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 Solal  Fichu chapoin peautu

Líle avait sa fierté. Une petite fierté du haut de ses onze ans, mais une fierté quand même. Ses parents n'avaient pas été très difficiles à convaincre : elle se débrouillerait très bien toute seule, comme une grande, merci ! Et au revoir !

La ronchonne était installée à une table près du comptoir. Un coup de petit poing rageur chercha à déformer sans grand succès la pointe de son chapeau de sorcière tout neuf. Il s'assortit d'un juron en gaélique irlandais, comme ça, rares seraient les adultes à la reprendre. Oui, parce que Líle avait appris la langue de ses ancêtres à l'école. Fierté irlandaise oblige. Et puis, c'est toujours mieux comme langage secret qu'un truc dont on ne se rappelle jamais et qu'on a tendance à noter dans un carnet à la portée des parents ou des détestables grandes sœurs !
"Non, mais j'vous jure !" grommela la fillette à la franche épaisse et auburn soigneusement tressée.
Maintenant, elle tentait l'origami sur la pointe du chapeau qui n'en demandait pas tant.
Elle avait fait toutes ses courses pour la liste des fournitures et avait découvert avec horreur que sa baguette, chez Olliver, était exactement la même que celle du tristement célèbre Queuedever. Dagda, roi des chaudrons, fasse que personne ne le sache. Et surtout pas Orla ! Madame se pavanait bien assez avec sa baguette en crin de licorne !
"De toute façon, les licornes, c'est nul," bougonna-t-elle.
Plus pour se convaincre et avaler sa déception que par réel mépris des licornes, notez.
Et donc, la voilà avec sa pile de manuels - elle avait déjà ouvert devant elle, sur la table, celui du cours de potion en attendant d'aller chercher sa commande : Un Chaudron, bien sûr ! - serrés les uns aux autres avec une ceinture. Mais aussi ses fioles - très soigneusement empaquetées, avec la balance et dans son chaudron tout neuf. Chaudron qu'elle avait aussitôt baptisé "Taliesin". Oui, le mythique barde gallois cousiné de Merlin. Voire confondu. Voire professeur de Merlin. Mais Líle n'est pas sectaire question mythologie celtique. Surtout dès que ça concerne des chaudrons. Elle a l'excuse des Mabinogion où y'a beaucoup d'Irlandais dedans.
BREF !

Elle avait fini ses emplettes de la rentrée par les vêtements.
...
Parce qu'elle détestait ces fichus machins ! Un chapeau pointu ! Non, mais, elle était une sorcière de chez Sir Terry Pratchett ? C'est pour attirer le mojo, la foudre ou la poisse, cette pointe, ou quoi ? Franchement, c'était festival du cliché cet accoutrement passé de mode !
Líle détestait la panoplie complète de l'apprentie sorcière, parce que c'était justement tout pour indiquer en grosses lettres à néons : je suis une sorcière ! P.S. : Sortie de l'imagerie médiévale !
Líle frissonna : les sorciers cherchaient le bâton pour se faire battre, de son avis.
Mais bon, la seule chose qui, pour elle, était sympa avec la magie, c'était les potions. Pas besoin de frimer avec des paillettes, de grands gestes ridicules et des formules en latin de traverse à coucher dehors tout droit sortis d'un film de Donjons et Dragons. - Elle en avait vu un par hasard à la télé et l'avait regardé avec une sorte fascination coupable au point qu'il devienne l'un de ses films préférés. Orla disait que c'était un nanard. Líle ne comprenait pas ce que les épinards avaient à voir là-dedans - Une potion, c'était sobre et efficace dans tous les cas. Ça payait pas de mine, jusqu'au moment où ça vous sautait à la figure. Líle aimait beaucoup les potions surprises. Surtout pour en faire à Orla. Elle avait hâte de lui en cocoter une qui transformerait sa belle chevelure blonde de princesse en crin de cheval qui pue.

Le pauvre chapeau pointu regretta amèrement d'avoir repris sa forme après la séance de pliage japonais, car cette fois, la petite fille le foudroya des yeux. Or, avec la magie dans ses veines, ça risquait d'être au sens propre.

"Bon, zut ! Là !" pesta-t-elle avant de se lever, prendre son Chaudron, payer, et retourner lourdement sur sa chaise avec son butin.
Oui, non, la boisson, c'était pas tellement pour la boire.
C'était plutôt pour l'admirer.
Et l'humeur de Líle changea du tout au tout : un grand sourire dévora son petit visage en forme de cœur. Un sourire trop large tant il semblait presque déborder de la ligne de ses mâchoires. Des étoiles d'émerveillement - enfin ! - pétillèrent - sisi, ça pétille, une étoile, surtout quand ça explose - dans ses immenses yeux gris argent.
"Roh, y'a même de la fumée ! Je veux savoir comment ils font ça !" s'exclama-t-elle tout haut.
Oui, le désavantage d'être capricorne, et une éternelle solitaire un peu trop intelligente, c'est qu'on a une forte propension à discuter avec soi-même.
Dernière modification par Líle Nolan le 16 mars 2018, 11 h 24, modifié 1 fois.

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

Les Rosenberg étaient de sortie. Voilà bien longtemps qu'on ne les avait vu tous ensemble ; Ciaran, le père, était souvent occupé de par son travail, Amory et Oskar, les grands frères, passaient plus de temps en voyage ou à Poudlard qu'à la maison. Aussi, les courses de rentrée prenaient la tournure d'un véritable voyage d'été.
Violet Rosenberg arborait un large chapeau d'osier qui lui donnait un air charmant —même si elle n'avait pas besoin de ça pour briller, la femme avait toujours été particulièrement jolie et élégante. Dans chacune de ses mains, elle tenait la main de ses deux fils cadets ; Blaze et Cosmo. Ils marchaient derrière Amory, Oskar et Ciaran qui s'étaient lancés dans un débat passionnant sur la coupe d'Europe de Quidditch qui avait eu lieu le mois dernier. C'était un débat sans fin qui avait animé nombre de leurs repas, mais chacun campant sur ses positions, une conclusion ne voyait pas le jour. L'entêtement était un signe distinctif des Rosenberg, que seule la douceur de Violet savait apaiser. Enfin, derrière toute la troupe, traînait des pieds Solal. Les yeux fixés sur sa liste de course, un chaudron sous le bras, il sentait la faim le tirailler. Le voyage jusqu'à Londres avait été long, et s'ils avaient mangé le délicieux pique-nique que Violet et Oskar avaient préparé, l'appétit du brun n'était pas pour autant rassasié. 
« J'ai faim. » , maugréa-t-il sans pour autant penser qu'on l'entendrait. Sa mère avait l'oreille partout, elle se retourna et lui adressa un regard malicieux. Après les courses, lui avait-elle répondu. Il avait capitulé, personne ne savait tenir tête à sa mère, et continué de traîner les pieds jusqu'à la prochaine boutique.

Solal n'était pas un grand adepte du shopping et du lèche-vitrine, mais faire ses courses pour la rentrée avait une saveur toute particulière qui ne le laissa pas insensible. Il avait accompagné ses deux aînés lors des leurs et avait rêvé de ce jour pendant des années. C'était maintenant son tour. La chaleur écrasante faisait de l'après-midi quelque chose de bien moins agréable que prévu, mais à chaque pas qu'il franchissait dans l'intérieur rafraîchissante d'une boutique lui redonnait son énergie et il se retrouvait à faire tous les rayons de la boutique, s'émerveillant devant les produits.
« Allez, va prendre un jus au Chaudron Baveur. Prends les livres, on te tient le reste. On se retrouve dans une heure, d'accord ? » Avait fini par lui dire Violet, amusée de voir l'éternelle énergie de Solal subir tant de fluctuations. Les Rosenberg s'étaient arrêté dans une boutique de balais pour discuter avec le vendeur qu'ils connaissaient bien, il avait travaillé avec Ciaran à plusieurs reprises et avait été convié à des repas à Chipping Campden de nombreuses fois. Solal ne s'était pas fait prier et, un tas de livre dans les bras, avait fait demi-tour pour rejoindre le Chaudron Baveur.
Il avait déjà visité des bars moldus, Violet avait beaucoup d'amis moldus qu'elle avait rencontré au sein de son club de lecture, mais le Chaudron Baveur avait un charme sans pareil aux yeux de l'apprenti sorcier. Le bois robuste des piliers qui soutenaient la structure, l'odeur de beurre, de potiron et d'alcool dans l'air, les rires et les éclats de voix d'hommes bourrus, les chapeaux pointus de part qui couronnaient les têtes de sorciers. C'est bien là un charme que les moldus ne peuvent pas reproduire, avait pensé Solal.
Son jus de potiron en main, le tas de livres instable collé contre son torse, le garçon évoluait lentement dans la foule de sorciers. La fin des vacances se faisait sentir. Son attention fût attirée par une fille qui était installée à une table, près du comptoir. Ses oreilles avaient capté l'éclat d'une voix d'enfant, une fille, qui semblait mécontente. La table était remplie de matériel scolaire qui ne firent pas douter Solal un seul instant sur le futur de la jeune fille : elle allait rentrer elle aussi à Poudlard en septembre. Il n'en fallait pas plus à l'éternel papillon pour aller se poser sur la nouvelle fleur.
« Toi aussi, tu vas à Poudlard pour la rentrée ? » La question était rhétorique. Sans demander —l'inconvénient de naître dans un milieu où tout le monde est chaleureux et souriant, c'est qu'on oublie que tout le monde n'est pas aussi ouvert ni sociable—, il déposa son verre de jus sur la table et s'assit devant la rouquine, qui tirait presque sur le  châtain. La pile de livres sur ses genoux, il déposa son menton sur la couverture du livre et adressa un énorme sourire à la jeune fille.
« Je t'ai entendu râler, t'as un souci ? » D'éternelle bonne volonté, Solal était prêt à l'aider. Il murmura un "c'est lourd, c'truc", avant de déplacer le tas de livres et de le poser sur la table. Dans sa maladresse, un coup de coude mal placé fit tomber le tas de livres au sol.
« Ben voyons ! Vous pouviez pas rester tranquilles ! » Mauvaise manie qu'il avait pris de ses parents, il parlait aux objets comme s'ils l'entendaient. En ronchonnant, il se baissa pour rattraper les livres en question. Il espérait néanmoins qu'ils ne soient pas abîmés, il avait à cœur de les maintenir dans un état impeccable, ils étaient après tout ses premières fournitures et rien que ça leur donnait une place de choix dans son cœur. 

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

 Solal  Fichu chapoin peautu

Quelle avait été la joie d'Elise lorsqu'elle avait reçu lors des vacances familiales en France un courrier de la part de sa grand-mère maternelle lui annonçant que ce serait elle qui la garderai pendant les quelques jours de vacances qui restaient, à la place de ses parents, qui, trop occupés à travailler. Et une surprise l'attendait à la gare : son petit frère, Jack ! Invité par un ami dans la capitale, il avait ensuite souhaité revoir sa grande sœur, qu'il n'avait pas vue depuis plus d'un moi. Ensemble, ils étaient d'abord allés déposer les bagages d'Elise chez la vieille femme, puis s'étaient rendus sur le Chemin de Traverse, pour célébrer leurs retrouvailles. Après avoir acheté quelques sucreries et avoir regardé distraitement les devantures des magasins, subissant les incessants commentaires de Jack, la grand-mère décida de les emmener au Chaudron Baveur.

Elise y était déjà allée plusieurs fois l'année dernière, soit durant les vacances, soit avant la rentrée scolaires - c'est à dire à la même période que maintenant. Ils s'installèrent à une table près de la fenêtre, et, pendant que son frère et sa grand-mère discutait joyeusement, Elise regarda les serveurs qui s'activaient, allaient et venaient, mettant ainsi une bonne ambiance dans le café. Plusieurs clients étaient en âge d'entrer à Poudlard, et la Poufsouffle les observa attentivement pour voir s'il n'y avait pas là une connaissance. Mais non, il n'y avait rien ! Ou plutôt, personne. La petite fille sourit à sa blague, puis continua d'observer les gens, de tous âges, et vit bientôt un petit garçon, brun foncé, se diriger vers une autre fillette. Ils avaient l'air d'être un peu moins âgés qu'elle peut être d'un an ou deux. Ils commencèrent à parler, et lorsque le garçon posa ses affaires, un livre tomba. Il ne le vit pas, et Elise se dit que ce serai un bon moyen d'entrer dans leur conversation, qui avait l'air très intéressante. Elle dit à son frère qu'elle revenait tout de suite, se leva et se dirigea vers les deux petits sorciers. Arrivée près d'eux, elle hésita. Allaient-ils l'accepter dans leur conversation ? Mais sa curiosité prit le dessus, et continua, voulant en savoir plus sur eux. Elle ramassa le livre, et dit d'une petite voix : 

"Excuse-moi, mais tu as fait tomber ça."

Et elle lui tendit l'ouvrage, souriant timidement. Mais depuis quand était-elle timide ? Peut-être étaient-ce les vacances qui lui faisaient cet effet...elle attendit une réponse, et vérifia que sa famille était toujours là. Oui, et son petit frère la regardait fixement, avec un sourire moqueur. Elle lui fit un petit signe lui ordonnant d'arrêter, mais il rigola et continua, trouvant le fait d'embêter sa sœur très drôle.

*Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !*

 Solal  Fichu chapoin peautu

Toute à l'admiration de son Chaudron fumant, Líle n'entendit ni ne fit attention à Solal lorsqu'il tenta d'entamer la conversation. - Elle a l'habitude d'être seule et que les tentatives de communication ne la concernent 98% du temps jamais - Elle ne réagit que lorsque les livres tombèrent au sol dans un grand bruit. La petite fille leva la tête, les yeux ronds et battant des paupières comme une chouette sur qui l'on braque un projecteur.
Son regard gris alla du garçon, de son jus de potiron, à la pile de bouquins éparpillés au sol. Elle se leva sans y réfléchir et l'aida à ramasser les précieux ouvrages. Au moins, Solal n'était pas le seul à parler à tout et n'importe quoi.
Sur ce, alors qu'ils ramassaient les livres - Líle n'a toujours pas compris qu'il lui avait adressé la parole, elle croyait à un accident quelconque - une troisième jeune sorcière s'approcha d'eux et ramassa un des livres pour le donner au jeune sorcier d'un geste timide.
De toute évidence, elle s'adressait au garçon. Líle forma une petite pile dans ses bras et déposa les ouvrages sur sa table, en prenant soin de déplacer son Chaudron à l'écart des livres.
C'est là qu'elle réalisa, en observant la table, que d'autres livres qui n'étaient pas tombés étaient là. En toute logique, le jeune garçon avait donc posé sa pile ici. Et il était aussi assis sur la chaise qui faisait face à la sienne - position spatiale d'importance à ses yeux, puisqu'en face à face -, et il s'était penché pour ramasser ses ouvrages. Donc il ne s'était pas assis ici par hasard.
Conclusion tirée de ces observations : le jeune sorcier s'était délibérément installé à cette table !
Mais pourquoi ? Elle regarda autour d'elle cependant que les deux autres jeunes gens finissaient de sauver les livres de la poussière au sol, et remarqua qu'il y avait d'autres places libres autour d'elle.

Ben mince, alors !

Líle fit aller ses grands yeux gris sur le garçon et la jeune fille.
Et là, quand elle s'entendit parler, ce fut comme si elle dépoussiérait un grenier abandonné aux araignées depuis au moins trois siècles. Elle était bavarde, mais pas dans ce genre de situation ! Ça lui arrivait surtout à l'école où on lui donnait - avant de la lui retirer très vite - l'occasion de parler.

"Heu... Je peux vous aider ? Vous êtes perdus ?" demanda-t-elle aux deux autres enfants d'une voix comme une flûte de solfège qui ne connaitrait que le Fa#.

Quelle idée de proposer son aide, se reprocha-t-elle ensuite avec un froncement léger de ses sourcils épais. Elle découvrait elle-même le coin et ça lui avait pris un sacré bout de temps ! Elle n'avait pas fait de carte. Elle serait bien en peine de les guider. Mais bon, elle venait de proposer, faudra assumer.

Elle n'a pas remarqué le geste d'Elise à son petit frère à ce moment-là.

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

Toujours en train de râler dans sa barbe —tout à fait inexistante—, Solal fut surpris d'entendre une petite voix féminine proche de lui. Lorsqu'il releva la tête, il se retrouva nez à nez avec une rouquine qui lui tendit un livre. La rencontre se transformait en réunion, nul doute que la fille face à lui allait aussi à Poudlard, mais si on la comparait avec l'autre rouquine, celle-ci avait un visage un peu plus féminin qui l'interrogea sur l'âge de la nouvelle arrivante, était-elle plus âgée qu'eux ?
« Merci, je l'avais pas vu celui-là ! Désolé, cette fichue pile pèse son poids. » Se redressant, il déposa le dernier livre sur la pile et en tapota le sommet l'air de dire "bien, cette fois vous ne bougez plus les gars". Les yeux toujours rivés vers la nouvelle arrivante, il la remarqua faire des gestes vers quelqu'un. Le regard de Solal parti à la recherche de l'interlocuteur en vain. Il abandonna les recherches. La voix de la première jeune fille, aux cheveux plus foncés, lui rappela à la réalité. Elle semblait affreusement perdue et, si Solal devait analyser la situation, il comprit rapidement qu'elle n'avait absolument rien suivi de ce qui s'était passé. Dans la suite logique des choses, la jeune fille ne l'avait absolument pas écouté et il pouvait attendre encore longtemps pour les réponses à ses questions. Quand bien même, Solal n'était pas déçu, bien qu'un peu irrité —son père était toujours très concentré dans son travail, mais lui au moins avait l'amabilité de répondre un "mmh"qui n'avait rien de constructif mais qui avait l'avantage d'être mieux que rien.

« Non, j'suis pas perdu moi. C'est pas la première fois que je viens. J'ai vu tes affaires, c'est pour la rentrée à Poudlard, non ? Tu passes en première année, hein. Et toi ? » Ses derniers mots étaient dirigés vers la nouvelle arrivante, à qui il tira une chaise pour l'inviter silencieusement à s'asseoir à côté de lui, pas timide pour un sou malgré la présence de deux personnes qu'il ne connaissait pas. Il ne s'était pas attendu à rencontrer quiconque au Chaudron Baveur, encore moins des sorciers de son âge, mais Solal n'était pas le genre de garçon qui manquait une occasion, bien au contraire. Il serait bien heureux de s'être fait des amis lorsqu'il arriverait dans un château énorme où il se perdait régulièrement. Le brun avait tout prévu pour que sa première année se passe dans les meilleures conditions possibles.

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Líle eut donc enfin une illumination. Enfin, si, une illumination. A croire que sa boisson Chaudron l'avait littéralement emportée dans un autre espace-temps. Son regard gris s'alluma d'une lueur de compréhension avec les explications et la question renouvelée du jeune garçon.
Wouahou, on essayait de faire connaissance avec elle ! A quel moment les règles de l'univers avaient-elles changé ? Z'auraient pu lui envoyer un hibou pour la prévenir, parce que du coup, la fillette se retrouvait comme deux ronds de flan - bien que cette image lui échappa totalement parce qu'elle imaginait une part de flanc  - devant ces deux élèves.
Seulement, tic tac, la montre de la bienséance sociale tournait et elle se secoua aussi vite que possible pour ne pas être impolie envers le garçon qui leur faisait la conversation. Déjà qu'elle n'avait rien écouté de ses propos précédents, elle n'allait pas pousser le bouchon si loin.
Donc, bon, bref, il n'était pas perdu. Enfin, ils n'étaient pas perdus. Elle était la seule à être paumée... dans cette situation. On se rattrape aux branches, 1, 2 et 3 !
"Heu..."
Un peu mieux que ça. C'est quand même pas un garçon qui va lui faire peur, pas vrai ?
La petite tendit la main. Parce que là, vraiment, elle était incapable du moindre sourire. Elle était sûre qu'il serait bizarre si elle s'y forçait.
"Oui, c'est ça, j'vais faire ma rentrée en première année à Poudlard, moi aussi !"
Hélas... parut dire son froncement de sourcils contrarié.
Attends, donc, il allait entrer à Poudlard aussi ? Et il n'était même pas perdu ? Wouahou.
Ça fit tout drôle à Líle et un sourire monta lentement jusqu'à ses oreilles au fur et à mesure qu'elle saisissait ce que cela impliquait.
"Je m'appelle Líle Nolan. Et vous ?"
Ainsi, à son tour, les grands yeux gris de la fillette se portèrent sur la jeune fille rousse en chœur avec ceux de son nouveau futur camarade de classe.

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La situation était cocasse, presque inconfortable. Sur le moment, Solal s'était senti d'autant plus mal à l'aise mais avec le recul, il reconnaissait que son entrée en matière n'avait pas été des plus subtiles. Un silence lourd de malaise écrasait le trio alors qu'autour d'eux les éclats de voix et les rires se faisaient entendre comme un orchestre assourdissant. Le garçon jouait avec ses doigts nerveusement, jusqu'à ce que la propriétaire du matériel disposé sur la table se mit, enfin, à répondre de façon cohérente. Elle lui tendit la main, le geste surprit le garçon qui n'avait pas l'habitude de telles manières. Peut-être que de là où elle venait, c'était la coutume, mais chez les Rosenberg —et chez tout Anglais que Solal connaissait— on ne se serrait la main que lorsqu'on avait l'âge d'avoir quelques poils de barbe. Il tendit la main à son tour et serra la main de la jeune fille, bombant le torse comme s'il avait été plus âgé de vingt ans et qu'il s'apprêtait à faire l'affaire du siècle. L'excitation saisit Solal alors qu'il aperçu la jeune fille sourire devant lui, et confirmer le fait qu'elle rentrait elle aussi à Poudlard : tout devenait de plus en plus réel. Les bras chargés d'affaires qu'il n'avait vu que dans les bras de ses aînés, Solal se rendait compte petit à petit qu'il allait enfin entrer dans l'école qui avait bercé ses nuits rêveuses. L'euphorie montait en lui comme une vague furieuse sur la plage, elle emportait tout, lui donnait l'impression passagère d'être léger, très léger.
« Eh ben, on va être camarades ! Ce serait cool qu'on tombe dans la même maison, le destin, tout ça, il sourit de plus belle, moi c'est Solal Rosenberg. » 
Il tourna la tête vers la jeune fille qui lui avait ramassé son livre, elle ne semblait déjà plus faire attention à leur conversation et envoyait des signes à son frère. Ils semblaient être dans une conversation à laquelle seules deux personnes qui se connaissaient par cœur pouvaient s'adonner. Elle se tourna vers eux pour leur adresser un dernier signe de la main avant de rejoindre le garçon plus loin. Solal se racla la gorge en poussant la chaise qu'il avait préparé pour la nouvelle arrivante, tant pis, ils resteraient à deux.
« T'es pressée ? Quels cours t'intéressent le plus ? À ce qui parait les escaliers bougent tout seuls et tout le temps alors il faut toujours partir en avance. J'veux faire du Quidditch, pas toi ? J'vais faire fiouuu, et shhhh ! » À grands renforts d'onomatopées et de larges gestes, Solal exécutait de ses mains une danse, représentant un joueur de Quidditch en plein match. C'était son rêve le plus cher, mais il avait aussi tellement hâte de chaque cours. Curieux comme personne, Solal adorait apprendre de nouvelles choses. Cependant, entendre parler des devoirs interminables de ses aînés ne lui donnait pas envie et il espérait qu'il réussirait à les éviter d'une façon ou d'une autre —au fond de lui, il savait que c'était peine perdue, mais le garçon avait la caractéristique d'ignorer tout ce qui ne lui plaisait pas, de faire comme si ces choses n'avaient jamais existé.

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Líle se rassit donc à son tour et écouta Solal avec les yeux grands ouverts comme une chouette tout en ramenant près d'elle son bol de Chaudron. Elle semblait si captivée par le naturel amical de son futur camarade qu'elle sirota même son Chaudron fumant plutôt que de le boire des yeux.
Alors comme ça, Solal aimerait faire du Quidditch, et voler ? Brrr ! Líle tenta de ne pas froncer les sourcils, mais un frisson involontaire lui échappa lorsqu'aux onomatopées et gestes du garçon, elle l'imagina faire fiouuuu et shhhhh ! Et se manger un cognard en pleine poire.
La fillette secoua la tête pour se sortir de cette pensée terrifiante. Elle ne voulait pas doucher l'enthousiasme de son nouveau camarade si amical. Ce serait dommage de tout gâcher, vraiment.
Aussi quand ce fut à son tour de répondre, Líle réalisa soudain la foule de questions auxquelles elle devait répondre et son regard gris souris s'agrandit tout en gagnant des étoiles. Il était bavard comme une pie au moins autant qu'elle ! You-pie !

"J'suis pas pressée du tout ! J'venais de finir d'acheter mes fournitures. Toi aussi, on dirait. T'es venu tout seul ? Tu viens d'où ?"

Et elle embraya bien plus joyeusement, comme si elle avait enfin trouvé son parèdre en papotage et hocha vigoureusement la tête. Sans doute que Solal venait de trouver le bon mot. "Destin". La seule idée que le destin les rapproche réchauffait le petit cœur solitaire de Líle. C'est sûr que ce serait génial d'être destinés à la même Maison, faire les devoirs ensemble, vivre des aventures ensemble, partager ses secrets, se faire des cadeaux. Tout ce que font les amis.

"A ton avis, dans quelle Maison on pourrait être ? Mes parents et ma sœur, ils sont tous des Gryffondor, mais moi, j'aime aller à l'école, alors Serdaigle ce serait pas mal !"

En temps normal, elle s'en moquerait comme de sa première chaussette puisqu'elle se méfiait de la magie comme d'une attaque de puces, mais tout à coup, là, maintenant, l'idée d'être camarade avec Solal sous le coup du destin lui faisait envisager la répartition avec BIEN plus de joie et, surtout, d'émerveillement.

"Quelle matière ? Potions ! Potions, potions, potions ! Pas besoin de baguette ou de formule bizarre pour faire de la magie quand t'as une bonne potion qui fait pareil en mieux et moins de risques ! En plus, j'aime bien faire la cuisine, enfin, surtout les gâteaux, alors ça tombe bien ! Et botanique aussi, du coup, mais j'aime bien l'Histoire aussi. Surtout la médiévale ! Et toi ? C'est quoi qui t'intéresse le plus ?"

Elle sembla pâlir un peu en songeant aux escaliers qui bougent tous seuls et n'en font qu'à leur... rampe ?

"Ils bougent pas trop vite au moins ? J'espère. C'est que ma sœur en a parlé, ça a l'air vachement haut."

Mais elle changea aussi sec de sujet pour ne pas plomber l'ambiance et, comme un calumet, elle poussa son Chaudron vers Solal :

"Tiens ! Tu veux goûter ? Ils appellent ça un Chaudron et en plus il fume comme un vrai chaudron de sorcière ! J'aimerais bien aller demander au cuisinier comment il fait ça !"
Et repaf, sur le Quidditch, enfin. Elle n'aurait jamais imaginé dire ça un jour, tiens, mais :
"Quand tu joueras au Quidditch, j'viendrais t'encourager !"

Elle ne semblait pas douter des capacités de Solal à y arriver, même si elle venait tout juste de le rencontrer. Líle semblait vraiment à fond les ballons sur le coup. C'est magique, vraiment, le destin.
Les mots, surtout.

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

Les questions fusaient d'une part et d'autre de la table, comme si deux batteurs se renvoyaient plusieurs Cognards à la fois. Mais aucun des deux ne semblait perdu ni confus suite à l'échange auquel ils prenaient part avec l'enthousiasme des élèves qui découvraient un tout nouveau monde. Tout en observant la jeune fille, Solal se rendit compte que ses yeux étaient colorés d'un gris légèrement foncé, c'était la première fois qu'il découvrait ce genre de couleur dans les iris de quelqu'un. Mais il n'eut pas le temps d'y penser plus que ça, car déjà il se retrouvait à son tour recouvert de questions et d'informations à prendre en compte : Líle Nolan espérait être Serdaigle, elle aimait les potions, la botanique et l'Histoire de la Magie. Elle ne semblait pas apprécier la pratique de la magie pour autant puisqu'elle avait dit préféré les potions qui ne nécessitaient pas de baguette magique. L'information fit tiquer Solal ; qui pouvait ne pas aimer la magie ? Lui qui pensait que la vie des moldus devait être bien ennuyante et si peu pratique ne voyait là qu'une bêtise ignorante, elle changerait sans doute d'avis après quelques cours de sortilèges. Pour autant, elle avait l'air bien au courant de ce qui se passait à Poudlard et pour cause, elle semblait avoir une grande sœur. L'idée que sa relation avait sa sœur fut mauvaise ne traversa pas l'esprit de Solal une seule fois, lui qui imaginait les fratries comme un rassemblement de personnalités différentes qui faisaient, ensemble, preuve de solidarité et qui dissimulaient les bêtises des uns et des autres aux yeux de leurs parents.

« Ben moi aussi, j'aimerais bien être à Serdaigle ! Mais ma maman m'a dit qu'il y avait de bonnes personnes partout, alors au fond j'pense que tant que j'ai des amis et des bonnes notes, j'm'en fiche un peu. » déclara-t-il en haussant les épaules, alors que sous la table ses jambes s'étaient mise à se balancer comme elles le faisaient tout le temps quand le garçon restait assis un moment. S'il avait hérité de quelque chose de sa mère, c'était bien de son ouverture d'esprit et de sa tolérance. Il était un peu plus tranchant qu'elle dans ses idées et dans ce qu'il aimait ou n'aimait pas, mais même s'il rencontrait quelqu'un qui était très différent de lui et qu'il trouvait étrange ou désagréable, il lui laisserait toujours l'occasion de faire ses preuves. Alors il se fichait bien de tomber dans une maison qu'il appréciait un peu moins que les autres, tant qu'il finissait par se faire des amis et qu'il passait une bonne année. Puis, son père lui avait dit que le Choixpeau Magique ne se trompait jamais. Bonne nouvelle, Solal détestait les erreurs.

« J'sais pas s'ils bougent vite, mais Oskar m'a dit que parfois les gens poussent leurs amis dans les escaliers quand ils bougent, comme ça ils arrivent en retard et ça leur fait des ennuis. Brillant, si tu veux mon avis. » il hochait la tête tout en parlant, un sourire sur les lèvres alors qu'il s'imaginait faire cette farce à des camarades. Il avançait ses mains vers le chaudron, en entoura la taille de ses doigts avant d'avaler goulûment une gorgée. Suite à cette gorgée, Solal eut deux remarques à faire qu'il garda pourtant pour lui : primo, il avait déjà goûté au Chaudron il y a quelques années mais depuis ce jour il s'était contenté de jus, de soda ou de chocolat chaud, les moins chers —la conséquence d'être né dans une grande famille—, il avait donc sauté sur l'occasion. Deuzio, sa voisine se serait sans doute effondrée suite à son geste : il venait de boire dans un récipient qui n'était pas le sien. Sa voisine hypocondriaque et maniaque avait failli faire un arrêt cardiaque le jour où Solal avait bu dans sa tasse de café pour goûter —il avait grimacé et n'avait, depuis, plus jamais tenté de boire du café. Mais Solal se fichait bien des germes, ce qu'il ne voyait pas n'existait pas à ses yeux, mais ce qu'il voyait —la boisson— existait bel et bien et valait toutes ces bêtises de maladies qu'inventaient les hypocondriaques et autres maniaques de la propreté.

« Mh, c'est trop bon ! J'espère que tu viendras m'encourager, ouais, parce que j'vais tout gagner. T'as été voir la finale Ecossse-France, en fait ? C'était f-o-u ! C'est la première fois que j'allais voir une Coupe du Monde, avant j'étais trop petit, il marqua une pause, les sourcils froncés, oh ! J'ai oublié de te répondre. Je suis pas venu tout seul, il y a toute ma famille mais j'en ai eu marre et ils discutaient avec quelqu'un alors je suis venu ici. Et toi ? T'es venue avec ta sœur et tes parents ? » Le chaudron l'avait distrait un moment mais ses jambes reprirent leur mouvement frénétique alors qu'il regardait tout autour de lui, curieux.

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

 Solal  Fichu chapoin peautu

"T'es doué à l'école aussi, alors ! Super ! Y'a un cours où t'étais super fort en primaire ? Moi, j'aimais bien la biologie des moldus et les sorties pour recopier les écorces des arbres, tout ça ! Mais c'est vraiment bête que les arbres parlent pas. T'imagines un chêne super vieux qui raconte tout ce qu'il a vu ?" s'exclama la fillette en applaudissant doucement d'enthousiasme.

Quoi qu'il en soit, elle aurait voulu rejoindre l'avis de Solal, parce qu'elle était bien d'accord qu'une maison ou une autre, ça changeait pas grand-chose pour elle - sauf évidemment si ça signifiait être dans la même Maison que son nouveau futur camarade. A l'école primaire, une classe ou une autre, elle était "la grosse tête" bizarre et puis c'est tout.
Aussi elle profitait pleinement de cette rencontre entre deux bavards sorciers donc bizarres. Ceci dit, ce fut à son tour de tiquer lorsqu'elle entendit Solal qualifier de "brillant" le faire pousser quelqu'un dans ces escaliers super hauts qui bougent. Elle pria fort pour que cette blague ne lui arrive jamais, elle avait trop peur de paniquer et de passer par-dessus bord pour une chute dans le vide.

Enfin, le Quidditch passionnait visiblement le jeune garçon, et Líle fut un peu déçue de ne pas avoir assisté à ce match. Elle secoua la tête. Par contre, elle savait qui y avait été et n'avait pas arrêté à ce sujet avec leurs parents en voiture pendant le voyage jusqu'au Chemin de Traverse :

"Ah ben, si c'est toi, sûr que je viendrais t'encourager ! Mais pour la coupe du monde, non, j'y suis pas allée, mais ma grande sœur, Orla - on est que deux filles - elle adore le Quidditch, elle veut même être dans l'équipe de Gryffondor et elle m'a raconté le match. Elle était pour l’Écosse, vu que c'est un peu nos cousins à nous. Comme on est Irlandais. T'as une idée de quel poste tu préfères dans l'équipe ?"

Elle reprit son Chaudron et y but à son tour une gorgée en savourant le goût, l'odeur et la texture. Fallait vraiment qu'elle demande la recette et comment on fait !
Contrairement à Solal qui balançait ses jambes sous la table, la fillette restait très calme en apparence. Les doigts autour de son chaudron, penchée vers Solal, l'attention rivée sur lui.

"Oui, répondit-elle enfin à sa dernière question. J'suis venue avec mes parents, mais ils sont repartis. Je me débrouille toute seule, j'suis une grande fille."

A cette déclaration, Líle se redressa sur sa chaise et bomba fièrement le torse, bien droite comme un i. Elle avait eu horreur de Poudlard et de l'idée d'y aller, mais ça n'avait pas été une raison pour ne pas s'y préparer comme il faut. Elle avait tout pour le train, et le reste. D'autant plus que ce n'était pas comme si elle avait le choix, hein ? Líle avait horreur de se laisser surprendre. Et elle était bien trop indépendante pour ça et bien trop fière de son autonomie.

Comme preuve, elle tira sa baguette neuve de sa manche et la montra à Solal avec un sourire amusé.

Et puis, si elle avait dit son avis à ses parents, ils lui auraient dit de pas faire de caprices et de prendre exemple sur sa sœur. Bleuah ! Plutôt avaler une araignée que de leur donner l'occasion d'encore lui répéter combien Orla elle sentait la rose même quand elle pétait !

"Mais ma sœur doit pas être loin, parce qu'elle a une copine qu'elle retrouve toujours dans le coin pour faire du shopping avant la rentrée. Mais tu m'as pas dit, c'est quoi toi, le cours que tu trouves le plus chouette ? Tu as combien de frères ? Tu as des sœurs ? Ils sont gentils ?"

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

La jeune fille était très expressive, autant dans ses gestes qu'au niveau de son visage. C'était agréable pour Solal, qui avait l'habitude d'être celui qui parlait le plus, qui bougeait le plus. Même Blaze, la boule de nerfs, étaient souvent plus calme que le garçon. Tout du moins, leurs énergies étaient toutes deux bien différentes l'une de l'autre. Si Blaze était une bombe, Solal était un ressort sur lequel on sautait sans arrêt.

« La primaire ? Non, j'sais pas, j'y ai pas été. J'sais que ça dépend des familles, mais chez moi ce sont mes parents, et surtout ma mère, qui nous apprennent des trucs, il haussa les épaules, une mauvaise manie qu'il avait, ben, qu'est-c'que t'en sais qu'ils parlent pas ? Peut-être qu'ils ont une autre façon de parler que la nôtre et qu'ils font les commères entre eux, ils s'racontent les derniers potins du quartier comme ma mère fait avec les voisines moldus. » l'image lui fit sourire, il avait toujours eu la conviction que même si on ne les entendait pas, des êtres pouvaient communiquer mais qu'on l'ignorait simplement. C'était du moins ce qu'il voulait croire et il balayait les théories qui disaient le contraire d'un revers de la main dans son esprit à chaque fois qu'on essayait de le convaincre du contraire. Solal était un garçon têtu et quand il ne voulait pas changer d'avis, il fallait sortir tout une panoplie d'argument irréfutable pour qu'il veuille bien prendre la peine de se pencher sur le dossier. Là, ce n'était pas le cas. 

« Moi aussi j'veux être dans l'équipe de ma maison ! J'étais pour l'Ecosse aussi, après tout Poudlard c'est en Ecosse, c'est comme notre deuxième maison maintenant. Enfin à partir de la rentrée, quoi. Moi j'voudrais être poursuiveur ou attrapeur, j'sais pas trop. Poursuiveur c'est super cool parce que t'es le premier à attraper le Souafle, t'es le héros de ton équipe si tu réussis l'action. Mais attrapeur, au contraire, tu finis le match et si en plus t'attrapes le Vif d'Or et que ton équipe gagne grâce à ça. T'es encore plus le héros. » Le voilà qui parlait trop, encore une fois mais il avait du mal à contrôler son flot de paroles lorsqu'il s'agissait du Quidditch. Il apprit ensuite qu'elle était venue avec ses parents mais qu'ils étaient repartis. L'information surpris Solal, quel genre de parents pouvaient partir et laisser leur fille totalement seule ici ? Il y avait des gens dangereux, après tout tous les sorciers se retrouvaient ici. Mais il ne dit rien à propos de ça, ce n'était pas ses affaires et il n'était personne pour conseiller aux parents d'éduquer leurs enfants d'une façon ou d'une autre.

Líle lui rappela qu'il avait oublié de répondre à quelques questions, finalement il s'était laissé noyé par le flot de questions qu'ils échangeaient et son cerveau avait court-circuité. Aussi, il s'immobilisa un instant, le regard perdu sur la couverture d'un de ses livres pour réussir à faire une liste mentale des questions qu'elle lui avait posé et des réponses qu'il lui offrirait.
« Ah oui, les cours ! Ben, de ce que j'ai lu et appris de mes parents, j'aime tout mais je dirais la métamorphose, le vol et l'astronomie. Mais l'Histoire j'crois que je vais pas trop aimer, c'est cool de lire des trucs à ce sujet mais je retiens rien, il haussa à nouveau les épaules, un de mes frères m'a dit que ça dépendait du professeur, t'façon. J'ai quatre frères, d'ailleurs. Deux grands, qui sont à Poudlard aussi, et deux petits. » il adressa un nouveau grand sourire à sa camarade. Il n'avait pas autant parlé depuis longtemps, ou du moins il n'avait pas trouvé d'interlocuteur qui parlait autant que lui depuis longtemps.

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 Solal  Fichu chapoin peautu

Ces deux-là sont vraiment nés pour s'entendre !
La petite fille pencha la tête de côté, surprise d'apprendre que Solal avait été à l'école à la maison. Elle ne savait pas que ça se faisait, mais elle était contente d'avoir plutôt été à l'école. Qui sait quel vide intersidéral aurait vidé sa tête si elle était restée à la maison !
Car Líle eut un petit rire de flûte de solfège en imaginant les arbres papoter entre eux et se raconter les dernières rumeurs !
"Ce serait génial si on pouvait comprendre ce qu'ils disent et parler avec eux !" renchérit-elle rêveusement.
Oh oh... Elle lève l'index... Solal est foutu.
"Ça me rappelle la légende du Combat des Arbres ! C'est un viiiiiiiiiiieux poème gallois de Taliesin ! Ça parle des runes ogham qu'on utilise en magie et la personnalité des arbres. Tiens, moi, ma baguette, c'est du châtaignier, alors... - froncement des sourcils - ça marche pas, il fait pas partie des arbres celtes. C'est quoi ta baguette à toi ?"

Heureusement que le châtaignier ne fait pas partie du casting du Câd Goddeu, ça a sauvé Solal d'un discours qu'il aurait peut-être trouvé soporifique.

Elle l'écouta expliquer avec passion des rôles qu'il espérait tenir dans l'équipe et, le moins que l'on puisse dire, c'est que le mépris de Líle pour le Quidditch n'avait d'égal que l'ambition de Solal dans ce sport sorcier ! En l'écoutant, elle comprenait mieux pourquoi : tous ceux qui y jouaient voulaient être des héros ? C'était le tournoi moderne où s'affrontaient les chevaliers sur balais par équipe ?

"C'est au moins aussi dangereux qu'un tournoi... ça explique tout..." réfléchit-elle tout haut, le visage contre ses poings en fixant Solal comme s'il venait de lui expliquer une question impénétrable de l'univers. Quand même, elle avait du mal à comprendre. Tomber de cheval, encore, mais de plusieurs mètres sur un balai ?

"Mais t'as pas peur de tomber ?" l'interrogea-t-elle en fronçant les sourcils d'un air inquiet. Parce que c'est quand même vachement haut et vous allez super vite. Et le cognard c'est vraiment une sale méchante balle !"

Elle se redressa comme un piquet sur sa chaise en entendant Solal déclarer qu'il avait une préférence pour le cours de vol ! Bien sûr, c'était logique pour un futur joueur de Quidditch, mais rah ! Elle allait sûrement se ridiculiser en cours ! Et s'il ne lui parlait plus après pour pas qu'on se moque de lui ?
Du coup, elle leva l'index en proposant :

"Si t'as du mal en Histoire, tu pourras me demander ! C'est vrai que ça dépend des profs. Ça donne juste envie de dormir après midi quand ils ont l'air de juste réciter leur texte, mais suffit qu'on en rigole un peu et ça rentre tout seul ! Je connais des tas d'histoires rigolotes sur le Moyen-Âge qui pourraient t'aider !"

Líle répondit au sourire de Solal par le sien. Bien plus naturel qu'au début, même s'il n'était pas aussi large et parlant que le jeune garçon tout solaire. Chez Líle, c'était surtout ses yeux qui souriaient le plus. Tout ronds, tout gris, presque argent comme une pleine lune maintenant. Elle aussi semblait aux anges d'avoir trouvé quelqu'un à qui parler autant et si longtemps.
Et mine de rien, elle était maintenant curieuse de rencontrer les frères de Solal. A l'entendre, ils devaient bien s'entendre, ou au moins parler souvent entre eux. Líle l'enviait un peu.

Elle reprit une gorgée de son Chaudron et le poussa vers Solal pour partager s'il en voulait encore. Puis, elle se balança un peu en arrière sur sa chaise, les yeux au plafond.

"L'astronomie, je sais pas. Les étoiles sont tellement loin que ça fait beaucoup de chiffres. Et j'aime bien les sciences, mais avec les étoiles, ça me fait bizarre. Je préfère les histoires autour. Les légendes. Par contre la métamorphose, ouais, ça a l'air sympa. J'aimerais bien faire comme Merlin et les grandes déesses irlandaises, parce que c'est vraiment cool ! J'aimerais bien me métamorphoser en tortue. Et toi ?"

Tiens, tout à coup, on est moins réfractaire à la magie.

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

Líle était visiblement une jeune fille plein de culture, elle avait souvent recours à des références que Solal ne comprenait absolument pas. Si la conversation était toute autre, il aurait sûrement demandé plus de détails mais il était empli d'euphorie qui lui brouillait les pensées et qui l'empêchaient de réfléchir correctement. Pendant une seconde il se voyait sur un balai, en plein match de Quidditch, puis il imaginait des arbres qui se parlaient entre eux, la seconde d'après il se projetait sur les bancs de Poudlard, habillé de sa robe de sorcier qui se trouvait actuellement sous le bras de sa mère dans une autre boutique. Le garçon avait un cerveau hyperactif, qui ne s'arrêtait jamais et parfois le flot de pensées lui donnait mal à la tête. Il n'était pas de ces gens qui pouvaient rester assis à regarder un mur en attendant que le temps passe. Il était sans arrêt poussé par ce flot de pensées, comme passager d'une barque prise dans un torrent furieux. Là encore, il lui fallut un instant pour réorganiser ses pensées —et beaucoup d'efforts, Amory, son frère aîné, avait été celui qui lui avait appris à se calmer, ce qui n'était pas toujours facile. Seulement, le contexte d'une première rencontre l'aida à se reconcentrer même si la jeune fille et son flot de paroles ne l'aidaient absolument pas. Il sortit sa baguette de sa manche et la dévoila à la jeune fille. Elle était plus longue que la moyenne, 31,7 centimètres pour être exact, mais Solal n'avait aucune idée de l'incidence de la longueur. Le bois noir et son design sobre lui donnait un air élégant dont le garçon n'était pas peu fier.
« Bois de cerisier et crin de licorne, un nouveau sourire étira ses lèvres, il laissa à la jeune fille le loisir de l'observer avant de la ranger à nouveau dans sa manche, bah, des trucs dangereux y en a tout le temps et partout. Les moldus ont bien des voitures, eux, c'est tout aussi dangereux. Et y a plein de sports moldus qui le sont aussi, d'après mon père. C'est un truc d'humain, d'aimer le danger, à c'qui parait.  » Être face au danger ne choquait en rien le garçon, certainement parce qu'il pensait que ça n'arrivait qu'aux autres. Il attrapa le chaudron que Líle venait de lui proposer silencieusement pour en boire une nouvelle gorgée —Solal était un opportuniste, il ne ratait jamais aucune occasion.
« Mon frère m'a dit que dans les devoirs faut pas trop rigoler, faut être.., il marqua une pause, cherchant le mot exact qu'Oskar avait employé, rigoureux. » 

Il attrapa ensuite son jus qu'il avait délaissé pour le Chaudron. C'était moins bon, certes, mais le jus de citrouille avait une saveur particulière que le garçon aimait beaucoup. Elle lui rappelait les soirées d'automne et d'hiver au coin du feu.

« T'aimes beaucoup les légendes et tout, toi. Moi j'veux me métamorphoser en oiseau ! », il battit des bras comme un oiseau qui volait. Il avait toujours rêvé de voler, peut-être que c'est ce qui faisait sa passion pour les volatiles. Mais il les trouvait aussi incroyablement beaux et majestueux, et ce qu'il préférait, c'était se balader en forêt, lever les yeux et chercher d'où provenaient les piaillements qu'il entendait par dizaine dans les hauteurs arboricoles. 

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 Solal  Fichu chapoin peautu

"Crin de licorne ! La chance ! Moi c'est ventricule de dragon..."

Líle observa effectivement la baguette de Solal avec attention. C'est vrai qu'elle était grande ! Celle de Líle mesurait dix bons centimètres de moins et son bois était clair !

"Elle est jolie !"

La seconde suivante, elle médita les paroles de son nouveau camarade. C'était bien vrai que y'avait du danger un peu partout. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de craindre les hauteurs et les chutes fatales bien plus que tout !

Puis, elle étira un grand sourire concernant les devoirs, mais n'ajouta rien. Sans doute préférait-elle garder quelques surprises pour plus tard. Elle imaginait la tête que ferait Solal à la vue de certains de ses devoirs de primaire ! Ils étaient devenus sa seule façon de forcer les professeurs à l'écouter, alors elle ne s'était jamais privé de répondre correctement ET de discuter du cours ou du devoir.
Jusqu'ici, ça ne lui avait jamais causé de problèmes. Sauf avec les profs qui avaient l'humour d'une pierre. Parce qu'en corrigeant, on disait à Líle qu'elle était drôle. Heureusement qu'elle avait de bonnes notes pour se le permettre. Ça passerait sans doute pas si elle n'avait pas de bons résultats.

La fillette reprit une gorgée de Chaudron à son tour et, quand Solal lui dit qu'il voulait se métamorphoser en oiseau, elle eut un nouveau petit rire de flûte tandis qu'il imitait le battement des ailes des oiseaux.

"C'est tout le contraire de moi ! C'est pas que j'aime pas les oiseaux, mais j'ai trop le vertige !"

Voilà, valait peut-être mieux qu'elle le prévienne, comme ça. Elle lui sourit encore, amusée de la découverte. C'était marrant de voir qu'ils discutaient si bien, mais qu'ils étaient totalement opposés question danger et altitude.

"Je t'ai déjà parlé du chaudron de Dagda ? Non ? T'es sûre ? Eh bien, voilà, un jour, y'a très longtemps..."

 Solal  Fichu chapoin peautu

Solal tiqua à la mention du vertige. Il n'allait pas se moquer d'elle, bien entendu, ni même la prendre en pitié mais il s'imagina victime du  vertige et l'image lui fit plisser le nez. Comment survivre quand on a le vertige et qu'on est sorcier ? Ça paraissait difficile, comment se déplacerait-elle ? Il lui restait encore le transplanage, certes, mais c'était sans compter la possible maladie qui accompagnait le transport et puis elle n'avait pas encore l'âge d'en faire l'utilisation. Le transplanage était réglementé et surtout, il fallait être majeur pour pouvoir prétendre à l'obtention d'un permis. Somme-toute, Solal était content pour Líle que la rentrée se fasse en train et non en balai, elle aurait eu des problèmes.

« J'espère que tu vas réussir à soigner ça, parce que les cours de vol risquent d'être pas très drôles pour toi. Mais pour moi si, si j'te vois paniquée sur ton balai. » lâcha-t-il d'un ton espiègle, sans réfléchir aux possibles conséquences de sa blague avant de tirer la langue à la rouquine. Solal avait toujours été brutalement honnête, il s'abstenait de dire tout ce qu'il pensait mais il n'avait pas de filtre et disait les choses presque exactement comme il les pensait. Son honnêteté lui avait valu quelques ennuis, surtout lorsqu'il se montrait dégoûté devant la grosse verrue qui séjournait au sommet du nez d'une vieille voisine. Lui apprendre la bienséance et le savoir vivre avait été compliqué, mais le garçon se targuait à présent d'être quelqu'un de socialement correct. Et si les autres se vexaient, eh bien c'est qu'ils étaient trop susceptibles, voilà tout.

Son oreille fut alerté par un éclat de voix qu'il ne connaissait très bien. Blaze Rosenberg, la calamité, le petit monstre de la famille piquait une crise à l'entrée du Chaudron Baveur. Le garçon de dix ans, d'un an le cadet de Solal, était un colérique. Amory, l'aîné de la fratrie, disait toujours qu'il était comme un poulet cracheur de feu —ces poulets issus de l'élevage expérimental et qui n'avaient rien de légal— ; malgré son apparence frêle, dès qu'il ouvrait la bouche c'était pour cracher et vociférer, râler et bougonner. Tenait la main de Blaze la fière et élégante matriarche Rosenberg. Ses longs doigts ne voulaient pas lâcher la main du garçon qui semblait exténué et ne voulait qu'une chose : rentrer. Mais l'heure était l'heure, et au regard perçant de Violet qui semblait chercher son fils dans la foule de sorciers, Solal comprit qu'il était temps qu'il se lève et qu'ils rentrent à la maison. Avec un soupir —Solal adorait Blaze autant que ce dernier le fatiguait, il agissait comme un enfant de cinq ans par moment—, le brun se leva et adressa un regard plein de regrets à sa nouvelle acolyte.

« Désolé, y a ma famille. J'dois y aller. On se revoit à Poudlard, alors ? P'têt dans la même maison, qui sait. Tu m'en apprendras plus sur les légendes et tout ça. » déclara-t-il, un grand sourire sur ses lèvres alors qu'il tendit la paume de sa main pour qu'elle lui tape dedans, comme il avait l'habitude de faire avec ses frères.

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