Salle d’études

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L'abandon puis la solitude.

……….……….……………….………….Les yeux de Dakota passaient rapidement sur les mots griffonnés sur le papier à lettre qu'elle tenait de ses deux petites mains fébriles. Elle ne les lisait plus, elle les connaissait par cœur depuis le temps. Le dos contre un mur, ses genoux ramenés contre sa poitrine, la fillette avait en réalité le regard vague, et ses cils commençaient à devenir lourds : les larmes n'étaient pas loin.

……….……….……………….………….Cette lettre, elle l'avait reçu quelques heures plus tôt, dans la Grande Salle, comme à chaque distribution du courrier par les hiboux et les chouettes familiales. Elle avait reconnu le petit-duc des montagnes appartenant à ses parents, et, toute excitée qu'elle était, elle avait presque arraché la lettre des griffes de l'oiseau avant qu'il ne reprenne son envol vers la Volière. Les parents de la jeune Dakota lui écrivaient si rarement qu'une lettre de leur part était ce qui se rapprochait le plus d'une bonne nouvelle pour la jeune fille. L'enveloppe déchirée, elle n'attendit pas une seconde pour lire le contenu du courrier, pressée et curieuse d'apprendre les grandes et belles nouvelles du monde extérieur. Mais sa joie fut de courte durée. La lettre repliée dans une main, le poing serré, Dakota prit sur elle et sortit sans faire de bruit de la Grande Salle, où les autres élèves criaient et riaient, de bonne humeur, se racontant leurs aventures d'un jour. Mais la journée allait être plus sombre que prévu, en réalité.

……….……….……………….………….Sans savoir réellement où ses pas allaient l'amener, la Serpentard gardait la bouche serrée, se mordillant l'intérieur des lèvres pour se contenir et ne pas exploser en public. Le Choixpeau l'avait envoyée à Serpentard, non sans raison (même si la fillette cherchait encore laquelle), et un Serpentard ne pleure pas en public à cause d'un bout de parchemin. En fait, un Serpentard ne pleure pas, un point c'est tout. Ou, en tout cas, il s'arrange pour que personne n'en sache rien. Le cœur lourd et la tête baissée, Dakota bouscula des épaules, sans savoir à qui elles appartenaient, et simplement en maugréant des «
 Pardon » presque inaudibles.

……….……….……………….………….Elle ne savait pas où elle était allée, et elle s'en fichait. Elle ne se rappelait même pas s'être assise, sur le sol froid et poussiéreux de cette salle, ni même depuis combien de temps elle était assise. Tout cela lui importait peu, à vrai dire. Tout ce qu'elle voulait, c'était être seule. Toute seule, pour pouvoir pleurer en paix, sans avoir à expliquer à quelqu'un le pourquoi de ses larmes. Personne n'était là pour la comprendre, et les deux seules personnes en qui elle avait une confiance absolue semblaient être bien heureuses d'avoir pu se débarrasser d'un tel fardeau. Pour les Roth, ne plus avoir leur fille dans les pattes était une bonne nouvelle, apparemment. Ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient, comme avant, «
 le bon vieux temps » comme le désignait si bien son père. A quoi cela servait-il de concevoir des enfants si on résignait ensuite à les enfermer dans un château et attendre que l'enfant soi-disant désiré ressorte presque adulte, sans avoir pu prouver quoi que ce soit à ses géniteurs ? Et sans que ces géniteurs n'aient rien vu des prouesses dont leur enfant était capable ?

……….……….……………….………….Prise d'un excès de rage, Dakota froissa subitement la lettre et la lança avec toute la force dont elle était capable contre le mur d'en face. Le papier heurta le mur de pierre avant de retomber en petits bonds sur le sol. Les larmes commencèrent à couler, et Dakota renifla bruyamment, avec classe et distinction.

……….……….……………….………….Croisant ses bras sur ses genoux, elle marmonnait maintenant dans sa barbe :

……….……….……………….………….«
 Désolée de te laisser ma chérie.... Gala important ma puce... Crucial pour notre avenir… Pfff... »

……….……….……………….………….Ses doigts se croisèrent et se décroisèrent frénétiquement, tandis que le flot des larmes était de plus en plus fort. La fillette étouffa un cri, de peur que l'on ne l'entende. Mais à cet instant, la Serpentard voulait plus que tout au monde hurler. Dakota n'accorda pas un regard à la lettre froissée, et elle prit sa tête dans ses mains, en essayant de se calmer un maximum. Elle respira à plein poumons, essuyant ses larmes avec un bout de sa robe de sorcier. Si quelqu'un la voyait dans cet état pitoyable…


Reducio
RPG Privé, réservé à Alaska J.BELLAMY

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
« On ne se méfie jamais trop de qui sait lire et écrire. »

L'abandon puis la solitude.

Affalée sur son parchemin, bavant à moitié dessus, Alaska était en train de roupiller paisiblement sur l'une des petites tables présentes dans la salle d'étude. Habituellement, les élèves qui se trouvaient dans cette pièce y venaient pour y travailler au calme. Mais la jeune Alaska aimait bien sortir du lot. Bon, à vrai dire, cet assoupissement n'était pas de sa volonté. Elle avait pourtant lutté pour ne pas succomber aux bras de Morphée, mais Morphée était ma foi beaucoup plus intéressante que le dernier cours d'Histoire de la Magie. Fallait dire aussi qu'Alaska et cette matière théorique n'étaient pas très amie...

Un premier raclement de gorge se fit entendre à proximité d'Alaska. Puis vint un deuxième, un peu plus fort, qui provoqua quelques grognements de notre dormeuse. Et enfin un troisième si fort que même un sourd serait parvenu à l'entendre, qui la réveilla finalement. Dans le pâté, de l'encre sur la joue droite, Alaska ne savait pas où elle se trouvait, ni quel jour et quelle heure on était. La propriétaire des raclements de gorge se tenait toute droite devant elle, à la regarder avec un air de dédain. Elle avait de longs cheveux lisses, parfaitement coiffés, avec pas le moindre cheveux qui dépassait. Sa cravate aux couleurs bleues des Serdaigles, était parfaitement nouée et rentrée dans son polo. Pendant un instant, Alaska cru se trouvait face à une poupée en porcelaine grandeur nature, mais ses doutes se dissipèrent quand la poupée se mit à ouvrir la bouche pour s'exprimer.

« Nous sommes dans une salle d'étude ici. Dans une salle d'étude on travaille, on ne dort pas. C'est compris ? Son regard se dirigea vers le blason de la fillette. Hm, Poufsouffle, très bien... »

Déjà qu'Alaska ne supportait pas qu'on la réveille, en plus de cela il fallait que ce soit une miss prout-proute qui s'en charge en lui faisant la morale. Énervée, la Poufsouffle ne put s'empêcher de répliquer par une phrase bien cinglante.

« Mais, va te faire cuire une bouse de drag... elle s'arrêta net quand elle vit l'insigne des Préfets sur sa cape. Euh, désolée. »

Elle termina sa phrase en lui faisant un sourire niais. Mais quand la Serdaigle tourna les talons, elle en profita pour lui tirer bien gaiement sa jolie langue rouge. Pour en revenir à ses cours, Alaska retint un cri de terreur quand elle jeta un œil à son parchemin. Décoré de tâche de bave, de lettres à moitié effacées et pour agrémenter le tout, d'un long trait d'encre qu'elle avait dû tracer lorsqu'elle s'était écroulée sur sa table, son devoir était fichu. Soupirant de désespoir, elle se dit qu'il ne servait à rien de s'obstiner à reprendre l'écriture de ce chiffon, surtout que maintenant elle était dans le collimateur de la vieille chouette rabougrie. Elle regroupa donc ses affaires et se leva pour quitter la pièce.

Au moment où elle atteint le porte en bois, elle faillit se faire assommer par une boulette de papier qui passa à deux centimètres de sa tête. Offusquée, Alaska se retourna pour tenter de connaître l'identité de la personne qui avait bien pu tenter de "l'assassiner". C'est à ce moment-là qu'elle aperçut une brunette, recroquevillée dans un coin de la pièce. Fronçant les sourcils, la Poufsouffle s'approcha un peu plus pour tenter de voir le visage de la mystérieuse jeune fille. C'est un visage inconnu, recouvert de larmes qu'elle vit.

« Désolée de te laisser ma chérie.... Gala important ma puce... Crucial pour notre avenir… Pfff... » marmonna l'inconnue à elle-même.

Alaska, ne savait pas quoi faire. Elle avait le choix entre venir la voir et risquer de se prendre un gros "dégage" ou bien de faire comme si elle n'avait rien vu et de continuer sa route. La jeune fille n'était pas une Poufsouffle pour rien, elle décida de tenter sa chance. Elle s'avança près de l'inconnue et s'accroupit devant elle.

« Hey... est-ce que ça va ? Silence. J'espère que c'était bel et bien le mur que tu visais et pas moi... » dit-elle en lui adressant un sourire amical, toujours avec sa tache d'encre sur la joue.

Le souffle des Poufsouffle, jamais ne s'étouffe !
"Je pars en quête d'un grand peut-être" - Rabelais

L'abandon puis la solitude.

Les larmes ne coulaient plus : c'était déjà une bonne nouvelle. Le cœur toujours lourd, Dakota renifla et essaya de savoir où elle avait atterri. Elle entendait des bribes de voix, des frottements, et de légers bruits de pas, mais ces sons pouvaient provenir de n'importe quelle pièce de ce château. Et de toute manière, la Serpentard ne voulait pas se lever, elle se sentait à la fois trop faible pour le faire et elle se sentait, bizarrement, en sécurité, assise en boule dans un coin d'une pièce inconnue, les fesses contre un sol froid et peu hospitalier.

Rester calme et ne pas retomber dans ses pleurs étaient une épreuve pour la fillette, mais elle ferma les yeux en espérant y arriver le plus possible. Seules de longues respirations la trahissaient, mais c'était le seul moyen pour elle de reprendre le contrôle d'elle-même. Le regard toujours clos, Dakota n'entendit pas – ou fit abstraction, ce qui revenait à la même chose – le bruit de pas feutré qui s'intensifiait près d'elle. Jusqu'au moment où elle sentit un souffle près de son visage. Un souffle autre que le sien. Cela la perturbait. Dakota n'y fit cependant pas attention, pensant que c'était sûrement son imagination et son humeur maussade qui créaient des choses dans son subconscient farfelu. Et soudain :

«
Hey... est-ce que ça va ? »

Dakota sursauta, rouvrant automatiquement les yeux. Surprise par la question qui était assez maladroite compte tenu du fait qu'elle était littéralement en pleurs, elle se demanda d'abord si elle n'avait pas rêvé, avant de voir une autre élève accroupie près d'elle, comme si elle venait de voir un petit oiseau tombant de son nid et qui s'était cassé une aile. La nouvelle venue avait une voix toute douce, ce qui n'était pas pour arranger les choses. Dakota n'avait pas envie que quelqu'un lui parle, surtout pas une personne qui allait la prendre pour un être faible qui avait besoin de confidences et de sucreries pour tenir le coup.

« 
J'espère que c'était bel et bien le mur que tu visais et pas moi... »

Pardon ? La Serpentard jeta à son interlocutrice un regard interrogateur et -un peu - mauvais, pour lui faire comprendre qu'elle ne comprenait rien à ce qu'elle lui racontait, et qu'elle n'avait pas envie de lui parler. Mais l'autre fillette resta en place, sans bouger, attendant malheureusement une réponse.

Dakota sentit bien qu'elle ne pourrait pas s'en défaire sans le lui dire directement. Aussi, la Serpentard se mit dans une position un peu plus confortable, plaquant bien fermement son dos sur le mur derrière elle, mais gardant ses genoux contre sa poitrine. Elle fixa sa camarade, tout en se demandant pourquoi est-ce que Dakota l'aurait agressée. Elle ne la connaissait pas, et la Serpentard ne se souvenait pas avoir bougé de là, de toute manière, ni même encore moins avoir frappé un mur !

Cherchant une réponse à donner, la fillette fit glisser son regard dans la pièce, jusqu'à apercevoir l'arme du crime : la lettre. Dakota avait temporairement oublié son existence et son contenu, aussi une bouffée de colère et tristesse l'envahirent soudainement, si bien que Dakota dut, une fois de plus, se mordre les lèvres pour ne pas pleurer.

Son regard se balança du papier jusqu'à sa camarade, de sa camarade au papier. Croisant les jambes comme pour préparer son attaque, Dakota prit un air hautain, celui qu'elle prenait depuis qu'elle était arrivée à Serpentard, mais qui n'était absolument pas crédible vu que la vipère avait une bouille de gros bébé innocent. Fixant sa camarade avec tout le dédain dont elle était capable, elle remarqua que celle-ci était Poufsouffle. Voilà donc pourquoi elle s'était sentie obligée d'aller à la rescousse de son prochain... Mais en y regardant de plus près, Dakota ne put s'empêcher d'étouffer un petit rire : elle avait une tache d'encre sur la joue, et une feuille de parchemin semblait s'être imprimée sur son visage, ce qui rendait la scène un peu ridicule et surtout drôle.

Esquissant alors un sourire, Dakota répondit à sa camarade :

« 
Je ne savais pas que tu étais là, je voulais seulement que le papier souffre... »

Dakota reprit sa respiration : l'arrivée inopportune de la jeune Poufsouffle allait peut-être être un moyen d'oublier la lettre de ses parents et de pouvoir rire un peu... Portant son doigt à son visage, la Serpentard chuchota à la Poufsouffle :

« 
Au fait, tu as... là, sur la joue... », tout en pointant sur son propre visage l'emplacement de l'encre. Au moins, un mystère était résolu : Dakota se trouvait dans une des salles d'étude, à en voir le visage de sa nouvelle camarade.

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
« On ne se méfie jamais trop de qui sait lire et écrire. »

L'abandon puis la solitude.

Son interlocutrice fut longue – très longue – à la détente. Si bien qu'Alaska put la joncher un peu plus du regard et tentait de connaître son identité. Une petite brune, son visage enfantin trahissait son manque d'ancienneté à l'école. Une première année à première vue. Et une Serpentarde... Beaucoup de rumeurs circulaient sur la maison des héritiers du célèbre Salazar Serpentard. Mais la jeune Poufsouffle détestait prêter attention aux commérages. Bon, sauf quand ils étaient croustillants et drôlissimes à souhait, certes. On disait des verts qu'ils étaient froids, qu'ils manquaient cruellement de cœur et qu'ils n'aimaient pas le moindre quidam. Mais Alaska n'était vraiment pas ce genre de personne à s'arrêter sur les préjugés. Au contraire, elle adorait creuser la personnalité des gens pour pouvoir briser en mille et un morceaux ses ridicules préconceptions.

Enfin... Vu la tête que lui renvoyait la Serpentarde, c'était plutôt mal barré ! Le détestable regard qu'elle lui lança en relevant la tête fit regretter Alaska d'avoir ramené sa poire. Peut-être qu'elle aurait dû choisir la deuxième option et quitter la pièce en faisant mine de ne rien avoir vu. Mais déterminée était-elle ! Elle resta là sans bouger, avec son sourire amical. Elle ne comptait pas sans aller tant que l'inconnue ne lui avait pas prononcé ne serait-ce qu'un mot. Et puis de toute façon il n'y avait pas de joker possible sur ce coup-là. Alaska n'allait après tout pas s'en aller juste après lui avoir demandé comment elle allait.

L'inconnue sembla avoir compris, ainsi elle changea de position pour se rendre plus accessible. En la voyant faire, Alaska fit de même et s'adossa contre le mur juste en face. Les jambes en tailleur, le dos bien droit contre la cloison en pierre, elle ne quitta pas des yeux son interlocutrice, espérant de toutes ses forces que cette dernière n'allait pas la traiter de tous les noms d'oiseaux possibles. La Serpentarde regarda la boulette de papier qu'elle avait précédemment lancée, ce qui déclencha un feu dans son regard. Alaska compris alors que le problème venait de ce petit bout de papier tout chiffonné.

« Je ne savais pas que tu étais là, je voulais seulement que le papier souffre... » dit-elle en esquissant un sourire inespéré.

Bon au moins, elle n'avait pas tenté de porter atteinte contre sa personne, c'est déjà ça. Mais Alaska avait vu juste, "l'horrible" papier était bien le responsable des larmes de la jeune Serpentarde. Mais qu'est-ce qu'il y avait marqué à l'intérieur ? Une punition ? Une lettre contenant une mauvaise nouvelle ? Ou bien une missive qui annonçait la hausse des prix des Chocogrenouilles ? Elle fit une petite moue, elle ne savait pas trop quoi répondre.

« Au fait, tu as... là, sur la joue... » chuchota-t-elle en désignant sa joue droite.

Il fallut un moment à la jeune fille pour émerger et comprendre ce que qu'elle tentait de lui dire. Sa joue ? Quoi, sa joue ? Il fallut qu'elle remonte loin dans sa mémoire de poisson rouge pour se souvenir de l'état de son parchemin.

« Oh... Je comprends mieux maintenant pourquoi il manquait des lettres sur mon parchemin maintenant... Je me suis endormie dessus : l'Histoire de la Magie est pire qu'un somnifère pour moi ! » s'exclama-t-elle tout en ricanant.

Elle bava légèrement et avec classe sur la manche de sa robe de sorcier et tenta de s'essuyer la joue avec. Au moins, elle avait réussi à provoquer l'hilarité de la triste jeune fille, ce n'était pas rien. Mais Alaska ne savait pas trop comment s'y prendre avec la Serpentarde. Elle décida donc de commencer par se présenter, le reste suivra.

« Au fait, moi c'est Alaska, dit-elle en lui adressant un nouveau sourire. Et merci de m'avoir prévenu d'entrée pour la tache d'encre sur la joue, j'aurai eu l'air tellement ridicule si je m'étais promenée avec dans les couloirs... »

Elle osa finalement parler des déboires de la jeune fille. Après tout, peut-être que le fait d'en parler lui ferait du bien. Ou pas d'ailleurs.

« Je ne veux pas être indiscrète, mais qu'est-ce que le papier t'a fait pour mériter un tel sort ? »

Le souffle des Poufsouffle, jamais ne s'étouffe !
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L'abandon puis la solitude.

Le regard perplexe de sa camarade n'échappa pas à Dakota, qui était prête à faire don d'un peu de sa salive pour enlever la tache d'encre incrustée sur la joue de la Poufsouffle. Mais cette dernière percuta assez vite. Tandis qu'elle clamait son amour pour l'Histoire de la Magie et les devoirs de Monsieur Heltowni, la jeune Poufsouffle rigola, sûrement parce qu'en réalité, les cours théoriques et parfois barbants d'Histoire n'étaient pas sa tasse de thé.

Ainsi donc, le secret de la tache d'encre venait d'un simple devoir. Mais ce n'est pas cela qui marqua le plus la Serpentard. En effet, quelques instants plus tard, la Poufsouffle offrit à Dakota un instant assez mémorable, mélange de bave et de distinction. Elle prit sa manche de sa robe de sorcier, encore intact en cette Première Année, et, le plus naturellement du monde, elle saliva dessus, comme un crapaud ayant trop de mucus. Cette scène d'une grande beauté valut un grand sourire à Dakota, qui s'estimait un peu heureuse d'être tombée sur une personne aussi… bizarre.

Tout ceci terminé, et la tache dûment enlevée, la Poufsouffle commença alors les présentations :

« 
Au fait, moi c'est Alaska. Et merci de m'avoir prévenu d'entrée pour la tache d'encre sur la joue, j'aurai eu l'air tellement ridicule si je m'étais promenée avec dans les couloirs... » 

Dakota esquissa un sourire, pensant à sa camarade, la dénommée Alaska, sortant, un gros hématome noir sur le visage, avec les regards interloqués des autres élèves de Poudlard, se demandant pourquoi est-ce que cette dingue se promène sans s'être lavée, et se questionnant sur la présence de gros rats dans la Salle Commune des Poufsouffle. Dakota fit vite disparaître cette pensée, et adressa un sourire sincère à sa camarade, pour lui faire comprendre que ce n'était rien, et que c'était normal de la prévenir avant qu'elle ne soit ridicule.

Mais Dakota voyait bien que cette tentative de présentation et de remerciement cachait quelque chose d'autre, et c'était évident : Alaska voulait savoir ce que recelait la lettre qui avait failli l'assassiner froidement. Ou, tout du moins, le papier qui avait failli lui faire un bleu sur le front. Et, bingo, la Poufsouffle n'avait pas pu résister à la curiosité :

« 
Je ne veux pas être indiscrète, mais qu'est-ce que le papier t'a fait pour mériter un tel sort ? »

Bizarrement, même si Dakota s'était préparée mentalement à ce que cette question vienne sur la table, mais, encore plus bizarrement, elle ne s'était pas préparée à l'effet qu'aurait cette question sur elle. Avec la scène baveuse de sa camarade, Dakota avait presque totalement oublié le pourquoi de sa présence dans cette salle, de ses fesses sur le sol froid, et de ses larmes séchées sur ses joues.

Il ne fallait pas que les larmes reviennent, il ne fallait pas que les larmes reviennent. Même si Alaska avait l'air d'être une personne extrêmement sympathique, elle ne la connaissait que depuis à peine 10 minutes, ce qui n'était pas suffisant pour lui étaler toute notre vie privée et tous les problèmes que l'on peut avoir. Et même si les fillettes n'avaient que 11 ans, et qu'à cet âge, les enfants parlent de tout et n'ont pas énormément de problèmes réels, Dakota ne savait pas réellement si elle pouvait faire confiance à cette Poufsouffle.

A force de se mordiller la lèvre, celle-ci était en sang, mais cela n'était pas grave pour l'heure. La Serpentard sonda les yeux de sa camarade jaune, histoire d'y voir… en fait, elle ne savait pas ce qu'elle y cherchait. En tout cas, Dakota ne vit pas de malhonnêteté dans l'attitude de sa camarade. Respirant un grand coup, comme pour se donner du courage, la vipère décida de se lancer :

«
 Il… Il m'a apporté de mauvaises nouvelles… » Dakota s'interrompit un instant, hésitante et pas prête à se dévoiler, avant de reprendre : « En fait, je n'ai pas envie de t'embêter avec ça ».

Elle espérait que sa camarade ne chercherait pas plus d'explications, même si elle se doutait bien que c'était peine perdue, Alaska semblait bien installée et ne voulait certainement pas partir maintenant. Dakota essaya donc de changer de conversation, et continuer les présentations entre les deux jeunes filles :

«
 Je suis impolie, désolée… Je m'appelle Dakota, contente de te connaître, Alaska ».

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
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