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Alicja Svensson

Cupidon, ignoble farceur  PV Cléo 

Le quatorze février avait toujours été un jour comme les autres pour Alicja, qui n'avait encore jamais connu les joies —principe ô combien subjectif que l'amour est une bénédiction— de sentiments amoureux. Beaucoup diraient qu'elle était de toute façon bien trop jeune pour s'adonner à ce genre d'activités, mais l'américaine avait croisé beaucoup de premières années qui fêtaient la Saint Valentin. Elle s'était presque sentie envieuse, jusqu'à ce qu'elle se souvienne qu'elle n'avait pas besoin d'aimer quelqu'un. Et surtout, détail important, elle n'avait pas tellement de fréquentations. Si elle se souvenait bien, la seule chose qu'elle avait connue s'apparentant à des sentiments amoureux n'était qu'une admiration pour certains personnages de fiction. Rien de bien alarmant pour la mère d'Alicja, qui n'avait aucune envie de la voir tomber amoureuse de quiconque. Alicja, bien qu'encore jeune, avait rapidement compris que le divorce de ses parents avait profondément touché sa mère. De toute évidence, ça ne lui donnait pas envie de tomber amoureuse, et elle s'estimait heureuse de n'avoir personne qui lui demanderait de son temps : elle était libre.

Elle avait lu que la liberté n'était pas aussi simple que ça, qu'elle n'était en réalité pas défini par "je fais ce que je veux lorsque je le veux", mais plutôt par "j'ai le choix". Elle avait d'abord pensé qu'il y a des situations où on ne choisit pas. Elle ne choisissait pas de ne pas avoir d'amis, par exemple. En y repensant, elle avait quand même le choix de tenter de s'en faire, ou de simplement rester dans son coin. Et c'était, sans doute, ce qui différenciait les gens libres des autres. Être libre ne voulait pas dire obtenir ce qu'on veut et faire ce qu'on veut lorsqu'on le veut. Être libre, c'était donc le choix de se laisser décourager par la solitude ou au contraire, de créer des opportunités de rencontrer d'autres personnes. Alicja, elle, voulait être libre.
Ce n'était pas aussi évident que ça, malheureusement. Elle avait tenté de faire tomber ses livres sur une camarade pour devenir amie avec elle, mais elle n'avait récolté que des vociférations haineuses. Elle s'était ensuite installée près d'une Serdaigle, dans la bibliothèque, qui semblait ne pas réussir leur dernier devoir de potions, et avait proposé son aide. « Comme si j'avais besoin de l'aide d'une Serpentard ! », était ce qu'Alicja avait lu dans le regard de la Serdaigle qui semblait fixer du regard l'insigne vert.
Aucun essai n'avait réellement été concluant, mais elle agissait alors de façon stratégique. Plutôt que de rester enfermée dans la bibliothèque, cachée entre deux rayons imposants, elle s'était décidée à étudier dans la salle d'étude.

Ce jour-là, la salle était plutôt remplie et, au vu de certains couples, elle s'imaginait sans mal que le date autour d'un devoir de Défenses Contre les Forces du Mal était des plus romantiques et tendances. Cessant son sarcasme, elle se prit à penser qu'elle trouverait tout de même bien charmant quelqu'un d'intelligent.
Elle ouvrit le livre d'un coup sec, la couverture qui tapa contre la surface de la table la sortie de ses rêveries niaises, et c'était tant mieux. Aujourd'hui, elle étudierait ses cours d'Histoire de la Magie. Elle n'avait pas eu une très bonne note lors de son dernier devoir et, quelque peu déçue d'elle, elle avait décidé de redoubler d'efforts. Malheureusement pour elle, les autres élèves présents dans la salle d'étude semblaient en avoir décidé autrement. L'euphorie de la Saint Valentin —qu'Alicja semblait être la seule à ne pas connaître, décidément— les avait touché, ils paraissaient ne plus pouvoir tenir en place, elle se demandait si quelqu'un n'avait pas posé des épines de Sharak sous leurs fesses. Qu'à cela ne tienne, l'américaine était patiente et elle savait se fermer dans sa bulle. Ses révisions pouvaient donc continuer, mais elle déplorait l'absence d'adultes surveillants pour calmer les élèves bruyants.
Ils n'avaient, néanmoins, pas encore épuisé leur énergie débordante. C'était d'ailleurs l'anniversaire d'un d'eux, et ses camarades lui avaient offerts une Plume à Réplique Cinglante qui avait pour mérite de les faire rire, un peu trop fort au goût d'Alicja. Mais encore une fois, elle ne dit rien. Ils avaient ensuite fait voler des petits cupidons en papier —ils avaient au moins le mérite d'être doués en origami—, allant embêter chacun des élèves un par un. Les plainte des autres élèves de la salle avait fini par les lasser et ils distribuaient des bonbons, —Alicja avait refusé, se récoltant un « rabat-joie ! » dans la foulée— des Marques de Ténèbres Comestibles qui avaient fait vomir un élève. Heureusement, un Récurvite d'un élève avait effacé toute trace de l'ignoble tas odorant.
Cette fois, c'était trop : Alicja ne pouvait décemment pas travailler dans cette situation et les bêtises de ses camarades ne l'amusaient absolument pas. Elle ferma alors son livre et se leva, prête à quitter la pièce lorsqu'elle fut victime d'un Sortilège de Changement de Couleur. Ses cheveux et ses sourcils avaient pris la couleur d'un rose barbie absolument horrible.

— Voilà ce qu'on leur fait, aux rabats-joie ! Un d'eux s'exclamait. C'était la goutte de trop. Alicja n'avait jamais été violente, et aussi loin qu'elle se rappelait, elle n'avait jamais usé de la violence. Elle avait passé des heures à lire des livres de sortilèges, elle se rappelait avoir lu quelque chose au sujet du Sortilège de Mutisme et elle s'écria « Silencio ! » avant de viser... une tête blonde ? Une poufsouffle venait de passer entre elle et sa victime. La surprise avait fait sursauter la victime qui en avait perdu les lunettes, ce à quoi Alicja pensait que c'était bien fait. Mais elle n'était pas muette pour autant. La poufsouffle, quant à elle, avait semblé trop surprise pour ouvrir la bouche et avait été légèrement.. décoiffée par le sort turbulent et chaotique que venait de lancer Alicja. Elle n'était même pas certaine qu'il ait fonctionné.
Elle se ruait alors vers la jeune blonde, se confondant en excuses. Elle se sentait affreusement coupable, en avait d'ailleurs oublié la couleur barbapapa ridicule de ses cheveux.

— Oh non, pardon ! Ça t'était pas du tout destiné, c'était à ces... Elle se tut avant de finir sa phrase, lançant un regard noir à la bande d'énergumènes. Elle centra ensuite son attention sur sa victime imprévue, posant une main sur son épaule afin de lui apporter tout son soutien et de lui montrer à quel point elle était désolée.

Cupidon, ignoble farceur  PV Cléo 

Le matin du 14 février, il fallait à peu près dix minutes pour que la blondinette toute décoiffée se décide à se lever. Elle n'avait rien à se préoccuper ce jour malgré le fait que ce soit la Saint Valentin. Ah, la Saint Valentin, la seule journée où l'on voit du rose et du rouge partout. Tout le monde ne faisait que de parler de ça, les garçons parlaient des filles, et d'un autre côté c'était les filles qui papotaient sur eux. L'amour paraissait compliqué pour Cléo, elle n'avait jamais vécu ça, même pas une amourette. Quand elle avait six ans, un garçon était amoureux d'elle et n'arrêtait pas de lui courir après dans la cour de l'école mais celle-ci en eut marre et lui a donc hurlé dessus pour avoir enfin la paix. Depuis, il ne l'a plus jamais embêté et Cléo regrette encore ce jour, c'est peut-être pour ça qu'elle n'a plus jamais plu aux garçons même si elle était assez réservée. Enfin bref, elle s'en fichait totalement puisque cette fête ne la concernait pas et c'était tant mieux. Après s'être habillée et s'être brossée les cheveux, elle entendit d'une sourde oreille trois jeunes filles qui chuchotaient, si on pouvait appeler ça chuchoter. Cléo tendit l'oreille et comprit alors qu'une d'elles avait eu un faible pour un mystérieux élève et qu'elle ne savait pas si elle devait le lui dire ou pas. C'était mignon, mais elle semblait si stressée que sa voix en tremblait. Comme c'était la fête des amoureux, ses amies lui proposèrent alors d'aller le voir et qu'elle lui parle en toute honnêteté. Facile à dire mais difficile à faire. Ses trois camarades de chambre étaient différentes les unes autant que les autres. Il y avait d'abord celle avec son cœur qui battait la chamade, une autre qui semblait très directe et qui lui avoua qu'il fallait lui dire carrément maintenant, et une autre qui était d'un romantisme fou et qui lui proposa d'attendre le soir même pour lui déclarer sa flamme. Quel cliché, attendre le jour de la Saint Valentin pour déclarer sa flamme était complètement stupide, on ne pouvait voir ça que dans des films. Non, ce stéréotype était dépassé. Du moins, c'est ce que Cléo avait en tête. Elle au moins, elle n'aura pas à dépenser ses gallions pour qui que ce soit ou d'organiser ses journées par des bisous et des compliments, ce n'était pas pour elle tout ça, enfin pas pour l'instant. Elle était sans doute trop jeune pour parler de ça, mais elle comprenait comment ça marchait et n'avait pas envie de s'embrouiller dans une histoire comme ça. Premièrement, elle ne connaissait pas assez de gens pour penser cela, et son grand frère David lui parlait tellement de filles qu'elle en a eu marre au bout d'un moment. Il faut dire que la première lettre qu'il avait envoyé à sa sœur racontait sa rencontre avec une nouvelle fille. Elle s'en fichait complètement et décida alors d'aller en salle d'étude, l'endroit calme où personne ne fait de chahut.

C'était maintenant le début de cet après-midi et la jeune Poufsouffle se résolut à aller dessiner en salle d'étude, un endroit calme et reposant. Elle préférait tout de même la bibliothèque avec ses belles décorations et ses couleurs chatoyantes. Elle voulait changer d'espace et prit le long couloir tout en suivant le chemin. C'est après avoir monté cinq étages que Cléo n'en pouvait plus, elle pensait même à ne pas faire de sport dans sa vie car elle en aurait assez ressenti durant sa jeunesse. Après cette courte pause en haut des marches de l'escalier, elle s'approcha de la porte et entendit des brutes qui s'étaient mises à chahuter dans la salle qui pourtant, avait l'habitude d'accepter des élèves sages. Elle entrouvrit alors la porte, marcha entre le groupe d'amis bruyants et d'autres élèves concentrés en face quand soudain, un sort avait été lancé sur elle. Sur le coup et sous le choc, elle ne réalisa pas tout de suite que ses cheveux étaient ébouriffés. Cléo s'était alors emparée d'une colère car elle prenait toujours un temps dingue à se brosser longuement ses cheveux, les remettre en arrière et les bidouiller à certains moments. Il y a même des fois où elle passait devant des miroirs pour pouvoir contempler sa coupe de cheveux, voir si un cheveu ne tombait pas sur son visage. Mais là, c'en était de trop et elle ne fit pas attention à la véritable coupable qu'elle s'en prit à la bande de voyous juste derrière elle. Elle ne prit pas le temps de réfléchir qu'elle insulta un élève, et entendit alors la voix de la jeune fille, se tenant derrière elle à ce moment-là, se rapprocher.

« Oh non, pardon ! Ça t'était pas du tout destiné, c'était à ces... »

La boulette ! Elle avait agressé un pauvre élève de première année alors qu'il était innocent, même si elle avait tout de même entendu des insultes provenant de sa bouche. Elle se retourna à son tour, et reprit d'une voix calme qui sentait la nervosité.

« Ah, bah c'est pas grave si c'est toi alors.. »


Elle avait déjà vécu une farce de Peeves il y a à peine deux semaines et la voilà une nouvelle fois victime d'une bêtise qui ne lui était même pas destinée. Si elle avait eu un amoureux à ce moment-même, elle n'aurait peut-être pas vécu cette situation.

~ Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe ! ~