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 RPG   PV  La lignée des Stoyanov

5. LA TOMBE


Après la bataille de Beauxbâtons, le corps d’Arseni Stoyanov fut transporté à Poudlard et enterré comme il se devait dans un coin reculé du parc. Le trou fut creusé près d’un vieux châtaignier solitaire, tourné comme une sentinelle vers le lac depuis un petit promontoire. L’endroit, vert, exposé aux quatre vents, avait été choisi par Kristen Loewy pour une raison évidente quand on avait connu l’homme : il était à son image ; simple, distant, solitaire, et perpétuellement exposé aux forces des éléments. Une toute petite stèle, blanche comme l’écume, signifiait à qui passait par cet endroit : « Á l’ami, au frère, au protecteur. »

*

Ici, le vent soufflait toujours. Il sentait la mer, la verdure et le froid. Je resserrai machinalement mon écharpe rouge et or autour de mon cou et fermai les yeux en inspirant profondément. Le vent avait beau souffler dans mes oreilles, je me laissai détendre par les doux clapotis de l’eau. Mon coeur, lui, se serrait à chaque fois que je m’asseyais ici, près de la stèle, et le restait de longues minutes, sans apaisement. Je revenais tous les jours et tous les jours cette douleur réapparaissait.

« Je… »

Mes mots se coincèrent dans ma gorge. J’étendis mes doigts dans l’herbe ondoyante et me mit à la caresser en me demandant si sous cette couche de terre, le reste de son âme pouvait sentir cette caresse.

« Je crois que tu serais content de moi, dis-je, en ne pouvant me retenir de pleurer. Je suis l’une des meilleurs en défense contre les forces du Mal et en cours de sortilèges. »

Ma vue se brouilla. J’enfouis mon visage dans mon écharpe.

« Tante Irina dit que tu étais très fort pour utiliser tout plein de sorts. J’essaie d’être aussi forte que toi alors j’espère que… que là où tu es… et bien tu es fier de mo… »

La main qui se posa soudainement sur mon épaule était bien trop douce pour que je ne la reconnaisse pas à sa façon de se cramponner à moi. Je n’en pleurai que davantage et appuyai doucement ma tête contre le bras de mon frère adoptif et cousin.

« Pardon de t’interrompre, petite soeur, dit-il avec gravité. »

Je m’essuyai le visage et levai mes yeux vers lui. Debout à côté de moi, Arcturus paressait immense pour un enfant de onze ans. Le visage grave, les mâchoires serrées, il contemplait l’horizon. C’était sa façon de retenir ses larmes. Il détestait me voir pleurer.

« Nous avons le même âge, lui dis-je pour le faire sourire car je ne supportais pas de le voir avec cette expression. »

Bingo.

« Tu seras toujours ma petite soeur quand même. »

Son beau sourire me réchauffa le coeur. Il me tendit un petit paquet enveloppé dans un linge.

« Je t’ai apporté le petit-déjeuner en voyant que tu n’étais pas dans la Grande Salle ce matin. Mange, me dit-il. Je dois me rendre dans les serres de botanique. Le professeur Chapman n’aime pas vraiment qu’on soit en retard. On se voit au déjeuner, d’accord ? »

Je hochai la tête et le laissai partir. Je baissai ensuite les yeux sur le petit paquet qu’il m’avait rapporté en prenant une grande inspiration pour calmer mon coeur.

« SALUT EASTWOOD ! »

L’entendis-je crier au loin.

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Mars 2043

Déjà six mois qu'Eileen avait commencé sa scolarité à Poudlard et si, la plupart du temps, elle avait l'impression que les jours filaient entre ses doigts, aujourd'hui, ce n'était pas le cas.

Tout avait commencé par un affreux cauchemar. En soi, il n'était pas si terrible que ça, elle était au milieu de la forêt interdite, en pleine nuit. Aucun danger apparent mais l'atmosphère y était pesante, les bruits à vous faire hérisser les poils sur les bras et il y avait cette impression qu'on l'observait, un coup à devenir paranoïaque. Mais le pire pour la fillette, c'est que son rêve lui semblait tellement réel qu'un long moment - enfin pour être honnête, jusqu'à ce qu'elle se réveille en nage, dans son dortoir - elle crut qu'elle avait encore fait une crise de somnambulisme. Elle avait encore du mal à appréhender cette... maladie ? Elle ne savait pas trop comment l'appeler et n'avait, jusque là, même pas oser poser des questions à ses parents. Des semaines durant, elle avait voulu se convaincre que c'était juste un sort qui l'affectait. Maintenant, elle était bien obligée de se faire une raison.

Elle s'était donc réveillée de mauvaise humeur. Et ce n'était là que le début d'une journée où elle aurait mieux fait de rester couchée. Au petit déjeuner, elle s'était faite bousculer par un sombre idiot et son jus d'orange avait ainsi fini sur sa robe. Son radar à angle pointu - oui, vous savez, le petit orteil - avait décidé ensuite de faire son boulot en se rappelant à elle alors qu'elle avait violemment heurté le pied d'un banc en râlant et, pour parfaire le tout, elle avait eu cours d'Histoire de la Magie en première heure. Chose qui ne la mettait jamais de bonne humeur tant la théorie l'assommait. Ouai, en bref, c'était pas son jour.

Aussi, dès qu'elle eut une minute à elle, elle ne se posa pas la question : elle avait besoin d'air et d'un peu de solitude. Elle s’emmitoufla dans sa cape et son écharpe avant de franchir le seuil du hall d'entrée. Elle inspira profondément l'air, se laissant frapper par le vent frais et revigorant. Le parc était relativement calme et désert vu la météo peu clémente, ça tombait bien. Quelques minutes de promenade et Eileen se sentait déjà un peu plus apaisée. Ses pas la menèrent, sans qu'elle en ait vraiment conscience, vers le lac, non loin de la forêt interdite. C'était ironique si on songeait à son cauchemar mais la surface de l'eau, le clapotis de l'eau, elle avait toujours aimé ça. Elle ne comptait même plus le nombre de pages de son carnet de croquis qu'elle avait noirci alors qu'elle était assise sur la rive. D'ailleurs, elle comptait bien faire un nouveau dessin pour finir de se calmer... et pour que cette journée ne se finisse pas aussi mal qu'elle n'avait commencé.

Sauf qu'à quelques encâblures de la surface miroitante, elle sursauta en entendant son nom. Arcturus. Eileen l'avait croisé plusieurs fois et sans le connaître plus que ça, elle l'appréciait. Il semblait plus vieux, plus calme que la plupart de ses camarades. Elle sourit donc et bafouilla un bonjour avant de poursuivre son chemin vu qu'elle n'avait même pas pris le temps de s'arrêter. De toute façon, à la façon dont il avait crié pour la saluer, elle était certaine que c'était plutôt pour prévenir de sa présence qu'autre chose. Ce qui voulait donc dire qu'elle ne serait pas seule sur ce tronçon du lac qui l'appelait. Elle aurait pu infléchir la course de ses pas pour aller ailleurs mais, après tout, la rive était suffisamment grande pour deux. Et là, elle repéra Elena, une fillette de son âge qu'elle avait croisé en cours. Elle n'avait pas l'air bien joyeuse et surtout, elle semblait vouloir être seule, Eileen l'aurait parié.

"Salut. Désolée, je pensais pas trouver du monde ici. Si tu veux être seule, je peux aller plus loin."

Elle n'en avait pas envie, certes, mais plus que tout, ce jour-là, elle comprenait le besoin de rester dans la solitude.

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6. LE SEUL ENDROIT AU MONDE


Elena tourna sa tête vers la personne qui l’obligea à repousser ses pensées. Melynn ? Elynn ? Elle ne s’en souvenait plus. Il y avait tellement de prénoms à retenir… et ceux des Serpentard ne figuraient pas en bonne place sur la liste.

Pour autant, Elena n’avait rien à reprocher à cette fille. Elles avaient partagé quelques cours communs de potions et de sortilèges si sa mémoire était bonne, et la Serpentard s’était montrée vivable, contrairement à d’autres membres de sa maison. Elena avait d’ailleurs le vague souvenir qu’elle lui avait prêté une fiole, une fois… ou bien était-ce une autre fille qui lui ressemblait ? Elle n’était plus très sûre…

« Tu peux rester. Je ne suis pas tout à fait seule de toute façon. »

Elena observa un court instant la stèle dédiée à son frère puis elle porta son attention sur le lac. Des ombres étranges s’agitaient sous sa surface, se déplaçant à contre-courant avec une vitesse et une agilité hors norme. Elena dut plisser les yeux pour reconnaître les faces rondes de jeunes Strangulots qui, manifestement, l’avaient remarqué.

Deux d’entre eux lui adressèrent d’horribles grimaces avant de fuir la charge d’un Strangulot plus imposant ; sans doute un adulte.

Elena s’en amusa. Malgré le lien opaque qui la liait à cette école, et la solitude qu’elle y ressentait parfois, Poudlard restait l’endroit le plus merveilleux du monde à ses yeux.

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On ne pouvait pas franchement dire que la brune accueillait se présence avec bonheur mais, au moins, Eileen était contente qu'elle ne lui demande pas de partir. Elle était connue pour être pipelette mais elle savait aussi respecter la solitude des autres - du moins, quand elle y prenait garde et coup de pot pour Elena, c'était le cas ce jour-là. Et puis, elle avait dit quelque chose qui intriguait la fillette. Elle n'était pas seule ? Euh... la Serpentard eut beau regarder discrètement autour d'elles, elle ne percevait nulle autre présence. Jusqu'à ce qu'elle remarque la surface agitée du lac. C'était de ça dont parlait la Gryffondor ? Des créatures du lac ? Enfin, à mieux y regarder, c'était des Strangulots donc non, ça ne pouvait pas être ça. N'y tenant plus, elle allait lui demander plus de précision quand elle remarqua ce qu'elle aurait dû voir depuis le début : une tombe. Ce qui lui semblait parfaitement incongru dans ce lieux mais il faut dire qu'elle n'était pas très versée dans l'histoire du château. Du moins, pas s'il fallait se plonger dans les bouquins pour ça et comme elle n'était jamais venue sur cette partie précise de la berge, elle n'avait jamais fait attention.

"Ohh..." finit-elle par lâcher, sans vraiment y faire gaffe.

Elena connaissait-elle la personne qui était enterrée là ? Malgré sa curiosité, Eileen se retint de poser plus de questions. Ça aurait été inapproprié et certainement gênant. Qu'aurait-elle alors trouvé à répondre ? Il ne valait mieux pas se mettre dans une telle situation.

"Tu viens souvent par ici ?" reprit-elle, plus pour ne pas laisser s'installer la gêne qu'elle ressentait que par désir de le savoir.

Elle s'installa ensuite en tailleur contre un arbre et sortit son carnet de croquis de son sac. L'endroit l'inspirait et la scène encore plus. C'était étrange mais elle y voyait quelque chose de poétique.

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7. SUSPICION


Tous les jours, songeai-je. Pour combien de temps encore ? Je n’en avais aucune idée. C’était un devoir de mémoire. Une façon de me sentir proche de quelque chose, ici, à Poudlard. Il y avait bien Arcturus, mais il était à Poufsouffle. Nos échanges étaient forcément plus rares qu’à la maison. Il y avait aussi le professeur Loewy, mais il était normal qu’elle n’ait pas de temps à m’accorder. Elle avait beaucoup de choses à faire. Surtout avec les sorciers de Chine. Et puis, ici, je n’étais qu’une élève parmi tant d’autres. Une élève insignifiante…

Cette pensée me comprima le coeur comme si la main de quelqu’un venait de l’empoigner très fort. J’enfonçai un peu plus mon nez dans mon écharpe rouge et or. Je n’avais pas vraiment envie qu’une Serpentard déchiffre mes expressions. Ils avaient toujours l’art de se mêler de ce qui ne les regardait pas, ceux-là.

« Tous les jours, répondis-je, consciente que le son de ma voix était étouffé par l’épaisseur de mon écharpe. »

L’attitude de Melynn ? Elynn ? était surprenante pour une Serpentard ou peut-être que c’était une ruse, justement, allez savoir. Je me méfiais, mais tournai légèrement ma tête pour l’observer du coin de l’oeil. Elle avait sortit un carnet de son sac, assise tranquillement contre le châtaignier. Elle comptait prendre des notes ? C’était sans doute une de ces journalistes-en-herbe qui couraient après les potins. Je n’étais encore jamais tombé sur le journal de Serpentard, mais si Gryffondor disposait de son Gryffon’heure, Serpentard devait avoir sa Langue-de-Vipère ou un truc dans ce genre là.

Je décidai de faire attention à mes mots. Je ne tenais pas du tout à me retrouver en première page d’un journal. Encore moins celui de Serpentard. Mon nom n’était pas n’importe quel nom à Poudlard. Il était hors de question que je le laisse traîner dans la boue.

« Qu’est-ce que tu fais ? lui demandai-je en extirpant mon visage de mon écharpe. »

Le regard que je lui décochai était volontairement un peu dur.

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Tous les jours... Et bien, ce n'était pas joyeux tout ça mais certainement que la brune en ressentait le besoin sinon pourquoi s'infliger cela ? Eileen n'avait pas la malchance d'avoir connu de deuil dans sa famille proche, elle ne pouvait donc que très difficilement tenter de comprendre ce que la Gryffondor devait ressentir - enfin, à supposer qu'elle était bien là pour la tombe et ça semblait bien être le cas - mais surtout, elle était désolée pour elle qu'elle ne trouve personne à qui se confier si ce n'est le reliquat d'un être aimé. Elle devait se sentir diablement seule et de ça, au moins, la fillette pouvait compatir. Non que cela change quoique ce soit d'ailleurs ou que la brune en est quelque chose à faire.

La Serpentard préféra donc laisser tranquille sa camarade et se concentra plutôt sur son esquisse. Crayon en main, concentrée, elle commença d'abord par croquer les rivages du lac et quelques mouvements de l'eau ondulante. Comme à chaque fois qu'elle se mettait à dessiner, tout disparaissait autour d'elle et bientôt Eileen n'eut plus conscience de ne pas être seule. Jusqu'à ce que la voix d'Elena la ramène à la réalité, et surtout le regard froid qu'elle lui lança. Avait-elle raté quelque chose ? S'était-elle montrée involontairement impolie pour être gratifiée de cette dureté ?

La fillette resta donc un court moment interdite, le crayon figé dans sa main au dessus du papier, cherchant à comprendre avant d'enfin répondre.

"Désolée si je t'ai paru impolie. C'est à de mes défauts quand je dessine, je me coupe du monde. Tu me disais ?"

Un jour, il faudrait vraiment qu'elle apprenne à moins se focaliser sur ses esquisses. Et en même temps, c'était aussi sa façon à elle de s'évader, de se calmer quand elle en avait besoin. Bien sûr, on pouvait aisément le lui reprocher mais chacun avait bien le droit à son petit moment à soi, non ? D'autant qu'Eileen avait vraiment cru que la Gryffondor souhaitait être tranquille, certainement qu'elle s'était trompée et elle en était vraiment désolée. Elle finit par tendre son carnet à Elena, même si elle était réticente à montrer ainsi son jardin secret. Enfin, sur la page ouverte, il n'y avait que quelques traits donc pas de quoi en dévoiler beaucoup sur ce qu'il se passait dans sa tête.

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8. LE CARNET


La réponse de cette Serpentard me troubla tellement qu’il me fallut quelques secondes pour réaliser qu’elle me tendait son carnet. J’étais prise au dépourvu. Je ne comprenais pas très bien la situation, car ce n’était pas une situation normale entre une Gryffondor et une Serpentard. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire. Mais quand mes bras me ramenèrent le carnet d’Elynn ? Melynn ? et que mes yeux se posèrent sur la double page sur lesquels le carnet était ouvert, je réalisai avec une immense culpabilité que la seule chose qui clochait vraiment dans cette histoire : c’était moi.

« Oh… »

Les rives du lac, les ondulations de l'eau, la silhouette des arbres, le dessin n’était pas terminé, loin de là, mais le coup de crayon d’Elynn ? Melynn ? était remarquable… et dire que je l’avais soupçonné du pire, alors qu’elle ne faisait que dessiner. Je m’en voulais. J’avais la sensation d’être la mauvaise Serpentard et elle la pauvre Gryffondor accusée à tort. J’enfouis mon visage dans mon écharpe en faisant mine d’analyser le dessin dans ses moindres détails.

Quelle idiote j’étais.

« Tu as du talent… dis-je pour briser la glace en tendant le carnet à sa propriétaire. Je dois t’avouer que je ne me souviens pas de ton prénom… »

Le ridicule ne tuait pas, mais il n’était pas agréable pour autant. Et puis je devais avoir l’air encore plus idiote avec le feu aux joues… Décidément, rien n’allait ce matin.

Et puis il y avait cette conscience qui me reprochait mon comportement. Cette même conscience qui me dictait que ce n’était pas digne d’une Stoyanov, même pas  digne du plus grand imbécile de Serpentard. J’en avais marre de l’entendre me souffler des reproches dans les oreilles. Elles aussi commençaient à chauffer.

« Ecoute je suis désolé… en te voyant sortir ton carnet, j’ai pensé que tu étais une journaliste et… enfin peu importe, je suis désolé de m’être montré si froide. Quand j’ai le ventre plein, je suis plus sympa, ajoutai-je en esquissant un sourire un peu forcé mais un sourire quand même. »

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La situation était décidément bien étrange et même... pesante, en fait. Le problème, c'est qu'Eileen ne comprenait rien de ce qu'il se passait. Avait-elle fait quelque chose de mal ? Ou bien était-ce simplement, une fois encore, parce qu'elle portait les couleurs de la maison vert et argent ? Les clichés avaient la peau dure et même si elle se sentait vraiment bien dans sa maison, une infime part d'elle-même, parfois, aurait souhaité que le Choixpeau la répartisse ailleurs pour ne pas avoir à subir cette froideur chez les autres. La plupart du temps, elle s'en moquait et préférait se concentrer sur ses ambitions mais d'autres fois, comme ce matin-là, ça l'agaçait vraiment. Un jour, tous devraient comprendre qu'ils n'étaient pas tous des Vous-Savez-Qui en puissance. Ni des haineux qui ne supportaient pas les Moldus. Elle en était d'ailleurs la preuve vivante puisque de sang-mêlé et adorant sa famille.

Et puis, comme elle était venue, la tension se brisa d'un coup. Au grand étonnement de la fillette qui ne comprenait toujours rien. Ceci étant, elle n'eut pas réellement le temps d'y réfléchir quand elle sentit ses joues chauffer instantanément quand Elena la complimenta sur son dessin. Elle n'avait pas l'habitude de montrer ce qu'elle faisait alors s'entendre dire qu'elle avait du talent... voilà qu'elle se transforma en pivoine. Elle était, cependant, touchée et esquissa un timide sourire avant de bafouiller dans un murmure à peine audible :

"Merci. Je... Eileen."

Super, elle allait passer pour la dernière des idiotes, c'était parfait. Y'avait vraiment des jours, comme ça, où elle aurait mieux fait de rester couchée. Elle tendit la main pour récupérer son carnet et le regarda, les yeux dans le vague, ne sachant trop que faire. Reprendre son esquisse, c'était risqué de s'enfermer à nouveau dans son monde et ce ne serait pas très sympathique pour Elena mais elle ne voulait pas non plus l'embêter ou faire de nouveau monter la tension comme un instant plus tôt. Si au moins elle avait su ce qu'il s'était passé...

"Oh.." fit-elle à son tour, comprenant enfin ce que la Gryffondor avait cru comprendre de la situation.

Le sourire d'Eileen se fit alors nettement plus franc. Loin d'en vouloir à Elena, elle compatissait complètement. Elle voulait être tranquille et avait cru avoir à faire à une journaliste. N'importe qui à sa place aurait mal réagi. D'autres auraient même été bien pires que ça.

"C'est vrai qu'ils ont le don de fourrer leur nez où il faut pas."

En même temps, c'était un peu ce qu'on leur demandait et elle était bien obligée qu'elle appréciait de lire les potins et autres histoires du genre. Enfin, le temps qu'elle n'en était pas la cible et c'était bien là tout le problème.

La situation éclaircie, Eileen fouilla alors dans son sac et, un sourire espiègle aux lèvres, reprit :

"Je peux donc sortir mon calepin, maintenant ? Non, je rigole. Désolée, c'était pas du meilleur goût. Mais j'ai de quoi me faire pardonner."

Elle tendit alors à Elena un paquet de chocogrenouille. En grande fan de chocolat qu'elle était, elle en avait toujours sur elle, cela allait de soi ! Elle se décala alors un peu pour laisser la place à Elena si jamais elle voulait s'installer à côté d'elle.

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