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Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

Faisant les cents pas dans la pièce vide, Absynthe réfléchissait. Ce n'était pas rare pour la demoiselle, mais, généralement, ses pensées ne se focalisaient pas autant sur un sortilège en particulier. Cela ne faisait que peu de temps que la blonde se retrouvait être à Poudlard, mais elle ne voulait absolument pas prendre de retard sur le programme. C'était bien l'inverse, en réalité. Elle avait donc passé sa journée à faire des recherches, trouvant certains sortilèges pratiques, qu'elle se devrait d'apprendre. Elle avait jeté son dévolu sur le sortilège de désarmement, en premier lieu.

Le sortilège était relativement basique, mais la Swanson était persuadée que c'était avec ce genre de sortilège qu'elle pourrait s'en sortir en premier lieu si elle devait s'esquiver d'une situation désavantageuse. C'était donc tout naturellement qu'elle s'était rendue en salle d'étude, avec ses notes, dans l'idée d'apprendre la théorie avant de s'essayer à la pratique. Et la théorie, elle l'avait apprise rapidement. Si c'était un fait très peu connu, il n'en restait pas moins véritable : Absynthe avait une mémoire eidétique. Elle parvenait, ainsi, à se rappeler dans les moindres détails se qu'elle avait vu ou lu.

Malgré cela, elle n'avait jamais été réellement préparée à l'échec, en dehors de celui, social, qui était devenu une simple habitude. La demoiselle avait toujours eu de très bonnes notes à l'école, dans toutes ses matières, avant d'arriver à Poudlard où, pour le moment, elle continuait sur sa lancer. Pourtant, la pratique pour certains sortilèges se révélait bien plus complexe qu'elle n'y avait cru au premier abord.

Comment s'y était-elle prise pour essayer de lancer le sortilège ? C'était très simple. Elle avait visé certains de ses camarades qui s'entraînaient eux-mêmes à d'autres sortilèges. Malheureusement, elle n'avait eu aucun effet, ne parvenant jamais à le lancer. Si la théorie était assimilée, la pratique relevait du niveau zéro. C'était frustrant. C'était par ailleurs ce qui avait poussé Absynthe a rester plus tard que les autres. Le dîner était déjà passé et la blonde se doutait même que ce fût également le cas du couvre-feu, mais elle en avait cure. Elle voulait trouver un moyen de réussir le sortilège.

Marcher entre les différentes tables mis à la disposition des élèves l'aidaient à réfléchir, mais aucune solution ne vint à elle. Avec un soupire, elle s'installa contre une table, croisant les bras, sa baguette toujours en main. Un soupire à fendre l'âme lui échappa. La demoiselle se demanda distraitement si elle n'eût pas mieux fait de partir dessiner dans sa salle commune, avant de chasser l'idée telle un insecte gênant. Ce n'était pas le moment de flancher. Se redressant finalement, la demoiselle pointa sa baguette vers une table, dans l'optique de réessayer de nouveau, même si aucun de ses camarades ne pouvaient lui servir de cobaye. Elle ferma les yeux, se concentra sur son état d'esprit actuel, avant de les rouvrir, s'apprêtant à lancer l'Expelliarmus.

Tu ne pourras, esclave reine
Qui ne m'aimes qu'avec effroi,
Dans l'horreur de la nuit malsaine,
Me dire, l'âme de cris pleine :
"Je suis ton égale, Ô mon Roi !"
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Ancien sorcier  

Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

Le léger bruit des bottines de Mary résonnait selon le pas lent et lourd de la jeune fille qui traversait tranquillement les couloirs de l'école. Repue d'avoir mangé à sa faim durant le dîner, elle s'était décidée d'entamer deux travaux qu'elle devait rendre dans les prochaines semaines mais qui exigeaient une organisation au plus tôt. Elle avait donc salué les rares connaissances qu'elle avait auprès de sa table pour retourner dans son dortoir récupérer le nécessaire. D'autres élèves suivaient cet objectif ainsi avait-elle fait en sorte d'éviter exceptionnellement la Bibliothèque. La salle d'étude qu'elle n'avait jamais utilisé suffisait amplement pour ce qu'elle désirait faire ainsi se retrouva t-elle face à l'humble porte dénuée de décorations de la salle. Elle l'ouvrit puis se glissa lentement à l'intérieur. Prenant soin de fermer la porte correctement, elle finit par se retourner pour observer les lieux. Des rangées de tables, quelques fois strictement alignées soit regroupées occupaient l'espace et il fit rapidement visible à Mary le fait qu'elle n'allait pas être seule ce soir là. Elle plissa lentement les yeux pour distinguer l'identité de l'autre élève et lui fallut quelques temps pour remarquer un visage familier puis le symbole des Serpentards, accroché sur la robe de l'inconnu. Clairement, cette fille n'était pas de sa promotion d'où le flou qu'elle gardait en tête. La verte et argent ne saurait d'ailleurs comment celle ci s'appelait. Enfin. Le fait que la compagnie était à priori tolérable, elle lança d'un ton calme et posé :

" Bonsoir. " Il était fort probable que son salut ne fut pas entendu.

Ainsi donc, elle se dirigea vers une table qu'elle préférait pour s'y installer. Elle sortit ses affaires, jetant à l'occasion des coups d’œil vers l'inconnue, curieuse de savoir ce qu'elle pouvait bien manigancer. La baguette de celle ci était brandie et le visage paraissait concentré. D'ailleurs, les yeux étaient fermés. Peut-être s'entraînait-elle pour la métamorphose, la DFCM ou encore les sortilèges. Mary garda le silence en finissant de collecter ses parchemins du fond de son sac et s'installa confortablement. Elle porta sa plume à la bouche, une moue perplexe dessinant ses traits, ses yeux désormais quasi-absents observant sa camarade de maison
.

Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

Un geste parfaitement exécuté. Une formule prononcée avec une belle précision. Pourtant, rien, encore une fois, ne se produisit. Rien.

Absynthe, depuis son arrivée, était connue pour être froide, sarcastique, cassante, mais, surtout, d'un calme à faire peur, à la menace tacite ; à la colère froide, contrôlée plus que correctement pour une fille de onze ans. C'était d'une rareté extrême que son sang s'échauffait. D'une rareté extrême, également, qu'elle jurait. Et, enfin, d'une rareté extrême que ses émotions pouvaient être lues.

Pourtant, sans même que la Serpentard pût le deviner, son masque d'indifférence, sa barrière élégante et, à la fois, dangereuse, se fissura en présence d'une autre, pour la première fois à Poudlard. Un geste rageur. Un juron.


- Sainte Reine !

Sa voix paraissait toujours aussi désagréable, même à ses propres oreilles. Pourtant, il y avait quelque chose, une note, incroyable, peu commune, impensable. Une note qu'elle put entendre clairement. Frustration. Une chaleur bouillante, remontant de ses entrailles, tel un serpent, vint enserrer son cœur avec une force impressionnante. Était-ce cela, ce que les autres appelaient colère ?

Absynthe n'avait jamais eu une vie réellement facile. Bien sûr, elle avait eu des parents aimants, mais en dehors de ces deux constantes, seul la solitude avait été son amie. Pourtant, jamais, avant ce jour, elle n'avait ressenti cette émotion. Elle avait déjà trouvé d'autres personnes désagréables. Des idiots. Pathétiques. Mais jamais aucun n'était parvenu à réveiller cette chose qui sommeillait en elle, sans qu'elle en fût au courant. Un monstre. Un démon.

Intérieurement, elle jubila. La colère, forte, bouillante, était réconfortante. Elle se sentait, d'une certaine manière, humaine, réellement, pour la première fois. La réalisation eut l'effet d'une gifle, qui la calma sur le coup. Son visage se lissa entièrement, redevenant ce masque de beauté froide, à l'indifférence naturelle. La chose, le démon, se rendormie alors, laissant simplement un vide.

La Swanson lâcha un soupire. Elle se tourna et fit quelques pas, en direction de la porte. Elle se figea à mi-chemin. Un son. Elle avait l'impression étrange, fugace, qu'il était... lointain. Sa robe à l'écusson vert semblant pendre sur ses épaules comme sur un cintre, Absynthe tourna légèrement la tête. Son regard glacé se déposa sur la personne présente. Assise. Observatrice.

La première année fit pivoter son corps, de la même façon que s'il s'agissait d'une marionnette, vers elle. La jeune fille n'en avait pas conscience, mais, après sa crise de colère étrange et sa manière, présentement morte, de se mouvoir et d'observer... Il y avait quelque chose de sinistre en elle.


- Absynthe.

Atone. C'était l'adjectif qualifiant le mieux la voix de la fillette quand elle prit la parole. Aucune froideur. Aucune chaleur. Elle n'était pas agréable, sans paraître l'inverse. Une première, nul doute.

Pourquoi ? Elle ne le savait pas. Elle ne se l'expliquait pas. Pourtant, l'envie, irrésistible, était bien présente. Le besoin, insupportable, se jouait d'elle. Elle le voulait, mais elle ne le pouvait. C'était son unique amie, la plus fidèle. La solitude joua alors de ses fils et le corps de la marionnette bougea de nouveau, pivotant vers la porte. Elle fit un pas, puis un second.

Tu ne pourras, esclave reine
Qui ne m'aimes qu'avec effroi,
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Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

Il ne fallut pas longtemps finalement à l'inconnue à prendre note de la présence de Mary qui songeait à moitié à sa dissertation d'Histoire de la Magie. Quelque chose néanmoins était étrange dans la réaction que l'inconnue avait envers elle. D'ordinaire, Mary s'attendait soit à des sourires mièvres de la part des autres élèves, toujours pleins de bonnes intentions soit une attention d'un fraction de seconde. Là, sa camarade de maison reconnaissait sa présence bien plus longtemps que d'habitude tout en affichant une façade relativement neutre, bien que des taches rouges sur les joues témoignaient d'émotions récemment vécues en surplus que cette fille ne pouvait dissimiler. Une voix très monotone répondit donc au salut précédent de Mary.

"Absynthe". Une présentation claire et précise en somme.

Définitivement inconnue au bataillon. Mary, qui ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'amusement face à cette attitude si familière à ses propres habitudes, s'appuya contre le dossier de sa chaise avec nonchalance, n'éprouvant aucune honte à épier du regard cette fille, Absynthe qui très machinalement récupérait ses affaires. Mmh. Que faire ? Jouer ou ne pas jouer ? Mary ne s'attendait pas à quoi que ce soit de concluant mais de telles rencontres, aussi simples soient elles restaient rares et porteuses de potentiel. Un potentiel chez une première année. Bonne vanne. Néanmoins, alors qu'elle étudiait, les yeux légèrement plissées les pas d'Absynthe se dirigeant vers la porte, elle opta pour son intuition, adviendra ce qu'il advienne. Elle se pencha donc un peu plus sur sa table, s'accoudant à la table, posant avec minutie sa tête entre les paumes de ses mains. La main de la Première Année allait se poser sur la poignée de la porte lorsque Mary lança calmement :

"C'est l'adrénaline qui te manque."

Une perche. Voilà ce que c'était. Si la première année allait mordre à l'hameçon alors Mary pouvait assouvir sa curiosité. Si un refus tenait comme réponse à cette invitation, alors Mary se remettrait tranquillement à son travail d'origine comme si de rien n'était. Comme pour refléter les traits de sa camarade, Mary n'en nuança que des détails, ne gardant qu'un regard lourd et un léger sourire en coin, réflexe, quasi-invisible dans l'attente d'une réponse.

Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

Avec une lenteur sinistre, Absynthe s'avança jusqu'à la porte. Elle en avait presque oublié la présence de l'autre, son esprit s'enfonçant dans de sombres songes, son propre monde. Des volutes de fumée se transformaient lentement en brouillard opaque, bloquant la vue de la Serpentard, ne laissant qu'un vide. Le néant l’accueillit à bras ouvert. Son corps était devenu un automate, une marionnette, ses gestes lents devenant saccadés. Absynthe Swanson était ce genre de personne qui, déjà très jeune, avait accepté ses démons, ses peurs. Ils étaient devenus son monde, son obscur royaume, bien loin d'une réalité qu'elle ne pouvait qualifier de belle.

- C'est l'adrénaline qui te manque.

Est-ce pour cela que la demoiselle n'entendit pas clairement ce que l'autre fille prononça ? Certainement. Malgré tout, son corps se stoppa. Sa tête se tourna lentement en direction de son aînée, son visage complètement inexpressif. Ses yeux, tunnels sans fond aspirant jusqu'aux âmes, se posèrent sur elle. Absynthe ne la voyait pas réellement, son voyage cauchemardesque n'étant clairement pas terminé. Malgré cela, atone, la voix de la demoiselle s'éleva dans les airs.


- L'adrénaline, répéta-t-elle. L’adrénaline... Peut-être. Peut-être pas. Comment pourrais-je le savoir ?

La dernière question avait été prononcée sur le même ton, ne laissant aucun moyen de deviner la nature même de la phrase. Le corps de la demoiselle pivota lentement. Face à son aînée, ses mains sortirent de ses amples manches, qui ne laissaient habituellement apparaître que le bout de ses doigts, ses bras se relevant pour venir se croiser sur sa poitrine. Une statue. Un fantôme. Un... cadavre. Un corps sans vie, toujours en mouvement. C'était ce que représentait parfaitement la demoiselle présentement, toute trace d'émotion, d'humanité, de vitalité, l'ayant quitté par un étrange phénomène inexplicable.

Tu ne pourras, esclave reine
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Un entrainement tardif.  PV Mary Emerine GREY 

En réponse au questionnement ouvert de la Première Année, Mary n'en répondit rien. Elle conserva simplement une lueur amusée dans les yeux. Il lui paraissait intéressant de comparer leur attitude : celle de Mary, vonlontiers tendant vers le côté tête-à-claques et vicieux face à celui résolument absent d'Absynthe. Les nuances Serpentardesques étaient toujours source de réflexion pour la Deuxième Année. En tout cas, face au mur vivant qui se trouvait devant elle, il n'y avait qu'une chose pour titiller les nerfs endormis de sa camarade en vu de lui faire comprendre cette poussée instinctive, difficile à vivre seul en s'entraînant. Rien de tel qu'une mise en contexte pour progresser. Cela lui rappelait les rares moments qu'elle avait d'ailleurs passé dans la Salle sur Demande, absorbée par les sorts qu'elle envoyait avec précision travaillée sur des mannequins animés d'entraînement.

Mary se redressa sans geste brusque et avisa la salle dans laquelle les deux jeunes filles se trouvaient. Pour cette occasion, il était rassurant de voir qu'aucun autre élève s'y trouvait auquel cas elles auraient de sérieux ennuis. Elle s'écarta de sa chaise et marcha ici et là, jugeant l'espace qu'elles avaient. Finalement, elle reporta son attention sur sa camarade et décida de ne pas verrouiller la porte, au risque de voir quelqu'un rentrer. Après tout, si Absynthe se retrouvait trop... déstabilisée, mieux valait offrir une issue de secours. De plus, la volonté d'Absynthe de jouer son jeu était bien plus satisfaisant.

La deuxième année sortit de sa poche sa baguette et après quelques secondes de réflexion proposa la chose suivante :


«Voilà c'que j'te propose. Je vais lancer un sort au coin du mur à côté duquel tu es. Toutes les 10 secondes je lancerai le sort plus près de toi. T'inquiète, c'pas un maléfice... affreus'ment génant. J'commence par 10 puis après, si tu cherches à perfectionner je peux tenter par tranches de 5 secondes. Tu peux courir dans la salle mais t'inquiète que mes sorts s'approcheront de toi. L'but pour toi est d'me désarmer avant que je t'atteigne. A toi d'me dire si t'es prête ou si tu préfères fuir

Mary croisa les bras, attendant confirmation.