhensibles, l'Écossaise lança un regard d'excuse à la Serpentard.


« Joy, j'ai confiance en toi. Dis-moi ce qu'il se passe réellement s'il te plaît.. »

Un tel désespoir faisait écho dans la voix de Melissandre que Joy ouvrit la bouche pour mettre l'affaire au clair, mais Amaëlle avait déjà repris le contrôle de la situation.

« On cherche un truc. Un truc oublié la dernière fois que je suis venue. Ouais j'suis déjà venue… être assistante de Poudlard ça fait vachement visiter les sous sols en fait tu vois ? » expliqua-t-elle, sans méchanceté aucune - Merlin merci.

Et, sans plus leur porter plus d'attention, sa complice se retourna pour continuer ses recherches effrénées, fouillant avidement les armoires, déplaçant les objets, s'attardant sur les plus originaux d'entre eux. À quelques mètres d'Amaëlle et de son vacarme, les deux autres fillettes se tenaient toujours l'une à côté de l'autre. Finalement, la Serdaigle se retourna, s'accroupit, se mit à fouiner dans l'étage le plus bas d'une gigantesque armoire.

« Longue histoire. » dit-elle enfin. « Pour te la faire courte.. l'autre fois, Amaëlle devait chercher un truc ici, j'suis arrivée par hasard et j'l'ai aidée. Sauf qu'en fait, j'ai oublié ma chaîne. »

Elle s'arrêta quelques secondes, le temps d'examiner un bocal en verre qui ne contenait rien du tout. Surprise de trouver un tel objet sans intérêt dans cette caverne de trésors, Joy ouvrit le bocal en un bruit de succion, l'approcha de son nez, le respira.

« Ah mais ça pue ! Y'a rien dedans, en plus. J'me demande pourquoi ça a cette odeur dégueu. »

Puis elle reposa le bocal parmi les objets qu'elle avait déjà enlevés de l'armoire, fit passer sa main pâle sur le bois rêche, sentit les nombreuses particules de poussière se poser sur sa peau, réprima son dégoût, et reprit son récit.

« Ouais, donc tu sais, la chaîne que je portais tout le temps, là.. en or. Avec écrit H.B dessus. Bah j'l'ai paumée. » expliqua-t-elle en reposant le bocal et les autres objets qu'elle avait déplacés à leur place. « Du coup, on la cherche ! J't'avoue que c'est un peu... »

« Joy tu voudrais pas tenter un Accio ? Ça marchera peut-être cette fois ci, et puis comme tu sais ce que tu cherches ça sera peut-être assez efficace. » l'interrompit Amaëlle, se délaissant de sa tâche pour se retourner vers elles.

Abasourdie, la Serdaigle sortit sa baguette magique de la poche de sa robe de sorcière. Elle la regarda comme si elle n'avait jamais rien vu de pareil, se demandant intérieurement comme Diable elles avaient fait pour oublier leur plus précieux atout ; la magie. Ça n'avait aucun sens. Elle ne put s'empêcher de se demander combien de sorciers auraient été capables de chercher un objet, même pas magique, sans avoir recours à leur baguette. Finalement, elle s'imagina son collier, essaya de se concentrer, et prononça la formule. Sans succès.

« 'Marche pas.. Mais c'est peut-être parce que je suis nulle en Sortilèges, en fait. Melissandre, t'as déjà vu ma chaîne, tu voudrais pas essayer ? »

Comprenant qu'il était un peu déplacé de lui faire une telle requête dans cette situation précise, Joy se sentit obligée d'ajouter.

« S'te plaît.. »

Puis elle rangea sa baguette, tourna son regard bleu vers Amaëlle et lui sourit. Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver son collier et ne pas couper le contact avec son amie à cause de cette malheureuse histoire.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

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La voix de Melissandre avait claqué dans le silence patient des deux fillettes qui attendaient sa réponse. Apparemment elle n'en avait rien à faire de leur collier qui n'était même pas si précieux que cela, ne voulait pas risquer de se prendre une retenue par leur faute et puisqu'apparemment elles ne voulaient pas d'elle de base elles n'avaient qu'à se débrouiller toute seule.
La Gryffonne avait énoncé ce dernier point en la regardant de façon peu amène, n'ayant de toute évidence pas digéré son ''mensonge honteux''. Levant les yeux au ciel Amaëlle observa donc la fille sortir se perdre dans les couloirs loin d'elles, la première année avait simplement la trouille de se faire attraper par Rusard, peur logique et compréhensible mais qui présentement n'arrangeait pas leurs affaires. Tant pis, elles feraient comme si elle n'était jamais entrée dans cette salle et se débrouilleraient toutes seules, Melissandre n'était donc qu'une jeune fille qui venait d'entrer et sortir leur faisant perdre du temps plus que de raison.


« C'est pas grave pour l'Accio moi aussi j'ai du mal en Sortilège tu sais… les autres disent que pour une sorcière c'est bête mais y'a pas que ça comme magie même si c'est énervant de pas réussir. Mais toi t'es encore au tout début p'têtre tu vas mieux réussir après ! »

Sa voix à elle avait aussi résonné dans le silence, cette fois ci initié par le départ de Melissandre. Il fallait bel et bien reprendre les recherches quoiqu'il se soit passé, en espérant simplement qu'elles ne se feraient pas dénoncer mais en partant du principe qu'elles le seraient et donc se dépêcher.
Où donc avait été Joy la dernière fois ? Le collier n'était pas dans l'armoire donc il était sans doute tombé lorsque la fillette avait sauté de cette dite armoire, ou plutôt du tabouret sur lequel elle était juchée, puis s'était mise à courir. Sauf que dans ce cas il aurait du être par terre ! C'était donc que Rusard l'avait trouvé et l'avait déplacé. Venant de réaliser cela Amaëlle réfléchissait à ce qu'elle devait dire : devait-elle dire à Joy que si ça se trouvait Rusard l'avait ? Ou bien était-ce inutile ? D'ailleurs Joy ne l'avait elle pas déjà compris toute seule ?

Soudain un cri retentit et des bruit de course. Amaëlle un peu paniquée attrapa la Serdaigle pour partir en vitesse lorsqu'elle se rendit compte que des pas approchaient dangereusement. La main agrippée au poignet de la première année la verte et argent tourna la tête de droite à gauche, comme si les murs allaient lui apporter une solution quelconque. Les pas se rapprochaient toujours, accompagnés de bougonnements presque criés à propos d'enfants incorrigibles après qui il n'avait pas encore envie de courir inutilement et c'était bien leur veine que le concierge fantomatique ait décidé de ne pas courser la Gryffondor qu'il n'avait sans doute pas manqué de croiser. En effet les deux fillettes ne pouvaient pas se cacher derrière la porte car dès que le vieux fantôme fermerait cette dite porte elles seraient découvertes ; elle ne pouvaient pas non plus se cacher sous le bureau car dès qu'il s'y attablerait ce serait le même soucis ; par ailleurs elles étaient malheureusement trop grandes pour rentrer dans la poubelle ou le porte crayon, trop épaisses pour espérer pouvoir se glisser derrière l'armoire et accessoirement trop jeunes pour pouvoir se rendre invisibles. En bref pour le dire clairement elles étaient plutôt mal barrées. Un dernier regard à ses jambes venaient d'ailleurs de le confirmer : elle était trop petite pour espérer s'enfuir en courant et ne pas se faire attraper.

Réfléchissons. Les deux placards étaient encore ouverts, révélant leur passage, apportant une solution peu agréable mais à vrai dire la seule qu'elle avait pour éviter de se faire destituer de son poste de préfète et passer son année à récurer les toilettes. Tirant Joy jusqu'au bureau elle s'empressa d'enlever un piège à loup et une autre chose qu'elle ne savait identifier mais qui gênait du bas d'une des armoires pour les entasser - ou plutôt les jeter - dans l'autre qu'elle ferma rapidement avant que tout ne tombe par terre. Ensuite elle reprit le bras de la Serdaigle d'autorité et la poussa dans le placard avant de s'y glisser à sa suite fermant derrière elle. C'était fou comme l'adrénaline permettait de faire les choses rapidement. Juste avant qu'elles n'entendent la porte du bureau s'ouvrir en grinçant Amaëlle glissa à son amie en un murmure :


« Désolée… respire dans ton uniforme au fait. »

Effectivement même si en fouillant elles en avaient enlevé beaucoup il restait pas mal de poussière dans ces meubles et le fait d'avoir bougé des objets avait justement fait graviter la poussière partout dans l'air. Il y avait meilleure sensation que de respirer cette poudre grise révélatrice du temps qui passe, surtout qu'un peu trop de poussière aurait risqué de les faire éternuer : si on en croyait les bougonnements furieux du concierge dans sa loge il n'était pas temps de se faire remarquer.

« Ah ! Mais v'là encore qu'on rentre chez moi ! Et la directrice qui m'refuse une clef comme quoi elle me fait pas confiance, nan mais j'rêve, ça fait combien de temps que j'vis là avec ces gamins qui m'respectent jamais ? Et j'aurais même pas le droit à une clef ? Que j'en enferme un ou deux un jour je vois pas le problème ! Tient j'peux m'espérer heureux d'avoir une clef pour mon appartement déjà hein c'est ça ? »


Oui vraiment la suite des remarques de l'homme peuvent sans doute être passées sous silence car elles n'étaient pas forcément des plus agréables pour Amaëlle qui fermant les yeux serraient la petite main de Joy très fort : elle avait beau faire de son mieux elle aussi c'était une froussarde et là elle avait peur de l'adulte. Un adulte pas content du tout qui avait du se lever du pied gauche et passer une très mauvaise journée.

Finalement quelque chose retient l'attention de la petite préfète :


« … c'truc rouge par terre ? Bien poubelle, tant pis pour la gamine et puis...  »

La poubelle… il fallait y penser. Combien de temps les deux jeunes filles allaient rester ici Amaëlle ne savait pas, néanmoins tout ce qu'elle savait c'était que jamais, plus jamais, elle ne remettrait les pieds ici.

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Dans l'idéal, Melissandre aurait gentiment accepté d'utiliser un Accio, y serait parfaitement arrivé, aurait dévoilé la cachette du pendentif de Joy et les trois fillettes s'en seraient emparé avant de quitter les lieux d'un pas empressé. Le scénario parfait ; personne n'aurait trahi personne, aucune amitié n'aurait été rompue, les trois élèves s'en serait allées en combinant leurs forces ; ruse, courage et calme. Une belle et glorieuse aventure comme il en arrivait encore quotidiennement, à Poudlard. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça. Le pseudo courage dont la Gryffondor aurait du faire preuve n'apparut jamais et Melissandre entama un discours qui expliquait que les deux fillettes étaient inconscientes, qu'elle ne risquerait jamais sa peau pour elles, et blablabla. Ce sur quoi elle quitta le bureau du concierge, sa haine encore pétillante dans ses yeux.

La Rouge et Or avait laissé Amaëlle et Joy seules face à un problème insoluble, qu'elles revivaient pour la deuxième fois déjà. La recherche si exaspérante d'un objet introuvable, perdu au beau milieu des cacailles, armoires, poussières, bibelots confisqués,... Le collier de Hazel était difficile à trouver, si bien que Joy ne voyait plus que deux solutions : 1) elle s'était trompée et ce n'était pas dans l'antre de Rusard qu'il était perdu ou 2) le fantôme l'avait récupéré et s'en était débarrassé. Selon l'Écossaise, il n'était en tout cas pas posé sur une quelconque étagère ou table ; s'échiner à le chercher était inutile et dangereux. Alors qu'elle allait faire part de son raisonnement à son amie, celle-ci prit la parole.


« C'est pas grave pour l'Accio moi aussi j'ai du mal en Sortilège tu sais… les autres disent que pour une sorcière c'est bête mais y'a pas que ça comme magie même si c'est énervant de pas réussir. Mais toi t'es encore au tout début p'têtre tu vas mieux réussir après ! »

La fillette aux cheveux blonds acquiesça et sourit doucement. Elle n'était pas irrattrapable, c'était certain. Il suffisait simplement qu'elle fasse des efforts et s'applique davantage en classe de Sortilèges.

« Ouais. J'espère. Puis j'suis sûre que t'es pas un cas perdu non plus. »

Amaëlle se plongea ensuite dans ses pensées, semblant réfléchir à toute vitesse. Vers quelles conclusions pouvait-elle bien aller ? Joy s'apprêtait à interrompre le fil des pensées de la Serpentard pour lui faire part de son avis lorsqu'un bruit stoppa net son envie de parler. Le son était aisément identifiable ; des bruits de pas pressés, qui s'approchaient vertigineusement du bureau de Rusard. Il n'y avait rien de plus inquiétant que ce chahut, ces frottements, les plaintes du vieux concierge qui reprochait à certains élèves indisciplinés de toujours courir dans les couloirs. Nul doute ; le vieux fantôme antipathique avait fait la rencontre de Melissandre D'Errasium, qui avait eu l'incroyable chance de ne pas subir le courroux de Rusard. Chance dont Amaëlle et Joy ne pourraient pas se vanter, à l'évidence, puisqu'il y avait de fortes probabilités que le concierge se dirigea vers son bureau.

Deux fois. Deux fois que les deux fillettes venaient ici et deux fois que le concierge avait décidé d'en faire de même, en même temps qu'elles. La première fois, Joy avait attrapé son amie et elles avaient détalé, s'évitant ainsi une punition salée. Cette fois-ci, cependant, l'aiglonne était terrorisée et ne voyait aucun échappatoire ; pas le temps de prendre ses jambes à son cou. Juste celui de prier pour que le fantôme trébuche, se fasse une commotion cérébrale et oublie de venir dans son bureau. Il était hautement improbable que cette situation se produise mais Joy joignit tout de même les mains ; qui ne tente rien n'a rien.

Sauf qu'à en croire l'agitation d'Amaëlle Nelly, celle-ci ne s'était pas rendue d'avance. Comme dirait l'autre ; tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Ainsi, elle avait mis le turbo, avait débarrassé l'armoire de quelques objets encombrants et avait saisi le bras de la Bleue pour l'obliger à rentrer dans l'armoire. Elle y entra à son tour et, quelques millièmes de secondes avant que la porte du bureau ne s'ouvre, lui glissa :


« Désolée… respire dans ton uniforme au fait. »

Ce qu'elle fit sans qu'on ne le lui demande deux fois. Joy saisit sa robe de sorcière, en recouvrit son nez et respira doucement, tentant de ne pas perdre le contrôle de ses émotions. À quelques mètres, Rusard tempêtait à propos de tout et n'importe quoi. La directrice n'avait pas la moindre générosité, ne lui donnant même pas de clef, les élèves étaient insupportables, bref, rien n'allait, le monde était moche, la vie inutile et tout le monde était méchant. Les plaintes incessantes du fantôme firent lever les yeux au ciel à la jeune Serdaigle qui n'avait cure des états d'âme de ce vieux monsieur plein de méchanceté. La seule chose intéressante qu'il dit, c'était que les vieux objets, il les mettait à la poubelle. Joy était bouche-bée ; comment n'y avaient-elles pas songé ? Elle avait envie d'ouvrir la porte de ce fichu placard et de retourner la boîte à ordures, mais cela aurait mis les deux amies dans une sacrée misère.

« Il faut que j'aille chercher Miss Teigne... » grogna-t-il. « Sinon, ces garnements s'amuseront encore à la maltraiter... Ils ne se rendent même pas compte qu'elle est mille fois plus intelligente qu'eux tous réunis, ces cancres... »

Une aubaine. Souhaitant partir à la recherche de son animal de compagnie adoré, le concierge avait enfin quitté les lieux. Dès qu'elle entendit la porte se refermer, Joy ouvrit le placard et respira longuement. Puis, elle se précipita vers la poubelle et y trouva son précieux pendentif. Elle fut immensément soulagée, elle qui s'était résignée à perdre l'objet matériel qui comptait le plus à ses yeux. Un sourire béat scotché à ses lèvres, la jeune fille annonça à Amaëlle que la mission était accomplie et qu'elles pouvaient s'en aller. Ce qu'elles firent immédiatement.

Une fois dans les couloirs, les fillettes se dirent au revoir et retournèrent dans leur salle commune respective pour reprendre leurs activités normales et se remettre de leurs émotions.

Le bureau de Rusard, je vous le dis, était définitivement le pire endroit de la Terre.


Reducio
RPG terminé.
Merci beaucoup pour cette aventure périlleuse ! :)

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.