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Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

Mi-Mars 2043
Pv. Sara BOWERS


Depuis son retour dans l’équipe des Éclairs de Serdaigle, Tally Jenkins avait retrouvé un certain équilibre dans sa vie. Son amertume s’était peu à peu résorbée pour laisser place à une forme de contentement. Si bien que la jeune Serdaigle avait une tendance à laisser couler la vie en faisant le moins d’efforts possibles. Après tout, elle avait épuisé tant de force dans son combat contre sa dépression et pour réintégrer l’équipe de Serdaigle qu’elle se sentait aujourd’hui vidée.
Elle avait besoin d’une pause.

Elle avait besoin de trouver d’autres points d’accroches. C’est ainsi qu’une question était revenue au galop. Miss Bowers était arrivée, début janvier, au poste de professeure de Métamorphose. Tally avait choppé des sueurs froides en l’apprenant. C’était sa belle-mère. Enfin, son ex-belle-mère d’après le nom qu’elle portait. Ce qui signifiait plusieurs choses : elle ne pouvait plus la considérer officiellement comme de sa famille -même si elles n’avaient jamais été proches-, elle n’était apparemment plus mariée à John Jenkins, son père, et était désormais quelqu’un à qui elle aurait affaire bien plus régulièrement. Ce qui signifiait une nouvelle chose : le Serdaigle la verrait en cours pratiquement tous les jours. Tally commençait à être perdue. Elle avait besoin de réponses. Et seule Sara Bowers était capable de les lui fournir.

Tally prit donc son courage à deux mains. Elle rédigea un court hibou à la professeure pour lui proposer une rencontre en terrain neutre dans le parc de Poudlard. Elle aurait aimé la revoir au Chaudron Baveur, un endroit où elle se sentait particulièrement en sécurité avec les adultes, mais leur emploi du temps ne leur permettaient pas ce genre d’escapade.

Elle avait envoyé la lettre quelques jours auparavant, profitant de la douceur de ces derniers jours pour lui donner rendez-vous en extérieur. Après tout, les Serdaigle avaient bien fait un pique-nique en extérieur il y a peu de temps et la température avait été plus agréable que froide. Tally Jenkins sortit donc au grand air. Finalement, être dehors était une bonne idée à la vue des sujets lourds et difficiles que les deux filles devaient aborder. Le coeur de Tally se serra. Elle n’avait pas du tout réfléchi à ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire. Comment elle allait aborder le sujet. Sa lettre avait été courte, c’était à peine si elle évoquait le nom de John Jenkins dans ses lignes. Miss Bowers devait probablement s’en douter mais peut-être elle n’avait pas envie d’en parler. Tally avait de nombreuses interrogations en tête, probablement trop nombreuses et trop brouillonnes pour les partager convenablement avec son ancienne belle-mère.

Comme prévu, le temps était plutôt clément. Le soleil pointait le bout de son nez derrière des nuages nacrés. L'air sentait le printemps et Tally avait bon espoir de voir les dernières plaques de neige s'éclipser discrètement. L'herbe était humide, en la foulant la Serdaigle mouillait ses semelles, elle n'y faisait pas vraiment attention, bien trop plongée dans ses pensées. Il restait de nombreux point d'interrogation dans sa tête et elle savait qu'elle ne pourrait les résoudre. Son seul espoir était que Miss Bowers lui apporte quelques réponses. Quelques points auxquels la jeune fille pourrait se raccrocher. Finalement, elle ne demandait pas grand chose. Elle cherchait juste des repères dans le monde magique. C'était de cette mission qu'elle s'était investie en arrivant à Poudlard : retrouver son père et le ramener à sa mère. Évidemment, rien ne s'était passé comme prévu étant donné qu'elle avait retrouvé son père dans les bras d'une autre femme, enceinte de leur progéniture commune. Depuis cette révélation, elle avait totalement bloquée, préférant de loin ignorer tout ça qu'y prendre part.

Tally prit une grande inspiration lorsqu’elle arriva au banc. Il était perdu au milieu du parc, caché par quelques buissons, un endroit discret en somme. Elle y prit place et posa ses coudes sur ses genoux, tentant de faire le tris entre ses multiples questionnements. Elle ne vit pas le temps passer et ne remarqua même pas l’arrivée de la professeure.

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Tallirenpher, prenez garde !

Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

Depuis le jour où elle avait appris qu’elle était retenue pour être professeur de métamorphose à Poudlard, Sara avait su qu’elle n’échapperait pas à un éventuel entretien avec Tally Jenkins, son ex-belle-fille. La jeune femme ne cherchait pas vraiment croiser le chemin de l’adolescente, ni à lui parler. À vrai dire, elle avait plusieurs fois imaginé la scène et cela ne s’était pas forcément bien terminé à chaque fois. Il fallait dire que la dernière fois où elles s’étaient vues, les événements ne s’étaient pas vraiment bien terminés. John avait été mis à la porte, Tally était restée de marbre durant toute l’entrevue et Sara avait été complètement déboussolée, comme si tous ses rêves et tout ce en quoi elle croyait avait été anéanti.

Il s’était passé deux mois et demi entre son arrivée à Poudlard et le jour où Sara avait reçu un drôle de hibou. Elle s’en était saisie, avait lu avec attention les mots qui figuraient sur le morceau de parchemin et ne fut guère étonnée de ce qu’il contenait. Le moment fatidique était arrivé puisque l’enfant de John Jenkins lui donnait rendez-vous dans le parc.

Avant de se rendre dans le parc, Sara avait demandé à Mily de garder Oliver. Même si le printemps arrivait à grands pas, le froid de l’hiver était encore bien trop ancré pour qu’elle se permette de se balader avec son fils dehors. Alors elle marchait, seule et réfléchissant à ce qu’elle allait bien pouvoir dire à Tally, mais aussi à ce qu’elle lui poserait comme questions.

Sara n’était peut-être finalement pas prête à lui faire face. Elle n’avait pas vraiment tourné la page et se retrouver face à la cause de tous ses problèmes -enfin en partie, ce n’était pas la faute de l’enfant- serait sûrement quelque chose de difficile. En réalité, elle aurait tant aimé que les choses se déroulent différemment. Elle aurait tant aimé que John assume ce qu’il avait fait, tout le monde aurait été tellement plus heureux. Mais cela n’avait pas été le cas, John avait préféré fuir, et cela avait fait tant de mal à Sara. Voir la vérité en face n’avait pas été une chose facile pour elle. Voir que John n’était pas l’homme qu’il prétendait être depuis tant d’années l’avait complètement abattue.

C’était tellement dur pour elle qu’elle ne s’en était toujours pas relevée. Elle se forçait, pourtant, mais elle n’y arrivait pas. C’était plus fort qu’elle. L’homme avait encore une certaine emprise. Emprise qu’elle n’arrivait pas à se débarrasser. Enfin pour l’instant. Tally était peut-être la clé, peut-être irait-elle mieux après tout ça. Là étaient ses attentes de l’entretien.

Elle marchait donc vers le parc et au fur et à mesure qu’elle avançait, sa tête s’enfonçait dans sa grosse écharpe pour éviter les courants d’air. Elle avait l’impression que le temps ne changerait jamais, que le Royaume-Uni était destiné à rester dans un hiver éternel, que plus jamais ils ne connaîtraient ce que c’est, la chaleur, le soleil, l’odeur et la sensation agréable d’un matin de printemps. Tout ce qui lui manquait.

Lorsqu’elle fut non loin de l’endroit où se trouvait Tally, un endroit assez reculé où ne figuraient que quelques arbres et un banc, Sara s’arrêta net. Elle n’avait soudainement plus l’envie de continuer à marcher, de parler. Mais il était trop tard. Alors, soufflant un bon coup, elle se hâta d’aller à la rencontre de la jeune fille. Elle s’était dit que, plus vite elle y serait, plus vite elle retournerait auprès de son fils.

« Bonjour, Tally. Dit-elle, marquant une petite pause. Comment vas-tu ? »

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Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

Tally Jenkins était plongée dans ses pensées. Les mains moites, elle essayait de ne pas se laisser distraire par des songes parasites. Instinctivement et pour essayer de calmer son angoisse, elle tapait rapidement du talon dans le sol spongieux. Puis, elle perdait de vu son objectif, elle se demandait si cette entrevue était vraiment nécessaire, si elle était obligée de replonger dans le mal-être alors qu’elle venait tout juste d’en sortir. Sérieusement, qu’est-ce qu’une jeune fille de treize ans pouvait vraiment avoir envie de savoir de plus ? Pourquoi s’était-elle imposée cette rencontre que Miss Bowers aurait probablement aimé ne jamais mener ? Ces questionnements incessants furent soudainement interrompus par la voix de la professeure qui venait de débarquer devant elle. En un éclair, Tally se redressa sur le banc et cessa tout mouvement inutilement agaçant. Elle fourra ses mains dans ses poches où le petit Qirn avait trouvé refuge. Sacré Boursouflet ! Parfois, elle oubliait son existence mais il était toujours apte à la lui rappeler de manière fortuite.

Elle leva le regard vers Miss Bowers. Tally n’avait pas eu l’occasion de la détailler ainsi depuis longtemps. En cours, la Serdaigle était trop imprégnée par sa volonté de bien faire qu’elle ne faisait pas vraiment attention à la professeure. Ici, elle paraissait plus petite, plus fine aussi. Mais surtout, plus fatiguée. Comme si la rencontre avec la troisième année la forçait à revivre des choses qu’elle pensait bien loin derrière elle. Son fils n’était pas là, peut-être une autre raison de son inquiétude ? C’était un peu comme si Tally osait mettre le pied dehors sans que le Boursouflet soit habilement caché dans un pans de vêtement. S’il n’était pas là, il manquait tout de suite quelque chose.

La question de Sara Bowers était plus que normale, voire banale. Pourtant, aussi bien pour l’une que pour l’autre, à ce moment-là, elle prit une tournure qui voulait dire bien plus. Elles savaient que leur conversation les mènerait directement à John. Sans pour autant vouloir se l’avouer. Tally prit donc son inspiration pour répondre à sa supérieure.

« _ Bonjour, Miss. Merci d’avoir répondu positivement à ma lettre. Merci d’être là. C’était une réponse franche, dénué de toute forme de hiérarchie. C’était simplement sincère. Je crois que je vais bien, voire mieux. Et vous ? »

Ce n’était pas faux. Jusqu’à cet instant, Tally avait retrouvé un équilibre. Peut-être était-ce agiter le couteau dans la plaie que de lui retourner la question mais c’était ce que la coutume voulait. Et puis, s’il s’avérait que l’adulte aille mal à cause de John Jenkins peut-être que Tally serait la mieux placer pour tenter de la comprendre. Faire dans la psychologie n’avait jamais été son fort, elle était plus brute de décoffrage et avait une sale tendance à mettre les pieds dans le plat à chaque fois. Tally n’avait pas envie de tergiverser. Après un échange de banalités, il fallait rentrer dans le vif du sujet.

« _ Vous savez… vous avez connu plus longtemps mon père que moi. Les yeux de Tally se détachèrent de madame Bowers pour se perdre dans le vide. Peut-être qu’il existait une manière douce pour subtiliser des informations. En fait… j’en ai même aucun souvenir. Le seul que j’ai c’est… cette fois-là au Chaudron Baveur. Ses sourcils se froncèrent. Je sais même pas par quelle magie j’ai pu comprendre que c’était mon père. Son poing se serra dans sa poche. Parlez-moi de lui, Professeure. Dites-moi qui il est vraiment. »

Tally sentait l’émotion l’atteindre plus rapidement qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle pouvait se douter qu’elle n’était pas la seule dans cette situation. Après tout, elle forçait Miss Bowers à se remémorer des souvenirs récents et, plus que probablement, douloureux.

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Tallirenpher, prenez garde !

Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

En voyant le visage de Tally Jenkins, Sara remarquait la ressemblance qu’il y avait entre elle et son père, tout comme celle qu’il y avait entre Oliver et John. C’était une chose que les deux enfants ne pouvaient nier -bien qu’Oliver soit encore trop petit pour le savoir et s’en rendre compte- : ils étaient tous les deux les enfants de cet homme. Cet homme qui les avait tous menés par le bout du nez. Elle qui pensait bien le connaître depuis toutes ses années, à bien y réfléchir, cela la rendait malade.

Tally avait un comportement étrange aux yeux de Sara. En l’examinant, elle ne savait pas vraiment dans quel état d’esprit elle se trouvait. D’un côté, la façon dont elle se tenait montrait qu’elle n’allait pas si bien que ça, mais d’un autre côté, son visage et la façon dont elle s’exprimait montrait le contraire. Sara, elle, était fatiguée. Fatiguée de toutes ses histoires qui ne la libérait pas, de son ex-mari qui persistait à rester dans sa vie. Son moral en prenait un coup chaque fois qu’elle se remémorait des choses, et cette fois-là, elle ne pourrait pas y échapper.


« C’est normal, je n’allais pas refuser et je pense que nous avons toutes les deux besoin de cette entrevue. Je vais bien également, quoi qu’un peu fatiguée. Oliver se réveille de plus en plus au beau milieu de la nuit, ces derniers jours. Je crois que c’est à cause de ses dents. »

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait dit ça, Tally ne devait sans doute pas s’en soucier. Sara se doutait que d’ici quelques minutes, elle devrait faire face à son passé et c’était tout à fait légitime de la part de Tally d’en savoir plus sur son père. C’était la raison pour laquelle elle avait accepté d’être-là. La jeune Serdaigle n’avait pas mérité d’être mise de côté, et au fond, Sara s’en voulait un peu. Si elle n’avait pas relancé sa relation avec John, peut-être que ce dernier aurait été auprès de sa fille. Ou pas, il aurait peut-être trouvé quelqu’un d’autre. Ca, elle ne pouvait pas le savoir, mais il n’en restait pas moins qu’elle se sentait coupable.

« [...] Parlez-moi de lui, Professeure. Dites-moi qui il est vraiment. »

Le moment fatidique était enfin arrivé. Sara ne savait pas par où commencer. Devait-elle dire seulement ce qu’elle avait sur le cœur ? Devait-elle dire uniquement à quel point John était un être mauvais ? Non. Ce n’était pas une femme de ce genre, à cracher son venin dès la première occasion venue. Sara était une femme franche, qui ne passait pas par quatre-chemins et qui n’aimait pas le mensonge. Car non, John n’avait pas toujours été cet homme-là, du moins, il ne l’avait jamais fait ressentir à Sara.

« J’ai connu John lorsqu’il était à peine plus âgé que toi. Il était à Serdaigle, moi Poufsouffle. Nous sommes presque immédiatement tombés amoureux, mais nous sommes sortis ensembles que quelques années plus tard. C’était un homme bien, beau, bon. Je n’avais d’yeux que pour lui. Il était pour moi l’homme parfait. »

Elle marqua une petite pause, se remémorant les bons souvenirs qu’ils avaient eus à cette époque si lointaine. Ceux-ci n’eurent cependant pas l’effet négatif, comme l’autre jour. Actuellement, elle se sentait bien, comme reposée. Finalement, peut-être qu’elle avait eu raison : se confier à Tally la libérerait peut-être.

« Nous avons emménagé ensemble à la fin de nos études à Poudlard. Nous étions bien ensembles mais certains aléas de la vie ont fait que nous ne pouvions plus être à deux. C’était de ma faute, il ne pouvait pas comprendre ce que je ressentais. Alors je l’ai repoussé et malgré ses bonnes intentions, à prendre soin de moi tant j’allais mal, je lui ai demandé de partir. Je sais que je l’ai blessé mais je ne pouvais pas faire autrement, j’étais dévastée à ce moment-là. »

Sara ne voulait pas préciser que leur séparation était due à la mort de ses parents. Ce détail n’avait pas vraiment sa place dans la conversation.

« C’est durant notre « pause », que ton père à rencontré ta mère. Quand nous nous sommes revus, soit deux ans plus tard, il ne m’avait rien dit à ce sujet. Enfin à ton sujet. »

Elle préférait ne plus rien dire, préférant observer la réaction de Tally à propos de tout ce qu’elle venait de lui raconter. Elle n’avait pas terminé son histoire, mais elle voulait y aller doucement. Pour qu’elle comprenne.

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Le trouble de la professeure de Métamorphose était palpable. Jenkins aurait dû s’en douter, elle était un peu entrée de but en blanc dans le vif du sujet. Miss Bowers ne la connaissait pas et cela l’avait peut-être déstabilisé quelques micro-secondes. Le doute s’effaça aussi rapidement qu’il était arrivé et la professeure prit sa respiration. Tally ne savait pas à quoi elle devait s’attendre. C’était un peu surréaliste. Un instant, elle avait pensé qu’elle pouvait elle-même parler à son géniteur. La seconde d’après, il s’était volatiliser. Les maigres informations dont elle disposait était les quelques échos de sa mère, rarissimes. Les autres étaient entre les mains de la femme juste en face d’elle. Pour la jeune fille, Sara était une pépite d’or, une lueur sur un fond bien sombre. C’était l’une de ces flammes d’espoir que Tally ne voulait en aucun cas laisser échapper.

Puis, un livre s’ouvrit devant ses yeux. Les paroles encrèrent de jolies estampes qui s’animèrent au fil du flot de paroles. La Serdaigle s’imaginait sans mal la cérémonie de répartition de son père, le Choixpeau se penchant sur son intelligence sûre et sa vivacité d’esprit. C’est avec tout autant de facilité qu’elle se représenta la rencontre entre Sara et lui. Seul le sens du mot « amoureux » semblait lui échapper totalement. La peinture aux couleurs vives se brouilla alors quelque peu. Elle n’arrivait plus à se figurer l’action. Ils sortirent ensemble ? Elle songea à quelques couples dans les couloirs. Cela lui semblait aussi étranger que la récente arrivée de la délégation chinoise. Elle battit des paupières, ne parvenant plus réellement à se représenter la scène.

La suite lui réservait d’autres surprises. Elle dût paraître complètement décontenancée avant de tenter de reprendre la maîtrise d’elle-même. Ils avaient vécu ensemble ? Et ça avant de rencontrer sa propre mère ? Mais elle ne lui en avait jamais parlé … Pourquoi ?! Était-elle même au courant de ça ? Ou bien son traître de géniteur n’était qu’un connard prétentieux ?! Elle sentit son sang faire bouillir ses veines. Mais hors de question d’exploser alors qu’elle continuait tranquillement son récit. Un récit qui était destiné à être d’une grande tristesse. Finalement, l’odieux personnage se tenait peut-être devant elle ? La façon dont elle prenait la parole la poussait à croire que non. Elle regrettait. Tally éprouva une certaine compassion pour la jeune femme. Si elle ne l’avait pas repoussé à ce moment de sa vie, la petite Jenkins ne serait pas ici. Sa gorge se serra et elle tenta de cacher sa gêne en serrant ses mains entre ses genoux.

Finalement, ils s’étaient séparés. L’Histoire en avait voulu ainsi. Son père avait rencontré sa mère. Et maintenant, elle était là. Tout ça pour que John retrouve aussi vite sa bien-aimée lors de la cicatrisation de la blessure de son premier amour… Si sa mère savait. Tally ne pouvait s’empêcher de ressentir une profonde solitude pour sa mère. Elle qui avait tout donné. A John, d’abord. Puis à elle-même. John était parti. Puis, elle aussi. Maintenant, elle était simplement seule. Par la faute des deux seuls êtres qu’elle avait aimé de sa chaire et de ses tripes.

Les larmes lui montèrent aux yeux. Vivement.

Elle détourna le regard et essuya ses yeux d’un revers de manche en reniflant un bon coup. Sara Bowers s’était arrêtée. Et son regard s’était posé sur elle. Tally ne se sentait pas spécialement gênée. D’habitude, elle aurait tout fait pour cacher ses larmes, ne pas montrer ses faiblesses pour montrer qu’elle était au dessus de tout ça. Aujourd’hui, c’était bien différent. Cette histoire la touchait profondément. C’était son histoire. Elle y était bien trop impliquée pour y rester totalement extérieur. Une larme dévala sa joue alors qu’elle contemplait le vide sous ses yeux. Elle tentait de ranger les informations. En trois phrases, elle avait quintuplé ses connaissances au sujet de son père. Un père dont les traits semblaient se dessiner petit à petit. Un père avec ses qualités et ses défauts. Qui semblait… beaucoup aimer les femmes.

Tally Jenkins reporta à nouveau son attention sur la femme qu’elle était venue écouter. Elle déglutit. Il ne fallait pas craquer. Elle avait encore tant de choses à apprendre. Et puis, Miss Bowers n’avait pas terminé son histoire. Il fallait parvenir à la pousser dans ce sens.

« _ Et… et après ? Il ne t’a jamais parlé de moi ? Et tu as accepté ça ? Et… et… et Oliver ? »

Tally avait du mal à tout saisir, elle était passée au tutoiement sans même s’en rendre compte. Elle était persuadée que lors de leur rencontre au Chaudron Baveur, Sara n’avait jamais entendu parler d’elle. John Jenkins était en tout cas sacrément cachottier. Comment, après un si lourd secret, Sara Jenkins avait-elle pu à nouveau tomber amoureuse de lui …? Elle ne comprenait décidément rien à l’amour.

Trop subtil.
Trop insidieux.

C’était définitivement pas pour elle.

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Tallirenpher, prenez garde !

Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

Ce n’était qu’en terminant de parler, que Sara se rendit compte à quel point l’atmosphère n’était pas agréable. La tristesse, la colère, le dégoût… Ces sentiments étaient probablement ressentis par les deux personnages, et l’histoire n’était pas encore terminée.

Tally n’était pas bien, à l’entente de ce début d’histoire, et cela se comprenait. En se mettant à la place de la jeune fille, Sara imaginait à quel point tout cela devait être difficile pour elle. Elle n’avait jamais eu l’occasion de connaître son père, et à peine l’eut-elle retrouvé -même si ce n’était qu’un court instant-, elle apprenait qu’il avait limite presque tout fait pour ignorer son existence.

Sara ne s’était encore jamais imaginé les choses que devait ressentir Tally, et maintenant qu’elle lui parlait et qu’elle la voyait, elle eut un pincement au coeur. Tally avait l’air d’être une enfant adorable, qui ne méritait certainement pas de se faire ignorer ainsi par celui qui se disait être son père. D’ailleurs, ce mot ne lui était pas adapté. Il n’était rien d’autre que le géniteur de deux pauvres enfants.

Pour la première fois depuis vraiment très longtemps, Sara ne savait plus comment réagir face à une enfant. Tally, toujours à côté d’elle, pleurait. D’habitude, elle aurait sûrement tenté d’enlacer l’enfant pour le rassurer, mais là, elle restait bloquée. Peut-être parce que c’était justement elle.

Après quelques secondes, elle se décida enfin. Tally était finalement une enfant comme les autres, qui méritait le soutien des personnes qui l’entouraient. Sara n’était peut-être pas la meilleure personne pour lui remonter le moral, mais à cet instant, elle était la seule qui pouvait aider la rouquine. Et puis, elles étaient liées, aussi. Pas de la meilleure façon qui soit, certes, mais après réflexion, Sara était presque la belle-mère de Tally, et elle se devait de prendre soin d’elle. Qui d’autre le ferait, sinon ?

Ses bras entourèrent ainsi le corps de la jeune Serdaigle. Elle ne savait pas vraiment comment cette dernière réagirait, mais elle tentait quand même. Elle pouvait hurler si elle le souhaitait, continuer à pleurer, rire ou tout à fait autre chose, Sara ne la lâcherait pas. Pas maintenant.

Elle n’avait pas vraiment envie de continuer à raconter son histoire car elle savait que cela lui faisait du mal, mais Tally voulait savoir. Les questions qu’elle lui posait, elle savait qu’elles lui feraient encore plus de mal. Elle s’était probablement imaginé des excuses sur le fait que son père n’était plus là, peut-être avait-elle même rejeté la faute sur Sara. Finalement, plus Sara parlait, plus le petit monde de Tally s’écroulait.

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’elle se décida à poursuivre son récit. Il fallait bien qu’elle passe par-là, de toute façon.


« Après… Nous avons repris les choses où nous les avions laissées. Nous nous sommes mariés trois ans après notre réconciliation. Nous passions de très bons moments ensembles, j’étais la femme la plus heureuse, je ne manquais de rien et John était un ange avec moi. Plusieurs années après notre mariage, j’ai appris que j’étais enceinte. J’étais tellement heureuse, je pensais réellement que nous étions une famille heureuse et que rien ne pouvait nous séparer. »

Plus elle revivait ces moments, plus son coeur s’emballait et plus elle était triste. John lui avait brisé le coeur, d’une façon terrible, mais elle ne pouvait nier qu’elle avait été heureuse avec lui. Elle ne pouvait regretter ces moments passés avec lui car sans ça, Oliver, son plus beau cadeau, ne serait pas aujourd’hui à ses côtés.

« Ensuite, tu es arrivée. Lorsque je t’ai vue pour la première fois au Chaudron, je ne me doutais pas que tu étais sa fille, je ne connaissais ni ton nom, ni ton histoire. J’ai tout découvert ce jour-là. Jamais il n’a évoqué sa relation avec ta maman, jamais il ne m’a avoué qu’il avait eu une fille. »

Sara prit une nouvelle pause. Elle avait l’impression de rejeter la faute sur Tally alors que ce n’était pas le cas. Tally n’y était pour rien dans cette histoire, John était le seul coupable. Aussi, s’empressa-t-elle de le lui dire.

« Je ne pense pas que tu es la raison de tout ça. John est le seul responsable. En réalité, j’aurais tellement aimé savoir toute la vérité dès le départ. Si je l’avais su, les choses se seraient déroulées autrement. Nous n’en serions pas là, et ton pè… John t’aurait élevée. Du moins, je l’aurais incité à le faire sous peine de me perdre. Je n’aurais pas toléré qu’il t’abandonne, tout comme je ne tolère pas qu’il ait abandonné Oliver. »

La tristesse avait à présent laissé place à la colère. Elle lui en voulait terriblement d’être parti ainsi, laissant une fois de plus son enfant derrière lui. C’était comme s’il avait menti à Sara durant toutes ses années. Elle avait l’impression qu’en abandonnant comme ça son propre fils, John n’avait jamais aimé Sara. C’était une logique peut-être absurde, mais c’était comme ça qu’elle le ressentait. Ils auraient peut-être pu tout arrangé s’il avait daigné se préoccuper de son fils.
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Vraiment désolée pour le retard...

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Nouvelle confrontation  Miss Bowers 

Les larmes avaient débordé de ses yeux bien avant qu'elle ne puisse les arrêter, bien avant qu'elle ne tente de les stopper. A vrai dire, elle ne se sentait pas assez forte pour les refuser. Elle avait l'impression de lever un immense drap qui avait recouvert l'ensemble de ses souvenirs mais aussi de ses espérances. Imaginer que son père avait connu une autre femme avant sa mère était une trahison à laquelle elle ne savait pas comment réagir. Alors, les pleurs débordèrent et Tally Jenkins se mit à sangloter face aux révélation de Miss Bowers. Celle-ci stoppa son récit, laissant l'atmosphère s'épaissir, le temps s'alourdir et les pleurs honteux emplir le silence pesant. Jenkins aurait voulu les arrêter, elle aurait préféré ne pas se retrouver en si piteux état face à cette professeure. Pourtant, à cet instant, tout cela ne comptait pas. Son enfance semblait encore plus détruite que ce qu'elle avait toujours pensé. Il y avait ce goût amer, cette revanche sourde, un tout qui bouillonnait au fond sans que Jenkins ne puisse vraiment l'analyser. Cet homme qu'elle ne connaissait pas, elle l'aurait probablement giflé s'il avait été devant elle à ce moment précis. En plus de faire du mal à elle-même, à sa mère, voilà qu'il recommençait la même mascarade avec une autre femme, un nouvel enfant. Les poings de Tally se serrèrent sur les pans de sa robe. Il n'avait pas le droit ! C'était injuste ! Injuste pour tous ceux à qui il faisait subir ça ! Alors que la profonde tristesse commençait peu à peu à se muer en désespoir venimeux, des bras vinrent l'enlacer.

Tally Jenkins n'avait jamais été quelqu'un de très tactile. Elle ne s'était jamais vraiment réfugiée dans les jambes de sa mère, quémander des câlins, ni même aimé les bisous. Elle avait formé un telle carapace autour de sa personne que, quiconque osait entrer dans sa zone personnelle était ressentie comme une agression. Une entrée impromptue qu'il fallait évacuer. Lorsque les bras doux et aimants se posèrent autour de sa stature, elle sentit tout son corps se tendre à ce contact. Pendant un instant, elle oublia pourquoi elle pleurait, pourquoi elle était triste et ce qu'elle faisait ici. Elle sentait juste ce contact doux et chaud contre sa peau, un contact qui n'était normalement pas le bienvenu. Pourtant, imperceptiblement, son pouls avait ralenti, sa gorge s'était desserrée, ses sanglots, étouffés. Par réflexe défensif, Tally avait agrippé le bras qui l'avait encerclé sous son menton. Elle le serrait si fort qu'elle en vint à se demander comment Sara pouvait encore tenir cette position. S'en apercevant, elle relâcha sa prise et se força à respirer plus calmement. La scène était improbable, Tally Jenkins, raide comme un piquet et les yeux rougit, enlacée par l'une des professeure de Poudlard qui souhaitant simplement la réconforter et compatir à son histoire. Evidemment, la petite Jenkins avait un mal fou à se rendre compte de tous ces petits détails. Elle sentait bien que Sara faisait ça pour l'aider, pour la réconforter, mais elle n'était vraiment pas à l'aise avec... tout ça.

Pourtant, avec un effort surhumain, elle laissa retomber ses bras sur ses cuisses et, maladroitement, reposa sa tête contre l'épaule de celle qui aurait pu être sa belle-mère, celle qui l'avait été un instant. Elle ferma ses yeux piquant, faisant déborder les dernières larmes cachées. Puis, plus rien. Sa respiration était rendue difficile par son nez bouché et ses membres raidis étaient maintenant pris de légers tremblements. Tally ne sut pas vraiment combien de temps elles restèrent ainsi. Elle tenta de se laisser aller à la douceur, rien qu'un peu. Elle prit le temps d'encaisser ce qu'elle venait d'apprendre. Mais, elle ne voulait pas en rester là. Après ce temps indéfini, doucement, elle se dégagea de l’étreinte charnelle et revint sur son histoire, posant un nouvelle salve de question à Sara.

Le livre s'ouvrit à nouveau sous ses yeux. Mais celui-ci, elle n'en était pas l'auteur, ni le personnage principal, elle était seulement lectrice. C'était le livre de Miss Bowers, pas le sien. C'était aussi l'ouvrage de son père, même si, sa vie à lui devait prendre plusieurs tomes avec toujours les mêmes phrases à la fin. Dans cette partie que Bowers lui récita, la Serdaigle apprit qu'ils s'étaient mariés. Et Miss Bowers était tombée enceinte et... leur histoire commune s'était brisée lorsque Tally avait mis les pieds au Chaudron Baveur. Son cœur se serra alors que les pages s’assombrissaient à vu d’œil. Elle avait donc été, au moins en parti, le sujet principal de leur séparation. Avec les mensonges de John Jenkins. Cette fois-ci, les larmes ne vinrent pas. Elle se sentit stupide. Si elle avait été capable de retrouver son père avant de mettre sa nouvelle femme devant le fait accomplit... peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé. Sara n'aurait jamais eu vent de sa parenté avec John et... ils auraient peut-être vécus bien plus heureux ainsi. Le mensonge est parfois protecteur.

La professeure aurait aimé tout savoir, dès le début. Et elle aurait même forcé John à élever sa première fille... De toute façon, les regrets, les remords, tout était trop tard pour ça. Il était parti, par deux fois. Il ne méritait pas qu'on s’attarde sur sa personne. Tally ouvrit sa bouche pâteuse et déglutit plusieurs fois. Elle se sentait lessivée, vidée de tout sentiments.

« _ C'est un connard... lâcha-t-elle soudainement. Merci... merci pour ta franchise. Elle prit une inspiration, se sentant tout à coup à fleur de peau. Je crois que j'en avais besoin... De tout. De comprendre, de savoir... pour ma mère. Son regard se voila à cette évocation. Puis, elle tourna la tête vers Sara. Elle te ressemble, un peu. Et, si ma mère a réussi à m'élever ... je suis sûre que tu en fera tout autant avec Oliver. Il ne se portera que mieux sans cet enfoiré. Elle serra les dents. Maintenant, c'était certain, sa rage envers son père était décuplée. Il n'avait pas intérêt à recroiser son chemin. Tu... tu sais où il s'est barré ? »

Tally se leva, sans trop savoir quoi ajouter. Peut-être Bowers avait-elle des questions... mais la Serdaigle n'osait pas lui demander. De son côté, elle savait qu'elle n'aurait pas beaucoup plus d'informations. Elle plongea ses mains dans ses poches, se balançant d'avant en arrière et ressassant ce flot de nouvelles informations.

4ème année RP

Tallirenpher, prenez garde !