Salle d’études

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Parfum de Pollen  PV Alicia J. 

27 Mars 2043.


La Botanique avait, depuis la rentrée, gagné une place dans son cœur d'élève. Les cours ne l'intéressaient pas toujours, encore moins les devoirs, mais Solal adorait les plantes —la nature de façon générale. Il aimait savoir que là, quelque part sur cette terre, existait des plantes qui criaient au point de l'assommer s'il les déterrait. Parfois, le soir, il s'endormait dans son lit en imaginant une invasion de champignons vénéneux sauteurs à Chipping Campden. Il était, bien entendu, le héros qui sauverait tout le monde. Qui d'autre ?
Aussi, quand Miss Chapman donna pour devoir l'écriture d'un exposé en binôme, Solal avait été tout à fait satisfait : voilà un devoir qui l'intéressait. C'était tout ce qu'il préférait : chercher des informations et les organiser, en déduire des choses. Il était bien plus doué que quand il s'agissait des devoirs d'Histoire où il fallait inventer des écrits de l'époque. Cet après-midi pluvieuse de fin de mars semblait être le moment parfait pour s'investir dans un devoir de botanique ; le ciel gris faisait ressortir le vert de l'herbe humide à l'extérieur et ravivait la motivation du garçon, contrairement à la plupart des gens qui détestaient la pluie.

Solal s'était retrouvé avec Alicia Johnson, une jeune fille qu'il ne connaissait que de nom grâce aux quelques discussions entre Serdaigle dans la salle commune, ils n'avaient jamais parlé outre-mesure. L'exposé était donc l'occasion de découvrir une nouvelle personne, le brun espérait qu'il n'aurait pas de mauvaise surprise. Si on le connaissait pour son côté social, tolérant et souriant, personne ne l'avait encore vu agacé et il ne voulait pas que son mauvais caractère fasse surface et soit connu de tous.
Il décida, néanmoins, de partir avec optimisme : tout irait bien.
Le brun avait donné rendez-vous à Alicia dans la salle d'études ; il avait demandé à une autre Serdaigle de déposer un petit mot sur le lit de la Johnson, lui disant de venir à trois heures et demi pour faire leur exposé ; ils finissaient justement leur journée du vendredi à trois heures, ce qui leur laissait toute la fin d'après-midi pour se mettre au travail.
Ponctuel comme à son habitude, le jeune Rosenberg était arrivé un peu plus tôt et s'était alors installé à une table dans le fond où ils ne seraient sans doute pas embêtés. Il déposa quelques livres de botanique qu'il avait emprunté plus tôt dans la journée à la bibliothèque, prévoyant. Il avait sans doute hérité ça de sa mère, le garçon aimait que tout soit bien préparé et bien organisé, ce qui lui valait une certaine réputation auprès de ses camarades aiglons. Aussi, plutôt que d'attendre que le temps passe, il décida d'ouvrir d'ores et déjà des livres pour se renseigner sur le sujet de leur exposé. Il leur fallait simplement choisir la plante qu'ils voudraient présenter, ce qui s'avérerait plutôt simple s'ils étaient sur la même longueur d'onde.
Dernière modification par Solal Rosenberg le 1 avril 2018, 14 h 36, modifié 2 fois.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

Parfum de Pollen  PV Alicia J. 

Je me réveilla, les cheveux en pétard. Je lâcha un petit bâillement tout en poussant ma couette sur le côté en quette d'une brosse à cheveux. Soudain, j'aperçus un petit bout de papier plié en quatre tomber de ma couette. Je l'ouvris et me rendis compte que j'avais un rendez vous dans la salle d'études pour un exposé. Prise de panique, je regarda ma montre qui indiquait que je devais m'y trouver cet après midi, vers 15 h 30. J'étais soulagée. Je brossa mes longs cheveux roux, m’habilla et fila dans la salle commune de Serdaigle pour y prendre mon déjeuner. La salle était presque vide à cette heure là. Une ou deux heures plus tard, je me retrouvais avec mon sac sur le dos à courir dans les couloirs du collège pour chercher la salle d’étude. J'avais encore trouvé le moyen d'arriver en retard. Enfin arrivée devant, essoufflée, je ralentis le pas.

Je me dirige vers la table où Solal est assis. Il est plongé dans un livre emprunté à la bibliothèque : "Les plantes dangereuses ou mortelles". À sa droite, il a posé une pile de cinq livres, tous en rapport avec les plantes.

Pour ma part, je n'ai jamais vraiment aimé la botanique, je trouve ça ennuyant. Depuis toute petite, j'adore écrire, et en même temps j'ai une très bonne mémoire. Malheureusement, il n'y a pas de cours uniquement dédié à l'écriture, du coup je donne tout lorsqu'il faut apprendre des leçons ou des sortilèges. C'est d'ailleurs ma matière préférée, les sortilèges.

Je regarde Solal et lui demande encore un peu essoufflée :
-Salut ! Désolé pour le retard, je n'ai vu ton papier que tout à l'heure...

Je n'ai aucune excuse. Il me regarde et sourit. Il a dû penser que je ne viendrai pas. Je lui sourit en retour, pose mon sac et m'assoit.

Une demi heure plus tard, nous sommes toujours là, plusieurs livres sont ouverts et étalés sur la table avec des bouts de papier déchirés pour marquer des pages importantes. Je suis en train de recopier un texte sur un parchemin tandis que Solal lit un nouveau livre en annotant quelques fois des choses importantes pour notre exposé. Nous avons choisis de travailler sur le "filet du diable", une plante simple et qui apparaît dans beaucoup de livres.

"Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient "

Parfum de Pollen  PV Alicia J. 

Solal n'était pas des plus patients. Il est même correct de dire qu'il était difficile pour lui d'attendre de façon générale; il gardait les yeux rivés sur l'heure comme s'il tentait de la faire avancer plus vite mais bien souvent, les minutes s'écoulaient bien trop lentement au goût du brun. Lui, avait tendance à tout faire vite, parfois un peu trop vite. Il n'était jamais en retard, il ne perdait jamais de temps. Sa rapidité contrastait avec la lenteur caractéristique de sa mère, qui avait pour habitude de faire remarquer cette différence. Mais ce jour-là, l'attente n'avait pas été trop longue bien que Alicia avait su se faire désirer : Solal était plongé dans la lecture de ses livres et notait sur un bout de parchemin déchiré des noms de plantes en vrac, annotant les points intéressants qui décrivaient chacune des plantes. 
Quand Alicia arriva, il était tellement concentré dans son travail qu'il ne fit que lui sourire, dévoilant toutes ses dents, et murmurer un "Salut" presque inaudible. Solal avait pour habitude d'être très bavard, très attentif aux autres et très ouverts mais à la minute où il se lançait dans quelque chose, il n'avait plus d'yeux, de paroles ou d'attention à donner à qui que ce soit. Il n'avait fait que donner le bout de parchemin à sa camarade qui se mit rapidement au travail elle aussi.

Les deux Serdaigle avaient pris des notes chacun de leur côté pendant un moment avant de mettre leurs idées en commun et avaient fini par choisir le Filet du Diable. C'était une plante qui était connue pour craindre la lumière, son nom lui allait plutôt bien ; on l'imaginait dormir dans le fond d'une caverne aux allures d'Enfer noir, si froide que du givre en tapisserait la roche.
Le choix était plutôt étonnant pour Solal qui avait l'habitude d'aimer les plantes plus lumineuses et solaires. Le printemps lui avait donné des envies de nature et d'ailleurs, il avait fait une longue liste de plantes colorées mais finalement le Filet du Diable paraissait plus simple et qui plus est, il était au programme de première année ; ils pouvaient donc consolider la théorie des cours.

Quand Solal se réveilla de son zèle, il sortit le nez d'un livre traitant de la faune et de la flore magique et se rendit compte que son ventre commençait à grogner comme un lion dans l'attente de sa potence. Il avait déjà tout préparé et glissa des doigts agiles dans la poche de sa robe de sorcier pour en sortir un sachet de confiseries. C'étaient des verts frétillants, achetés à Honeydukes par Oskar, un de ses frères aînés qui les lui avaient offert. Ils collaient particulièrement aux dents mais étaient tout de même délicieux —le Serdaigle adorait manger. Après en avoir happé un entre ses lèvres, il tendit le sachet à sa camarade.

« Eh, Alicia, t'en veux ? C'est mon frère qui me les a acheté. » informa-t-il avec un grand sourire sur les lèvres

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

Parfum de Pollen  PV Alicia J. 

J'étais tellement concentrée sur mon parchemin que je n'entendis pas tout des suite la petite voix de Solal:

-Eh, Alicia, t'en veux ? C'est mon frère qui me les a acheté.

Je relève la tête. Il me sourit et me tend un paquet de bonbons verts frétillants dont le paquet est orné d'une jolie étiquette sur laquelle on lit "Honeydukes confiserie de Pré-au-lard". Je tend une main timide dedans et attrape une friandise. Dès que je la mets dans ma bouche, elle s'accroche à mes dents ce qui m'oblige à l'enlever avec mes doigts. Elle a un goût étrange... C'est à la fois frais et sucré avec une touche pimentée.

-C'est délicieux ! Dis-je sincèrement à Solal qui a rangé le paquet dans sa poche et s'est déjà remis au travail.

L'averse qui brouillait le paysage tout à l'heure s'est dissipée. Un rayon de soleil annonçant l'arrivée du printemps traverse les vitres, faisant fondre les quelques plaques de givres restées au sommet des montagnes. Les nuages sont partis laissant derrière eux un ciel très bleu. Le soleil a presque terminé sa journée mais éblouit toujours très fort. La bibliothèque se vide peu à peu. J'attrape ma plume, la trempe dans mon encrier et continue a recopier ce qu'il y a écrit devant moi. Je me rends compte que j'ai avancé très vite et que j'ai déjà remplie les trois quart de mon parchemin. J'en suis déjà à mon troisième livre : "La faune et la flore magiques". Fière de moi, je me remet à écrire de plus belle.

"Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient "

Parfum de Pollen  PV Alicia J. 

Le garçon observa un instant sa camarade se dépatouiller avec sa friandise, les doigts dans la bouche. Il se demandait pourquoi les humains étaient aussi étranges pour s'infliger de tels supplices —lui aussi n'était pas différent—, et remarqua que tant qu'il pouvait soutirer du plaisir, l'humain acceptait n'importe quoi. C'était à la fois étrange et compréhensible pour le garçon mais il ne parvint pas à réfléchir plus longtemps puisque Alicia complimenta le goût des friandises. Il lui adressa un grand sourire avant de se remettre à travailler lui aussi. 
S'il était connu pour être plutôt bavard, le Serdaigle devenait discret quand il travaillait, une fois que son attention était accaparée par quelque chose il ne parvenait que difficilement à penser à autre chose. Ses pensées étaient pleines de plantes et de leur exposé, si bien qu'il n'y avait plus la place pour qu'il veuille discuter de quoi que ce soit. Il avait le souci des choses bien faites, il voulait que leur exposé soit tout à fait correct. Dans la salle commune, dans les couloirs ou dans les salles de cours il lui était arrivé d'être la cible de commentaires sur ses bonnes notes, comme si les notes reflétaient qui on est ; on lui disait qu'il était un intello, le chouchou des professeurs —quelle idée. Solal n'avait pourtant rien d'un intello, si ce n'est un bulletin brillant. Il était, sinon, plutôt prêt à faire des bêtises quand il le pouvait et passait ses cours la main écrasée contre la joue. Le garçon aimait simplement bien faire les choses et était intéressé par l'idée d'apprendre et de réussir, pour autant il était loin du cliché rabat-joie d'un intellectuel qui ne pense qu'à l'école.

Il s'était passé un long moment silencieux où les camarades n'avaient fait qu'écrire, montrant leur travail et acquiesçant pour accepter le travail de l'autre sans un mot. Le binôme fonctionnait bien et avançait vite, ce qui ravit Solal. Quand il planta la mine de sa plume pour la dernière fois dans son parchemin, il se redressa en passant son regard sur le parchemin pour en scanner rapidement le contenu et, avec un grand sourire , tourna la tête vers sa camarade.
« Eh ben, j'crois qu'on a fini ! Je vais rendre ces livres à la bibliothèque, on se retrouve à la salle commune. » déclara-t-il en se levant dans le même temps, attrapant les livres à présent fermés pour en faire une pile dans ses bras —qu'il espérait ne pas faire tomber. Il adressa un dernier "merci pour l'exposé" à Alicia, satisfait de leur travail, avant de lui faire un rapide signe de la main coincée sous ses livres pour lui dire au revoir et sortir de la salle d'études en trottinant. 

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