Salle d’études

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Une passion commune.  PV 

Des éclats de voix s'approchaient. Trop. Ça n'augurait rien de bon. Ils allaient entrer, c'était sûr. Percer la douce bulle de tranquillité de Rose en une seconde à peine, elle qui avait mis plusieurs pages à se couper du monde effréné autour d'elle. Elle s'était installée en tailleur sur une de ces chaises en bois cruellement inconfortables, avec dans les mains son roman du moment, un polar d'un auteur sorcier qu'elle adorait. Ça ne faisait pas très longtemps qu'elle lisait des histoires de ce genre, le début de l'été dernier tout au plus. Depuis, elle avait enchaîné les lectures, et ne se lassait plus de l'ambiance si particulière de ce genre de récits.

Elle avait commencé celui-ci il y a peu de temps, mais en était déjà la moitié. Il faut dire qu'elle lisait beaucoup ces derniers temps, encore plus souvent qu'avant. Rose lisait énormément lorsqu'elle stressait. C'était comme un exutoire qui lui permettait de passer ses doutes et ses angoisses à la trappe, le temps qu'elle se plonge dans une vie autre que la sienne. Ailleurs que sa Maison et ses camarades aux figures inconnues, ailleurs que les couloirs remplis d'élèves, la plupart du temps remontés à bloc, ailleurs que les cours où chaque nouvel échec la minait toujours un peu plus. Rose ne supportait pas l'échec. Alors elle lisait.

Les éclats de voix envahirent finalement la pièce. Un garçon et une fille, beaucoup plus grands qu'elle à n'en pas douter. La fille avait des cheveux coupés au carré, un peu ternes, mais un magnifique sourire. Rose remarqua leurs deux mains entrelacés. A sa vue, le garçon s'arrêta soudain de rire, optant pour une expression à mi-chemin entre la surprise et le désappointement. Il baragouina un truc incompréhensible, puis sortit, tirant sa copine par la main. Cet épisode ne dura que quelques secondes, tout au plus, mais ne manqua pas d'agacer Rose, qui les fustigea en son for intérieur. Elle avait horreur qu'on la surprenne en train de lire ainsi, à la manière d'une reclue, même si les deux amoureux se moquaient sûrement de ce qu'elle pouvait bien faire ici. Elle avait eu de la chance de ne pas être tombée sur des première ou deuxième années en mal de distractions, qui, eux, ne lui auraient pas fait le plaisir de rester indifférents à son étrange volonté de s'isoler dans une triste salle d'étude. Rose glissa une mèche de cheveux blonds lin derrière son oreille, puis se replongea aussitôt dans son roman.


« Chapitre 11. »

« L'art de l'écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu'il emploie des mots. »

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Il faisait légèrement frisquet dehors, bien qu'il y ait du soleil. Le vent gâchait tout, tout le temps. Il avait beau y avoir un soleil de fou à l'extérieur, si le vent ramenait sa fraise, c'était mort. Enfin, pour Noah. De nature très frileuse, le jeune garçon n'aimait pas vraiment sortir lorsque le vent se pointait. D'ailleurs, c'était vraiment chiant parce qu'il trouvait que lire dehors, à l'ombre sous un arbre, c'était carrément cool. M'enfin, tant pis.

Noah se levait de sous son arbre pour aller rejoindre le château où il comptait chercher un endroit tranquille et moins froid que dehors pour terminer son livre. Cela faisait quelques jours qu'il ne décrochait pas du roman policier moldu que sa mère lui avait envoyé. Celui-ci était tellement bien écrit qu'il n'arrivait plus à ne pas lire, il était captivé par l'histoire qui était racontée, c'était fou. Les amis qu'il s'était faits rouspétaient un peu d'ailleurs, ceux-ci ne cessaient de faire remarquer au jeune garçon qu'il passait trop de temps dans les bouquins, mais il ne les écoutait pas. Il préférait de loin continuer sa lecture, plutôt que d'aller faire des bêtises dans les couloirs, c'était nettement plus intéressant.

Le jeune Serdaigle marchait tranquillement vers les étages supérieurs, il guettait les environs. Il avait entendu dire par des camarades de Serdaigle qu'il y avait une salle d'études au cinquième étage. En gros une salle où les élèves pouvaient aller travailler tout ça, tout ça. Un endroit calme, et tranquille, là où personne ne viendrait mettre le bazar, en somme. Un endroit cool. C'était là que Noah voulait aller en fait. Déterminé à trouver cette fichue salle, il traînait dans les couloirs et, de temps en temps, demandait son chemin à des élèves. Bien sûr, certains profitaient de son ignorance pour l'envoyer dans un endroit complètement hors-sujet, mais heureusement pour lui Poudlard ne renfermait pas que des gens bizarres qui aimaient faire tourner les pauvres petits premières années en bourrique. C'est ainsi qu'une fille qui devait être en sixième année tout au plus, l'emmena dans la salle qu'il cherchait depuis une bonne vingtaine de minutes. Gentille mademoiselle, c'est cool de ta part !

Lorsqu'il passa sa tête à travers l’entrebâillement de la porte, Noah fut, en premier lieu, déçu de constater qu'elle était déjà occupée. Après analyse complète, il fut, par la suite, plutôt content de se retrouver avec une fille qu'il voyait tous les jours en salle commune, et même pendant les cours. Il ne se souvenait que de son nom, le reste lui ayant complètement échappé de l'esprit. Ne voulant pas déranger la demoiselle -même s'il allait le faire quand même-, le jeune garçon frappa doucement à la porte attendant une réaction de la jeune fille. Avant que cette dernière n'ait le temps de faire quoi que ce soit, le blondinet entama la conversation, tout en croisant les doigts pour que Mlle Rose ne le remballe pas.


« Coucou, ça ne te dérange pas si je viens lire ici ? Promis, je ferais mon possible pour ne pas te déranger ! Enfin, ne plus te déranger, plutôt ! »

~ Miss Loewy est puissance ~ ; il me fallait une signature, souvenir du bon vieux temps... :3
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Rose n'avait pas eu besoin de plus de deux minutes de lecture pour retrouver les personnages qu'elle cernait de mieux en mieux, mais dont les intentions lui étaient toujours assez floues, il est vrai (il ne faut pas oublier qu'elle lisait là un roman policier, tout le monde était suspect dans ce genre de bouquin ! d'ailleurs, il arrivait souvent que plusieurs des protagonistes aient des intentions diverses, mais avec ceci de commun qu'elles n'étaient pas très nettes...). L'aventure commençait sérieusement à s'emballer, un nouveau meurtre venait d'être commis, ah là là que c'était palpitant ! Il n'y avait pas à dire, c'était un bon roman.

« Coucou, ça ne te dérange pas si je viens lire ici ? Promis, je ferais mon possible pour ne pas te déranger ! Enfin, ne plus te déranger, plutôt ! »

Rose, surprise, ferma son livre par réflexe. Heureusement, elle comprit le pourquoi du comment avant de le cacher comme une idiote derrière elle : le garçon qui se tenait dans l'encadrement était lui aussi un lecteur compulsif, à ce qu'il semblait. Du moins, c'est ce que suggéraient à la fois le livre qu'il avait dans la main, ses propos et sa présence ici. Aucun risque qu'il ne se moque d'elle, donc ! Et puis, il avait l'air gentil. Ce genre d'individus qui ne crachent sur personne, simplement parce qu'ils n'y songent pas, du moins pas de leur propre initiative. Alors que d'autres sont instinctivement méchants, c'est dans leur nature de se moquer, influant, parfois sans même s'en rendre compte, leurs amis à faire de même. Cela ne les rend pas infréquentables, pas plus qu'ils en deviennent des gens mauvais ; mais ça existe, c'est tout.

En revanche, les gens candides exaspéraient Rose. Ils étaient trop, je ne sais pas, ingénus. Naïfs, aussi. Les gens naïfs l'agaçaient prodigieusement. En fait, elle n'aurait su dire si elle exécrait davantage les gamins crédules, que ceux qui en profitaient en leur faisant gober des histoires plus grosses que les citrouilles de Hagrid à Halloween. C'était là un dilemme cornélien ; mais, la première année n'aimant pas se laisser aller à de vagues réponses, elle décida finalement qu'ils étaient aussi irrattrapables l'un que l'autre.


« T'inquiète pas, lui assura-t-elle en haussant les épaules. Dis, c'est quoi que tu lis ? »

Rose n'était pas réputée pour sa sociabilité – c'est dire, elle préférait se réfugier dans une salle d'étude plutôt que papoter avec d'autres filles –, mais n'avait pu résister à l'envie d'en savoir plus sur les goûts du Perturbateur en matière de livres. Oui, du Perturbateur. Elle avait décidé de le nommer ainsi, non pas parce qu'elle avait oublié son prénom (il s'appelait Noah, si vous voulez savoir), mais simplement parce qu'elle aimait ça. Elle trouvait ça "cool", au même titre que ses camarades trouvaient "cool" d'inventer des jeux de mot sur les noms de famille des profs, ou de faire la collection des cartes de chocogrenouille. C'était là un petit plaisir qu'elle s'octroyait lorsqu'elle rencontrait de nouvelles personnes. Certains diront que c'est une manie bien étrange, mais qui sommes-nous pour décider de ce qui est bizarre ou ne l'est pas ?

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Noah attendait sagement derrière la porte, se demandant si la fille à laquelle il avait adressé la parole allait lui répondre, voir même si elle l'avait entendue. Non parce que ça arrivait au jeune garçon, quelques fois, d'être tellement concentré dans ce qu'il lisait qu'il ne prêtait absolument aucune attention à ce qui l'entourait et que donc, lorsqu'on lui parlait, il mettait des vents à tout le monde. Enfin, heureusement pour lui, ces moments-là étaient plutôt rares. Sa mère, bien qu'elle aimait le voir autant lire, détestait quand le jeune Serdaigle ne l'écoutait pas, et comme ce denier passait les trois-quarts de son temps à lire lorsqu'il se trouvait dans la maison familiale, il avait dû travailler sur sa capacité à écouter en lisant et à comprendre ce qui était écrit dans ses livres. Parfois, ce n'était pas si facile que ça, un rien, et tout pouvait s'embrouiller dans sa tête.

« T'inquiète pas, répondit la jeune fille en haussant les épaules. »

Bon en fait, elle a l'air de s'en foutre complètement de ta présence Noah, vas-y fait comme chez toi, installe-toi tranquillement et lit ton bouquin. Le jeune garçon lâcha un sourire à sa camarade en guise de simple « merci » et s'installa à une table qui se trouvait non loin de Rose. Alors qu'il allait ouvrir son merveilleux roman à la page où il était arrivé, la jeune blonde qui se trouvait en sa compagnie reprit la parole.

« Dis, c'est quoi que tu lis ? »

Noah releva la tête un sourire bien plus prononcé que le précédent. Il était content que la jeune fille lui pose cette question car voyez-vous, le petit blond adorait lorsque les personnes qui l'entouraient, lisaient les livres qu'il aimait lire. Non parce qu'après c'était carrément plus facile pour parler du livre et de dire ce qu'on a aimé, ce qu'on a pas aimé, quel est notre moment préféré, quel est notre personnage préféré, toutes ces choses-là. Peut-être qu'en en parlant du livre qu'il lisait actuellement avec Rose, cette dernière aurait envie de le lire ?

« C'est un roman Moldu, écrit par Nora Roberts. C'est plus un truc d'amour que policier, mais j'aime trop l'histoire ! Tu lis quoi toi ? »

Finalement, Noah ne raconta pas l'histoire du livre à sa camarade, peut-être qu'en vrai, elle s'en fichait. Même si c'était elle qui lui avait posé la question, peut-être que c'était juste par "politesse", ou que sais-je, si ça se trouve elle avait juste envie qu'il ferme son clapet pour pouvoir se replonger dans sa propre lecture ... ? Le jeune garçon regarda quelques instants Rose dans les yeux avant de replonger ceux-ci sur son bouquin. Rose le déconcertait, allez savoir pourquoi. Elle avait l'air sympathique, mais elle avait l'air de faire peur aussi. À moins que Noah se faisait seulement des idées. De toute façon, s'il parlait avec la jeune fille, il allait finir par voir si oui ou non elle faisait peur !

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Rose n'aurait pas pu tomber mieux. Ça fit tilt une seconde plus tard dans sa tête, de toute évidence, le mot-clé parfait avait été prononcé ; Noah était donc encore plus cool qu'il n'y paraissait au premier abord ! Eh oui, les gens se réfugiant dans des salles d'études pour lire sont, jugeait Rose, forcément sympathiques. Et encore plus lorsqu'ils ont les meilleurs goûts possibles et imaginables en matière de livres. Le Bleu l'ignorait sûrement, mais il avait tapé dans le mille en plaçant LE mot, celui qui déterminait la crème, que dis-je, le nec plus ultra de la littérature !
Reducio
Ce jugement est purement subjectif, bien évidemment. Libre à vous de préférer de basses œuvres à la J.K. Rowling ou je ne sais quelle broutille.
« Et comme nos joueurs ne repartent jamais sans cadeau, j'ai le plaisir, John, d'attribuer une nouvelle amie à Noah Blodwell, qui a su placer le juste mot dans sa phrase ! – Que de générosité, Bob ! Voyons voyons, quel est ce fameux terme, dîtes-moi ? Le suspense est insoutenable ! – Eh bien, John, c'est “policier” ! – Ah là là, je n'y aurais jamais pensé ! que d'émotion ! bravo à notre participant ! » Toujours est-il que, comme je l'ai sûrement déjà écrit auparavant, Rose avait un sérieux penchant pour les polars, sorciers en revanche : les écrivains moldus avaient une fâcheuse tendance à inclure des objets complètement abracadabrants dans leurs histoires, et la Serdaigle s'était rapidement lassée de chercher ce qu'est un aspirateur haute technologie à chaque chapitre.

« Un policier ? dingue, j'adore ce genre de livres ! Elle présenta la couverture, un peu abîmée, du sien en guise d'exemple. Ça parle de dix personnes qui se retrouvent coincées seules sur une île, et y a des meurtres et tout... C'est inspiré d'un roman moldu je crois. »

Dit comme ça, ce n'était peut-être pas très tentant, certes. Rose n'était pas réputée pour sa faculté inoubliable à raconter ou expliquer des histoires. C'était toujours assez délicat, de vouloir donner à quelqu'un envie de lire un bouquin, sans se laisser prendre à révéler la fin. (Erreur stupide, mais cruellement courante, vous en conviendrez.) Or, si vous parlez, en plus de ça, d'un roman policier, la tâche devient des plus ardues. Les résumés sur la quatrième de couverture étant finalement la meilleure alternative, à moins d'être tombé sur un éditeur plus tordu que désireux de vendre son livre. Mais inutile de tergiverser.

« Et toi ? »

Rose, un sourire aux lèvres, ferma son livre pour de bon, sans oublier de vérifier qu'elle avait bien laissé son marque-page – elle n'oubliait que trop souvent de le remettre –, puis s'assit sur la table même, les pieds ballottant dans le vide. Noah avait le don de la mettre en confiance. Il avait une bouille adorable, et paraissait étrangement correspondre à ce faciès angélique ; sans parler de leur amour réciproque pour la lecture ! La Serdaigle désespérait de trouver quelqu'un comme elle à Poudlard, pas de ceux qui lisent le soir avant de se coucher (même s'ils restent tout à fait respectables), des gens comme elle, pour qui c'était une véritable passion. Elle était passé à côté du jeune Blodwell jusqu'à présent, mais elle avait comme le sentiment que cette rencontre ne s'arrêterait pas là.

Qui vivra verra.

« L'art de l'écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu'il emploie des mots. »

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Noah observait sa camarade attendant patiemment que cette dernière lui réponde. En réalité, le jeune garçon ne savait pas si le moment qu'il attendait tant allait se produire -je parle du fait que Rose lui adresse la parole hein, n'allez pas imaginer des choses étranges !-. En fait, aussi bizarre que cela puisse paraître, le blondinet trouvait la situation carrément étrange. D'abord, il arrive comme une fleur demandant s'il peut s'installer à une table et là boum, tous les deux découvrent qu'ils ont la même passion : les livres, la lecture, la littérature... Bref, ce genre de choses, quoi. Ca paraissait pas trop beau, justement ? Généralement, dans ce genre de situations, il se passait toujours quelque chose, les deux personnages se rapprochaient, ou alors au contraire, ils se fuyaient. La solution numéro deux était complètement stupide, on est d'accord, mais dans les films c'est comme ça. Enfin, presque, à deux ou trois détails près. Lorsqu'il constata que Rose s'installait à ses côtés, battant des jambes, la chaise étant probablement trop grande, Noah compris les intentions de Rose : en savoir plus.

« Un policier ? dingue, j'adore ce genre de livres ! Un sourire se présenta aux lèvres du jeune Blodwell suite à ses paroles. Ça parle de dix personnes qui se retrouvent coincées seules sur une île, et y a des meurtres et tout... C'est inspiré d'un roman moldu je crois. »

Alors ça, c'était carrément le genre de livres que Noah aimait lire ! Il adorait le suspens dans ce genre de bouquins, découvrir uniquement au dernier chapitre qui est l'auteur de tous les meurtres commis, ça, c'était carrément quelque chose de cool. Au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, on s'attache à certains personnages, on se fait une idée sur le meurtrier, ayant qu'une hâte, découvrir si nos pensées étaient les bonnes ou si, au contraire, elles étaient erronées. Noah aimait beaucoup les romans policiers, car ceux-ci arrivaient toujours à le surprendre. À chaque fois qu'il en lisait, jamais il ne se doutait de qui était le véritable coupable. Parfois, il était déçu d'apprendre qu'il s'agissait de l'un de ses personnages préférés, un autre jour, il était étonné de constater que c'était tel ou tel personnage qui avait fait le coup. Certains n'avaient tellement pas l'étoffe d'un meurtrier qu'il était à la fois évident et improbable de les soupçonner. Deux mots qui se contredisaient, mais qui, dans cette situation, se mariaient tellement bien -enfin, quand on comprend ce que j'essaie d'expliquer, évidemment-.

« Et toi ? »

Noah eut un léger sursaut en entendant la voix de sa camarade. À vrai dire, ses pensées étaient tellement portées vers les romans qu'il en avait presque oublié sa propre présence. Après avoir réfléchi quelques instants à comment il allait formuler ses phrases pour expliquer de façon simple, claire, nette, et précise ce que racontait en gros l'histoire, Noah raconta à Rose qu'il s'agissait de l'histoire d'une enfant de Rock Star qui assiste, impuissante, au meurtre de Darren, son demi-frère de deux ans et qui, une fois adulte, tente de retrouver qui est l'auteur du meurtre. Bon, expliqué comme ça, l'histoire pouvait paraître vraiment bizarre, mais elle ne l'était absolument pas. Ce roman était le seul livre que Noah lisait et qui n'était pas classé dans la catégorie Policier. C'était aussi le seul roman qui arrivait à le transporter, à ressentir les émotions des personnages, c'était le roman, celui qu'il ne se lasserait jamais de lire tant l'histoire était grandiose.

« Je trouve que l'auteur de ce roman a un don pour transporter les gens et faire ressentir les émotions. Je t'avoue avoir versé une larme lorsque j'ai lu le passage sur la mort du demi-frère du personnage principal. Ca m'a tellement ému ! »

Cela pouvait paraître stupide de pleurer pour si peu, mais Noah s'en fichait un peu, en fait. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais ça ne le dérangeait pas de dévoiler ce genre de choses à Rose. Peut-être était-ce parce qu'elle pouvait le comprendre ? Qu'elle n'allait pas se moquer parce qu'à un moment ou un autre, elle aussi avait pleuré pour la mort d'un personnage de roman ? C'était certain que si le petit blondinet disait ça à ces camarades de chambre, ceux-ci ne se seraient pas empêchés de rire. Rose allait-elle trouver Noah complètement barge ? Peut-être, peut-être pas... Il allait le savoir dans les prochaines secondes... !

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Petite précision... la note qui fait référence à JK Rowling, dans le post d'avant (le mien) est à prendre au second degré ! jamais je ne critiquerais ainsi la saga Harry Potter ou son auteur !

Une simple question, et l'aiglonne se trouvait embarquée dans l'histoire de Noah, à la trame peu originale, vous en conviendrez : une femme qui tente de retrouver les traces du meurtrier de son frère, de son arrière grand-mère du côté d'un oncle australien éloigné ou de son petit cousin Albert le Grand, c'est une intrigue relativement répandue. Seulement, l'esprit critique n'est pas la qualité première d'une gamine de onze ans, si futée fut-elle, et l'engouement du garçon était tel qu'il acheva de convaincre Rose de l'ajouter à ses L.L.A., ou sa liste de Romans à Lire Absolument. Soigneusement entretenu et complété, ce modeste répertoire était consigné dans un petit carnet, utilisé uniquement à cet effet. Elle y notait tous les romans qu'elle avait repérés, dans une librairie, ou par bouche à oreille le plus souvent ; et, lorsqu'elle les avait terminés, elle les notait sur une échelle allant de une à cinq étoiles (on est perfectionniste ou ne l'est pas !). C'était son père qui lui avait donné cette idée, quelques semaines avant son entrée à Poudlard. Alors, s'ils avaient connaissance de son don pour la magie, la lettre écrite à l'encre émeraude n'était pas arrivée jusqu'à eux...

« Je t'avoue avoir versé une larme lorsque j'ai lu le passage sur la mort du demi-frère du personnage principal. Ça m'a tellement ému ! »

Rose sourit. Pas pour se moquer, non ; il lui arrivait également de pleurer, allez, un tantinet lors de passages tristes et bien écrits, assez poignants en tout cas pour que ses yeux s'embuent et que son estomac se torde légèrement. C'est étrange, de se dire qu'un inconnu peut, avec des mots, ses mots, susciter une véritable émotion chez son lecteur, un inconnu qu'il n'a jamais vu, dont il ne connaît pas même l'existence. Tel est l'art de l'écrivain. La majorité n'avaient, pour leur malheur, pas ce don unique, mais il arrivait qu'une plume en particulier réussisse à toucher la Serdaigle. Il y avait des gens bon public aussi, ou, plus joliment dit, sensibles. Noah devait en faire partie, à moins que ce passage ne soit réellement émouvant ; mais ça, Rose le saurait bien assez tôt.

« Je pleure pas très souvent quand je lis. En même temps, dans les policiers, y a plus de suspense que de drame, en général... Elle marqua une pause. Dis... tu pourrais me prêter ton livre quand t'auras fini ? si ça te dérange pas bien sûr. »

Elle espérait vraiment que le garçonnet répondrait à l'affirmative. Elle trouvait ça super de s'échanger les livres, de partager ce qui nous a plu ; son père l'emmenait parfois dans des marchés et des brocantes, où il lui achetait des bouquins d'occasion, "vendus" par des férus de lecture pour quelques mornilles. La couverture était souvent écornée, on retrouvait parfois des tâches suspectes au coin d'une page, mais les ouvrages étaient malgré tout parfaitement dignes de figurer sur la table de chevet de Rose, où elle empilait des livres par dizaines. Ce qui faisait enrager sa mère, mais dont se moquait royalement son père. Un point pour papa, un.

« L'art de l'écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu'il emploie des mots. »

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En réfléchissant aux dernières paroles qu'il avait dites, Noah se demandait si ça lui arrivait à Rose de pleurer lors de scènes tristes dans un livre. Pour sa part, le jeune garçon était très émotif, lorsqu'il commençait à lire, il se plongeait à fond dans le récit et se mettait parfois dans la peau du personnage. Il imaginait du mieux qu'il pouvait chaque scène, tentant de créer un univers avec le plus de détails possibles. Lorsqu'il s'imaginait une scène où un personnage mourrait et que, par exemple, les personnes alentours pleuraient, le Serdaigle ressentait, en quelque sorte, l'émotion des personnages. Cela pouvait sembler bizarre dit comme ça... De toute façon, Noah n'était pas le garçon le plus normal de cette planète !

« Je pleure pas très souvent quand je lis. En même temps, dans les policiers, y a plus de suspense que de drame, en général... »

Ca paraissait logique, d'autant plus que comme l'avait précisé sa camarade quelques instants plus tôt, son genre de livres, c'était policiers. Noah aimait aussi ce genre de romans, cependant il lui arrivait -de temps en temps- de lire des choses qui n'avaient rien à voir avec ça. Ca lui permettait de décrocher un peu, en quelque sorte, et de découvrir d'autres ouvrages. Parfois, il était déçu de ce qu'il lisait, tout simplement parce qu'il n'aimait pas forcément le style d'écriture, ou parce que l'histoire ne lui plaisait pas tant que ça. Bien sûr, ces fois-là étaient rares, le jeune Blodwell était très minutieux dans le choix des ouvrages qu'il lisait, et 90% du temps, il choisissait bien. Enfin, 'choisir bien', les livres étaient à son goût quoi.

« Dis... tu pourrais me prêter ton livre quand t'auras fini ? si ça te dérange pas bien sûr. »

Noah était content. Très content même. Il était content que Rose s'intéresse au livre qui se trouvait sous ses yeux et qu'il aimait beaucoup. Il se demandait par ailleurs, si, lorsqu'elle le lirait -parce qu'il était évident qu'il ne lui dirait pas non-, elle l'aimerait ? Après tout, peut-être qu'elle n'aimait finalement pas ce genre d'ouvrages et que finalement, elle serait déçue. C'était possible ! Enfin, ce n'était que des suppositions, cela ne voulait rien dire. Après tout, peut-être qu'au contraire elle apprécierait et qu'elle aimerait. Pour savoir les réponses à ses suppositions, la seule chose à faire était d'acquiéscer. Curieux de découvrir d'autres choses -et surtout parce qu'il n'avait jamais lu le livre qu'elle avait entre les mains-, le petit blondinet répliqua :

« Ca ne me dérange absolument pas de te prêter mon bouquin, au contraire ! Je te le passe, si tu me passes le tien en échange ! Dit-il, en tirant la langue. »

Le jeune enfant ne put s'empêcher d'offrir un sourire à sa camarade. Rose était cool, vraiment. Même s'il ne la connaissait pas tant que ça -après tout ils venaient seulement de se rencontrer !-, il l'aimait déjà bien, et il était sûr -à 99,99%-, qu'ils deviendraient de très grands amis. De toute façon, de si grands passionnés de littérature ne peuvent certainement pas ne pas être amis !

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Excuse-moi pour ce retard...

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« Ça ne me dérange absolument pas de te prêter mon bouquin, au contraire ! Je te le passe, si tu me passes le tien en échange ! rétorqua Noah en tirant la langue. »

Songeant que ce garçon était vraiment chou, Rose acquiesça sans hésiter. Oui, "chou". Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire la bouille adorable de Noah, ses grands yeux curieux, l'intérêt qui les allumait d'une lueur nouvelle ; son attitude à la fois avenante et un brin timide, et puis, la façon qu'il avait de se confier et de parler aux autres. De lui parler, en tout cas. Comme s'il s'intéressait réellement à ce qu'elle lui racontait, comme s'il prenait du plaisir à rester avec elle et à l'écouter. Sa première impression ne l'avait pas trompée, bien au contraire ; mieux, Noah s'avérait plus gentil encore que ce qu'il paraissait au premier abord, et la perspective qu'ils puissent devenir amis, réjouissait secrètement la fillette. Cela faisait déjà un moment qu'elle était arrivée à Poudlard, mais comme toujours, s'intégrer n'était pas chose facile pour elle. Elle avait toujours été plutôt solitaire, surtout depuis qu'elle avait manifesté ses premiers pouvoirs ; et si passer son temps libre toute seule ne lui avait pas tant pesé jusqu'à présent, le fait de rencontrer quelqu'un lui rappelait que, peut-être, un peu de compagnie ne ferait pas de mal. Autre que des romans, aussi fabuleux soient-ils ; une figure humaine. Une voix. Quelqu'un qui vous parle, vous regarde et vous écoute, agité de sentiments infiniment plus vivants que n'auront jamais des centaines de pages imprimées, même excellent écrites. D'autant plus que Noah représentait à lui tout seul tout ce dont Rose pensait avoir besoin : une compagnie humaine, mais toute aussi férue de livres qu'elle. Et, ça, songeait-elle à part elle, ça n'avait pas de prix.

« J'veux bien, mais j'l'ai pas encore terminé... Promis, quand je l'aurais fini, je te le passerais ! dit Rose, et elle imita le geste "croix de bois, croix de fer" pour appuyer sa promesse. »

Elle allait ajouter quelque chose, lorsqu'une pensée reflua à son esprit. Les cours. Elle n'en avait pas un, dans pas si longtemps ?.. S'en détacher de temps en temps, c'était bien, mais aller jusqu'à en louper, par inadvertance en plus ! fallait pas pousser mémé dans les orties non plus. Rose n'avait aucune idée de ce qui se passerait si elle venait à rater un cours. Ses parents seraient-ils avertis ? Elle espérait que non. Comme elle les connaissait, tout angoissés qu'ils étaient, l'un et l'autre, ils risquaient de se faire un sang d'encre. Ils penseraient sûrement qu'elle était devenue une délinquante, que ses mauvaises fréquentations la poussaient à la transgression, et tout un tas d'autres choses absurdes. Si seulement elle en avait, des fréquentations ! Quoique maintenant, il y avait Noah.

« Faut que j'y aille je crois.. j'ai un cours de potions dans pas longtemps. Eh, mais t'es avec moi nan ? »

Elle ne lui proposa pas de s'y rendre avec elle, mais songea qu'il était bien assez intelligent pour saisir le message lui-même. Elle avait beau entendre, à longueur de journée les filles de son dortoir jacasser, et dire que les garçons ne comprenaient rien à rien, elle n'avait aucun doute sur un point : lui, saisirait. Et, avec un peu de chance, il la suivrait.

« L'art de l'écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu'il emploie des mots. »

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« J'veux bien, mais j'l'ai pas encore terminé... Promis, quand je l'aurais fini, je te le passerais ! »

Noah regardait Rose, intrigué par le geste étrange qu'elle venait de lui faire. Qu'est-ce que cela était sensé représenter ? Il n'en avait pas la moindre idée, et, ne voulant certainement pas passer pour un imbécile, se retint de lui en demander la signification. Il se demandait bien s'il ne s'agissait pas d'un 'geste' moldu, après tout le jeune Blodwell ne connaissait pas les origines de Rose, ceux-ci n'avaient pas parlé une seule fois de leur sang, et pour tout dire cela lui importait peu. Qu'elle soit née-moldue, de sang pur ou de sang-mêlé, Noah s'en fichait royalement. En fait, la seule chose qui le perturbait c'était ça. Enfin, le geste quoi. Il avait beau y réfléchir, il ne savait pas ce que voulait dire ce-dernier. Peut-être était-ce stupide de sa part, peut-être que tout le monde l'utilisait... Enfin, tout le monde, sauf lui.

Après quelques secondes de silence, le jeune garçon se décida enfin à acquiescer. Il se doutait bien que la fillette ne lui donnerait pas son roman maintenant, par ailleurs, il s'était souvenu en entrant dans la salle d'avoir entendu Rose lire à haute voix le chapitre qu'elle allait commencer. S'il avait bien compris, sa camarade en était arrivée au chapitre 10. Ou peut-être au 11. Enfin, dans ces eaux-là. Noah ne savait pas du tout combien de chapitres il y avait dans son bouquin, mais il se doutait qu'elle ne l'aurait pas terminé maintenant. De toute façon, il était un peu dans le même cas, la fin s'approchait vite mais l'enfant était quand même lent à lire. Il ne voyait pas quel était l'intérêt de lire vite, quand il essayait de se dépêcher Noah ne comprenait pas l'histoire ou encore manquait certains détails. Au final, tout ce que cela lui apportait c'était la relecture du passage, chose qu'il n'aimait pas particulièrement.


« Faut que j'y aille je crois.. j'ai un cours de potions dans pas longtemps. Eh, mais t'es avec moi nan ? »

Noah se leva suite à la dernière phrase de Rose, prêt à la suivre où qu'elle aille. En fait, le jeune garçon se sentait plutôt bien avec elle, Rose n'était pas comme les autres, en fait, en la regardant c'était un peu comme si Noah se voyait à travers elle. Bien sûr, il ne l'a connaissait pas assez pour penser à cela mais rien que ce qu'il voyait d'elle pour le moment lui suffisait. La jeune Adams était une fille simple, qui en plus d'être jolie était très gentille. Sa passion pour les livres ajoutait quelque chose de... 'spécial', un certain lien qui les avait fait se rapprocher. Noah était vachement content de sa rencontre, et même s'il avait été déçu de ne pas être seul lorsqu'il était arrivé, il se disait qu'en fait c'était une bonne chose, Rose était vraiment trop cool, il l'aimait bien.

~ FIN DU RPG ~

~ Miss Loewy est puissance ~ ; il me fallait une signature, souvenir du bon vieux temps... :3
Amy Holloway sur un balai c'est genre un minimoys sur un brin d'herbe
Mon code couleur : #662240