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 RPG+  Il suffit d'ouvrir le battant  PV O. Hayden 

La dernière édition avait été difficile à boucler dans les temps et à distribuer correctement à travers le pays. Chioné avait subit un important coup de pression alors que les dates butoirs qu’elle s’était fixé s’étaient dangereusement rapprochées. La Gazette du Sorcier avait tout de même été finalisée et c’était le moment pour la Rédactrice-en-Chef de souffler un peu, de prendre du répit avant d’attaquer la suivante.


Il était temps de quitter un peu les bureaux du journal et de sortir dans le Chemin de Traverse. La sorcière ne s’était encore jamais véritablement posée au Chaudron Baveur, pourtant carrefour pour la plupart des personnes voulant passer un peu de temps dans les boutiques londoniennes. Elle avait pour coutume de transplaner directement sur son lieu de travail. Pour une fois, elle allait prendre une pause et s’arrêter dans cet endroit, et même le découvrir. L’adulte était arrivée récemment en Angleterre et n’était pas de ceux qui avaient fréquenté ce lieu depuis leur enfance, ce serait une première pour elle, la journaliste espérait ne pas être déçue.


Avant de quitter son domicile, la magicienne Ajax avait pensé à prendre un petit livre, une pièce de Corneille qu’elle avait découvert à son adolescence et qui la transporterait certainement avec force comme lors de ses premières lectures de l’ouvrage. Elle avait conscience que c’était plutôt une habitude que les français avaient que de lire dans des cafés mais Chioné se dit qu’elle pouvait se le permettre, elle n’allait tout de même pas lire de journal ! Elle l’avait bien assez vu.


Lorsqu’elle poussa le battant de la porte, la sorcière eut un petit moment d’hésitation, durant lequel elle s’attarda pour lancer un regard périphérique et apprécier l’ambiance qui se dégageait de la place. En arrivant, Chioné avait trouvé une table plutôt bien éclairée, en retrait et donc à l’écart de la clameur que produisait la foule, préférant le silence. Elle avait commandé un café, qui arriva remarquablement vite. Curieuse de la qualité du cette boisson ici, la journaliste porta la tasse à ses lèvres et prit une petite gorgée afin d’en apprécier les saveurs. Légèrement corsé, elle le trouva plutôt goûtu. Cependant il était encore très chaud, voire brûlant et la sorcière le laissa reposer. Pour patienter, elle sortit son livre et commença sa lecture. Se plonger dans cette histoire était toujours aussi prenant et excitant. La jeune femme était particulièrement sensible à la poésie des mots du dramaturge, qu’elle lisait en français. Grâce à sa formation au sein de l’école de sorcellerie française Beauxbâtons, elle maîtrisait bien la langue de Molière.


De temps en temps, entre les scènes, l’adulte sirotait tranquillement sa boisson chaude, qui prenait une température plus agréable au palais. Les yeux verts de la rédactrice volaient rapidement sur les pages, leur propriétaire se laissait plonger au sein d’un récit d’une autre époque et se tenant dans une contrée lointaine. Concentrée sur les mots, la magicienne Ajax était isolée de l’extérieur, prise toute entière par l’histoire.