Salle d’études

Inscription
Connexion

Apprendre d'hier, vivre pour aujourd'hui.  Libre 

« Il me complète. Il est moi. Je suis lui. Nous sommes les mêmes. Des parfaits identiques aux sexes opposés. Qui s’aime d’un amour impénétrable, imperturbable. L’amour qui pèse peu à peu. Et qui blesse. Il est la meilleure partie de moi. Je lui ai tout donné. Tout de moi lui est dédié. Je lui dois tout. Plutôt mourir que devoir continuer à vivre sans son amour, sans ses mots doux. Ses mots qui font du bien, ses mots qui rassurent. Enlevez-moi tout, sauf lui. Se sentir aimée, voilà ce qui me soigne. Un simple regard suffit pour qu’on se comprenne. Ses mains sur mon corps me redonnent du souffle. Je pars du principe, qu’il faut donner pour recevoir. Alors, sachez-le, je lui offre mon âme pour obtenir la sienne. Aimer le plus profond de son être. C’est exactement ça. C’est le poids d’un amour qui affaiblit les gens. L’amour avec un grand A. Si solide mais si fragile en même temps. »

Après avoir lu cette lettre, Rubis resta assise, sans aucune expression apparente sur son maigre visage blafard. Elle n’aimait pas montrer ce qu’elle ressentait. Au fond d’elle, elle voulut hurler mais rien ne se produit. C’était l’effet qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle lisait un texte de sa mère. Elle avait écrit lorsqu'elle était jeune et qu’elle était encore éperdument amoureuse du père de Rubis.

Si Rubis aimait lire des livres, elle aussi appréciait écrire. A petite dose. Journal intime, carnet de voyage, cahier de brouillons… Elle en avait de tous genres, de toutes les couleurs, de toutes les formes. C’est deux après le divorce de ses parents qu’elle avait commencé à écrire plus précisément pour se libérer, avec les conseils de sa mère. Et c’est à ce moment-là, qu’elle lui avait donné son calepin remplit de long textes. Elle ne le voulait plus le voir. Était-elle à présent amoureuse de quelqu’un d’autre ? Rubis en était persuadée.


« Cher journal intime,
Nous sommes le 04 mai. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je sais que papa et maman font semblant d’être heureux depuis quelques temps. Ils veulent tenir le coup, surtout en ce jour pour ma fête. Est-ce qu’ils savent qu’ils sont moches quand ils font semblant ?
[…]
Cher journal intime,
Nous sommes le 16 avril. Ça y est. Ils me l’ont annoncé. Papa et maman ne s’aiment plus. Ils n’étaient plus heureux. Du coup, maman et moi partons rejoindre grand-père et grand-mère en Angleterre. Et cet été, avec maman on part visiter le Mexique. J’ai tellement hâte.
[…]
Cher journal intime,
Nous sommes le 25 juin. Et nous venons d’atterrir à Londres. C’est une belle ville. Papi et mamie parlent très bien l’anglais.
[…]
Cher journal intime,
Nous sommes le 19 septembre. Papa me manque. Non. Papa et maman réuni, heureux, me manque. C’était une belle image à voir au quotidien. Quand ils ne faisaient pas semblant.
[…]
Cher journal intime,
Nous sommes le 01 octobre. Je ressens tellement de colère en moi. J’ai cassé le vase de la maîtresse à l’école. Maman dit que ce n’est pas bien. Elle ne comprend pas que je suis triste. J’ai perdu tous mes repères. »


Rubis tourna les pages, en sauta quelques-unes, elle n’avait pas envie de tout lire. Des souvenirs trop douloureux, voilà ce que représentent tous ses carnets. Elle les prit et les balança dans son sac, en se promettant des les brûler. Elle soupira et se remit à ses devoirs en espérant que personne ne l'ai vu dans cet état.

La réussite c'est ma cible.
Si tu vois les crocs du lion ne t'imagines pas qu'il te sourit.
je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises♥

Apprendre d'hier, vivre pour aujourd'hui.  Libre 

En entrant dans la salle d'étude, Grace se dépêcha d'attacher sa tignasse rousse en un chignon a peu près harmonieux. Elle regarda ça et la dans la salle et vit que tout le monde avait l'air d'être accompagné. Les élèves riaient tout en travaillant.

*tu viens à peine d'arriver et tu commence déjà a angoisser. Arrête de faire ta timide et va faire connaissance avec les gens*

Elle décida de prendre son courage a deux mains et de laisser sa timidité de côté. Elle avança lentement tout en essayant de se trouver une place. De temps en temps certaines personnes lui souriaient gentiment et reprenaient leurs activités.

Tandis qu'elle commençait a perdre espoir de trouver une place elle vit un jeune fille assise à une table, seule. Grace n'osa pas tout de suite s'assoir à coté de la jeune fille en question. Elle s'apprêta a tourner les talons quand elle vit que la jeune fille commençait a s'agiter et a renfourner quelque chose dans son sac. La jeune fille semblait triste. Grace décida donc de s'assoir a côté d'elle.

"Salut, je m'appelle Grace et toi?"

Grace King.

Apprendre d'hier, vivre pour aujourd'hui.  Libre 

« Rubis. »

Lorsque Grace, une Serpy de première année à la chevelure de feu, s’était présentée, elle invita Rubis à faire de même avant de s’installer à côté d’elle. Rubis n’y trouvait rien de louche, bien au contraire, cela lui permettait de se changer les idées. Malgré elle, elle ne pouvait pas s’empêcher d’être froide avec la nouvelle arrivante. Elle cassa rapidement cette image de fille toujours mécontente, et adressa un sourire en coin à Grace. La verte lui rendit la pareille, un sourire béant qui faisait remonter ses magnifiques petites pommettes. Rubis releva hâtivement la tête et observa les sublimes tâches de rousseurs de la jeune fille. Les deux camarades commencèrent à discuter de tout et de rien. Grace expliquait son attirance pour le violon et le piano. Voilà un point commun, Rubis adorait le piano, son père lui en jouait tout le temps lorsqu’elle vivait avec lui. La lionne faisait part à sa nouvelle amie de ses préférences culinaires. La Serpentard disait qu’elle aimait la myrtille et la Gryffonne penchait plus sur la mangue. Elles parlaient de la musique, de la botanique, de la météo, ensuite des livres et s’attardaient sur le bellissime bouquin : Orgueil et préjugés.

Soudain, Grace semblait pâlir, elle avait l’air dans un état second. Elle s’excusa et parti en courant de la Salle d’Etude, une main sur la bouche, l’autre tenait son sac de cours. Était-elle malade ? Cette réflexion n’évita pas le fait que Rubis se sentit les dessous de bras, rien à signaler excepté le parfum d’amande, cela venait de sa crème hydratante. On ne sait jamais, elle renifla également son haleine, rien à signaler, on pouvait toujours flairer l’odeur de son bonbon à la pêche. La blonde regarda autour d’elle afin de voir s’il ne se passait pas quelque chose de grave et qu’elle n’avait pas entendue ou aperçue. Mais personne à l’horizon ne paraissait affolé, tout le monde travaillait. Rubis attendit que sa camarade revienne puis au bout d’un certain temps, elle revenu à la raison. Grace était peut-être à l’infirmerie et en aurait donc sûrement pour un moment. La lionne se remit à ses devoirs, pendant dix minutes, souffla et écarta ses livres et parchemins de sa table. Elle préféra dessiner, un joli paysage de forêt, et écrit un petit mot au dos de la feuille.

« Pour toi Eryk,
Je pense à toi, souvent. Maman va bien. Tu me manques, je t’aime papa.
Rubis qui t’embrasse. »


Elle irait ce soir à la volière pour envoyer le dessin et les quelques mots écrits en polonais, pour son père. Car dans une histoire, il n'y a pas que des méchants et des gentils. Il peut avoir seulement des gentils. Ou méchants, qui se font passer pour gentils.

La réussite c'est ma cible.
Si tu vois les crocs du lion ne t'imagines pas qu'il te sourit.
je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises♥