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Les germes des tourments

RPG PRIVÉ

Une nouvelle année commençait, et Octavia ne s'en sentait ni chamboulée, ni triste, ni heureuse. Cela l'indifférait au plus haut point ; passer de décembre à janvier, c'était passer d'un mois à l'autre, comme on passait de mars à avril ou de mai à juin. Quelle différence, sinon que certains aimaient crier sur tous les toits que « ça y est, on est en 2042, c'est un nouveau départ » ? Mais non, une nouvelle année n'était pas un nouveau départ ; c'était la continuité de l'année précédente. Ce système d'années, de mois, de jours, n'avait pour Octavia qu'un intérêt purement utilitaire ; cela lui servait à se repérer dans le temps, à dater les choses, pas à se sentir bêtement satisfaite d'entrer dans un nouveau cycle composé de douze mois.

Octavia repensait aux vacances de Noël, qui s'étaient terminées il y avait quelques jours. Elle avait déserté Poudlard deux fois ; elle était d'abord partie rendre une visite à Sainte-Mangouste, puis elle était ensuite allée en Floride en compagnie du professeur de Défense contre les Forces du Mal – et elles avaient toutes les deux appris des choses à propos leur propre généalogie. D'ailleurs, cette virée en Floride avait été son premier transplanage transcontinental, qui s'était heureusement bien passé, grâce à la maîtrise de sa collègue, qui avait déjà visité les lieux plusieurs fois auparavant. Aucun des ces deux voyages n'avait été une partie de plaisir, mais Octavia avait eu l'impression d'en être ressortie grandie. Elle repensa également au bal, brièvement, puis elle soupira.

Les cours étaient terminés, et les élèves vaquaient à leurs occupations. Certains étaient rentrés dans leur salle commune pour faire leurs devoirs ou se détendre, et d'autres vagabondaient dans Poudlard, se promenant ci et là ou discutant avec leurs camarades. En sortant du château et en arrivant dans le Parc, Octavia sentit aussitôt une brise légère venir caresser son visage, et elle resserra son écharpe bleue foncée autour de son cou. Elle savait qu'à Poudlard, une règle implicite disait qu'il fallait mettre une écharpe aux couleurs de sa Maison, mais Octavia ne respecterait cette règle que lorsqu'elle se teindrait les cheveux en vert. Pour l'instant, elle les avait bleus, alors ses écharpes étaient bleues ou noires, car cela s'accordait mieux.

Octavia, lorsqu'elle fut arrivée à une dizaine de mètres de la cabane de Hagrid, s'arrêta et l'observa. Elle avait toujours trouvé la vue de cette chaumière isolée plaisante. On aurait dit qu'elle était coupée du vrai monde, comme réfugiée dans le domaine sécurisant de Poudlard – ce qui était plutôt paradoxal, puisque cette cabane se trouvait à quelques mètres de la Forêt Interdite. Elle était vieille mais tenait toujours plus ou moins debout, ce qui devait plus ou moins relever de l'exploit. Octavia resta ainsi, immobile, plongée dans ses pensées, avant qu'un mouvement à sa droite ne vienne interrompre son monologue intérieur. Elle tourna la tête et vit une élève qui portait le blason de Gryffondor. Son visage ne sembla pas familier à l'enseignante, qui en déduisit que cette élève n'avait pas gardé les Sortilèges dans son cursus scolaire. Octavia hocha simplement la tête en souriant, pour la saluer.

Elle se replongea ensuite dans sa contemplation silencieuse, plongeant ses mains dans sa robe de sorcière noire. Après quelques instants, une voix s'éleva dans les airs.
Dernière modification par Octavia Peters le 18 janvier 2017, 18 h 28, modifié 1 fois.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Les germes des tourments

Aujourd'hui, Nora n'avait pas du tout le moral. Elle vivait, comme tout le monde, des jours avec et des jours sans. Mais il était malgré tout assez rare pour elle de se trouver aussi triste et abattue qu'elle l'était aujourd'hui. Le temps froid et gris de l'hiver n'aidait en rien, tableau déprimant qui durerait jusqu'au mois d'avril. La seule chose qui aurait pu améliorer l'humeur de la jeune file fut de se prendre un cognard en pleine tête. Ainsi, son cerveau arrêterait de la torturer.

Cela faisait quatre mois que Nora avait découvert la vérité au sujet de ses parents. Elle avait fait comme si de rien n'était et avait tout enfermé dans une petite boîte au fond de son esprit. Mais, tout comme Pandore et sa curiosité malsaine, la Starks avait malencontreusement rouvert cette boîte maudite. Elle s'était ainsi rendu compte que faire l'autruche n'arrangeait rien et n'aidait pas à aller de l'avant. Oublier était une solution provisoire, pas permanente. Depuis, elle avait eu l'impression de tout se prendre en pleine face et de ne pas savoir comment gérer ça. Pour la première fois, elle avait réellement pleuré. Elle avait été en colère. Elle avait accepté la situation, d'une certaine manière. Mais ne savait pas que faire de plus pour laisser tout ceci derrière elle.

Les cours de la journée étaient terminés. Cela faisait presque bizarre de reprendre les cours, de voir à nouveau du monde à Poudlard, après ces vacances de Noël passées au château pour la première fois. Nora préférait quand tout était calme et quand les couloirs étaient vides. Ça avait un côté reposant qu'elle affectionnait beaucoup et dont elle ressentait le besoin. Le fond de l'air étant très frais, peu s'aventuraient dehors. Aussi s'armait-elle de son attirail hivernal pour lutter contre le froid. Un peu de marche lui ferait le plus grand bien. Elle se dirigea donc vers la limite du parc, près de la forêt interdite. Elle savait bien qu'elle n'avait pas le droit d'y aller, aussi ne pénétrerait-elle pas ce lieu sombre et glauque. Mais elle se poserait non loin et observerait, réfléchirait. Le vent froid lui donnait cette impression de petites morsures et fit rougir ses joues. Ses mains gantées frottèrent l'une contre l'autre afin de produire un peu de chaleur. Un petit nuage de buée s'échappait de sa bouche et de ses narines à chacune de ses respirations. Aucun doute, l'hiver était là. Et Miss Peters également, pour la plus grande surprise de la Gryffondor. Elle la regarda, étonnée, puis lui rendit son signe de tête.


« Bonjour Miss. Je ne me serais pas attendue à voir une autre personne braver le froid aujourd'hui. »

Nora n'osait bouger d'un centimètre. Devait-elle quitter les lieux et laisser la jeune professeur tranquille ? Ou devait-elle rester mais l'ignorer ? Elle attendit donc la réaction de l'intéressée et aviserait ensuite.

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Les germes des tourments

Il n'arrivait pas très souvent à Octavia de ne rien faire d'autre que penser, contrairement à certaines personnes qui aimaient interrompre toute activité pour se consacrer à de longues minutes d'introspection. Combien de temps les plus grands philosophes – Nietzsche, Kant, Aristote, pour citer les plus connus – étaient-ils restés immobiles, plongés dans leurs réflexions, à réfléchir sur le sens de tout et de rien ? Octavia, elle, était plutôt pragmatique, et elle ne se mettait à l'exploration de soi-même jamais vraiment volontairement. Cela arrivait lorsqu'elle marchait, lorsqu'elle était en proie aux insomnies, lorsqu'elle prenait sa douche. Ça venait sur le moment. En fait, elle doutait que beaucoup de gens se soient un jour vraiment dit « oh, tiens, aujourd'hui, je vais me mettre à philosopher ! »

Elle se demanda durant un instant si réfléchir à la réflexion, c'était de la réflexion à proprement parler. Probablement. La réflexion n'avait aucune limite ; il suffisait de s'ennuyer suffisamment pour parvenir à s'intéresser à n'importe quoi. L'enseignante retint un petit soupir, et lorsque l'élève de Gryffondor brisa le silence, elle cessa de fixer l'horizon pour se tourner vers la jeune fille. Octavia sourit légèrement – elle avait toujours eu le sourire facile. Qui connaissait bien Octavia savait interpréter ses pensées et émotions grâce à son sourire – qu'il soit sincère, hypocrite, gêné ou moqueur –, car son stock était varié. En fait, c'était une façon pour elle de communiquer, de transmettre ses ressentis. Le sourire qu'elle servit à l'élève de Gryffondor était un sourire de convention ; vous savez, ce sourire qu'on fait parce qu'on sait qu'on doit sourire, même si on n'en a pas spécialement envie. Pas sincère, mais pas vraiment hypocrite non plus.


« Si on est suffisamment chaudement habillé, on ne brave pas vraiment le froid, vous ne pensez pas ? répondit-elle d'un ton bienveillant. »

Elle reporta son regard sur la cabane de Hagrid, l'observa durant quelques centièmes de secondes, puis elle ajouta :

« Mais oui, vous avez raison. Il n'y a pas grand monde dehors. »

L'échange était particulièrement banal, mais l'enseignante n'en était pas dérangée. Elle aimait bien discuter avec les étudiants de Poudlard, qu'ils soient jeunes ou âgés, qu'ils suivent encore les cours de Sortilèges ou qu'ils les aient abandonnés, qu'ils soient à Serpentard, à Poufsouffle, à Gryffondor ou à Serdaigle. Elle estimait que c'était important, que c'était comme cela qu'on aidait les élèves à sentir chez eux. Car, enfin, comment des jeunes sorciers pouvaient se sentir bien à Poudlard si leurs professeurs n'étaient que sévérité et rigidité ?

Elle ne dit cependant rien de plus, car elle n'avait rien à ajouter.

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Les germes des tourments

Miss Peters semblait être une personne gentille. Nora n'avait pu faire cette constatation plus tôt, n'étudiant plus les Sortilèges depuis un an et demi et n'appartenant pas à la maison Serpentard. Elle lui répondit avec un sourire poli avant de retourner à ce qui semblait être la contemplation de la Cabane de Hagrid, ou bien de la forêt interdite – les deux lieux étant dans la même direction, assez proches l'un de l'autre. Rassurée grâce à la réaction de la professeur, Nora se détendit un peu. Il lui paraissait évident que si sa présence avait été gênante, on le lui aurait fait comprendre. A moins que Miss Peters soit trop bien élevée pour cela, l'apprentie sorcière ne lui aurait pas jeté la pierre.

Alors que le silence se réinstalla entre les deux sorcières, Nora retourna à ses pensées. Son père. Sa mère. Elle ne cessait d'y repenser. Comment une chose pareille avait pu arriver ? Comment son père n'avait-il pas deviné, ou bien n'avait-il rien fait pour empêcher ça ? Mais peut-être avait-il essayé, en vain. Après tout, Nora n'avait que quatre ans lorsque sa mère avait mystérieusement disparue. Elle n'avait pas grand souvenir de ces événements, ni même de la période de sa vie les précédant. En tant que jeune enfant, il est logique qu'elle ne fusse pas au courant de la réalité, et des dessous de cet affaire. Ainsi, son père avait sans doute essayé de raisonner Juliette, de lui faire comprendre la valeur de ce qu'elle allait perdre. Il avait sans doute tenter de la retrouver et de la faire changé d'avis. Puis avait abandonné, face à l'indifférence de celle qui fut sa femme. Mais Nora n'en savait rien. Il était peut-être temps d'écrire à son père et de lui avouer qu'elle savait tout, de lui demander quelques éclaircissements sur la situation et les événements passés. En attendant, elle restait désemparée.

La quatrième année tourna la tête vers Miss Peters. Elle faisait très rarement confiance en quelqu'un, particulièrement lorsqu'il s'agissait de ses affaires personnelles et familiales. Mais il semblait que la jeune professeur soit différente de ses collègues. Elle avait entendu beaucoup de choses à son sujet. Des petits bruits, rapportés par de petites souris. Rien de mal, comme certaines rumeurs concernant certains collègues de la professeur de Sortilèges. Au contraire, beaucoup de bien. Nora en était tentée de lui accorder sa confiance, de tenter de tirer avantage du caractère spécial de Miss Peters. Il était possible que les deux sorcières se soient rencontrées aujourd'hui pour une raison.


« Je m'appelle Nora Starks, en quatrième année. Nous ne nous sommes jamais rencontré officiellement puisque j'ai arrêté votre matière il y a quelques temps, avant que vous n'arriviez il me semble. » Elle marqua une pause avant de continuer : « Pourtant, j'entends beaucoup parler de vous. »

Nora marqua une nouvelle pause, un nouveau silence. Elle se sentait quelque peu gênée d'entamer ainsi une conversation et ne savait pas exactement comment la mener à bien. Elle ne pouvait décemment pas tout déballer à une inconnue, aussi brusquement que l'on jèterait un Expelliarmus. Cependant, elle ne se rendit pas compte que ses paroles auraient pu être mal interprétées. D'aucuns auraient pu penser qu'il s'agissait là d'une mise en garde, voire d'une petite menace. Quelque chose comme « Faites bien attention, je sais de sombres choses à votre sujet ». Bien entendu, ce n'était pas ce que Nora voulait dire. N'importe quelle personne qui la connaissait un peu savait qu'elle n'était pas de ces gens qui crachaient de subtiles menaces à leurs congénères.

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Avant que l'étudiante de Gryffondor ne reprenne la parole, Octavia eut le temps de se poser une question ; « cette jeune fille a-t-elle quelque chose de particulier à me demander ? ». Il était rare, en effet, qu'un élève aborde un professeur sans avoir une idée derrière la tête. Partant de cette vérité implacable, l'enseignante se demandait si la jeune Gryffondor allait lui poser une question ou si elle allait tout simplement quitter les lieux, lui souhaitant une bonne fin de journée.

L'adolescente ne fit ni l'un ni l'autre. Elle se présenta, apprenant ainsi à Octavia qu'elle se nommait Nora Starks et qu'elle était en quatrième année. Pas de question, pas de requête, mais la suite de ce qui semblait être une simple discussion. Octavia pensa que cette Nora était assez mature, plutôt à l'aise, ce qui était de plus en plus courant chez les élèves les plus âgés. À force de côtoyer des enseignants, et de constater qu'ils n'étaient pas sévères envers ceux qui n'étaient pas nourris de mauvaises intentions, on voyait leur masque s'estomper, on découvrait un visage simplement humain. On comprenait que l'apparente rigidité de ces adultes n'était là que par principe. Plus tôt un élève prenait conscience de cette réalité, mieux sa scolarité se déroulait. Octavia, plus que tout, souhaitait que les jeunes comprennent qu'elle n'était pas un obstacle mais une aide – et la tâche n'était pas aisée, étant donné que dans la société moderne, les professeurs étaient souvent considérés sous de mauvais angles.


« Ah ? »

Petit mot de convention, prononcé simplement pour dire « j'ai bien compris ce que vous avez dit, mais je n'ai rien de spécial à ajouter ». Car, en effet, qu'aurait pu répliquer Octavia à cela ? Elle se doutait que les élèves parlaient d'elles, comme ils parlaient de tous les autres enseignants et de leurs cours. Le sujet était inépuisable pour des étudiants. Elle ne s'en préoccupait guère, sachant pertinemment qu'elle aurait tôt fait de perdre la tête si elle se souciait de tout ce qui pouvait se dire dans son dos.

« Si je peux me permettre, quelle est l'autre matière que vous avez abandonnée ? »

Question basique, mais qui n'en restait pas moins intéressante pour Octavia. Connaître le choix des options d'un élève aidait à le cerner, à connaître ses centres d'intérêt. Ceux qui abandonnaient l'Histoire de la Magie et les Potions, par exemple, étaient clairement intéressés par la magie en elle-même. Pour autant, il était erroné de croire que les options prises à Poudlard déterminaient l'avenir d'un sorcier ; il était tout à fait possible d'abandonner les Potions et de devenir, plus tard, un maître en la matière. C'était plus compliqué, mais cela restait faisable. On ne se construisait pas un avenir en sept ans. On apprivoisait la magie, on se construisait des bases solides, mais on ne se spécialisait pas. Celui qui abandonnait l'Histoire de la Magie et qui le regrettait pouvait rattraper ses lacunes à l'université. C'était ce qu'Octavia avait fait, d'ailleurs.

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Les germes des tourments

La professeur de Sortilèges ne semblait pas le moins du monde étonnée ou intriguée par le fait que les élèves parlent d'elle. Elle devait bien se douter que c'était le cas, comme tout les professeurs. Mais peut-être avait-elle simplement déjà eu vent de ce qu'il pouvait se dire sur elle et de la réputation qu'elle avait auprès de beaucoup de jeunes élèves. Ou alors elle les avait entendu de ses propres oreilles. Dans tout les cas, Nora arrivait sans doute trop tard pour lui apprendre une telle chose. C'était tout naturellement que Miss Peters questionna la quatrième année sur la seconde matière qu'elle avait abandonné à son arrivée en troisième année. C'était un choix que chaque élève de Poudlard devait faire à ses treize ans, pour leur troisième rentrée. Deux enseignements du tronc commun devaient être arrêtés au profit de deux nouveaux. Le tronc commun étant assez varié, c'était un choix qui en disait long sur une personne. N'ayant pas toujours un regard critique et objectif, Nora ne demandait ce que son choix pouvait dire d'elle, de ses goûts et de sa personnalité.

« J'ai arrêté la Métamorphose. Je n'aimais pas cette matière. Mais j'ai arrêté les Sortilèges seulement parce qu'il me fallait désigner un autre domaine à laisser de côté pour la fin de ma scolarité. J'aurais préféré continuer ça et ne pas avoir Botanique, honnêtement. »

Nora grimaça. Elle détestait la Botanique, malgré sa rencontre avec Elina dans les serres lors d'un après-midi nettoyage et les leçons de M. Ferskjold qui l'aidaient un peu à s'améliorer. Elle préférait de loin l'Histoire de la Magie et les Potions, et ce depuis sa première année. Parfois elle avait l'impression que ses goûts privilégiaient légèrement les Potions désormais, alors que l'Histoire avait toujours été sa favorite. Mais au final, elle les aimait de manière égale.

« Je trouve que ce choix que nous devons faire peut se trouver révélateur concernant la personne que nous sommes, pas vous ? Enfin en considérant que ce choix est mûrement réfléchi. Mais n'étant pas objective, je ne sais pas du tout ce que ça pourrait révéler de moi. »

*Peut-être que je préfère la théorie à la pratique ?*, pensa t-elle. Mais après tout, les Potions avaient leur part de pratique. Ce raisonnement était sûrement erroné. Nora pensa à son père. Il lui avait dit avoir abandonné les Potions et la Défense Contre les Forces du Mal. Elle ne se posait pas la question concernant Juliette, qui avait étudié à Beauxbâtons. Mais si elle avait fait sa scolarité à Poudlard, elle aurait sûrement délaissé les Potions et la Métamorphose, ou peut-être l'Histoire de la Magie. Après tout, elle aurait très bien pu ne pas s'intéresser à cette dernière matière avant son arrivée en école supérieure, où elle avait décidé de devenir avocate. En tout cas une chose était sûre, Juliette aurait été une Serpentard.

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La Métamorphose. C'était la seconde matière que Nora Starks avait décidé d'abandonner, lorsqu'elle avait eu ce terrible choix à faire, après sa deuxième année. Octavia se souvint qu'elle aussi, elle avait décidé d'arrêter cette matière-là. Elle n'avait jamais eu d'aptitudes particulières pour la Métamorphose, et, pendant deux ans, elle s'était contentée de la subir. Pendant longtemps, cette spécialité de la magie ne l'avait pas intéressée ; pourquoi s'arrêter à cette spécificité alors que ses pouvoirs magiques étaient capables de tant d'autres choses ? Puis elle avait grandi, avait pris du recul, et avait compris que la Métamorphose, c'était une forme de magie complexe, intéressante et impressionnante. Elle avait l'avait étudiée, pour rattraper ses lacunes, et si son niveau actuel était correct, elle était très loin d'être la sorcière la plus douée en Métamorphose de son siècle.

Nora Starks se justifia également à propos de son choix d'abandonner les Sortilèges, bien qu'Octavia ne l'eut pas demandé. L'enseignante se demanda si l'élève pensait ce qu'elle disait, ou si elle prononçait ces mots uniquement parce qu'elle se sentait obligée de s'expliquer. Octavia, qui n'estimait pas que sa matière était meilleure qu'une autre, respectait le choix de chaque élève, et n'avait pas besoin d'entendre des justifications de la part des ceux qui avaient éliminé les Sortilèges de leur cursus scolaire. Cependant, Nora semblait sincère, et Octavia décida de croire qu'elle lui avait dit la vérité – après tout, si elle ne supportait pas les Sortilèges, elle aurait aussi bien pu ne pas en parler.

Ainsi, en réponse aux propos de la Gryffondor, le professeur Peters hocha légèrement la tête et laissa un mince sourire flotter sur ses lèvres. Nora Starks continua à faire la conversation, s'interrogeant à propos de ce que pouvaient révéler les choix que prenaient les élèves de Poudlard à la fin de leur deuxième année. Octavia réfléchit quelques instants, pensant aux trois matières qu'avait gardées Nora, comparant leurs points communs, tentant d'en tirer des conclusions, puis répondit :


« Je suis d'accord avec vous. Parfois, les choix d'un élève en révèlent beaucoup sur lui. Pourtant, lorsque je compare les trois matières que vous avez choisi de continuer, je n'ai pas l'impression que vous vous soyez clairement dirigée vers une particularité de la magie. »

Octavia continua, réfléchissant à voix haute :

« Peut-être que vos choix signifient simplement que vous vous intéressez à l'Histoire de la Magie, à la Défense contre les Forces du Mal et aux Potions. »

Elle repensa ensuite à ce que Nora lui avait confié, à propos de l'intérêt qu'elle portait aux Sortilèges. Une autre interprétation des décisions de Nora Starks vint à l'esprit d'Octavia, et elle partagea sa pensée à la principale intéressée :

« Ou alors, cela signifie que vous vous intéressez à la magie dans sa globalité... en excluant la Métamorphose. Et la Botanique, mais je ne suis pas vraiment certaine qu'on puisse là proprement parler de magie ; il s'agit plutôt de plantes aux propriétés magiques, et la différence est de taille, si vous voulez mon avis. Il doit être difficile de trouver un réel intérêt aux plantes magiques si l'on ne s'intéresse pas aux plantes tout court. »

Car c'était une erreur de penser que la magie rendait tout plus intéressant. Parfois, elle rendait juste les choses plus compliquées.


Dernière modification par Octavia Peters le 28 mai 2017, 12 h 09, modifié 1 fois.

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Nora écouta la réponse de Miss Peters avec attention. Elle semblait – comme les rumeurs le disaient – pouvoir cerner assez facilement les élèves et leur personnalité. La quatrième année songeait à l'analyse d'elle-même faite par la professeur. Ces choix ne semblaient pas des plus cohérents, et non plus très significatifs de sa personnalité. Mais après tout, il ne fallait pas oublier que ce choix était fait par des enfants de douze ou treize ans. Que le choix soit murement réfléchi ou non, il était difficile de penser qu'un simple choix de matières à étudier pouvait refléter plus que l'état d'esprit et les goût de l'élève en question à ce moment particulier de sa vie. Il était par ailleurs indiscutable que Nora Starks avait été une personne bien différente au début de sa troisième année que celle qu'elle était aujourd'hui ou qu'elle serait dans quelques mois. Parce que comme tout les enfants et adolescents, elle évoluait.

« Peut-être que ça montre aussi que je ne sais pas ce que je voudrais faire après mes études à Poudlard ? » dit-elle simplement.

Car oui, la jeune Starks ne savait pas du tout ce qu'elle voulait faire du reste de sa vie. Tout ceci lui paraissait si loin, elle avait encore tellement de temps pour prendre une décision. Et comment pouvait-elle se projeter si elle ne savait pas qu'elle personne elle serait à ce moment-là ? Elle se trouvait à une sorte de tournant de sa vie, ou elle devait accepter une atroce réalité et surmonter ça. Parfois, il lui semblait qu'elle ne pourrait le faire. Peut-être devait-elle tout détruire pour mieux se reconstruire ensuite. Cette idée la terrifiait, elle ne savait pas comment gérer cela. Et en y pensant, une minuscule larme perla au coin de son œil.
Dernière modification par Nora Starks le 29 mai 2017, 11 h 57, modifié 1 fois.

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Nora Starks évoqua une autre hypothèse, supposant qu'elle était peut-être simplement indécise, qu'elle avait choisi des matières aussi variées que possible parce qu'elle ne savait pas où elle allait. Mais combien d'élèves de son âge savaient vraiment vers quoi ils se dirigeaient ? Octavia était pratiquement certaine que les trois-quarts des étudiants de quatorze ans n'avaient même pas encore commencé à se préoccuper de leurs études supérieures et, par conséquent, de leur futur métier. Nora Starks était peut-être indécise, oui, comme l'étaient beaucoup de ses camarades. Cela signifiait-il pour autant que son choix de matières ne voulait rien dire d'autre que « je ne sais pas ce que je veux faire plus tard » ? Cette Gryffondor semblait assez réfléchie, pas franchement provocatrice, plutôt mature pour son âge. Octavia pouvait difficilement s'imaginer qu'elle avait pris sa décision sans y réfléchir longuement.

« Je ne suis pas certaine que ça ne puisse se résumer qu'à ça. Même si vous ne savez pas vers quoi vous voulez vous diriger, vous avez fait votre choix en fonction de vos préférences, et ces préférences sont analysables. »

Octavia, qui avait parlé en observant la cabane de Hagrid, tourna la tête vers l'étudiante et constata avec étonnement qu'elle semblait assez... préoccupée. Elle n'avait pas l'air franchement à l'aise, et Octavia ne put s'empêcher de hausser légèrement les sourcils avec surprise. L'enseignante doutait que ce soit ses paroles qui avaient bouleversé Nora, parce qu'elle était certaine de n'avoir rien dit qui aurait pu provoquer cette réaction chez la jeune élève. Peut-être que le thème de leur discussion lui avait rappelé un mauvais souvenir ? Ou peut-être que ça n'avait rien à voir avec ce dont elles parlaient, que l'étudiante avait soudainement repensé à quelque chose qui la préoccupait.

« Tout va bien ? »

Le ton de sa voix, bien qu'il revêtit un grain d'inquiétude, était loin d'être celui que l'on utilisait lorsqu'on abordait un enfant. Octavia savait pertinemment que le meilleur moyen de gêner et de braquer un adolescent, c'était en s'apitoyant sur son sort ou en le traitant comme s'il avait quatre ans.

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Pendant un instant, Nora ne fit plus attention à ce qu'il pouvait se passer autour d'elle. Ses pensées avaient prit un autre tournant et elle s'était retrouvée happée par son propre désespoir. Si elle s'était laissée perler une petite larme, elle ne la laissa pas rouler sur sa joue. Machinalement, elle porta sa main au coin de son œil et tamponna discrètement le bout de sa manche pour aspirer le liquide physiologique. Elle entendit la voix de Miss Peters qui semblait s'être aperçue de l'état de la jeune fille. Nora la regarda, étonnée. C'était la première fois qu'on lui posait la question ici, à Poudlard.

« Ça peut aller. »

Les choses pouvaient être pires, tout comme elle pouvaient être bien meilleures. Nora essayait de toujours garder cette pensée à l'esprit, pour relativiser. Elle n'aurait su dire si cela l'aidait ou la faisait se sentir mieux. Mais ainsi elle pouvait garder une part de réalisme. En répondant comme elle l'avait fait, elle ne s'attendait pas à ce que la professeur insiste. Pourtant elle dégageait cette douceur qui pousserait n'importe qui à lui faire confiance et à se confier. Mais Nora n'était pas sûre et certaine d'être capable de le faire sans dévoiler le problème en lui-même. Et il lui était inconcevable d'admettre que la femme qui l'avait mise au monde était emprisonnée à Azkaban pour usage de la magie noire. Tout en y songeant, la Gryffondor ouvrit la bouche et des mots s'en échappèrent.

« Comment est-on censé pardonner à quelqu'un et passer à autre chose alors que cette personne a très mal agi et ne cherche pas le pardon ? » dit-elle sans réfléchir.

Elle n'était pas sûre d'avoir utilisé les bons mots. Parlait-elle du silence de son père ou de la trahison de sa mère ? Probablement des deux. Parce que pour aller de l'avant et passer à autre chose, il fallait qu'elle pardonne à sa mère pour avoir agit aussi égoïstement. Il fallait qu'elle pardonne à son père de lui avoir caché la vérité. Et il fallait qu'elle se pardonne à elle même de ne pas avoir été la petite fille qui aurait du être tellement aimée que sa génitrice ne lui aurait pas tourné le dos pour d'autres aventures
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Dernière modification par Nora Starks le 19 juin 2017, 17 h 56, modifié 1 fois.

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Lorsque Nora affirma que « ça pouvait aller », Octavia s'efforça de ne pas afficher d'expression curieuse ou douteuse. Elle ne voulait pas mettre la jeune Gryffondor mal à l'aise en se faisant insistante, car il n'y avait rien de pire que les gens qui voulaient vous forcer à vous confier quand vous n'en aviez pas envie. Et apparemment, l'enseignante avait bien fait de ne rien ajouter, puisque Nora reprit la parole.

La question de la jeune fille surprit franchement Octavia, qui ne s'attendait pas à quelque chose de si philosophique ; qu'était-elle censée répondre à des interrogations si personnelles ? Il était évident que Nora ne posait pas cette question sans arrière-pensée et que cette histoire de pardon était liée à une histoire personnelle. Sauf que puisque Octavia ne connaissait rien de cette histoire personnelle, elle craignait que ses conseils empirent la situation au lieu de l'améliorer. Elle se lança tout de même, supposant que l'adolescente était assez grande pour réfléchir par elle-même et adapter judicieusement les dires de son enseignante à son cas.

« Je crois qu'il est pratiquement impossible de pardonner si on n'essaie pas préalablement de comprendre. »

C'était drôle qu'Octavia donne ce conseil, parce qu'elle-même ne le suivait absolument pas. Elle était en froid avec ses parents depuis des années et n'avait pourtant jamais vraiment cherché à les comprendre – ceci dit, elle n'avait jamais cherché à les pardonner non plus. Le vice de la rancune l'avait rattrapée depuis bien longtemps et elle n'avait même pas l'impression que ses conseils pouvaient s'appliquer à sa propre situation. Il lui semblait que ses problèmes personnels n'avaient pas de solution, qu'elle ne pouvait plus rien y faire, qu'il fallait juste laisser les choses comme ça et les oublier.

L'enseignante jeta un œil à l'étudiante en se demandant un instant ce qu'elle entendait par « avoir très mal agi ». De qui parlait-elle et qu'est-ce que cette personne avait bien pu faire pour ainsi tourmenter l'adolescente ? Octavia aurait bien aimé connaître le degré de gravité des agissements que Nora déplorait, mais elle ne voulait pas paraître indiscrète, alors elle continua sans lui demander de précisions :

« Échangez les rôles. Mettez-vous à la place de la personne dont vous parlez. Comment en est-elle arrivée à faire ce qu'elle a fait ? Peut-être que si vous vous posez cette question, vous pourrez lui pardonner. »

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Les germes des tourments

Comprendre. Cette notion n'était pas venu à l'esprit de Nora, preuve qu'elle n'était pas encore très mature et avait beaucoup à apprendre de la vie. Miss Peters, de par sa douce présence, apportait à la jeune fille la réflexion nécessaire pour lui faire voir les choses sous un nouvel angle, un nouveau jour. Mais immédiatement après assimilation d'une réponse apportée par sa professeur, un millier d'autres lui venaient en tête. Comment essayer de comprendre une chose qui défie toute horreur à ses yeux ? Nora était ouverte d'esprit, mais pas à ce point.

« Je ne suis pas sûre de pouvoir faire ça. »

Elle planta son regarde dans celui de Miss Peters une seconde, puis détourna le regard pour observer la forêt interdite à l'horizon. Elle pencha légèrement la tête pour essuyer une micro larme discrètement avec la manche de sa veste. Puis soupira tout en éjectant un petit nuage de brume par sa bouche entre-ouverte. Peut-être que la seule solution était de lâcher prise, d'arrêter de trouver un pourquoi à la chose. Ça c'était passé, et il fallait vivre avec. Parfois les êtres humains – doté de pouvoirs magiques ou non – faisaient des choses stupides sans réfléchir, sans trouver de logique là-dedans. La bêtise de l'Homme était légendaire. Mais Nora n'était pas habituée à faire face à ce défaut directement. Elle sortit une seconde de ses pensées et se tourna complètement vers la professeur de Sortilèges, une main sur la bouche et les yeux écarquillés.

« Je suis désolée, je vous interromps dans votre moment de détente et je viens vous importuner avec mes histoires. Je suis d'une impolitesse sans nom. » s'écria t-elle, honteuse.

Reducio
Je suis vraiment navrée pour ce retard.

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"Griffes et crocs, Griffes et cœurs, Gryff vainqueurs !"
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Les germes des tourments

Elle n'était « pas sûre de pouvoir le faire ». Pas étonnant, d'un côté, mais assez désespérant, parce qu'Octavia ne savait pas quoi lui répondre. Si elle ne parvenait pas à comprendre, elle ne pouvait pas arranger la situation. Dans l'esprit de l'enseignante, c'était aussi simple que ça. Pas de compréhension, pas de pardon. Si on pardonnait sans comprendre, c'était fichu d'avance. Octavia en était intimement convaincue, et elle voyait mal comment aider Nora ; plus la discussion avançait et plus il semblait à l'enseignante que cette élève était dans une situation sacrément compliquée.

« Vous ne me dérangez pas. Je vous l'aurais dit, si ça avait été le cas. »

En fait, c'était faux. Si Nora l'avait réellement dérangée, elle ne le lui aurait pas dit. Sa deuxième phrase avait simplement pour but de rassurer l'élève et de donner une contenance à la première affirmation d'Octavia.

Après quelques secondes de réflexion supplémentaires, le professeur de Sortilèges revint au sujet initial et ajouta :

« Je pense que seules les personnes qui aiment trop pardonnent sans comprendre. La peur de perdre la personne qui leur a fait du mal l'emporte sur tout le reste. Ils sont prêts à accepter n'importe quoi. Si vous voulez mon avis, c'est une très mauvaise chose et c'est infiniment triste. Ce genre de comportements peut conduire aux relations abusives. Si je peux vous donner un conseil, c'est de ne pas tomber dans ce cercle. »

Octavia soupira, se demandant si elle n'en disait pas trop. Elle ne savait même pas de qui Nora lui parlait. Elle était peut-être à côté de la plaque, lui donnant des conseils qui ne s'appliquaient pas du tout à la situation de la Gryffondor. Elle décida donc de terminer par une recommandation qui convenait, selon elle, à tout type de problème.

« Quoiqu'il en soit, prenez soin de vous et essayez de vous faire le moins de mal possible avec cette histoire. C'est facile à dire, je sais, mais pensez-y. »

Prenez soin de vous. Beaucoup de gens pourraient rire de ce conseil franchement simple et pas très éclairant, mais Octavia le trouvait pourtant sensé. Combien avaient déjà oublié l'importance de sauvegarder leur santé ou leur moral à cause de leurs soucis ? Nora devait garder une priorité en tête ; celle de ne pas se torturer l'esprit avec ses histoires et de continuer à goûter au bonheur.

Reducio
Je ne suis pas sûre que je pourrai répondre une autre fois à ce RP, alors j'ai essayé de faire un post qui vous permet d'écrire une réponse pouvant conclure cet échange. Je vous autorise à prendre quelques libertés avec mon personnage pour votre dernier post, en disant par exemple que je vous souhaite une bonne fin de journée et que je prends la direction du château. Je vous fais confiance, je sais que vous n'écrirez rien d'incohérent.
Merci pour ce RPG. :)

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
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Les germes des tourments

Nora se détendit en entendant les paroles rassurantes de sa professeur, puis se repositionna plus confortablement pour écouter ses conseils. Miss Peters lui parla des relations malsaines qu'un excès d'amour pouvait induire. Elle comprenait tout à fait de quoi on lui parlait mais ne se sentait pas vraiment concernée. Jamais elle en l'avait été car, quand elle aimait sa mère de tout son cœur, elle avait peur qu'il lui soit arrivé quelque chose de mal. Avec l'avancée de ses découvertes sur la vérité, Nora avait petit à petit tué cet amour, transformant ses sentiments à l'égard de Juliette en incompréhension et en colère. Elle s'était beaucoup demandé comment on pouvait faire de tels choix, oser agir de la sorte en blessant sa famille proche au passage. Puis, mais elle ne l'avouerait pas, elle s'était demandée si c'était de sa faute.

Ce furent les derniers mots de Miss Peters qui frappèrent Nora au plus profond d'elle-même. Prendre soin d'elle. Ne pas se faire de mal inutilement avec cette histoire. Cela restait la meilleure chose à faire, sans aucun doute. Si la jeune Starks n'était pas encore en mesure de comprendre et de pardonner, alors elle pouvait simplement oublier, mettre tout ceci dans un petit coin de son esprit et ne plus y penser. La vie était courte et elle n'avait pas de temps à perdre avec des ressentiments pareils. Elle devait se concentrer sur sa vie, sur ses études, le Quidditch. Sur Arthur peut-être, et les quelques amis qu'elle s'était faite. La quatrième année se redressa et sourit.


« Vous avez raison. Je dois laisser ça de côté et me concentrer sur ce que j'aime dans ma vie. Ça ne sert à rien de ressasser de mauvaises choses et la vie ne devrait pas avoir de place pour les rancoeurs. » répondit-elle, intimement convaincue par ses propos.

Nora s'étira avec les bras vers le ciel tout en inspirant profondément. Miss Peters était aussi incroyable que ce que les gens le disaient, et la Gryffondor avait eu de la chance de pouvoir avoir cette conversation avec elle. Peut-être qu'elle n'irait pas mieux tout de suite, qu'il lui faudrait du temps pour se détacher de ceci. Mais elle avait désormais quelque chose de très puissant pour l'y aider : l'espoir.


Reducio
Fin du RPG, merci beaucoup !

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