Salle d’études

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Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

Kaeyann vit Alyse tirer sa baguette de sa poche et la pointer sur sa poitrine. La Jaune sembla hésiter un bref instant, ce qui alarma légèrement Kaeyann. Savait-elle vraiment lancer ce sortilège, au moins? La première année n'avait rien contre l'idée de se faire jeter une bonne dose de sérénité au visage, mais elle eut soudainement une petite pensée pour une camarade Gryffone, qui avait voulu tester le sortilège de gonflus dans la salle commune la veille et qui s'était retrouvée avec les pieds gros comme des pastèques, avant de finir à l'infirmerie. Amber et Alyse n'en étaient plus à leur première année d'étude, certes, mais les accidents étaient fréquents malgré tout, et Kaeyann n'aimait pas du tout lire de l'incertitude sur le visage de la personne qui s'apprêtait à l'ensorceler.

Heureusement, Alyse parut se ressaisir rapidement, et quand elle prononça la formule magique, ce fut avec beaucoup de résolution et de calme. Kaeyann vit un éclair de lumière blanche jaillir du bout de la baguette de la Poufsouffle, et une légère brise passa sur son visage en ébouriffant les cheveux qui lui tombaient sur le front. La lumière disparut, mais la Rouge sentit une onde fraiche se répandre en elle, du bout de son nez jusqu'à la pointe de ses orteils, en passant par son estomac, qui fit un bond joyeux dans son ventre. Elle sentit alors son corps se détendre complètement, ses bras tomber mollement contre ses flancs, ses genoux fléchir sous son poids et sa tête dodeliner mollement. Un sourire s'étira sur ses lèvres alors que ses paupières se faisaient lourdes, et une envie de rire la prit sans raison. La pièce dans laquelle les quatre jeunes filles se trouvaient semblait emplie d'une lumière chatoyante qui faisait apparaitre toutes les couleurs plus vives que jamais, comme un spectacle de fleurs chamarrées. Kaeyann laissa errer son regard alangui sur les objets étranges qui meublaient la classe abandonnée, totalement indifférente à la joute verbale qui allait toujours bon train entre les deux Serpentard.

La jeune fille rigolait tout bas sans même s'en rendre compte, et elle dut déployer des efforts surhumains pour concentrer son attention sur Alyse, qui était près d'elle et lui parlait. Kaeyann savait qu'elle n'était pas soudainement devenue stupide, elle comprenait très bien ce que la Jaune était en train de lui dire, mais elle avait énormément de mal à ouvrir la bouche pour lui répondre. En effet, il lui semblait tellement futile de parler alors qu'elle pouvait rester tranquillement debout, simplement heureuse d'être contente.


«Ca te convient ? Et si on allait discuter un peu, en français, cette fois-ci?»

Kaeyann hocha négligemment la tête, le sourire toujours fendu jusqu'aux oreilles. Elle suivit docilement Alyse vers le coin opposé de la pièce et se laissa tomber sur une chaise. Le français lui manquait terriblement, bien sur qu'elle avait envie de papoter dans sa langue maternelle. Enfin... dans son autre langue maternelle. Elle posa son coude sur le pupitre le plus proche d'elle et cala son menton dans sa main, nonchalante.

«Alors, mademoiselle, comment trouvez-vous les Britts, jusqu'à maintenant?»

Les mots qui franchirent ses lèvres parurent excessivement comiques aux oreilles de Kaeyann, et la jeune fille se demanda si cela était dû au fait qu'elle n'avait pas conversé en français depuis des lustres, ou simplement à la grande qualité du sortilège d'allégresse que lui avait lancé Alyse.

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦

Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

Alyse n'avait pas pu esquisser un geste pour se diriger vers le fond de la pièce, ou trônaient une table et deux chaises placées comme si elles attendaient une discussion. Amber se mit a parler, ou plutôt a répliquer a sa camarade Verte une tirade qui surprit Alyse.

« Primo, nous t'avons expliqué, Miss Delgado et moi, ce qui allait t'arriver avant de te lancer le sort, pardon, avant que tu ne le détournes dans un accès de mauvaise foie. Mais peut-être n'a tu pas entendu tellement tu étais occupée à ruminer ta jeunesse ? T'as onze ans Roxy, pas quatre-vingt-deux, tu peux encore te permettre quelques excentricités, non ? Ensuite, comment ça, une "situation de ce genre" ? A ce que je sache personne n'est encore mort, ni même blessé. Regarde, c'est carrément l'opposé, tout le monde se porte bien, mieux que bien même ! Et puis, tu peux me faire tous les discours moralisateurs que tu veux, tu te contredis toute seule. Je t'ai effectivement quelque peu forcé la main pour entrer, mais je vais effectivement parvenir à mon but. Comme d'habitude, en somme ».

Et bien dis donc, au moins, ça, c'était dit. Alyse n'aurait sans doute pas fait mieux. Il était vrai que la Serpentard avait des réactions de personnes plus âgées. Elle n'avait que onze ans, et même Alyse qui avait été éduquée selon des règles strictes imposées par ses géniteurs, était moins « coincée » que la jeune fille. Savait-elle s'amuser, au moins ? Apparemment, non. Amber lança donc le sortilège, et rien ne se passa comme prévu .

Le sortilège n'eut aucun effet sur sa camarade, qu'elle avait appelée Roxy. L'abréviation de Roxane, sans doute. Amber était trop énervée pour que le sortilège fasse effet, ce qui arrivait souvent lorsqu'on lançait un sortilège sans maîtriser ses émotions. La préfète allait sans doute réessayer, mais Roxane prit de nouveau la parole, en disant ce qu'Alyse avait pensé quelques secondes auparavant. Elle ajouta également qu'Amber devait se détendre avant de recommencer. Etait-ce une lueur de défi dans son regard ? Amber allait forcément dire quelque chose, mais Roxane semblait prendre un malin plaisir a provoquer sa Préfète. Mauvaise idée, pensait Alyse.

Alyse, après toute cette histoire, décida de s'asseoir, et attendit que Kaeyann la rejoigne, ce qu'elle fit, toujours sous l'emprise du sortilège. Apparemment, cela devait lui faire plaisir de trouver quelqu'un avec qui parler en français. Cela plaisait également à Alyse, car elle avait encore du mal à converser en anglais. Kaeyann appuya sa tête sur sa main, à cause du sortilège, et répondit a Alyse en français.


«Alors, mademoiselle, comment trouvez-vous les Britts, jusqu'à maintenant?» 

Alyse rigola doucement. La voix qu'avait prit Kaeyann à cause du sortilège était vraiment amusante. Une voix un peu basse et aiguë, cela rendait le tout comique. Alyse ne savait pas trop quoi répondre à sa question. Il y avait bien une Poufsouffle avec qui elle discutait, si on pouvait appeler ça discuter, dans sa salle commune, avec qui elle avait des rapports peu cordiaux à cause de sa maladresse, sinon, elle n'avait pas discuté avec d'autres.A part les deux Serpentard, évidemment, mais bon, Roxane n'avait pas l'air d'être une personne qui aimait s'amuser

« Je peux pas trop répondre, je n'ai pas discuté avec beaucoup. Mais certains prennent tout au premier degré, apparemment, fit Alyse en désignant du menton les deux Serpentard restées debout, a quelques mètres. »

La jeune fille resta dans cette position, la tête tournée vers les deux jeunes filles, attendant un quelconque geste qui signifiaient qu'elles avaient fini avec le sortilège. Kaeyann et Alyse ayant déjà fait l'expérience, elles n'avaient plus qu'a attendre que Roxane et Amber aient fini pour pouvoir discuter à deux, sans risque d'entendre une conversation.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !
Finisseuse des Frelons de Poufsouffle
Journaliste au Journal du Blaireau
Poufsouffle du mois d'août 2014 & Elève du mois d'octobre 2014 ~

Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

« Il faut croire qu'il est peu conseillé de s'essayer à un sort lorsqu'on à la rage. Si j'étais toi, je me détendrais avant de passer de nouveau à l'acte, parce qu'il semble évident qu'on ne quittera pas cet endroit tant que tu n'auras pas réussi ce fichu sort ...Et contrairement à ce que tu crois, j'ai d'autres choses à faire que de servir de cobaye à une demeurée. »

Amber arrivait à être irritée et impressionnée en même temps. Rares étaient les personnes qui lui tenaient tête, qui plus est en première année. Son autorité, elle ne la tenait pas forcément de sa sagesse ou d'une suprématie innée, elle avait juste un caractère tellement épouvantable que très peu de personnes avaient le courage de perdre leurs temps à essayer de lui chercher des poux, surtout sachant qu'elle avait un gros penchant pour les vengeances basses et mesquines. Pourtant, au fond, elle n'était pas si méchante. C'était tellement vu et revu de justifier son humeur massacrante par une prétendue carapace vis à vis du monde extérieur, mais il fallait reconnaître que c'était plutôt vrai. Il était tellement plus facile, pour peu qu'on ait un peu de verbe, de rabaisser son entourage plutôt de faire l'effort de se montrer un minimum sympathique.

Avant, elle était une jeune fille expansive qui ne faisait jamais mystère de ses émotions. Lorsqu'il y a trois ans, ses parents lui apprirent que toute son éducation et ce qu'elle savait d'eux n'était un pure mensonge confectionné de toutes pièces, elle perdit confiance en la nature humaine, s'imaginant que même si ceux qui partageaient son sang étaient capables de tromperie, il en serait de même pour le reste du monde en pire. Se montrer douce et joyeuse comme sa vraie nature le lui dictait impliquait forcément de se faire des amis, de tisser des relations dites positives. Le problème avec les amis, c'est qu'ils sont toujours trop curieux et on se retrouve obligé de les fréquenter souvent. Et bizarrement, plus on reste en la compagnie d'un pote, plus celui-ci veut en apprendre sur vous, ce que vous aimez, ce que vous détestez, quelle est votre pizza préférée, comment s’appelle votre poisson rouge. Autant d'informations essentielles qui la faisaient se sentir vulnérable lorsqu'elle les divulguait, comme une arme qui pourrait se retourner contre elle. Concrètement, tout ce qui la caractérisait était aussi précieux que destructeur, un trésor qu'elle avait préféré garder à l'abri.

Et puis finalement, à force de jouer la belliqueuse insensible, elle s'était prêtée au rôle et son acting s'était confondu avec sa véritable personnalité. C'est pourquoi elle changeait tout le temps d'humeur, allant de temps à autres jusqu'à en cumuler plusieurs à la fois. A force d'entendre des mensonges, elle en était devenu un. Depuis que son nom de famille ne voulait plus rien dire pour elle, au même titre que la sincérité, l'honneur ou la vérité, elle avait perdu le goût des rapports avec les gens, trouvant sa petite personne largement suffisante. Roxane, dans ses répliques piquantes, lui rappelait que rien de ce qu'elle avait put vivre ou subir ne la plaçait au-dessus des autres ni ne faisait d'elle une martyre, juste une gamine un peu paumée n'avait rien trouvé de mieux pour masquer son ignorance que d'essayer de crier toujours plus fort que tout le monde. Cette réalité qui lui revenait en pleine poire, tel un boomerang en acier trempé, lui fit terriblement mal. Pour cette prise de conscience forcée elle aimait et détestait Roxane en même temps.


« Ouais, j'ai la rage. Et alors ? Je l'avoue, ce que tu dis m'a énormément saoulée, merci pour les sous-titres. Par contre, je ne vois pas très bien quelle fierté tu gagnes à t'illustrer comme une personne hautement ennuyeuse et énervante, est-ce donc là la seule joie de ta pitoyable existence ? Soit alors, je le concède, tu es une personne ennuyeuse et énervante. Contente ?  », répliqua t-elle avec une froideur palpable.

Pourquoi avait-elle répondu de la sorte ? Parce que justesse ou pas, elle s'était sentie blessée par ses propos, mais surtout humiliée de se faire dire ses quatre vérités devant un auditoire (bon, auditoire pas forcément très attentif quand il n'était pas occupé à caqueter en frenchie, mais un publique est un publique). Elle ne pensait cependant pas tout ce qu'elle avait dit, la Serpentard pouvait aussi être une personne drôle, voir même presque attachante. De loin. Le fait était que contrairement à la majorité, elle ne se pliait pas au moindre de ses désirs et n'hésitait pas à la recadrer avec toujours le même acharnement et une profonde indifférence des titres. Cette attitude l'agaçait tout en l'intriguant, pas de doute, cette fille était spéciale. Peut-être parce qu'elle lui ressemblait un peu en fin de compte, mais alors un tout petit peu.

« Agorio », lança t-elle avec une neutralité forcée en direction de la Serpentard désinvolte.

Elle sut que cette fois-ci son sort avait réussit grâce au sourire qu'elle devinait poindre sur le visage de son interlocutrice pour la première fois depuis le début de la séance. Maintenant qu'elle avait goûté à un petit moment de relaxation, elles pourraient peut-être essayer d'avoir une discussion plus posée, enfin, mieux valait ne pas titrer trop de plans sur la comète, mais bon. Désireuse de respirer un peu après cet échange intense, elle rejoignit les deux autres filles, laissant Roxane profiter de ses quelques minutes de plénitude durement gagnées.

N'ayant pas suivit leurs conversation, elle s'y incrusta avec un naturel feint:


« Si on décroche pas un Optimal, je comprends plus rien. »

Et elle resta là, le dos droit sur sa chaise, surveillant la brune du coin de l'oeil en se demandant à quel point elle avait put dépasser les bornes.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
> Serpentard du mois d'août et d'octobre & élève du mois d'octobre.
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Ancien sorcier

Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

Roxane sentit immédiatement qu'elle avait marqué un point, serait-ce-t-il minuscule, contre ce qui semblait être devenue son adversaire. Elle sentit une once de fierté s'immiscer en elle à l'idée d'avoir réussi à son tour à lui faire mal, même si cela était justement cruel. Bien sûr, la trêve ne dura pas bien longtemps, et en un tour de main Amber lui avait envoyé une nouvelle marée de piques à la figure, qui pour la première fois, l'atteignirent.

« Ouais, j'ai la rage. Et alors ? Je l'avoue, ce que tu dis m'a énormément saoulée, merci pour les sous-titres. Par contre, je ne vois pas très bien quelle fierté tu gagnes à t'illustrer comme une personne hautement ennuyeuse et énervante, est-ce donc là la seule joie de ta pitoyable existence ? Soit alors, je le concède, tu es une personne ennuyeuse et énervante. Contente ? »

*Ennuyeuse ?* pensa Roxane, atterrée. *Énervante ?*
Elle sentit tous ses doutes revenir à la surface comme des souvenirs trop encombrants que l'on aimerait oublier à jamais, la prendre à la gorge et l'étouffer, lentement mais sûrement. Elle avait toujours essayé d'être une personne agréable et joyeuse, à l'écoute des autres, constamment prête à se lancer dans des entreprises on ne peut plus folles - mais si amusantes. On l'avait toujours complimenté sur sa joie de vivre apparente et disputé pour ses actes parfois assez désinvoltes pour être dangereux. Cernée par ses certitudes personnelles, elle en avait oublié comme pouvait être l'autre face, celle que l'on répugnait et qui la dégoûtait elle-même. Ce n'était pas son côté Serpentard, mais les moments où il lui arrivait de se fermer comme une huître, et où tout le reste disparaissait, pour ne laisser qu'une fille déplaisante, inconstante et agressive.

Elle avait remarqué en son for intérieur que cela se produisait de plus plus souvent, à mesure qu'elle grandissait, comme si sa légèreté disparaissait pour laisser peu à peu place à une jeune fille introvertie. Elle haïssait cet aspect de sa personnalité, mais ne pouvait rien faire si ce n'était d'essayer de repousser toute cette amertume sortie d'on ne sait où. Pourtant, parmi toutes ces sombres pensées, une lumière venait éclairer les affres de sa conscience : la conviction que cela ne se passait pas n'importe où et n'importe quand, mais quand elle se sentait en danger, comme cela s'était produit dans cette situation. Elle aimait l'inconnu et l'aventure ; toutefois, dès qu'elle sentait que la situation lui échappait par n'importe quel moyen, elle se refermait immédiatement jusqu'à ce que sa fierté et son esprit de conservation ne l'enveloppent complètement et guident ses actes. Par contre, son habitude à riposter quand quelqu'un essayait de la prendre de haut, cela elle en avait hérité depuis sa plus tendre enfance et n'avait pu s'en détacher.

Roxane regrettait que tant de gens aient pu la voir sous cet aspect, et craignait de paraître ainsi pour le reste de sa scolarité aux deux filles, même si elles ne les portaient finalement pas dans son coeur. Pour Amber, c'était une autre histoire ; car il semblait étrangement qu'un lien indistinct se soit tissé entre elles, un fil rongé par une haine inutile mais solide. Comme si elles partageaient une sorte de fardeau, où que sais-je d'autre. Cette impression fut fugace et incontestablement volatile, et dès que la préfète visa de nouveau Roxane, elle oublia tout le reste, ne gardant pour elle qu'un espoir fragile.


« Agorio »

Du temps, il en avait fallu, mais ça avait fini par arriver, comme d'habitude. Roxane sentit ses muscles ramollir comme du beurre dans une poêle bien chaude et toutes ses craintes s'envoler, bien sûr sans disparaître tout à fait - car il en reste toujours, tapies derrière de belles pensées. Elle se laissa abandonner à cet indiscutable bien-être, n'ayant plus aucune conscience du monde qui l'entourait, si ce n'était d'échos de voix tamisées. Elle se laissa tomber sur une chaise, et ferma doucement les yeux, pas pour sommeiller, mais juste pour profiter au maximum de cet instant de bien-être. Comme elle était complètement coupée du monde extérieur, elle ne savait combien de temps elle était restée là à paresser, et aurait très bien pu accepter la théorie des jours si on la lui proposait. Cela faisait en fait environ un quart d'heure, réveil compris.

La verte se releva en titubant, avec l'impression que ses jambes étaient en coton et sa tête à des miles au-dessus des nuages. Elle n'avait jamais été aussi détendue de toute sa courte vie, à part peut-être alors qu'elle ne faisait absolument rien de ses journées à part manger et dormir (et pleurer, mais on ne va pas s'étendre là dessus). Elle rejoignit le groupe qui s'était formé au fond de la salle et assista tranquillement à la conversation, qui était étrangement pointée de français. Aussitôt, une étincelle se forma en elle et de vagues souvenirs d'enfance vinrent l'étreindre. Car elle aussi avait des origines françaises, elle était d'ailleurs née dans ce pays. Cela faisait maintenant un bail qu'elle n'avait plus parlé cette langue tant aimée, et elle comprenait qu'il lui faudrait se ré-entraîner si elle ne voulait pas décevoir son père aux vacances prochaines avec une touche british sûrement inconvenue.


« Vous...vous êtes françaises ? C'est dingue, moi aussi...! Mais avec tout cet anglais, je sens que je suis complètement rouillée, pas vous ? » débita-t-elle à la cantonade d'une voix étrangement guillerette.

Elle s'étonna de son timbre si bizarre, on aurait dit qu'elle avait pris de l'hélium ou quelque chose de ce genre.

« Euh...Tu n'aurais pas un contre-sort pour ça ? Parce que franchement, je ne sais pas si je vais supporter de m'entendre encore longtemps. »

Cette fois-ci, elle avait interrogé Amber en lui montrant sa gorge avec une moue un peu exagérée digne du sortilège Agorio. Elle espérait sauver les meubles, avec elle, que cela lui prenne des heures, des semaines ou bien des mois. En ce qui concernait Alyse et Kaeyann, elle espérait que les choses s'arrangent également, mais doutait qu'elles aient beaucoup d'affinités. C'était plutôt incongru comme hypothèse, mais Roxane avait la ferme impression qu'en plus de vous rendre totalement allègre, ce sort avait également le don de faire réfléchir ; à moins que toutes ses mauvaises émotions écartées, elle ait enfin pu reprendre clairement ses esprits et faire le point sur tout cela.

Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

«Je peux pas trop répondre, je n'ai pas discuté avec beaucoup. Mais certains prennent tout au premier degré, apparemment.»

Kaeyann hocha la tête, un sourire indolent toujours accroché aux lèvres. Elle sentait les effets du sortilèges se dissiper peu à peu alors qu'elle réfléchissait. La Rouge devait admettre qu'elle aussi avait eu un peu de mal à s'adapter au début. Elle avait bien vite compris qu'une nation ne se définissait pas seulement par sa langue, loin de là (car autrement, son intégration se serait fait beaucoup plus rapidement), mais aussi - et surtout - par sa culture. Bien que parfaitement fluide dans la langue de Shakespeare, elle n'avait pas l'humour anglais, sarcastique et un poil absurde, et cela se ressentait dans ses conversations avec les autres élèves. De la même façon, parler français ne l'avait jamais fait douter de sa "canadienneté", au contraire, elle vivait cette particularité culturelle avec une grande fierté, mais elle comprenait qu'Alyse puisse avoir du mal à se tailler un place à l'école, même si son anglais était parfaitement compréhensible. Kaeyann était également d'accord avec elle quand elle disait trouver que certaines personnes avaient tendance à tout prendre au sens littéral... Elle avait rencontré son lot d'élèves susceptibles depuis son arrivée en Angleterre, et n'aurait sut dire si c'était là un pur hasard ou une caractéristique sociale...

«Ouais, je vois ce que tu veux dire. Mais hey, il faut pas se décourager. Nous sommes toutes les deux la preuve vivante que le mélange ethnique donne de bons résultats, pas vrai?»

La première année fit un clin d’œil à la Jaune, bien contente de sentir la douce brume qui lui avait embrouillé momentanément les pensées se dissiper finalement. Elle retrouvait cependant à contrecœur son corps lourd et patraque de simple être humain... Alors qu'elle se redressait sur sa chaise en s'apprêtant à poser une nouvelle question à son interlocutrice, Kaeyann vit Amber s'approcher d'elles en laissant Roxane seule avec son bonheur tranquille.

«Si on décroche pas un Optimal, je comprends plus rien.» lâcha la préfète en se laissant tomber sur une chaise.

«Si vous ne décrochez pas un Optimal, je veux bien aller plaider en votre faveur.» rétorqua Kaeyann. «Ce sortilège m'a fait un bien fou! J'ai hâte d'être plus avancée, pour pouvoir faire des trucs vraiment intéressants.»

Roxane vint elle-aussi se joindre à elles, le regard légèrement brillant et le pas excessivement joyeux. La première année avait manifestement entendu Alyse et Kaeyann converser, car lorsqu'elle prit place à leurs côtés, elle demanda aussitôt:

« Vous...vous êtes françaises ? C'est dingue, moi aussi...! Mais avec tout cet anglais, je sens que je suis complètement rouillée, pas vous ?» Avant de se tourner vers Amber, légèrement agacée: « Euh...Tu n'aurais pas un contre-sort pour ça ? Parce que franchement, je ne sais pas si je vais supporter de m'entendre encore longtemps.»

«Moi je suis Canadienne» rectifia Kaeyann avec un sourire. «J'ai passé ma vie à passer de l'un à l'autre. Et ne t'en fais pas pour le trop plein de joie, ça passe rapidement.»

Kaeyann s'étira en baillant sur sa chaise. Même si le sortilège ne lui faisait plus d'effet, elle se sentait toujours un peu ramollie, comme si elle venait de s'éveiller d'un rêve particulièrement agréable duquel on l'aurait tirée de force. Elle n'avait plus qu'une envie, qu'on l'ensorcèle à nouveau afin qu'elle puisse retrouver cette sensation plaisante d’oisiveté heureuse. Elle se leva, avec un sourire coquin aux lèvres, et dit:

«Bon, et bien c'était chouette comme moment les filles, merci de m'avoir kidnappée, Alyse. Je te confirme que tu es très douée pour ce sortilège, alors j'imagine que tu n'as plus besoin de mes services. Je vais donc prendre mes dix gallions comme convenu et retourner vaquer à mes occupations. Si l'une de vous deux veut faire une ultime tentative, je peux bien prendre un dernier petit coup de détente pour la route.»


Reducio
Fin du RP pour ma part :) Au plaisir!

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
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♦ Élève du mois de Février 2014♦

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Alyse jeta un coup d'oeil discret vers les deux Serpentard, et après une petite réplique bien placée d'Amber, cette dernière jeta de nouveau le sortilège sur Roxane. Sortilège qui marcha a merveille cette fois là. Les cours de première année disaient bien vrai alors. Les émotions devaient être contenues pour éviter qu'elles se répercutent sur le sortilège. Kaeyann sortit Alyse de sa divagation, en adressant une phrase a Alyse.

«Ouais, je vois ce que tu veux dire. Mais hey, il faut pas se décourager. Nous sommes toutes les deux la preuve vivante que le mélange ethnique donne de bons résultats, pas vrai?» 

Elle ajouta un clin d'oeil à cette réplique, ce qui fit rire de nouveau Alyse. Décidément, cette petite Gryffondor était sympa. De toute façon, tous les français ou francophones étaient sympas. Tout le monde savait également que la rivalité France-Royaume Uni était très forte. Les Français étant appelés « Frogs » par les Anglais, et ceux-ci étaient appelés « Rosbeef » par les Français. M'enfin, jusqu'à son arrivée en Ecosse, Alyse entretenait cette rivalité. Elle n'aimait pas les Anglais. Mais, cette situation commençait à changer, ce que la jeune fille appréciait particulièrement. C'est vrai quoi, elle ne voulait pas se mettre de nouveau tout le monde à dos alors qu'elle venait d'arriver. Perdue dans ses pensées Franco-Anglaises, elle entendit à peine Amber s'asseoir à la table qu'occupaient les deux Françaises, et dire qu'elle ne comprendrait rien si elle n'obtenait pas un Optimal. Alyse approuva d'un mouvement de tête. Les sortilèges avaient marché, et il n'y avait pas eu d'effets secondaires, donc il n'y avait qu'a le refaire en cours et le tout était joué. Kaeyann ajouta qu'elle viendrait soutenir les jeunes filles si elles n'obtenaient pas un Optimal, et Alyse sourit de nouveau. Elle appréciait réellement la jeune fille. Roxane rejoignit alors tout le petit groupe.

« Vous...vous êtes françaises ? C'est dingue, moi aussi...! Mais avec tout cet anglais, je sens que je suis complètement rouillée, pas vous ?» 

Que de français ici ! Alyse n'allait donc pas perdre la main au niveau de sa langue natale, ce qui l'emplissait de joie. Apparemment, seule Amber n'était pas française, et n'avait donc sans doute pas compris la mini-conversation qu'avaient eu la Gryffondor et la Poufsouffle. Kaeyann reprit de nouveau la parole.

«Moi je suis Canadienne. J'ai passé ma vie à passer de l'un à l'autre. Et ne t'en fais pas pour le trop plein de joie, ça passe rapidement. Bon, et bien c'était chouette comme moment les filles, merci de m'avoir kidnappée, Alyse. Je te confirme que tu es très douée pour ce sortilège, alors j'imagine que tu n'as plus besoin de mes services. Je vais donc prendre mes dix gallions comme convenu et retourner vaquer à mes occupations. Si l'une de vous deux veut faire une ultime tentative, je peux bien prendre un dernier petit coup de détente pour la route.» 

Alyse fouilla dans son sac pour y trouver sa bourse, qu'elle savait bien remplie. Les seuls rares moments ou elle... Appréciait ses parents, étaient lorsqu'ils lui envoyaient de l'argent, ce qui arrivait chaque vendredi. La jeune fille ne les aimant pas, ne leur envoyait pas de lettre pour les remercier. De toute façon, il ne la liraient même pas, alors a quoi bon perdre son temps. La jeune fille sortit dix Gallions de sa bourse, les posa sur la table, puis les fit glisser vers la jeune Rouge.

« Merci a toi de m'avoir suivie. Perso, je n'ai pas besoin de faire une dernière tentative, ce que je viens de faire m'a suffit. Roxane, perso je suis pas rouillée, parce que je ne parle pas beaucoup d'anglais, mais si tu veux parler en français avec moi, y'a pas de problèmes. Je vais y aller aussi, j'ai un devoir de Potions a rendre. Merci a vous, en tout cas, j'me suis bien amusée ».

Alyse se leva tranquillement, rangea sa bourse, mit son sac sur son épaule, et après avoir annulé le sortilège qui maintenait la porte fermée, sortit de la salle en laissant la porte ouverte.

Reducio
Fin du RP pour moi également, merci pour ce RP, j'ai adoré l'écrire!

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Finisseuse des Frelons de Poufsouffle
Journaliste au Journal du Blaireau
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Du coin de l’œil, Amber observait la verte s'abandonner à un bonheur sans pareil. Elle se sentait coupable de lui avoir balancé quelque chose d'aussi mesquin à la figure et de voir maintenant un large sourire s'épanouir sur son visage. Elle aurait très bien put se limiter à jeter son sort comme elle venait d'en obtenir le feu vert, mais non, elle n'avait pas résisté à l'idée d'avoir le dernier mot; mais à quel prix ? Depuis qu'elle avait commencé à chercher des poux à son entourage, elle se réjouissait du pouvoir des mots qu'elle employait. Elle se plaisait beaucoup à enchaîner les répliques acides, juste pour avoir le joie d'observer voir la mine de l’adversaire se décomposer lentement. Elle trouvait un plaisir quasi-jouissif à blesser les autres, il s'agissait là d'un gage de sa puissance verbale, de la douleur qu'elle était capable d'infliger d'un simple claquement de langue. Une énième preuve de son pouvoir et de son influence, toute destructrice soit-elle. Or, pour la première fois, elle regrettait d'être allée aussi loin.

La préfète se mordit l'intérieur de la joue en reportant son attention sur la conversation qu'elle venait d'alimenter d'un air détaché, comme si rembarrer les gens était quelque chose d'on ne peut plus naturel. Ce qui était le cas, sommes toutes. Elle se faisait même une gloire de cette réputation de peste irrécupérable, prenait comme un compliment les commentaires quand à son côté langue de vipère. Depuis toujours, la gamine avait un avis sur tout et ne se privait pas pour le donner, et si elle pouvait écorcher les consciences au passage pour son propre bien, elle ne s'en privait pas. Alors pourquoi, pourquoi se sentait-elle aussi mal en cet instant ?


« Si vous ne décrochez pas un Optimal, je veux bien aller plaider en votre faveur. Ce sortilège m'a fait un bien fou ! J'ai hâte d'être plus avancée, pour pouvoir faire des trucs vraiment intéressants. », déclara gentiment Kaeyann, arrachant une mimique amusée à Amber.

« Vous...vous êtes françaises ? C'est dingue, moi aussi...! Mais avec tout cet anglais, je sens que je suis complètement rouillée, pas vous ? Euh...Tu n'aurais pas un contre-sort pour ça ? Parce que franchement, je ne sais pas si je vais supporter de m'entendre encore longtemps. », enchaîna Roxane d'une voix pâteuse qui venait de rejoindre le groupe, en finissant par s'adresser à sa petite personne.

« Finite incantatem », lança t-elle simplement en guise de réponse en la visant du bout de sa baguette.

Immédiatement les traits de son visages se rigidifièrent, gommant son petit air béat et émerveillé par tout et n'importe quoi. Sans oser regarder les filles dans les yeux, la troisième année se leva au rythme que chacun commençait à prétexter une occupation pour se tirer. Voilà, elle avait mené son plan à bien, avait obtenu exactement ce qu'elle voulait de Roxane. Si tout se déroulait comme sur des roulettes, pourquoi cette victoire lui laissait-elle un goût si amer ?

« Je vais y aller aussi, à une prochaine fois », ajouta t-elle d'une voie à peine fêlée.

Perturbée, la jeune fille revêtit son manteau et dégagea ses cheveux de son col, le regard dans le vague. Elle murmura un discret Alohomora pour contrer le sortilège d'entrave précédemment jeté et quitta la pièce d'un pas lourd en envoyant un salut léger du bout de main.


Reducio
Fin du RP pour moi aussi !

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
> Serpentard du mois d'août et d'octobre & élève du mois d'octobre.
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Ancien sorcier

Mission - Exercices à plusieurs.  PV 

Roxane était heureuse de voir qu'elle n'était pas la seule francophone ici, et pas seulement à cause du sortilège Agorio. Entendre sa langue natale la ravissait pleinement, comme si chaque mot français représentait une douce mélodie. Elle se rendait maintenant compte que cela faisait trop longtemps qu'elle ne s'y était plus essayée, et le regrettait amèrement. Elle écouta la réponse de Kaeyann en souriant, mais avant qu'elle puisse intervenir de nouveau, Amber intervenait placidement :

« Finite incantatem. »

La première année sentit ses membres se durcir instantanément et son coeur reprendre un rythme plus soutenu, comme si elle avait reçu un tonique ou un truc du genre. Elle se sentit immédiatement soulagée, car malgré qu'elle ait passé un bon moment, elle s'était apparue comme on ne peut plus vulnérable dans cet état de léthargie doucereux. Elle prit conscience de l'effet qu'elle avait pu produire sous l'effet du charme, et pensa qu'après tout, ce n'était pas plus mal étant donné que les autres avaient enfin pu la voir sous un jour agréable. Perdue dans ses pensées, la Serpentarde remarqua à peine le fait que Kaeyann prenait congé, ainsi qu'Alyse. Finalement, il ne resta plus qu'Amber dans cette salle qui aurait le don de lui rappeler tout ce qui s'était déroulé là à chaque fois qu'elle s'y rendrait. La blonde semblait légèrement affectée par tout ce qui venait de se passer, et elle ne s'accorda qu'un bref salut avant de quitter les lieux.

« Je vais y aller aussi, à une prochaine fois » lança-t-elle pour tout point d'orgue à la situation démente qu'elles venaient de vivre.

La verte fut prise de court mais n'eut pas la force de riposter, toujours dans le cirage niveau musculaire. Elle aurait aimé pouvoir parler en tête-à-tête à Amber, lui faire part de ce qui la rongeait. Éclaircir les choses. Mais la préfète ne semblait pas de cet avis, et après un dernier salut définitivement neutre, elle s'était tirée pour ne laisser derrière elle qu'une Roxane piquée au vif, étouffée par ses propres doutes. Une façon bien cavalière d'achever les choses, mais de toute façon, ce qui était fait était fait, et l'heure n'était pas aux caprices inutiles. Roxane ignorait si elle devait ressentir un quelconque remords à l'idée d'avoir résisté à sa préfète lors du premier essai. Elle était partagée entre deux optiques bien différentes, comme si deux idées radicalement contraires la tiraient avec une force inouïe. D'un côté, son instinct de conservation, de l'autre son désir de paraître. Malgré tout, elle savait pertinemment que les dés avaient été jetés depuis déjà belle lurette, il lui était donc inutile de se morfondre dans son coin durant des heures.

La tête emplie de sombres pensées, elle se décida à partir elle aussi, car si elle aurait pu rester ici en compagnie des autres, elle se sentait on ne peut plus mal à l'aise sous cette solitude écrasante. Si étrange que cela puisse paraître, elle avait la lourde certitude que malgré les franches réussites des troisièmes années, cette expérimentation improvisée n'avait pas été un succès sur tous les plans.


Fin du RPG
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