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Charlie Rengan  3ème Année 

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Charlie Rengan  3ème Année 

Ailleurs est Là

Deux Orbes Noir Charbon te Percent. Ne les Regarde pas, Résiste à la Tentation. Préserve ton Âme de la Noirceur.

L'Invisible sera Visible par la Pression du Visible.

Charlie Rengan  3ème Année 

- Début -


Lucy Lowsen, 1m94.
Gryffondor, 7ème Année

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Nuit du 24 au 25 Décembre 2042

Comme l'Heure, de l'Humidité des Pensées

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[22:00]



Le genou de la fille au regard de glace toucha le sol avec douceur, de cette manière elle faisait presque la même taille que Charlie. *’est bizarre*. La gryffone tentait de comprendre les subtilités du regard qui la narguait, sans en saisir les contours ; elle attaquait la base, les fondations, la profondeur. Sans succès. Sans indice ; elle ne connaissait rien de cette septième année.

Et si on dansait ensemble ? demanda la grande fille d’une voix douce, murmurée ; très différente de ses tonalités habituellement graves.

L’atmosphère se contracta.

{இ}ڿڰۣ-ڰۣ~—

Contracter, mes poings, de plus en plus.
Je les serrais tellement fort que mes doigts fusionnaient avec ma paume en deux énormes boules ; que j’avais envie d’écraser sur cette gueule carrée. Son regard trop clair ne se détournait pas du mien, elle était comme tous les Autres-adultes, pensant que j’allais avoir peur de son regard insistant, trop pesant.
Je la voyais tellement lourde, cette grande masse de peau ; elle me paraissait encombrée d’elle-même, comme si son propre poids était un fardeau. À genoux, pliée en deux face à moi, tordue dans son corps ; et moi, débout de toute ma longueur, tendue, deux masses au bout des bras, prête à me jeter sur elle pour lui alléger son poids. Faire voler deux-trois dents, pour qu'elle perdre quelques grammes, ce serait un bon début. *’lle’m’a vu*. Mes deux masses prirent un peu plus d’ampleur.

Danser ensemble…

Mes lèvres hachaient mes mots, et je ressentais l’ardence de mon souffle chaud. Ma voix était faible, mais ma haine d’avoir été vue prenait des hauteurs formidables. *Formidable…*. J’étais jetée une année en arrière, et je revoyais un regard bleu — peut-être aussi bleu que cette grande-masse — ma haine était toujours aussi forte, je n’avais rien perdu, malgré le temps. Ça ne guérissait pas, je ne guérissais pas. *A… A…*. La salive dans ma bouche s’accumulait, alors j’avalais ce surplus, en penchant légèrement la tête sur la gauche. Le regard-bleu n’avait toujours pas quitté le mien, mais je ne cherchais plus à savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. Je m’en foutais, maintenant.
Une longue expiration traversa mes lèvres, alors que j’essayais de me concentrer sur le visage de Solwen, tentant de superposer son beau visage à cette tronche carrée. *'fait chier...*. Sans succès. J’étais paralysée de pensées, face à la Tour de Noir. Elle était là, en moi, et elle me souriait de son regard, appelé par ma Haine ; je pouvais presque ressentir la saccade de mon souffle après la course que j’avais faite. Elle me souriait, la Tour, ouais, pourtant, j’avais envie de pleurer. Je ravalais ma salive, encore une fois.

Ouais, ça t’dit ?

Je clignais des yeux pour m’arracher à la Tour, et me rendre compte de mon regard sur les lèvres de la grande-masse. Ma tête se redressa aussitôt, je m’étais laissée aller. J’avais horriblement mal aux doigts, et la douleur m’avalait les avant-bras, comme du feu, comme dans la cheminée. Mes yeux étaient tournés vers les flammes, là-bas, au fond de la pièce ; depuis un temps inconnu. Elles étaient froides, pour moi, ces grandes flammes ; j’étais tellement plus brûlante qu’elles. Ça en devenait presque insultant.
Je sentis mes lèvres commencer à trembler, la Tour attaquait à nouveau, je la sentais. *Arrête Aelle…*. Mon cœur frappa durement, une fois. Mon esprit avait osé prononcer mon interdit, profaner ma promesse, mais je m’en foutais. *Arrête !*. Je voulais d’elle, aussi fort qu’elle me repoussait dans sa proximité. « Charlie ? ». Une voix, et les flammes. Mes deux masses fondaient, je relâchais mes doigts brusquement. L’intérieur de mes orbites grinçait pendant que je faisais crisser mon regard vers la voix, et son regard-bleu.
L’envie de m’enfuir était si forte. L’envie de me réfugier dans mes pensées était si vive. L’envie de caresser cette Tour était si dure. *’casse*. J’essayais de me concentrer sur le regard-bleu, pour fuir ma fuite. Une longue inspiration gonfla mes poumons, et je vis, dans l’expression de cette grande fille, un étalement d'informations sur moi ; alors que je ne savais rien d’elle. Je me concentrais sur cette colère-ci, celle d’être découverte face à cette Autre. Ça m’arrivait souvent dans le château, je devais m’intéresser un peu plus aux Autres pour reprendre mon avantage. *Qu’est-c’tu fous là ?*. Ma conscience reprenait ses repères sur la situation, il était tellement tard ; et le château était vide. Les élèves étaient rentrés dans leurs familles, et ceux qui étaient restés dormaient pour la cérémonie matinale. Cette fi…

J’ai aimé tes mouv’ments de t’à l’heure.

Alors que sa bouche s’articulait, son regard restait le même, inchangé. Avec très peu d’informations, c’était comme regarder du vide ; mais je savais qu’elle le faisait exprès, et que son regard n’était pas vide. Je le ressentais.

*Pourquoi ?*. Je me sentais arrachée, entre la Tour et l’Ici. Ma poitrine était brûlante, c’était la présence de la Jaune ; j’en étais certaine. Je voulais me l’autoriser, ce soir, même si ça faisait foutrement mal, au fond, je…
Je...
*Au fond…*. L’engrenage de ma conscience s’était bloqué, et je me sentais disparaître de l’Ici. Je devais partir, je devais découvrir ce Fond ! Bon Dieu ! Je le voulais tellement !

Ma jambe droite se leva, et je replongeais mon regard une dernière fois sur la grande-fille-trop-lourde. « J’suis… ». Non ! C’était un murmure, il fallait que je parle plus fort !

En retard !

Mes yeux s’étaient plissés sous la force de ma bouche, je reculais de quelques pas ; le regard bleu allait disparaître de mon champ de vision, j’allais me retrouver avec…
Avec ?
Et la grande-fille se redressa sur ses pieds, le regard changé.

Mes jambes se plantèrent dans le tapis trop dur, ma tête se pencha en arrière, torturant ma nuque, pour ne pas quitter le regard-bleu. J’avais oublié à quel point la fille-masse était gigantesque. *Que…*. Les flammes n’étaient plus dans la cheminée, elles avaient transplané dans le regard bleu. Bleu ! Non, il n’avait pas de couleur, ce regard, il s’envolait dans les cieux de feu, me paralysant le corps. Je ne pouvais plus bouger. Et l’ampleur de ses gestes était dévastatrice. *Je...*. Je voyais ses bras s’écarter, et un monde s’ouvrir entre ses phalanges. Je me sentais si petite que mes poumons se compressaient. Tout était si silencieux, mais j’étais foutrement lourde. Elle m’imposait sa masse à la gueule ! Je m’enfonçais dans le sol.

En retard ?

Sa bouche faisait des mouvements énormes. Et ses bras étaient tellement écartés, tellement grands qu’ils formaient un horizon de poids, si lourd.

En retard pour quoi ?

Elle se rapprochait ! ELLE SE RAPPROCHAIT !

On a tout notre temps, ici.

Et je sentis une main glacée, à l’intérieur de mon crâne.

OoO