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Un bien gros arbre  privé 

20 juin 2044
Après le départ du train pour King's Cross
Dans le parc de Poudlard


Seule. Elle se sentait plus seule que jamais au château. Tout le monde partait alors que elle, elle n’avait d’autres choix que de rester ici durant ses vacances. Non pas qu’elle ne veuille pas les voir ou que eux la rejettent, bien au contraire. Elle aurait tout donné pour les rejoindre et passer un peu de temps avec eux. Elle ne demandait pas grand-chose, elle voulait juste voir ses parents, une journée, un instant. Savoir que tout allait bien, que son père aidait sa mère à affronter cette épreuve. Mais elle ne pouvait pas. L’Espagne, ils étaient loin en Espagne et les voyages étaient extrêmement contrôlés maintenant. Le monde magique avait changé et en changeant, il venait de rayer la possibilité à Aliénor de voir ses parents. Ses amis eux aussi partaient, à moitié soulagés et heureux, et à moitié anxieux de ce qu’il se passait.

Elle regardait l’horizon, depuis cette ile qu’était devenu Poudlard. Elle avait dit au revoir à ses amis, enfin amis, les gens qu’elle côtoyait le plus en somme. Mais elle n’avait pas vraiment le cœur aux souvenirs joyeux et aux plans pour l’année qui vient. Elle se sentait juste seule. Postée dans le parc, elle avança vers le grand arbre qui dominait maintenant l’école. Elle repensa au mage et aux sorts qu’ils avaient tous lancés dessus en même temps. C’était surréaliste. La fillette soupira, elle ne pourra pas raconter ça à son père, ni faire rêver sa mère… Elle s’arrêta juste devant l’arbre, son regard coulant sur ses racines fortes et rassurantes. Puis ses yeux détaillèrent les deux troncs entremêlés et ils s’arrêtèrent sur les branches au-dessus de sa tête. Ses cheveux en arrière, le vent glissa sur sa gorge dévoilée ce qui lui arracha un frisson.

Elle se retourna pour regarder de nouveau l’horizon. L’arbre était si haut, si puissant. De là-haut on devrait voir toute la terre, et donc, l’Espagne ? En voilà un nouveau rêve sans fondements. Mais elle voulait voir, juste savoir qu’elle pouvait les regarder de très haut, qu’elle n’était pas vraiment seule. Mais cette escalade avait déjà un avant-goût d’échec. Les premières branches étaient bien trop hautes pour qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit. Mais zut, c’était en partie elle qui avait fait apparaitre cet arbre, alors elle allait bien réussir à l’escalader. Elle se délia les épaules en les faisant rouler dans son dos puis elle frappa dans les mains pour s’encourager.

-Aller Aliénor, un peu d’espoir ne tue pas.

Ah non certainement pas, mais une chute d’un arbre infiniment grand oui. Mais bon que voulez-vous, son cerveau n’était pas câblé sur l’intelligence, mais sur ses parents. Elle s’approcha de l’arbre et grimpa sur une racine qui sortait de terre. Lorsque les deux arbres s’entortillaient, cela pouvait donner naissance à des prises plus ou moins exploitables. Aliénor s’accrocha comme elle le pouvait à l’arbre et plaça ses pieds. Elle poussa sur ses jambes et réussit à s’élever un peu. Un sourire barra son visage, elle sentait qu’elle pouvait le faire. A tort bien sûr, mais ne brisons pas ses rêves maintenant. Elle grimpa ainsi quelques mètres quand soudain sa main glissa. Un cri s’échappa de la bouche de la fillette alors que celle-ci tomba en arrière. Son pied s’enfonça dans une cavité et son jean lui s’accrocha à une aspérité sur le tronc. Son dos percuta l’arbre suivit de sa tête.

Aliénor qui avait fermé les yeux jusque-là les rouvrit et constata sa position quelque peu étrange. Le genou accroché à un défaut du tronc et la moitié de son mollet coincé entre les deux arbres. La tête en bas, elle ne compris pas de suite où elle était. Une fois que son cerveau assimila l’information elle soupira en fermant les yeux. Elle était dans de beaux draps. Elle laissa pendre ses bras dans le vide, les yeux toujours clos pour trouver une solution, quoi qu’elle n’était pas si mal là.

@Eileen Shelby

Batteuse des Hel's
Ne me touchez pas je mords
Aliénor Delphillia 3ème année RP, Poufsouffle

Un bien gros arbre  privé 

   Vide. Poudlard était quasiment vide. Le Poudlard Express venait de partir, emportant en son sein nombres de ses camarades, dont certains de ses amis, qui avaient la chance pour pouvoir rentrer chez eux pour l’été. Mais d'autres, dont Eileen, devaient rester à Poudlard, car depuis les événements du deux Mai, avec la chute du Ministère de la Magie britannique et l’avènement du Conseil des Sorciers d’Ursula Parkinson bien des choses avaient changés et il était trop risqués pour certains, surtout pour les né-moldus, de rentrer chez eux pour les vacances d’été. 

   Eileen aurait aimé que sa situation soit si « simple », mais malheureusement, elle ne l’était pas. Deux semaines jour pour jour après la montée au pouvoir d’Ursula Parkinson, la jeune fille avait reçu une lettre. Une lettre qui semblait être des plus importante si elle en croyait la signature, « Tyr », le dieu nordique de la justice et de la stratégie guerrière ; le surnom que le trio fraternel avait choisit pour l’aîné des Shelby. Surnom que ce dernier n’utilisait qu’en cas d’urgence. Et une urgence, c’était. Dans cette lettre, son frère lui apprit que leur paternel avait rejoint le nouveau gouvernement et qu’il n’était donc pas prudent pour elle de rentrer à Cork.

   Son père faisait donc partie du nouveau gouvernement… Elle qui pensait que la situation actuelle ne pouvait pas empirer ; elle n’avait pas pu avoir plus tort qu’à ce moment-là.

   Cette lettre avait complètement ébranlé la brune, désormais rongée par l’inquiétude quant à la sécurité de sa famille. Elle ne savait pas à qui en parler, elle ne savait même pas si elle pouvait en parler. Le regard des autres, en apprenant que son père avait rejoint le gouvernement qui faisait souffrir tellement de personnes, allait-il changer ? Elle ne voulait pas en prendre le risque, alors elle se tut, laissant l'inquiétude la détruire de l'intérieur.

   Seulement, lorsqu’elle s’aventura dans sa salle commune, celle-ci était déserte, lui rappelant encore plus de la situation actuelle. Le fait qu'elle aimerait tant pouvoir retournée chez elle, revoir sa mère, ses deux frères, s’assurer que tout allait bien, mais elle ne le pouvait pas. Et soudainement, l’inquiétude céda sa place face à la colère qui bouillait en elle, elle maudissait son père ; pour lui avoir fait vivre un calvaire quand elle était plus jeune, pour l’empêcher de voir sa famille, pour tout. Elle n’était pas mécontente de rester à Poudlard, non, loin de là, après tout certains de ses amis étaient restés, Erwan aussi, mais elle n’avait désormais qu’une seule envie : rentrer chez elle. Mais elle n’avait pas d’autre choix que de rester à Poudlard, alors pour ce premier jour après le départ du Poudlard Express, elle essaya de s’entourer de ses amis qui étaient restés, elle ne voulait pas être seule. La solitude la plongerait dans ses pensées et elle n’en avait pas particulièrement envie. Sentant les quatre murs autour d’elle qui commençait à l’oppresser, à la piéger quelque part où elle ne voulait pas aller, Eileen décida de sortir, d’errer dans le parc sans but précis, le regard dans le vide ; mais au moins, elle se sentait plus à l’aise que pendant les minutes qui précédaient ce moment.

   L’Irlandaise continuait de marcher sans destination précise lorsqu’elle l’entendit, un cri. Ses sens se mirent en alerte, pensant tout d’abord que Poudlard était attaqué, mais voyant que rien ne bougeait autour d’elle, à part les feuilles des arbres à travers lesquelles soufflait une légère brise, elle se détendit légèrement. Eileen se dirigea alors vers ce qu’elle pensait être l’origine du bruit ; l’arbre que de nombreux élèves, dont elle, avaient aidés le directeur de Jugadura à faire pousser et à la cime duquel elle avait cru voir un étrange oiseau aussi noir que les abysses se nicher le jour où Poudlard était devenu une île.

  Quand la jeune fille arriva au niveau de l’arbre elle fut surprise de découvrir sa coéquipière de Quidditch, Aliénor, suspendue la tête en bas, son pied apparemment coincé entre les deux troncs de l’arbre. Que pouvait-elle avoir bien fait pour en arriver là ? Elle ne savait pas si elle devait rire de la position de sa camarade ou si elle devait être inquiète du fait qu’elle avait les yeux fermés. L’inquiétude décida de prendre le dessus, Eileen s’agenouilla alors à quelques pas de sa camarade de Poufsouffle et parla doucement.

« Aliénor… Aliénor, ça va ? »

3e année RP, remplaçante pour les Hel’s
PrésidentE de l'A.C.D.C - Membre de l'OTP et PATA-P

Un bien gros arbre  privé 

Vu sous cet angle, ses petits problèmes familiaux prenaient tout un autre sens. Peut-être que l’afflux de sang dans son cerveau la faisait disjoncter, mais plus rien n’avait d’importance. Elle savait bien qu’elle ne pouvait rien y faire, tout comme par rapport à cette position peu orthodoxe. Elle ne pouvait rien y faire, elle allait rester comme ça en déco de Noël jusqu’à la fin de l’été.

Mais une voix la sortie de son état de méditation sous drogue. Elle ouvra doucement les yeux et un sourire se dessina sur son visage quand elle découvrit la frimousse d’Eileen non loin de son regard.

-Eileen… Je ne savais pas que tu restais pour les vacances.

La petite Delphillia cligna des yeux plusieurs fois comme pour ce reconnecté à la réalité. Elle contorsionna son cou afin d’analyser de nouveau sa position. Ce n’était pas joyeux tout ça… Elle essaya de bouger sa jambe en vain. Jambe dont elle ne sentait pas vraiment la présence mis à part des fourmis. Elle souffla puis reposa ses yeux sur sa coéquipière de Quidditch.

-Je ne suis vraiment pas douée je crois… Tu m’aiderais ?

Elle n’allait pas dire non quand même ? En soi Aliénor ne connaissait pas plus que ça sa camarade de promotion, mis à part les cours et les récents entrainements, elle n’avait jamais vraiment passé de temps avec elle. Non pas qu’elle n’en ai pas l’envie, mais Eileen semblait avoir lié des amitiés solides autour d’elle et Aliénor n’est pas vraiment du genre à s’intégrer de manière significative dans un groupe. N’empêche, il n’y avait qu’elle pour se mettre dans des situations pareilles. Tout ça pour un espoir insensé. Elle savait bien que ça n’avait pas vraiment de sens, elle ne verrait pas l’Espagne de là-haut. Mais l’ennui et la solitude n’aidait pas vraiment à prendre des décisions raisonnables, déjà que ce n’est pas vraiment le genre de trucs qu’Aliénor fait automatiquement… Réfléchir, se poser, avant d’agir… Ouais non.

Elle agita ses bras qui pendaient dans le vide pour on ne sait vraiment quelle raison. Peut-être qu’elle voulait se secouer comme un cocon pour aller s’écraser sur le sol. De toute façon elle ne voyait pas beaucoup d’autres alternatives. En soi rien de grave, elle n’était pas bien haut et peut-être que ça pourrait lui remettre les idées en place plutôt d’essayer d’escalader un arbre immense qui est censé protéger Poudlard. Enfin un truc du genre.

-Ma jambe est coincée, faudrait juste que je la décoince et au dire je troue un peu mon pantalon rien de grave.

Trouer son pantalon, elle n’était pas vraiment à ça près… Tant qu’elle réunissait à sortir de là et de cet énième échec.

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Ne me touchez pas je mords
Aliénor Delphillia 3ème année RP, Poufsouffle

Un bien gros arbre  privé 

   Eileen fut soulagée de voir Aliénor ouvrir les yeux, un petit soupir de soulagement s’échappant discrètement de ses lèvres ; sa camarade allait bien et c’était le plus important. La brune qui avait la tête en bas souriait même, ce que l’Irlandaise trouvait étrange malgré sa position, mais elle n’en tint pas plus que ça compte. Elle était juste soulagée qu’Aliénor soit consciente, contrairement à ce qu’elle avait pu penser à la première vue de sa coéquipière de Quidditch.

« Eileen… Je ne savais pas que tu restais pour les vacances. »
*Je ne le savais pas non plus… jusqu’à il y a deux semaines.* Pensa amèrement Eileen, mais pour autant, aucun son ne sortit de sa bouche.

   Elle ne voulait pas, ne pouvait pas parler de la raison qui l’empêchait de rentrer chez elle, pour laquelle elle restait à Poudlard pour l’été. Que diraient les autres, ses amis ? Se méfieraient-ils d’elle, la rejetteraient-elle ? Au fond d’elle, elle espérait que non, qu’ils arriveraient à voir au-delà de la trahison de son père ; mais avec l’esprit des enfants, rien n’est jamais prévisible.

   La brune se contenta donc juste de sourire à Aliénor qui avait déjà reporté ses yeux vairons sur son pied qu’elle essaya, en vain, de décoincer d’entre les deux troncs de l’arbre. Lorsque sa camarade évoqua ne pas être douée, Eileen esquissa un petit sourire en coin ; elle s’était en effet mise dans une situation quelque peu cocasse, mais sûrement pas insurmontable. Et Eileen allait certainement lui apporter son aide, elle n’allait tout de même partir en laissant Aliénor la tête en bas.

« Bien sûr, oui. Je ne vais pas te laisser là. »

  Eileen se redressa alors sur ses deux jambes, tout d’abord parce qu’elle commençait à avoir des fourmis et ensuite parce qu’être debout lui donnait l’impression d’avoir une vue d’ensemble pour lui permettre d’analyser la situation et commencer à réfléchir à un plan, une solution pour sortir sa coéquipière de Quidditch de ce pétrin. Devait-elle tirer sur son pied pour le décoincer ? L’Irlandaise n’était pas sûre d’avoir assez de force pour soulever le poids du corps entier d’Aliénor a bout de bras. Et puis Aliénor risquait de retomber sur la tête ou le cou. Tout compte fait, ce n’était pas vraiment une bonne idée.

   Alors que la jeune Shelby continuait de se creuser la tête pour trouver quelque chose, elle remarqua la Poufsouffle qui secouait les bras pour elle ne savait qu’elle raison. L’Irlandaise commençait à se demander si le coup qu’elle avait sûrement reçu à la tête en se cognant dans l’arbre ne l’avait pas plus secoué qu’elle ne le pensait.

   Eileen ne répondit pas immédiatement, un début d’idée fleurissant en même temps dans sa tête.


« Eh, j’ai peut-être une idée pour te décoincer de là. » Elle marqua un temps de pause avant de reprendre la parole pour expliquer son plan, sûrement voué à l’échec, mais c’était tout ce qu’elle avait pour l’instant. « Je pensais te soulever, enfin te porter jusqu’à ce que tu puisses rattraper l’un des deux troncs, te hisser et déloger ton pied de là ? Tu penses que c’est faisable ? »

   La brune se rapprocha une nouvelle fois de sa camarde, se ré-accroupissant derrière elle, prête à l’agripper par les aisselles pour tenter de la redresser quand la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’elle avait trouvé Aliénor fut enfin vocalisée :

« Comment t’as fait pour te retrouver comme ça ? »

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Heureusement pour Aliénor, Eileen avait en elle un peu plus de finesse et ne commençait pas à tirer sur les bras de la fillette ce qui lui aurait certainement coupé sa jambe. Elle la remercia mentalement alors qu’elle aurait plutôt été du genre à tirer comme une bourrine. Elle écoutant Eileen et alors que celle-ci demandait si c’était possible de la pousser juste un peu pour qu’elle se décoince la jambe, Aliénor acquiesça vivement de la tête Elle pouvait se relever à la force de ses abdos pour que Eileen la pousse dans le bas du dos et qu’elle puisse dégager sa jambe de cette entrave.

-Ok, tu me pousse et je dégage ma jambe, je t’expliquerais après.

Aliénor se redressa habilement avant de se retrouver bien au-dessus de sa jambe grâce à Eileen. Elle se retrouva rapidement sur ses pieds sans manquer de fracasser la tête sur le sol. Une fois de nouveau dans le bon sens Aliénor souffla en s’étirant comme un chat pour que tous ses membres retrouvent une mobilité descente. Quelques vertèbres au niveau de sa nuque craquèrent alors qu’elle se retournait vers Eileen avec un air un peu douloureux sur le visage.

-C’était vraiment pas une bonne idée… Je me suis fait mal pour rien.


La raison de sa chute étaient nulles et pitoyables. Aliénor ne se voyait pas vraiment raconter ça à une camarade d’autant plus qu’elle ne connaissait pas vraiment cette fille de sa propre maison et de sur croix de son équipe de Quidditch. C’était assez dommage d’ailleurs. Aliénor avait passé un temps sans aucune fille dans l’équipe. Elle en avait passé du temps seule dans les vestiaires des filles et maintenant que des personnes de la gente féminines arrivaient, elle n’en profitait pas. Aliénor passa une main sur son visage puis prononça ses quelques mots…

-Te moque pas… c’est ridicule.


La petite Delphillia savait bien que même d’en haut des arbres entrelacés, elle ne pouvait voir l’Espagne. Mais pourtant c’est ce qui l’avait motivé à monter au plus haut de cet arbre bien étrange. C’était stupide, insensé, mais pourtant c’était vrai.
Aliénor avala sa salive difficilement en fermant les yeux avant de les planter dans ceux d’Eileen. Un peu trop intimidée, elle les tourna vers l’arbre puis vers le ciel.

-Je pensais que je pouvais voir mes parents de là-haut… C’est stupide, ils sont en Espagne, c’est impossible, mais j’en avais besoin.


Les épaules de la joueuse de Quidditch s’affaissèrent alors qu’elle soufflait tout l’air que pouvaient contenir ses poumons. Elle passa une main dans ses cheveux gênée.

-C’est vraiment bête l’espoir hein…


Son regard osa de nouveau se poser sur Eileen et la dévisagea d’une manière totalement nouvelle. Aliénor était intriguée. Pourquoi une fille comme elle, aimée et appréciée, restait ici pour les vacances ? Voilà la nouvelle question qui trottait dans l’esprit de la fillette. Elle fronça les sourcils avant de continuer :

-C’est parce qu’ils sont en Espagne que je ne peux pas partir ses vacances avec eux… Et toi ?


Aliénor appuya son dos contre l’arbre qui l’avait auparavant meurtrie, laissant quelques marques rougeâtres sur la peau, pour mieux observer sa coéquipière. Elle voulait en apprendre plus sur elle, résoudre des mystères, c’était le truc d’Aliénor.

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Aliénor Delphillia 3ème année RP, Poufsouffle

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   Eileen acquiesça sans un mot à ceux d’Aliénor. Elle était déjà occupée à s’ancrer dans le sol pour pouvoir utiliser ses jambes afin de pousser efficacement, mais délicatement sa camarade dans le bas du dos et la relever jusqu’à ce qu’elle attrape un tronc et dégage enfin son pied. 
   L’effort que cette action demanda à la jeune fille, fit apparaître quelques petites gouttes de sueur sur son front qu’elle balaya d’un revers de manche une fois que la Poufsouffle devant elle put se débrouiller pour se décoincer seule et rejoindre la terre ferme.

   La jeune fille grimaça, elle voyait bien sur son visage qu’Aliénor avait mal, elle avait également entendu les craquements qui provenaient sûrement de la colonne vertébrale de sa camarade, et l’Irlandaise se doutait bien que cela n’était pas forcément très agréable. Alors les mots d’Aliénor ne venaient finalement qu’en confirmation. Eileen pensa alors immédiatement à demander si la jeune fille en face d’elle voulait aller à l’infirmerie, mais elle ne lui en donna pas l’occasion car cette dernière commença à aborder les raisons de pourquoi Eileen l’avait retrouvé ainsi ; la cheville nichée entre les deux troncs du majestueux arbre.

   Lorsque Aliénor lui demanda de ne pas se moquer, Eileen s’empressa de faire non de la tête ; elle n’avait pas l’intention de se moquer ou de juger les raisons de sa camarade, ce n’était pas sa place, Eileen ne s’en donnerait jamais le droit. Elle incita même la brune à, si elle le voulait, poursuivre.

   Le cœur de la jeune Irlandaise se serra pour sa camarade car elle ne comprenait que trop bien le manque qu’elle avait pour sa famille, elle-même souffrant de l’absence de ses proches. Elle ne comprenait que trop bien l’espoir porté par sa camarade, l’envie de passer du temps auprès des siens.

   Eileen aussi aurait donné beaucoup de ce qu’elle possédait si ça lui avait donné la chance de revoir les traits si familiers et chéris de sa mère et ses grands frères ; d’entendre à nouveau la douce voix de sa mère, la voix grave et profonde de Tommy ; subir les blagues stupides de John mais qui ne manquaient jamais de la faire rire. Mais elle ne le pouvait pas, comme Aliénor ne pouvait voir ses parents. Déjà que l’Irlande semblait être à des milliers de kilomètres de l’Écosse, alors elle ne voulait même pas imaginer le désarroi qu’elle aurait ressenti si sa famille était si loin d’ici, en Espagne.

« Ça l’ait… Mais j’espère ne jamais le perdre. »

   Eileen se doutait qu’à un moment ou un autre, Aliénor allait lui demander pourquoi, elle aussi, restait à Poudlard. Et bien qu’elle s’y était préparée, elle n’en était pas moins déconcertée. Elle ne voulait pas parler des raisons qui faisait qu’elle restait ici, c’est pourquoi elle resta évasive dans sa réponse pour Aliénor.

« On va dire que c’était trop dangereux pour moi de rentrer en Irlande. »

   La brune aux yeux bleus en était encore plus déconcertée que depuis que la jeune Delphilia s’était adossée contre l’arbre, ses yeux vairons ne l’avait pas quitté une seule fois, rendant Eileen plus qu’inconfortable. Mais elle restait impassible, la seule chose qui aurait pu trahir son mal-être serait son regard qui avait fui vers l’étendue d’eau, le lac noir qui entourait désormais Poudlard qui était devenu une île, que l’on pouvait apercevoir au loin.

« Tu sais, je trouves pas ça ridicule, enfin grimper dans l’arbre peut-être un peu, mais pourquoi tu l’as fait, c’est pas ridicule du tout. Moi aussi j’aimerais revoir ma famille, plus que tout, mais bon, » Eileen haussa les épaules. « On est coincé ici. »

   Ils étaient tous coincés ici, tout ceux qui étaient restés ; mais mieux valait Poudlard qu’ailleurs. Au moins ils étaient à l’abri, Eileen oserait même penser en sécurité grâce aux protections entourant le domaine et aux professeurs qui étaient restés pour veiller sur eux.

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L’attention d’Aliénor était entièrement accordée à sa camarade. Elle savait bien que fixer les gens ce n’était pas très poli. Le bla bla de sa mère quand elle était jeune. Bla bla qui n’a pas laissé de grandes traces. Mais peu importe aujourd’hui son manque de savoir vivre ou de délicatesse. Elle était dans tous les cas amenée à mieux connaitre sa camarade, que ce soit au pied d’un arbre magique que dans les vestiaires de l’équipe de Quidditch ou même sur le terrain durant un match. En bref, elle voulait la connaitre un peu plus.

La fillette tiqua sur le mot « dangereux » qu’avait employé la brune. Qu’est-ce qui pouvait être si dangereux ? Aliénor avait bien comprit que tout était plus compliqué depuis ce changement de pouvoir, mais de là à être dangereux… Pour les Delphillia ce n’était pas pareil, les voyages à l’étranger étant surveillés et complexes, c’était son père qui ne voulait pas qu’elle ait à subir ça seule. Mais rien de très dangereux en soi non ?

Mais Aliénor arrêta son analyse interne quand Eileen la rassura sur la stupidité de son action. Elle savait bien que tout ce qu’il lui passait par la tête n’était pas forcément des choses à faire, mais c’était sa ligne de conduite depuis quelques temps. Alors résister à ses pulsions, au combien innocentes, était complexe.

Le regard de la fillette tomba sur le sol quand Eileen dit la pure et simple vérité. Elles étaient coincées ici pour les vacances. Aliénor soupira en laissant son regard vagabonder entre les herbes et les bestioles qui passaient dedans.

-Tu crois qu’on est vraiment en sécurité ? Je veux dire c’est pour ça qu’on reste là non ?

Aliénor releva la tête pour regarder au loin. Le lac, l’arbre, les professeurs, le château lui-même. Ils étaient tous censés protéger les habitants de Poudlard. Mais pourtant Aliénor avait du mal à y croire. Depuis cette scène affreuse avec la sorcière vietnamienne, ce corps étendu, certes ressuscité par la suite, mais il était dans Poudlard lui. Alors en quoi ils étaient plus en sécurité qu’autre part ici ?

-Parce que déjà qu’on reste enfermés dans une école, si en plus ça sert à rien… Merci !

Un sourire en coin apparut sur les lèvres d’Aliénor. Tout lui paraissait absurde, déjà rester au château pour les vacances ce n’est pas le truc le plus génial qu’on pouvait lui annoncer, mais de plus, ici, ils avaient, aux yeux de la fillette, moins d’informations sur ce qu’il se passait au dehors. Rien de pire que d’être coincés sans informations. De quoi devenir barge. Aliénor allait devoir trouver une activité prenante pour survivre durant 2 long mois ici.

-Franchement j’espère que ça ne va pas durer ! Parce que je ne compte pas passer toutes mes vacances ici, c’est mort.

Elle croisa les bras sur sa poitrine pour protester. Mais elle n’y pouvait rien. Enfin si elle s’attelait à déchausser toutes les pierres du château on la renverrait certainement de force chez elle et elle reverrait ses parents. Une idée comme une autre.

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Aliénor Delphillia 3ème année RP, Poufsouffle