V | Derniers jours d'un condamné
1ère résolution
Une éternité plus tard...
Une éternité plus tard...
Allongé sur la paillasse qui lui sert de lit depuis fort longtemps, Edward ne s'amuse plus à compter les carrés de pierres au plafond. Il y a belle lurette qu'il a arrêté de le faire. Les yeux ouverts, il se contente d'observer le plafond sans penser à rien. Le sommeil est le seul refuge qu'il a pour pouvoir s'évader et vivre une vie moins triste. Seulement, en passant la majorité de son temps à dormir - et Merlin sait qu'il en a du temps à tuer -, il lui est impossible de dormir longuement. Ses journées sont ponctuées de phases courtes de sommeil et de phases longues d'insomnies. Constamment fatigué, sa vie n'est plus qu'une désolation, une routine dont il n'en voit pas la fin.
Si les maigres repas qu'il ingurgite tous les jours lui permettent de conserver suffisamment d'énergie, son état psychique, lui, est bien différent. Après s'être persuadé pendant des temps interminables qu'il avait pris la bonne décision en refusant l'offre d'Ursula Parkinson, ses positions avaient doucement vacillé. Désormais, le sorcier s'en veut d'avoir refusé une proposition qui l'aurait mené directement à la sortie - il ne se doute pas que la situation aurait sans doute été pire si il avait accepté -, un marché qui lui aurait permis de pouvoir être en ce moment en train de serrer dans ses bras la femme qu'il aime. La femme qu'il aime. Doucement, les détails de son visage se sont effacés de sa mémoire pour n'être plus qu'une vague réminiscence - une odeur, un toucher, une forme floue. Si il pouvait remonter dans le temps, il se donnerait sans doute une bonne claque pour s'être condamné ainsi.
Un bruit très atypique qu'il n'avait pas entendu ... depuis l'éternité d'une éternité se fait entendre. Cet affreux grincement d'une porte dont les gonds n'ont pas été huilés depuis des années finit par sortir Edward de sa torpeur. La première seconde, il n'ose pas tourner la tête et voir ce qu'il se passe. Il ne réussit qu'à trembler d'une manière incontrôlable car cette visite ne pouvait signifier qu'une seule chose : on venait le chercher pour le mener au peloton d'exécution. Sa fin avait enfin sonnée, on venait le tuer. Le prisonnier s'était toujours dit qu'il ne resterait pas éternellement en prison, puisqu'il n'avait, selon les dires de la cheffe du Conseil des Sorciers, plus aucune utilité à ses yeux.
Hors de question de se laisser faire, il allait se battre jusqu'au bout, même si c'était vain. Se redressant aussi rapidement que son état de fatigue le lui permet, il observe poings serrés la scène qui se déroule sous ses yeux. Deux personnes, qu'il reconnaît comme étant généraux de l'armée noire à leurs tenues, en jettent une troisième en plein milieu de la salle. Debout sur ses deux jambes, le professeur juge d'un regard froid l'homme à terre. Il semble avoir été passé à tabac - cela ne peut être qu'un autre détenu. La violence de la scène ne suffit pas à ranimer son empathie qu'une éternité de séquestration a poussé à se retrancher. Ses sourcils se froncent tandis qu'il se demande quel peut bien être l'objectif d'une telle scène. Les généraux essayent-ils de l'intimider en montrant un homme qui semble avoir subi les pires sévices ? Mais pourquoi feraient-ils ça ? Il avait avoué bien plus que nécessaire à leur leader, à son plus grand regret. Perturbé par cette scène, Edward reste pantois ne savant pas où il doit se placer.
Son attention se reporte sur la femme étant restée sur l'encadrement de la porte. Après qu'elle ait déboutonné le col de son manteau, son visage est découvert. Le prisonnier ne reconnaît pas cette femme - ou du moins pour l'instant en tout cas -, son attention est directement portée sur le paquet de cigarettes qu'elle sort d'une poche de son manteau. Edward serait prêt à tuer pour pouvoir fumer de nouveau une cigarette et se détendre, mais il se retient d'en demander une à la générale.
« Décline ton identité ». Cette voix si brute le fait sursauter et aussitôt il se tourne vers les deux autres hommes de la salle. L'autre prisonnier est à terre, les deux mains sur la tête et les genoux le plus près possible du ventre, comme si cela lui permettrait de ne pas recevoir de coups. La situation en était pitoyable, il luttait tant bien que mal contre un destin qu'il ne maîtrisait pas. Edward aurait probablement eu de la peine pour lui en début de captivité, mais il était désormais bien incapable de s'apitoyer sur le sort d'autrui ; tout était vide de sens pour lui.
« Me-Melvyn G-G-Galant. Je-je s-suis le-le di-directeur général d-du MI… du MI-5. »
Une étincelle de stupéfaction s'anime dans les yeux du prisonnier. On lui avait emmené le directeur du MI-5. Cela signifiait que la guerre entre les sorciers et les moldus s'était accentuée et que le Conseil des Sorciers avait fini par capturer l'une des plus importantes têtes du gouvernement britannique. Edward en est stupéfait, les manteaux noirs avaient accompli une réelle prouesse - même si il ne sait pas ce qu'il doit penser de la situation, si c'est un mal ou un bien.
« Un cadeau de madame Parkinson pour vous lui signifie le général. Le Moldu qui vous a conduit tout droit ici. »
Le peu d'émotions que laisse transparaître le visage de Penwyn disparaît. Seuls ses yeux semblent s'animer - il est en pleine réflexion. Oui, bien-sûr. C'était le directeur du MI-5, ce pauvre et ridicule imbécile qui se tenait devant lui, qui avait ordonné l'assaut contre le 41/2 Lower Grosvenor Place et avait mis en danger la vie de ses proches - voire menés à leurs morts, il n'avait aucune nouvelle de ce qu'il était advenu d'eux. Il ne fallut guère plus d'une seconde à Edward pour croire les paroles du général - et ceci même si il aurait en temps normal remis sa parole en question. La captivité ayant profondément marqué le prisonnier, il ne peut entendre que le mot "vengeance". Un sourire machiavélique se dessine sur les lèvres de l'homme qui commence à faire ses premiers pas pour rejoindre le criminel qui a osé s'en prendre - certes indirectement - à ses proches. S'apprêtant à se jeter sur Melvyn Galant pour lui faire payer le prix de son infamie, le sorcier déchu s'arrête subitement en se rappelant qu'il n'était pas tout seul dans cette salle. Les deux généraux ne toléreraient peut-être pas ce qu'il s'apprêtait à faire.
« Un cadeau de madame Parkinson pour moi... répète-t-il sur un ton assez étrange. Il demande ensuite en regardant le général droit dans les yeux et en faisant craquer les articulations de ses poings : Je peux en disposer... comme je veux ? »
La folie le guette. Il attend désespérément que les généraux lui laissent l'opportunité d'en découdre avec cet homme. Cet homme qui est à l'origine de tous les malheurs qui lui sont arrivés depuis une éternité. À l'origine de son isolement, des révélations qu'il avait été contraint de faire auprès d'Ursula Parkinson. Il suffit d'un seul ordre, et Edward se jetterait sur Melvyn Galant pour rejeter toute la colère qu'il avait emmagasiné en lui depuis le début de sa captivité.
« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
V | Derniers jours d'un condamné
Seule une terrible haine - une étrange affliction qui ne l'avait jamais autant affecté qu'à cet instant - réside dans l'esprit du prisonnier. Le Moldu qui était à l'origine de sa capture et des terribles tourments psychologiques qu'il avait subi - et qu'il s'était infligé - est là, à moins d'un mètre de lui. Il n'a qu'à tendre le bras pour pouvoir toucher le corps de cet homme pathétique, celui qui méritait un sort bien pire que la mort.
Il n'attend qu'un seul ordre de la part des généraux pour pouvoir se jeter sur lui et décharger toutes la frustration et la colère qu'il avait emmagasiné depuis le début de sa captivité. Seulement, ce manteau noir lui fait signe d'attendre, mais pourquoi ? À quoi bon faire parler ce Melvyn Galant, à quoi entendre tout ce qu'il avait à dire pouvait être utile à un homme destiné à croupir le restant de ses jours en cellule ? Edward ne comprend pas les intentions des généraux, ne comprend pas pourquoi Ursula Parkinson lui présentait ce cadeau. Mais son incompréhension disparaît dès lors que le général reprend la parole pour demander au Moldu d'éclaircir les événements du 29 janvier 2045.
« Explique-lui comment vous les avez piégés lui et ses proches. »
Au lieu de répondre à l'injonction qui avait été faite, le Moldu se contente de se tourner vers Edward et de se confondre en excuses. Des excuses incompréhensibles que des balbutiements ont peine à dévoiler, des excuses qui n'atteignent pas le cœur du prisonnier. En ce moment, il est bien incapable de ressentir ne serait qu'une once de pitié pour celui qui avait fait écroulé son monde. Il le regarde de haut, comme un enfant regarderait une fourmi qu'il s'apprête à écraser.
« Puisque tu ne veux pas te montrer coopérati… »
Un sourire mauvais se laisse étirer sur le visage de l'homme. Galant avait subi de terribles supplices de la part du Conseil des Sorciers, et on le présente à lui dans une ultime torture, pour se confronter au sorcier à qui il avait détruit la vie.
« NON ! s'écrit le Moldu avant de se rouler en boule comme pour se protéger de potentiels coups. Nou-nous avons dé-découvert que vou-vous autr… »
Mais aucun coup ne vient le faire taire ou l'inciter à parler. La frustration d'Edward ne fait qu'augmenter - son envie de percuter Melvyn Galant est toujours pressante ; il a hâte de pouvoir passer à la suite des réjouissances.
« – T-t-t ! pas de mensonge Moldu. »
Les sourcils du professeur d'Étude des Moldus se froncent tandis que sa colère est sur le point de déborder. En plus d'être l'infâme homme qui l'avait mené jusqu'ici, il ose lui mentir. *Si le général sait qu'il ment, c'est probablement qu'il l'a déjà interrogé. À quoi rime cette mise en scène ?* se demande-t-il. Il regarde un instant le manteau noir et celle qui semble être sa sœur - * des jumeaux ?*. Une impression de déjà-vu, comme si il les avait déjà croisé à un moment de sa vie fait surface dans ses pensées, mais il est bien capable de donner un moment ou un lieu. Son attention est aussitôt reportée sur le Moldu qui s'exclame :
« D’ACCORD-D’ACCORD ! Je vais dire la vérité ne me faites pas de mal ! »
« Monsieur Penwyn t’écoute Moldu. »
Qu'il se dépêche. Vite. Si Edward avait une seule chose à demander en cet instant, c'était celle-là. Plus vite Galant aurait parlé, et plus vite il pourrait se libérer de toute sa colère.
« Un homme est ve-venu. I-il nous a mon-montré comment repérer les-les so-sorciers. Il s’a-s’avère que-qu’à la ca-mé-méra thermique v-vous êtes di-différent de nous… vous irradiez. »
L'esprit du professeur d'Étude des Moldus devient complètement obnubilé par ce que le Moldu vient de dire. Il oublie momentanément sa colère, l'enseignant qui jusque-là sommeillait en lui reprend le dessus et une curiosité malsaine l'envahit. Le gouvernement moldu avait ainsi créer une technologie capable de différencier les sorciers des non-magiciens. Une technologie qui leur permettait de pouvoir identifier les personnes de sa communauté aussi facilement qu'il l'est de pouvoir distinguer une chèvre d'une vache dans un pré. Jamais Edward n'aurait pu penser que la différence qui faisait de lui un sorcier pouvait être descellée par les machines moldues. L'excitation de pouvoir en découvrir davantage l'envahit, mais il est rapidement ramené sur terre par le général :
« La magie nous rend détectable. L’un des nôtres, un sorcier, l’a découvert et a offert cette précieuse information au gouvernement Moldu... dis-lui Moldu. Dis-lui ce que vous avez fait à Benedict Bagholmes quand vous avez testé cette précieuse information pour la première fois. »
Il regarda bêtement le manteau noir pendant quelques instants, le temps pour lui de comprendre toute l'implication des propos qu'il venait de tenir. Benedict Bagholmes avait donc été capturé par le gouvernement moldu - ce même gouvernement avec lequel il avait travaillé en étroite collaboration l'année dernière - et avait subi des sévices. Mais, lesquelles ? Pour ne pas sauter sur le Moldu et lui faire avouer lui-même ses pêchés, Edward s'enfonce les ongles dans la chair de ses paumes. L'explication allait venir, il devait attendre quelques secondes supplémentaires. Son visage est parcouru d'étranges sentiments, mais c'est la colère qui prédomine. Les veines de tout son corps se mettent à gonfler, celle de sa tempe palpite.
«T-torturé… »
«Jusqu’à ? »
«Ju-jusqu’à ce qu’il nous supplie de le tuer. »
Sans qu'il le veuille consciemment, ses deux poings se referment encore plus et ses ongles s'enfoncent encore plus dans la chair - mais il ignore la douleur, ne faisant que fixer ce moldu avec haine. Ce Moldu n'avait pas hésité à torturer un sorcier, un sorcier qui s'était engagé auprès de lui dans son mouvement de résistance, un moldu qui avait eu suffisamment confiance en lui pour rejoindre sa croisade. Une terrible pensée parcourut l'esprit d'Edward : Et si... Et si Diane, Erin et Marlon n'avaient pas réussi à s'échapper et qu'ils avaient été capturés par ces abjectes personnes ? Avaient-ils subi le même sort ? Non, non. Ce n'était pas possible, il devait se faire confiance, son portoloin avait forcément marché et ses trois amis étaient en sécurité. Melvyn Galant aurait pu continuer de s'expliquer, tenter de se justifier, mais le prisonnier se moque désormais de tout ce qu'il peut dire. Il regarde une dernière fois le général qui recule contre le mur le plus proche, attendant son ordre. Mais, aucun mot ne sortit de sa bouche, c'est sa soeur qui prit l'initiative et lui dit :
« Il est à vous à présent »
Un sourire carnassier apparaît sur le visage d'Edward. L'heure n'était désormais plus à la parlante et aux actions. Le moment était maintenant venu de faire payer Melvyn Galant pour les crimes qu'il avait commis contre les sorciers - sans doute des sorciers qu'il avait connu et apprécié. En un instant, il se jette violemment sur le Moldu qui s'était recroquevillé à ses pieds. Les bras en avant, il tente de l'immobiliser pour qu'il ne puisse pas bouger et se débat avec lui jusqu'à ce qu'il soit plaqué le visage contre le sol et son bras tordu dans son dos. Assis sur lui, ses deux jambes de chaque côté de l'homme, le prisonnier se met à hurler :
« Sale e******, c'est à cause de toi que je pourris dans cette p***** de cellule depuis des lustres, hein ? »
Sa colère s'étant exprimée - mais certainement pas atténuée -, il finit par lui cracher au visage. Un geste humiliant pour une personne qui ne méritait aucune pitié, une personne qu'il comptait bien briser jusqu'à ce qu'il le supplie de le tuer. Tout comme Benedict Bagholmes avait supplié Galant de le tuer. Ursula Parkinson lui offrait un cadeau bien généreux - celui de pouvoir déverser toute sa haine sur un homme odieux. Elle aurait pu ne pas le faire, mais elle en avait décidé ainsi, et pour cela, Edward l'en remerciait intérieurement. La respiration haletante, il veut poser une question à l'homme. Le temps de trouver ses mots, son inconscient prend le dessus et il finit par enfoncer son poing droit dans les côtes de l'homme. Oups. Il fallait habituellement parler avant de menacer, mais il n'était plus capable de se maîtriser, de se contenir, ni même de réfléchir. Il était plongé dans un état transcendant, il s'enfonçait sur un chemin bien trop dangereux mais la haine l'aveuglait. Il sourit, prend le temps de respirer deux secondes.
« Pourquoi avez-vous attaqué des sorciers innocents au 41/2 Lower Grosvenor Place ? Ils ne vous avaient rien fait ! s'écria-t-il avant d'ajouter : Parle et vite, si tu tiens à la vie. »
Il n'était pas prêt à le tuer, si ? Il voulait seulement lui faire peur, et ensuite lui faire subir d'affreux sévices. On finit toujours par récolter ce que l'on sème, et Melvyn Galant allait vite finir par comprendre que ce n'était pas qu'un adage.
« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
V | Derniers jours d'un condamné
Un affreux sourire carnassier apparait sur le visage du prisonnier devenu fou par l'isolement lorsque le chef du MI-5 se tord de douleur suite au violent coup de poing qu'il lui avait infligé au flanc. Si il s'était vu d'un point de vue extérieur, Edward aurait sans doute pris peur de voir de quoi il était capable, se serait sans doute arrêté, mais il n'était désormais plus lui-même. Edward Penwyn était devenu le captif. Celui qu'on avait laissé bien trop longtemps seul et qui avait eu tout le loisir de nourrir sa rancœur contre ceux qui l'avaient emprisonnés et contre quiconque en était à l'origine. Bien qu'amoindri, affaibli par ces longs de mois de captivité, la rage qui culmine en lui lui permet de garder le contrôle sur le Moldu qui essaye tant bien que mal de se défaire de son emprise. Il ne prête aucune attention aux sévices qu'avait subit l'autre homme, ne ressent aucune pitié car seule la vengeance guide en cet instant ses actes tandis que ses pensées sont en arrière-plan. Lorsque cet infâme ordure se résigne enfin à se débattre et comprend qu'il ne pourra se libérer du prisonnier, il finit par lâcher d'une voix mêlant essoufflement et panique :
«Q-quand nous avons compris que la détection fonctionnait, nous en avons informé le roi, comme le veut le protocole… il a reçu le premier ministre à Buckingham Palace et exigé que l’efficacité de cette nouvelle technologie soit prouvée devant lui… je vous le jure, c’était un hasard… nous n’imaginions pas trouver des sorciers du premier coup, et certainement pas si près du palais… »
La rage qui faisait trembler tout le corps du sorcier déchu ne peut que s'intensifier en apprenant que sa capture et que les vies des personnes qu'il appréciait avaient été mis en danger sur un simple hasard. Un simple hasard qui lui avait fait passé les pires mois de son existence, un simple hasard qui l'avait éloigné de la femme qu'il aimait et qui l'empêcherait de voir son enfant grandir. Le pire était sans doute d'apprendre qu'il avait été capture parce que ce toutou voulait faire la démonstration de son nouveau jouet devant ses patrons. Ce qui pour lui avait été un jeu avait causé une longue et lente agonie. Si cet homme n'avait pas pris les décisions qu'il avait prises, rien de tout cela ne serait arrivé. La respiration du prisonnier devient de plus en plus haletante tandis que la rage gronde en lui et menace d'exploser à tout instant. Tout son corps tremble, en partie dû par la fatigue et l'autre par la colère qui l'envahissait. Melvyn Galant méritait de souffrir, et lui, l'homme à qui il avait détruit la vie, serait son tortionnaire. Dans un excès de fougue, il remonte violemment le bras du Moldu vers les omoplates sachant qu'il augmentera la douleur déjà bien présente dans son dos. Toujours assis sur lui, il se penche en avant pour approcher sa bouche de son oreille et lui susurre d'une voix pernicieuse :
« Vous avez torturé Benedict Bagholmes jusqu'à ce qu'il vous supplie de le tuer... Tout comme... Il est incapable de mettre un nom sur le visage qu'il avait vu dans la Gazette du Sorcier en janvier. Bien d'autres sorciers... »
L'homme, assis à califourchon sur le dos d'un autre homme, est loin d'être l'homme qu'il a jadis été. Seulement animé par la haine qu'il voue contre ce Moldu, contre Ursula Parkinson et ses sbires, il est bien incapable de garder contenance et de se maîtriser. À chacune des phrases qu'il prononce, le prisonnier perd de plus en plus contrôle de lui-même mais ne semble pas s'en rendre compte, comme si il avait depuis longtemps perdu une part profonde de lui. Les veines de ses tempes s'agitent et vibrent, son corps se raidit. Inconsciemment, il sait ce qu'il s'apprête à faire ; alors, il relâche le bras de Melvyn Galant, comme pour lui laisser l'infime espoir que sa peine était finie. Oui, ses souffrances étaient bientôt finies, mais certainement pas de la manière dont il espérait. La main gauche d'Edward vient fermement serrer l'épaule gauche du Moldu, tandis que sa main droite se saisit de l'arrière de son cou. Si le directeur n'avait eu aucune pitié à torturer des sorciers, lui n'en aurait aucune pour lui rendre la pareille. Une pensée volatile s'instigua dans son esprit et il sourit sans s'en apercevoir en s'imaginant garder cet homme comme un chien dans sa cellule afin de l'humilier et lui faire mal quotidiennement. Ursula Parkinson l'autoriserait-elle à le garder et lui faire subir les pires sévices ? Après tout, elle n'en avait plus besoin, elle avait sans doute obtenue toutes les informations qu'elle désirait.
« Ils n'avaient rien... fait de mal.... Leur seul crime... était d'être... différents... différents de vous. À chaque pause dans son discours, le prisonnier tire sans ménage l'épaule et le cou du directeur en arrière pour, l'instant d'après, les marteler sans ménagement avec le reste de son corps contre le granite du sol. Vous ne méritez... ni de mourir... ni de vivre. Ce dernier choc est encore plus violent. Juste de... souffrir... très longtemps. »
Si le Lui d'avant, qui n'était désormais plus qu'une infime part de sa psyché aurait souhaité ne faire que du mal à l'instigateur de sa capture, il n'était pas arrivé à prendre le dessus. Inlassablement, la tête du Moldu heurtait le sol du granit. Si au début, les plaintes et les gémissements de Galant étaient nombreuses et intenses, elles avaient diminué sur la fin jusqu'à ne plus exister. Empli de rage, le prisonnier ne voyait pas ce qu'il se passait autour de lui ; il avait d'ailleurs du mal à voir ce qu'il se passait juste sous ses yeux. Seule sa colère le guidait et il se moquait bien de ses autres sens. Le bâtiment aurait pu s'écrouler tout autour de lui qu'il ne s'en serait pas rendu compte. Il voulait simplement blesser, faire mal, torturer cet homme si abject, cet homme qui avait commis tant d'horreurs contre son peuple.
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V | Derniers jours d'un condamné
La Bête en lui avait pris le dessus sur le reste de sa conscience. Seulement animé de pulsions primaires, de pulsions animales, le prisonnier qui en était presque arrivé à oublier la personne qu'il était avant, cognait inlassablement la tête de Melvyn Galant contre le sol. Il ne voyait pas que cette même tête semblait offrir moins de résistance à chaque coup supplémentaire qu'il donnait ni ne notait les éclats de sang qui jaillissaient ponctuellement. Au bout d'une dizaine de seconde qui ne parurent que quelques secondes pour lui, l'homme relâcha la tête du Moldu et leva la tête vers le plafond pour pousser un long soupir, le type de soupir que l'on pousse après avoir fait un acte jubilatoire. Sa respiration ne semblait pas vouloir s'arrêter, ayant été stimulée par les efforts qu'il venait de fournir et la fatigue que son état de captivité avait su créer.
Ce n'est que lorsqu'une odeur familière vint lui titiller les narines qu'il sortit de sa torpeur. Une cigarette apparait dans le coin de sa vision, on lui en propose une, mais son regard lui est obnubilé par le corps inanimé se trouvant entre ses deux jambes. Une mare de sang commençait doucement à se répandre autour du cadavre. À ce moment-là, Edward aurait dû être choqué par ce qu'il venait de faire - il venait de tuer un homme de ses propres mains -, mais il n'était plus lui-même et l'adrénaline et l'excitation qui l'avaient poussé à faire cet acte effroyable n'étaient pas encore redescendues.
« Cette paix intérieure après avoir assouvi un instinct purement animal… quel meilleur moment pour mourir. »
Une piqûre vint irriter le centre de son dos. Il ne lui faut guère plus d'une seconde pour se rendre compte qu'il s'agit de l'extrémité de la baguette magique de Jacob. Respirant toujours aussi fortement, le prisonnier comprend que ce Melvyn Galant était un cadeau qu'Ursula Parkinson lui faisait avant de l'exécuter, de le condamner à mort. Ses deux généraux étaient venus pour le tuer après avoir profité du spectacle. Sauf que même si l'homme n'était plus que l'ombre de lui-même, il y avait toujours une part en lui qui voulait survivre à défaut de vouloir vivre. Discuter, les implorer de les laisser en vie serait bien vain. Ils étaient venus pour le tuer, et rien de ce qu'il pourrait dire ne les ferait changer d'avis. Le pénitent n'avait plus qu'une seule carte en main, une carte folle vu sa condition physique, mais il valait mieux la tenter que de mourir sans se battre une dernière fois.
L'homme passe sa main droite derrière lui pour tenter d'agripper la baguette de Jacob, mais son mouvement brusque ne le berne pas. À peine eut-il tenté un mouvement qu'une voix froide et distincte prononce :
« Acuo »
L'instant d'après, une douleur telle qu'il ne l'avait jamais connue - ou du moins, de ce qu'il s'en rappelle puisqu'il est bien incapable de savoir qui il est - traverse l'ensemble de son visage, accompagnée d'une forte chaleur. Peu à peu, il entend - et ressent - les os de son visage craquer de manière aléatoire, comme si son crâne s'enfonçaient par endroits. Le prisonnier ne peut s'empêcher de crier sous le poids de la douleur, et se fait pousser sans ménagement par le général sur le corps du Moldu. Pour en rajouter à sa douleur, Geneva vint ensuite écraser la main du prisonnier en mettant tout son poids sur son pied. Un hurlement encore plus intense s'échappe de la bouche de l'homme.
« Tu n’as donc rien compris imbécile, déclare-t-elle en portant la cigarette à ses lèvres. Si Madame désirait ta mort, il y a longtemps que tes entrailles reposeraient à l’air libre. Tu vas mourir ce soir, cela ne fait aucun doute, mais pour mieux renaître. Tu l’en remercieras, crois-moi »
Transpercé de toutes parts par la douleur, le prisonnier n'arrive pas à saisir le moindre sens dans les paroles prononcées par Geneva. Elle aurait pu lui parler de politique, de recettes de cuisines ou même de peintures qu'il n'aurait été capable de la comprendre. Seule la douleur qu'il ressentait en ce moment occupait tous ses esprits. Des larmes de douleurs étaient même en train de couler le long de ses yeux tandis qu'il était toujours affalé sur le ventre contre le corps du moldu qu'il avait tué.
« Oubliettes »
Ce fut le dernier instant d'existence du prisonnier, de lui. La sentence avait été prononcée et exécutée. L'individu qui avait pris le dessus sur Edward Penwyn et s'était insinué dans son esprit pendant plusieurs mois, le rendant captif à l'intérieur de son propre corps venait de disparaître en un coup de baguette - momentanément ou définitivement, seul l'avenir le dira. L'individu qui avait sous le coup de la haine tué de ses propres mains un moldu, fut-il le chef du MI-5, n'était plus. Tous les souvenirs concernant sa captivité avaient disparu, de ses deux rencontres avec Ursula Parkinson, des longs mois de captivité où le froid et la faim le rongeaient jusqu'à l'intervention des deux jumeaux dans sa cellule.
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V | Derniers jours d'un condamné
Edward Penwyn se souvenait très bien avoir du évacuer en urgence le 4 1/2 Lower Grosvenor Place suite à une attaque des Moldus. Il se souvenait très bien être descendu dans ce logement afin d'être sûr que plus aucun membre de son organisation n'étaient encore présent et qu'il n'y avait plus aucun corps à rapatrier. Il se souvenait même du moldu renversé sur une chaise, le nez en sang. Mais après, plus rien. On avait du l'assommer, mais il n'avait aucun souvenir sur comment. En reprenant peu à peu conscience, il aurait dit que quelques heures, au maximum un jour ou deux étaient passés entre cette attaque et le moment présent. Le seul souvenir de sa captivité était la douleur lancinante qui parcourait son visage et sa main gauche. En voulant comprendre ce qu'il se passait, Edward touche machinalement son visage, avec cette même main meurtrie et brisée. Un cri s'apprêtait à sortir de sa bouche à cause de la douleur, mais seule une gerbe de sang réussit à s'en échapper. C'est en regardant le sang tomber au sol qu'il se rend compte qu'il se trouve sur un cadavre encore chaud. Les douleurs qu'il avait l'état de sa main. L'homme n'avait peut-être aucun souvenir de ce qu'il s'était passé, mais il ne fallait pas être une flèche pour comprendre qu'il s'était battu jusqu'à la mort avec cet homme. Il eut envie de vomir en prenant conscience de l'acte abject qu'il venait de commettre, mais une explosion violente se fait entendre derrière lui, faisant voler des morceaux de pierres dans la salle sans pour autant le toucher.
Une manteau noire entre dans la salle, rapidement suivie par plusieurs autres manteaux noirs. Inconsciemment, Edward fronce les sourcils en les voyant entrer. Ils étaient venu pour sauver des mains des moldus un homme qui avait passé les derniers mois à lutter contre tout ce qu'ils représentaient - mais ça, ils ne le savaient pas, ou du moins, de ce que l'homme en savait. Pour lui, son combat contre eux datait d'hier ; il avait des réticences à accepter leur aide, mais pouvait-il vraiment se permettre de la refuser dans un état si piètre ? De plus, Edward était si troublé par les effets du sortilège d'Amnésie qu'il venait d'endurer qu'il était bien incapable de situer ses pensées au bon endroit. Alors, il se laissa porter sans broncher par la manteau noire qui l'aidait à se relever et lui dit :
« Mmm.. merci..., finit-il par lui dire sans oser la regarder dans les yeux. Où... où suis-je ? »
Le sorcier n'osait pas regarder directement la femme dans les yeux, ayant peur que son regard ne trahisse ses réelles convictions politiques. L'homme avait toujours été un piètre menteur, préférant la vérité, ou au moins un enrobage de la vérité, plutôt qu'un mensonge. La sincérité avait toujours été l'une de ses qualités principales, mais il ne pouvait pas se permettre de rester droit dans ses bottes en ce moment. La réponse ne tarda pas à venir, la sorcière lui apprenant :
« Dans une prison de haute-sécurité moldue. Accrochez-vous bien, je vais nous faire transplaner loin de cet enfer, à trois. Un… deux… trois ! »
Edward n'a même pas le temps de donner son consentement qu'il sent déjà les effets du transplanage arriver. Il se cramponne du mieux qu'il peut à la manteau noire pour ne pas risquer un désartibulement, ayant toujours l'esprit à moitié embrumé par sa condition. S'attendant à ressentir les effets habituels de ce moyen de transport, l'homme est surpris lorsque ses deux pieds touchent de nouveau le sol. La manteau noire et lui-même se trouvent dans une grande salle de réception toute en pierres, et sont rapidement rejoints par d'autres manteaux noirs, qui eux aussi viennent d'escorter ce qu'il semblerait être d'autres prisonniers. Ursula Parkinson venait de mener une grande opération de libération des sorciers, et même si il n'adhérait pas à sa manière de faire, il ne pouvait s'empêcher de reconnaître qu'elle avait fait quelque chose de bien.
En parlant du loup, Edward ne tarde guère longtemps à la voir se déplacer entre les différents groupes pour saluer les prisonniers, échanger quelques mots avec eux avant de passer aux suivants. Il voit les prisonniers s'incliner, tomber à genoux en pleurant devant une Ursula Parkinson inquiète et préoccupée. Son tour allait bientôt venir, comment allait-il réagir ? Il n'avait aucune envie de se mettre à quatre pattes devant la femme qu'il avait tant haï, mais cela paraîtrait bien bizarre qu'il demeure indifférent. Car même si la cheffe du Conseil des Sorciers semble bien plus humaine, chaleureuse devant cet attroupement de sorciers, Edward ne peut s'enlever de sa mémoire les actes abjects qu'elle a commis, et ceux que ses hommes ont commis en son nom.
« Mon dieu, que vous ont-ils fait subir… s’indigne-t-elle en s’arrêtant près d’Edward, les yeux légèrement écarquillés. Quel est votre nom monsieur ? »
Gardant contenance du mieux qu'il peut malgré des sentiments contradictoires et la douleur qui traversait son visage et sa main droite, il mimique la même tête que faisaient certains prisonniers et lui serre vigoureusement la main - non pas sans avoir une nouvelle grimace sur le visage lorsque sa main endolorie touche celle de la femme.
« Edward Penwyn, Madame, lui répond-t-il d'une voix troublée. Les Moldus m'ont attaqué hier et puis... je ne me souviens plus de rien. Du moins, jusqu'à ce que ces formidables sorciers et sorcières arrivent. »
Inconsciemment, il touche de nouveau son visage - avec sa main non blessée cette fois-ci -, pour tenter de prendre davantage conscience des blessures qu'il avait subi.
« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
V | Derniers jours d'un condamné
En prononçant son nom, Ursula Parkinson semble surprise et jette même un regard interloquée à la femme qui l'avait sorti de prison. Le regard sur le visage de la cheffe du Conseil des Sorciers n'a rien de rassurant pour un homme dans la position d'Edward Penwyn, puisqu'il pouvait signifier plusieurs choses. La plus probable était qu'elle ait eu vent de ses agissements en tant que chef de la résistance, qu'elle avait pu attraper un grand poisson. Seulement, lorsque la femme reprit la parole, il comprit que sa première supposition n'était pas vraie.
« Edward Penwyn… répète Ursula en baissant les yeux comme si elle cherchait quelque chose sur le sol. Professeur... articule-t-elle doucement. Vous êtes porté disparu depuis plusieurs mois… trois, pour être exact. »
En apprenant que sa disparition n'avait pas duré quelques heures ou jours comme il le pensait, mais bel et bien trois mois, Edward a du mal à rester deux bouts sur ses deux pieds et chancèle. Sans la présence de la manteau noire qui l'aidait à se maintenir debout, l'homme se serait probablement écroulé par terre. Des nausées s'emparèrent de lui, et il eut envie de vomir. Il l'aurait certainement fait si son estomac n'était pas vide et se rongeait de l'intérieur. Le professeur se sentait déphasé, comme si il vivait dans deux temporalités différentes. Il était impossible que trois mois se soient écoulés, comment cela pouvait-il raisonnablement être le cas ? Seule une journée s'était écoulée pour lui, pas trois mois. Une fois de plus, Ursula Parkinson le coupe dans sa réflexion et amène un élément de réflexion pour lui éclaircir l'esprit :
« Se peut-il qu’il ait subi un sortilège d’Amnésie, cela confirmerait nos soupçons sur la possibilité que le gouvernement Moldu soit renseigné par un ou plusieurs sorciers ? »
Mais oui, bien-sûr ! Son état d'esprit, son dépaysement, son décalage étaient les effets secondaires classiques d'un sortilège d'Amnésie. La bouche-bée, Edward écouta en silence les deux femmes échanger sur cette possibilité.
« Impossible de le savoir Madame. Seul un Legilimens très puissant pourrait en attester. »
« Je comprends, commente Ursula en tapotant très doucement la main d’Edward, le regard encore fuyant. Bien, je ne vois qu’une seule option. Ramenez le professeur Penwyn à Poudlard. Le professeur Loewy connait un certain Aidan Bowers. Il pourra, sans doute, apporter quelques éléments de réponse à monsieur. Poudlard est de toute façon la seule destination souhaitable pour lui. »
Edward ne put s'empêche de pousser un soupir de soulagement en apprenant qu'on allait le renvoyer à Poudlard. Le cauchemar prenait enfin fin. On allait le ramener dans un lieu qu'il connaissait, avec des personnes qu'il connaissait. La perspective de voir sa mémoire passée au crible ne l'enchantait guère - il y avait des informations dans sa tête qu'il aurait préféré que Kristen Loewy ne sache jamais - mais il s'agissait d'un problème qu'il aurait tout loisir de régler plus tard. Le plus important pour l'instant était de retrouver sa liberté et de s'éloigner de cet attroupement de gens qu'il avait détesté durant de nombreux mois.
« Bien Madame. »
« Professeur » la salue Ursula en inclinant sa tête.
Il lui rend son signe de tête en essayant d'être le plus courtois possible malgré la situation, puis lui dit d'une voix fatiguée mais douce :
« Je vous remercie sincèrement pour, il essaye de trouver ses mots, un peu perdu, tout ce que vous avez pu faire pour moi, Madame Parkinson. »
Il regarde ensuite la femme qui l'aide à ne pas vaciller et lui répond sur un air entendu en se préparant mentalement à un deuxième saut :
« Oui, allons-y. »
Seul un simple hochement de tête vint répondre à ses remerciements, et l'instant d'après, Edward subit un deuxième transplanage, tout autant maîtrisé que le premier. En touchant le sol, ses narines reconnaissent une odeur bien familière : celle des pins sauvages entourant le domaine de Poudlard. Ca y est, l'homme était enfin rentré dans un semblant de maison. Sa vision est le dernier sens qu'il récupère en arrivant. Une fois qu'ils se sont acclimatés à l'obscurité ambiante, le sorcier peut reconnaître, de l'autre côté d'une étendue d'eau, le château qui l'a accueilli durant son enfance.
« Je ne peux pas aller plus loin, déclare la femme chauve. Nous autres Manteaux noirs ne sommes pas en odeur de sainteté par ici. »
Il ne peut s'empêcher d'opiner du chef à ses dires. Il était vrai que les manteaux noirs n'étaient pas acceptés à Poudlard qui se voulait indépendant de toute politique. Edward devrait se passer de son aide pour rentrer au château, même si elle en avait énormément fait. L'homme garde un équilibre précaire lorsque la femme le lâche pour jeter un sortilège de détresse.
« Vous êtes un survivant, professeur. Ne l’oubliez jamais. »
Une moue apparaît sur son visage déjà bien amoché par le sortilège et la douleur tandis qu'il regarde les étincelles descendre doucement dans le ciel. Elle dit qu'il est un survivant, mais comment pouvait-il se sentir ainsi alors que les souvenirs de sa captivé lui avaient été retirés ? Pour lui, sa captivité n'avait pas durer longtemps. Seule la douleur qu'il ressentait représentait la souffrance endurée, rien de plus, rien de moins.
« Je ne sais pas comment je pourrais vous remercier de m'avoir sauvé ce soir ... lui dit-il en s'approchant avec difficulté de la rive pour contempler le château. Je ne connais même pas votre nom... Il prend une courte pause avant de demander : Pensez-vous que quelqu'un verra ces étincelles à une heure si tardive ? »
« On dit que rien n’échappe au professeur Loewy, répond-elle. »
La manteau noire tourne son regard vers la rive de Poudlard et rajoute pour lever le mystère sur son identité :
« Je m’appelle Avis. Avis Mersch, 4ème Général de l’Armée Noire. »
Avis Mersch. C'était le nom de sa sauveuse. De la personne qui l'avait sorti de ce cauchemar. À cet instant, Edward avait de l'admiration pour cette femme qui semblait forte et courageuse, cette femme qui l'avait sauvé, mais garderait-il le même état d'esprit une fois sa conscience pleinement retrouvée ?
« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily