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 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

Quartier de Belgravia - Maison de ville de la famille Lyndon
Un soir de Juillet 2044
ft. @Alice Sangblanc & @Aliosus Nerrah



De longs doigts distraits d’enfant venaient caresser un masque doux, prisonnier de mousseline et papier de soie. Deux mains aux veines apparentes et aux ongles parfaitement entretenus vinrent saisirent la tête de l’animal, reposant au centre du carton, allongé dans son lit de soie. Tel Salomé soulevant la tête de Saint Jean-le-Baptiste, l’enfant était armé d’une cruelle délicatesse, tandis qu’il apposait le masque sur son propre visage. La sensation était exquise, presque étouffante. Il ne voyait rien, avait les yeux fermés, tandis que la tête d’âne venait doucement prendre place et vêtir sa propre tête bouclée. Comme une seconde peau.
Il ouvrit ses yeux clairs aux cils blonds dans son miroir en pied, rajustant son masque, faisant attention à ce que ses oreilles ne soient pas pliées, que l’on puisse discerner son regard. Mais c’était tout.

Il garda ses mains contre les joues inconnues et douces de cette tête d’âne qu’il affectionnait, fermant de nouveau les yeux, et respirant doucement. Inspiration. Expiration. Sa poitrine, sous son costume de soie et de dentelle, se soulevait et s’abaissait doucement. Il se sentait tranquille. Presque prêt à affronter la soirée à venir. Soirée qu’il avait oubliée, reléguée dans un coin autre de son esprit. Pour l’instant, il n’y avait que lui, dans cette tête d’âne. Lui qu’on ne voyait plus, qu’on ne discernait plus vraiment sous le drapé des vêtements, la fraise baroque et cette cape docile qui suivait le mouvement de ses bras.
Les vêtements étaient superposés en couche, pour donner à voir. C’était serré, comme la sensation du masque contre son visage. Et cet enferment le rassurait, était presque consolateur. C’était presque comme une armure. Pour un peu, et il se sentirait presque brave. Presque.

La course des aiguilles ne s’arrêtait jamais, et il était déjà l’heure pour lui de se mettre en mouvement.

Respirant encore une fois, profitant de l’intimité de sa chambre, il tâchait de ne voir que du blanc, une fois ses yeux fermés. Un blanc rassurant, aseptisé. Un blanc d’oubli qui lui permettrait de ne pas se noyer dans le tourbillon des sensations qu’il y aurait ce soir-là.

En pleine Season, chaque famille possédant au moins des armoiries depuis cinq générations sur son blason, se devait d’organiser des festivités, et de participer aux autres. Cette semaine, c’était la famille Lyndon, dont les rapprochements avec la royauté n’était pas que géographique, qui était sous la lumière des organisations. Un bal masqué était donc de rigueur. Un bal de fables, sous un thème animalier et aux couleurs épurées : du nacre cousu d’argent. C’était un implicite que tous les invités respecteraient. Car nul ne pouvait entrer s’il ne respectait pas l’Etiquette intrinsèque qui donnait le ton à toute cette gentry.

Sous le masque, le jeune héritier de la famille Lyndon, à l’emblème de tilleul, se cachait sous le confort de son masque. Il lui semblait que même les bruits étaient étouffés par ce biais-là, et il en savourait ainsi l’efficacité. Ce sentiment d’anonymat.
Aidé de sa canne d’apparat (et de soutien), il descendit les escaliers. Les premiers invités allaient arriver à tout instant et lui, avait réussi à éviter son père jusqu’à maintenant. Son père qui jetait un regard froid et désapprobateur sur son choix d’animal.
Ce fut l’objet d’une dispute, un peu plus tôt. A mots feutrés. Il n’avait rien dit, avait serré la boîte contenant son masque contre lui avant de quitter la pièce. « Un âne, mon fils ! C’est comme s’il voulait montrer qu’il était le plus ridicule de tous ! »

Mais sous le masque, il n’entendait pas tout ça. N’avait même pas besoin de porter un sourire en masque pour faire plaisir aux invités qu’il ne connaissait, ni ne reconnaissait, faute de son malaise profond pour tout ce qui concernait des interactions.
C’était presque confortable, ainsi. Près de ses parents qui rivalisaient d’élégance, de ses frères et de sa sœur si jeune, proche de sa nourrice, il hochait la tête, quand on venait le saluer, donnait ses formules de politesse quand c’était requis et finalement, se confortait dans ce rôle d’automate.
Le corset des conventions était presque agréable à porter ainsi. Il ne suffoquait pas encore, mais était dans un état de bulle, sans songer qu’il pourrait bientôt manquer d’air.

Et quand les invités les plus importants furent arrivés, et que sa présence n’était plus requise à l’entrée, que les premières notes au violon se mirent à retentir depuis la salle de balle, il s’enfuit, dans un tourbillon de drapés précieux et d’empressement aristocratique.

Son cœur battait doucement, et c’est doucement qu’il vint se placer à l’écart, derrière une colonne. Oh, on pouvait encore distinguer la cape de son costume, ou même ses oreilles d’âne. Mais il était suffisamment éloigné pour ne pas paniquer, et en même temps, suffisamment proche pour ne pas se faire disputer.
Contre son pilier, il attendait, dessinant les symboles gravés sur sa canne, qu’il soit enfin l’heure pour lui de se retirer.


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Tenue d'Anathema :
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Method in the Madness
Ière année RP : 2043-2044
Théana : there's alchemy between us

 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

Domaine Sangblanc, Limerick, Irlande


« - Mademoiselle sera la plus belle pour aller danser.

Lorsque les doigts de Jenny quittèrent ses cheveux, Alice ne dit aucun mot. Elle admirait sa crinière blanche noué en un chignon, décoré de perles. C’était parfait, comme cela devait être. Dans le miroir à pied de sa chambre, au domaine de son père, Alice redevenait cette petite fille qu’elle n’était plus depuis qu’elle vivait avec Oncle Kenneth et Imogen. Cette petite fille au sang trop pur pour se mêler à n’importe qui, trop importante pour être dans les ombres. Elle existait à nouveau.
Alice aimait cela. Elle aimait cette image que renvoyait son miroir. Elle se savait parfaite pour aller chasser.
Ce soir, Alice n’irait pas s’amuser pour seulement se divertir. Elle n’avait pas accepté l’invitation de Thomas ans pour lui faire plaisir.
Non, tout avait été scrupuleusement étudié. Elle allait infiltrer une soirée réservée à la Haute sphère du monde sorcier, grâce à ces mêmes personnes qu’Alice s’était juré de détruire. C’était parfait, digne d’une tragédie grecque.

- Mademoiselle désire-t-elle que Jenny fasse quelques retouches sur sa robe ?
- Hm ? Oh, non. Elle est très bien comme cela.

Alice agirait un peu sa longue robe d’argent. La coupe était délicat, marquée par quelques voiles de nacre. Le tout était harmonisé avec une complexité qu’Alife reconnaissait comme étant celles du couturier préféré de son père. La mâchoire d’Alice se sera un peu plus alors que son regard passait en revue les moindres détails de sa tenue.

- Elle te va à ravir.

Dans l’encadrement de la porte était apparu Thomas, le miroir vomissait son reflet. Il se tenait droit, son masque de léopard d’argent à la main. Avec un œil expert, il admirait sa jeune sœur.

- J’ai hésité sur la coupe, dit-il en pénétra dans la chambre d’Alice, les poings de la fillette se serrant alors un peu plus. Je ne savais pas si tu préférerais un col ou non.
- C’est bien comme ça

Alice haïssait de le reconnaître, mais Thomas avait visé juste lorsqu’il lui avait fait ce cadeau. Il avait toujours eu un goût très sûr pour les apparats, et choisissait toujours les tenues qu’il fallait. Vêtu d’un beau costume nacré, un col serré remontant haut, il le prouvait encore une fois.
Sans un mot supplémentaire, Alice se saisit de son masque, tenu religieusement par Jenny, et l’apposa à son visage. Le froid du masque lui engourdi momentanément les joues rendues chaudes par la colère qui s’était petit à petit emparé d’elle lorsque Thomas avait pénétré dans sa chambre. Ses yeux se refermèrent, alors qu’elle caressait la gueule du loup nacré. C’était imposant, et délicat à la fois. Les détails étaient exquis et subtiles, et pourtant puissants.
Alice était devenue une louve, et le serait pour toute cette soirée.

- Je suis content que tu acceptes de passer du temps avec nous, dit Thomas. C’est important pour moi. Notre famille a subi des dommages irréparables, j’en ai conscience. C’est pourquoi nous devons nous efforcer de rester soudés malgré les épreuves qui sont, je le sais, nombreuses.
- Je ne fais pas ça pour toi, répondît cruellement l’enfant. Ni pour Mère.

A côté d’elle, Alice sentait Jenny trépigner sur ses deux petits pieds. Cette situation la gênait, c’était évident. « Tu peux disposer » lança Alice à son elfe de maison. Jenny inclina bas la tête, et quitta précipitamment la chambre. Lorsque sa silhouette disparu totalement, Alice se retourna vers son frère, la gueule du loup relevé pour pouvoir le regarder.
Alice pensait prendre la parole, lui cracher qu’elle ne lui pardonnait pas, et ne lui pardonnerait jamais ses trahisons envers leur père, mais Thomas la devança :

- Fais le pour toi, seulement pour toi. Profites de la soirée, de ton véritable univers. Je sais que ça te manque. Les belles robes, les bijoux, les délicats repas ...
- Les traîtres.

Ce mot brûlait ses lèvres à chaque fois qu’elle s’adressait à son frère. Elle ne pouvait le retenir, elle voulait lui jeter au visage comme un dragon crache ses gerbes de flammes.
La mâchoire de Thomas se crispa un peu. Il haïssait ce mot, et Alice le savait. Il lui rappelait à quel point il avait fait les mauvais choix. Alice cru même apercevoir un éclair de fureur dans les yeux argentés de son frère. Mais elle ne bougeait pas, même si elle savait ce qu’il était capable de faire. Elle restait droite face à lui, son visage masqué levé sur lui. Était-ce parce qu’elle portait des crocs qu’Alice ne craignait pas les coups que Thomas pourraient lui porter comme jadis ?

- Les « traîtres » seront légion ce soir, répondît-il seulement. Essaye de t’en souvenir. Ça pourrait t’éviter de passer pour une idiote si tu rencontres nos hôtes.

Alice fronça les sourcils sous son masque mais, bien sûr, Thomas ne voyait rien de cela. Et peut-être s’en fichait-il, il avait déjà tourné le dos pour repartir . «  Mère veut te parler avant de partir» ajouta t-il en quittant la chambre, son sourire évanoui, «  Ne la fais pas attendre ».
La fillette grondait silencieusement. Finalement, la chasse s’annonçait bien moins amusante que prévue. Elle ne supporterait pas de passer la soirée avec Thomas d’un côté, sa mère de l’autre. C’était bien trop lui demander.

Après avoir fixé le masque à son visage, Alice quitta sa chambre pour rejoindre sa mère au petit salon. Assise sur l’un divan, elle laissait Jenny ajuster les quelques boucles blondes de son chignon. Son visage était subtilement maquillé, ses grands yeux décoré d’argent, soulignés de noir. Enfilée dans une longue robe d’un argent scintillant, elle avait des allures de grand félin. Cette vision débectait l’enfant qui sentait son corps entier se contracter.
Enfin, lorsque Jenny eu finit de coiffer sa maîtresse, l’Allemande se décida à regarder sa fille. Un sourcil haussé, elle observait le choix de masque de son enfant. Aucun commentaire ne fut fait, peut-être n’y avait-il plus le temps.
Renesmée se releva, ajusta le voile de nacre sur ses épaules et prit enfin la parole.

- Nos hôtes, les Lyndon, ont un fils. Anathema. Il est en deuxième année également. Il serait bon que tu deviennes amie avec ce garçon.
- Et pourquoi cela ?

Renesmée agita un peu sa main comme si elle désirait chasser un insecte. Alice ne se formalisa pas : elle savait que sa mère agirait ainsi. Elle ne voulait pas de question, seulement une affirmation. Ses ordres se devaient être acceptés sans broncher.

- Ne te fais pas plus bête que tu ne l’es, Alice. En ces temps troublés, il est nécessaire de nouer de nouvelles amitiés.
- Et ainsi étendre votre influence. Je ne suis pas bête, j’espérais juste une réponse sincère de votre part. Encore une fois, j’en attends trop. Ne vous en faites pas, je finirai par m’habituer.

Renesmée sembla surprise le temps d’un instant, un instant qui fit un bien fou à Alice.
Un instant de trop courte durée.
En un éclair, Renesmée avait anéanti la distance qu’il y avait entre sa fille et elle. Elle avait arraché le masque de sa fille et sa main vient claquer sa joue avec une rage inattendue. Alice se recula, ses grands yeux exorbités, sa main sur sa joue chauffée. Elle observait sa mère sans un mot, sans la moindre pensée.

- Ne jouez pas à la plus maline avec moi, Alice Elisabeth Sangblanc. Vous y perdrez.

La voix claqua dans l’air comme un coup de fouet, Alice cru sentir sa morsure le long de son échine. Elle baissa la tête alors que sa mère passait à ses côté, plaquant le masque de sa fille contre sa poitrine, coupant son souffle.
La jeune Sangblanc restait figée, sa main sur sa joue, l’autre tenant son masque contre elle. Ses yeux la démangeaient, elle se sentait humiliée.

- Mademoiselle Alice, couina Jenny devant elle. Mademoiselle Alice, il ne faut pas pleurer. Remettez votre masque, remettez le, et tout ira bien. Madame votre mère ne vous atteindra plus lorsque vous serez mêlée à la foule. Vous serez une jeune louve parmi les brebis.

Sa gorge serrée, Alice relevait les yeux et, du revers de son poing, elle essuya les quelques larmes qui s’étaient imposées. Jenny avait raison. Il ne fallait pas pleurer. Il fallait rester forte, car la soirée n’avait pas encore commencé. Ce n’était pas le moment de craquer.
Alice prit une grande inspiration et replaça son masque sur son visage. La tête haute, le regard droit, elle quitta le petit salon pour rejoindre sa mère et son frère.

Maison de ville de la famille Lyndon

La maison des hôtes se dessinait sous les yeux d’Alice. Elle demeurait silencieuse, avançait dans les pas de sa mère, son visage dissimulé sous son masque d’aigle stylisé à perle et fioriture. Thomas avançait à ses côtés, l’écoutait parler des différents invités qui seraient présents. Alice aussi écoutait, essayait de retenir chaque noms. Il y avait beaucoup de Sang-Pur, et encore plus de membre de la noblesse britannique. Alice se demandait pourquoi les Harrison n’avaient pas été invités . Peut-être faisaient-ils mauvais genre ? L’enfant sourit.

Le brouhaha de la fête à ses débuts parvenait aux oreilles d’Alice. Et, enfin, elle pénétra dans la bergerie.
Tout était beau et somptueux, digne de chaque sorcier présent ici. Les hommes et les femmes se mêlaient les uns aux autres, se saluaient, discutaient, riaient. Alice aimait cette ambiance soutenue, ces grandes robes, ces beaux masques, ces bijoux, ces manières délicates.

- Thomas, viens avec moi, dit Renesmée en déposant sa main gantée sur le bras de son fils. Je dois te présenter quelqu’un. »

Alice en profita pour disparaître dans la foule avant que Thomas ne puisse lui attraper l’épaule. L’heure de la chasse avait sonné.


Tenue d’Alice (merci Ana 💚)
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Deuxième année RP - 741B47
Souris - Fondatrice du MERLIN
Fiche SpA

 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

" Chérie, j'arrive à obtenir de revenir du continent pour quelques jours à peine et vous trouvez le moyen d'occuper ce temps précieux avec... avec quoi au fait ?"
Depuis sa nomination au poste d'Émissaire, Magnus Nerrah avait passé de nombreuses semaines sur le continent afin de rencontrer le plus grand nombre de dirigeants possible et assurer au Conseil des sorciers des appuis européens. Fort du réseau familial, il avait énormément parcouru non seulement l'Allemagne, mais aussi la plupart des états d'Europe Centrale et de l'Est. Il revenait de cette tournée pour une courte pause de quatre jours et était tombé des nues à l'annonce de cette soirée.
"Un bal masqué, c'est organisé par les Lyndon pour la season Magnus, c'est important."
Willow, la femme de Magnus le regardait avec une bouche mutine tout en dégustant son verre de vin, un rouge si sombre qu'Aliosus aurait pu le confondre avec... Non, non c'était du vin évidemment, la lumière jouait avec.
"Un bal ? Masqué ? C'est une plaisanterie !"
"Ne faites pas cette tête Magnus, notre fils est entré à Poudlard, il est maintenant connu du monde, nous somme connus du monde, de part votre poste auprès du conseil, celui de secrétaire de votre soeur..."
"Ne dîtes pas "secrétaire" comme vous diriez "Moldu" Willow, vous savez très bien que c'est un poste important. Bon. Ai-je le choix ?" Le ton dur avait laissé place à un calme froid.
La moue de Willow ne laissa pas de place à l'interprétation.
"Sehr gut.. un masque de résignation avait prit place sur le visage de Magnus Nerrah. Ma femme qui me traîne à une soirée mondaine organisée par des anglais, Gott in Himmel, es ist ein Alptraum."
"Allons Magnus, ne faites pas votre ours de la Forêt Noire, voulez-vous ?"
Disant cela, elle se leva de la table, toujours son verre à la main - il se remplissait magiquement, cela avait le don d'agacer Magnus qui se moquait bien de l'ivresse ponctuelle de sa bien aimée mais qui voyait là une source de gaspillage - et s'en alla flâner au dehors de la maison.

La journée s'était passée ainsi, sur de multiples variations, tour à tour enflammées, graves, légères, mais rien n'y faisait. A les voir, Aliosus commençait à soupçonner son père de s'être résigné depuis longtemps mais de prendre plaisir à s'entêter à contre-attaquer sur un front différent à chaque fois.

***

L'ambiance était loin d'être celle de la Garden Party des Harisson à laquelle il avait participé en juillet. Ici c'était une soirée, un bal masqué, et cela changeait beaucoup de choses. S'il avait déjà trouvé les tenues portées à la Garden Party magnifique, ici c'était d'une autre dimension. Tout était plus créatif, plus original, plus grandiose. Aliosus était presque éblouit par les sommets de beauté qu'il contemplait. Passer la porte de la demeure des Lyndon, c'était plonger dans un tourbillon de soie, de dentelle et de nacre, un délice pour les sens.

Une fois annoncés, les Nerrah se mêlèrent au reste des convives. Magnus portait un intimidant masque figurant un poulpe noir dont les tentacules s'animaient d'une vie propre. Il avait choisit un costume strict, très ajusté, à revers. Willow semblait flotter plutôt que marcher dans son étonnant robe d'inspiration animale. Des plumes blanches partaient de l'arrière de son masque aviaire, figurant un crâne de corvidé, et partaient se répartir sur son échine, ses épaules et ses longs bras délicats. Aliosus, lui, se sentait très à l'aise dans l'habit d'inspiration militaire, à revers et cordelettes. Il se sentait élégant, il était fier de ses belles bottes lustrées resplendissantes et souriait derrière son beau masque d'ours.

Une main se posa sur son épaule et les tentacules du masque paternel s'agitèrent dans sa direction.
"Aliosus, votre mère et moi n'allons pas pouvoir être à vos côtés, nous avons beaucoup de gens à rencontrer et le bal n'est pas exactement prévu pour vous. Je vous conseille de trouver des amis, votre tante est là, aussi partez donc à la recherche de, comment disiez-vous déjà ? "Ma cousine, Alice Sangblanc, votre nièce" c'est bien ça ? "

Derrière l'ours, le visage d'Aliosus se décomposa au souvenir de sa lettre impulsive, il ne su quoi répondre, mais heureusement, Magnus disparu dans le brouillard de mousseline blanche. Le garçon en profita pour aller dans le sens inverse, après tout, son père n'avait pas tort. Se frayant un chemin parmi les convives, il passa à côté d'un vieillard rabougri à tête d'âne qui jouait avec sa cane, mais pas d'Alice à l'horizon...

Tenue d'Aliosus

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Dernière modification par Aliosus Nerrah le 15 novembre 2019, 9 h 53, modifié 1 fois.

Élève le plus beau 2019 et cousin de l'élève la plus belle 2019
Artisan forgeur de meme de qualité supérieure garantis OC.

 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

Tout était aseptisé dans le bon goût et la Tradition. L’Etiquette, ce corset des convenances, qui donnait une taille sublime et une disposition pour le paraître, régnait en maître ce soir. De loin, observateur passif, tenant sa canne de nacre, il admirait, sous son beau masque imposant de bête volontairement délaissée pour avoir porté un fardeau divin, toute cette beauté aristocratique qui se mouvait sans y penser. C’était grâce au sang bleu qu’ils partageaient tous dans les veines. Alastair Lyndon en parlait parfois, quand il était suffisamment de bonne humeur pour lui expliquer ce que lui, enfant un peu lent, ne comprenait pas toujours. Ce n’était pas qu’une question de race, de pureté de sang. C’était une question d’éducation. Mais d’éducation, reproduite depuis des siècles. Un nouveau riche n’aurait jamais accès à cette façon de se mouvoir. C’était génétiquement social. Une reproduction d’élite dont il faisait totalement parti
Et dont il s’efforçait obstinément de rentrer dans le moule, afin de ne pas paraître telle une immonde tâche de rejet sur ce sol si blanc. Trop blanc.

Il y aurait un bal, et de la danse. Il connaissait ses pas sans plus y penser. Il savait comment il devait agir mais préférait pour ne moment demeurer dans cette passivité d’apparat. Il avait revêtu son armure de paraître et s’y sentait bien. Il était considéré comme la partie d’un tout et craignait de briser le charme s’il se mettait en mouvement. De montrer aux yeux masqués de tous, qui il était vraiment.
De démontrer que, finalement, malgré la posture, les habits, les manières, le parler, le masque, il n’avait pas sa place ici.

Et ça, il ne pourrait le supporter, car il ne saurait où aller par la suite.

Cependant, dans son malheur, la Nature l’avait doté d’une constitution hypersensible. Il sentait et ressentait tout. Perpétuellement aux aguets dans le monde sensible, ne parvenant jamais à complètement se perdre dans l’intelligible. Il y avait toujours des odeurs trop persistantes, des contacts et toucher, des stimulations visuelles ou auditives qui venaient petit à petit lui griffer la chaire et presser son âme encore plus loin pour que son cœur lui soit ravalé au fond de l’œsophage. Qu’il soit digéré, réduit en bouilli par une belle main gantée, baguée, élégante et suintant la délicatesse.
Cette main, allait être celle d’Angus II, son oncle, frère d’Alastair Lyndon. Un personnage qui avait travaillé pour Gringott’s avant de petit à petit se révéler auprès du Conseil des Sorciers, en compagnie de son frère aîné. C’était un personnage qu’il voulait éviter. Comme tous les Lyndon, d’ailleurs. Seuls les Rosenthal semblaient véritablement digne d’intérêt selon lui.

Mais même s’il ne sortait pas du lot, qu’il ressemblait à n’importe quel nantis présent en ces lieux, il ne put échapper au regard d’Angus sur lui, sous son masque de hyène vorace. Etait-ce à cause de son immobilité ? Parce qu’il avait senti son entrée en ces lieux, avait eu peur en le voyant ? Ça ne le surprendrait pas qu’Angus ait senti sa peur suinter de sa dentelle et de ses fils d’argent pour aller jusqu’à lui.
Il avait tenté de fuir, en toute logique, mais n’avait pas fait deux pas dans le vestibule qu’une main puissante vient s’apposer sur son épaule, le faisant tressaillir sans qu’il ne puisse avoir de contrôle dessus.

« - Eh bien mon neveu, vous fuyez déjà ? »

Sans le regarder, il devinait que les dents de la hyène ne venaient pas du masque. C’était bien trop vrai, bien trop effrayant pour être simplement factice.
Aux côtés de son oncle, sa conquête de la soirée, ou bien sa cavalière. Petite noblesse, bonne rente, s’il en jugeait par les éclats de diamant qui le faisait plisser des yeux.

« - Oh, est-ce donc lui que vous allez emmener à une de vos parties de chasse ?
- Non, malheureusement, celui-là n’aime pas la chasse. Son frère, par contre, semble plus éveillé. » Une petite pression sur l’épaule, un sourire. « - Preuve en est, je me répète : étiez-vous en train de fuir mon neveu ? »

Le possessif apposé à ce titre familial, cette insistance, les regards de ces deux-là, l’ignorance feutrée des autres invités… Tout cela lui donnait envie de vomir.

« - N-non mon oncle… »

Il déglutit, se retint. Le sourire s’agrandit dans un « - Je vous l’avait bien dit !Effectivement ! »

« - Il serait dommage de vous voir déjà fuir. Après tout, il me semble que vous deviez rattraper votre déplorable attitude scolaire ce soir. »

Si le masque qu’il portait n’était pas déjà blanc, voici que le sang sur son visage semblait s’être drainé à cette évocation. Oh, il se rappelait bien, très bien, la réception de son bulletin scolaire, sa lecture publique, lors d’un repas, de la part d’Alastair Lyndon, sans qu’il ne puisse s’enfuir. Comme il s’en rappelait. Comme tous s’en rappelaient et semblaient exiger de lui qu’il se rachète d’une façon implicite.
Qu’il ne comprenait pas.

« - Il ne comprend vraiment rien cet enfant.
- Ah, ça, il a toujours été lent. Mais comme pour les chiens, les enfants peuvent être dressés : je ne me fais pas trop de soucis. »

Et comme pour un encouragement, la hyène vint tapoter la joue de l’âne avant de repartir, sa conquête au bras.

Tremblant, il releva enfin la tête. Juste à temps pour attraper le regard si perçant, si froid, si pleins de promesses d’Alastair Lyndon, qui dans toute son élégance de monarque, avait délicatement tourné la tête de côté, au moment de parler avec une dame très élégante et ce qui semblait être son fils à ses côtés.

Sans un regard de plus, il se détourna, et sembla véritablement s’enfuir. Les larmes lui piquaient les yeux, il sentait sa respiration s’accélérer, son cœur battre. Le poing enfoncé dans l’œsophage ne suffisait pas, il voulait tout recracher.

« - Ah, ils n’y vont pas de main morte ce soir ! »

Il avait pu atteindre les escaliers, loin de la fête, du bal, des colonnes, avant d’entendre une voix familières, des mots chantants en français.
Mendel Rosenthal, le cousin de sa mère et son parrain, l’avait suivi. Peut-être avait-il vu ses interactions avec les Lyndon. Il était bien le seul.

Il se tourna vers lui, hésita un instant, puis s’arrêta, avant d’hocher maladroitement la tête, du fait de son appendice d’âne sur la tête. Sous son masque de paon blanc, l’aristocrate sourit doucement avant de s’approcher, se baisser, puis de prendre son filleul dans ses bras. Pas bien longtemps, simplement le temps de transmettre un peu de courage, de réconfort. Tous deux savaient qu’il n’y avait pas de choix à avoir, que le déroulement de cette soirée était déjà écrit d’avance, et que si les acteurs avaient le malheur de commettre un impair, les danseurs un faux pas ou les chanteurs une fausse note, les retombées ne seraient pas clémente. Déjà qu’il était puni, il le savait. Il était censé expier ses fautes scolaires à cette soirée, pour avoir été incapable de maîtriser la magie comme il le faudrait. Et que même ça… Il en était incapable. Sous les regards qu’il sentait pesé sur lui… Il ne pouvait pas.
Quel idiot il avait été de croire qu’il était armé, qu’il était méconnaissable. Evidemment que tous allaient le reconnaître sous son masque d’âne. Il était le seul ainsi. Stupide. Bien trop stupide.

Il chercha un peu de réconfort dans l’étreinte brève de son parrain avant de s’écarter, massant son épaule.

« - Il va falloir y retourner, tu le sais. »

Il acquiesça, un peu plus doucement.

« - Tu es calmé, ça va aller ? »

Pas de réponse. Mais Mendel lui souriait doucement, avant de lui indiquer, du bout de son gant, une petite louve au milieu du bal.

« - Et si tu allais lui parler un peu ? Elle doit avoir ton âge. Vous pourriez faire connaissance. »

Il lui était reconnaissant, de lui montrer ce qu’il devait faire. Ou ce qu’il devait dire. Et s’il devait faire acte de présence, se racheter, il aimait autant que ce soit guidé par son parrain.

« - D’accord… »

Et après que son parrain, cher allié, lui ait doucement serré la main, il repartit, inspirant et expirant sous son masque. Le monde tournait un peu autour de lui. Mais il n’y avait pas de couleur. C’était trop éclatant. Tout était englouti par le blanc.

« - Bonsoir. Je viens te parler. »

Il s’était avancé, face à cette petite louve dans sa jolie robe. Avait levé la main droite, paume ouverte, pour la salutation, le « bonsoir », avant de s’être pointé de deux doigts, l’index et le majeur, les autres doigts repliés pour le « je ». Puis au « te », il avait doucement, dans ce geste baroque, désigné la demoiselle. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Pour qu’il soit rassuré, sans avoir besoin d’avoir recours à d’autres gestes, moins subtils, mais plus efficace pour calmer son anxiété.

« - Parce qu’on doit me voir en train de te parler. » Allez, on respire. Il essayait de se souvenir de ses cours de manière et de conversation. Mais le monde était sourd, si sourd et si prêt à vomir autour de lui. « - J’aime beaucoup ta robe. »

C’était sincère, mais sa voix était un peu faible. Les yeux ne lui piquaient plus, mais il ne la regardait pas en face. Naïvement, il se raccrochait à son costume, à sa posture, à son maintien, à son paraître.
Mais le charme se brisait comme sa voix sur les derniers mots.

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 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

La petite louve virevoltait autour des paons, des biches et des souris, cueillant à son passage les quelques informations que lui offraient les discussions des autres. Il y avait eu des noms, beaucoup de noms, Alice doutait être capable de tout retenir.
Cependant, un nom n’avait pas échappé à traque. Un nom qu’elle avait entendu plus d’une fois ce soir, celui de sa proie. Celui d’Anathema Lyndon, le fils de ses hôtes. Sa mère voulait qu’elle devienne amie avec ce garçon. Pourquoi ? Alice l’ignorait encore. Anathema était l’enfant mâle d’une famille aux semblants précieux, Renesmée désirait peut-être s’attirer les faveurs des Lyndon. Peut-être.

«  Avez-vous vu le fils de monsieur Lyndon ? Ils sont le jour et la nuit ! »

Ce fut cette phrase qui avait particulièrement intriguée l’enfant. Est-ce que cela voulait dire qu’Anathema refusait les pensées sectaires de son père ? Alice devait en avoir le cœur net car si c’était cela, ce camarade de classe constituait un allié de choix.
Alors, Alice l’avait traqué, cherchant à apercevoir les oreilles d’âne du masque qu’il portait, du moins c’est ce qu’avait dit cette étrange vieillarde. Un masque d’âne, quel étrange choix. Le garçon devait singulièrement se démarquer au milieu des phénix et licornes.

L’enfant profita de la chute d’une note délicate pour s’extraire de la piste de danse. Elle s’installa dans un petit coin tranquille, entre deux groupes trop occupés à discuter pour faire attention à elle. Où pouvait bien se trouver ce petit âne ?

C’est alors que son regard se posa non pas sur le fils Lyndon, mais sur son frère. Telle la panthère dont il avait prit les traits ce soir, Thomas avançait entre les invités, traquant visiblement un bel oiseau au gosier asséché. Alice s’approcha un peu, profitant du passage d’une lapine callipyge pour s’avancer discrètement jusqu’à un autre groupe d’adulte. Peut-être était ce un collègue de Thomas, peut-être allaient-ils se confier quelques secrets de mission ?

« Je ne doute pas que les millésimes sont ravis de vous avoir pour compagne en ce début de soirée, mais croyez moi, la danse qu’ils pourraient vous offrir ne rendra pas hommage à votre personne. » Sa grande main d’albâtre se déplia alors, se proposant élégamment à la jolie femme oiseau. Ce n’était véritablement pas une collègue. «  Faites-moi l’honneur de m’accompagner le temps d’une valse, ma dame. Peut-être deux si les astres me sont favorables. Vous feriez de moi le plus comblé des fauves. » Alice l’entendait sourire derrière son masque de félin. Mais quel idiot. Ne pouvait-il pas laissé cette pauvre femme tranquille ? Alice se détourna immédiatement de cette scène qui lui soulevait le cœur.

Hélas, cette fois son regard lupin se posa cette fois sur sa mère, accompagné d’un homme ô combien élégant. Ils étaient bien trop proche au goût d’Alice, mais cela n’étonnait que peu l’enfant : ce n’était pas la première fois que Renesmée Nerrah, son nom d’épouse abandonné, rôdait autour des biens nés sorciers. Ce monsieur n’était pas n’importe qui, Alice le devinait.

Alice remua un peu la tête. Il ne fallait pas se laisser abusée par les chasses de Thomas et sa mère, et se concentrer sur la sienne. Où était le petit âne ?

Ce fut inattendu. Lorsque il s’avança vers elle, sa canne à la main, ses oreilles dressées sur la tête, Alice cru rêver. C’était lui qui venait à elle, comme si depuis le début, Anathema avait une longueur d’avance. Cette pensée n’était pas pour enchanter la jeune Sangblanc. Que n’avait-elle pas prit en compte, dans cette chasse qu’elle pensait mener ?

«  Bonsoir, je viens te parler. » Il agita ses mains pour la saluer, se désigner, la désigner. Comme si il était nécessaire d’argumenter ses mots, comme si ce n’était pas suffisamment clair. Alice sourit sous son masque. Les manières de cet enfant était amusante.
Elle pinça sa robe entre ses doigts, et plia délicatement ses petits genoux, abaissa un peu la tête et salua, comme on lui avait apprit à le faire. Ce n’était pas n’importe qui, ce garçon.

«  Parce qu’on doit me voir en train de te parler. » Alice releva son visage sur Anathema. Cela, elle ne s’y attendait pas. A lui aussi on lui avait demandé de se rapprocher d’Alice ? Ses parents lui avaient-ils imposé cette discussion ? Il avait le mérite d’être sincère, et ne tournait pas autour du chaudron. Dans une soirée pour les mensonges et les faux semblants sont légions, Alice appréciait de trouver un garçon qui osait annoncer la couleur de ses actions.

«  J’aime beaucoup ta robe. » Le compliment était délicat, mais la voix manquait d’assurance. Elle n’avait pas cette détermination que l’on exigeait chez les enfants bien nés. Mais peut-être était-il seulement intimidé par cette réception si grandiose. Alice le comprenait. Tout était si solennelle, chaque geste était calculé, chaque faux pas entraînait des regards tranchants.

De sa petite main pâle, Alice caressa délicatement le pan de sa robe.

«  Je te remercie » dit-elle dans un sourire invisible. «  Tu es certainement Anathema Lyndon ? A moi aussi on m’a demandé de venir te parler. » Il était inutile de tergiverser. Anathema avait été sincère, Alice se devait de l’être, bien que ce ne soit pas parce que sa mère lui avait demandé de se rapprocher d’Anathema qu’elle était devant lui à présent.

«  Il n’y a pas beaucoup d’enfant ce soir » constata Alice en observant les invités. «  Tu es le fils des hôtes, peut-être sais-tu quels camarades sont invités avec leur famille ? » Ce n’était pas très habile, peut être un peu "brute" mais Alice devinait, à ses précédents mots, que les ronds de jambes n’étaient pas nécessaires avec ce garçon. Il fallait jouer cartes sur table. Ainsi, peut-être qu’Alice obtiendrait les noms des élèves qui lui faudraient ramener dans son camp, ou garder loin d’elle et du Merlin.

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 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

Les bals masqués ne dupent souvent pas grand monde, même chez les sorciers. On peut aisément deviner qui se cache sous quel apparences pour peut qu'on connaisse la personne un tant soit peu. C'était le cas de Magnus qui avait repéré un haut dignitaire qu'il fréquentait régulièrement par le biais des voyages et des dîners qui étaient le quotidien de son poste d'Émissaire de la Citadelle. Aussi conversait-il avec un groupe de quelques hommes et femmes masqués, un sanglier, un kelpy, une grue et un serpent. Le sujet était probablement grave et important, quelque part depuis son entrée au service du nouveau gouvernement, Magnus ne cessait jamais vraiment de travailler, profitant de chaque rencontre pour tisser son réseau et nouer des alliances. Une poignée de main, un rire à une plaisanterie, un verre offert, il usait de la moindre des interactions pour se lier à quiconques pouvait se révéler utile.

Dans l'autre cas, lorsque les gens ne se reconnaissaient pas, alors commençait la danse, les regards, des interactions insoupçonnées qui ne naissaient que de l'inconnu. C'était le cas de Willow Nerrah qui semblait bien décidée à éprouver les réserves de champagne de ses hôtes tout en se délectant des gracieuses silhouettes, masculines et féminines qui passaient sous son regard gourmand. Pour le moment il était rivé sur les courbes alléchantes d'une femme au masque de lapin qui ne soupçonnait rien des yeux perçants derrière elle. Qui cela pouvait-il être ? Le doute rendait la chose bien plus excitante. La connaissait-elle ? Avait-elle déjà plongé son regard dans le sien dans une autre occasion ? Sans masque pour la dissimuler, lui aurait-elle accordé autant d'attention ? Les questions restèrent sans réponse lorsque la lapine s'éloigna, laissant place à une panthère masculine particulièrement audacieuse.

"Je serai vous je ne présumerai pas être supérieur à la compagnie de ces vins, vous n'en avez sans doute pas assez bu pour réaliser à quel point ils peuvent être agréables. Mais soit, monsieur Panthère, dit-elle en saisissant la main qui lui était offerte, essayez donc de me faire tourner la tête plus qu'ils n'en sont capables. Je m'abandonne à vos pas."

Navigant entre ces deux types d’interactions sociales typique de son milieu, Aliosus peinait à trouver un autre intérêt que celui de ses sens à cette soirée. Ce n'était peut être pas si mal, la beauté était partout, la délicatesse, les manières étaient douces, même lorsqu'elles cachaient des attentions mesquines ou des buts d'une sauvagerie animale, le garçon n'était pas encore assez âgé pour pouvoir soupçonner autant de duplicité de la part des adultes l'entourant. Ses oreilles se délectaient des musiques entraînantes entonnées pour faire se mouvoir les couples masqués, cette soirée étaient enivrante, au sens propre d'ailleurs car il avait pris une gorgée par mégarde d'un verre qui n'aurait pas du lui être destiné et qu'il avait rapidement reposé avec un grimace spontanée qu'on ne lui connaissait pas. Mais malgré tout cela, il se sentait bien seul, rares étaient les silhouettes qui lui semblaient de son âge. Peut être là bas, cette louve blanche qui semblait s'entretenir avec l'âne qu'il avait cru pouvoir identifier comme vieillard.

Saisissant son courage, et se disant que sans cela il risquait de ne pas parler de la nuit, il s'avança pour établir le contact.
"Bonsoir, dit-il poliment en s'inclinant légèrement, l'avant bras droit posé bien horizontalement sur le ventre, puis-je me joindre à vous ?"

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 PV  Fables minérales | Chapitre 1 : Le Bal

Avant qu’une quelconque réponse ne franchisse les lèvres du petit âne, un ours s’était avancé à la rencontre des deux enfants. Un ours gracieux et bien élevé qui enchanta la fillette. Sa voix était un délice à ses oreilles, elle sonnait comme une friandise dont Alice s’était déjà délecté plus d’une fois et dont elle avait apprécié chaque saveur. Un sourire éclaira son visage dissimulé alors que le visage de l’ours apparaissait distinctement dans son esprit.

« Bonsoir » répondit-elle en effectuant une génuflexion délicate et contrôlée, les pans de robe d’argent pincés entre ses doigts. « Quel plaisir de vous compter parmi nous, petit ours des forêts de l’Est. »

Il était certainement malpoli de ne plus prêter attention au petit âne, mais pour son cousin Alice se serait détourné de Merlin lui même.
Mais tout de même, il s’agissait du fils de leur hôte. Alice pivota un peu vers Anathema Lyndon pour lui présenter son cousin, mais l’ânon s’était envolé, sans un mot. La fillette papillonna des yeux un instant, scrutant l’assemblée pour tenter d’y voir Anathema.
Au lieu de cela, son regard se posa sur son frère accompagné de la dame oiseau qu’il avait abordé précédemment. Tout fier de sa jolie prise, il fendait la foule de sa démarche altière pour gagner les autres danseurs. Sa main coula le long du dos de la femme pour épouser ses reins, et Thomas l’entraîna dans une valse qu’Alice se surpris a trouvé appréciable. Cependant, à le voir ainsi aussi proche de cette oiseau, la fillette en revenait à se poser des questions sur le couple qu’il formait avec Morrigan. Étaient-ils toujours amoureux ?

Plus loin, là où Alice aurait aimé voir Anathema, elle y trouva sa mère. Renesmée Nerrah était en grande discussion avec un grand hippogriffe à l’allure intrépide. De loin, Alice aurait pu la confondre avec une jeune fille délicate, minaudant et papillonnant sous le bec de l’un et la gueule vulpine d’un autre. Elle était écoeurante à se comporter comme si père n’avait jamais excité.

Bien vite, Alice se détourna de ces désagréables visions où sa famille exposait un vilain visage infidèle. Ses yeux braqués sur Aliosus, au moins lui ne l’a décevrait pas. Anathema avait disparu, mais il reviendrait tôt ou tard, Alice ne s’imposerait pas une minute de plus les danses et courbettes de son frère et sa mère.

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L'élégante louve blanche devant lui lui fit face aussitôt sa première phrase prononcée. On aurait pu croire que quelque chose en particulier lui avait provoqué un sursaut soudain, mais quoi ? Après tout il n'était que l'un des convives parmi des dizaines, il n'y avait aucune raison à réagir de la sorte. Sa réponse par contre, lui fit tiquer le visage et froncer les sourcils. Qui était-ce pour ce permettre autant de proximité ? Jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'entamer une conversation de manière aussi légère, en tout cas avec une inconnue. L'était-ce vraiment ? La musique, les chants, les conversations autour de lui l'avaient plongé dans un kaléidoscope de sensations, comme si trop de choses en même temps lui saturaient les sens, le rendant presque aveugle et sourd.

Il y avait pourtant quelque chose chez cette prédatrice, il se sentait observé, reconnu, démasqué, et passé la surprise, il se rendait compte qu'il aimait ce petit jeu qui commençait. Il commença par s'incliner en remerciement, puis il voulu se tourner vers l'Âne, mais celui-ci semblait s'être volatilisé ou bien s'était-il métamorphosé en éclats d'or et d'argent ? Car tout autour d'Aliosus resplendissait de mille feux, et plus particulièrement cette louve mutine aux milles jupons. Était-ce ce verre de tout à l'heure qui lui faisait tant d'effet ?

"Je suis flatté d'un tel accueil, Aliosus sourit derrière son masque, il avait entendu sa mère répondre cette phrase une fois à un mot de bienvenue très enthousiaste et il l'avait gardé en tête, la trouvant élégante. Il était ravi d'avoir l'occasion de la replacer dans un contexte si prestigieux. Et vous, amie Louve, de quelle contrée venez-vous ?"
Se concentrer sur un dialogue aidait à recentrer son esprit, à présent il espérait gagner un peu de temps pour peut être mettre un nom et un visage sur cette voix.

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Derrière son masque, le peu de joie qui s’était insinué en elle venait de s’échapper. Aliosus ne l’avait pas reconnu, Alice ne s’y était pas préparée. Elle était muette face à son cousin, papillonnant des yeux. A moins que lui aussi s’amuse ? C’était difficile à dire, car c’était possible venant d’Aliosus. Il était un peu comme elle, après tout.

Quelque soit la raison de sa réponse, qu’il l’ai reconnu et s’amuse de la situation ou ignore son identité sans perdre la face, Alice étira un nouveau sourire. Elle n’allait tout de même pas rester silencieuse et statique comme une statue de marbre, cela voudrait dit que Aliosus avait gagné, et elle perdu. Ça, ce n’était pas envisageable.
Alors, l’enfant rit un peu, comme si la situation l’amusait, cachant derrière son masque son scepticisme. Il était délicat, ce rire. Comme celui des belles dames, qui n’exprimait ni l’amusement, ni la moquerie. C’était seulement une jolie parure, comme un bijou ornant les lèvres.

« Comment cela, vous ne vous souvenez pas ? » demanda Alice en feignant la surprise. « Mais enfin, ami Ours, nous sommes pourtant voisin. Des montagnes et des arbres immenses nous séparent, il est vrai, mais je ne vous perds jamais de vue. Jamais. »

Son cœur se recouvrait à nouveau de douceur. Elle était heureuse de retrouver son cousin, et même si il ne la reconnaissait pas. Et puis, si il était ici, cela voulait dire que Magnus Nerrah, le frère de sa mère, son oncle, était venu. Alice l’espérait. Sans jamais détourner son buste d’Aliosus, la fillette observait la salle à la recherche d’un masque qui à lui indiquerait que son oncle se cachait en dessous. Elle l’imaginait grand, blond, l’air imperturbable, de jolis traits comme son fils, une lueur agréable dans les yeux. Surtout, elle priait pour qu’il ne soit pas comme sa mère, qu’il soit capable de sourire sans que cela ne soit une façade. Qu’il soit doux et aimable sans avoir à se forcer. Magnus Nerrah devait être comme son fils.

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