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La fausse bonne idée - pv John Hipworth

Miss Bennet n’avait pas pour  habitude de se coucher tôt, ni même de s’endormir rapidement ou bien de beaucoup dormir tout court, elle se rattrapait en somnolent en journée, lorqu'elle s'ennuyait. Aussi loin que sa mémoire remontait, cela avait toujours été ainsi, dans la pièce de leur chambre, l’obscurité était absolue, certaines se plaignant de ne pouvoir dormir que dans ses conditions-là. À l’aide d’un éclairage de poche, Emy camouflée sous ses couvertures parcourait quant à elle les lignes d’un récit d’aventure fantastique. Silencieusement, elle bougeait à peine pour ne pas faire de bruit, seul celui des pages qui se tournaient, berçait ses oreilles… Visiblement pas que.

« Miss Bennet, voulez-vous bien éteindre cela et cessait votre boucan je vous prie ? »

C’était plainte la ronchonne du groupe, notre jeune rouquine affichait alors sa face semi-éclairée en tirant sur sa couverture, une mine significative. Elle était agacée. Et dire qu’elle commençait à peine à se mettre dans le bain et s’imaginer sur place, sur cette balançoire de son jardin où elle aimait rêver en fermant les yeux qu’elle pourrait s’envoler.

« Même sous ma couverture cela vous gêne ? Réellement ? » Lui rétorquait la Bennet.
« Oui, mon regard est attiré par le halo même faible de lumière qui traverse le tissu, je ne peux pas dormir ! »
« Eh bien dans ce cas tournez-vous dans l’autre sens ! »
« Pour la bonté des cieux, pouvons-nous dormir dans cette chambrée ? »
« Miss Emy, il est trop tard pour lire de toute façon, dormez donc plutôt ! »
« Pas étonnent qu’elle s’endort toujours en journée après… »
« Je dors mal si je ne suis pas de ce côté donc non, je ne peux me retourner ! »
« Une vraie emmerdeuse… Et de quoi je me mêle ? »
« Comment ?! Qu’avez-vous dit Miss Bennet ?! »
« Quelle vulgarité… Franchement…»
« Ça suffit ! Éteignez la lumière, taisez-vous et dormez toutes ! »

Le silence régnait après la dernière intervention, le chahut féminin s’était tassé aussitôt, Emy retournait se cacher sous ses couvertures avec sa frustration. Quand elle refermait avec un peu trop d’entrain son livre, les protestions se firent toutes en cœur pour un « EMY ! », auquel elle décidait de ne pas réagir. Parfois, on pouvait rire gaiement, mais parfois la vie en communauté avait tôt fait de taper sur les nerfs de cette fille unique. Finalement, elle s’était endormie par ennuie et par fatigue aussi… Il était tôt, peut-être même un peu trop quand une miss du dortoir tirait sans ménagement sur ses tiroirs. En même temps, Emy et les matins ne faisaient pas bon ménage, elle était toujours la dernière levée, à la limite d’être en retard.

« Mais où était-il ?!! Où est-ce qu’il est ?!! »

Emy ouvrait un œil en grognant un peu, tirant sa couverture pour regarder qui osait réveiller tout le monde à cette heure. La grognon d’hier soir…

« Est-ce que c’est vous ? Vous avez caché mon devoir pour vous venger Miss Bennet? »

La rousse relevait un sourcil apostrophée, comment pouvait-elle l’accuser de bon matin… Ces deux-là n’étaient peut-être pas faite pour s’entendre. Alors, elle ne lui répondait que par un haussement d’épaules, tandis que son regard s’attirait sur un coin de papier ayant glissé sous un fauteuil de la chambre. Un sourire narquois, elle laissait sa camarade dans l’embarras longtemps, avant de perdre patience sous les accusations-fausses à son encontre et d’indiquer l’emplacement, ce qui la rendait encore plus suspecte ! Damne, elle n’y était pourtant pour rien ! Pour cette fois du moins... Sa journée allait être longue, rancunière à souhait, la Bennet écoutait à peine ses cours du matin, mijotant dans sa petite tête un retour d’envergure envers sa camarade, pour avoir gâché à la fois sa soirée, mais aussi son réveil. L’après-midi s’entamait dans la même amertume et la fin des cours ne lui inspirait alors que l’envie de se vider l’esprit. Une bonne dizaine de minutes au grand air étaient passées dans le parc, quand elle apercevait alors sa cible du matin…

Peu à peu, ses pas ralentissaient, dire qu’à la base, elle était juste venir choisir un chêne où attaché une corde pour se balancer, mais puisque le destin voulait la pousser dans sa maleficence, qui était-elle pour  le contrarier. Courant pour se cacher et rejoindre discrètement la route que sa camarade prendrait plus loin, Emy n’omettait pas de sortir de ses poches sa surprise malodorante savamment emballée. Les bruits de pas se rapprochèrent, les voix de ses camarades aussi, malheureusement un petit silence accompagné la dernière ligne droite… Fondue dans les buissons bordant le chemin, la jeune Bennet  à quatre pattes vit passer un pied et sans crier gare, elle bondissait pour faire peur à sa cible, lui jetant sa bombabouse aux pieds.

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« Surprise ! »

En arrière d’elle, quelques exclamations féminines se firent entendre, en jetant un regard en coin, la jeune Bennet se surprenait de voir sa camarade-la cible de base et ses amies se bouchaient le nez avant de s’enfuir dans le sens inverse. Pourtant, Emy avait bien vu une silhouette prise dans sa farce non ? Elle tournait la tête en sa direction un sourire forcé.

« Oups !... »

C’était peu de le dire…

« Je suis vraiment désolée, la farce n’était pas pour… toi… »

L’odeur l’obligeait à reculer et se boucher le nez… Bien joué Miss Bennet ! Nous voilà dans de beaux draps ! Peut-être aurait-elle du s'esquiver elle aussi...

La fausse bonne idée - pv John Hipworth

Au fond des cachots, en dessous du Lac où nageait le calmer géant, se trouvait la salle commune de Serpentard. Certes, quelque peu étrange comme lieu, mais excellente cachette me direz-vous ?

En cette fin d'après-midi, John avait décidé de se reposer dans la salle commune des verts et argents, fatigué par le dur labeur qu'il avait dû accomplir un peu plus tôt dans la journée.

Les dortoirs étaient silencieux. Installé dans son baldaquin, John contemplait les étranges créatures qui peuplait le grand Lac de Poudlard. Il se demandait comment les vitres ne pouvaient-elles pas briser avec toute cette eau et ainsi, submerger la salle commune. Finalement ennuyé par toutes ces questions à la fois plus étranges, il se força à aller se promener dans le Parc. Seul, il quitta le château puis emprunta la sinueuse route, camouflé sous sa longue et chaude cape d'hiver. 

En suivant plusieurs chemins, il tomba devant un groupuscule de jeunes filles qui étaient à Gryffondor.

Non loin l'envie de s’accommoder de leur compagnie, il préféra rester en retrait. Elles étaient bavardes et ça le jeune Hipworth l'avait remarqué. Pourtant, lors de la dernière ligne droite, les Gryffonnes se turent. Sous ce visage agréable, marqué par des traits durs, le vert et argent ralentit sa cadence de pas. Soudain, quelque chose bondit des feuillages et l'impassible John sursauta étrangement devant la silhouette qui venait de le faire sortir de ses pensées. Dans un dernier élan, le Hipworth aperçut le visage d'une jeune fille et qui plus est, encore une Gryffondor. Sans crier gare, elle beugla le mot surprise suivit d'un sourire forcé. La jeune fille venait de rater sa cible, et John l'avait bien compris.

Néanmoins, la Gryffonne avait balancé une bombabouse aux pieds du Serpentard et à présent, les chaussures du jeune homme puaient. Il dut se résoudre à se boucher le nez. Fronçant les sourcils, il prit la parole sous une voix grave et austère :

« Hé, toi ! Pourquoi tu t'es jeté sur moi et m'a envoyé ça ? 
Même si tu ne l'as pas fait exprès, ça ne se fait pas. »

John, sous un regard impérieux, foudroya du regard la Gryffone. Non par méchanceté, mais il voulait des explications, et vite.

La fausse bonne idée - pv John Hipworth

Il lui fallait alors toute la volonté du monde pour ne pas rire. Il allait sans dire que même plus coupable que la culpabilité elle-même sur ce coup là, Emy avait eu bien du mal à prendre au sérieux le jeune homme qui la grondait presque d’une voix sévère certes, mais quelque peu faussée par son pincement nez et l'état de ses chaussures. Essayez vous-même donc l’expérience et revenez ensuite la blâmer ! Son sourire forcé se transformait peu à peu en quelque chose de plus mutin et la fille cachait mal son amusement, bien que ce ne soit pas drôle, enfin, si ça l’était, mais… Dépendant pour qui.

« Mes excuses une nouvelle fois, c’était destiné à mes camarades trop bavardes de chambrée que tu as sûrement aperçu. Une gentille farce, voilà tout ! »

Gentille Emy vraiment ? Mieux valait faire croire à un serpentard que l’entente était toujours cordiale dans sa maison, déjà que l’incident pourrait faire des histoires, autant évité qu’il lance aussi de vilaines rumeurs.

« Il faut croire que tu es arrivé au mauvais moment pour le malheur de tes souliers, au bon pour le salut de ces demoiselles. Est-ce que savoir le sort que tu leur as évité te console un peu ? »

Elle en tout cas, cela ne lui suffirait pas, mais bon, ça valait le coup d’être tenté, alors elle lui fit son sourire innocent, quand on ne la connaissait pas, Emy pouvait avoir l’air d’une gentille fille. Bien qu'un tantinet de caractère trop espiègle et malicieux se trahissait bien assez vite dans sa façon d’être. Enfin bon, arrivé là, elle n’allait pas non plus le supplier de la pardonner, combien même elle avait tous les torts, un sacré concept. À la place, d’un haussement d’épaules, la jeune Bennet lui signifiait qu’elle n’avait rien de plus à rajouter qu’il ne sache déjà, puis elle était certaine qu’il n’avait pas envie d’écouter de a à z toute l’histoire d’une chamaillerie de demoiselles. Un bon compromis pour potentiellement arrangé tout le monde lui venait alors à l’esprit. La jeune rouquine ôtait alors ses chaussures, bien qu’elle ne puisse pas les échanger avec lui, posant ses pieds ou plutôt ses chaussettes sur l’herbe fraîche, elle lui fit sa proposition.

« Tout ce que je peux te proposer dès lors en plus de mes excuses, c’est de nettoyer tes chaussures, vu qu’elles sont dans cet état par ma faute. Regarde, pour ma punition je marcherais aussi pieds nus sur l’herbe avec toi. Un deal acceptable Mister…. ? »

Peut-être que ça l’inciterait à se présenter, elle en ferait autant et l’atmosphère se détendrait. Accrochant ses lacets entres eux, Emy venait de relier ses bottines, celles-là même qu’elle glissait autour de son cou, les laissant pendre devant elle pour libérer les mains qu’elle tendait vers sa victime pour récupérer l’objet du délit.

« Allons, ne restons pas fâcher sur une erreur malencontreuse… Puis ça t'évitera la corvée de les frotter toi même.  »

La fausse bonne idée - pv John Hipworth

John n'en revenait pas. Il eut l'impression que la jeune fille se moquait ouvertement de lui, même sans en esquisser un léger sourire. La Gryffonne représentait bien sa maison : courageux, mais insouciante. Son esprit fulminait de réponse, mais il préféra se taire et écouter ce qu'elle avait à dire. Elle, qui s'était moqué de lui avec sa maudite farce, lui déclara que cette bombabouse ne lui était pas destiné. En effet, la jeune Gryffonne avait visé le groupe des bavardes de tout à l'heure, mais elle n'avait certainement pas le sens de la ponctualité et elle avait raté sa cible. Pourtant, John dut reconnaître son ingéniosité et se cacher d'une telle manière, dans un buisson, à attendre sa proie était digne d'un excellent prédateur.

Le Hipworth buvait ses mots. Sous cet air innocent, John décelait en la rouquine un esprit trop espiègle et malicieux, qui se trahissait bien vite dans sa façon d’être. Elle lui fit croire qu'elle allait marcher avec lui dans l'herbe pied nu ? John rigola dans sa tête. Il savait pertinemment qu'il pourrait tirer un avantage de cette situation. Peut-être trop maligne, ou trop insouciante était-elle, la rouquine avait l'air de chercher à connaître son interlocuteur. John la fixa, et, à ce moment-là, il eut une idée.

« Je te fais gage d'une autre solution. Tes chaussures ont l'air d'être de la même pointure que les miennes, alors dans ce cas, pourquoi ne pas se les échanger en attendant que tu me les nettoies ? »


On pouvait dire que le brun se payait de sa tête. Si la jeune fille représentait les Gryffondors, n'avait-elle pas un esprit aussi noble que sa maison ? John était en train de retourner la situation à son avantage, et la différence de chaussure ne se verrait pas malgré la différence qui opposait ces deux personnages. Cependant, il avait une autre idée derrière la tête. Le vert et argent était épuisé par la journée qu'il avait passé, et il préférait se détendre. Alors, pourquoi ne pas continuer sur une boutade, même si ce n'était pas son style ?

« Et puis.. si tu acceptes, je pourrais t'aider à embêter les filles de tout à l'heure. »

Quel étrange partenariat proposait le jeune Hipworth. Si elle accepterait, deux maisons que tout oppose se verraient constituer d'un duo de choc et puis à quoi continuer de vieilles querelles ? Après tout, les Gryffondors et les Serpentard se ressemblent en tout point.