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Répulsion totale  Libre 

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Owen sortit de son premier cours de Défense contre les Forces du Mal profondément humilié. Il courut à toute vitesse à travers les couloirs, se faufilant entre les élèves, et regagna très vite le parc de l’école. Une fois arrivé, il se pencha, essoufflé, et prit appui sur ses genoux.

« Hmpf… »

Il releva la tête, encore tout haletant. Il n’avait même pas attendu ses soi-disant copains, Peter et Bellamy, qui n’avaient fait que se moquer de lui pendant le cours, alors qu’il se démenait avec ces fichus Botrucs. Et la solidarité entre Serpentard, alors ?

« Stupides… ils sont stupides, et la prof est stupide avec ses stupides Botrucs et puis toute cette école est STUPIDE ! »

Il la détestait, cette espèce de naine, là, qui ne ressemblait à rien du tout quand elle faisait ses démonstrations à la noix. Et puis comme elle faisait la fière à se débarrasser de toutes les créatures d’un petit coup de baguette ! Comme si c’était tout naturel !

« Non mais franchement. »

Il donna un coup de pied dans un caillou, qui s’envola dans les airs pour aller s’échouer plus loin sur l’herbe. Owen s’avança, ramassa le caillou et le lança très loin. *J’espère qu’il va tomber en plein sur la tronche de quelqu’un, et qu’il aura mal.* Son vœu fut à vrai dire exaucé, car on entendit un énorme cri, suivi de : « Quel est l’imbé… », « Bouge pas, je connais un sort de soin ! »

Évidemment, un sort de soin. Pour les cailloux reçus en pleine tronche ou ailleurs, ça devait bien marcher, les sorts de soin. Owen fut encore plus énervé.

« Si je retrouve celui qui… »

La voix s’approchait, et Owen détala à l’autre bout du parc, peu désireux de se faire embêter par celui qui avait reçu le caillou et qui devait être plus vieux que lui (on l’entendait à sa voix et on le devinait au fameux sortilège de soin).

Il se retrouva pied au château. Il leva la tête et vit qu’il était immense. Il eut cette même sensation de vertige que lorsqu’il était arrivé, cette sensation que le bâtiment allait le dévorer. Il serra la mâchoire et sortit sa baguette magique. Il la fit tourner dans sa main et l’observa quelques secondes. Pourquoi avait-elle refusé de lui obéir, face aux Botrucs ? Owen s’était toujours imaginé qu’il ferait des merveilles avec cette baguette, qu’il deviendrait une véritable terreur, qu’il serait capable de tout. Et il n’arrivait même pas à se débarrasser de minuscules bouts de bois vivants.

Le jeune Serpentard serra sa baguette dans sa main et fixa le mur du château. La pierre semblait avoir tout vécu. Cette pierre, là, ce bloc, c’était peut-être la première pierre de l’école ? La pierre symbolique ? Owen fronça les sourcils et fit de grands gestes avec sa baguette en direction de cette pierre. Il répétait sans cesse :

« Lashlabask ! Lashlabask ! Lashlabask ! »

De ridicules détonations de pétard mouillé, et rien de plus. Épuisé, il se laissa tomber dans l’herbe et regarda cette pierre, intacte. Il était accroupi à deux mètres de l’immense château quand il entendit qu’on approchait.

Répulsion totale  Libre 

Huit élèves de Poufsouffle croisés depuis que Maïka était sortie du cours de Défense contre les Forces de Mal.

Ça s'était mal passé, sans surprise. Elle savait que les cours seraient difficiles pour elle avant même de mettre un seul pied dans ce château. Elle collectionnait les mauvaises notes depuis des années, alors pourquoi cette habitude changerait-elle à Poudlard ? « Il n'y a pas de miracle, que du travail », lui répétait souvent son psychologue ; et pour l'instant, Maïka ne travaillait pas beaucoup. Quand elle était en cours, on lui reprochait d'être turbulente et maladroite, et quand elle avait du temps libre, elle s'adonnait aux activités les moins studieuses possibles.

À la sortie du cours, Maïka avait hésité : salle commune ou parc ? Rejoindre sa salle commune pour réviser calmement sa théorie aurait été plus sage, mais elle prit la direction du parc, ne parvenant pas à terrasser son envie de se défouler et de n'exercer aucune activité intellectuellement constructive.

Quelques groupes d'amis occupaient l'endroit, discutant tranquillement, adossés à un arbre ou complotant avec l'air de vouloir contrarier le monde entier. Maïka évita les regards des élèves qui lui semblaient les plus louches, c'est-à-dire les Serpentard beaucoup plus vieux qu'elle. Elle avait beau savoir que plusieurs élèves issus de cette maison étaient devenus d'incroyables sorciers, elle ne parvenait pas à avoir confiance en eux. Leur réputation était sombre et Maïka était trop influençable pour ne pas écouter ce qu'on racontait sur eux.

Elle aurait aimé se trouver un coin vide, à l'abri des regards, histoire de pouvoir courir et se défouler tranquillement, mais chaque brin d'herbe semblait à portée de vue d'au moins une personne. Cette sensation d'être constamment entourée... Maïka ne parvenait pas à s'y faire. Lui serait-il seulement un jour possible d'être seule, dans cette école ?

Maïka continuait d'explorer le parc, marchant rapidement et sautillant de temps en temps. De loin, on aurait pu croire que si elle était si agitée, c'était pour se réchauffer, mais en réalité, cela n'avait rien à voir. C'était impulsif, incontrôlé, c'était nécessaire, qu'il fasse dix ou trente degrés.

À une quinzaine de mètres d'elle, Maïka repéra un bruit perturbateur. Un bruit de course. Elle cessa de marcher et observa l'élève aux cheveux noirs qui piquait un sprint, s'arrêta au pied du château et pointa sa baguette magique en direction des pierres fondatrices de Poudlard. Il semblait crier quelque chose, sans doute un sortilège, mais de loin, Maïka n'entendait qu'une voix brouillée. Elle fit quelques petits pas et comprit qu'il lançait le sort appris en Défense contre les Forces du Mal, sans grand succès. Pas étonnant, cela dit. Elle doutait qu'un sort de première année puisse faire grand mal à ce château. Désespéré, il finit par s'accroupir.

N'ayant rien envie de faire d'autre, et plutôt intriguée par le comportement du garçon, Maïka s'approcha et le reconnut alors ; c'était le Serpentard qui n'était pas parvenu à lancer le Maléfice de Répulsion en cours et qui semblait l'avoir assez mal vécu. Il n'avait pas l'air habitué à l'échec, contrairement à Maïka qui vivait avec depuis de longues années et qui y faisait face avec davantage de... renoncement.

Quand elle ne fut plus qu'à trois mètres de lui, elle prit la parole.

« Alors toi aussi, tu galères ? »

Franche mais pleine de bonnes intentions, comme d'habitude.

« À mon avis, c'est surtout une question de temps. C'est ce que j'aime bien, avec la magie. Tous les sorciers peuvent finir par s'en sortir, avec un peu de patience. Enfin, je crois. »
Dernière modification par Maïka Cooper le 17 janvier 2018, 14 h 59, modifié 2 fois.

Moins présente.

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Le premier septembre était passé depuis un petit bout de temps, et James était tranquillement en train de terminer de rédiger un devoir pour la Défense contre les Forces du Mal. Le garçon avait eu du mal à le finaliser mais voilà, il était enfin prêt. Il le rangea dans son sac en bandoulière, dans lequel étaient déjà rangés des parchemins, des enveloppes, de l’encre et son journal. Il ne voulait absolument pas perdre ce devoir sur lequel il avait passé tant d’heures, c’est pourquoi il décidait de le garder avec lui le temps de le rendre.
À présent, le préfet de Poufsouffle n’avait rien à faire, et la fin d’une heure de cours approchait à grands pas. Les élèves sortiraient des salles de classes, ce serait le capharnaüm dans les couloirs. Il décida donc de sortir prendre l’air dans le parc avant l’heure de pointe. A peine la sonnerie ayant retenti que le hall d’entrée grouillait déjà d’élèves. Certains ne devaient pas avoir eu cours comme James à cette heure-ci, et avaient préféré sortir.
James sortit dans le parc et marcha calmement sous le soleil qui régnait dans le ciel azur. Il entendit soudainement un cri de quelqu’un recevoir un caillou dans la tête à deux pas de lui. Calculant sa provenance, le garçon aperçut le lanceur un plus haut.

« Quel est l’imbé… »

James, en tant que préfet, se devait de réagir. Il s’approcha donc de la jeune fille qui avait reçu le caillou.

« Bouge pas, je connais un sort de soin ! Episkey ! »

Le Poufsouffle lança le sortilège sur la jeune fille dont il ne connaissait pas le prénom, et réussit du premier coup. Au moins, il n’eut pas l’air ridicule. Il n’imaginait pas la honte qu’il aurait subie s’il l’avait raté, en tant que Troisième Année.
La jeune fille se sentit soudainement mieux, et le préfet de Poufsouffle la laissa là, s’étant assuré qu’elle allait bien. Il n’avait pas fini ce qu’il devait faire. Il comptait bien aller voir pourquoi ce garçon avait lancé ce caillou. C’était son rôle, après tout. Les professeurs ne pouvaient pas gérer tous les élèves.
Le lanceur de cailloux avait filé dès que James avait parlé, ayant fait mine de se rapprocher, mais ce dernier avait repéré du coin de l’œil la direction dans laquelle il était parti. Lorsqu’il arriva à quelques pas de là où il se trouvait, une jeune fille que le Poufsouffle connaissait bien était déjà à ses côtés. Maïka Cooper, la Première Année à qui il avait fait une visite guidée, était en compagnie du garçon.
James voulait comprendre pourquoi celui-ci avait lancé un caillou sur une jeune fille sans aucune raison. Cela n’était absolument pas normal. Si tout le monde faisait ça, ce serait l’anarchie, bien que le professeur Loewy et son air sévère remettraient tout cela d’aplomb, sans aucun doute. Le jeune Troisième Année entendit les dernières paroles de Maïka avant de s’approcher un peu plus.

« Tous les sorciers peuvent finir par l'apprivoiser, avec un peu de patience. Enfin, je crois. J'espère. »

Ne sachant pas de quoi ils parlaient et avant que le garçon puisse répondre, James l’interpella sans la moindre hésitation, essayant de ne pas avoir de paroles trop brusques pour celui qui avait l’air d’être en Première Année.

« Eh ! C’est toi qui a lancé une pierre sur la tête d’une élève ? »

Attendant sa réponse, il arriva à la hauteur de Maïka et regarda l’élève qui avait sa baguette à la main. Il avait des cheveux noirs, n’était pas très grand, et portait sur sa robe de sorcier l’insigne de Serpentard. James ne se souvenait pas de son prénom, et ne savait pas qui c’était, à part qu’il était dans la maison aux couleurs vertes.

Love story turns easily into a tragedy - James et Rosalys

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Owen leva la tête pour regarder la fille. Au début, il eut un mouvement de recul : il crut que c’était Elena. Elle avait un peu la même coupe de cheveux, une coupe qui semblait être à la mode, allez savoir pourquoi. Owen ne trouvait pas ça beau du tout. Mais, bon, de toute façon, ce n’était pas elle. Owen regarda donc la fille de bas en haut, l’air pas franchement ravi d’être embêté. Il l’avait vue le premier jour, à la répartition. C’était une Poufsouffle, et elle était dans son cours de Défense contre les Forces du Mal. Impossible de se rappeler son nom, en revanche. Il y avait tellement de monde, ici. Tout le monde était passé à la cérémonie de répartition sans qu'on ait le temps de s'intéresser à leur nom, sauf pour certains privilégiés, évidemment... quand on porte le nom de Stoyanov, par exemple.

Il se releva d’un bond. Il allait répondre que non, il ne galérait pas, qu’il ne galérait jamais, et même qu’une fois, il avait fait cramer un Moldu, alors merci, mais la magie, il connaissait bien.

Mais un garçon venait d’arriver. Il était bien plus grand qu’Owen, et avait aussi l’air plus âgé. Il vit à son blason que c’était aussi un Poufsouffle. Il y avait un P accroché à sa cape, et Owen ne fit pas tout de suite le rapprochement avec la fonction du garçon. En revanche, il reconnut sa voix. C’était celui qui avait lancé le fameux sort de soin.

Owen n’eut pas le temps de réfléchir. Il se sentait agressé par l'accusation du Poufsouffle. Il trouvait injuste de s'être fait prendre alors qu'il avait couru à l'autre bout du parc, après tout. C'était du harcèlement !

« Nan. »

Il tourna la tête vers la fille, serra sa baguette dans sa main, et dit de sa petite voix d’enfant :

« Et je ne galère pas. »

Il tenait à le dire, quand même. Le Serpentard garda cependant un œil sur le garçon de Poufsouffle. Il n’avait pas envie d’avoir de réelles embrouilles avec un garçon plus âgé que lui. Non pas qu’il eut un doute sur ses capacités à riposter, mais bon…


Reducio
Merci pour la réponse rapide ! J'aimerais que le RPG devienne privé à partir de maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
Dernière modification par Owen Stein le 5 septembre 2017, 21 h 55, modifié 2 fois.

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Lorsque la voix de James Silvershade s'éleva dans les airs, Maïka sursauta et étouffa un hurlement. Elle se tourna brusquement vers lui et fronça les sourcils en entendant sa question. De toute évidence, il s'adressait au Serpentard, pas à elle. Elle se demanda d'ailleurs pourquoi il n'avait pas pris la peine de la saluer. Elle trouvait que cette façon qu'il avait de l'ignorer était plus étrange que vexante. Elle ne se vexait presque jamais, de toute façon. Était-il possible qu'il l'ait déjà oubliée ? Ils avaient passé une heure ensemble il y avait quelques jours à peine, pourtant !

Le Serpentard répondit d'abord à l'accusation du préfet, affirmant qu'il n'avait pas lancé de pierre, puis se tourna vers Maïka et lui précisa qu'il ne galérait pas. À l'évidence, c'était de la mauvaise foi, ou de la fierté aveuglante, parce que toute personne dotée d'un peu de bon sens aurait pu remarquer qu'il avait bel et bien des difficultés à lancer le Maléfice de Répulsion. Maïka haussa les épaules et se mit à donner de légers coups de pied dans l'herbe sans y penser.

« Si tu le dis, répondit-elle. Désolée. »

Même si elle estimait que ce garçon se trompait sur lui-même, sa nature pacifique la poussait à ne pas le contrarier. Elle avait l'habitude d'énerver et de vexer les gens sans le faire exprès, et donc, par conséquent, elle avait également l'habitude de s'excuser pour tout et pour rien. C'était presque un automatisme, en fait. Dès que les traits de la personne en face s'obscurcissaient, que son ton montait ou que ses paroles témoignaient d'une quelconque vexation, Maïka disait qu'elle était désolée, et puis voilà, c'en était terminé. Elle avait l'impression que si elle ne procédait pas ainsi, sa turbulence naturelle et son franc-parler involontaire lui mettraient la moitié du monde à dos.

Elle orienta son regard vers le préfet de Poufsouffle, qui se tenait à droite d'elle, et lui sourit.

« Salut, James. »

Elle ne lui parla pas de son histoire de caillou, puisqu'elle avait bien compris que ce n'étaient pas ses affaires - ni celles du Serpentard, apparemment. Avant que James ne reparte à la recherche du garçon qui avait lancé une pierre sur la tête d'une élève (sacrée barbarie, en passant), elle fit quelques pas, se plaçant à droite de James, et se remit à donner quelques coups de pied au sol.

Elle ne savait pas trop ce qu'elle faisait encore là. Elle avait juste voulu voir ce que fichait le Serpentard ; maintenant qu'elle avait compris qu'il n'était pas d'humeur à discuter, elle aurait aimé partir mais le moment lui semblait mal choisi pour laisser les deux garçons en plan. Elle profiterait sans doute du départ de James pour le suivre et souhaiter une bonne fin de journée au garçon aux cheveux noirs.

Moins présente.

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Le Serpentard avait l’air de vouloir garder sa fierté pour lui. Les qualités et défauts de cette maison lui correspondaient, aux yeux de James. Le garçon avait répondu d’un « nan » pas franchement agréable.

De l’autre côté, Maïka avait paru surprise que James ne lui dise pas bonjour. Le Poufsouffle l’avouait, il n’avait pas fait attention aux politesses parce qu’il était préoccupé. Lorsque la jeune Première Année avec qui il avait passé une bonne heure il y a de ça quelques jours lui lança un « Salut, James », James tourna la tête vers elle et lui offrit un sourire sincère en guise de réponse et de dédommagement pour l’abstraction qu’il avait fait. Celle-ci avait maintenant l’air d’être déçue que le Serpentard lui ait répondu comme s’il avait été dérangé. Elle avait répondu qu’elle était désolée de l’avoir embêté. Mais James n’avait pas fini avec ce garçon. Ce qui l’intriguait aussi, c’était de savoir son prénom. Et puis, il savait que c’était lui qui avait lancé le caillou puisque il l’avait vu de ses propres yeux.

Lorsque le Serpentard avait répliqué, il n’avait pas laissé paraître le moindre soupçon d’indignation, alors qu’il en avait peut-être ressenti ; James ne pouvait pas trancher là-dessus.
Quoi qu’il en soit, le préfet de Poufsouffle avait affaire à un sacré Première Année, mais il n’allait pas se laisser faire. Lancer un caillou sur une personne était tout bonnement une atteinte physique. Jamais James ne laisserait passer un tel comportement. Peut-être qu’il en faisait trop pour un caillou, après tout, mais il tenait à cœur de garder son poste à la préfecture. Il n’aimerait pas qu’on lui reproche de ne pas savoir cadrer un simple Première Année. Essayant de convaincre le Serpentard d’avouer, James s’approcha du garçon.

« Écoute, je ne veux pas que tu aies des ennuis, mais dis-moi simplement la vérité. Ma mémoire visuelle a beau ne pas être terrible, j’ai gardé ton visage en mémoire. Pourquoi as-tu fait ça ? Les personnes autour de toi n’ont pas besoin d’en pâtir parce que tu n’es pas dans le meilleur de ta forme. »

James n’était pas allé avec le dos de la cuillère, c’était dans sa nature, d’oser dire les choses avec franchise. *Je ne sais pas comment il doit vivre, chez lui, pour avoir développé ce genre de caractère.* pensa intérieurement le Poufsouffle avant d’esquisser un très léger sourire au Serpentard.

« Comment t’appelles-tu ? »

Le préfet attendit la moindre réaction de la part de son interlocuteur. Il espérait qu’il descendrait un peu dans sa fierté, mais ce n’était pas gagné, puisqu’il était à Serpentard - encore il ne faisait pas partie de Gryffondor.
Le Troisième Année se tourna vers Maïka, celle-ci avait l’air gêné et ne savait pas trop quoi faire en ce moment ; elle évitait soigneusement de se mêler de la conversation entre le Première Année de Serpentard et James.
Désireux de comprendre cette obstination apparente, le préfet s’approcha de la jeune fille et lui posa une question.

« Tu étais avec lui, en cours ? Il s’est passé quoi exactement, Maïka ? »

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Owen avait des mimiques de petit chien enragé. Il était toujours sur la défensive, prêt à se prendre un coup et à répliquer en criant plus fort, en mordant. Aussi s’attendait-il à ce que les deux Poufsouffle réagissent en attaquant. Que la fille – Maïka – insiste et que le garçon – James – se fâche. Mais ils n’en firent rien. La fille s’excusa tout bêtement et le garçon insista, mais plutôt gentiment. Il ne se mit pas en colère, et même plus dingue que ça, il sourit.

Le petit Serpentard était donc déboussolé. Il se sentait bête, comme si la bonne réaction à cette situation n’était pas préenregistrée dans son catalogue émotionnel.

« Il s’est rien passé..., murmura Owen, l’air contrarié. »

Inutile de crier sur les toits qu’il n’avait pas su lancer un sort. Il regarda Maïka avec insistance et la défia de revenir sur cette version de l’histoire. Puis, il posa son regard bleu et naturellement fâché sur le garçon, et réfléchit. Owen n’avait pas envie de lui dire son nom, mais il était sûr que Maïka, en fouillant un peu dans sa mémoire, pourrait le retrouver et le cafter. Dire un faux nom aurait donc été encore plus idiot.

« J’suis Owen. »

Il haussa un peu le menton et plissa les yeux. Il ne le savait pas, mais il tenait ce regard-là de sa mère qu’il détestait. Ce regard de défi, de condescendance insolente. Il avait beau faire deux têtes de moins que James, il se sentait infiniment au-dessus de tout, plein de cette insouciance enfantine qui vous crie qu’il n’est peut-être pas trop tard, malgré tout, pour que le monde vous appartienne.

« Qu’est-ce que tu appelles "des ennuis", exactement ? »

Il lui fallait évaluer les risques, voir si cela valait le coup de dire la vérité. Il n’aimait pas particulièrement s’attirer des ennuis, mais il ne pouvait pas non plus s’en empêcher. Le Choixpeau lui aurait dit que c’était un fragment de son côté Gryffondor, et Owen lui aurait crié dessus en niant.

Et puis, à Poudlard, tout était différent.

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Finalement, James sourit à Maïka - ouf il ne l'avait pas oubliée ! Elle s'était imaginée, l'espace de quelques secondes, que pour un préfet, une simple petite visite guidée n'était qu'un détail, une routine, et qu'il avait déjà rayé cette rencontre de sa mémoire. Mais non, ce sourire d'apparence sincère et presque désolée lui confirma qu'elle s'était fait des films, qu'il était juste trop préoccupé par son histoire de caillou pour penser à autre chose.

Suite à la justification du garçon aux cheveux noirs, Maïka avait pensé que James retournerait à ses occupations, au lieu de quoi il s'approcha du Serpentard et insista, apparemment certain qu'il était coupable. À cet instant-là, la Poufsouffle aurait tout donné pour disparaître. Elle n'avait pas la moindre envie d'assister à une dispute entre son préfet et un Serpentard susceptible et grognon. Quand James se tourna vers elle et lui demanda un témoignage, Maïka fouilla dans sa mémoire, mais non, rien ne lui venait. Tout ce dont elle se souvenait, c'était du garçon qui courait dans le parc, et ça ne prouvait rien du tout.

Elle fut cependant surprise quand le Serpentard lui jeta un regard noir qui lui demandait - ou plutôt qui lui imposait - le silence. Maïka aurait pu être effrayée et décider d'appuyer la version du première année, ou bien, au contraire, elle aurait pu être vexée par ce regard et aurait choisi de le contredire, juste pour le plaisir de se venger. Sauf que le message silencieux que venait de lui transmettre le dénommé Owen ne changeait en réalité rien ; Maïka n'avait rien vu d'important, ce qui l'arrangeait pas mal, et ne pouvait donc apporter son soutien à personne.

Pendant qu'Owen demandait à son interlocuteur ce qu'il risquait - comme quoi, il n'était peut-être pas si confiant que ça -, Maïka changea une énième fois de place, tapotant toujours le sol avec ses pieds.

« J'étais en cours avec lui, oui, mais il ne s'est rien passé de spécial. »

Elle avait bien fait attention à éviter de mentionner les problèmes qu'Owen avait rencontrés lors de leur cours de Défense contre les Forces du Mal, supposant que cette précision n'aurait fait qu'agacer le Serpentard et n'aurait pas pu aider son préfet.

« Je sais pas s'il a lancé une pierre. J'ai rien vu du tout. Désolée. »

Elle espérait que James aurait la décence de la croire. Elle détestait ces moments de la vie où elle sentait l'injustice arriver à grands pas, un peu comme si elle venait de faire plusieurs mauvais choix à la suite et que cela ne tarderait pas à lui retomber dessus, que ce soit en se faisant assassiner par le Serpentard pour ne pas l'avoir ouvertement soutenu ou en perdant la confiance de James.

Moins présente.

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Owen. Ce prénom était selon James, un joli prénom. Il l’aimait bien, en tout cas. Le garçon de Poufsouffle fronça légèrement les sourcils. Le garçon en face de lui le regardait d’un air que James avait l’air de connaître. Ce regard particulièrement dédaigneux lui rappelait deux personnes : secrètement, il n’avait jamais osé dire que la directrice était assez froide dans sa manière de parler et de regarder les autres, et sa mère qui n’avait jamais été fière de lui, le laissant toujours sur le côté, le méprisant. Mais James ne trouvait pas pour autant que Kristen Loewy et Elain Silvershade se ressemblaient.
Le préfet se demandait pourquoi ce Owen niait avoir lancé ce caillou. Ou peut-être que c’était tout à fait normal, en fait. Il ne voulait sûrement pas que cette histoire aille plus loin. Mais si tout le monde devait subir parce que « Monsieur » n’était pas content, il se ferait jeter de partout. James, ce qu’il voulait, c’était que chaque élève trouve sa place dans le château. Il n’était pas là pour gronder, mais pour faire respecter les règles. La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. C’était le principe même de la vie en communauté. Si ce garçon n’était pas capable de vivre en communauté, il aurait énormément de mal à avancer dans la vie.

Mais James fut plus étonné encore de sa réaction. Le Première Année de Serpentard laissait entendre qu’il ne voulait pas avoir de trop gros ennuis. Ça se voyait, il ne dévoilait pas toutes ses pensées, gardant un peu de fierté pour lui. Mais ce devait être un grand pas pour ce jeune garçon.
Le Poufsouffle n’était pas là non plus pour lui faire peur, loin de là, mais il devait se faire respecter, et ne pas passer pour le préfet sans autorité. James choisit ses mots avec soin, essayant d’aller dans le subtil pour lui faire cracher le morceau.

« Ce que j’appelle des ennuis ? Et bien, ça dépend de quel genre de bêtise ou idiotie tu as faite… Si tu continues à nier, dans ce cas, tu serais pris pour un menteur en plus d’avoir blesser physiquement quelqu’un ; alors que, “faute avouée…” »

James laissa sa phrase en suspens. Ce garçon devait bien avoir un peu d’intégrité en lui, tout de même. Ses parents ne devaient pas l’avoir si mal élevé que ça ? C’est pour ça que le Troisième Année laissa juger son cadet de l’erreur qu’il avait faite. Il lui laissait encore une chance. Après quoi, il en parlerait.

« Cela peut aller très haut dans la direction de l’école, ce genre d’histoire, surtout si c’était volontaire. »

Quant à Maïka, la jeune fille lui avait répondu que rien de particulier, de notable, ne s’était passé pour expliquer ce comportement presque agressif. Mais James avait vu le regard qu’Owen avait lancé à sa camarade, et se méfiait que la Première Année, sous l’insistance du garçon, ne cache une partie de la vérité. Seulement, son âme de Poufsouffle et sa loyauté envers sa maison et ses camarades resurgirent en lui, et il décida de croire Maïka avec fermeté. C’était ce qui faisait l’unité de la maison jaune et noire.

Love story turns easily into a tragedy - James et Rosalys

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Owen adressa un regard largement condescendant à Maïka, appréciant naturellement son obéissance. Il écouta ensuite attentivement les éclaircissements de James, et fut alors tout confus. En vérité, tout son petit être était poussé vers deux directions totalement opposées. D’un côté, il n’avait pas envie d’avoir des ennuis, ni même de devoir se confronter à sa mère – « la direction de l’école », ce devait être elle, ou bien son bras droit –, et de l’autre, quelque chose ne cessait de l’attirer vers elle. C’était un sentiment permanent de rejet et de curiosité – peut-être de regret, au fond.

Le petit Serpentard mit ainsi à certain temps à choisir sa réponse, et décida finalement d’embrayer sur tout autre chose. N’ayant toujours pas compris ce que signifiait le « P » sur la cape du garçon, il dit :

« Pff... Tu parles encore comme si je l'avais vraiment fait. Bon, alors si tu veux... Admettons… J’ai bien dit : admettons..! que ce soit bien moi qui l’ai lancé, ce stupide caillou, et que par hasard il soit tombé sur la tête de quelqu'un… Qu’est-ce que ça pourrait bien te rapporter d’aller le dire ? Que je sache, la personne a été soignée. Pourquoi créer des ennuis de nulle part, si tout va bien maintenant ? »

Owen était aussi ce genre de garçon trop gâté que tout couvre et couve, qui n’avait jamais appris à assumer ses erreurs. Il était parfois puni par sa grand-mère, c’est vrai, mais il ne voyait jamais la couleur de la réparation. Les adultes étaient aussi là pour ça, non ? Réparer les bêtises des enfants, les punir vaguement et c’est tout. C’était en tout cas de cette façon qu’Owen avait été élevé, entre une mère absente, un père trop rarement là pour avoir le courage de se disputer avec son fils, un grand-père trop gentil et une grand-mère qui n’était, finalement, qu’une grand-mère.

« T’es quand même pas un cafteur, j’imagine, conclut-il en haussant le menton et en croisant les bras. »

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Plus les secondes défilaient, plus Maïka sentait qu'elle n'avait rien à faire là et plus son pied tapait rapidement sur le sol, témoignage presque subtil de son malaise. Elle était de plus en plus certaine que le Serpentard était coupable, non seulement parce qu'il était à Serpentard, et que c'était déjà un lourd argument à charge aux yeux de Maïka, mais également parce que son comportement se faisait de plus en plus suspect. Il avait l'air contrarié, mais comment être certain que c'était bien parce qu'il ne voulait pas être puni, et non pas parce qu'il était outré de s'entendre accusé d'une bêtise qu'il n'avait pas commise ? Mais James se faisait insistant, il pensait l'avoir reconnu, et Maïka portait suffisamment d'estime à son préfet pour penser qu'il avait sans doute raison de ne pas lâcher l'affaire. Après tout, il savait ce qu'il faisait, c'était son boulot, alors qu'elle, eh bien, elle passait plus de temps à manger des crapauds à la menthe qu'à se soucier un tant soit peu du règlement.

Tandis que le Serpentard tentait de se défendre et faisait front tant bien que mal, Maïka s'éloignait plus ou moins subtilement du duo, faisant quelques petits pas en arrière de temps en temps, avec le but plutôt évident de partir d'ici sans avoir à se faire remarquer ni à les interrompre. Elle n'avait rien à voir avec leur désaccord et elle se retrouvait pourtant là, bêtement, à attendre qu'ils en décousent, ce qui n'avait pas l'air d'être pour tout de suite puisque tous deux restaient campés sur leur position. Non seulement elle n'avait envie d'apporter son soutien à aucun d'eux, par peur de se faire un ennemi, mais en plus de ça, elle n'avait aucune preuve pouvant être utile à l'un ou à l'autre. Elle se mit à gratter son majeur avec son pouce et à compter les secondes. Trois... Quatre... Cinq...

Quand Owen accusa James d'être un cafteur, Maïka se demanda soudain s'il avait seulement conscience que James était préfet, et que cafter, c'était son job. Probablement pas. Maïka aurait pu faire remarquer à Owen que James avait toutes les raisons de le balancer, mais elle avait un peu peur du Serpentard, et de toute façon, pourquoi se créer des ennuis ? James pouvait très bien expliquer la situation à Owen lui-même.

Avant que l'un des deux garçons n'ait pu répliquer quoi que ce soit, Maïka changea d'avis : elle ne partirait pas sans prévenir. Quitter les lieux sans se faire remarquer, c'était peine perdue. Elle fit faiblement semblant de tousser, et lorsqu'elle capta le regard de son aîné, elle pointa le château de son pouce et formula sur ses lèvres le mot « devoirs », lui signifiant ainsi qu'elle allait quitter le parc pour filer dans sa salle commune et se plonger dans ses parchemins. Elle n'était pas sûre qu'il ait compris, mais tant pis ; au moins, il ne pourrait pas lui reprocher d'être partie comme une voleuse.

Sans attendre, elle tourna le dos à James et Owen et rejoignit le château en trottinant. Intérieurement, elle espérait que James remporterait le duel et ferait cracher des aveux au Serpentard. Elle s'en voulait de ne pas l'avoir aidé, mais il pouvait comprendre, tout de même, qu'elle s'était trouvée dans une sale posture... non ? Pourquoi ce genre de choses n'arrivaient-elles qu'à elle ?

Et lorsqu'elle arriva dans sa pétillante salle commune, elle oublia complètement ses devoirs et le malaise qui l'avait envahie durant ces dernières minutes pour se plonger dans un jeu de société et la dégustation de sucreries.
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Désolée pour le retard.
Fin du RP pour moi, merci !

Moins présente.

Répulsion totale  Libre 

James en avait vraiment assez de ce garçon pour le moins désagréable, qui faisait sa petite loi et qui méprisait les personnes qu'il avait en face de lui. Il admit d'ailleurs l'hypothèse que c'était bien lui qui avait commis cet acte, et lui demanda ce qu'il lui arriverait. Puis il commença à provoquer James d'un regard condescendant. Le préfet-en-chef répondit aussitôt d'un air froid et autoritaire.

« Ecoute-moi bien mon grand, en tant que préfet-en-chef, je n'ai strictement rien à perdre à rapporter à ta directrice de maison le fait que tu lances des cailloux sur tes camarades sans scrupule si ce n'est que ton mépris, alors que toi, peut-être que ça te passe au-dessus de la tête, mais tu encours une punition ou une retenue, d'autant plus que tu mens. Alors s'il te plaît, aies un peu plus de respect pour toi-même et ceux qui t'entourent en cessant de nier ce que tu as fait. »

James espérait avoir été clair, et que le Serpentard avait compris le message. De toute façon, c'était décidé, il irait voir le professeur Van Drecken pour signaler le comportement d'Owen, et elle choisirait d'en faire part au professeur Loewy ou non.  

Quant à Maïka, la jeune Poufsouffle se faisait de plus en plus petite dans la conversation. Elle avait l'air de se sentir plutôt inutile, et elle indiqua ensuite à James qu'elle partait pour faire ses devoirs. Le Troisième année reconnut qu'il eut été difficile de se placer dans cette discussion, et difficile aussi de s'imposer à son âge face à ce méprisant Owen. 

« J'espère que tu réfléchiras bien aux conséquences de tes actes, et que tu ne recommenceras pas. Qu'est-ce que cela t'apporte de mentir ou faire du mal autour de toi ? Je pense sincèrement que tu vaux mieux que ça, et crois-moi ou non, tu iras vraiment plus loin. Cesse d'être entêté. J'irai cependant signaler ton comportement à miss Van Drecken. »

Le préfet-en-chef se retourna ensuite et laissa Owen seul avant de retourner vers le hall d'entrée.

Reducio
Fin du RPG pour moi ! Quel entêté ce Owen !

Love story turns easily into a tragedy - James et Rosalys