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Un paysage glacial | PV

Novembre. 

Le froid commence à se répandre, chatouillant les poumons avant de venir s'y cristalliser - et d'y geler, doucement. L'extérieur est de moins en moins sollicité, et les salles communes sont plus remplies. Ou n'importe quelle salle, tant qu'il y fait chaud, et que l'on n'y est pas changé en givre.
Les cheminées, elles aussi, sont assiégées par les élèves - histoire de ne pas devenir un glaçon. Et ainsi, les gens se bousculent pour se réchauffer.

Pourtant, le paysage glacial est quelque chose d'apaisant. C'est comme une peinture - ou une photo, que l'on aurait passé au filtre bleu. Une peinture qui serait figée dans le temps. Comme si on avait prit une quelconque télécommande et que l'on avait appuyé sur “Stop”, pour que l'image reste figée ainsi pendant plusieurs jours.
Et pourtant, ces petites secondes s'écoulent - sans que personne ne les remarque.

C'est pour observer le paysage que j'étais d'ailleurs dehors - dans le parc. J'aimais rester au coin du feu, sous des couvertures, avec un chocolat chaud entre les mains - aucun doutes. Mais de temps en temps, changer un peu ne ferait pas de mal.
Et puis, il faut bien profiter de cette période - elle ne reste pas toute l'année. Alors de temps en temps, sortir et respirer l'air frais - frais et tranchant - ne pouvait faire du mal. Surtout quand, malgré le froid, le soleil brillait haut dans le ciel - faisant honneur de sa présence.
Et surtout après être resté des heures enfermé en cours - ou enfermé à travailler sur de la paperasse de Préfet - l'air frais ne faisait que du bien. Et le soir, ensuite, on pouvait se lover au coin du feu, sous les couvertures, avec une tasse de chocolat chaud - tout en regardant par la fenêtre les milles astres dans le ciel.
Quand au soleil couchant d'hiver - il était plus agréable à observer directement en extérieur - alors que le froid nous enlacerait doucement devant le spectacle. Un spectacle qui serait une succession de peintures figées dans le temps.

Mes pensées vaquaient doucement, n'ayant aucun but précis. J'appréciais ces instants, où je pouvais me laisser aller - où je n'avais pas à me soucier de quelque chose en particulier.
Ces instants où je pouvais arrêter de réfléchir à tout - de penser à mon poste, à ma maison.
Ces instants où je pouvais cesser mes sourires pour redresser le monde - et rassurer les autres.
Ces instants où j'étais tout simplement moi - Eliott, l'enfant adopté - aux rêves par milliers.
Et pourtant, je n'étais pas malheureux.
Et pourtant, mes sourires n'étaient pas captieux.
Car au final, je me sentais bien - ici - à Poudlard, au sein des autres comme moi. Je me sentais bien - à devoir veiller sur les autres, et sur ma maison. J'avais toujours apprécié cela.

Et c'est avec ces pensées - observant le parc - que je soufflais de temps en temps un petit nuage de brume, jouant avec les brin d'herbe au sol - et piochant dans ma bourse à chocolat qui jamais ne me quitte.

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

Un paysage glacial | PV

Peter enfonça sa tête un plus dans son écharpe. Le froid lui glaçait le cou et lui tenaillait la peau. Il n'aimait pas beaucoup l'automne, ni l'hiver. Il supportait plus la chaleur que le froid. Mais il avait tout de même décidé de sortir aujourd'hui, pour s'entraîner sur le terrain de Quidditch, il avait pensé que pour une fois il arriverait à se forcer, qu'il arriverait à faire un effort... Grave erreur. Il n'avait pas eu le courage de faire quoi que ce soit, il était arrivé aux vestiaires quand il avait changé d'avis. Il ne s'était pas senti capable de faire du Quidditch par ce froid et s'était décidé à rentrer à sa salle commune. Ce qu'il était en train de faire.
Il avait encore des devoirs de sortilèges et de métamorphoses à finir. Il grogna, il n'avait aucune envie de les faire, encore moins celui de métamorphose. C'était toujours la même chose. Mais il n'avait pas le choix, si il les rendait en retard et aurait une mauvaise note, déjà qu'il avait fait une mini-attaque quand il avait eu un acceptable, il ne pouvait pas s'imaginer avoir moins encore.

Il se repassa dans la tête les choses qu'il avait à faire. Ses devoirs, et la préfecture l'attendait pour aujourd’hui, le reste il le ferait plus tard. Peut être même pendant les vacances. Il ne savait pas encore si il allait rester à Poudlard. Cela allait dépendre de ses parents. Si ils l'obligeait à rentrer il n'aurait guère le choix, mais il allait tout faire pour rester au château durant la période des fêtes. Cela était si magique ici. Il avait fait des tonnes de rencontres à cette période. Son cœur se serra quand il pensa à Katy, puis il détourna sa pensée. Il ne savait pas ce que les professeurs avaient prévu pour Noël mais il avait hâte de voir ça.
Le garçon avait maintenant parcouru la moitié du chemin, si il se dépêchait il allait peut être avoir le temps de goûter. Il fallait dire qu'il n'avait presque rien mangé à midi. Quelques pommes de terre seulement. L’appétit lui venait toujours plus tard dans la journée, de toute façon ce n'était pas un gros mangeur, ce qui pouvait expliquer sa petitesse et sa maigreur.

Le garçon espérait un peu de neige, mais le ciel bleu lui témoignait son refus. Ce ne serait pas pour maintenant. Il était maintenant en hauteur, il s'arrêta quelques instants, pour contempler le paysage. Il n'y avait pas grand chose de spécial aujourd'hui, de loin, il vit Hagrid en transporter un seau dans sa cabane, et un plus près, il y avait un garçon. Peter le reconnut comme étant le préfet de Poufsouffle, mais il n'aurait su dire son prénom. Ce qu'il savait en revanche, c'est que ce garçon avait des chocolats, et que son ventre criait famine. Il n'aimait pas trop aborder les gens mais là il n'avait pas le choix. Il arriva dans le dos du Pouffy.

-Tu m'en passe un ?

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Un paysage glacial | PV

L'hiver avait ses côtés agréables, tout de même.
Bien que le froid nous transperce jour après jour, et qu'il nous brûle les entrailles, il arrivait qu'il soit appréciable. Tout avait son bon côté, après tout. Même le gel pouvait vous réchauffer, d'un certain côté.
Et puis, ce n'était pas totalement l'hiver, techniquement - du moins, pas encore.

Ce qui était appréciable, c'était l'atmosphère - et le paysage. Une certaine sensation naissait alors - sentiment de vacances, sentiment des fêtes qui approchaient... Il y avait excitation et mélancolie qui se mélangeaient. Mélancolie, car d'un côté, je me souvenais toujours de ces moments passés en famille - que ça soit l'ancienne ou la nouvelle. Et cela me faisait toujours quelque chose, d'y penser. D'imaginer que peut-être que les Baker ne m'auraient pas abandonnés - et que j'aurais vécu avec eux une toute autre vie.
Mais qui serais-je, si ça avait été le cas? A quoi ressemblerais-je? Je ne serais sûrement en rien la même personne, mais cela me rend curieux. J'aimerais avoir une machine pour voir ce qui se passe dans d'autres lignes temporelles.
Et j'aimerais être une mouche - une petite mouche - pour savoir ce qu'il est advenu de la petite rousse qui les accompagnait la dernière fois. Si elle aussi, elle avait été abandonnée derrière, ou si elle vivait toujours avec eux, nageant dans le bonheur. Quelque part, la jalousie me rongeait - et je ne voyais pas pourquoi elle aurait le droit de vivre avec eux si moi je n'en avais pas eu le droit. Mais d'un autre côté, je ne lui souhaitais pas de vivre l'année sombre que j'avais vécu - et puis, au final, j'avais trouvé des parents très agréables, et que j'appréciais beaucoup.

Je secoue la tête pour sortir de mes pensées - et me concentrer à nouveau sur le paysage. J'avais hâte de voir la neige à nouveau. J'aimais énormément la neige - j'aimais passer du bon temps dedans, jouer, m'amuser, faire des batailles de boules de neiges, faire des bonhommes de neige - profiter, tout simplement. Alors, d'un certain côté, il me tardait d'être en hiver. Et les jours où il ferait trop froid, j'aurais une excuse pour rester au coin du feu - sous un plaid, une tasse de chocolat chaud entre les mains.

Je continuais de grignoter - tout en observant le paysage - quand quelqu'un arriva dans mon dos et me posa une question. Sur le coup, les mots n'arrivèrent pas jusqu'à mon esprit - car je sursautais, surpris par le silence soudainement brisé. Je n'avais pas entendu un seul pas - c'est comme si la personne avait glissé derrière moi.
Ou peut-être étais-je trop concentré à penser, observer et manger.

Je me tournais alors vers mon interlocuteur, qui me semblait familier - il s'agissait en fait du Préfet de Serdaigle, que j'avais déjà eu l'occasion de croiser de temps à autres. Mais je ne le connaissais pas si bien que ça - je ne connaissais même pas son nom, à vrai dire. Je l'avais juste croisé quelques fois en salle des Préfets - rien de plus.
Ses mots me montent alors jusqu'à l'esprit - me demandant si je pouvais lui passer un chocolat - et un sourire se dessina sur mon visage. J'ouvrais la bourse au chocolat et la lui tendit - après tout, tout le monde avait bien le droit d'en manger.

« Bien sûr, sers-toi ! », déclarais-je avec un grand sourire - alors qu'un nouveau nuage de brume sortait de mes poumons.

« Pas trop de boulot ? » ajoutais-je ensuite - histoire de démarrer une conversation.

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
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Un paysage glacial | PV

Le garçon tendait à Peter un sac remplit de chocolats. Il n'avait pas hésité une seconde à lui tendre. Peter apprécia. Il observa plus attentivement le garçon en face de lui. Il était blanc comme la neige, et ses yeux bruns comme l'écorces. Mais son visage rayonnait de malices et de gentillesses, il était légèrement plus grand. Le serdaigle se demandait si un garçon était plus petit que lui dans ce collège. C'était peu probable mais pas impossible. Le Pouffy lui souriait. Et le bleu n'aurait su dire pourquoi, mais ce sourire était contagieux. Pour la première fois depuis longtemps; Peter sourit.

Il se servit dans le sacs que lui tendait son camarade. Et avala goulûment un ou deux chocolats. Ils étaient vraiment bons. Ils étaient même délicieux ! Le garçon se permit de se resservir. Ensuite, le Pouffy lui demanda si il n'avait pas trop de travail, il imagina qu'il parlait de la préfecture. Peter finit d'avaler son énième chocolat avant de répondre.


-"Hmm, non ça va. Miss Holloway nous a filé quelques dossiers sur certains élèves en difficulté pour qu'on puisse les aider. Mais ça reste très rapide. J'peux pas dire que je croule sous le boulot. Et toi ?

Ne pouvant s'en empêcher, le brun reprit deux-trois chocolats. Puis il regarda le Pouffy dans les yeux, ce qu'il n'avait pas fait depuis le débuts de la conversation. Il avait pris l'habitude de ne pas le faire, pour ne pas trop s'exposer. Mais là il le fit. Et en regardant les yeux du garçon alors que celui ci le regardait, une sensation très étrange parcouru le corps du serdaigle. Il détourna le regard. Ce n'était pas la première fois; doute, froid, incertitude, givre, implosion...

Ils ne s'étaient même pas présentés, cela ne devait tardé, Peter commença alors.

-En fait, moi c'est Peter, Peter Speculus. J'sais pas si tu le savais. En tout cas y sont trop bons tes chocolats, tu les achètes où ?"

Le Serdy s'en serait voulu de ne pas poser cette question, il enviait un peu le jaune avec sa bourse, lui aussi aimerait pouvoir en manger quand il le voulait, autant de fois qu'il le voulait. Quoi qu'il en soit, un conversation avait bel et bien démarrée entrer les deux enfants.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Un paysage glacial | PV

Le garçon m'observa un instant avant de se servir dans mon sachet. Je lui offrit un sourire, savourant mon dernier morceau de chocolat, avant de me resservir - tout comme mon camarade, ce qui me ravit au plus haut point. Ceux qui aimaient le chocolat étaient mes amis - et ceux qui ne l'aimait pas aussi, car chacun ses goûts, et ça en fait plus pour moi. Mais cela me faisait toujours chaud au cœur quand j'observais d'autres personnes se délecter du doux et délicieux arôme du chocolat.

Je souriais au garçon, qui me souriait en retour. Ce qui me faisait encore plus sourire. Je ne savais pas si c'était ma bonne humeur habituelle ou les chocolats que je lui avais offert, mais le jeune garçon souriait, et se resservait. Partager du chocolat avec quelqu'un était vraiment un moment magique, car le chocolat en lui-même est magique. Il dessine les sourire et efface les soucis, il sèche les larmes et débute les rires. Il noue des amitiés - et bien plus que ça encore.
Le chocolat, plus que tout, est un remède, une potion, un philtre de vie.

Le jeune garçon répondit à ma question après avoir avalé un nouveau chocolat. Il déclara que niveau travail, ça allait. Sa directrice de maison leur avait donné des dossiers sur des élèves qui seraient en difficulté, mais que ça allait - qu'il ne croulait pas sous le boulot. Puis, il me demanda si moi non plus, je n'avais pas trop de boulot.
J'ouvris la bouche pour lui répondre, mais je croisai le regard du Serdaigle, et m'y perdit pendant un court instant. Ses yeux percèrent les miens, sondant mon être, ne les lâchant pas une seule seconde - et ce, pendant un instant.

Puis, cet instant se termina - lorsque le garçon décida de se présenter. Peter Speculus. Je souris - en effet, je ne connaissais pas son identité, mis à part qu'il était Préfet de Serdaigle. Puis, il me demanda également où j'achetais mes chocolats - car ils étaient délicieux. Mon sourire s'agrandit, et je m'empressais de répondre - et de me présenter, moi aussi.


« Enchanté, Peter ! Moi, c'est Eliott Alexander Parks. Mais tu peux tout simplement m'appeler Eliott ou Alexander... »

Je fis une pause, gardant le sourire. Je répétais à chaque fois cette phrase - pourtant si inutile. A quoi bon préciser son deuxième prénom, même s'il est inscrit de partout ? En général, les gens ne disent pas leur nom complet, si ? Ils disent simplement leur premier nom, et leur nom de famille.
J'imagine que je voyais ça comme une formule de politesse, mais c'était peut-être inutile, tout compte fait.


« Les chocolats ? C'est mes parents qui les achètent avant que je parte et qui m'en font une grosse réserve. Ils m'en envoient régulièrement aussi, pour que je ne sois jamais à court... Je pense qu'ils doivent voir que je suis un peu dépendant du chocolat, haha ! »

Je ris légèrement. Il était vrai que j'avais tendance à beaucoup trop dépendre du chocolat - et à en avoir besoin beaucoup trop souvent. Il faudrait peut-être que j'essaye d'arrêter ou de ralentir, mais rien que cette idée ne me donnait des frissons. Le chocolat était bien trop important.

« Je pourrais demander à mes parents d'en envoyer un peu plus et on pourra partager, si tu veux ! »

Je souris une nouvelle fois. Rien que l'idée de partager du chocolat avec quelqu'un me ravissait.

« Sinon, côté boulot, ça va aussi de mon côté. On doit aider des élèves, mais Mr.Heltowni ne nous donne pas trop de boulot non plus. J'imagine qu'avec l'hiver et les fêtes qui vont arriver, c'est plutôt normal... On ne va pas nous surcharger non plus. Après, je ne sais pas...»

Je souris une nouvelle fois, et regardait Peter, repensant à l'échange visuel quelques minutes plus tôt. Ça avait été différent de ce que j'avais pu vivre jusqu'à maintenant. C'est comme si quelque chose de spécial été passé.
En quelques mots, j'avais ressenti la même chose que lorsque je regardais du chocolat. Mais cette fois-ci, j'étais le chocolat.

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
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Un paysage glacial | PV

« Je pourrais demander à mes parents d'en envoyer un peu plus et on pourra partager, si tu veux ! »

Peter sourit. C'était gentil, simplement gentil. Le brun se sentait à l'aise avec lui, et alors qu'il voulait rentrer au château, il n'en avait plus du tout envie. 
Le soleil se couchait, s'était beau. Le garçon était encore debout, contrairement à Eliott qui lui était assis. Il le rejoignit, s'asseyant à ses côtés. Un petit silence s'était installer après que le poufsouffle ai parlé de sa quantité de travail à effectuer, qui était, à l'entendre assez moindre. 

Ce silence, comparé à beaucoup d'autre n'était pas vraiment gênant, il était juste calme. Vide de sens, juste paisible. Le Serdaigle, sans demander cette fois, reprît un chocolat dans la bourse de l'autre. Après tout, il en avait beaucoup à partager, et cela étonnerait Peter, si le Pouffy s'énervait pour ça. Il avait l'air plutôt calme.
Par son immobilité, le corps du brun commençait à geler, il remonta son écharpe dans son cou, observant la brume sortir de ses poumons, et s'évaporer quelques seconde plus tard dans le ciel. Il essayait de voir chaque particule se dissoudre, se répandre dans l'air, et bien qu'il savait cela impossible, ça ne l'empêchait pas de continuer.

Il faisait maintenant presque nuit. Le soleil disparaissait derrière les montagnes, ne laissant derrière lui, que des nuages dorés, encore touchés par ses rayons. Ne sachant quoi dire, Peter dit:

- C'est dommage que le ciel ce soit pas un éternel couché de soleil.

Il réfléchissait dans sa tête, faisant tourner des rouages inexistants. Il leva les yeux au ciel pour essayer de traduire au mieux sa pensé, cela l'aidait. Puis il se tourna vers Eliott, décidé à regarder son interlocuteur dans les yeux pour une fois. C'était assez dur pour lui.

-M'enfin peut être que finalement on s'en lasserait, ça se trouve on aime bien juste parce que ça dure pas longtemps. T'en penses quoi Eliott ?

Il n'avait ajouter cette dernière petite phrase, que pour montrer au garçon qu'il avait bien assimilé son prénom, et qu'il ne s'en fichait pas. Et puis son avis l'intéressait aussi. Peter ne s'avait pas bien pourquoi on aime les choses. Il ne savait pas bien pourquoi cela lui arrivait d'aimer, mais aussi de ne pas aimer. C'était assez inexplicable. 
Cette conversation prenait une allure bizarre, c'était rare pour Peter de parler de choses aussi abstraites, du moins avec des gens de son âges. Il se souvînt de son amour avec Katy, de ces moments qu'ils avaient passé à justement parler de choses abstraites. 
Tout le monde se moquait d'eux à l'école, parce que Katy avait trois ans de plus que le brun. Mais Peter comprenait pourquoi, pourquoi on s'était moqué d'eux. Pauvre Katy, elle devait avoir l'air ridicule à côté d'un première année aussi petit que lui, elle qui était déjà presque femme, et lui qui n'était qu'enfant.
Malgré le fait que beaucoup de gens lui disait "tu es beaucoup trop adulte pour ton âge", lui n'en croyait pas un mots. Il ne voulait pas être adulte, il ne voulait pas.
Il ne voulait pas.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Un paysage glacial | PV

La brise légère caressant mon visage. Le doux son des feuilles frémissantes. Le soleil disparaissant petit à petit derrière les montagnes. L'air froid engouffrant mes poumons, l'herbe chatouillant mes doigts. Peter à mes côtés.
Tout était vivant. Les secondes s'écoulaient, une par unes, silencieuses, harmonieuses. Et pourtant, c'est comme si le temps s'était arrêté - comme s'il s'était figé, pour ce tableau de vie.
Ou peut-être, était-ce ce que je voulais: Que le temps se fige; pour une seconde, une minute, une heure. Ou une éternité.

Peter s'assit à mes côtés, se resservant en chocolat. Je souris - j'étais heureux de pouvoir les partager, et de ne pas être le seul à les savourer. Après tout, le chocolat est délicieux - mais encore meilleur lorsque partagé avec quelqu'un que l'on apprécie. Ou que l'on aime. En bref, il est inutile de préciser que ce ne serait pas agréable seulement si le chocolat est partagé avec une personne que l'on méprise - puisqu'elle l'aurait probablement pris de force.
Mais au final, tout le monde à le droit au chocolat. Et ne serait-il pas un moyen de mettre fins aux conflits, et de se rapprocher?

Mon camarade remonta ce qui le couvrait - le Froid devant l'enlacer, lui aussi. Je portais mes mains à mon visage et y soufflait doucement pour les réchauffer - le Froid ayant voulu les serrer un moment. Peut-être que le froid était seul. Peut-être que c'est pour ça qu'il était désagréable, ou qu'il ne cessait d'étreindre les gens, de les approcher. Parce qu'il était seul, oublié, et qu'il avait besoin de compagnie. Mais personne résiste au Froid. Peut-être était-il maudit par la Mort, et que celle-ci venait prendre ceux auxquels le Froid était trop attaché. Ou peut-être était-elle jalouse qu'il puisse autant s'approcher d'êtres vivants. Peut-être que le Froid et la Mort iraient bien ensembles.
Ou peut-être pensais-je trop.

La nuit, qui quant à elle, était appréciée; commençait à se revêtir de son luxueux manteau aux joyaux infinis. Elle rencontrait le jour - et tous deux, il formaient le crépuscule; un beau mélange d'orangé et de violet. De rosé et de turquoise. Une peinture que l'on ne voit qu'une fois par jour.
Et alors que les deux personnages se mélangent et échangent leur places - l'aigle déclara :

«C'est dommage que le ciel ce soit pas un éternel couché de soleil.»

Sa voix traversa mon esprit, claire comme du cristal - alors que j'observais toujours la danse du crépuscule entre les deux entités. Je me tournai vers lui, et il fit de même - plantant son regard dans le mien. Mes yeux observaient les siens sous chaque couture, décelant chaque nuance et chaque lueur. C'était captivant, c'était comme si j'avais envie d'y plonger et de m'y perdre, encore et encore.

« M'enfin peut être que finalement on s'en lasserait, ça se trouve on aime bien juste parce que ça dure pas longtemps. T'en penses quoi Eliott ?»

Ses mots me tirèrent de ma rêverie - et je clignais des yeux pour le regarder à nouveau. Un sourire se dessina sur mon visage, alors que je reportais mon attention sur le spectacle bientôt terminé que nous offrais le ciel. J'expirais une bouffée d'air glacé, regardant les premières étoiles - avant de déclarer:

«Je ne sais pas vraiment... Les couleurs du coucher de soleil sont réconfortantes, mais peut-être ne sont-elles qu'en fin de journée pour nous apaiser après une dure journée... Et que c'est cela qui les rend si attachantes. Imagine passer une journée détestable, et que le ciel reste un coucher de soleil... Peut-être que tu le blâmeras, et que tu ne voudras plus le voir.»

Je fis une pause, reportant mon attention sur mon camarade. J'avais la sensation que quelque chose d'important avait lieu.

«Mais peut-être que tu as raison, Peter... Peut-être qu'on s'en lasserait aussi. Que le fait qu'il soit éphémère fait qu'on en profite plus. Fait que l'on arrête le temps de nous-même, mais que ça n'est tout de même pas assez. Et que le fait qu'un coucher de soleil soit temporel lui donne sa beauté.»

Pause. Je regarde mon camarade, silencieusement. Le vent caresse toujours mon visage, mes cheveux.
Alors je repose mon attention vers le ciel ayant presque revêtu son manteau de nuit, et je tends la main vers les milliers d'astres.

«Et puis, il faut laisser place à la nuit, qui elle aussi est belle et reposante. N'est-ce pas, Peter?»

Je regarde le ciel, abaissant doucement la main. Je me perds dans l'immensité du monde.
J'ai peur.
Peur d'être comme d'habitude - peur d'être cette personne qui a tendances à trop s'accrocher, trop vite. Je savais à quel point la chute était douloureuse, lorsque les autres nous lâchaient. Lorsqu'ils ne ressentaient pas pareil - lorsque l'on était beaucoup moins à leurs yeux qu'ils l'étaient aux nôtres. J'avais peur que ce schéma se répète, encore et encore. Alors, je ne voulais plus m'accrocher.
Et pourtant, je le désirais plus que tout.

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Un paysage glacial | PV

Qu'est ce que l'ambiance était paisible... Peter tentait de profiter un maximum. Il respirait calmement, sereinement. Et ne pensait pas à demain, à tout ce qu'il avait à faire, à tous les problèmes qu'il avait ou qu'il l'attendait. Non. Il voulait simplement profiter de l'instant présent. Être là, devant ce coucher de soleil qui disparaissait déjà, à sentir le vent contre sa peau, à discuter avec ce garçon qu'il ne connaissait pas, mais qu'il appréciait déjà beaucoup. 
Si seulement toute la vie pouvait être comme ça, une vie sans aucuns problèmes. Seulement... sereine et calme. Sans violence ni souffrance. Mais ce n'était pas le cas.

 Eliott semblait légèrement réfléchir à sa réponse. La question du Serdaigle était un peu stupide, mais le Poufsouffle ne semblait pas l'ignorer pour autant. Après quelques secondes il répondit:

«-Je ne sais pas vraiment... Les couleurs du coucher de soleil sont réconfortantes, mais peut-être ne sont-elles qu'en fin de journée pour nous apaiser après une dure journée... Et que c'est cela qui les rend si attachantes. Imagine passer une journée détestable, et que le ciel reste un coucher de soleil... Peut-être que tu le blâmeras, et que tu ne voudras plus le voir.

Peter ne comprit pas exactement ce que voulait dire son camarade.  Il y réfléchit quelques instants sans parvenir à trouver de réelle conclusion. Mais il allait garder son incompréhension pour lui, en aucun cas il ne voulait blesser Eliott. Et puis ce n'était pas de la faute au jaune si Peter n'avait pas réussit à comprendre ce qu'il voulait dire.
Alors Peter ne répondit pas. Il se contenta d'acquiescer légèrement, regardant le ciel qui continuait de s'assombrir petit à petit, laissant place aux premières étoiles, signe d'une nuit sombre et pleine de secrets. Il n'avait pas du tout envie de rentrer au château, il n'était pas fatigué non plus, il voulait juste rester là. À regarder le ciel, avec l'envie de mieux le comprendre.

Puis Eliott lui donna raison, en indiquant que oui, la beauté d'un coucher de soleil venait sûrement de son éphémérité. Il le dit d'une façon qui impressionna le serdaigle, avec une grande poésie, et des mots très spécifiques, qui jamais ne seraient apparus dans l'esprit de Peter. La spontanéité de ces phrases poétiques laissa le brun scotché. Eliott se révélait être plutôt intelligent. Et assez sensible. Sensible aux choses, et au monde qui les entouraient.

Peter regarde Eliott. Ce moment était spéciale.  Le serdaigle n'avait jamais eu ce genre de conversation avec qui que ce soit. Et il était très content que ce soit avec lui, Eliott.
Les phrases ne sortaient pas vites. À chaque phrase, une pause. Ce qui rendait la discussion plutôt lente. Mais pour une fois, cela ne gênait pas Peter. Ces moments de silences étaient nécessaire. Il y avait beaucoup de choses à comprendre, à ressentir. Des choses auxquels il fallait réfléchir, qu'il fallait décortiquées. Oui ce moment était très spécial. C'était le moment de toutes les envies et de toutes les réflexions. Le moment à eux.

Le Poufsouffle reprit la parole.

-Et puis, il faut laisser place à la nuit, qui elle aussi est belle et reposante. N'est-ce pas, Peter?

Belle.. Reposante... Oui, s'était bien les mots qu'il fallait. Ça y était. La nuit était là, et elle les observait, d'un œil plein de malice qui semblait vouloir leur dire quelque chose. 
*Que veux-tu dire la nuit?*
Peter bougea alors, il se coucha sur le dos et mis les mains derrière la tête. Il s'allongea, de manière à voir le ciel, et rien que le ciel.
Il se mit alors à émettre un petit rire. Un petit rire, de bonheur? Peut-être, surement. Il n'aurait su l'expliquer. Ce rire, discret laissa place à un petit soupir de satisfaction.

-Oui... Elle est belle. Très belle.

Il regardait les étoiles une par une, essayait de trouver à chacune une particularité qui les distinguerait des autres. C'était dur mais pas impossible. Peter se rendait compte de l'immensité de la nuit. Il n'y avait jamais vraiment fait attention, mais son regard ne pouvait pas s'arrêter, il n'y avait pas d'obstacle dans l'espace à sa vue. 
Que du vide. Le ciel était le seul infini auquel il avait accès.

-Belle et incroyable. J'pense qu'on a parfois tendance à l'oublier.

Il tourna alors la tête vers Eliott. Le regarda un peu. Juste pour voir. Il souriait, et lui aussi regardait la nuit. Jamais le serdaigle n'aurait pensé en apercevant ce préfet de loin, avoir à faire à quelqu'un d'aussi mystérieusement captivant.

La nuit était tombée. Ils n'avaient plus le droit d'être là. Mais le brun ne voulait pas rentrer. Et il avait peur que le Poufouffle lui le veuille. Il tenta alors d'anticiper la chose.

-J'veux pas rentrer. On est bien là. Au pire on pourra dire qu'on s'est trompé, et qu'on croyait que c'était à nous de faire un tour de garde non?

Il se redressa sur son coude pour avoir l'approbation de son camarade, avec beaucoup d'espoir. Il ne voulait pas quitter la nuit maintenant, ni Eliott...

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Un paysage glacial | PV

Le jour et la nuit avaient définitivement terminé leur valse. Leur enfant crépusculaire était resté un court instant, avant de suivre son paternel et de laisser place à l'élégante nuit. Face à ce tableau sombre aux pointes de lumières; face à ce manteau incrusté de joyaux, le temps semblait véritablement s'arrêter. Si je fermais les yeux, la vision de cette peinture restait incrustée dans mon esprit - gravée. Les aiguilles arrêtaient de tourner, le vent ralentissait, le bruissement de l'herbe se perdait dans un lointain murmure. Et le silence retombait.
Ou du moins, c'est ce que j'aurais voulu : Que tout s'arrête, ici et maintenant.

Peter avait écouté avec attention ma vision des choses, acquiesçant en ne lâchant pas le ciel du regard. Il avait semblé réfléchir à mes mots, à mes paroles; pendant un court instant. Quant à moi, je me sentais bizarre, étrange. Je me sentais flotter, comme sur un nuage - ou comme si j'étais en train de rêver. Une douce sensation me parcourait le corps, et le réchauffait tout en le détendant - exactement comme au sein d'un songe agréable. Je me tournais alors vers mon camarade, qui me regardait. Une question me traversa alors: Pourquoi rêverais-je de quelqu'un que je connais si peu? Est-ce le destin qui voulait me guider vers lui? Mon corps, mon esprit; qui voulaient m'apprendre quelque chose? Ou une autre raison que je ne pourrais imaginer? Non, je ne pouvais pas inventer tout ceci. Ça ne pouvait qu'être réel.

Après ma dernière phrase, l'aigle s'était d'abord allongé. Puis, il avait émit un rire. Un rire léger, discret, chaleureux. Il laissa ensuite place à un soupir, qui fut accompagné de quelques mots:

« Oui... Elle est belle. Très belle. »

Je le regardais, alors que ses yeux étaient perdus dans l'immensité du cosmos. Et les miens, à l'observer.  Mais son regard était si intensément posés sur la voûte céleste, que je détachais mon regard pour, moi aussi, me perdre dans l'immensité de l'infini.
Me perdre dans la nuit, l'espace, l'univers. Parmi les nébuleuses et les astres. Parmi le vide et le garni, les collapsars1 et les météores. Parmi le passé et l'avenir, la liberté et la destinée.
Parmi le rêve et la réalité, à travers aujourd'hui et demain.
Je me perdais dans cette infinité, j'imaginais le sentiment qui me transcendait m'emporter dans l'espace. Je me sentais infime, imperceptible - et à la fois, je me sentais illimité. Un paradoxe semblait parcourir tout mon corps, me faisant frémir.
Mais cette singularité me rendait complet - alors, je souriais.

« Belle et incroyable. J'pense qu'on a parfois tendance à l'oublier. »

Mon sourire s'élargit. Je pris une profonde inspiration, l'esprit voyageant à travers les astres. Puis, je fermais les yeux. J'étais heureux. Et condamné. Tel un fruit à son arbre, je m'étais accroché - encore Et ma chute résulterait de ma purulence - similaire à un fruit putride, alors que son cadavre se ferait débarrasser par la branche. Mais soit - j'étais heureux dans le moment présent. Et j'avais déjà croisé des branches qui ne laissaient pas leur fruit pourrir; et qui tentaient de les garder.
Alors pourquoi pas lui?

La nuit nous enlace. Mon regard ne se détache plus du ciel. Je pense, tout en ne pensant plus. Je suis le néant, et je suis l'être à la fois.

« J'veux pas rentrer. On est bien là. Au pire on pourra dire qu'on s'est trompé, et qu'on croyait que c'était à nous de faire un tour de garde non? »

Je regarde mon camarade un instant. Ses yeux reflétaient le ciel - emplis d'étoiles. Je souris alors - plus radieusement que jamais - et m'allonge également au sol, posé sur mon coude pour être au même niveau que lui. Je le sonde un instant, laissant un silence. Puis, je réponds:

« Rentrer maintenant ? Ça serait dommage, la nuit vient de tomber... On a encore tant à observer - et à apprendre. »

Je garde mon regard posé sur lui un court instant, avant de le ramener vers le ciel.

« Je n'aime pas l'idée de mentir. Mais je n'ai pas envie de partir non plus. En fait, j'ai envie que le temps s'arrête.»

Je fais une pause, fermant les yeux. Je veux choisir mes mots, mais au final, je ne sais pas quoi dire. Je reste alors comme ça, les yeux clos, dans le silence. La sensation du songe ne m'a toujours pas quitté. Un moment, j'ai l'impression de me retrouver à l'orphelinat. Quand je regardais le ciel, et que je me perdais dans mes pensées. Quand la nuit m'apportais du bonheur, que la lune était ma seule amie. Quand je pouvais me laisser aller, en regardant les astres lumineux. Que mon esprit était relaxé.
Et si, depuis tout ce temps - tout n'était qu'un rêve ? Et si, troublé par l'abandon, j'avais dormi et inventé une vie, attristé de ma propre existence?
Cette pensée de n'être qu'une projection de ma solitude me déchira.
J'ouvre alors les yeux, les plongeant dans l'immensité de l'univers - et dans un murmure presque inaudible et anéanti, je laisse échapper:

« Je veux rester, Peter.»

Si tout ceci n'était qu'un rêve, alors faites qu'il ne s'arrête jamais. 

1: État entre l'étoile et le trou noir.

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

Un paysage glacial | PV

"Je veux rester Peter"

Cette simple phrase rendit Peter heureux. Il se rallongea, les yeux toujours tournés vers le ciel. Il ne comprenait pas tout ce qu'il se passait, mais il appréciait ce qu'il se passait. C'était agréable, c'était beau, c'était étrange. Tout comme Eliott. 
Beau? Est-ce qu'Eliott était beau. Il ne savait pas, pouvait il se permettre de trouver un garçon beau. Pouvait il se permettre de porter un tel jugement sur un autre garçon? Après tout pourquoi pas. Oui, il trouvait Eliott beau, et il ne devait pas avoir peur de ça, il n'y avait aucune raison d'avoir peur. Il devait peut être même être fier. Il eu un bref instant envie de le crier sur tout les toits, qu'Eliott était beau, de le dire à tous le monde, à Eliott lui même. Car oui, il avait le droit, le droit de trouver un autre garçon beau. Il le savait maintenant, la nuit lui avait dit.

Mais il garda tout de même le silence, car il ne voulait pas que son probable nouvel ami s'enfui en courant. Mais était il devenu son ami? Il voulait le savoir. Car Peter l’espérait. 

-Eliott? Nous nous reverrons après n'est ce pas? Tu as l'air vraiment cool, ça serait dommage de plus se reparler après ça. 

L'autre garçon lui répondit. 

Peter sourit. Puis il se mit à chantonner. Une chanson qu'il avait entendu un jour, une chanson qu'il avait trouvé magnifique. Il ne se rappelait pas des paroles, mais il trouvait que la mélodie se prêtait bien à son état actuel. Léger, optimiste, mais tout de même avec un léger aspect triste.

Il chantonnait discrètement, sans véritablement chanter. Il repensait à la conversation qu'il venait d'avoir, une conversation presque poétique, surtout du côté d'Eliott, qui Peter l'avait remarqué, avait un véritable talent quand il s'agissait de manier les mots, il prononçait des phrases très poétiques spontanément. Chose qui devait être dure à effectuer, peut être Eliott avait l'habitude d'écrire des poèmes.

Tandis qu'il continuait de chanter, Peter sentit ses paupières devenir lourdes. Et sa voix commençait à faiblir. Il s'en rendit compte mais ne lutta pas. S'endormir ici ne pouvait que lui faire passer la plus belle des nuits. 

Il entendait sa voix disparaître tandis qu'il fermait les yeux. Le pauvre Eliott allait se sentir seul, il partirait peut être. Peter espérait que non. Puisque c'est sa compagnie qui le faisait s'endormir, avec lui il se sentait en sécurité, il était rassuré. 

Ses pensées devinrent moins clair. Il se perdait dans le néant du sommeil.
Il ne voyait plus que le noir. N'entendait plus que le silence.
Pourtant il sentait encore Eliott.
Il le reverrait dans ses rêves.
Peter dormait.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Un paysage glacial | PV

Un souffle, une présence. Mon regard porté sur le ciel et ses millions d'astres, mes derniers mots résonnant dans mon esprit comme une cloche. Avais-je vraiment prononcé ces paroles comme une plainte? Peut-être n'avaient-elles résonné ainsi que dans mon esprit - peut-être que les étoiles me jouaient des tours, brouillaient mon esprit et ma pensée - altéraient mes souvenirs.
Peut-être n'avais-je jamais quitté cette chambre d'orphelinat. Peut-être étais-je dans un profond sommeil depuis, et que la solitude commençait à me peser.
Mais peut-être que tout ceci était bel et bien réel - et que je vivais bel et bien le moment présent. Je respire profondément - j'inspire et j'expire lourdement, comme si les astres laissaient reposer en moi le poids de leur existence.

Je sens Peter se rallonger. Je le sens sourire. C'est comme si un fil nous reliais - je ne le regarde pas, je ne le vois pas, et pourtant je sens ses actions - je sens son existence. Il y a une vieille légende chinoise qui dit qu'un fil rouge invisible relie ceux qui sont destinés à se rencontrer - indépendamment du temps,  de l'endroit ou des circonstances. Le fil peut s'étirer, s'emmêler - il peut se tendre ou se relâcher; mais jamais il ne cassera. Peut-être que Peter et moi étions liés par ce fil rouge invisible ?
Instinctivement, je lève la main à hauteur de mon visage et l'observe intensément - tentant de percevoir un fil rouge attaché à mes doigts, derrière un lourd voile invisible. Je me redressais alors légèrement pour regarder mon camarade, tentant d'apercevoir si un fil nous reliait.
En vain, il était bel et bien invisible à l’œil humain. Alors je m'imaginais qu'il était là - et que si ce n'étais pas le cas, alors je l'attacherais moi-même à la main de Peter, pour que nous soyons reliés.
Pourquoi? Je ne sais pas. Je veux juste être sûr de pouvoir le revoir.

La présence de Peter m'apaise - et je me surprends à sourire sans aucune raison. Je me sens bien. J'ai toujours aussi peur d'être coincé dans un songe - mais cela voudrait dire que Morphée ne m'a apporté que le plus beaux des rêves, comme une compensation - et qu'ainsi, je ne pourrais plus partir. Ça serait un prix à payer, mais pour la bonne cause.
Soudain, sa voix me tire de ma rêverie - si on peut l'appeler comme cela.

«Eliott? Nous nous reverrons après n'est ce pas? Tu as l'air vraiment cool, ça serait dommage de plus se reparler après ça.»

Une brise passe - elle nous caresse, nous enlace. Elle nous murmure des mots doux, veille sur notre nuit - et disparaît dans l'air.
Puis, je souris, et plante mon regard dans celui de mon camarade.

« Bien sûr qu'on se reverra, Peter. Même si tu n'es qu'un rêve, on se retrouvera toujours grâce à Morphée - et si tu es réel, alors le fil rouge nous réuniras. »

Je souris. Je ne sais pas s'il a saisit ce que je voulais dire - moi même, je ne comprends plus mes mots, je ne sais plus ce que mon corps désire, je ne sait plus ce qu'il essaie de dire. Les mots semblent se former indépendamment de ma volonté - ils semblent jaillir de mes lèvres sans que je ne prenne plus le temps de réfléchir. Ils semblent agir d'eux-même - tout simplement.

Doucement, une mélodie commence à m'emporter. Je l'écoute - fermant les yeux - mon corps se détendant comme si la voix massait mes muscles noués. Je me rends rapidement compte que la voix n'est pas le fruit de mon imagination - mais bel et bien celle de Peter à mes côtés, qui chantonne doucement une mélodie agréable. Elle était légèrement triste - l'air, du moins. Mais tout de même poétique. Je souris, et me relaxe - écoutant mon camarade, porté par la mélodie qu'il fredonne doucement.

Je l'écoute jusqu'à ce que sa voix se ternisse, et disparaisse dans l'obscurité. Je perçois sa respiration régulière et calme. Je perçois chaque parcelle de lui.
Je rouvre les yeux et le regarde. Il a l'air si serein, relaxé, détendu. Il a l'air si calme. Je ne veux pas le réveiller - et je ne veux pas le quitter. Alors je me rallonge et je me presse contre lui délicatement - sentant son doux contact contre moi. Je n'ose pas le toucher plus - comme s'il allait se briser ou se réveiller. Je ne bouge plus, allongé contre lui.
Et cette fois-ci, Morphée vient bel et bien me récupérer - et m'emmène une nouvelle fois le rencontrer pour le reste de la nuit- sans que je ne me soucies du lendemain. Un lendemain où nous nous réveillerons ainsi, dans le froid. Où le silence régnera, mais où nos yeux parlerons.
Et tant pis si nous sommes tous deux malade - nous vivions le moment présent, et je ne l'échangerais pour rien au monde.

Reducio
Fin du RP

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