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L'Ami des Plantes  PV Solal R. 

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Spring, 2043


Depuis un peu plus d'une demie heure, Elian Kernac'h rêvassait sur son parchemin, installé à la grande table de la Maison Poufsouffle. Ses affaires s'étaient progressivement répandues autour de lui, au moins cinq bouts de parchemin presque vierges s'étalaient sur son espace de travail et un pot d'encre régnait dangereusement sur la couverture de Sorts et contresorts de Quentin Jentremble.
L'étudiant n'avait plus bougé sa plume depuis un certain temps, une nouvelle fois perdu dans ses pensées, sa tête lourde reposant dans son autre main. Il songeait principalement aux premiers jours de beau temps et à tout ce qu'il aurait pu faire pour en profiter pleinement, se disant que ce devoir n'était finalement pas si pressé que cela. Ses camarades assis aux différentes tables semblaient se dire la même chose car cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'ils discutaient à voix basses sans interruption, occasionnant un léger fond sonore.

Quittant sa torpeur, Elian surprit, à quelques places de lui, une étudiante le regarder puis sourire à son voisin de droite. Il fixa de nouveau le parchemin devant lui d'un air détaché, mais ne put s'empêcher d'être attentif à ce qui se disait à côté de lui.
« ...En plus je suis sûre que c'est lui qui a pris le Voltiflor... Tu sais, celui qui était posé sur la cheminée de la salle commune ! La jeune sorcière de Poufsouffle, un peu plus âgée que lui, riait sans son, son ami l'imitant avant de vite reprendre contenance pour parler à son tour : « Il faudrait avertir Miss Chapman pour qu'elle lance des sortilèges de protection sur les plantes de la serre... Merlin sait ce qu'il serait capable de faire avec ! Ils recommençaient à rigoler et un troisième élève se joignit à la discussion : « Vous parlez du "gars qui murmurait à l'oreille des plantes" ? Il a été le dernier à monter dans les dortoirs hier, franchement je n'ose même plus m'asseoir dans les coussins... » Ils repartaient une nouvelle fois dans leur marrade, sans prendre la peine de se cacher. Ébahi par leur comportement plus que par leurs soupçons à son égard, Elian resta bloqué pendant un long moment sans savoir comment réagir, car c'était la première fois qu'il était ouvertement confronté à des rumeurs. Il se rapetissa sur le banc et balaya brièvement la salle d'un regard par instinct, lui qui avait l'habitude de se réfugier derrière les autres lorsqu'une situation compliquée se présentait à lui.

Le garçon leur laissa le temps de changer de sujet en faisant semblant d'être absorbé par son devoir, griffonnant rapidement des phrases illisibles et asymétriques sur un parchemin. Alors que leur discussion entrecoupée de rires dévia enfin sur le dernier match de Quidditch, il rassembla ses affaires pour les enfoncer rapidement dans son sac. La mine blême, il dépassa rapidement la table en fixant ses pieds et se dirigea hors de la Grande Salle dans une marche accélérée.
C'était vrai qu'Elian se sentait très proche de la nature, il avait même commencé un herbier avant de rentrer à l'école, mais ce qu'impliquait les trois Poufsouffle dépassait le stade du simple passe-temps. Pourtant lui-même ne se considérait pas si différent que d'autres camarades passionnés... Il décida alors que cela ne valait pas la peine de contrarier sa connexion avec le monde des plantes, en prenant le risque d'alimenter les rumeurs. Elian sortit de son sac un plant de lavande et, sur la pointe des pieds, le coinça dans le heaume d'une armure qui sembla lui répondre par un signe de tête - mais il l'avait peut-être rêvé. Il continua d'agrémenter le hall de toutes sortes de fleurs sur son chemin, colmatant de temps en temps des fissures avec de la mousse cueillie dans le parc.

C'était d'ailleurs à l'extérieur du château qu'il comptait passer la fin de l'après-midi, dans l'espoir de tomber sur des prunes dirigeables en ce début de printemps. Elian finit de semer des pétales de pâquerettes autour de lui comme s'il était dans un mariage - faisant ainsi preuve d'assez de courage pour ne pas craindre de tomber sur le concierge - sans prêter attention sur qui elles atterrissaient car la majorité des étudiants sortaient de cours ou de la Grande Salle à présent, et certains lui jetaient des regards déroutés. Voyant le hall se remplir, il prit la décision de s'éloigner dehors. Elian franchit la porte massive et se dirigea d'un air déterminé en direction du parc de Poudlard, le dos courbé et le visage à moitié dissimulé dans sa grande écharpe. Par moment, il s'arrêtait brusquement pour se pencher sur le bas-côté du chemin tracé, semblant chercher quelque chose dans les amas d'herbes, puis reprenait sa route, non sans marmonner des paroles inaudibles.

Tandis qu'il arrivait au niveau d'un grand chêne, en slalomant entre les buissons et les taillis de plantes urticantes, et depuis plusieurs minutes, il éprouvait la sensation de ne pas être tout seul à flâner dans le parc. Elian, contourna d'un seul coup l'arbre du côté gauche, s'arrêta furtivement derrière son tronc et passa la tête du côté droit, espérant surprendre quelqu'un ou quelque chose, mais ne vit en apparence aucune personne dans les environs. Il s'adossa de nouveau contre l'arbre et sortit de son sac la Voltiflor de la salle commune.
« Toi au moins, tu me comprends, lui dit-il avec attendrissement.

« Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer. » - Victor Hugo
Se protéger du soleil, c'est protéger sa santé.

L'Ami des Plantes  PV Solal R. 

Première observation : l'existence de l'individu PaP semble délier les langues.

Solal Rosenberg avait toujours été le genre de personne dont l'oreille traîne un peu partout, un peu trop longtemps, et surtout là où elles ne devraient pas traîner. La Grande Salle était donc l'endroit idéal pour satisfaire la curiosité du garçon. Il suffisait de s'installer à une table et d'écrire. Ni plus, ni moins. Le brun faisait alors d'une pierre deux coups, il tentait de finir ses devoirs tout en satisfaisant sa faim de potins. Deux jours plus tôt, il avait entendu parler d'une rumeur comme quoi une Serdaigle était un troll, mais il n'en avait pas su davantage —ça avait l'air tout à fait capillotracté et Solal n'aimait que les potins qui étaient vérifiés et qui semblaient à peu près plausibles. Ce jour-là, le menu était gratiné ; une rumeur sur un Poufsouffle kleptomane qui murmurait à l'oreille des plantes. Laissant tomber son devoir, Solal nota l'information sur le coin d'un parchemin, il pourrait peut-être envoyer la rumeur à un rédacteur de l'Espi'Aigle. Mais un autre détail attira son attention ; les personnes fixaient du regard un garçon qui semblait être Le Poufsouffle Aux Plantes. PaP, pour les intimes —et les flemmards. 
Le garçon semblait mal à l'aise. La joue écrasée contre la paume de la main, Solal observait l'échange de regards entre l'Embêté et les Embêteurs. Jusqu'à ce que le garçon décide de quitter la pièce, visiblement sous pression. Ce que Solal pouvait comprendre. Mais sa curiosité avait été piquée à vif et il fallait maintenant qu'il réussisse à répondre à toutes les questions qui se bousculaient dans son cerveau, même si ça signifiait devenir un Embêteur.

Il attendit que le Poufsouffle passe les portes de la Grande Salle pour prendre son sac sous son bras. Ses foulées avalèrent les dizaines de mètres qui le séparaient des portes et caché derrière le bois massif, il observa le garçon s'éloigner. Et s'adonner à une activité très étrange ; il semblait avoir pour projet de planter des végétaux à l'intérieur de l'école. Solal trouva l'action étonnante mais quelque peu charmante, après tout, le Poufsouffle aux Plantes ne faisait rien de mal et s'il avait pu lui-même installer des oiseaux un peu partout il l'aurait fait. Mais contrairement à une plante, un oiseau avait besoin d'espace et il était convaincu qu'ils seraient malheureux à observer les élèves passer dans le couloir sans rien d'autre à faire. Il abandonna l'idée d'imiter le garçon et se posa la question suivante : mais pourquoi ? Il nota que le Poufsouffle aux Plantes n'avait pas peur du regard des autres s'il continuait ses étranges passe-temps malgré les rumeurs.

Seconde observation : l'individu PaP est très étrange.

Il nota sur le coin de son parchemin quelques mots. Voilà un sujet intéressant, c'était bien mieux que ces histoires de trolls ou de choses improbables. L'humain était bien plus fascinant et étrange que toutes les créatures dont Solal entendait le nom pendant les cours. La nouvelle direction que pris le Poufsouffle n'étonna pas le Serdaigle ; un véritable amoureux de la nature ne pouvait que passer son temps libre dehors. Il se remit à le suivre —cogna son épaule violemment contre celle d'un autre élève qui passait dans le couloir, s'excusa et repris sa route—, la filature devait continuer à tout prix. Il restait encore tellement de questions à élucider : pourquoi le Poufsouffle aux Plantes aimait autant les plantes ? Est-ce qu'il était une sorte de rêveur qui vivait dans son imaginaire ? Est-ce qu'il était juste un incompris ? Tant de questions, si peu de réponses, et Solal savait qu'il n'y avait qu'une solution : agir.
Aborder quelqu'un n'était pas difficile pour le Serdaigle, mais il se voyait difficilement débuter la conversation par un "Bonjour, c'est toi le Poufsouffle qui murmurait à l'oreille des plantes ?". Même pour le petit Rosenberg qui n'avait jamais froid aux yeux, c'était une approche un peu trop brutale.

C'est du moins ce qu'il se dit les premières dizaines de secondes à observer, caché derrière le mur, le Poufsouffle qui avait trouvé refuge auprès d'un arbre. Mais Solal n'avait jamais été réputé pour sa patience et il sentait son corps lui crier de faire quelque chose, des fourmis lui envahir la plante des pieds et le bout des doigts. Son cerveau lui hurlait d'agir, de faire quelque chose et les questions sans réponses lui brûlaient les oreilles et les tempes. L'impatience lui poussait le dos mais le peu de raison qui lui restait lui demandait : comment faire ? Et la réponse ne venait pas. 
Il se rappelait avoir déjà été dans cette situation, lorsqu'il avait tenté d'apprivoiser un de ces gros lapins qui habitaient le vallon dans lequel les Rosenberg habitaient. Il n'avait jamais réellement réussi, mais il se rappelait que la nourriture avait été une aide efficace pour pouvoir les observer de près. Problème : Solal n'avait aucune nourriture dans ses poches et s'il quittait les lieux, il redoutait que sa proie s'enfuie. 
Il scanna les alentours du regard avant de se laisser pousser par son instinct. Il attrapa une petite fleur blanche dont il ne connaissait pas le nom et s'approcha du garçon —il était si impatient d'avoir des réponses qu'il en avait posé sa main sur une plante urticante, sa paume était à présent le berceau des Flammes de l'Enfer et il regrettait son geste, mais c'était trop tard. Il se retrouva face au Poufsouffle, frottant sa main contre sa robe de sorcier nerveusement alors qu'il tenait la jolie fleur dans son autre main. Son parchemin et sa plume logeaient à présent dans une de ses poches.

« C'est toi, le Poufsouffle qui murmurait à l'oreille des plantes ? Le Poufsouffle aux Plantes ? » Oui, Solal venait d'articuler les quelques mots que son cerveau avait classé comme étant interdits quelques dizaines de secondes plus tôt. Et comme pour s'excuser de son impolitesse flagrante, il déposa la fleur blanche devant son interlocuteur avant de s'asseoir devant lui. Il remarqua tout juste la plante qu'il avait dans les mains —elle était cachée par l'arbre, plus tôt.
« C'est quoi, c'truc ? » demanda-t-il en plissant le nez, le regard rivé vers la nouvelle source d'un questionnement sans fin, le Voltiflor.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

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Le Voltiflor toujours en main, Elian releva la tête brusquement lorsqu'il remarqua une soudaine éclipse solaire, qui annonçait le début des ennuis. Il venait d'être surpris par un élève de l'école, prostré devant lui et sa plante. Depuis combien de temps l'observait-il silencieusement ? En essayant de paraître le moins coupable possible - après tout, il ne faisait que la promener - il sentit tout de même de la sueur perler dans son dos et se rapetissa de gêne, adossé au tronc de l'arbre. « C'est toi, le Poufsouffle qui murmurait à l'oreille des plantes ? Le Poufsouffle aux Plantes ? lui demanda le garçon tandis qu'Elian commençait à reconnaître le Serdaigle, pour avoir assisté à ses matchs de Quidditch. Il comprenait lentement que les discussions de l'heure d'étude l'avait poussées à lui adresser la parole, mais continua de le fixer avec des yeux ronds, ignorant ce que le Serdaigle avait en tête en lui donnant ce surnom - et soucieux que ce soit avec le but de prolonger les moqueries... Aussi immobile qu'un cactus, le Poufsouffle (aux Plantes) marmonna des paroles inaudibles qui ressemblaient à un "peut-être" dans son écharpe tandis que son nouvel interlocuteur déposait une fleur blanche à ses pieds.

Les yeux soudain brillants d'intérêt, il ne remarqua pas que le garçon s'installait en face de lui. Alors qu'il rapprochait sa tête pour mieux apprécier l'offrande dans ses meilleurs profils, il desserra son étreinte du pot de Voltiflor qui déversa légèrement de la terre, ce qui ne manqua pas d'éveiller l'intérêt de son camarade :
« C'est quoi, c'truc ? Pris d'une nouvelle et soudaine ferveur, Elian dégagea son menton de son écharpe en éclaircissant sa voix et posa le pot devant lui d'un geste sec pour déclarer très calmement : « Ce truc, comme tu dis, s'appelle Squib et c'est le plus beau des Voltiflors. Je lui cherche un endroit où il pourra mieux s'épanouir, mais c'est compliqué parce qu'il fait souvent des caprices. Il lui adressa un sourire timide, conscient que ce n'était peut-être pas l'information la plus facile à assimiler lorsqu'on ne ressentait pas grand chose pour les plantes. Puis un sentiment terrible s'insinua en lui : si le Serdaigle avait entendu les accusations de ses camarades à son égard, il ferait rapidement le lien entre le Voltiflor manquant de la salle commune des Poufsouffle et Squib. Elian s'en voulait d'avoir été aussi facilement appâté par le cadeau du garçon. Les joues en feu, il prit la petite fleur dans sa main, qu'il voulait interpréter comme un symbole de paix. « Tu ne diras rien, hein ? » l'implora-t-il en le fixant dans les yeux, ce qui pouvait parfois le rendre terrifiant.

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Pendant un instant, Solal imagina les pires scénarios : le Poufsouffle partirait en courant, il lui lancerait une motte de terre avant de s'enfuir, ou il s'énerverait contre lui. Pourtant,  rien de tout ceci n'arriva et le Serdaigle se fit la réflexion que son interlocuteur n'était pas tombé dans la mauvaise maison. Le Poufsouffle aux Plantes pouvait bien être la victime de tous les mots, Solal le trouva agréable. Et c'était une des seules choses que Solal attendait de quelqu'un : qu'on lui parle avec politesse. Rien de plus. Il décida de laisser tomber pendant un moment tous ses a priori, le garçon devant lui ne semblait rien d'autre qu'un enfant passionné. C'était un point sur lequel il pouvait comprendre son interlocuteur. Ce dernier lui présenta sa plante, un dénommé Squib, un Voltiflor.

« Enchanté, Squib. » Il salua la plante d'un petit signe de la main, comme si elle pouvait le voir, et lui adressa son plus grand sourire. La plante ne lui répondit pas —surprise—, ce qui satisfait le Serdaigle, au moins il était sûr qu'elle ne serait pas désagréable avec lui. Passé les salutations, le mot "Voltiflor" sembla résonner dans sa tête, il lui sembla avoir entendu ce mot récemment. La réalisation le frappa ensuite et aussitôt ses lèvres formèrent un "o" alors qu'il releva les yeux vers le garçon. Il le dévisagea un instant, comme s'il tentait de peser le pour et le contre ; est-ce qu'un Poufsouffle avait pour habitude de voler ? Il était certain que ce n'était pas dans les habitudes des blaireaux. Il savait néanmoins que les blaireaux jaunes aimaient souvent la nature. Après tout, quelques secondes plus tôt, le Poufsouffle aux Plantes avait parlé à sa plante. Cette particularité eut un goût de "chez soi" pour Solal, puisqu'il avait lui aussi l'habitude de parler aux objets. Ses doigts attrapaient l'herbe pour arracher des brindilles alors qu'il semblait perdu dans sa réflexion. Il n'allait rien rapporter à qui que ce soit : il se fichait bien que quelqu'un pique une plante dans une salle commune qui n'était même pas la sienne. Mais s'il s'avérait que les rumeurs étaient vraies, alors le Poufsouffle pouvait murmurer aux oreilles des plantes ! Et ça, c'était étrange. Solal doutait de cette information, il était certain qu'on pouvait parler autant de temps qu'on le voulait à une plante et il n'y aurait aucun résultat. Le brun s'en voulait : son impatience l'avait fait fauté ! Il aurait du se cacher derrière l'arbre et observer le Poufsouffle aux Plantes dans son élément naturel, mais c'était loupé. Il avait encore beaucoup de choses à apprendre pour devenir l'espion idéal.

« Non, j'dirai rien. Mais tu leur parles ? Tu crois qu'elles te comprennent ? » Sa tête s'était penchée sur le côté alors qu'il posa la question, les yeux de nouveau rivés sur la plante et les sourcils froncés. Il releva ensuite le regard vers le Poufsouffle, la bouche ouverte comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose. Quelques secondes passèrent avant qu'il décide de se remettre à parler.
« Pourquoi tu l'as piqué ? » demanda-t-il en glissant son regard sur sa main en feu, elle lui piquait toujours mais l'affaire sur laquelle il était lui paraissait bien plus importante. Il releva les yeux de nouveau vers le blond.

Troisième observation : le spécimen PaP n'est pas dangereux (et il a un regard de chien battu).

Le corps de Solal traduisait son excitation, ce qui n'avait rien d'inhabituel. Il frotta à nouveau sa main endoloris contre sa robe alors que, assis en tailleur, son genoux se soulevait et redescendant dans un mouvement rapide. Il gardait la bouche ouverte comme s'il était toujours sur le point de dire quelque chose et qu'il n'en avait jamais fini. Les pensées se bousculaient dans sa tête, peinaient à trouver des mots pour les traduire.
« 
Pourquoi tu les laisses t'embêter ? » La question était sortie toute seule, et c'est en la posant qu'il réalisé que ce qui l'avait perturbé à ce point depuis le début, ce n'était pas que le Poufsouffle aux Plantes était le Poufsouffle aux Plantes (le seul, l'unique) mais bien qu'il était beaucoup trop gentil. Et comme s'il se rendait, enfin, compte qu'il parlait trop et qu'il était malpoli de poser trop de questions à quelqu'un qu'on ne connaît pas, il scella ses lèvres et posa son regard curieux sur le blond, dans l'attente de réponses qui satisferaient la machine infernale de son cerveau.

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Lorsque son camarade salua Squib le Voltiflor, Elian se rendit compte qu'il ne connaissait même pas son prénom. Mais, rassuré de ne pas se faire sermonner par le Serdaigle pour l'emprunt de la plante, il oublia encore une fois de le lui demander et se détendit un peu plus. Même s'il paraissait sincère dans sa démarche et très ouvert à la discussion, ce qui représentait pour lui une qualité exceptionnelle, Elian était incapable de dire s'il se moquait de lui. En tout cas, le Serdaigle n'avait toujours pas pris les jambes à son cou, chose tout à fait dépaysante et inattendue. Il prit d'ailleurs conscience que, depuis qu'il s'était installé à Poudlard, c'était la première fois qu'un élève de cette Maison lui adressait la parole, et considéra que c'était une erreur de ne pas l'avoir fait avant. En effet, à y réfléchir davantage et en prenant en considération les chansons du vieux Choixpeau, les sorciers de Poufsouffle présentaient un tempérament plutôt complémentaire aux sorciers de Serdaigle s'ils se donnaient la peine de laisser de côté l'esprit de compétition cordial - ou non - de la Coupe des Maisons. Elian n'acceptait pas de devoir écraser les autres pour obtenir quelque chose mais, de toute façon, gagnait rarement des points pour sa Maison.

Soucieux de savoir si les plantes le comprenaient, son compagnon de discussion lui apparaissait sensé. Il avait bien entendu déjà eu ce questionnement auparavant.
« C'est difficile de savoir, comme elles ne sont pas dotées de paroles... Mais peut-être qu'un jour elles apprendront. Elian baissa la tête pour regarder Squib dans ses yeux de plante, un échange long et profond. Evidemment, il allait devoir justifier ce qui apparaissait comme un kidnapping et, à présent, trouvait presque que son geste relevait de l'égoïsme... Après tout, des générations d'élèves avaient du le connaitre, toisant du haut de sa cheminée et se contentant d'arrosages réguliers. Un frisson parcouru son corps à l'idée de le voir ignoré, c'est en ce sens qu'ils pouvaient se comprendre. Son instinct lui dicta qu'il pouvait lui faire confiance et il décida de lui expliquer, non sans sourire légèrement : « Dans ma tête, ce n'était pas vraiment un vol... Je crois que je me sentais un peu seul ces temps-ci. La vérité était dure à entendre, même venant de sa propre bouche, pourtant il restait en apparence serein, voire un peu absent.

Il observa silencieusement son camarade se balancer et être visiblement incapable de retenir davantage ses interrogations, et songea qu'il n'aurait jamais deviné que son escapade prendrait cette tournure. Le soleil allait commencer à décliner, pourtant Elian ne ressentait aucune envie de retourner dans sa salle commune, c'était étrange même pour lui.

« Pourquoi tu les laisses t'embêter ? lui demanda-t-il soudain. La question lui fit l'effet d'un Stupéfix et il plaça le pot de Squib le Voltiflor entre ses jambes pour le caresser anxieusement et mieux se concentrer. « Et bien... commença-t-il, mais rien ne venait. Peut-être parce que l'idée même qu'il pouvait se défendre ne lui était jamais venue ? Habituellement, son père se chargeait de repousser toutes les menaces avant même qu'elles ne se présentent à lui. « Comment tu ferais toi, si des sorciers t'embêtaient ? Cette demande pouvait paraître assez naïve, mais il n'avait de toute façon que peu de regards sur la façon dont il apparaissait devant le garçon car, fort heureusement, il ne semblait guère y prêter attention. « Tu sais, mon père s'occupe toujours de ce genre de situation, continua-t-il. Parfois, cela lui paraissait absurde de dépendre d'une seule personne, mais il était aussi rassurant de savoir que quelqu'un serait toujours présente. Maintenant, il était difficile pour lui de se rendre à l'évidence : son père ne pouvait pas se rendre à Poudlard pour corriger un par un les enfants qui l'importunait. Même si la vision était plaisante, cela lui semblait pourtant inimaginable qu'un enfant puisse trouver le courage de confronter seul des plus grands que lui.

Le lac semblait prendre feu, et les arbres de la Forêt Interdite avait pris une teinte ocre. Avec toutes les questions du bleu et bronze, Elian ne savait toujours pas s'il était apte à se séparer du Voltiflor, même s'il savait qu'il n'était pas prêt non plus à le rapporter dans sa salle commune. Peut-être pouvait-il l'aider à trancher, comme il lui semblait être face à un compagnon avisé. La luminosité rougeâtre du parc était un régal pour les yeux. Tout à coup, la solution lui bondit en pleine face et il se releva empli d'excitation. « Est-ce que tu voudrais bien m'aider à trouver un endroit pour planter Squib ? lui demanda-t-il en bon Poufsouffle-aux-Plantes-au-regard-de-chien-battu.

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Il y avait plusieurs qualités que Solal appréciait tout particulièrement chez des personnes, et l'une d'entre elles était la passion. Il ne comprenait pas comment on pouvait taper sur les doigts ou se moquer de quelqu'un qui ne faisait rien d'autre qu'aimer, s'émerveiller sur quelque chose —dans son esprit d'enfant, il ne pensa pas qu'on pouvait se passionner pour des choses tout à fait malsaines et que la passion n'excusait pas tout. Contrairement au blond qui restait plutôt calme, Solal gesticulait sans arrêt. La différence entre les deux garçons était saisissante et de loin, certains auraient pu penser que le Serdaigle embêtait —lui aussi— le Poufsouffle aux Plantes. Mais Solal n'avait jamais eu l'idée de l'embêter, il se fichait bien que le Voltiflor des Poufsouffle disparaisse, il trouvait même que la plante n'était pas très jolie et d'une certaine façon, s'il avait été un blaireau, il l'aurait préféré dans les bras du blond que dans la salle commune. Lui, aimait les fleurs colorées que sa mère avait pour habitude de planter dans le jardin de leur maison.

La réponse du garçon acheva de faire germer l'arbre de la compassion dans le cœur de Solal. Il se sentait seul. Ce n'était pas quelque chose que le Serdaigle comprenait très bien, il était bien trop souvent entouré pour bien connaître cette sensation. Mais il connaissait le bonheur d'être entouré, et ça, il le savait, ça n'avait pas de prix pour lui. Il voulait que le Poufsouffle aux Plantes connaisse la même chose que lui, il voulait le voir souriant avec d'autres personnes, comme lui le faisait quotidiennement. Le Serdaigle n'avait jamais compris que les choses puissent être autrement et que certaines personnes préfèrent isoler quelqu'un que l'aider à s'intégrer parmi eux. Les humains étaient des animaux grégaires, après tout.
« Alors, c'est pour ça que tu leur parles tout l'temps ? Mais c'est bien, tu sais, parce que tu abandonnes pas tes plantes même si les autres se moquent. Et ça c'est cool. Si elles avaient un cœur et tout, je pense qu'elles seraient heureuses de t'avoir. » déclara-t-il d'une voix tout à fait assurée alors que ses lèvres s'étirèrent en un sourire chaleureux. Il reprit la petite fleur blanche qu'il avait cueilli plus tôt et, comme si elle était une figurine d'une personne, la fit sautiller jusqu'à Squib.
« Salut Squib, le Voltiflor. Moi c'est Nuage, la fleur blanche. Tu te sens seul toi aussi ? Je vais t'expliquer comment on nous embête. Tchak, bim et bam ! » Il secouait la fleur dans tous les sens à mesure qu'elle parlait, comme si elle était vivante et la tige de la fleur frappait une grande herbe comme pour lui donner une mauvaise leçon. Conscient que ce n'était pas la réponse à laquelle le Poufsouffle s'attendait, il finit par immobiliser la fleur et releva les yeux vers le blond.

« Moi j'utilise ça, il releva son poing fermé pour mettre en évidence les os qui reliaient les doigts au dos de sa main, mais les adultes aiment pas ça. Alors sinon j'les gronde, je leur dis pourquoi je trouve que ce qu'ils font c'est naze. Ça marche, parfois. C'est ton père qui t'aide, quand t'es à la maison ? C'est pas comme ça qu'on fait quand on est grand. » Il précisa la dernière phrase sans animosité mais avec une certaine incompréhension. Pour lui qui avait toujours aimé se débrouiller seul, devoir demander de l'aide à un adulte —et même à quiconque— le paraissait improbable. Après son explication, il remarqua que le Poufsouffle aux Plantes observait leurs alentours. Il se tourna lui aussi, toujours bien assis sur ses fesses, pour observer le paysage. C'était son moment préféré de la journée, quand le ciel se teintait à la fois d'orange, de rose et de rouge et que le lac reflétait cette myriade de couleurs crépusculaires. Solal hocha la tête vigoureusement à la suite de la dernière question du spécimen PaP.

« Ouais, mais on devrait la mettre quelque part où tu peux venir lui parler quand ça va pas, tu crois pas ? Moi je parle aux chouettes et aux hiboux de la volière, il y en a un que j'ai appelé Carson. » Un nouveau sourire chaleureux naquît sur ses lèvres alors qu'il mit fin à sa contemplation pour tourner la tête vers le blond. Sa main continuait à arracher de l'herbe, il concurrençait les vaches qui avoisinaient sa ville mais le geste réussissait à apaiser son corps hyperactif.

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L'Ami des Plantes  PV Solal R. 

Les paroles du jeune Serdaigle lui avaient réchauffées le cœur. Entre la période d'adaptation qui commençait dès la rentrée avec les premiers cours donnés à Poudlard et la reprise du rythme après les dernières vacances, Elian Kernac'h n'avait pas pu passer beaucoup de temps avec ses camarades ni former d'amitiés réellement solides pour le moment. Il ne leur adressait la parole que pendant les travaux de groupe ou bien lorsqu'il s'agissait de se plaindre injustement des devoirs des professeurs. Ainsi, même s'il pensait qu'il aurait été plus facile de supporter cette pression en la partageant avec ses homologues, il s'était heurté à la complexité de la tâche. Pour Elian il n'était pas question de sacrifier le temps qu'il passait à pouponner ses plantes, alors imaginer qu'elles pouvaient être heureuse en retour le comblait. Ses joues s'empourprèrent mais cela passa inaperçu avec la luminosité rougeâtre du ciel. Son camarade anima la fleur blanche, la prénommant Nuage, ce qui ne manqua pas de le faire doucement rire dans son écharpe. Avec elle, il lui fit une démonstration de correction qui aurait pu déclencher ses applaudissements s'il n'avait pas eu peur pour la santé de la pauvre fleur.

Reprenant leur sérieux, le Serdaigle lui expliqua qu'il était capable de se défendre sans un recours aux adultes, ce qui plongea le Poufsouffle aux Plantes dans un état de profonde admiration. Un peu honteux en comparaison, il décida de rien dire d'autres à propos de son père - mais le garçon lui avait donné à réfléchir... Elian avait enfin remarqué la rougeur formée sur le poing fermé qu'il lui avait montré, il se demanda alors s'il l'avait déjà utilisé contre quelqu'un avant de le suivre jusqu'au parc, et ce malgré le fait que "les adultes n'aiment pas ça". Il ne préféra pas demander et planta Nuage parmi les lianes que formait le Voltiflor, avec pour objectif de la sauver de toutes autres maltraitances. Sa proposition de libérer le kraken - pour ne pas dire enterrer le larcin - avait semblé lui plaire, même s'il restait nonchalamment au sol à arracher de l'herbe. Elian ne disait rien mais chaque brin d'herbe coupé était une molécule de dopamine en moins dans son cerveau. A son tour, son nouvel ami lui proposa de le planter dans un lieu où il pourrait tout de même venir lui parler, comme lui-même le faisait parfois avec les oiseaux. Le Poufsouffle écarquilla les yeux d'excitation à l'annonce de cette nouvelle.
« Donc toi aussi tu parles à la nature ? Il avait évité d'ajouter "donc je ne suis pas fou", mais l'avait tout de même pensé très fort. Il aurait voulu rencontrer Carson pour lui présenter Squib, se disant que les débats auraient pu être très intéressants.

« J'ai peut-être une idée dans ce cas... Il y a un grand saule dans le parc, personne ne semble l'approcher. Elian s'interrompit et sembla en proie à la réflexion. « Non c'est trop exposé, des Poufsouffle le reconnaîtront forcément si nous le plantions dessous... Il repartit dans sa réflexion, en réalisant des aller-retours les mains croisées derrière son dos courbé par le poids du Voltiflor et ne prêtant presque plus attention à son camarade, tournant en cercle autour de lui. Quand quelque chose lui passait par la tête, on pouvait difficilement arrêter son entrain. Il se redressa d'un seul coup avec une expression un peu folle sur le visage, renversant un peu plus au sol la terre que contenait le pot, et le doigt en l'air comme s'il avait eu l'idée du siècle. « Montre-moi tes mains ! C'était le moment de lui demander si son poing avait servi à cogner un camarade ou bien si Nuage n'avait pas, par hasard, été cueillie non sans pépins dans ce parc remplie de plantes urticantes. Selon lui, il aurait été poétique que Squib soit naturellement protégé des autres sorciers par des amies un peu piquantes, et il espérait ainsi avec foi et passion que le Serdaigle se soit bel et bien blessé.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 19 juin 2018, 0 h 21, modifié 2 fois.

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Se protéger du soleil, c'est protéger sa santé.

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La question surprit un instant le Serdaigle. Il parlait à la nature, oui, mais ne s'était jamais posé la question de savoir si les autres le faisaient, s'ils pensaient de lui que ce serait bizarre. Aussi, paradoxalement, il aurait trouvé plus bizarre quelqu'un qui lui dise qu'il ne parlait pas aux animaux, aux objets et aux plantes. Contrairement à lui, le Poufsouffle aux Plantes avait été confronté à des moqueries et des remarques, il avait du se sentir étrange et peut-être se rendait-il à présent compte qu'il ne l'était pas tant que ça. Comme pour le rassurer, le brun lui adressa un grand sourire en hochant la tête :
« Ben oui, ce serait bizarre de pas le faire. »

Puis le botaniste en herbe s'était mis à faire les quatre cents pas comme un savant fou qui tentait de chercher la dernière équation qui permettrait à son invention de prendre vie. Solal le suivi du regard, le visage levé vers et lui et la nuque douloureuse ; comme pour se soulager il posa ses mains sur le sol derrière lui tout en se penchant un peu vers l'arrière pour mieux voir le botaniste fou en action. Dans le même temps, le Serdaigle tentait de réfléchir à un endroit pour planter Squib mais il n'en avait pas la moindre idée. Il ne savait même pas de quel genre d'environnement avait besoin la plante pas très esthétique —et vu son physique ingrat, il ne fallait pas qu'elle enlaidisse les lieux. À cette pensée, le brun remercia les cieux d'avoir fait en sorte que le Poufsouffle aux Plantes ne lisait pas dans les pensées. Du moins, il espérait qu'il ne lisait pas dans les pensées, et il balaya sa dernière phrase de son esprit comme pour éviter que quelqu'un n'entende sa critique sur l'esthétique de la plante.
Le botaniste fou sembla être frappé d'une illumination —pendant un instant Solal eut peur qu'il ait effectivement entendu ces pensées mais il fut vite rassuré de voir que l'illumination du Poufsouffle n'avait rien à voir avec ses pensées. Le Serdaigle regarda la terre tombe et s'écraser lourdement contre quelques brindilles herbacées avant de relever les yeux vers le blond qui avait encore plus l'air d'un savant fou. Hésitant, Solal se releva avec le nez plissé comme s'il essayait de lire sur le visage du Poufsouffle aux Plantes ses intentions. Il ne vit rien et céda, présentant ses deux paumes à son camarade.

« Tu sais, j'crois pas que tu puisses planter Squib dans ma main. Puis ce serait pas très pratique, vraiment, j'te le conseille pas. Tu crois pas que c'est mieux, là-bas, près du lac ? Il aurait le soleil et tout. » L'inquiétude se lisait sur le visage du Serdaigle alors qu'il s'approchait du Poufsouffle pour qu'il puisse mieux voir ses mains, dont l'une était encore victime des effets des plantes urticantes. 
« Au fait, s'il allait mourir, il préférait que son assaillant puisse mettre un nom à son visage, moi c'est Solal. » La présentation était arrivée comme un cheveu sur la soupe, à l'image de l'arrivée de Solal dans la bulle privée du Poufsouffle aux Plantes.

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Like yellow does on blue »
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Tout à fait habitué à ce que la plupart des sorciers l'observent comme s'il était leur Epouvantard en liberté, Elian Kernac'h trouva rafraîchissant de seulement susciter la curiosité du garçon. Il nota que le Serdaigle parut hésiter un moment avant de s'exécuter en lui montrant les paumes de ses mains. Franchement amusé par son expression, il explosa de rire - même s'il nota l'idée dans un coin de sa tête - lorsque ce dernier lui confia sa crainte de se voir greffer un Voltiflor. Avant qu'il n'ait pu reprendre son sérieux, Solal se présenta dans les règles. Comme les mains de celui-ci étaient tendues devant lui, il lui fut facile de secouer celle qui ne présentait pas de rougeurs caractéristiques de démangeaisons suite à une piqûre de plantes. « C'est moins bien que "Le Poufsouffle aux Plantes", mais je m'appelle Elian. C'était étrange pour lui de se retrouver aussi inclus et validé par quelqu'un de son âge, alors qu'habituellement les autres se contentaient tout au plus de le laisser de côté. Il se demanda même s'il ne venait pas de nouer une relation amicale avec le Serdaigle, mais chassa rapidement cette idée saugrenue pour ne pas blesser les quelques camarades de Poufsouffle présents dans son imaginaire. Quand bien même, qu'un garçon populaire comme lui ne soit pas dérangé à l'idée de se montrer en sa présence était pour lui une preuve irréfutable que tous les sorciers appartenant à Serdaigle n'étaient pas tous des pompeux petits intellos, comme on les catégorisait ainsi dans les autres Maisons.

Reprenant ses esprits et son expression de concentration intense, il lui sembla enfin pertinent d'exposer le plan qu'il avait en tête pour rassurer Solal sur ses intentions, manquant presque d'oublier de libérer sa main.
« J'aimerai bien que tu m'emmènes là où tu t'es fait mal, lui demanda-t-il avec tact. Si nous parvenons à les replanter dans une forteresse de plantes urticantes, on pourra dissuader les gens de s'attaquer à Squib et Nuage ! Et... Elian s'arrêta pour baisser ses yeux brillants d'intensité vers le sol, puis se pencha pour cueillir une sorte d'herbe marron formant un tourbillon en son sommet. « ...Et on n'aura plus qu'à remplacer le Voltiflor par ça, ni vus ni connus ! » Il ne dévalorisait pas les Poufsouffle au point de ne pas leur attribuer l'intelligence nécessaire pour faire la différence entre un Voltiflor et des brins d'herbes trop exposés au soleil, mais au moins il y avait des chances qu'ils pensent que la vieille plante du dessus de la cheminée se soit changée pour de bon en ingrédient pour potion. Il ne restait plus qu'à trouver une solution pour jardiner sans se faire attaquer, mais Elian connaissait les propriétés cicatrisantes du Plantago major et espérait en faire une petite réserve sur le chemin. Le parc se vidait peu à peu de ses occupants, et le Poufsouffle estimait que c'était le moment idéal pour enterrer un corps avec un complice.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 4 mai 2018, 1 h 47, modifié 2 fois.

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Le Poufsouffle aux Plantes éclata de rire, Solal n'était pas certain de savoir pourquoi. Mais il se mit à rire à son tour, au moins content de voir que son interlocuteur se relaxait —il espérait quand même que le Poufsouffle ne riait pas parce qu'il était sur le point de transformer Solal en homme-plante. Le blond lui serra la main, balayant les inquiétudes du brun qui se sentit heureux et soulagé de voir le Poufsouffle se détendre. Il avait l'impression étrange d'avoir réussi à dompter une bête, c'était la même impression qu'il avait eu quand il avait donné à manger à un hérisson dans son jardin et que la boule piquante avait fini par grimper sur ses cuisses. La main du garçon était chaude et elle ne piquait pas. C'est ainsi que Solal découvrit le prénom du spécimen : Elian. C'était beaucoup moins scientifique que PaP, mais ça faisait l'affaire.
Les doigts d'Elian serrèrent la main de Solal un moment, ce qui rendit la situation un peu étrange mais bien vite le Poufsouffle sembla revenir à ses moutons. Il reprit à ce moment là cette expression de botaniste fou qui amusait particulièrement le Serdaigle. L'idée de planter Squib —et Nuage, visiblement, bien que la tige coupée de Nuage laissait Solal croire que c'était trop tard pour elle— dans une forteresse de plantes urticantes plu à Solal, il eut l'impression de partir pour une mission de sauvetage ou de protection, comme un chevalier qui escorterait un grand nom. Le Serdaigle n'était plus étonné de voir que le Poufsouffle aux Plantes était observateur et connaissait bien les plantes, il avait même su voir les Flammes qui dévoraient sa main.

« Bien, j'peux te montrer.. ça. » il avait presque failli oublier de finir sa phrase lorsqu'il posa les yeux sur la tornade herbacée que lui montrait Elian. Il n'était pas certain que quiconque tombe dans le panneau mais il n'avait pas à cœur de briser les rêves de son camarade, il semblait si heureux et si enthousiasmé par ce plan.
« Là, c'était là-bas. » se contenta-t-il d'intimer au Poufsouffle avant de tourner les talons et de s'éloigner de l'arbre près duquel ils s'étaient installés. Un peu plus loin, les buissons urticantes flirtaient avec les fleurs printanières aux couleurs avenantes ; un Enfer dans un Paradis. Solal parcouru la dizaine de mètres qui les séparaient du lieu et il lança un regard autour d'eux —personne— avant de s'agenouiller devant cette forteresse.
« Tu crois qu'ils seront heureux ici ? Faudra les arroser tous les jours ? » Le Serdaigle n'y connaissait rien, ses maigres connaissances en matière de jardinerie provenaient de sa mère et des massifs floraux qu'elle faisait pousser dans leur jardin coloré ; mais c'était bien autre chose de regarder quelqu'un s'occuper des fleurs. Toujours à genoux dans l'herbe, il releva les yeux vers le blond, dans l'attente de son avis d'expert.

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Après avoir affiché un air dubitatif, Solal se décida à lui indiquer l'endroit où il avait cueilli la petite fleur blanche en premier lieu. Tout en le suivant, il ramassait toutes les feuilles de Plantago major qu'il pouvait trouver sur leur chemin : elles étaient communes en cette saison, même si souvent considérées comme des mauvaises herbes. Il y a très longtemps, alors qu'il était parti en colonie de vacances, Elian avait été surpris de constater que leurs propriétés étaient même connues des moldus.

Ce n'était pas très loin, et Elian comprit que le Serdaigle avait bien cueillie la fleur en le suivant jusqu'au grand chêne. Ce dernier s'accroupit devant un talus d'herbes entremêlées à des pousses d'orties et confirma la position de l'endroit.
« Ça te plait Squib ? Elian fit pivoter le pot qu'il tenait entre ses mains pour le faire acquiescer, et s'accroupit à son tour. S'il était toujours un peu anxieux de devoir se séparer du Voltiflor - et de la fleur -, il eut un élan d'affection pour Solal qui parut lui aussi s'inquiéter pour leur bien-être. « Comme il pleut souvent par ici, je ne pense pas qu'on aura besoin de les arroser. Pendant les vacances d'été en revanche... Il n'avait pas vraiment pensé à ce détail et songea que si les elfes de maison devaient probablement s'occuper d'arroser toutes les plantes, il voulait quand même que l'emplacement du Voltiflor soit révélé à un minimum de personnes. Une solution s'imposa alors, même si elle nécessitait de réaliser des recherches en dehors de leurs devoirs. « On trouvera bien un sortilège pour qu'elles s'arrosent toutes seules... Mais de toute façon je traîne souvent par ici. »

Il posa le Voltiflor entre eux, forma un petit tas de feuilles de Plantago major qu'il frotta entre ses mains et remonta son écharpe sur son nez pour ressembler à un médicomage. « Que l'opération commence... Elian s'approcha du talus et commença à défricher un espace, en faisant plus attention à certains types de plantes. Il sortit ensuite une baguette de sa robe d'école et prononça un Aguamenti en la secouant légèrement. Puis il la coinça au-dessus de son oreille même s'il n'était pas certain d'avoir un autre sort lui facilitant la tâche en réserve. Les quelques gouttes d'eau tombées sur la surface du sol asséchée semblaient en effet lui permettre de creuser plus facilement. Pendant qu'il s'afférait, quelque chose pesa dans son esprit. « Tu sais que je n'ai pas besoin d'être consolé ? sourit-il vaguement. Le Poufsouffle ne voulait pas que Solal se sente obligé à faire quoi que ce soit à son égard, et voulait en avoir le cœur net. Il aurait également voulu lui dire que sa présence signifiait beaucoup pour lui, même si la brimade stupide dont il avait été victime un instant plus tôt ne l'atteignait absolument pas.

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Le Serdaigle ne réalisa pas que lui montrer l'endroit réel revenait à impliquer qu'il avait suivi Elian comme un espion infiltré. Il était tant en confiance, avec le Poufsouffle aux allures inoffensives, qu'il n'avait pas pensé un seul instant qu'il devrait peut-être couvrir ses traces. Et Solal n'avait jamais été très bon menteur ; la vérité sortait d'elle-même sans qu'il ne puisse la contrôler et il finissait par dire la vérité même quand il voulait mentir. Les seules fois où il parvenait à cacher quelque chose était bien les moments critiques, comme quelques mois auparavant quand Ivy et lui s'étaient fait prendre en escapade nocturne au sommet de la tour d'astronomie. Son mensonge avait été plutôt efficace mais il s'était senti si coupable face à la gentillesse d'Arthur Grimms, qu'à chaque fois qu'il voulait mentir il repensait à cette mésaventure et sentait la culpabilité lui ronger les tripes. 

La pensée de mentir lui avait donc traversé l'esprit mais elle se dissipa aussitôt alors qu'il observait Elian faire acquiescer la plante : comment mentir à quelqu'un qui semblait si vrai, si sincère ? La mission était impossible pour Solal et il s'imaginait déjà devoir avouer à Elian les faits : son prénom était inscrit aux côtés de l'expression "spécimen PaP" et il s'était lancé dans une observation étrange, comme un scientifique fou qui avait pris pour sujet d'expérience un autre humain. Son visage avait exprimé son inquiétude un moment, avant de reprendre son habituelle expression solaire ; il n'y avait pas besoin de réfléchir au pire. Elian était très occupé par sa plante, et ils avaient bien d'autres choses à faire que de discuter de la présence étrange de Solal.

Toujours accroupit à côté d'Elian, Solal releva les yeux vers le visage de son camarade pour lui témoigner son attention. Il avait l'air de s'y connaître drôlement, en plantes, et le Serdaigle se demanda où est-ce que le Poufsouffle aux Plantes avait appris tout ça. Mais il resta muet, comme dans un respect silencieux des agissements du Poufsouffle qui était en train de réfléchir à voix haute.
« Tu saurais trouver ce genre de sort ? Faudra me l'apprendre, si t'en trouves un. » il pencha légèrement la tête en prononçant ces mots. Solal était connu pour être un aventurier qui n'avait peur de rien, mais contrairement à beaucoup de ses camarades il était toujours très hésitant à lancer des sortilèges —il avait observé des tournois de duels entre sorciers, avec ses parents et ses grands-frères, se souvenir de leurs blessures lui donnait l'impression qu'on empoignait son estomac et qu'on le serrait avec force. Depuis son plus jeune âge, il n'aimait pas le côté dangereux de la magie et il ne souhaitait faire de mal à personne, aussi, il ne lançait que des sortilèges qu'il savait avoir complètement maîtrisé. Cette habitude l'empêchait de révéler ses capacités (ou ses incapacités), contrairement à certains de ses camarades qui, à onze ans, connaissaient déjà bien leur magie.

Toujours perdu dans ses pensées, Solal n'en extirpa la tête que lorsque Elian se mit au travail, tel un médicomage botaniste. La vision fit sourire le garçon, lui plissa les yeux, alors que le flot de ses pensées décidèrent enfin de se taire et de le laisser profiter simplement de la scène qui s'offrait à lui. Il observa le maigre filet d'eau retomber sur la terre au pied de la plante, il suivit du regard la baguette se glisser derrière l'oreille d'Elian. L'enfant observait son camarade avec des yeux attentifs, comme s'il prenait en compte tous ses agissements. Mais une nouvelle phrase vint l'interpeller et ses yeux attentifs s'arrondirent, avant de froncer les sourcils. Aussitôt, les fesses de Solal se posèrent par terre, comme si même son corps voulait assurer qu'il ne bougerait pas.

« Hein ?, il laissa planer un silence de quelques secondes, je sais, ça. Au début j'voulais juste savoir pourquoi les autres t'embêtaient. Et j'trouve que t'as l'air cool, puis tu sais plein de trucs sur les plantes. Ça aussi c'est cool. J'préfère être là qu'être là-bas. » Sur ces derniers mots, il donna un petit coup de menton en direction de la Grande Salle, là d'où ils venaient. Les sourcils toujours froncés, ses yeux faisaient à présent des allers-retours entre le visage d'Elian et la plante, comme si le mouvement l'aidait à réfléchir un peu mieux.
« En tout cas j'me sens pas obligé, d'accord ? insista-t-il en posant ses yeux sur l'écharpe jaune de son camarade, je croyais que les Poufsouffle étaient gentils. Pas tous, apparemment. »

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En réalité, Elian aurait été absolument incapable de trouver un sort d'arrosage perpétuel, et même s'il en trouvait un, seul un sorcier expérimenté aurait pu le réussir. Il ne connaissait que l'Aguamenti, que son père avait bien voulu lui montré avec sa propre baguette, mais là encore, Elian était incapable de le réaliser correctement malgré ses entraînements dans le parc. Tout ce qu'il avait réussi à faire - et à son niveau c'était déjà bien assez - c'était un quart des effets du sortilège si bien réalisé, c'est-à-dire des petites gouttes et parfois même un filet d'eau... Le fait est qu'il avait proposé de chercher un enchantement plus pour se rassurer qu'autre chose. « Mh, répondit-il distraitement lorsque Solal lui fit la remarque, tout en dégageant une motte de terre à l'autre bout de la parcelle. Il tentait d'ignorer la sensation de légers picotements sur ses mains, songeant à présent qu'il n'y avait peut-être pas que des orties dans ces feuillages.

Le trou qu'il creusait commençait à prendre de la profondeur lorsque Solal, à sa question un peu brutale, le rassura sur ses intentions . Elian, qui avait cependant remarqué son air agacé, avait tourné la tête et l'observait d'une façon figée, affolé à l'idée d'avoir insinué quelque chose de mal sur lui, alors que le Serdaigle lui confiait qu'il le trouvait "cool" malgré son obsession pour les plantes - ce qui arrivait trop rarement. Solal confirma son appréhension en lui faisant savoir qu'il n'était pas digne de la gentillesse des Poufsouffle de lui avoir posé cette question. Il comprit immédiatement qu'il avait été maladroit, comme bien souvent d'après ces pairs, et décida que son nouvel ami méritait des excuses. « Oh si, je suis sûrement un blaireau pour avoir douté de toi comme ça , ironisa-t-il malgré lui. « Même si tu étais venu pour me prendre en pitié, j'aurai quand même apprécié ta compagnie, tu sais... Il se tourna de nouveau sur la cavité, plus pour cacher sa gêne qu'autre chose, et planta d'un geste sec le Voltiflor, puis la fleur blanche (malgré sa coupe sans racines). Finalement, il se confia à son tour. « Je n'aurais jamais pensé que quelqu'un pourrait vouloir passer du temps avec moi. Surtout un gars aussi... cool que toi.

Le soleil n'avait jamais été aussi rouge dans le ciel, il vivait ses derniers instants sur le grand lac noir. Elian avait rassemblé la terre avec de plus en plus d'émotions autour du Voltiflor. C'était pourtant ce qu'il avait voulu pour lui, mais quelque chose le tourmentait, lui disant qu'il n'enterrait pas que la plante. Après tout, elle avait été sa plus grande confidente ces derniers mois à Poudlard, c'était comme si elle avait aspiré tous ses doutes et angoisses. « N-nous devrions... Dire quelques mots... T-tu ne crois pas ? Elian se raclait la gorge, le teint blême et les yeux humides. Il avait pensé à ce moment toute la journée, en sachant au fond de lui qu'il aurait toujours l'option de la garder plus longtemps en la remettant à sa place, si jamais il se désistait... Mais à présent, il ne pouvait plus reculer, car il ne donnerait pas l'occasion à son camarade de le traiter de Serpentard, en plus de Non-Poufsouffle.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 19 juin 2018, 0 h 27, modifié 3 fois.

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Solal pinça ses lèvres entre elles nerveusement ; il avait fauté. Il lui arrivait un peu trop souvent de parler sans réfléchir, ce qui impliquait l'idée de parler n'importe comment. On ne le comprenait donc pas toujours, et pire, on le méprenait souvent. Heureusement pour le brun, ce genre de mésaventures n'arrivaient pas souvent et étaient rarement dérangeantes. Mais cette fois-ci, Elian l'avait mal compris et la situation était horrible aux yeux du Serdaigle : le Poufsouffle aux Plantes avait cru qu'il l'insultait ! Mais pas du tout ! Le cerveau du brun avait été le théâtre d'une panique —Solal eut le temps d'imaginer des bonhommes courir dans toutes les directions dans sa tête, en levant les bras au sol et en s'affairant autour de machines pour préparer une explication digne de ce nom. Il leva les mains entre eux, comme pour balayer le malentendu, et plissa le nez.

« Non, non non ! Je parlais pas de toi, gros naze —enfin pas naze. Enfin si, t'es naze, mais c'est pour rigoler, d'accord ? Un gentil naze, voilà.. Quoi que non, ça sonne encore pire. Bref, je parlais pas de toi. Je parlais de ceux qui t'embêtent. Toi t'es gentil, ok ? Gentil. » Les mots étaient sortis comme une vague incontrôlable, il avait sûrement bégayé deux ou trois fois et ses pupilles divergeaient d'un endroit à un autre avec hâte. La Panique. Avec un grand P. Il posa sa main —marron, à force de traîner la main dans l'herbe et dans la terre— sur le haut du crâne de son camarade pour le tapoter comme il ferait avec un animal.
« Toi t'es gentil. » Il répéta une dernière fois alors qu'il reportait son attention sur la plante, comme s'il avait peur que l'information ne passe pas clairement. Squib et Nuage étaient à présent bien plantés l'un à côté de l'autre. La vision satisfaisait Solal au plus haut point, mais à entendre la voix tremblante d'Elian, c'était autre chose pour lui. Il plissa à nouveau le nez —si la conversation paraissait calme d'un point de vue extérieur, elle provoquait chez Solal des montagnes russes émotionnelles. Il n'avait jamais aimé voir les autres tristes, et surtout pas Elian qui était si gentil. Il s'accroupit et s'approcha de lui pour passer un bras amical autour de ses épaules, et tapoter son épaule doucement ; comme Oskar avait fait avec lui plusieurs fois quand il était plus jeune.

« Cher Squib, j'espère que tu as apprécié ton séjour dans la salle commune des Poufsouffle et qu'ils ne t'ont pas fait la misère. Mais tu sais ce qu'on dit pour les animaux ? Qu'ils sont mieux dans la nature, et je pense que ce sera pareil pour toi. Alors je me fais pas de souci. En plus, Nuage est là à côté de toi et tu pourras lui parler si tu te sens seul. Puis, tu auras cette super vue sur le lac ! C'est trop cool, non ? Je vois pas ton visage mais je suis certain que tu souris et que t'es heureux. Tu nous raconteras ce que tu vois de cool ! » s'exclama-t-il en souriant, avant de tourner la tête vers le blond, comme pour l'encourager à dire quelques mots aussi. Volontairement, il avait été très optimiste et il espérait que ses mots réconforteraient indirectement Elian qui avait l'air attristé de cette séparation. Solal nota intérieurement que son camarade était vraiment spécial, différent des autres, pour se lier ainsi d'amitié avec une plante. Mais c'était une particularité qui lui plu chez le garçon. Il avait toujours aimé les gens qui sortent du lot.

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Le trou qu'il venait de creuser ne pouvait être aussi profond que son mal-être, mais Solal réagissait comme si c'était lui qui avait formulé quelque chose de mal. Alors que son camarade s'évertuait à dissiper ce qui avait été visiblement un malentendu, en le traitant notamment de gentil naze, Elian l'observa avec un sourire rassuré et amusé, qui se transforma par un rire soufflé lorsqu'il lui tapota la tête. L'entendre répéter qu'il le trouvait gentil représentait pour lui un magnifique compliment, même s'il ne comprenait pas ce qu'il avait fait pour le mériter. Il considéra un instant ses homologues Poufsouffle, du moins ceux qu'il lui semblait connaitre le plus. « Ils ne sont pas tous comme ceux que tu as vu dans la Grande Salle, heureusement. » En effet, il aurait eu beaucoup de mal à s'adapter au château si tous les sorciers de sa Maison le mettaient à l'écart, et ce n'était pas le sentiment qu'il avait. Elian suivit le regard de Solal, qui s'était posé sur les plantes. Il était d'un incroyable réconfort et la compréhension semblait totale entre eux, même si le Poufsouffle était loin de tout savoir sur lui.

Le moment était solennel et si quelqu'un les voyait ainsi, on aurait pu croire qu'un véritable enterrement avait lieu dans le parc... Elian, épaulé par Solal, se sentit un peu plus encouragé et garda contenance pendant plusieurs minutes. Il trouva le discours de ce dernier absolument sublime et très éclairé.
« Oui, je crois qu'il est heureux, regarde ! Il désigna avec un souffle nouveau les tiges du Voltiflor qui s'étaient légèrement resserrées devant leurs yeux, en refusant d'admettre que c'était une simple réaction au changement de luminosité et de température.

Le soleil ne formait plus qu'un trait lumineux sur le lac.
« Eh bien c'est le moment de te dire au revoir... Même si je viendrai te rendre visite, tu vas vraiment me manquer Squibby. Je me souviens encore quand tes racines s'étaient enroulées autour de mon devoir de Sortilèges... Il sourit mélancoliquement à l'évocation de ce souvenir. « Ici tu pourras pousser librement, à l'abri des regards. Ah, et sois gentil avec Nuage qui veille sur toi maintenant... Elian se tourna vers son camarade, les joues humides, mais soulagé que ce moment douloureux soit passé. « Si ça se trouve, dans quelques années, il aura prit la taille du Saule cogneur ! » s'enthousiasma-t-il soudain.
A présent, plus personne ne semblait se rendre dans le parc, et cela signifiait que le moment était bientôt venu de rentrer au château en vue du dîner de la Grande Salle. Elian n'arrivait pas à trouver les mots pour exprimer sa gratitude envers Solal, de l'avoir ainsi soutenu. Il décida alors de le prendre dans ses bras sans vraiment réfléchir, de toute manière ignorant des conventions sociales, et également les mains pleines de terre.
« Je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour lui, et pour moi. Puis il se rappela qu'un sorcier avait besoin d'air pour subsister et desserra son étreinte.

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