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La plume des aiglons  PV Solal Rosenberg 

Lucy était allongée dans l'herbe, dans le grand parc de Poudlard, la tête dans les nuages comme si elle y cherchait de l’imagination. Mi-mai, le printemps battait son plein et partout autour d’elle, des oiseaux gazouillaient, en quête d’un congénère pour se reproduire. Certains semblaient même s’adonner à d’étranges parades nuptiales. Non loin du lac, Lucy pouvait aussi entendre des grenouilles coasser. Il faisait étonnamment chaud et la fillette avait troqué son habituel uniforme scolaire contre une robe. Elle avait eu alors la mauvaise surprise de constater qu’elle rentrait à peine dedans, ayant visiblement encore grossi lors de ces derniers mois à Poudlard. Maman ne serait pas contente si elle me voyait ainsi, avait-elle alors pensé. Boudinée dans sa robe, elle s’était joyeusement rendue au parc.

Quelques jours plus tôt, les Serdaigle s’étaient donnés en spectacle dans ce même parc, pour livrer aux élèves de Poudlard un grand concert pour la commémoration de la Bataille de Poudlard, qui s’était déroulée quarante-cinq ans plus tôt. La soirée s’était alors prolongée au lac, où elle avait passé du temps avec Annie, Chems et ce crétin de Calum. La préparation du concert, qui avait duré plusieurs jours, avait donné l’occasion à la fillette de sympathiser avec certains de ses camarades. De nature timide, elle s’était alors rapprochée de plusieurs personnes dans sa maison en participant à diverses activités : la préparation des costumes, une aide de dernière minute pour certaines paroles ou encore d’interminables séances d’entraînement au chant, avec un public étonnamment peu enclin à l’écouter. Et enfin, le concert était arrivé : ils avaient alors passés un excellent moment ensemble à jouer de la musique et à chanter. Lucy esquissa un sourire en pensant à tous ces moments de complicité.

Aujourd’hui, ses pensées étaient encore tournées vers cette soirée. Elle était finalement parvenue à s’intégrer dans sa maison, elle était beaucoup plus à l’aise avec ses camarades et avait réalisé à quel point ils étaient géniaux. Alors en leur honneur, elle souhaitait maintenant écrire une Ode aux Serdaigle, parce qu’elle adorait sa maison, ses camarades et qu’elle souhaitait leur faire savoir. Allongée dans le parc, la tête dans les nuages, elle cherchait des idées, comme si le ciel pouvait lui apporter une quelconque réponse. Sur ces genoux, reposait un petit calepin vierge de toute note, un crayon rose et une gomme. Elle se redressa, saisit le calepin et écrit dans une petite écriture enfantine : 

« Serdaigle, ô Serdaigle ! Ma maison »

Elle s’arrêta, indécise. Elle ne savait pas trop comment commencer. Quelle suite pouvait-elle donner à ce premier vers ? Elle se frotta le menton, perdue dans ses réflexions. Enfin, elle se pencha à nouveau sur son calepin et écrit :
« Serdaigle, maison des érudits, parait-il. »

Non, cela n’allait pas. Elle gomma précipitamment le vers. Elle soupira et enfouit sa tête dans ses mains. Elle n’était vraiment pas douée pour ce genre de choses. Il était difficile d’écrire un poème seule, les idées ne se bousculaient pas dans sa tête et pourtant, elle en avait, des choses à dire ! Elle reprit son crayon, hésita et se lança à nouveau.

« Serdaigle, ô Serdaigle ! Ma maison,
Ce poème est pour vous, fiers aiglons. »

Un sourire ravi se dessina sur ses lèvres. C’était maladroit, mais elle avait réussi à faire une rime. UNE RIME. Elle rigola toute seule puis se lança pour écrire la suite. Mais, le crayon posé sur le calepin, rien ne vint. Elle resta bloquée dans son geste, puis soupira. Non, décidément, elle n’y arriverait pas seule.

Mot à placer : naze(s)  :grin:

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La plume des aiglons  PV Solal Rosenberg 

La gorge de Solal était encore douloureuse. Depuis ce fameux concert où il avait rappé, sa voix ne sortait pas bien et il avait l'air d'un adolescent à la voix qui mue. Ce n'était pas encore le cas. Et il n'avait pas hâte, il avait déjà entendu la voix d'Amory partir dans les aiguës comme les pneus d'une voiture moldue qui crissent sur le goudron. Une horreur auditive. Solal voulait rester un enfant toute sa vie. Il l'avait décidé depuis longtemps ; déjà parce qu'il vouait une hostilité sans borne aux adultes, et parce que les adolescents étaient un mélange étrange de cool et de naze. 

La voix à moitié morte ou non, Solal avait tenu à quitter la salle commune et à prendre l'air. Pour être tout à fait honnête, il avait vu un oiseau passer par la fenêtre et la simple vision lui avait donné envie d'aller les observer dans le parc. Quelques jours plus tôt, un camarade lui avait demandé pourquoi il aimait autant les oiseaux et depuis ce jour son cerveau s'était lancé dans une réflexion ininterrompue. Pourquoi aimait-il autant les oiseaux ? Y avait-il besoin de raisons pour aimer quelque chose ? Il avait plutôt envie de leur demander, au contraire, pourquoi ne pas aimer les oiseaux ? Il y en avait tant, tous différents, aux couleurs ternes ou aux couleurs extravagantes, gros et petits corps, mignons voire un peu moches.. Rien ne pouvait détrôner le geai des chênes, mais pour autant même les oiseaux les plus simplets lui paraissaient magnifiques et il s'émerveillait devant un pigeon comme certains s'émerveillaient devant des sortilèges puissants.

Son regard se baladait dans les branchages d'un arbre. Il entendait un oiseau chanter et voulait le voir. C'était là tout le souci d'un ornithologue en herbe : on entendait sans voir. Il fallait être au bon endroit au bon moment pour être certain de pouvoir observer un oiseau minutieusement. Il fronça les sourcils, où était-il passé ? Il sentit quelque chose toucher sa cheville, et la prochaine chose qu'il senti fut l'herbe qui lui chatouillait les narines et la terre qui lui collait à la joue. Il lui fallu quelques secondes pour se remettre d'aplomb mais les chutes devenaient régulières récemment et il ne fut pas si secoué que ça. Il se redressa et plia ses jambes sous lui pour se retrouver assis en tailleur alors que son regard curieux se baladait autour de lui pour comprendre ce qu'il venait d'arriver : perdu dans ses rêveries, il s'était pris les jambes de Lucy Allen. Il lui adressa un regard désolé.
« Pardon, j't'avais pas vu. » Son visage s'illumina d'un sourire qui laissa place à une expression de curiosité alors qu'il remarqua que sa camarade avait un calepin dans lequel elle semblait noter quelques mots. Curieux, il se glissa jusqu'à son épaule.
« T'écris quoi ? » Son regard fut inexorablement attiré par les notes de la Serdaigle. Elle eut un léger mouvement de recul, mais il avait déjà tout lu. Une ode, quelle idée fantastique !


« Vous êtes bien les nazes que je préfère
Qu'importe ce que les autres vocifèrent ! »


Il s'exclama ces deux vers en se levant d'un bon, le bras en l'air comme s'il était en pleine pièce de théâtre. Il retourna ensuite la tête vers Lucy, un sourire sur les lèvres.
« C'est bien non ? Par contre j'sais pas trop ce que ça veut dire, vocifère. Mais au moins ça rime. » Il hocha la tête à ses propres mots, comme pour se donner le crédit d'avoir bien fait les choses, et s'agenouilla à nouveau à côté de sa camarade. Il bougeait trop, comme à son habitude.


Mot à placer :
Ninja T-)

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
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La plume des aiglons  PV Solal Rosenberg 

A la recherche du mystérieux vers pour poursuivre l’écriture de son poème avec brio, elle était perdue dans ses pensées et ne vit pas arriver la masse aux cheveux ébouriffés qui s’abattit près d’elle après avoir manifestement chuté en se prenant ses jambes. Elle se redressa et, désormais assise, son regard tomba sur le jeune garçon qui semblait en profonde communion avec le sol, le visage tout écrasé contre la terre. Des cheveux noirs en bataille, une peau assez pâle et cet adorable nez en trompette : elle le reconnut aussitôt.  Elle fit un geste en direction de son sac, pour donner un mouchoir au garçon afin qu’il essuie son visage tartiné de terre, mais elle se souvint avoir donné le dernier qui lui restait quelques jours plus tôt à Chems. Tant pis pour Solal.

« Solal Rosenberg » dit-elle en guise de salut. « J’ai toujours voulu goûter de la terre… Enfin j’veux dire, t’en as pas mangé, du moins pas aujourd’hui, peut-être un autre jour je ne sais pas mais moi, je me demande quel goût ça a. » dit-elle sans réel contrôle sur les mots qui s’échappaient de sa bouche. Elle hésita à prendre aussitôt une poignée de terre pour tenter l’expérience mais un éclair de lucidité la frappa soudainement. Elle se ravisa. Pendant ce temps, le jeune garçon s’était redressé puis, après lui avoir brièvement présenté ses excuses, il s’intéressa à ses écrits. Un peu trop rapidement pour que la fillette, l’esprit déjà assez embrumé d’avoir été  ainsi perturbée dans ses rêveries, puisse réagir, Solal se pencha par-dessus son épaule pour lire le contenu de son calepin. Elle mit quelques secondes de trop à réagir et après un léger mouvement de recul, elle cacha d’une main ses écrits. C’était trop la honte de laisser quelqu’un lire ce poème alors qu’il était à peine commencé.

A sa grande surprise, Solal sembla très enthousiaste par cette idée de poème. Il se leva d’un bond tout en criant deux vers, fruits de son imagination alors que celle de Lucy semblait s’être perdue dans les nuages depuis un bon moment. Elle ressentit une légère pointe de jalousie face à la rapidité du garçon, mais il fallait quand même l’avouer : il n’était pas très doué, ses vers étaient nazes. Néanmoins elle était très heureuse de recevoir cette petite aide et, pour ne pas vexer le garçon, elle écrivit minutieusement sa proposition à la suite de ses deux premières vers.

« Serdaigle, ô Serdaigle ! Ma maison,
Ce poème est pour vous, fiers aiglons.
Vous êtes bien les nazes que je préfère,
Qu'importe ce que les autres vocifèrent ! »

Il semblait heureux de sa trouvaille et avoua dans la foulée ne pas connaître le sens du mot vociférer. La fillette se contenta de répondre par un sourire poli, ne souhaitant pas avouer qu’elle non plus, elle ne savait pas ce que cela voulait dire. Le terme allait bien avec le reste : c’était le principal. Elle se demandait si le garçon ne s’était pas fait mal dans sa chute. Lui, en tout cas, il lui avait mal. Elle se massa les jambes avec une petite grimace et se perdit à nouveau dans ses pensées. Elle était heureuse d’avoir un peu de compagnie, mais elle était encore très timide quand il s’agissait de parler avec des personnes qu’elle connaissait peu. Bien évidemment, Solal n’était pas un inconnu : ils s’étaient déjà parlé quelques fois et avaient brièvement sympathisé lors du concert. Néanmoins, l’énergie débordante de Solal contrastait grandement avec le calme de Lucy, qui prenait son temps pour faire les choses et qui ne se précipitait pas : du moins, la plupart du temps. Ainsi, elle se sentait toujours un peu dépassée par ce garçon plein d’énergie.

« Tu veux m’aider ? » proposa-t-elle finalement. « J’veux écrire une ode aux Serdaigle, parce que quand même, notre maison, elle a trop la classe ! Si tu as d’autres idées, je veux bien t’écouter. » Sur ces mots, elle se concentra à nouveau sur son petit calepin, à la recherche d’une éventuelle suite. Sans réellement savoir pourquoi, elle eut soudainement très envie de parler de ninja dans le poème. Elle saisit le crayon et griffonna aussitôt :

« Et si jamais il est question de ninjas,
Les Serdaigle sont, à ce sujet, les rois,
En effet il n’y a qu’eux pour défenestrer »

Défenestrer quoi ? Un Serdaigle qui ne fait pas ses devoirs ?  Des Pouffys du haut de la tour d’Astronomie ? Ses yeux se remplirent de larmes en imaginant Chems chuter du haut de la tour. Elle secoua la tête, repoussant ces idées sordides. Solal aurait peut-être une petite idée. Le crayon suspendu dans l’air, en attente, elle lui adressa un regard plein d’espoir.

Mot à placer : tapis

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La plume des aiglons  PV Solal Rosenberg 

Si Solal pouvait voir les auras de ses interlocuteurs, il était certain que celle de Lucy aurait été comme un nuage. La jeune fille aux joues rebondies avec toujours l'air quelque peu dans son monde, aussi il ne fut pas totalement étonné lorsqu'elle parla de manger de la terre. Il n'était pas certain que ce soit une bonne idée, en fait il grimaça même en y pensant alors qu'il se frotta la joue de sa manche pour y retirer une brindille qui y était restée collée. Mais il n'en fit pas part, il savait qu'elle avait quelques propensions à s'énerver ou à se mettre à pleurer pour pas grand chose. En d'autres termes, il ne valait mieux pas la froisser.
De toute façon, ils étaient déjà passés à autre chose ; Lucy lui proposa de l'aider et c'était justement ce qu'il comptait faire. Il n'était absolument pas doué avec les mots et ne savait pas écrire quelque chose de correct, ce n'était pas pour rien qu'il avait préféré ne pas jouer au parolier lors du concert. Il prit cette tentative de faire un poème comme un défi et s'installa rapidement à côté de l'adepte de choux à la crème, les genoux contre son torse.

À nouveau, Lucy proposa quelques vers à propos de ninjas —l'idée lui plut beaucoup. Les rois des ninjas, ça sonnait très bien et il est vrai qu'Ivy et lui aimaient ce genre d'appellation depuis leur escapade nocturne. En pensant à Ivy, il remarqua qu'il n'avait pas beaucoup de souvenirs avec des garçons de Serdaigle, ils étaient souvent plutôt discrets et Solal n'avait pas beaucoup l'occasion de leur parler à part dans les dortoirs. C'était bien différent pour Jeffrey Hunter, qu'il avait rencontré sur le terrain de MajHockey lors des JMO organisés par l'école ; le lac gelé avait alors servi de terrain glacé. Le match qu'ils avaient échangés avaient été on ne peut plus intéressant. Jeffrey était un Poufsouffle qui semblait avoir la tête dure, il ne le connaissait pas très bien mais il n'oubliait pas qu'il était le joueur qui leur avait donné le plus de fil à retordre. À la fin du match, Jeffrey lui avait serré la main dans un geste tout à fait respectable et fair-play, malgré sa défaite. Depuis, Solal entretenait pour le Poufsouffle un respect sportif sans faille et il avait hâte qu'ils aient l'occasion de se croiser à nouveau sur un terrain. Il l'avait aussi vu au concert en compagnie d'une jeune fille de qui il était très proche, le Serdaigle ne fut pas étonné de savoir que Jeffrey était populaire avec les filles. Un garçon gentil, sportif, c'était tout bonnement ce que les filles aimaient ! Somme-toute, il était le garçon que Solal admirait le plus à Poudlard, et il regrettait de ne pas avoir encore eu assez de temps à passer avec lui pour le connaître un peu plus ; il savait que Jeffrey souhaitait faire du Quidditch et il se demanda pourquoi, si lui aussi avait été poussé par son père, s'il voulait lui faire plaisir ou si c'était une véritable passion. Il faudrait qu'il lui demande un jour et qu'il se décide enfin à briser la distance qui les séparait, il était sûr qu'il pourrait rapidement devenir son meilleur ami.

Il se rendit compte, après avoir pensé à Jeffrey en regardant les yeux dans le vague, qu'il s'était totalement éloigné du sujet principal. Il poussa Jeffrey de ses pensées et reposa ses yeux sur les notes de Lucy pour trouver une nouvelle idée.
« Mais tout ceci n'est plus à démontrer. » Comme à son habitude, il vint arracher quelques brindilles d'herbes à pleine poignée, les yeux rivés vers le ciel comme si la vision du bleu l'aiderait à se concentrer et à réfléchir.
« À Serdaigle... on a les plus jolis tapis. » En pleine réflexion, il plissa le nez comme il le faisait très souvent. C'est vrai que les tapis de la salle commune étaient rudement beaux. « Alors que les vôtres c'est de la charpie. T'en penses quoi ? » il questionna ensuite, un sourire sur les lèvres.

Le paragraphe sur Jeffrey est un éloge en son honneur puisque j'ai été désigné pour le "Il n'en restera qu'un"
Mot imposé :
Jungle

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Lucy gardait ses grands yeux noirs rivés sur Solal, tentant de déchiffrer les expressions qui se succédaient sur le visage du garçon. Le pauvre enfant semblait complètement perdu dans ses pensées. A en juger par l’expression de gentille béatitude qu’il affichait par moment, il pensait probablement à une personne qu’il aimait beaucoup. Amusée, elle passa une main devant ses yeux pour le réveiller. Il redescendit aussitôt sur Terre. Il ne tarda pas à lui proposer quelques nouveaux vers, que Lucy écrivit aussitôt sur son calepin.

«  Mais tout ceci n'est plus à démonttrer. 
À Serdaigle, on a les plus jolis tappis,
Alors que les vôtres c'est de la charpie. »

« Moi j’aime bien, mais au fait, tu sais à quoi ils ressemblent, les tapis des autres maisons ? » C’était vrai, ça. A part s’il avait entendu des rumeurs sur les autres tapis ? Perdue dans ses réflexions, son regard se tourna vers l’herbe qu’elle enroula distraitement entre ses doigts. Elle posa à nouveau ses yeux sur ses écrits. Ils avançaient plutôt bien, à deux. Ce n’était pas du grand art ; mais ils n’étaient pas au mieux de leur forme, voilà tout. Elle se demanda un instant comment, avec un talent pareil, ses camarades avaient pu la laisser écrire quelques paroles pour le concert. Ils étaient probablement désespérés. Elle se concentra sur la suite et trouva finalement l’inspiration dans les cheveux ébouriffés de Solal. Il était toujours aussi mal coiffé. Elle reprit son crayon.

« Dans notre salle commune, c’est la jungle,
Tout les soirs chez nous, on fait la bringue. »

Elle tendit aussitôt son calepin à Solal pour qu’il puisse lire ses écrits. Elle n’était pas vraiment satisfaite de ce qu’elle avait trouvé, ainsi, elle était un peu gênée de lui montrer mais il pourrait probablement l’aider encore un peu. Elle ressentit le besoin de justifier le choix de ses mots.

« Faire la bringue, j’ai déjà entendu maman utiliser cette expression. Ça date de sa jeunesse, j’crois. Quand nos parents avaient à peu près notre âge peut-être, ou quand ils étaient plus grands. C’est un peu comme faire la fête. J’trouvais ça cool de parler du bazar qu’il y a parfois chez nous, tu ne trouves pas ? » dit-elle d’une voix timide. Elle lui fit un petit sourire et lui tendit le calepin ainsi que le crayon. Peut-être aurait-il envie de rédiger les prochains vers par lui-même.

Mot imposé : fouet

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Lucy était une jeune fille plutôt agréable. Pour être tout à fait honnête, Solal n'était pas bien sûr de bien la comprendre, ni même de l'avoir bien cerné. Ce qui était assez surprenant puisqu'il tendait à se faire rapidement une idée précise de la personnalité de quelqu'un. Lucy ressemblait plus à un mystère. Elle paraissait tantôt timide, tantôt un peu plus assurée, tantôt très concentrée, tantôt on ne peut plus distraite.  Ce qui donnait du fil à retordre au garçon : il ne savait pas tout à fait comment l'aborder, comment lui parler. Il avait l'habitude d'adapter sa façon d'être ; un peu plus brutal avec les forts, un peu plus doux avec les gentils... C'était le point d'interrogation.

Si bien que quand il observa les écrits de Lucy, il hésita : est-ce qu'il devait lui dire qu'on écrit tapis avec un seul p ? Il préféra éviter l'incident diplomatique pour le moment et lui adressa un sourire alors qu'il attrapait le calepin et le crayon.
« Ah ouais ? Faire la bringue ? J'avais jamais entendu mais c'est clair que ça marche bien, j'me souviens d'une fois où j'ai eu une bosse pendant trois jours, t'imagines, trois jours, juste parce que Ivy m'avait jeté un livre ! » La réputation de la lionne n'était plus à faire au sein de Serdaigle : elle était totalement folle. Mais c'était le genre de folie qui faisait rire Solal et il n'aurait échangé Ivy pour personne d'autre. À part peut-être Elian. Même si le jaune lui allait très bien et que son côté botaniste le rendait très Poufsouffle. Somme toute, il était très bien à Poufsouffle. C'était dommage pour les soirées passées à discuter dans le dortoir, il n'y en aurait tout simplement pas et Solal gardait Ivy à Serdaigle.
Il releva les yeux vers Lucy qui l'observait d'une façon presque insistante, elle attendait certainement le nouveau jet de Solal qui baissa à nouveau les yeux vers les mots écrits sur le calepin pour se remettre l'ode en tête et chercher une bonne suite. Il n'était pas sûr des mots les plus compliqués, mais il était certain que tapis était mal orthographié. La faute le perturbait, torturait ses yeux. Le prendrait-elle mal ? Il ne saurait pas s'il n'essayait pas, et il posa un regard inquiet sur la jeune fille avant de prendre son courage à deux mains et de lui avouer la vérité fatidique :
« Tapis c'est avec un p. Je corrige, d'accord ? » Il croisait les doigts pour ne pas signer la mort d'une amitié à peine naissante alors qu'il traça une croix sur le premier p. Et comme par peur de lancer une guerre, il se pressa de griffonner les prochains vers alors qu'il prononçait à voix haute des essais atroces.

« Dans notre salle co' vous n'entendrez pas l'bruit du fouet
Et pourtant on travaille sans jamais souffler. »

Il apposa le dernier point et releva les yeux vers Lucy en espérant que cette distraction l'empêcherait de se vexer face à sa remarque quant à l'orthographe du mot tapis. Il lui adressa un nouveau petit sourire.
« T'en penses quoi ? »

Mot imposé :
Funambule(s)  :grin:

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Lucy n’écoutait plus du tout Solal. Il lui sembla entendre brièvement parler de bosse. Elle se souvint de ce jour où elle avait croisé le jeune garçon avec une énorme bosse au milieu du front. Il ressemblait alors à une licorne. Elle entendait encore le rire d’Ivy résonner dans la salle commune, visiblement satisfaite de sa bêtise. Mais ce n’était ni vers Solal, ni vers Ivy que les pensées de la fillette étaient tournées. Son regard était tombé par hasard sur une petite coccinelle qui grimpait sur un brin d’herbe, apparemment désireuse d’en atteindre l’extrémité. Distraite, Lucy mit son doigt au niveau de la coccinelle, qui grimpa aussitôt dessus. Ceci fait, elle plaça l’insecte à sa hauteur pour l’observer.

« Maman, elle dit que les coccinelles de chez nous, elles ont sept points noirs sur… Je ne sais plus comment ça s’appelle », avoua-t-elle, hésitante. « Tu sais, les trucs sur les ailes. Et elle dit aussi qu’il y a d’autres coccinelles qui ne viennent pas de chez nous, ici ce n’est pas leur maison mais les humains les ont emmenées ici. Elles n’ont pas le même nombre de points, et elle mange même les bébés des coccinelles de chez nous ! Maman, elle a appris ça dans un livre. On apprend plein de choses dans les livres ! » dit-elle d’un air très sérieux. Son attention se tourna à nouveau vers la coccinelle et elle compta minutieusement les points. Sept. Un sourire satisfait se dessina sur son visage. L’insecte prit son envol et s’éloigna progressivement.

C’était fou, ces différences entre l’humain et les coccinelles ! L’un comme l’autre étaient des animaux, mais ils étaient si peu semblables ! L’insecte était si petit, et si mignon avec ses six pattes ! Et il y avait plein d’insectes dans la terre. Or, elle aimait la terre. Les humains, eux, ils ne mettaient que leurs morts dans la terre. Elle se souvint soudainement qu’elle n’était pas seule, et qu’elle rédigeait un poème avec Solal. Son regard tomba alors sur le jeune garçon et elle l’observa en silence, presque avec insistance. Elle cherchait dans le visage du garçon des similitudes avec la tête d’un insecte. Il y avait quelques ressemblances, dans la disposition des yeux et la morphologie globale. Le garçon releva les yeux vers elle et les baissa aussitôt sur le calepin.

Elle se demandait si la tête de Solal était aussi douce que le corps d’un insecte. Le garçon lui parla d’une faute d’orthographe, arrachant aussitôt Lucy à ses rêveries. « Oui, bien sûr » marmonna-t-elle. Elle était un peu vexée qu’il lui ait fait remarquer cette faute mais ce n’était pas important ni dramatique en soi. Elle lui adressa un petit sourire, mais l’attention de l’aiglon était tournée vers le calepin sur lequel il griffonnait à toute vitesse les prochains vers, tout en prononçant à voix haute divers essais. Elle jeta un petit coup d’œil sur le calepin et grimaça en constatant que parmi la dizaine de propositions du garçon, il avait choisi la plus affreuse. Néanmoins, elle se contenta de sourire et de récupérer rapidement son calepin pour limiter les dégâts.

« Je préférais le vers où tu parlais de choux à la crème, mais celui-ci passe aussi. » avoua-t-elle en toute honnêteté. Avait-il parlé de choux à la crème, d’ailleurs ? Elle était tellement distraite qu’il s’agissait peut-être du fruit de son imagination. Elle rit à cette pensée. Lucy était une jeune fille de nature très timide mais étrangement, elle était plutôt à l’aise avec Solal. Elle arrivait à maintenir une conversation avec le garçon, et elle parvenait à s’exprimer sans avoir peur de dire une bêtise, de ne pas plaire, ou d’être rejetée. En somme, Solal avait un petit quelque chose de spécial qui facilitait les choses entre eux. Il semblait faire preuve de prudence, lui aussi, quand il s’adressait à elle. Curieux, car dans leur salle commune, il n’était pas ainsi avec tout le monde. Elle lui sourit à nouveau. Elle pencha les yeux sur le calepin et réfléchit. L’image de la coccinelle, en équilibre sur le brin d’herbe, lui revint à l’esprit.
« Parfois, certains jouent un peu aux funambules.
D’autres restent plutôt dans leurs bulles. »

Elle haussa les sourcils, insatisfaite de ses vers. Elle tendit le calepin vers Solal pour avoir son avis sur le sujet. 
« Je voulais parler de ce qu’on trouvait, comme aiglons, par chez nous. Y a tellement de gens différents chez les Serdaigle ! »


Mot imposé :canard  T-)

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L'heure était venu pour un exposé sur les coccinelles, que le garçon n'avait pas prévu. Il n'y connaissait pas beaucoup, dans le domaine des coccinelles, ni des insectes. Il savait simplement qu'on ne les voyait pas beaucoup, mais en forêt, lorsqu'on s'agenouillait et qu'on se concentrait, on voyait que le sol grouillait d'insectes dont personne ne doutait l'existence. Ça, et aussi qu'ils avaient six pattes —au contraire des araignées qui en avaient huit, ce n'était donc pas des insectes.  Voilà là tout l'étendu de son savoir. Lucy semblait s'y connaître un peu plus grâce à sa mère. Elles avaient sept points noirs sur "tu sais, les trucs sur les ailes" —il n'en savait rien—, il y avait plusieurs types de coccinelles dont certaines qui mangeaient les bébés coccinelles. Il stocka les informations dans son cerveau bien qu'il était sûr qu'il oublierait vite, ça restait tout de même intéressant et il hocha la tête avec enthousiasme en écoutant sa camarade.

« Elle en sait des trucs, ta mère. » fit-il remarquer alors qu'il observait Lucy écrire sur le calepin. Il ignora sa remarque quant aux choux à la crème, il n'en avait même pas parlé et il fut vexé de savoir qu'elle ne l'écoutait pas du tout. Après tout, rien ne l'obligeait à l'aider ! Il pouvait juste quitter les lieux et la laisser réfléchir toute seule à son ode —ce qui était peut-être mieux, vu le talent du garçon. Il n'en fit rien, il trouvait l'exercice sympathique et ça lui faisait un peu d'entraînement. Puis il ne savait pas quoi faire d'autre.
Il se retrouva à bougonner intérieurement, le nez plissé en lisant les quelques vers de Lucy. Elle était définitivement plus douée que lui. À son tour, il attrapa le calepin et le crayon, posa le bout du crayon sur son menton alors qu'il réfléchissait en fronçant les sourcils. Il lui fallait des vers de qualité.
« C'est vrai qu'on est tous différents... » Il remonta les manches de son pull avant de se remettre à réfléchir, il lui fallait quelque chose qui appuie sur la différence des Serdaigle mais il manquait cruellement de vocabulaire.

« À Serdaigle on a de tout, des fans de canards
Des gros flemmards, des garçons à foulards
 »

Il recula la tête du calepin comme le faisait son grand-père autrefois, comme si ça l'aiderait à mieux lire. Il tourna ensuite la tête vers Lucy avec un air tout à fait penaud sur le visage, il n'était pas du tout à la hauteur et il sentait la frustration monter.
«
Je suis désolé Lucy, c'est vraiment naze ce que je fais mais j'suis pas doué du tout pour ça. Tu trouves pas que je fous en l'air ton truc ? On devrait gommer mes vers et te laisser faire les tiens, non ? » Il s'empressa de fourrer le calepin et le crayon dans les mains de sa camarade, comme pour l'encourager à prendre toute décision nécessaire pour garder une ode de qualité.


Mot imposé :
Vache(s)

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La plume des aiglons  PV Solal Rosenberg 

Lucy observait Solal. Sa tête ne ressemblait finalement pas à celle d’un insecte. Elle fronça les sourcils. Il était plutôt mignon même s’il était coiffé comme une aisselle de gorille. Heureusement, il n’en avait pas l’odeur. Quoi qu’à bien y réfléchir, Lucy se rendit compte qu’elle n’avait jamais senti d’aisselles de gorille de sa vie. Penché sur le calepin, il semblait à la recherche de vers. Elle pencha légèrement la tête pour observer Solal d’un autre angle. Finalement, il prit la parole, affirmant qu’il trouvait lui aussi que les Serdaigle étaient tous différents. Lucy esquissa un petit sourire à ces propos. Elle avait fait de drôles de rencontres, cette année, à Poudlard. Mais elle n’en regrettait aucune. C’était à Poudlard, et plus particulièrement à Serdaigle –mais aussi à Poufsouffle car il ne fallait pas oublier Chems, qu’elle s’était fait ses premiers amis. Les premiers de toute sa vie.

La voix de Solal la tira de ses rêveries. Il l’observait d’un air confus et désolé. Apparemment, il trouvait que ses vers étaient nazes. Elle lui adressa un sourire pour le rassurer et prit le calepin. Son sourire fondit comme neige en soleil en lisant les dernières notes du garçon.  Bon, certes, ce n’était vraiment pas du grand art. Mais elle non plus, elle n’était pas très douée, et elle était déjà très contente de recevoir son aide. Elle enroula distraitement ses cheveux autour de son index. Que devait-elle dire à Solal ? Elle n’aimait pas les mensonges, mais elle ne souhaitait aucunement le vexer.

« Non, ce n’est pas naze du tout ! Enfin si un peu, quand même. Mais ne t’inquiète pas, moi j’aime bien quand c’est naze et ce que j’écris, ce n’est pas mieux non plus ! Et puis tu sais, je suis trop contente que tu m’aides ! » dit-elle en toute sincérité avec un grand sourire. Elle détourna aussitôt le regard et rougit violemment : elle n’avait pas l’habitude de s’exprimer aussi librement. Mais elle apprenait, et au fur et mesure des mois, elle s’ouvrait de plus en plus à ses camarades. Elle mordilla l’intérieur de ses joues. Il fallait maintenant trouver une suite. Elle n’était pas certaine d’en avoir terminé sur la diversité que l’on trouvait au sein de Serdaigle, ainsi, elle chercha des vers en relation avec cette idée.

« On parle de tout chez nous, de choux, de vaches
Mais aussi de nazes, de ninjas et de pistaches. »


Elle haussa les sourcils. Deux mots sur cinq concernaient la nourriture, et même trois si on considérait la vache comme un aliment. Elle saliva en imaginant un bon steak bien saignant. Elle secoua la tête comme pour chasser ces pensées. Ah, mais au fait, Solal n’avait-il pas dit quelque chose en rapport avec sa mère, peu de temps avant ? Elle était vraiment tête en l’air.

« Ma maman, oui, elle sait plein de choses ! Elle travaille dans une librairie, avec papa, je ne sais plus si je te l’ai dit » commença-t-elle avec enthousiasme, tout en jetant un coup d’œil vers son camarade pour voir s’il l’écoutait. « Et du coup, elle lit plein de livres ! Quand il y a des livres intéressants et pas trop compliqués, elle nous les donne à lire, aussi. Et du coup je lis beaucoup. C’est bizarre parce que là-bas, c’est des livres de moldus, à Poudlard, on trouve beaucoup plus de trucs ! Papa voulait consacrer une partie –secrète, de la librairie aux sorciers mais maman ne voulait pas en voir déambuler toute la journée dans leur boutique. » Elle parlait trop, comme  à son habitude quand elle se sentait à l’aise avec quelqu’un. Le rouge lui monta à nouveau aux joues. « Tiens, c’est ton tour. » dit-elle, le regard fuyant, en tendant le calepin et le crayon à Solal. Après s'être autant dévoilée, elle voulait demander à Solal ce que ses parents faisaient dans la vie mais elle n'osait pas, de peur d'être indiscrète ou de déranger davantage le garçon.

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Ce que le garçon aux cheveux corbeaux aimait particulièrement chez les autres c'était l'honnêteté non-feinte, l'honnêteté innocente, celle qui venait du cœur, sans filtre, mais sans méchanceté pour autant. Aussi, quand Lucy avait confirmé que ses écrits étaient médiocres, il avait été vexé quelques secondes avant de se satisfaire de la réponse : c'était tellement mieux, tellement plus confortable que des faux-semblants. Il adressa un sourire chaleureux à Lucy, content de savoir qu'il pouvait faire confiance à la jeune fille et qu'elle ne mâchait pas ses mots.

« C'est quoi déjà, les pistaches ? » murmura-t-il plus à lui-même qu'autre chose. Il confondait toujours les pistaches et les amandes, alors qu'il savait très bien que ça n'avait rien à voir si ce n'est que les deux ressemblaient à des graines. En parlant de graines, il s'était toujours demandé si manger des graines lui ferait pousser une plante dans l'estomac. Il avait souvent pensé à ça en avalant les pépins des raisins, qui étaient des graines, d'après sa mère. Mais il avait attendu de longues semaines et il n'avait senti aucun changement chez lui —depuis, il entretenait le souhait saugrenu de manger de la terre en même temps d'avaler des graines, pour voir, mais il n'avait encore jamais trouvé le courage. Tiraillé par son envie de tester, il plongea ses doigts dans l'herbe pour toucher la terre, alors qu'il écoutait Lucy parler de sa mère. Elle était libraire, sans doute s'entendrait-elle avec la mère de Solal qui était une férue de littérature. Au contraire du garçon, la jeune fille semblait avoir repris le flambeau et avait accepté de plonger le nez dans ces ouvrages, ce que Solal n'arrivait pas à faire. Il n'aimait que les livres illustrés, qui avaient comme avantage de nourrir son imagination.

« Wow, ma maman aime trop les livres. Faudra qu'elle vienne voir les livres de chez la librairie de ta mère, ça se trouve il y en a des bien. » Il attrapa le calepin et le crayon à son tour et les posa sur ses cuisses. « Moi j'aime pas trop lire, j'arrive pas à me concentrer. Puis c'est mieux d'observer, de voir dans la nature les choses, les animaux, les plantes, tout ça. Pourquoi elle voulait pas voir des sorciers dans sa boutique ? C'est quand même cool de parler à des sorciers, non ? » Solal n'était ni pro-moldu, ni pro-sang-pur, ni rien du tout. Il appréciait tout le monde, qu'ils aient des pouvoirs ou non, même s'il trouvait que la vie des moldus devait être bien plus ennuyante que celle des sorciers, et bien plus fatigante —mais peut-être moins dangereuse, leurs créatures et plantes n'avaient pas les mêmes propriétés.

« Et p'têt qu'on fait des poèmes un peu ringards
Mais si vous vous moquez vous finirez sur un brancard. »


Il hocha la tête à nouveau comme pour approuver ses propres dires. Il afficha un nouveau sourire à sa camarade et lui tendit de nouveau l'outil et le support d'écriture.


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Lucy venait de soumettre ses vers à l’œil expert de Solal. Le garçon ne fit aucune remarque, elle supposa donc que ses écrits étaient bien trouvés. Il marmonna quelque chose à propos des pistaches ; comme quoi il ne savait plus de quoi il s’agissait. Lucy fronça les sourcils. Elle pensait qu’il s’agissait de fruits, mais à en juger par l’ignorance du garçon qui, selon elle, semblait connaître tant de choses d’ordinaire, elle préféra se taire de peur de dire une sottise. Tout en lui parlant de sa mère, toujours distraite, elle jouait avec l’herbe, l’enroulant autour de ses doigts, puis la déroulant ; parfois, elle arrachait quelques brins d’herbe par mégarde. La tête dans les nuages et le regard perdu, elle sursauta quand sa main effleura par accident celle de Solal. Gênée, elle fit un geste brusque pour ramener sa main vers elle. Ses joues prirent une teinte rosée.

Elle tendit à le calepin et le crayon à Solal, qui les attrapa tout en parlant de sa propre mère. La fillette apprit que la mère de Solal aimait la lecture, comme la sienne. Solal, quant à lui, disait préférer observer plutôt que lire, pour apprendre. Enfin, il demanda pourquoi sa mère ne souhaitait pas de sorciers dans sa boutique. Le regard de Lucy se fit vague tandis qu’elle se perdait dans ses pensées. Solal avait relevé un point très intéressant. S’il arrivait parfois à la fillette de révéler à certaines personnes le fait que sa mère n’aimait pas beaucoup les sorciers, la plupart de ses interlocuteurs se contentait d’hocher simplement la tête, sans creuser davantage.

Elle s’allongea dans l’herbe et contempla les nuages. Elle-même ignorait la réponse exacte à cette question, même si quelques bribes de conversation échangées entre ses parents, entendues par-ci-par-là, l’attitude de sa mère et le silence de son père concernant sa propre famille l’aidaient à comprendre l’essentiel, du moins, ce qu’elle pouvait comprendre du haut de ses onze ans, le tout restait très vague. Elle se souvint aussi de ce qu’elle avait appris, concernant sa famille, dans un livre. La conversation qu’elle avait eue avec Eligius, quelques jours plus tôt,  tournait encore dans sa tête comme un rappel incessant de ce qu’elle aurait préféré ignorer.

« En fait… » Commença-t-elle avec hésitation. Que devait-elle révéler à Solal ? Elle n’avait pas trop envie d’en parler, mais peut-être que la perspicacité du garçon et sa logique imparable pourraient mettre en avant des aspects auxquels elle n’avait pas songé. Pour mieux comprendre. « Maman, c’est une moldue, tu vois. Papa, c’est un sorcier. Mais papa vient d’une famille de Sang-Purs… Je ne les ai vus qu’une seule fois dans ma vie, c’était à un enterrement… maman n’est pas venue, elle a dit qu’elle gardait Danny à la maison. J’ai vu ma grand-mère pour la première fois de ma vie, elle avait l’air terriblement froide, tu sais. Elle avait ce genre de regard qui glace le sang… » elle fit une petite pause, hésitante. Ses doigts attrapaient nerveusement l’herbe, qu’elle triturait en arrachant quelques morceaux.

« Maman », reprit-elle, « je crois qu’elle n’aime pas beaucoup les sorciers à cause de ça. Je me demande si… Si les seuls sorciers en dehors de papa qu’elle n’a jamais vus, ce n’est pas sa famille… Du coup, c’est comme si elle avait des à priori, je crois. Elle ne les aime vraiment pas, elle en a très peur, elle rentre dans une colère folle après… » la voix de la fillette tremblait sous l’effet de l’émotion. Les souvenirs, qui remontaient peu à peu à la surface lui firent monter les larmes aux yeux. « Elle accepte que je sois une sorcière, et que Danny et Celian aient aussi des pouvoirs magiques, mais j’ai l’impression qu’elle essaie quand même de nous tenir le plus possible en dehors de ce monde. »

Lucy se rassit et jeta un coup d’œil aux derniers vers de Solal, puis hocha la tête d’un air désolé et repoussa le carnet.

« Je n’ai plus envie d’écrire, je suis désolée. ».  Une étrange petite boule s’était formée dans son ventre et ses mains tremblaient légèrement. Elle retenait ses larmes comme elle pouvait. Elle avait été stupide ; c’était elle qui avait lancé ce sujet. Maintenant, elle le regrettait profondément et elle avait l’impression d’avoir tout gâché. Elle détourna le regard et replia ses jambes contre elle, les encerclant de ses deux bras. « Pardon Solal, j’ai gâché notre après-midi…. »

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L'histoire de Lucy semblait compliquée. Ayant vécu une enfance sans problèmes et tout à fait privilégiée, Solal oubliait sans cesse que tout le monde ne pouvait pas se vanter de la même chose. En écoutant Lucy, il se demanda si elle avait mal vécu cette situation ; est-ce que sa mère était restée gentille avec elle, bien qu'elle était une apprentie sorcière ? Comment avait-elle pris la rentrée de sa fille dans une école de sorcellerie ? La question ne s'était jamais posée pour Solal qui avait grandit entouré de ses parents et de ses frères sorciers ; ils habitaient bien dans une ville avec quelques moldus mais vivant en périphérie de la petite ville, ils étaient plutôt libres. Les seules fois où Solal avait du oublier sa condition de sorcier, étaient quand il s'amusait avec les enfants de la ville et des quelques fermettes environnantes. Ou quand sa mère invitait des voisins pour avoir l'air tout à fait normale. Mais les sorciers n'étaient-ils pas eux-mêmes normaux ?  Il mit fin à cette réflexion : il avait déjà beaucoup réfléchi quant au fait que les sorciers étaient normaux mais il n'était jamais parvenu à une conclusion satisfaisante, il n'y comprenait pas grand chose à ces histoires de normalité. Pour lui, un sorcier était normal et un moldu l'était un peu moins. Pour les moldus, un sorcier n'était pas normal. Alors, lui, qu'était-il ?

Il était difficile, en voyant Lucy, de penser qu'elle pouvait avoir une famille aussi effrayante. Pourtant, après cette description, Solal imaginait une sorte de Famille Addams —c'était une série moldue qu'il connaissait parce que des voisins s'étaient déguisés à leur image, pour Halloween, l'automne dernier. Mais une famille Addams plus effrayante encore, le genre de famille qui aurait pu se battre avec Voldemort. Il se demanda comment ses parents s'entendaient, avec ces histoires ; si la mère de Lucy n'aimait pas les sorciers, comment supportait-elle son mari ? Solal ne pensa même pas qu'ils pouvaient être séparés, il ne connaissait pas beaucoup de familles déchirées.
« Et elle aime ton père quand même ? Je trouve ça presque bizarre, ou courageux de sa part peut-être, j'en sais rien, d'aimer quelqu'un qui est aussi différent d'elle. Surtout si ça lui fait peur. » La différence de façon de parler entre la Lucy qui racontait des choses mignonnes et la Lucy qui parlait de quelque chose de sérieux était saisissante et Solal se sentit presque intimidé, il avait peur de dire quelque chose qui froisserait la jeune fille —le sujet était visiblement délicat. Comme pour prouver les pensées du Serdaigle, Lucy déclara ne plus vouloir écrire. Elle refusa même de prendre le crayon et le calepin que Solal lui tendait et il les reposa par terre, l'air penaud. Il s'allongea à son tour, le regard plongeant dans le bleu du ciel. 
« Bah, t'excuses pas, t'as rien gâché et on discute juste ? C'est bien de discuter aussi, tu trouves pas ? T'façon les vers que j'ai écrit étaient nuls, j'crois que c'est mieux si tu les réécris à ma place, hein. » Sous ses airs de guignol, d'amuseur, Solal n'avait rien contre les discussions sérieuses, il aimait apprendre et comprendre. Il croisa ses bras sous sa tête, fermant les yeux. Il faisait chaud, c'était agréable.

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Lucy gardait les yeux rivés sur le sol. Elle se rendit compte qu’à force de triturer l’herbe de ses doigts nerveux, elle en était venue à gratter la terre. Elle leva vers elle sa main pleine de terre et la contempla, penaude. C’était un drôle de retournement de situation. Elle se souvint avoir désiré manger de la terre, quelques instants plus tôt. Un sourire naquit sur ses lèvres malgré elle. Solal lui demanda si sa mère aimait tout de même son père. Elle ne put réprimer un rire nerveux. La petite aiglonne, plongée dans ses souvenirs, revoyait sa mère courir, une poêle à la main, derrière son père qui la suppliait d’accorder son pardon. Oh, il ne s’était jamais pris de coup de poêle, c’était juste de l’intimidation ! Papa baissait toujours les yeux quand maman était en colère. Il regardait ses pieds et bredouillait de vagues excuses. C’était d’ailleurs à son père que la jeune asiatique ressemblait le plus : de lui, elle tenait sa bienveillance, sa timidité et son désir de toujours bien faire. Mais parfois, elle découvrait avec surprise qu’elle pouvait afficher le même tempérament que sa mère.

C’était maman qui commandait à la maison. Alors, même si papa était un sorcier et qu’elle, elle ne l’était pas, elle n’avait pas du tout peur de lui. Même si leur relation semblait parfois complexe ; surtout aux yeux d’une enfant de onze ans, il ne faisait strictement aucun doute sur le fait qu’ils s’aimaient tous les deux très forts. Les rares désaccords qu’ils avaient concernaient l’éducation des enfants ; maman préférait les garder loin du monde des sorciers et papa, il ne voulait pas les garder dans l’ignorance. Mais à force de discussions –et de menaces de coups de poêle, ils étaient parvenus à des compromis. Les Allen avaient grandi comme de parfaits petits moldus, loin de tout rapport avec la magie et des contacts avec d’autres sorciers, mais ils connaissaient l’existence de ce monde qui s’ouvrait pleinement à eux à leur onze ans. Papa leur racontait parfois des histoires et leur lisait des livres. Maman avait beaucoup appréhendé l’entrée de Lucy à l’école de sorcellerie Poudlard, mais c’était une femme pleine de bonté qui aimait ses enfants plus que tout, et qui savait depuis des années qu’il s’agissait du mieux à faire pour ses enfants.

« Bien sûr qu’elle aime papa ! » répondit finalement la fillette après un long silence. « Mais je crois qu’elle aurait quand même préféré épouser un moldu. Mais papa et maman disent souvent qu’on ne choisit pas qui on aime, que l’amour ne connait pas de raisons et qu’il faut chérir la personne que l'on aime à chaque instant. » dit-elle en répétant ce discours idéaliste qu’elle avait maintes fois entendu de la bouche de ses parents. « Moi, je ne comprends pas tout, mais ça saute aux yeux qu’ils sont fous amoureux l’un de l’autre ! ». Elle regarda ses mains : elles ne tremblaient plus. Et elle avait réussi à contenir ses larmes. Elle était trop sensible, ces jours-ci ; beaucoup de choses arrivaient en si peu de temps, elle se posait des questions qui ne trouvaient pas toujours de réponses. Mais penser à ses parents, à l’amour saisissant qu’il y avait entre eux et à sa douce vie à Cirencester avec ses trois frères calmait la fillette, qui se sentait déjà un peu mieux.

« Et toi, tes deux parents sont sorciers, je crois, non ? Ça doit être trop cool de vivre dans une telle famille ! » Bien qu’elle éprouvait une réelle curiosité à propos de la famille de Solal, et du garçon en lui-même, elle souhaitait surtout changer de sujet. Ils étaient encore sur un terrain délicat et Lucy ne voulait pas fondre en larmes au beau milieu du parc, devant tout le monde. Il avait beau dire qu’elle n’avait pas gâché leur après-midi, elle ne souhaitait pas que cela devienne le cas. Elle tourna la tête vers le garçon et lui adressa un timide sourire.

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En rejoignant la Serdaigle, Solal ne s'était pas imaginé en apprendre davantage sur sa situation familiale. L'apparente insouciance de leur petit jeu d'écriture avec dérapé en une conversation bien plus profonde, quelque chose qui échappait totalement au garçon —il comprenait dans les mots de Lucy que c'était important mais qu'est-ce qui était important ? Pourquoi la conversation semblait tout à coup lourde, qu'est-ce qui était si sérieux dans toute cette histoire que Lucy en perdait cet espèce d'air innocent qu'elle trimbalait un peu partout un peu tout le temps. Solal se sentit tout à coup bien étranger à tout ça ; qu'est-ce qu'il pouvait raconter, lui ? Il se sentait presque coupable d'avoir une vie bien ficelée ; la seule cassure provenait de son père mais il espérait naïvement que ce n'était qu'une passe et que la page serait vite tournée.

« Amoureux... J'comprends pas trop, si elle est amoureuse de lui elle devrait aussi aimer qu'il soit un sorcier, non ? Enfin j'sais pas, j'ai jamais été amoureux. » L'anecdote lui fit réfléchir sur ses propres parents : étaient-ils tout à fait honnêtes ? Aussi loin que ce dont il se souvenait, il ne se rappelait pas avoir entendu ses parents ne pas aimer quelque chose chez l'autre. À moins qu'ils cachaient leurs colères et leurs mots au fond d'eux, Solal avait appris à Poudlard que c'était monnaie courante : contrairement à ce qu'il avait cru jusque là, la plupart des gens ne parlaient pas. Ils se contentaient de refouler leurs pensées et de supporter les situations qui leur étaient désagréables. Étaient-ils faibles de supporter en silence ou était-il minable de ne rien pouvoir supporter et de se soustraire à toute situation qui lui paraissait compliquée ? La réponse ne lui venait pas et il eut l'étrange impression de ne rien savoir sur la vie ni sur les autres. Les questions s'entrechoquaient dans sa tête, concernant l'amour, l'honnêteté, ses parents, les parents des autres, et la vague déferlait contre les parois de son crâne, fracassante, bouleversant un peu plus sa vision de la vie. 

« Oui, ils sont sorciers ! » Il adressa un sourire enthousiasme à sa camarade. S'il pouvait être certain de quelque chose, c'est bien que ses parents étaient sorciers et qu'il en était tout à fait fier. Il était curieux du mode de vie des moldus, de leurs divertissements, mais il était certain que la vie était bien moins compliquée lorsqu'on était un sorcier. 
« Moi j'adore ma famille, en tout cas, et j'adore être un sorcier ! Et toi, tu penses que c'est mieux d'être un moldu ou d'être un sorcier ? Moi je connais pas trop les moldus. Enfin, je veux dire, j'les vois comme des sorciers mais sans magie, alors ça doit être moins pratique, non ? Mais ils ont peut-être des trucs qui sont cool et que nous on a pas. » Il réfléchissait au fur et à mesure qu'il parlait, sans filtre, alors qu'il imita Lucy et attrapa des brindilles d'herbes pour les arracher. Le geste soulagea son esprit et son corps qui souffraient de l'immobilité dans laquelle il était.

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L’après-midi prenait une étrange tournure. Lucy s’était rendue au parc pour profiter du beau temps et écrire un poème pour ses camarades, sans s’imaginer que Solal viendrait l’aider et qu’ils finiraient par parler de sa famille. Sa famille. Elle se demandait ce qu’elle était censée inclure dans ce terme si vaste mais aussi si personnel. Est-ce que sa famille était ses parents et ses frères, ou bien devait-elle penser aussi à la famille de son père ? Pour elle, la famille, c’était ces personnes du même sang qui partageaient le même quotidien, les mêmes joies et galères. Une vieille femme aigrie et un oncle porté disparu ne pouvait pas être sa famille. Et les morts, en faisaient-ils partie ? Elle jeta un regard en direction du garçon qui semblait lui aussi perdu dans ses pensées. Néanmoins il ne tarda pas à prendre la parole, affirmant qu’il ne comprenait pas pourquoi la mère de Lucy n’aimait pas le fait que son père soit un sorcier.

« En fait… » Elle fit une pause pour réfléchir, ne souhaitant pas dire de bêtises. « Moi non plus, je ne comprends pas tout… Mais je me dis, l’amour, ça ne doit pas être trop différent de l’amitié, non ? Parfois, il y a des choses que tu aimes chez les gens, et d’autres choses que tu aimes moins chez eux, et pourtant, ça ne t’empêche pas de bien les aimer et de vouloir être leur ami ? Enfin je ne sais pas, en tout cas, c’est comme ça que je vois les choses. ». Elle se frotta le menton, perdue dans ses réflexions. Elle ne savait pas si elle était claire et cherchait un exemple pour illustrer ses propos. « Par exemple, mon papa, il n’aime pas le rire de maman. Il dit qu’elle rigole comme un dindon. Maman, elle n’aime pas quand papa utilise la magie pour faire la vaisselle. Et toi, tes parents, ils aiment tous l’un chez l’autre ? C’est bizarre, je trouve. » Pour elle, cela paraissait évident. L’honnêteté était une qualité très importante pour les Allen ainsi, Mary et Travis avaient inculqué cette valeur à leur quatre enfants. En réalité, le plus souvent, le mensonge avait le goût du silence. Papa ne disait pas à maman qu’il faisait la vaisselle avec la magie. Maman ne disait pas à papa qu’elle brûlait parfois les lettres qu’il recevait. Et papa, il ne parlait pas de sa famille. Jamais. Les non-dits constituaient-ils des mensonges ?

Un grand sourire se dessina sur les lèvres de Solal quand il expliqua qu’il provenait bel et bien d’une famille de sorciers. Sa vision des moldus fit sourire la fillette. Bien qu’elle soit sang-mêlée, elle avait grandi comme une moldue ainsi, leur mode de vie lui était parfaitement familier. Il était toujours intéressant d’avoir le point de vue d’un sorcier sur la question, ainsi, elle était contente de pouvoir en parler avec lui.

« Moi je trouve ça mieux d’être un sorcier. Déjà, t’as quand même un avantage : les sorciers, ils connaissent l’existence des moldus, mais les moldus, ils ne savent pas pour les sorciers. C’est un peu comme vivre dans l’ignorance, je trouve. C’est vrai que la magie, c’est super pratique, mais en fait on peut quand même faire plein de choses sans. Moi je me demande surtout ; est-ce que quelque chose dont tu ignores l’existence, donc la magie dans le cas des moldus, peut te manquer ? Je crois pas.. T’en penses quoi ? ». Lucy réfléchissait à toute vitesse. Solal posait des questions très intéressantes. L’intelligence et la curiosité étaient des qualités qu’appréciait beaucoup Lucy, ainsi, elle ressentit un élan d’affection pour le garçon. Ils allaient bien s’entendre. Son regard tomba sur le calepin oublié qui reposait par terre. Elle le saisit et relut rapidement leurs vers. « Finalement, notre après-midi, elle est plutôt cool. Et ces vers, ils ne sont pas si nazes que ça. On devrait peut-être le finir ce poème, tu ne crois pas ? ». Elle adressa un grand sourire à Solal.

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