Parc

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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Au petit matin, les rayons dorés du soleil se faufilaient entre les branches des arbres de la forêt, égayant la pénombre et l’obscurité par la chaleur et la lumière. A la lisière de la forêt, la pelouse encore humide abritait plus d’une espèce d’insectes, et ce serait fort intéressant de les étudier mais ce n’est pas l’objet de l’histoire. Ainsi donc, dans cette atmosphère douce-amère du matin, moment où toutes les choses se réveillent, Linwee courait à perdre haleine.
Nous étions samedi, et n’importe quelle personne aurait préféré rester dormir bien au chaud sous sa couette plutôt que ce sport matinal. Pourtant, Linwee aimait ça. Sentir une légère brise, ses pieds tapotant la pelouse couverte de rosée. Courir. Ne penser à rien. Juste courir.
Cela lui faisait penser à « sa » montagne des Alpes et la rendait nostalgique mais Linwee aimait tout de même courir en plein air, chose qu’elle n’avait pu faire depuis qu’elle habitait à Près-au-lard et qui lui avait beaucoup manqué. Heureusement, depuis qu’elle vivait au château, elle pouvait à nouveau courir à son aise.
Alors qu’elle commençait à s’essouffler, elle pensa au Club auquel elle s’était inscrite. Elle avait réussit à vaincre une part de sa timidité pour faire quelque chose qu’elle adorait et elle en était très fière.

Linwee commença à ralentir. Même si elle ne portait qu’un short et un débardeur, elle avait très chaud. Elle était maintenant sur la rive du lac et le château était de l’autre coté.

*J’ai couru plus loin que je l’avais cru* pensa Linwee.
Elle s’arrêta, à bout de souffle. La jeune fille se plia en deux et mis les mains sur ses genous, essayant de respirer plus lentement, le temps de faire une pause bien mérité.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

7h 12

Sophacle était omniscient. Sophacle était partout. Sophacle était l'oeil de Dieu dans le corps d'un Préfet-en-Chef. Sophacle était Tout. Et Sophacle, par dessus ces incandescentes vérités, voyait tout.

Voilà ce qui trottait dans la cervelle du jeune Préfet-en-Chef il y a de cela quelques secondes, avant qu'il ne voit malencontreusement une Première année exténuée et courbée par la fatigue et l'épuisement. Mais remontons dans le temps pour nous faufiler dans la situation que connaissait, exactement une heure avant cette rencontre, Sophacle.

6h 12... 13

Un Troisième année dormait paisiblement dans le dortoir de la Tour des Serdaigle. Un paquet de chips Lays calé entre son bras et le matelas de son lit à baldaquin, les cheveux en bataille, la bouche mi-ouverte et les jambes recroquevillées, personne n'aurait pu croire ce qui se tramait à l'instant même dans sa tête de gamin angélique... tout du moins paraissait-il. Mais là n'était pas le problème. Le problème, c'était qu'à l'instant où l'horloge en forme de chips qui trônait à côté, par terre, du lit de Sophacle, passa de 6 heures 12 minutes à 6 heures 13 minutes, un grand vacarme se fit entendre.

Tout le dortoir se réveilla. Ils se regardèrent successivement, se jetant des éclairs, et se rendormirent tous, la tête sous les oreillers pour retomber dans l'inactivité au plus vite possible.

Tous, sauf Sophacle.

Son devoir de Préfet-en-Chef n'était pas de se lever à cette heure. Non non. Ce que souhaitait Sophacle, c'était voir le château différemment, lorsque tout le monde dormait encore et que le soleil n'avait pas encore pointé ses premiers rayons jaunies dans le Parc. Sentir l'air frôler son visage était aussi une des jouissances dont voulait bénéficier le Serdaigle ; cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas eu le contact avec cet air frais du matin que son teint, d'habitude pâle, devenait plus foncé. Curieux, non ?

Il se faufila à l'extérieur du dortoir, prenant soin de ne pas faire de bruit et de ne pas oublier son fameux paquet de chips, referma la porte, descendit deux à deux les marches de l'escalier qui menait à la Salle Commune, passa la porte et se retrouva dans le château.

Sans prendre le temps d'admirer les tableaux qui surplombaient les élèves le jour (de toute façon tous dormaient, sauf une autruche qui semblait poursuivre un chasseur sorcier, qui tenait sa baguette haute et qui courait à toute hâte, mais revenait, inlassablement, au même point du tableau et se faisait piquer férocement le dos par le bec de l'autruche), il se rendit à la Grande Salle, là où la présence était la plus forte à l'heure du petit déjeuner.

Personne. Pas la moindre trace d'un élève, de Rusard, d'un professeur. C'était parfait. Serrant contre lui son paquet de chips, il entreprit de sortir dans le Parc et de manger, en admirant le spectacle du lever du soleil, ses bonnes vieilles chips. Précision sans doute utile, il traînait derrière lui non pas sa cape noire habituelle mais sa couverture, et sur son pyjama il avait épinglé son insigne de Préfet-en-Chef, vulgairement et avec précipitation. Bref, c'était en cette tenue un peu surprenante qu'il marcha pieds nus dans l'herbe fraîche du matin, étendit la couverture sur cette pelouse mouillée par la rosée et s'y allongea dessus, en soupirant.

Le soleil n'avait pas encore dissipé le ciel noir d'encre et les étoiles, minuscules, qui perlait dans ce même ciel sombre.

"Merde, j'aurais dû apporter mon réveil-chips."

Il parlait en français, seul, et ça, c'était récurrent. Mais bon. Il ferma les yeux. Un instant seulement. Un instant, pour réfléchir à ce qu'il ferait dans la journée. Un moment. Une seconde.

Une heure.

Retour à 7h 12

Sophacle ouvrit les yeux. Le soleil diffusait désormais ses rayons avec force dans tout le Parc, et la rosée donnait à la pelouse une teinte brillante, spectaculaire, qu'il ne cessait d'admirer. Il n'avait pas mangé ses chips encore ; il ouvrit alors docilement, sans parler cette fois, le paquet en aluminium, et saisit une chips. Qu'elle était délicieuse, cette première chips de la journée !

Avant qu'il ne puisse encore observer le panorama qui s'offrait à lui, il crut entendre un bruit. Un bruit mat, comme si quelqu'un courrait dans l'herbe. Mais il ne fit rien. Il reporta son attention sur l'astre solaire, rouge rubis, rond, complètement rond. Les nuages, il n'y en avait aucun.
Cependant cette fois, il entendait nettement et clairement le bruit d'une respiration rapide, saccadé. Il détourna la tête et regarda l'énergumène qui brisait ce silence paisible.

Une fille, ça, c'était presque sûr. Les cheveux longs chez les garçons à Poudlard étaient assez rares. Ajouté à cela sa silhouette, qui se découpait sur l'herbe verte qui prenait le rôle d'une moquette superbe. Cette silhouette ne trompait pas.

"Hé, toi là. J'sais pas qui t'es. C'qu'j'sais, c'que t'es sûr'ment une fille. J'm'trompe ? S'non, d'solé. T'pourrais faire moins d'bruit ? Merci. Respire en s'lence."

Puis il se tut. La réaction de la jeune fille, il n'y avait pas de doute pour Sophacle, allait sans doute être pimentée et piquante. Mais il n'en avait que faire. Ce qu'il voulait, c'était être un peu seul et écouter le silence.
Malheureusement, c'était un rêve désormais inaccessible. Car la silhouette répondit.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Alors que Linwee peinait à reprendre son souffle bruyamment, elle remarqua qu’il il avait à coté d’elle une chose étrange. Elle était allongée sur une couette (qui venait sûrement de Poudlard) et portait un pyjama sur lequel était accroché de travers un insigne de préfet en chef.
Linwee se rapprocha un peu. Elle découvrit alors que la « chose » était un en fait un garçon plus âgé qu’elle aux cheveux d’un bleu très clair et au teint pâle. Linwee eut presque un mouvement de recul tant le garçon était bizarre.

La jeune fille découvrit alors que le garçon (qu’elle ne connaissait pas) tenait (ou plutôt serrer contre lui) un paquet de chips comme si il s’agissait de son doudou. Alors qu’elle se demandait quel drôle d’animal il était, il tourna sa tête vers elle et lui dit :


"Hé, toi là. J'sais pas qui t'es. C'qu'j'sais, c'que t'es sûr'ment une fille. J'm'trompe ? S'non, d'solé. T'pourrais faire moins d'bruit ? Merci. Respire en s'lence."

Linwee pensa un instant rétorquer un truc du style « Waouh, quel sens de l’observation, je suis bien une fille. Mais toi, tu es quoi au juste ? ». Cependant elle préféra se taire. Cette « chose » (apparemment un garçon) était bien plus grand qu’elle et surtout plus âgée. Linwee préféra donc ne pas s’attirer d’ennuis. Elle s’appliqua donc à respirer normalement, et lorsque son cœur reprit un rythme normal, elle ne put s’empêcher de lui demander :

-Qui es-tu ? d’une voix encore un peu essoufflée et très légèrement tremblotante de timidité.

Elle espéra avoir une réponse, cependant elle ne se fit pas d’illusions. Cette personne était vraiment très étrange… Et ne semblait pas enclin à lui répondre quoi que se soit.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

"Qui es-tu ?"

Voilà ce qui avait brisé le silence. Pouah, quelle originalité ! Ces anglais n'étaient pas les pros du spontané et de l'effet de surprise. Bref, de bon matin, effet de surprise ou pas, ce qui importait, c'était d'être confortablement installé sur sa couverture étendue sur la pelouse fraîche, regarder le soleil illuminer de ses rayons le ciel et voir la rosée briller, comme des perles ou des diamants, sur l'herbe verte du Parc.

Aussi y eut-il un silence d'environ une minute qui pesa sur les deux interlocuteurs. Plus sur la Gryffondor, sûrement ; Sophacle, lui, ne ressentait pas le besoin de répondre immédiatement. Eh ! quoi ? Sa vie en dépendait-elle ? Il n'y avait pas le feu au lac, non, sans jeu de mots ? Ainsi pouvait-elle attendre.
Cependant, cette attente devait bien être brisée à un moment où un autre ; c'est un effet récurrent, une situation tout à fait logique. Lorsqu'un silence est entamé, il est toujours brisé, quoiqu'il se passe (meurtre effroyable, cris, pleurs ou sanglots, complot internationale, accident, attentat, duel magique ou tout simplement, bagarre moldue tout court). En effet, ce qui avait un début avait une fin, et ce silence n'échappa pas à la règle... après une minute et deux secondes précisément.

"Qu'est-c'tu fais à c'te heure-là d'hors, hein ?"

Bien-sûr, répondre ne voulait pas automatiquement dire répondre à la question posée. Cela, c'était une logique vaine, établie par le cerveau. Pourquoi devrait-il répondre à cette jeune fille ? Et puis, qui était le Préfet ici ?

"J'suis 'Arry Potter, Pr'fet-en-Chef, d'la maison Gryffondor."

C'était pour plaisanter. Ses connaissances en la matière des aventures de ce british hero étaient négligeables, et de plus, il considérait plus ce vaurien de Harry Potter comme un acteur ultra-célèbre qui se vantait de ses faux exploits de partout où il passait et mettait son nez.

"Qué question, franch'ment ! J'ai une tête à m'app'ler 'Arry Potter ? Y a un truc v'ridique dans c'qu'j'viens d'te dire, néanmoins. J'suis bien Pr'fet-en-Chef, p'tite."

Et il se tut. Il ferma les yeux, espérant qu'elle trouve bon de partir à l'instant même et de ne pas déranger ce haut personnage de Poudlard...

Néanmoins, les petits étaient plus têtus qu'ils en avaient l'air. Toujours.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Le silence. Rien que ça. Quelle réponse intéressante. Le silence ouvre des horizons inconnus, illimités. Mais le silence est fait pour être brisé. Ainsi, des personnes ont beau briser le silence avec élégance, originalité, d’autres sont particulièrement douées pour casser une ambiance (inexistante, parfois, du fait de ce peu d’activité qui engendre le silence). Ils le font avec quelques mots, parfois mal formulés, mais rarement avec élégance. Et cela peut donner ce genre de choses :
"Qu'est-c'tu fais à c'te heure-là d'hors, hein ?"
Quelle question. Mais mérite-elle une réponse ? Ou mérite-t-elle d’être oubliée comme la précédente si bien formulée ? Ou bien mérite-t-elle une réponse précise et intéressante pour le questionneur ?
Nous ne le saurons jamais, car d’autres paroles, toutes aussi compréhensibles, suivirent :

"J'suis 'Arry Potter, Pr'fet-en-Chef, d'la maison Gryffondor."
*Harry Potter ?! pensa Linwee. Mais qu’est ce qu’il vient faire ici ?*
En effet, Harry Potter, bien que fort célèbre dans le monde de la sorcellerie, n’avait pas vraiment sa place dans ce dialogue (ou plutôt du monologue de ce jeune homme). De plus, le « h » aspiré fit penser à Linwee que ce jeune homme ne devait pas être anglais. Ce qui était toutefois fort probable, car beaucoup de personnes de nos jours sont bilingues voir même trilingue, très tôt. Cependant, Linwee n’approfondis pas la question. Si jamais le jeune homme voudrait lui faire connaître sa nationalité, il le ferait, mais la jeune fille ne doutait…
En plus, Harry Potter n’avait même pas été préfet en chef…

"Qué question, franch'ment ! J'ai une tête à m'app'ler 'Arry Potter ? Y a un truc v'ridique dans c'qu'j'viens d'te dire, néanmoins. J'suis bien Pr'fet-en-Chef, p'tite."
*Pfff…* pensa Linwee. Etre coincé dans le parc, au petit matin, alors qu’elle faisait son jogging (et pas en uniforme scolaire ! Bon, lui ne l’était pas non plus…) avec un préfet-en-chef ce n’était pas terrible…
Bon. Ce jeune homme (dont elle ne connaissait toujours pas le nom et qui était quand même drôlement énervant pour un type qui squatte la pelouse au lieu de son lit pour dormir) n’avait apparemment pas très envie de répondre à sa question (pourtant simple, soi-disant passant). A ce moment là, la timidité de Linwee avait quasiment disparue envers cette personne. Ce jeune homme commençait à franchement l’énerver.
Alors, après une brève réflexion, elle décida de faire comme si rien n’était et de reprendre sa course.
Elle grommela juste un tout petit
« En revoir m’sieur l’préfet » avant de s’élancer et de mettre rapidement de la distance entre elle et ce jeune inconnu fortement agaçant.


Reducio
:P
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Reducio
Pour la peine, j'm'incruste, c'est triste de se faire planter comme ça je trouve


L’été. La saison la plus naze et pourrie qui ait pu être inventée par le grand horloger qui avait réglé le monde. Ce fou, cet idiot. A croire qu’il n’y en avait pas. A croire que la Licorne Rose Invisible avait été jetée comme lui dans ce monde détraqué dont elle n’était pas la cause ultime. Sinon, tout le monde sait bien que l’herbe serait en sucre et les arbres en pain d’épice. En pin d’épice plutôt.

Mais l’herbe était dégueulasse et les arbres étaient trop durs. C’était ainsi. Et en plus, il y avait l’été. Encore, l’été en Autriche était supportable. D’ailleurs, il s’y réfugiait chaque année. Mais l’abominable mois de juin qui le tenait enfermé en Angleterre pour obligations scolaire était un supplice. Et il n’imaginait pas ce que devaient endurer les Mexicains ou les Algériens. Des fous.

Pour palier donc à ce climat désagréable, à ce soleil agressif qui mordait sa peau et le menaçait d’un affreux teint brunâtre, il s’enfermait entre les murs frais du château. Simple, enfantin, efficace. Et en plus, il avait la paix, ses camarades préférant cuire dans le parc. Mais il avait quand même besoin de se dégourdir les jambes, et comme il n’avait pas le droit de sortir la nuit "(NOM D’UNE LICORNE LA NUIT C’EST MAL Y’A DES MECHANTS ON VOUS LE JURE" c'est à peu près ce qui se disait), il sortait le matin. Tôt le matin, avant que le soleil ne devienne belliqueux. Avant que la rosée ne sèche sur une herbe jaunie.

Il s’était donc réveillé un peu avant l’aube, s’était soigneusement habillé, coiffé, préparé et avait descendu les marches avec lenteur. Le soleil pointait juste à l’horizon lorsqu’il ouvrit la lourde porte du château.

J’ai embrassé l’aube d’été

Le poète marcheur chantait quelque part. L’air était chargé d’intertextualité. Personne ne troublait le calme qui s’offrait à Sven dans le parc qui se pâmait amoureusement à ses pieds. Conquérant, il fit pénétrer l’air frais jusqu’au fond de ses poumons endormis, pour absorber l’aube, le monde, le temps. Il marchait, vers nulle part. Simplement pour marcher, pour penser. Penser loin de ce dortoir puant où ronflaient les gosses qui dormaient à côté de lui. Il réprima un frisson de dégoût. Il n’était pas fait pour la vie en communauté.

Il s’éloigna vers le fond du parc, là où l’ombre mouillée du château étouffait la lumière.

Sa promenade terminée, il remonta vers le château. Il n’était plus seul. D’autres avaient violé l’aube. Une fille qui courait. Elle avait raison, les filles avaient plus tendance à avoir de grosses fesses, un peu de jogging corrigeait ce défaut génétique. Lorsqu’elle passa à sa hauteur, il nota sa mine renfrognée. Ah non, si elle n’appréciait pas l’effort physique, cela perdait tout son sel. La sueur qui coule dans le dos, les cuisses qui brûlent, l’air qui fait exploser les entrailles. La jouissance masochiste du sport. Jouissance qu’il n’avait jamais été capable d’atteindre.

Il haussa les épaules. Si ce n’était qu’une fille, elle n’avait pas la virilité nécessaire pour lui voler l’aube, à la limite elle se fondait même dans le paysage, avec les oiseaux. Cependant, un autre individu, mâle cette fois, mettait du désordre dans le parc. Il était vautré sur le sol, sur une couverture de l’école, en pyjama débraillé, un paquet de chips entamé à la main. Quelle classe… Des chips dès le matin… La Licorne Rose Invisible désapprouverait… Ses cheveux étaient blancs. Mais était-ce une mode à Poudlard de ressembler à un albinos ? Trois Poufsouffles et maintenant ce type, Sven commençait à croire qu’ils faisaient partie d’une secte. Secte dont ce type en pyjama serait le gourou mangeur de chips, avec son insigne de préfet pendouillant de son haut.

Un préfet, et en pyjama en plus… Sven avait envie de s’amuser. Il alla s’asseoir sans bruit tout prêt du préfet, puis, sans prévenir il lui arracha ses chips des mains.

« Belle journée n’est-ce pas ? Comment peut-on manger des chips à une heure pareille ? »

Il renifla l’intérieur du paquet.

« Bof, et pourquoi pas ? Pardonnez-moi Votre Roseur car je vais pécher. »


Il se servit dans le paquet et enfourna une chips dans sa bouche en mâchant bruyamment.

« Je ne suis pas fan des chips d’habitude » expliquait-il avec application en terminant sa chips. « Mais je dois avouer que celle-ci a un petit goût de transgression des règles du petit déjeuner qui n’est pas désagréable. A moins que ce ne soit que la qualité des pommes de terre qu’utilise ce fabriquant… »
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

La situation prenait une tournure intéressante. L'incongrue avait fini par partir et Sophacle ne cachait pas sa joie lorsqu'il tapota sa couverture et qu'il chercha une position plus confortable.

Le soleil cognait dur depuis quelques minutes. Il avait beau mettre ses mains devant ses yeux, rien n'y faisait. Quand bien même il se retournait et se mettait à plat ventre sur sa couverture, les rayons de l'astre solaire lui brûlait la peau, à travers son pyjama.
Proférant des insultes à l'égard du soleil impassible qui semblait accentuer la chaleur de ses rayons à mesure que le Serdaigle débitait ses menaces et jurons, il se décida à rejoindre le château. Et à l'instant où il s'était décidé, en traînant les pieds, un nuage vint cacher la boule lumineuse, privant le parc de la chaleur écrasante, au grand dam de Sophacle qui reposa sa couverture sur la pelouse désormais chaude.

Il piocha dans son paquet de chips en pensant à ce qu'aurait pu servir le petit déjeuner dans quelques temps, puis se remémora les instants volés dans la Salle Commune avec une personne chère à ses yeux. Il toucha avec mélancolie son insigne de Préfet-en-Chef, devenue terne à cause du manque soudain de lumière, et, tout en mangeant ses lamelles croustillantes, il ferma les paupières. Et un... deux... tr...

"- Belle journée n’est-ce pas ? Comment peut-on manger des chips à une heure pareille ?
- Hein ?"


C'était trop demander que de rester un instant tranquille, et roupiller, sereinement ? La force de répondre lui manquait. Il laissa parler le nouveau venu, sans l'interrompre, mais, si ce dernier était un fin observateur, il aurait pu remarquer que le teint déjà blafard de Sophacle se muait en un teint blanchâtre et d'une extrême pâleur.

"Bof, et pourquoi pas ? Pardonnez-moi Votre Roseur car je vais pécher."

Tout en empruntant des chips au Préfet-en-Chef, le Poufsouffle continua :

"Je ne suis pas fan des chips d’habitude. Mais je dois avouer que celle-ci a un petit goût de transgression des règles du petit déjeuner qui n’est pas désagréable. A moins que ce ne soit que la qualité des pommes de terre qu’utilise ce fabriquant…"

Qu'avait-il donc à venir ici et lui chercher des noises ? À moins qu'il n'était qu'un élève solitaire, légèrement moins âgé que Sophacle, qui était en quête de quelqu'un pour lui tenir compagnie ?
Pourtant, ce nouveau venu avait quelque chose, qui, derrière ses manières raffinées (sa manière impolie de voler des chips à quelqu'un semblable à un Préfet-en-Chef faisait exception), un truc, un quelque chose de plus.

Mais le plus échappait à Sophacle. Trop souvent. Lui et elle étaient exceptionnels. Les autres ne comprenaient pas. Et bien que ce jeunot était "hors du commun", il ne lui apparaissait guère plus attrayant qu'un autre élève banal et sans intérêt.

"T'sais à qui tu voles des chips, pudding ?"

L'anglais de Sven lui avait parfois échappé ; il avait dû se reprendre à deux fois pour comprendre ce que le Poufsouffle avait voulu dire. Ses connaissances en anglais s'amélioraient autant que son humeur semblait décliner en ce début de matinée.

"C'sont mes chips."

Puis il enfonça sa baguette (qu'il avait tiré discrètement de sa poche de son pyjama rayé) dans la main du nouveau venu qui tenait les chips, si bien que ces dernières tombèrent sur la pelouse verte.
Sophacle cependant était loin d'utiliser sa baguette ; il n'aimait pas franchement les duels, et était persuadé que les mots pouvaient infliger plus de mal que n'importe quel sortilège, si ce n'est Avada Kedavra, bien-sûr. À côté, le sortilège de torture Doloris lui apparaissait bien faible.

"J'vais être sympa, comme j'dois l'être en temps normal. Tu t'tires, mais tu mets les miettes d'chips que t'as t'jours dans ta main dans l'paquet avant. C'pas parce-qu'un gamin s'prenant pour un Lord m'vole des chips qu'il obtiendra une once d'pitié d'ma part. Maintenant, j'te prie de partir d'ici. Et immédiat'ment."

Il espérait avoir été assez clair. Bien que, intérieurement, il avait une envie irrépressible et faible de découvrir qui était ce garçon.
Son interlocuteur parla alors, d'un ton qui déplut Sophacle dès l'instant où il entendit la première syllabe, le premier mot et le premier son qui découlait de la bouche du Poufsouffle.

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«  Mignonne, allons voir si le Saule...» fredonnait un paquet de chair rose sous une tignasse hirsute couleur carotte plusieurs fois centenaire.

De bon matin, l’humble Botaniste se livrait à son activité favorite, l’inspection de ses germes de champignons bondissant, ayant tout récemment émergés de leur humus tiède natal, home sweet home. Nimbés de clarté velouteuse et d’orgueil, les résidents souterrains avaient profité de la quiétude nocturne pour faire connaître leur présence non négligeable, entre deux racines de citronnier. Malgré l’émotion procurée par une telle naissance, Niel rageait encore intérieurement du lieu de croissance choisi par les champignons et de son obligation, pour faire de la place, de dépoter le vénérable citronnier et lui trouver un nouveau lopin de terre où couler ses vieux jours en paix, loin de jeunes pousses pédantes et délinquantes.

Armé de son arbre à citron vert d’où pendait encore de longues racines gorgées de terreau, le rouquin avait adopté un rythme soutenu pour traverser le Parc de Poudlard et rejoindre la Forêt Interdite où l’espace libre, entre buissons effrayants et parcelles moisies, ne manquait pas. Déterminé à ne pas manquer le premier repas journalier et conventionnel du château et poussé par le souvenir bien trop lointain de son dîner léger, l’enseignant n’avait pourtant fait que quelques pas que déjà, il s’arrêtait, un sourcil levé en arc de cercle joliment rondouillard.

A quelques embardées une grande asperge d’aiglon bavassait avec un non moins grand blaireau. A vrai dire, Niel Hautecoeur ne portait pas un grand intérêt aux élèves du château qui ne fréquentaient ni sa Salle Commune ni sa classe mais si l’emplumé ne lui revenait pas, le petit mammifère, lui, évoquait quelque chose de familier. Doté d’une mémoire photographique tout à fait piteuse, le botaniste mit quelques secondes à extirper des tréfonds de sa conscience préoccupée par des histoires de petit-déjeuner, de citrons et de végétaux spongieux, le nom adéquat.

Une approche plus ou moins furtive, difficile d’être discret tout en étant gardant fermement accroché à sa main droite un arbre d’une bonne demi-douzaine de pieds, lui permit de confirmer sa première impression. Le blaireau, Sven de son patronyme d’origine inconnue et probablement loufoque, Poufsouffle de sa maison et élève de profession, ne faisait pas que bavarder gaiement avec son délicieux camarade à l’insigne clinquante de préfet-en-chef, la conversation semblait même tourner à l’altercation lorsque le directeur des jaunes arriva sur les lieux du futur crime.

Un climat aussi lourd qu'un cumulonimbus avec une forte envie de se soulager régnait dans le mètre carré de verdure occupé par les deux gamins. Une atmosphère qui habituellement , aurait suffi à dégoûter le professeur de s’en mêler, si ce n’était la présence inopportune d’une baguette et d’un paquet de chips dans le paysage

On ne le répétait jamais assez aux enfants, il est important d’avoir une alimentation équilibrée et surtout de ne pas grignoter entre les repas. Niel Hautecoeur fit quelques ultimes larges enjambés pour se mettre à la hauteur des deux gosses puis saisit en tirant brusquement le coupable paquet brillant d’alu et luisant de graisse toute bonnement malsaine à cette heure peu avancée de la journée. Un simple coup d’œil permit au Poufsouffle à déterminer l’ampleur du méfait, le pourcentage de sel était beaucoup trop élevé pour ne pas se révéler néfaste à la longue et il fut soudain pris d’une brusque envie d’engueuler le Serdaigle et le Poufsouffle en appuyant bien pour l'un sur la réputation intelligence mise à mal par l’horrible découverte, et pour l'autre, sur son devoir de faire honneur à sa maison. Quant à la baguette du vilain oisillon, Niel Hautecoeur préférait ne pas y penser. Il détestait la magie et un contact de si bon matin avec l’un de ses canalisateurs n’était pas le bienvenu.

« Je... je n’ose y croire, un Préfet en chef et un élève de la maison d'Helga Poufsouffle, pas fichus de savoir s’alimenter... Je trouve ça tout bonnement aberrant, mais enfin rendez vous compte, des chips ! A presque huit heures du matin ! Quel exemple à donner aux élèves dont tu as pourtant la charge, Préfet ! Et franchement Sven, je trouve ça décevant, manquer le petit-déjeuner pour se baffrer de ... de ... de patates frites dans l'huile et couverte de sel. A pleurer. Mais avez vous une idée de l'ampleur de cet acte sur vos métabolismes !? » interrogea-t-il en portant un regard sidéré sur les deux jeunes garçons.


Détenteur du rang de Blaireau acharné.
"Le professeur Tournesol il est trop BG." Emy Marks, à ses heures perdues.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Le soleil tapait de plus en plus sur les épaules de Linwee qui courait. Elle était maintenant sur la rive du lac, près du château. Elle décida de faire une petite pause avant de retourner dans son dortoir (mieux valait qu’elle prenne une douche avant d’aller manger). Linwee réduit son allure jusqu'à marcher tranquillement vers l’épais feuillage qui bordait le lac de Poudlard. Elle jeta un ultime coup d’œil vers l’olibrius qu’elle avait planté (ce qui lui apprit qu’il était avec un autre garçon de son âge et un adulte qui ne semblait pas très content) avant de s’installer sous un arbre, à l’ombre et au frais.
Elle ramena ses mains derrière sa tête et apprécia, pendant de longues minutes, la douce musique du clapotis de l’eau et de légère brise qui entourait le lac.
Un bon moment plus tard, son ventre lui fit comprendre, au moyen d’un gargouillis sonore, qu’elle avait besoin de s’alimenter. Elle se leva rapidement, décida qu’elle n’avait plus besoin de douche (sa somnolence sous les arbres l’avait bien rafraichie) et se dirigea vers le château, dans l’optique de prendre un copieux petit-déjeuner.

Reducio
Très court... Désolé.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Quand il lui avait pris son paquet de chips, le préfet était devenu blême. Mais salement blême. Plus blanc que ses cheveux d’albinos. Sven s’était mis dans l’idée que ses chips étaient pour lui un peu comme un talisman sacré, comme la nourriture divine, comme le corps du Christ pour les chrétiens ou un pain au raisin pour les adeptes de la Licorne. Il espéra que le préfet ne tomberait pas dans les pommes. En parlant de pommes, ses chips étaient quand même sacrément bonnes. Il en mangeait rarement, on lui avait toujours dit que c’était mauvais pour la santé. Mais après tout, qu’est-ce qu’on s’en foutait de la santé ? Que devient l’homme s’il est sans cesse motivé par son instinct de survie ? N’était-ce pas un magnifique pied de nez à la création de se tuer à petit feu de manière tout à fait volontaire ? L’homme ne peut s’affirmer qu’en néanti…

"T'sais à qui tu voles des chips, pudding ?" siffla le préfet en interrompant le fil de ses pensées.

Pudding ? Quelle idée saugrenue. Sven revoyait le pudding que lui préparaient les elfes de maison chez lui et avait du mal à trouver une ressemblance avec lui-même. Il se demanda si le Serdaigle n’avait pas voulu dire autre chose, avec son accent bizarre. Mais après tout, quand on aime les chips, on peut avoir un problème existentiel avec le pudding, cela n’était pas exclu. Sven sourit :

« A un préfet en chef visiblement, de Serdaigle. Mais voler n’est-ce pas un peu exagéré ? »

"C'sont mes chips."

D’un coup de baguette bien placé – ce type avait une curieuse façon d’utiliser sa baguette, un peu triviale – il fit tomber son paquet de chips des mains de Sven.

"J'vais être sympa, comme j'dois l'être en temps normal. Tu t'tires, mais tu mets les miettes d'chips que t'as t'jours dans ta main dans l'paquet avant. C'pas parce-qu'un gamin s'prenant pour un Lord m'vole des chips qu'il obtiendra une once d'pitié d'ma part. Maintenant, j'te prie de partir d'ici. Et immédiat'ment."

Il avait vraiment un accent à coucher dehors. Un accent d’étranger. En plus, il avait eu l’air de peiner à comprendre ce que Sven disait. Mais d’où sortait-il ? En tout cas, il semblait sacrément remonté. Sven ne put retenir un sourire amusé, ce qui ne devrait pas lui attirer que la sympathie du Serdaigle.

« Je te remercie de ta bonté infinie » commença Sven en le regardant fixement dans les yeux, « mais dis-moi, parce que ça m’intéresse, t’en es vraiment à me réclamer les miettes ? Non parce que soit ça dénote une addiction sérieusement inquiétante pour les chips, soit une propension maladive à t’approprier farouchement tout ce qui te tombe sous la main, même ce qui, paradoxalement, t’es absolument inutile. »

Si Sven avait bien jugé de l’anglais approximatif du préfet, ce dernier aurait du mal à comprendre le moindre foutu mot de ce qu’il venait de dire.

« Mais après, je ne veux pas te rendre ta vie de névrosé encore plus difficile. Si tu veux tes miettes, viens les chercher. »

Il crut que le Serdaigle allait lui casser la gueule, fauve qui se rassemblait sur ses pieds pour pouvoir mieux bondir, lorsque monsieur Niel, le directeur de la maison Poufsouffle, les interrompit. Au moment le plus intéressant, alors qu’il n’avait pas encore trouvé les limites de l’albinos préfet en chef. A peine était-il arrivé qu’il avait fait retomber toute la tension qui s’était installée entre les deux garçons.

De plus, le professeur de Botanique et sans doute défenseur des légumes les plus dégueulasses de la galaxie se mit en tête de leur servir un discours du type « les chips c’est mal, m’voyez ? », moralisateur et chiant au possible, qui rendait Sven un peu triste pour lui. A quoi était-on réduit lorsqu’on ne se permettait même pas de manger des chips pour faire attention à son métabolisme ? A un animal, qui ne mange que ce qui est bon pour lui. Ou à une fille, pire encore.

« Monsieur, sauf votre respect, si j’ai envie de me défoncer le métabolisme, je crois que c’est mon droit le plus élémentaire, depuis l’habeas corpus du moins. Je ne sais pas ce qu’en pense notre préfet en chef ? »


Il lança un regard inquisiteur au Serdaigle qui serrait toujours son paquet de chips contre lui, presque avec amour, c’en était attendrissant.
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Ancien sorcier  

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Reducio
Pouah, allons voir le résultat. En italique, mes chers amis, en italique. Il faudra vous y habituer.


"Je... je n’ose y croire, un Préfet en chef et un élève de la maison d'Helga Poufsouffle, pas fichus de savoir s’alimenter... Je trouve ça tout bonnement aberrant, mais enfin rendez vous compte, des chips ! A presque huit heures du matin ! Quel exemple à donner aux élèves dont tu as pourtant la charge, Préfet ! Et franchement Sven, je trouve ça décevant, manquer le petit-déjeuner pour se baffrer de ... de ... de patates frites dans l'huile et couverte de sel. A pleurer. Mais avez vous une idée de l'ampleur de cet acte sur vos métabolismes !?"

Voilà ce qui avait interrompu Sophacle, alors qu'il allait riposter à coup de grandes paroles et de réflexions colériques. Ce qui l'étonnait n'était nullement son reproche de manger des chips à n'importe quelle heure, mais plus le fait que la personne qui ait prononcé ces mots n'était nulle autre que Niel Hautecoeur, le directeur de la maison Poufsouffle et, accessoirement, professeur de Botanique.

Le Serdaigle ne le détailla pas. Fallait-il le répéter, qu'il n'aimait pas cela ? Après tout, c'était un prof', enfin, un peu plus haut qu'un instituteur normal, mais un professeur. Un adulte, donc. Un mortel. Bref, qu'avait-il de plus que cela ? L'humour, peut-être ? Façon subtile de cacher certains faits et gestes que les autres auraient pu voir. Un camouflage qu'il n'aimait pas beaucoup et qui l'agaçait beaucoup, voyez-vous ?

Sven lui avait répondu quelques instants plus tôt, mais le Préfet-en-Chef n'avait toujours pas pu répondre. À vrai dire, il attendait que Sven réponde à l'adulte. N'ayant nullement l'envie de le faire soi-même, il ressassa dans sa tête les éléments qui lui revenaient ; 3propension maladive à t’approprier farouchement tout ce qui te tombe sous la main, même ce qui, paradoxalement, t’es absolument inutile, ta vie de névrosé, si tu veux tes miettes, viens les chercher...3 Pouah, c'était horrible. Exaspérant. L'insigne de Préfet-en-Chef ne servait donc à rien ?

"Monsieur, sauf votre respect, si j’ai envie de me défoncer le métabolisme, je crois que c’est mon droit le plus élémentaire, depuis l’habeas corpus du moins. Je ne sais pas ce qu’en pense notre préfet en chef ?"

À vrai dire, Sophacle aurait dit à peu près la même chose. Sauf qu'il n'aurait pas mis le "monsieur", ni le "sauf votre respect". Il aurait parlé d'une manière plus décontracté, et moins empreinte d'un respect dérisoire. Ne voulant donc pas contredire le Poufsouffle, mais en même temps ne pas l'approuver, il ajouta donc :

"C'mec, c'pas mon ami, qu'on s'comprenne bien, hein ? L'Habeas Corpus, l'Habeas Corpus... Franch'ment, d'puis quand les anglais parlent latin ? Ici, on est pas chez les Moldus, Poufsouffl'. Enfin, si t'es un intrus, tu m'préviens, j't'envoie chez Rusard. L'Cracmolle et l'Moldu ensemble, c'pas beau ça ? Alors..."

Il se leva, le paquet de chips serré contre sa poitrine et s'afficha à côté de Niel, une tête de moins, le sourire narquois, les cheveux lui tombant sur le front, un air implacable sur le visage.

"Prof'sseur, c'type m'harcèle. Faites quelqu'chose. Mes chips, c'toute ma vie, m'voyez ? Alors, pitié... Bon dieu, vous êtes un Pouffsoufle, nan ? Alors, r'ssaisissez vous, et pr'nez des mesures. En plus, il m'fait peur avec son langage. J'ai d'jà vu un documentaire moldu qui traitait d'ça. Et d'dans, si mes souv'nirs sont bons, paraît qu'les détractés sexuels ont c'type de langage, pour attirer leurs victimes. J'en suis sûr qu'il veut t'cher mes chips. J'l'ai vu dans son r'gard. Un r'gard pervers... c'des chips naturelles, moi j'vous l'dis ! Elles viennent d'la terre, alors, vous, prof' d'Bota', vous p'vez rien faire, hein ?"

Tout était dit. Désormais, il fixait son regard sur Sven. En fait, tout le long de son discours, il avait eu le regard fixé sur cet étrange garçon.

Il le trouvait étrange, c'était vrai. Un peu trop haut de par son langage. Un aristocrate ? Peut-être. Il n'aimait pas cette perspective. Tomber à Poufsouffle était toujours pour lui, Sophacle, dans son esprit, un signe inavouable de sa normalité. Normalité, oui. Gryffondor était réputée pour son courage, Serdaigle pour son brio en intelligence et Serpentard était riche d'histoire et de rouerie. Et le reste ? Poufsouffle ? Ils n'avaient pas joué un immense rôle, pensait-il.

Mais Sophacle était Sophacle. Il pensait comme Sophacle. Tout en lui et tout ce qu'il avait dans les mains, son paquet de chips et sa baguette qu'il s'était empressé de ranger, lui appartenait. Alors, tout était de Serdaigle, tout brillait d'intelligence. Et pourtant, le doute s'insinuait dans son esprit. Sven avait l'air intelligent. Il ne connaissait ni son nom, ni son prénom, et pourtant, il avait cette impression.

Cependant, c'était ses chips. À lui seul. Et quiconque, élève, professeur, directeur de maison, sous-directeur ou directeur de l'école ne pouvait lui enlever ses chips.

Ses chips étaient immuables, divines. Un don de dieu, un cadeau exceptionnel. Jamais les autres ne pourraient comprendre. Et après tout, qu'y avait-il à comprendre ? Après toutes ces pensées, il rajouta, avant que les deux autres ne parlent, en français, l’œil vague, la bouche entr'ouverte :


"La richesse d'chacun est dans son milieu."

Puis il se tut. Cette phrase, c'était René Zlipperman, un franco-allemand qu'il avait un jour rencontré à Nice. Ce sorcier le lui avait dit, et lui l'avait retenu. Simple comme bonjour.

Les deux autres parlaient maintenant. Enfin, qui en premier ? Il ne le sut pas immédiatement.

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Sven Waltz était une incongruité. A ce moment précis, Niel en vint même à penser que c’était carrément de l’inconvenance. Et pour tout avouer, l’enseignant sut alors qu'il ne pourrait plus placer aucune confiance dans le garçonnet de douze ans.

Pourtant l’élève sus-dit était un Poufsouffle présent et plein d’entrain, remarqué pour ses qualités orales et possesseur d'un certain charisme fascinant. Toutefois et malgré l’affection que le directeur portait à ces blaireaux, l’image de Sven Waltz imprimée dans sa conscience s’était faite l’écho d’une forme de bizarrerie. Car le gamin était un être ambiguë, voir, le jeune homme se l’autorisait, manipulateur.

Tantôt mielleux, souriant et charmeur à son arrivée, le brun n’avait toutefois pas tardé à se faire le représentant d’une grandiloquence tape-à-l’œil et l’auteur de mots assassins. Ce dernier semblait pourvu d’un véritable bagage culturel tant sorcier que moldu, qui forçait le respect tout en inspirant la méfiance par l'usage choisit. Les mots sont des armes bien plus puissantes que l’acier ou la poudre. Ils blessent durablement, songeait le rouquin, en marquant le destinataire de cicatrices sensibles et toujours enflées de ressentiment.

Le gosse avait une fâcheuse tendance à se montrer pédant, gonflé d’exemples historiques et culturels, trait de caractère qui en rien n’aurait gêné son directeur si cet étalage de savoir n’avait été mis au service d’une répartie crue. Sven ne se doutait assurément pas des blessures qu’il causait à ses humains de camarades, moins philosophes et savants certes, mais au combien pétillants et pleins de vie. Si le garçon n’était pas humaniste, il n’en était pourtant pas méchant, se distinguant uniquement par une obsession à la citation m’as-tu-vu et à la réplique piquante.

Bref, Sven Waltz était une incongruité dans une communauté d’individus aux tares variées. Et ses mots ne dérogèrent pas à la règle en portant en leur sein une énième démonstration de ses savoirs si étendus. Le Directeur n’estimant la culture qu’associée à la sensibilité, il ne pût s’empêcher de lâcher un soupir contrarié.


« Monsieur, sauf votre respect, si j’ai envie de me défoncer le métabolisme, je crois que c’est mon droit le plus élémentaire, depuis l’habeas corpus du moins. Je ne sais pas ce qu’en pense notre préfet en chef ? »

Enveloppant sa phrase de jolis artifices polis, le petit brun exprima donc à son professeur oh combien il pouvait aller se faire voir chez les anglais d’antan. Le prenant à parti, le jeune Préfet-en-chef proféra par la suite quelques menaces de son cru, se positionna près de son enseignant en montrant une mine arrogante de chien méchant et commença un long, très long laïus plein de plaintes et recommandations qui oscillaient dangereusement entre l’absurde et l’impertinence. Pourtant, Niel Hautecoeur n’était ni susceptible ni cruel envers ses élèves, mais lorsque l'on assaisonnait son pathos avec un brin de moquerie, le rouquin avait le plus grand mal du monde à conserver l'attitude sereine dont il s’était justement défait quelques instants plus tôt.

Les deux gamins l’exaspéraient très légèrement. Non pas parce que l’un se montrait prétentieux orateur et l’autre pathétique acteur dramatique. Encore moins parce qu’ils s’étaient permis de répondre alors que de son temps, une décennie auparavant, tout élève aurait courbé l’échine, se serait excusé, et quitte à haïr le Directeur, serait prestement rentré dans sa maison. Non, Niel Hautecoeur était bien exaspéré parce qu'il avait l’impression très nette que les deux gamins le prenaient pour un parfait imbécile.

Tandis que Sven se livrait à un dérisoire étalage de langue morte, et que le Serdaigle mâchonnait son malheur d’être ainsi persécuté, la colère monta d’un cran, titilla les narines puis les oreilles, atteint enfin le cerveau et se livra à une explosion en règle, envahissant les lobes à portée.


*Je vais les tuer, je vais les tuer tout les deux avec mon citronnier, puis je donnerais leurs restes aux tentaculas en prétendant ne jamais les avoir croisés* pensa-t-il. Mais Niel Hautecoeur n’avait pas de baguette, et son arbre frêle n’aurait pas constitué une arme contondante suffisamment efficace contre deux enfants en pleine santé. Malgré ses envies de meurtre inhabituellement virulentes, le jeune homme serra les poings en regrettant de ne pas avoir formé les elfes de Poudlard à l‘assassinat discret. La disparition pouvait être un remède à l'agacement suscité par l’orgueil de ces deux gamins d’à peine douze ans.

Inspiration, puis expiration, et le rouquin rendu dingue par la vanité ambiante se glissa sous son masque de directeur. Il n’avait pas franchement envie de passer le reste de ses beaux jours dans un cachot d’Azkaban sous prétexte de n’avoir pu supporter un couple d’insupportables personnages gavés d’amour-propre comme des coqs de combats.


« Mes chers enfants... » commença-t-il en grinçant des dents.

«Je ne veux pas jouer au vieux sage, mais franchement, le puceron doit un jour se rendre compte qu’il peut gueuler aussi fort qu’il le peut, ça ne lui empêchera pas de se faire écraser. Et vous savez, mes tournesols sont envahis de pucerons hurleurs alors j’ai pas envie de m’en taper deux de plus dès que je sors de mes Serres, vos désirs et revendications je m’en fiche autant que de mon premier coquelicot.»

Le directeur tenta un sourire, grimaça, serra plus fort encore son citronnier vert de rage, il détestait jouer au plus malin mais préférait ce sort là à celui de l’infanticide.

«J’avais, assez naïvement je l’avoue, espéré que vous comprendriez mon conseil sans qu’on en ait à arriver à la description d’un anévrisme. »

Le rouquin fronça le nez sous l’arrivée soudaine d’une effluve de chips et secoua ses petites mèches cuivrées, la tête basse et le regard blasé.

« Dommage. Alors aussi hypocrite que ce soit, je veux entendre un –j’ai compris- collectif avant que je m'en aille et que vous puissiez continuer à fanfaronner en paix.  »

Détenteur du rang de Blaireau acharné.
"Le professeur Tournesol il est trop BG." Emy Marks, à ses heures perdues.
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Ancien sorcier  

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Le préfet avait bondi sur ses pieds après la réponse de Sven, sans doute pour prendre un peu de hauteur, bénéficier des bienfaits de l’altitude et tout le reste. Le jeune Poufsouffle quant à lui, était très bien assis, il se décala même un peu sur la couverture pour ne pas se salir. En le regardant très fixement, bien droit, le Serdaigle avait réussi à l’insulter de moldu et de pervers sexuel en un nombre de mot somme toute assez réduit. Et avec le sourire en plus de ça.

Impassible, Sven se demandait sérieusement ce qui était le plus vexant. Mais avant qu’il n’ait pu trancher, Monsieur Niel avait pris la parole et visiblement il était furieux. Mais alors vraiment furieux. Il se contenait, ça crevait les yeux. Et ça crevait le cœur de Sven aussi. C’était triste, de le voir comme ça. Cet homme n’était pas fait pour se mettre en colère avec son visage doux. Une petite pointe de regret, mais vraiment minuscule, vint titiller le jeune homme quelque part vers son ventre. Il avait tendance à chercher le mot de trop, celui qui faisait vaciller son interlocuteur. Mais là, il ne se battait pas à armes égales. Monsieur Niel ne se battait pas du tout. Il parlait de fleurs.

D’ailleurs, il avait cette manie de placer des métaphores végétales dans à peu près une phrase sur deux. C’était assez dérangeant. Ce prof sentait les légumes rien que dans ses mots. Et Sven préférait les chips aux légumes, comme tout bon enfant qui se respecte, et même comme tout bon humain sain d’esprit qui est un minimum sensible au goût des aliments. Bref, ce problème était clos, maintenant il fallait gérer son directeur de maison qui était déçu-triste-énervé-en colère-désabusé, bref qui était dans tous ses états. Sven ne comprenait pas ces gens qui ne savaient pas retenir leurs émotions. C’était indécent. Mais aussi un petit peu attendrissant quand même. Après tout, il l’aimait bien son directeur. Un peu trop porté sur les tournesols et un peu trop émotif, mais était-ce vraiment important. Il allait s’excuser d’une voix douce et contrite lorsqu’il réalisa pleinement :

Ce type, le préfet, qui le regardait avec son petit sourire en coin de psychopathe, il fallait le dire, venait de le traiter de pervers sexuel parce qu’il avait mis la main dans son paquet de chips. Il ne pouvait quand même pas laisser passer ça. Le Serdaigle lui tendait une perche, il s’en serait voulu toute sa vie de ne pas la saisir. Et tant pis pour Monsieur Niel.

Il se leva sans un regard pour le professeur, se planta à quelques centimètres du préfet et lâcha d’une voix basse, lourde de sarcasme :


« Je me demande encore si je préfère être un pervers sexuel ou un moldu. Va savoir, au moins la perversion ça se soigne… Aussi, pour ta gouverne, je ne crois pas que parler latin soit signe d’un esprit de moldu puisque le latin est utilisé de nos jours surtout pour les sortilèges. A ton âge, on devrait quand même savoir que c’est la langue la plus puissante de toute. J’écarte donc le moldu. Reste le pervers sexuel. Juste une question. C’est qui le plus pervers de nous deux dans celui qui vient innocemment piquer des chips et celui qui se sent violé parce qu’on a mis la main dans son paquet de chips ? On voit bien ce qu’on a envie de voir, dis-moi. »

Bon, il était en train de dépasser les bornes des limites, aussi bien en renvoyant son insulte de pervers à un préfet en chef qu’en ignorant superbement un professeur. Mais bon, il s’amusait follement. Et puis, il aimait bien entendre le puceron hurleur aux cheveux blancs raconter ses bêtises avec son accent si exotique. Pour faire bonne figure, quand même, et ne pas trop blesser son directeur de maison, il planta ses grands yeux gris dans les siens, prit l'air le plus contrit et le plus doux qu'il avait en stock et murmura :

"Monsieur, je ne voulais pas vous offenser. J'ai bien compris que les chips étaient mauvaises pour la santé, merci de l'avoir souligné avec rigueur et clarté."

Hum... Sven n'était pas entièrement satisfait. Sa phrase puait l'ironie involontaire et contrastait un peu trop avec sa mine de chaton effarouché pour être tout à fait crédible. Il était salement incorrigible.
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Ancien sorcier  

Une bouffée d'air  Libre 

Reducio
Excusez le retard. Je n'avais pas bien la tête à ce RP ces temps-ci ;)


Tout l'agaçait. Lui. Sophacle. Le grand, le bon, le merveilleux, le superbe, le divin, le probablement plus généreux homme de la Terre derrière cet affreux bonhomme de Niel Hautecoeur. Il y avait dans ce ton une bonté indéniable que Sophacle n'appréciait pas du tout. En fait, cela le révulsait même ; comment être professeur et être empli d'une si détestable positive attitude ? Et voilà ce qu'un instituteur de son type pouvait larguer comme phrase :

"Dommage. Alors aussi hypocrite que ce soit, je veux entendre un –j’ai compris- collectif avant que je m'en aille et que vous puissiez continuer à fanfaronner en paix."

Sophacle éclata de rire intérieurement. Il n'accepterait pas de faire vraiment la paix avec ce Sven, quoique le bon Hautecoeur pouvait dire. En fait, maintenant, le Serdaigle en venait à une comparaison peu appréciable : peut-être que de passer du temps avec les légumes et les fruits rendaient la victime aussi molle et inoffensive que ces dits-légumes et fruits, non ? Dans ce cas, le directeur des Poufsouffle était vachement atteint. Cependant Sven avait repris la parole, au plus grand désarroi du Serdaigle qui leva les yeux au ciel :

"Je me demande encore si je préfère être un pervers sexuel ou un moldu. Va savoir, au moins la perversion ça se soigne… Aussi, pour ta gouverne, je ne crois pas que parler latin soit signe d’un esprit de moldu puisque le latin est utilisé de nos jours surtout pour les sortilèges. A ton âge, on devrait quand même savoir que c’est la langue la plus puissante de toute. J’écarte donc le moldu. Reste le pervers sexuel. Juste une question. C’est qui le plus pervers de nous deux dans celui qui vient innocemment piquer des chips et celui qui se sent violé parce qu’on a mis la main dans son paquet de chips ? On voit bien ce qu’on a envie de voir, dis-moi."

Il allait un peu beaucoup trop loin. Vous voyez la nuance ? Pas assez pour être puni peut-être aux yeux du directeur des Poufsouffle mais assez pour que Sophacle, s'il avait toujours eu le droit, lui donne des colles à vie. Aussi, se fut avec une animosité non-dissimulée qu'il écouta le reste des paroles du dévergondé.

"Monsieur, je ne voulais pas vous offenser. J'ai bien compris que les chips étaient mauvaises pour la santé, merci de l'avoir souligné avec rigueur et clarté."

Que de paroles creuses et sans utilités ! Ils allaient sûrement une fois de plus se crêper le chignon ailleurs, là où le regard de l'adulte ne pourrait plus se poser sur eux. Il entama alors, avec hypocrisie et d'un ton, lui, narquois, sa marque de fabrique :

"Un anti-moldu ? Dites-moi, m'sieur Haut'coeur, l'gens qui pensaient comme ça n'taient pas c'qu'vous les anglais vous app'liez "Mang'morts" ? Non parc'qu'moi j'en sais rien, hein, en France, on a c'type de mec aussi. Méchants. Violents. Sans scrupules."

Son sourire diabolique s'étira et une légère brise se leva. Ses cheveux voletèrent un instant, et retombèrent aussi sèchement que ses paroles qui suivirent :

"Idiot. L'grec est la langue la plus puissant'. C'qu'une spécificité occidentale d'utiliser l'l'tin. D'ailleurs, votre satané langu' n'vient mêm' pas du l'tin. Excuse-moi s'tu m'trompes, mais à l'poque, les Romains ont acquis b'coup d'leurs savoirs chez les Grecs. On est fixé. Ils ont pratiqu'ment copié leur mythologie. Pour dire. S'tisfaire d'pulsions innocemment, c'qu'peut faire un pervers aussi, Poufsouffle. T'm'as volé mes chips. Mes chips, t'comprends ? T'dirais quoi si j'te volais ta baguette, hein ? Bah moi c'pareil, Poufsouffle !"

Puis il se retourna vers le directeur Poufsouffle, une lueur dans les yeux, les sourcils froncés :

"V'n'êtes sûr'ment apt' à m'faire dire qu'les chips c'mauvais. J'aime mes chips. J'ai compris qu'j'd'vais manger un peu plus d'chips lorsqu'j'vous vois, professeur. J'l'ai dit, mon "J'ai compris", non ? C'bon alors ? On peut m'laisser tranquill' maint'nant ? J'tais là l'premier."

Sans accorder une seconde de plus à ses deux interlocuteurs, il s'allongea une fois de plus sur la couverture posée sur la pelouse verte et désormais craquante, qui s'était légèrement teinté d'une couleur orangée avec la venue du soleil. Soleil prometteur... Prometteur !

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Un citron, qu’est ce que c’est ?

Ahum... Un fruit, le fruit d’un petit arbre vert au nom désespérément peu original, le citronnier. Un ovale jaune et bombé comme le corps déformé d’un poussin longiligne, un caneton vif marqué de deux extrémités vertes de chlorophylle. De par sa belle forme, le citron est également un projectile aux facultés aérodynamiques étonnantes... surtout lancé en pleine puissance par un bras forgé par les tâches jardinières, en direction du mercure brillant d’une tête de gamin.

"Un anti-moldu ? Dites-moi, m'sieur Haut'coeur, l'gens qui pensaient comme ça n'taient pas c'qu'vous les anglais vous app'liez "Mang'morts" ? Non parc'qu'moi j'en sais rien, hein, en France, on a c'type de mec aussi. Méchants. Violents. Sans scrupules."

Niel tiqua. Du nez. Évoquer les adeptes d’un timbré en robe noire étaient sûrement une tentative de choquer son public peu conquis par la performance de l’orateur, mais l’allusion laissait en passant un gout de poussière sur la langue du professeur. Ce passé encore récent se teintait pourtant depuis quelques années d’un filtre d'oubli et de « cela-n’arrivera-plus-jamais », qui n’avait pas pour don de rassurer le jeune homme sur l'état de sa propre société.

Lorsque la bataille de Poudlard avait pris fin pourtant, le rouquin apprenait à peine à tenir correctement sur ses jambes de petit sorcier baveux. Ces événements n’appartenait pas à ses souvenirs, ce qui n’empêchait pas le britannique de se sentir l’âme d’un patriotique inquiet pour l’avenir de son pays dès lors que Mangemorts et cie revenait dans les conversations.

Il ne s’en formalisera toutefois pas outre mesure, Sophacle expérimentait très bien lui-même méchanceté, violence et manque de scrupule. Niel eut bien envie de lui lancer un ou deux citrons dans les tempes juste pour voir...


"V'n'êtes sûr'ment apt' à m'faire dire qu'les chips c'mauvais. J'aime mes chips. J'ai compris qu'j'd'vais manger un peu plus d'chips lorsqu'j'vous vois, professeur. J'l'ai dit, mon "J'ai compris", non ? C'bon alors ? On peut m'laisser tranquill' maint'nant ? J'tais là l'premier." minauda l’aiglon en se vautrant à terre.

Niel Hautecoeur exultait complètement. Il en avait vu des chiards, des morveux, des couinards et des pseudo-terreurs depuis son institution à Poudlard. Voguant entre les affres des punitions et de la torture rusardienne, il avait pourtant réussi à chaque fois à sortir d’affaire les gosses qui ne méritaient que peu son aide. Son arrivée sur le stade de Quidditch quelques semaines auparavant avait permis à l’impudente Miss Pidloux de s’en sortir s’en dommage, coupable pourtant d’espionnage éhonté.

Si Sven méritait bien de s’en sortir après avoir montré pâte blanche, Sophacle se faisait des illusions en espérant se la couler douce, les fesses sur l’herbe et le nez au vent.

Niel se laissa tomber juste devant le nez de l’aiglon, dans un froufrou de robe froissée et de feuilles de citronnier. D’une main leste, il attrapa un grand canif qu’il emportait régulièrement lorsqu’il devait travailler dans ses Serres et fit chuinter la belle lame à quelques dix centimètres des yeux de Sophacle Neuron. Le couteau s’abattit pourtant au plein milieu d’un magnifique citron encore un peu vert, qui se fendit en deux parties égales. Avec la rapidité conférée par l’habitude, Niel rangea son canif dans son tablier puis attrapa une moitié de citron et l’écrasa vivement devant les prunelles insolentes.

D’un air ravi devant la quantité non-négligeable de jus acide répandu sur la figure du gamin, Niel Hautecoeur se remit debout en songeant que l’on pouvait tout aussi bien s’en sortir dans la vie sans baguette magique, remonta son arbre contre son bras et lança dans la main du garçon aux cheveux argents la seconde moitié du fruit.

« Fanfaronne moins et écrase un peu la prochaine fois que tu te trouveras face à un adulte, tu mériterais plus qu’un peu d’acidité dans la tronche mais je ne suis pas assez adepte de magie pour prendre la peine de me réessayer à la métamorphose d'enfants en pot de fleurs juste pour toi. Au plaisir l’aiglon ! » finit-il en s’éloignant à pas lents vers ses Serres qui décidément étaient bien plus appréciables que deux jeunes coqs dont un qui cocotait maintenant l’agrume.

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