Salle d’études

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Seule à deux  Privé 

Avec @Harriet Greenwood

A la suite de la soirée d'Halloween,



Elle errait. Combien de temps ? Elle ne saurait vous le dire. Elle marchait là où ses jambes tremblantes pouvaient encore la porter, soit pas bien loin, et même assez près de salle commune dont elle sortait. Cyanna était tremblante de peur, de colère, de honte et de tout un tas d'autres sentiments non identifiables qui débordaient...
Elwing... Elwing... Elwing Elwing Elwing ELwing ElwingElwingElwingELwing
C'était le seul mot que son esprit arrivait à former. Elle n'était même pas sûre de pouvoir le prononcer tant sa gorge était sèche et sa langue pâteuse. Elle aurait voulu hurler son nom mais il était coincé au fond de sa gorge. Elle aurait voulu être capable de s'exprimer comme les autres, de cirer son amour, sa haine, sa peur mais elle en était incapable et cela la dévastait. Cela la dévastait parce que c'était précisément ça qui la rendait fermée, qui faisait que... que... qu'Ewing... qu'elle...
Les larmes lui montèrent aux yeux elle se figea, incapable de faire un pas de plus, Elwing la... Même la pensée lui faisait mal, elle se sentait déchirée, abimée, inutile, stupide, elle n'arrivait pas à croire qu'elle était elle, qu'elle n'était capable de rien, qu'elle... qu'elle...

Tout devint noir, noir comme le monde sans sa soeur, Elwing. Juste noir, une couleur qui n'en était pas une, une chose sans fond et sans fin, une chose sans nom, comme la créature inutile qu'elle était.

*flashback*

° La soirée avait plutôt bien commencée et la seule chose que l'enfant éprouvait était un stress, léger, mais viable et surtout gérable. L'enfant avait attendue les deux autres Poufsouffles qui étaient arrivées ensembles, toutes deux très belles, ou plutôt effrayantes dans leur costumes, Cyanna avait alors salué, certes un peu froidement la nouvelle arrivante, Alona Weslet, et elles avaient alors commencé à s'amuser. Pourtant, l'appréhension de la petite n'était pas redescendue et au contraire, elle s'était inquiétée. Elwing allait-elle la rejeter pour Alona ? Est-ce qu'elle était trop renfermée, pour Elwing ? La deuxième année allait-elle finir par se lasser ?
Cyanna, paniquée s'était éclipsée, mais bien vite ramenée sur la piste de danse par sa soeur, elle avait encore du affronter la présence d'Alona. Pourtant, malgré ses efforts, elle avait bien vite déserté la soirée en prétextant se sentir mal.

Fin du flashback


Et désormais, elle se trouvait étalée sur le sol, presque prise de convulsions tant la pensée d'être abandonnée la terrorisait, elle pleura, elle pleura en silence, étalée sur le sol, la vision obstruée par ce rideau noir qui ne partait pas. Toutes les larmes de son petit corps dévasté par la peine et les remords jaillirent. Perdue, aussi bien en elle que dans Poudlard, Cyanna resta recroquevillée sur le carrelage d'une salle inconnue, incapable de se tenir d'une autre manière, incapable de penser, incapable d'aimer, incapable de s'exprimer. La seule chose qui sortait de temps à autre de ses lèvres, entre deux sanglots, c'était le prénom de sa soeur : *Elwing*
Dernière modification par Cyanna Hillways le 6 janvier 2019, 19 h 02, modifié 1 fois.

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Seule à deux  Privé 

Adaptation (Première année)

C'était la première soirée d'Halloween que tu avais passée seule, enfin sans Maman ni Will car "seule" n'était pas vraiment le mot. Tu aurais aimé la passer "seule", mais non, il avait fallu que tu te retrouves au milieu de cette foule de fous, dans une salle commune que tu n'aimais pas.
Bon, finalement, ça n'avait pas été aussi terrible que ce que tu pensais. Tu t'étais même plutôt amusé pendant la danse avec Aliénor, et avec la fille mystère déguisée en détraqueur.

C'est intriguant ces créatures qui aspirent l'âme de leurs victimes...
Mais d'un coup, tout avait changé. Et cela était allé trop loin pour toi.

***

C'est alors que la salle s'assombrit, que la musique changea. Une musique douce, une musique... Non, c'était trop pour toi. Il fallait que ça s'arrête ! Une larme coula doucement sur ton visage mais tu l'essuyais très vite. Personne ne devait savoir, personne. Alors, tu fis mine d'avoir oublié quelque chose dans la salle d'étude et tu t'éclipsa, un dernier sourire au lèvres et un petit "Merci", adressé aux deux jeunes filles.

***

Cette musique... William... *STOP !* Il fallait que ça cesse !*Arrêtes de penser à ça !*

Depuis quelques minutes tu errais donc dans les couloirs de l'école, tu pensais à Will, à ces soirées, à Maman. Et les larmes coulaient sur ton visage de squelette.

Mais un murmure laissant entendre "Elwing" te fit changer de pensées. *Qui est là ?*
Au fond du couloir, une pauvre fille se trouvait allongée sur le sol froid, à moitié évanouie, pleurant toutes les larmes de son corps.
Tu aurais pu l'ignorer, faire demi tour, car en général tu n'aimais pas te mêler aux problèmes des autres, tu détestais leurs histoires ridicules. Car oui, en effet, pour toi personne ne connaissait la vraie tristesse. Pour toi, ceux qui pleuraient parce que leur ami ne voulait plus leur parler, c'était tout ce qu’il y avait de plus ridicule.
Alors pourquoi t'es-tu approché de cette fille ? Je ne sais pas, je crois que tu ne sais pas non plus.
Mais en tout cas tu t'approchas de l'autre, lui pris la main et lui murmuras dans l'oreille :

"Ca va ? Ne t'inquiètes pas, je suis là, tout va bien."

Pourquoi autant de gentillesse alors que d'habitude tu ne l'aurais même pas aidé ? Aucune idée. Le hasard fait bien les choses, bien qu'il nous étonne parfois, et cette fois-ci il n'avait pas raté son coup.
Dernière modification par Harriet Greenwood le 15 janvier 2019, 19 h 04, modifié 5 fois.

Deuxième année RP :)
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Seule à deux  Privé 

Elle aurait aimé pouvoir dire qu'elle ne l'avait pas entendu. Mais elle aurait menti, parce que, malgré ses sanglots sans fin qu'elle ne cherchait même plus à étouffer, seul le silence lui répondait. Un silence lourd et pesant, comme l'air qu'elle aspirait parfois par goulées, rapides et saccadées.
Cyanna pensait étouffer dans cette salle qui, du peu qu'elle voyait, lui paraissait pourtant spacieuse. Il lui semblait qu'elle rétrécissait sans cesse et que les murs et le plafond venaient oppresser son coeur, fragile et déchiré.
L'inconnue venait la priver de cet air, rare et précieux ; elle lui volait le peu d'espace qu'il lui restait, et brisait son silence douloureux, parfois entrecoupé du râle profond de sa respiration. Comme l'autre* lui avait brisé le coeur - involontairement sûrement - , cette fille venait finir la tâche. La petite s'attendait à ce qu'elle la raille, qu'elle se moque de son état déplorable, comique presque. Elle s'attendait à ce qu'elle profite de cette faiblesse pour... quoi ? Tombait-elle dans la paranoïa ? Cyanna, blessée, était prise dans ces profonds tourments, non pas amoureux, mais du même degré de brûlure, qui vous donnent l'envie de briser tout ce qui se trouve autour de vous et de hurler votre peine. Et, elle ne trouvait rien de mieux à faire de se méfier de tous ceux qui s'approchaient d'elle. *Pitoyable ! Pitoyable !* susurrait une voix à ses oreilles.
La voilà folle, me diriez vous, mais ne reconnaissez vous pas cette voix qui, au plus profond de votre peine, vient vous hanter et briser vos plus infimes espoir ? Cette voix qui vous tourmente tant, celle qui vous souffle que vous êtes coupables, minables même, que vous ne valez rien. Non, vous ne reconnaissez pas cette voix perfide qui vous murmure doucereusement vos plus grandes peurs ? Sûrement que si.

La jeune fille se serait donc volontiers tordue sur le sol si, elle en avait seulement eu la force. Elle aurait hurlé, poussé de longues plaintes, tel un animal, si sa gorge n'avait pas été si sèche et si ses lèvres n'étaient pas ainsi collées ensemble. Oh oui, elle aurait fait volé en éclat tout le mobilier de la pièce si ses jambes, flageolantes, ne l'avaient pas abandonnée ici, si elle ne tremblait pas comme une feuille, si elle avait eu la force de bouger, si... si... Avec de "si", elle aurait refait toute l'histoire, toute son histoire, mais voilà, elle ne pouvait pas, malgré tout les talents de mage qu'elle déploierait.

Un sanglot l'anima un instant, après tout, elle n'avait que faire de l'étrangère. Sa vue était brouillée par les larmes qui coulaient le long de ses joues d'enfant de manière à ce qu'elle ne pu distinguer la nouvelle arrivante. Mais elle l'entendit tout de même et elle la trouve un peu niaise de poser une telle question :

- Ca va ?

Cyanna aurait hurlé non, elle aurait voulu gémir, hurler, envoyer valser quelque chose, se frapper, elle aurait voulu répondre par quelque signe que ce soit que Non, elle avait mal. Mais elle ne pouvait pas pour deux raisons : la première, purement physique, était que ses lèvres paraissaient définitivement collées entre elles et malgré leur tremblement, elles ne semblaient pas prêtes à obéir à ses ordres, la deuxième était que la règle conventionnelle pour répondre à cette interrogation - qui n'en était finalement pas une si on y réfléchit - voulait qu'à "ça va", on réponde systématiquement "oui", même mourant. Alors, Cyanna, incapable de contrôler ses lèvres, ne dit rien et resta muette, excepté quelques sanglots.

Dans son état, Cyanna ne comprit pas bien la suite :

"Ne t'inquiètes pas, je suis là, tout va bien."

Elle était là, certes, mais en quoi la situation allait-elle s'arranger ? Oh oui, elle s'imaginait peut-être déjà sauveuse, miracle même ! Mais, bien que Cyanna ne s'y opposa pas, elle trouva cette phrase ridicule, phrase qu'elle aurait pu prononcer, elle en était partiellement consciente. Mais, dans le rôle de la mourante, l'enfant restait sceptique quant à la plausible tentative de la fille.

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*Alona

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Seule à deux  Privé 

À tes paroles pourtant rassurantes et douces, l'autre ne te répondait pas. Elle semblait même t'ignorer, ne pas vouloir t'écouter, essayer de t'échapper, comme si, comme si... comme si quoi ? Comme si elle allait mourir sur-le-champ, comme si tu étais le bourreau qui allait l'achever, comme si elle vivait ses derniers instants de vie. Une seconde, tu hésitas, pensas, réfléchi malgré le sommeil qui te rattrapait de plus en plus vite, prêt à surgir dans ton dos pour te capturer et t'emmener loin.

*Pffff encore une gamine victime d'une dispute de coeur de merde... ridicule !*
Oui, peut-être, c'est vrai... Mais toujours est-il que tu ne pouvais pas la laisser là, ça aurait été l'abandonner et l'abandon est une des choses qui font le plus souffrir, ça c'est une chose que tu savais bien et que tu n'oublieras jamais.

*La pluie... la tempête... la silhouette s'éloignant... Papa*

Tu ne pouvais pas laisser la jeune fille dans cet état, c'était trop douloureux. Alors, après quelques secondes de réflexion, tu décidais de l'aider, coûte à devoir écouter sa longue histoire ennuyante et devoir régler ses problèmes de gamine.

Tu te penchas au dessus d'elle, essuyas tes propres larmes d'une manche, bien que tes yeux mouillés laissassent encore voir les larmes amères qui avaient coulé, et la pris par la main.
Tu la relevas tant bien que mal et usas toutes tes dernières forces pour cela car, vous le savez bien, relever une enfant presque inerte n'est pas chose facile, surtout au beau milieu de la nuit. Tu parvins à l'assoir ensuite sur une chaise, quelle chance de vous trouver dans la salle d'étude à ce moment là, et posas ses mains sur la table, de façon à ce qu'elle puisse s'y appuyer. Tu t'assis en face d'elle, te faisant la plus discrète possible, et attendis, silencieusement, que la gamine daigne à ouvrir les yeux.

Tes yeux allaient de la blessée à la salle, de la salle à la pendule. 01h04. Ton regard devenait lourd, tes paupières se fermaient puis se rouvraient soudainement. Tu pensais, regrettant un instant de ne pas l'avoir laissée étendue sur le sol glacial.

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Seule à deux  Privé 

ATTENTION ! Tout le passage que vous allez lire ne parle que de l'amour ! Oui, ce n'est pas très explicite, je le reconnais. Ne le prenez pas au premier degré et voyez toujours l'amour, merci.

Elle ne partait pas. Elle restait même. Oui, elle ne l'aban...
Un sanglot la secoua violemment. *Elwing ! Elwing !*


Droguée. Elle était droguée et personne ne pourrait le sevrer. Prise au piège dans les filins de ce monstre perfide qu'était l'addiction. Elle voyait déjà les yeux jaunes globuleux cette créature la fixer, ses mains squelettiques se tendre vers elle, son corps chétif la serrer, serrer, serrer, serrer, et l'étouffer... Elle se sentait suffoquer, mourir à petit feu, l'air lui manquait ses poumons la brûlaient et le seul mot qu'elle pouvait prononcer était celui se sa soeur. Elle appelait au secours son bourreau, sa drogue, son Elwing.
Le cri muet qui restait au travers de sa gorge ne savait franchir la barrière de ses lèvres. Seuls ses yeux, rougis par les larmes hurlaient encore son désespoir. Elle tremblait frénétiquement dans les bras de la créature et si il lui était resté une once de force, elle se serait débattue. Mais un drogué privé de ses substances qu'il qualifie de vitales n'est plus rien, il ne sait plus où il est, ce qu'il est, qui il est, ce qu'il fait, et bien d'autres choses. Tout ce qui compte c'est *encore un peu*. Oui, juste un peu, pour la dernière fois, promis. Ses lèvres bleuies tremblent, ses yeux hagards vous fixent.

Ce qui est étrange dans cette relation entre le drogué et la drogue, c'est qu'ils sont très proches. Plus qu'on ne le croit. Ils vibrent ensemble et forment une harmonie parfaite, insoupçonnée, indiscernable. Lorsqu'elle pénètre dans son cour, il ouvre le bras et comme deux bons vieux amis, ils se serrent dans les bras, ce qu'ils ne savent pas, c'est que cette étreinte est mortelle. La drogue disparait, le drogué se tue. il s'habitue et quand le présence familière n'est plus là, il est en manque. Oui, Cyanna était en manque : en manque d'amour.

Il n'y a pas pire drogue. L'amour est partout, autour de vous, en vous, chez les autres... Il n'y a pas d'être qui ne connaisse pas l'amour et il n'y a d'être qui ne souffre pas de son amour, qui soit en manque. Cyanna manquait d'Elwing.

Elle sentait que l'étau qui l'enserrait n'était pas que fictif.

Qui ? Elle ? Encore ?

Assise. Une vois lui soufflait qu'elle était assise. Sur... sur... pas le sol.

Qui ? Pourquoi ?

Elle sentait une présence. Quelqu'un. Elle tremblait toujours, ses paupières étaient closes, seul le noir était avec elle. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux, le noir était rassurant, elle pouvait y trouver un peu de repos face à son coeur qui la déchirait. Mais...

Qui ?

Et si... si... Si seulement Elwing l'avait retrouvée ! Elle ne réfléchit pas plus et ouvrit les yeux.



Non.

Des larmes amères coulèrent sur ses joues. Elle attendit, les yeux fixés dans ceux de la fille en face, toujours tremblante.

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Seule à deux  Privé 

1h06.
*Qu'est-c'que j'fou là ?*


Et tu restais assise sur cette chaise glacée. Tu ne bougeais pas. Tu observais. Tu observais l'espèce d'être qui se tenait en face de toi. Que faisais-tu ici, à cette heure-ci ? Qu'elle idée en même temps de te promener dans les couloirs après une fête ! Qu'est-ce-qui t'était passé par la tête, au juste ? Cette musique... Will... Maman... *STOP !* Que tu eu voulu quitter la salle, très bien. Mais, tu n'aurais pas pu te contenter du dortoir ? Non, il avait fallu que madame enfreigne le règlement. Et pourquoi, au juste ? Pour devoir restée assise face à une pauvre mourante. Ah bah, super, Poudlard !

Et tu glissais chaque seconde un peu plus de ta chaise. Tes yeux se fermaient petit à petit, le sommeil te gagnait. Il s'approchait à pas feutré de toi, ses mains potelées prêtes à t'emporter loin, très loin. Son sable magique s'apprêtant à te piquer les yeux, et comme un bébé, tu frotterais tes paupières, avant de fermer les yeux pour un voyage imaginaire.

1h07.


*T'ain, tu veux pas arrêter d'chouiner ?*


La fille qui se tenait en face de toi avait vraiment l'air souffrante. Pourquoi ? Pourquoi tous ces pleurs ? Pourquoi cette respiration suffocante ? Pourquoi ces larmes salées, sur ce visage pourtant innocent ? Pourquoi ? Pourquoi une fillette allongée par terre, au milieu de la nuit ? Pourquoi cette souffrance si intense ?

1h08.


*J'en ai marre, j'm'en vais.*


Tu t'apprêtais à t'en aller, hésitant à la traîner jusqu'à l'infirmerie ou à la laisser là, mais elle daigna ouvrir les yeux.

*Pourquoi tu pleures ?* Aurais-tu voulu lui demander. C'est vrai, à partir du moment où elle t'avouait la cause de son malheur, tu la consolais et puis c'était fini ! *Trop brutal*

Hésitant un instant par garder la bouche fermée ou prononcer quelques mots, tu finissais par lui dire, sur un ton calme et apaisant :

"Ne t'inquiètes pas, ça va aller."

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*NON NON NON NON NON  non*

La voix de sa tête a hurlé, crié, parlé, gémit, chuchoté, murmuré.
Elle s'est tue. Le silence règne à présent dans sa tête. L'écho déchirant n'était plus. Son cri, sa détresse, il n'y avait plus rien. Sa tête était vide et son coeur aussi. Ou alors... Peut-être vidait-elle coeur et tête pour fuir ce trop plein d'émotions. Pour fuir incertitude, douleur et... Ja...*Non. Chut !*
Incertitude, douleur et ce mot qui la dégoutait au plus haut point. Ce mot qu'elle refoulait. Ce qu'elle s'était promis de ne jamais prononcer. Ce sentiment qu'elle repoussait, qu'elle avait banni de son coeur pour sa fratrie. Ce mot qui lui revenait à présent en pleine figure, plus violemment que jamais. Cette chose atroce qui ravageait bien des Hommes.

*Non.*

Elle ne l'était pas. Sa pensée était ferme mais la peine qui lui poignardait le coeur faisait parfois vaciller cette certitude voulue inébranlable. La douleur qui lui poignardait le coeur lui permettait à peine de penser.

Cyanna avait mal, comme si, perpétuellement, on serrait son jeune coeur, comme si l'on tentait d'étouffer ses battements, son amour, le peu de confiance qu'il donnait. Écrasé par une force lointaine, le pauvre muscle battait de plus en plus vite, affolé, mais le poings refermait se prise, le forçant à ralentir. Ainsi, Cyanna sentait son coeur battre à un rythme effréné, puis décélérer, et repartir aussi vite. Cela lui donnait des vertiges mais elle tremblait trop pour s'en rendre compte et ne voyait pas la différence entre les deux.

Elle sanglota, renifla tout en regardant toujours l'autre. Le temps passait. Mais la jeune Poufsouffle ne différenciait plus les heures des secondes et toute notion de durée lui échappait. Regarda-t-elle l'autre une heure ? Une seconde ? Une minute ? Elle ne savait pas. Le temps n'était pas rapide, pas long, il coulait entre ses doigts, il fuyait, comme elle avait fuit la salle commune des Poufsouffle.

"Ne t'inquiètes pas, ça va aller."

*Aller. Ça.*
Aller, tout irait. Même sans elle, le monde irait. Oui, aller, c'était seulement se diriger vers le futur. Et, certes, Cyanna ne savait pas à quelle vitesse elle "allait" mais elle savait que le temps passait, qu'elle allait. Où ? Elle ne savait pas pas, mais elle elle y allait.

*Ça ? "Ça" quoi ?*

Rien. Rien. Elle était vide. C'était quoi ça ? Qu'est-ce qui irait ? Elle ? Sa vie ? Sa relation avec Elwing ? Le regard vide, elle regarda l'autre et d'une voix rauque à cause des pleurs elle demanda, les yeux toujours larmoyants les joues trempées :

- C'est quoi "ça" ? Qu'est-ce que qui ira ?

Ses yeux restèrent accrochés à ceux de l'autre. Leur bleu, comme celui du ciel, l'hypnotisait et la calmait. Les larmes se stoppèrent un instant, les tremblements furent moins violents et, nageant dans cet océan limpide, flottant dans les airs, Cyanna oublia les nuages et les icebergs de ses propres yeux.

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