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Ancien sorcier  

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

Ploc ploc ploc ploc ploc.
La pluie, vous savez quoi ? Bah ça mouille.


+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++


Y'avait cette odeur qu'il y a toujours, dans les endroits chauds, lorsqu'il fait moche dehors. Cette odeur de... chaleur. Mêlée à celle de chien mouillée, rapportée par les fous qui osent sortir par un temps pareil. Et puis cet air. Propre aux jours pluvieux. Complètement irrespirable. L'air de l'entassement des élèves, les uns sur les autres. Saturé. Désagréable. Pour finir d'achever le tableau, y'avait aussi ce brouhaha constant. Impossible de se concentrer. Impossible de se parler sans s'en casser les cordes vocales. Impossible.

Katherine en pouvait plus. Devant la cheminée, les derniers rescapés de la tempête qui sévissait au dehors étaient en train de sécher. C'était nul. En un coup de baguette, ils auraient pu se retrouver complètement secs. Mais nan. Pas de magie, dans la salle commune bondée. Trop de risques. Risque de blesser quelqu'un. Risque de tuer quelqu'un.

Tout ça commençait à tout doucement perturber la bleue, qui se leva soudainement du fauteuil sur lequel elle était assise. C'en était juste trop. Elle pouvait pas rester encore plus d'une minute. 'Fallait qu'elle sorte. Dans le calme. Dans le froid. Sous la pluie. Qu'importe. Juste qu'elle s'échappe de ce trou, où elle avait la sensation que tout échappait à son contrôle. Agoraphobie ? Peut-être. Ou tout simplement le besoin inexprimable de recevoir un grand bol d'air.

Aussi, dès qu'elle avait aperçu un semblant d'accalmie au dehors, elle avait bondit de son fauteuil, comme je le faisais remarquer plus tôt. Elle se rua vers la porte du petit salon et se rendit dans les couloirs. Mais ça ne lui suffisait pas. Il lui fallait aller là où quatre murs ne l'empêcheraient pas de respirer. Là où elle serait loin de toutes ces odeurs, de toute cette ambiance, qui lui tapaient sur le système.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle était dehors. La pluie s'était tout doucement calmée. Même si de grosses gouttes continuaient à tomber, rien à voir avec les litres d'eau qui s'écoulaient encore quelques minutes plus tôt. Les cieux semblaient avoir calmé leur colère. Ce qui était plutôt cool, en fait. Vu que du coup, Kate ne se retrouva pas automatiquement trempée comme une soupe.

Mieux. Un sentiment de plénitude l'envahit soudain. Les yeux clos, elle écarta les bras, et tourna sur elle-même. C'était bien. Pas un bruit, à part le clapotis des gouttes qui tombaient en cadence. Pas une seule sensation désagréable. Un air pur. Frais. Respirable. Et personne. Personne à des mètres à la ronde. Personne.... Personne ?

Un bruit fit se retourner Katherine. Brusquement. Ses longs cheveux bruns et détrempés lui fouettèrent le visage. Mais elle n'y prêta pas garde. Même sous la pluie, elle conservait cette espèce de charme qui lui était bien propre. Elle jeta un regard perçant à travers le rideau d'eau, puis lança, en proie à une colère sans nom, du fait d'avoir été dérangée :


"- J'sais pas qui est là. Mais sache, qui qu'tu sois, qu'on est pas partis pour être copains, nous deux."

Reducio
Premier post réservé à Mila Navy, puis postez à votre guise. ;)
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Ancien sorcier  

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

La pluie... Une chose que Mila adorait. Depuis qu'elle avait été toute petite, elle adorait cela. La nature ne pouvait lui faire de plus beau cadeau que de lui envoyer de gros nuages noirs au dessus de sa tête et que de laisser exploser ses trombes d'eau. Mila aimait cela, tout simplement. En y repensant, elle se dit qu'elle n'aurait jamais pu expliquer pourquoi. Peut-être ce sentiment de se sentir ... libre ? Libre de sortir, puisque personne ne sortait avec ce temps.

Ce jour-là, une trombe d'eau s'abattit sur Poudlard et son grand parc. L'air était humide partout, et des traces de pieds étaient partout par terre, sans doute de l'eau de pluie ramenée par des chaussures boueuses ayant appartenu à des élèves qui avaient eu cours de botanique, dans une serre, ou soin des créatures magiques.

Mila était assise dans la bibliothèque lorsque la première goutte s'écrasa sur une fenêtre. Elle ferma son livre d'un coup, ce qui fit sursauter certaines personnes aux alentours, le rangea dans son sac, balança ce dernier sur son épaule, et se leva en repoussant sa chaise. Tout cela avec beaucoup de vivacité. Personne ne pouvait comprendre dans quel état elle se trouvait. Il n’avait plus plu depuis des semaines. C’était devenu insupportable pour la petite brune, qui, tous les soirs, fermait les yeux dans son lit en pensant très fort : *Faites qu’il pleuve demain !*. Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, ces prières n’avaient pas été entendues. Mila dévala les escaliers, son sac se cognant à chaque pas contre sa jambe, mais elle s’en fichait, elle continuait. Elle ne regardait pas par où elle passait, elle fonçait juste tête baissée, heurtant quelques fois des élèves qui se retournaient sur cette jeune Poufsouffle. D’un coup, après ayant dessus tous les escaliers qui étaient dans son champ de vision, elle s’arrêta. En regardant autour d’elle, elle remarqua qu’elle ne connaissait rien ici. Aucun personnage des tableaux ne lui disait rien, aucune armure qui pouvait lui donner sa direction. Rien.

Elle commença à paniquer. Elle prit une porte au pif, et 5 minutes plus tard se retrouva au même endroit. Elle ne faisait que tourner en rond ! Les larmes lui montèrent aux yeux et lui brouillèrent la vue. Satané château ! Comment allait-elle sortir, elle qui s’était toujours considérée comme claustrophobe, coincée quelque part alors qu’elle ne savait même pas où ? Elle prit une profonde respiration. Elle allait trouver.

Elle reprit le même chemin que précédemment, et prit une porte à gauche, ne sachant où aller.

Elle sentit d’un coup le vent lui fouetter le visage. Elle venait d’arriver dans le Hall d’entrée ! Elle ne savait comment, mais c’était bien le cas. Un soupir de soulagement lui échappa, et elle passa la grande porte, qui était ouverte, ce qui étonna Mila. C’est vrai, pourquoi la garder ouverte alors qu’il pleuvait dehors ?
La pluie dehors paraissait s’être calmée. Mila pesta. Elle avait raté la meilleure partie ! Le moment le plus fort, le plus intense, où la pluie semble être en colère, où elle frappe, de toute sa haine, tout ce qui est dans son chemin. Elle sortit malgré tout, et en quelques minutes, elle se trouva en plein milieu du parc, son sac abandonné quelque part sous un gros caillou, en train de savourer pleinement son petit moment. Elle ferma les yeux, leva la tête au ciel et… attendit. Cela lui fit le plus grand des biens.

C’est alors qu’elle vit, au loin, une jeune fille, brune, danser sous la pluie. Mila était intriguée ; quelqu’un qui était comme elle ? Quelqu’un qui aimait aussi la pluie ? Quelqu’un qui saurait la comprendre ?

Elle s’approcha lentement. Elle pensait reconnaître cette silhouette… non ! Ce n’était pas possible. Mila regretta de s’être approchée, car déjà la jeune Serdaigle (elle avait vu son insigne bleu de loin) se retourna vers elle. Mila devait avouer que cette fille était … belle.

"- J'sais pas qui est là. Mais sache, qui qu'tu sois, qu'on est pas partis pour être copains, nous deux."

Ce furent les premières paroles de Kate. Eh oui ! Mila avait eu la grande chance d’être tombée sur cette fille, qui, comme tout le monde le savait, n’était pas réputée pour être la plus gentille des bleues. Mila regretta aussitôt de s’être approchée. En plus, elle était sans défense, sa baguette restée dans son sac, 20 mètres plus loin.

« -Par… pardon ! béguaya-t-elle. Je ne voulais pas te déranger ! Excuse-moi. »

Elle se sentait terriblement bête de s’excuser encore et encore, mais elle ne savait que dire.

« Je… je vais te laisser. J’ai mon sac là-bas, je voudrais pas le laisser seul trop longtemps… »
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Ancien sorcier  

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

Des choses qui frappent vos sens de plein fouet. Des odeurs, des signes visuels. Des couleurs. Une couleur. Le jaune. Jaune d'or. Jaune. Sur un blason que l'on arbore fièrement. Le jaune. Couleur de l'équipe vaincue. Couleur de la victoire. Et le goût amer d'expériences diverses. Vécues de près ou de loin. Et puis aussi. Le jaune. Couleur haïe. Couleur maudite.

Katherine avait beau s'être ouverte à sa manière, s'il m'est permis d'utiliser ce terme, étant donné la manière dont s'était faite ladite ouverture, elle en restait pas moins assez renfermée. Et surtout une âme solitaire. Alors il ne fallait pas être étonné, quand on voyait qu'elle n'aimait pas spécialement l'idée de voir une Poufsouffle. Car oui, c'était bien une Poufsouffle qui lui faisait face. Non pas qu'elle ne respectait pas la maison du blaireau, non. Elle avait juste un problème avec le jaune. Et du coup, par conséquent, avec Poufsouffle.

Mais pas nécessairement les Poufsouffles. Du coup, même si cette fille là partait très bas dans l'estime de la bleue, il fallait relativiser. Elle ne pouvait que remonter. Donc, Kate, poussée, en toute modestie, par sa bonté légendaire, décida de lui accorder sa chance. La jeune fille la saisit, apparemment, et lança d'une voix hésitante.


"- Par… pardon ! Je ne voulais pas te déranger ! Excuse-moi."

Katherine explosa de rire. C'était tellement... amusant. De la voir, comme ça. Même si la pluie et la pénombre l'empêchaient de distinguer correctement le visage qui lui faisait face, elle remarqua qu'il était plutôt joli. C'qui était rare. Et joli, de sa part, c'était un compliment. Puisqu'elle détestait les beautés factices. Ou trop forcée. Restait à voir si cette fille avait du plomb dans la cervelle.

En tout cas, bien que Kate ne la connaisse ni d'Eve ni d'Adam, elle avait décelé quelque chose dans son ton, qui marquait cette sorte de gêne que l'on éprouve, lorsque l'on se retrouve face à une personne que l'on préférerait éviter. Et cela l'amusait au plus haut point. D'où son rire. Grinçant. Légèrement moqueur. Empli de fierté. Celle d'être crainte. A défaut d'être respectée.


"- Je… je vais te laisser. J’ai mon sac là-bas, je voudrais pas le laisser seul trop longtemps…"

'Faut savoir que la bleue avait une caractéristique très particulière. Celle d'être une éternelle insatisfaite. Et si elle trouvait l'autre faible, de vouloir partir, comme ça, prétextant n'importe quoi, véridique ou non, elle n'avait pas envie de la voir s'en aller. Pas comme ça. Elle voulait jouer. La tester. Prendre du bon temps, quoi. Histoire de se défouler. Ou alors de partager un peu. Elle aviserait quand le moment serait le plus approprié.

S'avançant vers la fille, elle lui attrapa le bras. Ses doigts étaient si gelés qu'ils devaient glacer l'autre jusqu'aux os. Même avec une robe de sorcier. Ou pas. Pas si dans sa tête, elle ne craignait pas le froid, le doute. C'était la première partie du test. Se dégager ou laisser Kate décider de desserrer son emprise ? Cette dernière elle-même ignorait quelle serait la bonne réponse. Et s'il y en avait une.


"- Attends. T'aimes la pluie ? C'cool. Sauf qu'y a un truc naze. Après, tes fringues sont toutes collantes. Pourquoi t'sors par un temps pareil ? J'veux dire... Qu'est-ce que ça t'apporte, d'faire ça ?"

Puis, l'air un peu sournoise, Katherine haussa les épaules. Montrant à quel point la présence de l'autre l'importait peu. L'incitant ainsi implicitement à rester. C'était simple. Il fallait juste qu'elle comprenne les messages cachés. Qu'elle décode. Et qu'elle joue à Money Drop, un jeu télévisé moldu, datant de plusieurs années. T'as quatre trappes et trois trous. Une chance sur quatre de répondre juste et d'empocher le Jackpot que tu as misé au préalable. Une mauvaise réponse, et pof. Tu tombes dans le trou. Sauf qu'à la télé, c'était avec des sous. Et il y avait des règles fixes.

Là, la jaune était avec Kate. Et les seules lois qui régissaient leur échange, c'était celles que la bleue inventait. Aussi, elle espérait que celle qui lui faisait face avait conscience d'évoluer en terrain miné. Et aussi qu'elle était en possession d'un cerveau en bon état de marche.

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

L'automne était enfin installé dans le château de Poudlard . Aujourd'hui, c'était un jour pluvieux comme les autres . Il n'y avait pas de quoi être content ! Shelly, se réveilla, il était tôt le matin quand Shelly se réveilla en sueur , elle avait encore fait l'un de ses cauchemars habituels . Elle se leva de son lit, les jambes tout engourdi, les muscles qui lui faisait mal et elle manqua de tomber par terre quand elle vit que dehors, il pleuvait . Elle qui aimait la pluie, elle en avait marre de cette pluie . Cela va être mauvais pour le tir à l'arc ! Shelly descendit les escaliers de pierre jusqu'à dans la salle commune de Serdaigle . En partant, elle avait pris sa trousse de toilette avec tous ce qui contient pour une bonne douche .

Une fois dans la salle commune, Shelly sourit tristement à tout le monde . Elle récupéra son sac qu'elle avait oublié la veille dans l'un des fauteuils bleu nuit de la salle commune et partit dans la salle de bain . Une fois sur la douche, Shelly se décrassa comme il faut et une fois fini, elle sécha sa serviette sur un radiateur et elle s'enduit de crème sur tout son corps sec . Elle s'en mit sur le visage, s'habilla, se mit un léger trait d'Eye-liner , un peu de parfum et elle partit de la salle de bain . Elle remonta dans les dortoirs pour y déposer ses affaires . Elle resta assise sur son lit pendant quelques instants et se leva à la fenêtre pour voir si le temps s'arrange . Apparemment non .

Elle partit de la tour de Serdaigle et trottina dans les couloirs . En passant elle croisa Peeves, il avait l'air de mauvaise humeur contrairement à Nick-Quasi-Sans Tête . Elle chanta de la musique qu'elle aimait tout en se dirigeant vers la table des Serdaigle . Malgré le temps affreux, Shelly n'était pas trop de mauvaise humeur . À quoi ça sert d'être de mauvaise humeur . Shelly mangea un petit déjeuner à la française puis à l'anglaise . Elle mangea finalement tout ce qui lui tombé sur la main . Des toasts, un chocolat chaud ultra chocolaté, des fruits, des haricots blanc, des tartines au Nutella, des œufs, du bacon, et pleins d'autre chose tout aussi bonnes les unes que les autres . Une fois finie, Shelly était ballonné..

Après le repas, Shelly traversa la Grande salle en direction de la tour de Serdaigle . Elle lâcha un grand bâillement à s'en décrochait la mâchoire . Elle se frotta les yeux , visiblement fatigué et elle arriva dans la salle commune . Elle retourna dans sa chambre prendre sa brosse à dents et partit dans la salle de bain pour ce les laver et se remettre du parfum et un maquillage plus visible . Savez-vous pourquoi Shelly se met du maquillage ? Parce qu'elle est complexée de sa peau . Ainsi elle se croirait quand même plus belle . Elle quitta la salle commune pour se diriger vers le parc . Shelly voulait quand même allez dehors, rien de t-elle qu'une bonne petite dose de vent frayé ! Elle se balada en chantant . Et elle croisa deux jeunes filles d'un peu après le même âge .


"- Attends. T'aimes la pluie ? C'cool. Sauf qu'y a un truc naze. Après, tes fringues sont toutes collantes. Pourquoi t'sors par un temps pareil ? J'veux dire... Qu'est-ce que ça t'apporte, d'faire ça ?" dit une voix familière .

C'était Katherine Jones . Une fille de la maison Serdaigle . Il n'y a pas quelques jours, Katherine et Shelly se battaient presque tellement elle se détester . Or, maintenant elle était bientôt les meilleures amies du monde, Shelly avait appris Katherine, comment elle fonctionnait et tout . Elle était belle, gentille ( ça dépend avec qui), intelligente et rigolote . Shelly avait envie de la voir aujourd'hui . Elle lui fit un grand sourire jusqu'aux oreilles . Elle la prit dans ses bras , cette dernière ne refusa pas et lui fit la bise en guise de bonjour . Elle regarda la fille en face de Katherine, elle avait l'air gentille , mais elle avait l'air aussi d'avoir froid et elle n'avait pas de sac . Elle devait geler sur place avec sa petite veste swagg .


"- Salut Kathou ! Ça vas ? '' demanda Shelly à son amie .
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Ancien sorcier  

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Aaaaah la pluie ... Une chose qu'Alysson n'appréciait pas vraiment ! Se sentir mouillé de la tête au pieds, avoir des habits qui vous collent jusqu'aux os, un seul mot lui venait à l'esprit: BEURK. Le premières gouttes d'eau c'était abattu sur Poudlard alors qu'Alysson était dans son dortoir, vide à cette heure-ci. Elle s'ennuyait à mourir à l'intérieur du château, des gens inintéressants parlaient de choses inintéressantes où qu'elle se trouve, des toilettes des filles jusqu'à la grande salle. En règle générale, soit quand il faisait beau, il y avait des choses à faire ici: voir des amis dans le parc, balader près du Lac, faire du tir à l'arc ... Mais avec un temps pareil !

L'air déprimé, Alysson sortie de sous son oreiller un petit calepin dans lequel elle écrivait tout les endroits qu'elle avait visité, et le feuilleta quelques minutes. Elle ne pouvait pas vraiment sortir au parc et puis de toute façon, elle y était déjà aller un paquet de fois, et partir à la découverte du château de la tenté pas non plus. Puis, elle se souvint du Chaudron Baveur dont elle avait entendu parler quelques fois dans les couloirs du château, un endroit où l'on pouvait discuter, boire toutes sortes de choses ... bref, un endroit aux apparences agréables.
Et bien voila! Elle avait trouvé sa sortie: le Chaudron Baveur.

Gagné par l'envie de découverte, Alysson posa sa tasse de thé sur le rebord de la fenêtre, et se dirigea vers son armoire. Elle en sortie un imperméable aux couleurs de sa maison, une écharpe grise et bleue et des bottes en caoutchouc horrible que sa mère lui avait mit dans sa valise lors de son départ, il y a maintenant presque 3mois. Elle récupéra son petit sac dans lequel elle mit quelques gallions, et se dirigea vers la sortie du dortoir.

Elle prit tout de même un chemin assez long pour sortir du château, histoire de retarder le plus longtemps la rencontre avec sa meilleure ennemie: la pluie. Après avoir traversé le château pendant bien une demie heure, elle décida qu'il se faisait temps de mettre les pieds dehors. Une première goutte s’abattit sur ses petits yeux, ce qui eu le don de l'énerver. Elle remit sa capuche en place et continua d'avancer. Puis au bout d'un moment, à cause de la violence effrayante de la pluie, elle n'arrivait plus à voir plus loin que le bout de son nez. Pressée, elle accéléra le pat tête baissé.

Quand elle releva la tête, la pluie était un peu plus calme, le gouttes plus fines, ce qui ne la dérangeait plus vraiment et c'est alors qu'elle décida d'enlever sa capuche. Par contre, une question subsisté: où était-elle ? En tout cas, certainement pas au Chaudron !
Elle aperçue au loin un groupe de 3filles: elle reconnue tout d'abord Katherine, trempée de la tête au pied ! Mais les deux autres filles restaient un grand mystère, elles étaient trop loin d'elle et son hypermétropie lui empêchait de voir de loin, ce qui ne facilitait pas les choses. Elle décida tout de même de s'approcher du groupe, et quand elle fut assez près, elle reconnue Shelly, son amie de tir à l'arc, rencontré quelques semaines plus tôt. Une fille plutôt sympathique, tout comme Katherine qui était une des filles de son dortoir avec la quelle elle s'entendait plutôt bien! Elle continua de s'avancer et dit de sa petite voix doucereuse:


"Salut les filles ! Vous aussi vous avez étaient prises d'une envie de sortir ? Moi perso, c'est tout ces gens qui me donnent le cafard! Encore plus que la pluie."[/b

Puis, se tournant vers la jeune inconnue, elle dit d'un ton qui se voulait amical:

"Enchantée moi c'est Alysson et toi ?"
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Ancien sorcier  

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Depuis sa plus tendre enfance, Mila n'avait jamais vraiment eu d'amies. Evidemment, elle avait quelques copines par ci par là, des filles avec qui elles jouaient pendant la récréation dans les écoles moldues, mais jamais une vraie amie qui aurait pu même être désignée comme... une sorte de confidente, ou de meilleure amie. En prenant le Poudlard Express, elle avait secrètement espéré trouver quelqu’un avec qui elle pourrait… TOUT partager.

Elle se trouvait en face de Katherine, qui la fixait d’air air arrogant, comme si… elle sentait que Mila ne se sentait pas à l’aise. Et surtout : comme si elle aimait cela. Cela agaça Mila, car elle avait beau être un peu timide, elle n’aimait pas se faire marcher sur les pieds.

Kate lui prit le bras. Ses doigts étaient froids, Mila le sentit même à travers les différentes couches d’habits. Froide comme… elle frissonna. Comme un cadavre, à vrai dire. Cela lui fit peur. Mais elle ne se dégagea pas pour autant.

"- Attends. T'aimes la pluie ? C'cool. Sauf qu'y a un truc naze. Après, tes fringues sont toutes collantes. Pourquoi t'sors par un temps pareil ? J'veux dire... Qu'est-ce que ça t'apporte, d'faire ça ?"

Mila resta… bouche bée. Comment savait-elle qu’elle aimait la pluie ? Et puis... qu’est ce que c’était que cette question ?

Mais avant que Mila ne put répondre, une fille se jeta limite dans les bras de Kate. En voyant la tête qu’elle fit, Mila réprima un fou rire. La fille, qui était inconnue à Mila, fit ensuite la bise à Katherine. Elle semblait enthousiaste, alors que Katherine faisait la tronche jusque par terre. Mila se mit à sourire, intérieurement évidemment. Elle se mordit la lèvre supérieure, un réflexe qu’elle avait depuis des années.

"- Salut Kathou ! Ça va ?' lança la fille.

Mila dégagea son bras de Kate (eh oui car elle la tenait encore), assez gentiment, mais fermement, et se posta devant la fille.

"Attends juste s’il te plait, on était en train de parler, tu nous as plus ou moins coupées."

Elle avait depuis toujours eu horreur que quelqu’un la coupe dans son élan. Dans sa vie, il n’y avait pas tellement de choses qu’elle ne supportait pas. Mais être coupée, ça non. Evidemment, elle n’avait rien contre cette fille, après tout elle pouvait très bien parler à sa grande amie une fois la conversation avec Mila finie.

Elle se tourna ensuite vers Kate. D’un coup, elle se sentit moins peureuse, peut-être par le fait que cette fille avait débarqué et laissé Kate un peu… dépassée par cet évènement.

"Donc, pour te répondre, j’aime la pluie tout simplement parce qu’à la base, chez les moldus, c’est le seul moment où on peut être tranquille. Chez les sorciers pas, mais entre temps il faut croire que je m’y suis habituée. Et pour les fringues, rien de mieux que de prendre une bonne douche et d’ensuite te changer."

La petite jaune regarda ensuite la nouvelle venue, mais, encore une fois, fut coupée par une voix derrière elle :

"Salut les filles ! Vous aussi vous avez étaient prises d'une envie de sortir ? Moi perso, c'est tous ces gens qui me donnent le cafard! Encore plus que la pluie."

Mila soupira. Elle qui avait voulu être seule ! C’était cramé. Elle se rendit aussi compte qu’elle était en minorité, tout simplement car les 3 filles devant elle étaient de Serdaigle.

"Enchantée moi c'est Alysson et toi ?"

La fille, cette Alysson, donc, avait l’air gentille, et Mila était certaine que si elle le voulait, elle pourrait devenir amie avec elle. Après tout, elle n’avait rien fait de mal ! Mais Mila, avec son cerveau qui tournait à l’envers, ne cherchait pas vraiment se genre d’amitié. Elle était plutôt fascinée par cette Kate, qui elle non plus ne semblait pas vraiment tourner rond.

Malgré tout, Mila décida d’être sympa.

" J’m’appelle Mila Navy."

Mila devait l’avouer, c’était froid. Mais elle ne savait pas quoi dire. Pour combler cet espèce de blanc qu’elle sentait s’installer, elle se tourna vers la fille dont elle ne connaissait pas le nom.

"Et toi ?"
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Ancien sorcier  

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Quand des bruits de pas pareil se font entendre, c'est la misère. C'est le son de l'arrivée de quelqu'un que l'on a beau connaître depuis peu, mais qui vous colle néanmoins à la peau. Sans arrêt. Et c'est plutôt horrible. Parce que, même si vous contrôliez tout quelques secondes plus tôt, tout vous file entre les doigts. A cause d'une seule personne. Qui peut venir tout changer. Malheureusement.

"-Salut Kathou ! Ça va ?"

Cette voix. Ouh, cette voix. Cette voix-là... Kate n'eut pas le temps de cogiter plus. Déjà les bras de Shelly l'entouraient, tandis qu'elle se cramponnait à la jaune, toujours accrochée à son bras. L'autre bleue fit claquer deux bises sur ses joues, puis s'écarta. La laissant un peu sonnée. C'était vraiment pas le moment de venir tout gâcher.

Faut que je vous explique un truc. Cette fille tapait totalement sur le système de Katherine, qui commençait (très) légèrement à saturer. Elle n'en pouvait plus. Elle avait beau la repousser, Shelly revenait tout le temps à la charge. A croire qu'elle la prenait vraiment pour sa meilleure copine. Mais il lui fallait quoi ? Elle la détestait. Point, à la ligne. Il ne fallait pas avoir eu optimal à toutes ses épreuves d'ASPIC pour saisir ça. Et si cette situation continuait, bientôt, la jeune bleue ne répondrait plus de ses actes. Elle s'apprêta à répondre, mais fut coupée par la Poufsouffle, qui s'était dégagée. Ce qui, somme toute, était la bonne réponse.

"Attends juste s’il te plait, on était en train de parler, tu nous as plus ou moins coupées."

Qu'est-ce que je vous disais ? Elle pouvait que remonter. Et c'est ce qu'elle faisait. Brillamment, même. Donc un point pour elle. Et si d'habitude Katherine détestait tout simplement être coupée, une fois n'est pas coutume, elle laissa passer la chose. Puisque c'était pour le bien de la communauté. D'autant qu'à en juger par son expression, l'inconnue avait saisi l'animosité qu'elle éprouvait envers cette Shelly. Puis, comme si de rien n'était, elle reprit le cours de la conversation. D'autres auraient perdu le fil. Mais pas elle. C'était bien.

"Donc, pour te répondre, j’aime la pluie tout simplement parce qu’à la base, chez les moldus, c’est le seul moment où on peut être tranquille. Chez les sorciers pas, mais entre temps il faut croire que je m’y suis habituée. Et pour les fringues, rien de mieux que de prendre une bonne douche et d’ensuite te changer."

Intéressant. La bleue avait maintenant presque envie de lui parler, d'avoir une conversation correcte avec elle. Malheureusement, c'était pas maintenant qu'elles allaient l'avoir. Vu qu'une troisième arrivante fit son entrée en scène. Au son de sa voix et à sa belle chevelure blonde, Katherine reconnut instantanément Alysson. La fille de son dortoir. Sympa, quoiqu'assez réservée.

"- Salut les filles ! Vous aussi vous avez étaient prises d'une envie de sortir ? Moi perso, c'est tous ces gens qui me donnent le cafard! Encore plus que la pluie."

Sur ce point là, elle avait raison. Les gens étaient stressants. Enfin, ils l'étaient tout court. De manière générale. Mais, là, leur présence insupportait encore plus notre chère Katherine. Elle hocha doucement la tête, en signe d'approbation. Puis, Aly ajouta, en parlant à l'autre :

"- Enchantée moi c'est Alysson et toi ?"

Et tout à coup, ça fit comme pour chez les alcooliques anonymes. Genre un tour de table. Un nouvel arrivant, oh oui ! Ouvrons-lui les portes de l'amour et de la vie en communauté. Quel est ton nom, mon amie ? Alysson ? Dites bonjour à Alysson. - Bonjour Alyssoooon. -C'est bien. Tous en coeur. Maintenant, vous allez vous désintoxiquer. Quand vous sortirez de cette thérapie miraculeuse, vous aurez vaincu votre problème. Vous mangerez des feuilles et vivrez dans les arbres.

Bref. Kate se faisait un peu (beaucoup) une scène dans sa tête, ce qui expliquait son sourire un peu idiot, que personne ne releva, d'ailleurs, apparemment.


" J’m’appelle Mila Navy."

Intéressant. Katherine n'avait jamais entendu ce nom là. De près ou de loin, ça ne faisait aucun doute que cette fille était une illustre inconnue. Ce qui n'était pas plus mal. Puis, elle passa la main à Shelly, en lui demandant son nom. Pourquoi pas à elle-même ? Pourquoi ne pas avoir demandé "Et vous ?" ? Bonne question. Qui fit monter une bulle de fierté dans le coeur de la bleue. C'était sûr, maintenant. Si elle ignorait tout de Mila, apparemment, ceci n'était pas réciproque. Pas mal. Vraiment pas mal.

Kate prit alors la parole.


"- Merci, Mila, d'avoir souligné l'interruption. Tu m'évites de faire le sale boulot. Donc, tu marques un point. Sérieux. Et bonjour, Aly. Ca faisait longtemps."

En effet, depuis un moment, Katherine n'avait plus vu sa camarade de dortoir. Des gouttes des pluie ruisselant sur son visage, elle donnait l'impression de pleurer. Mais au fond d'elle, elle riait. Fort. Et bien. Comme quand elle était face à l'un de ses petits plaisirs. Une conversation correcte. Et en plus de ça, sous la pluie.

"- L'seule moment d'tranquillité ? Mmh ? Moui. Tu as raison. Tu t'sers d'ta tête, toi, dis-moi. Pas mal. Et ouais, t'peux sécher tes fringues. Mais bon. Tu viens de la pluie, puis t'vas sous la douche. Tu t'remouilles. T'trouves pas ça profondément bête, comme principe ?"

Elle aimait la pluie. Surtout lorsqu'elle y rencontrait des gens intéressants. Et bien sûr, elle avait complètement oublié Shelly. Ou faisait semblant de ne pas la voir. Nan mais. Comme si elles étaient les meilleures amies du monde. Elle rêvait, là. Du moins, elle le pensait.

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

Pendant que tous le monde parlait , Shelly était un peu ailleurs depuis que Katherine l'avait bousculé . Shelly était une personne , peut-être dure à battre en bagarre , mais dans le cœur , elle est aussi fragile qu'un bébé biche blessait . Attention ! Shelly n'est pas une pleurnicheuse , loin de là , même si Katherine l'avait traité de " Marie pleureuse " . Shelly soupira , une chanson lui envahi l'esprit . " It's raininf men ! Hallelujah , it's raining men ! Yé yé ! La la la la la la , la la la li la la ! Bon , Shelly ne connaissait pas la suite ... Je vous l'accorde , mais ne vous fiez pas au apparence ! Shelly peut être très drôle !

" - Vous le dites hein si je vous dérange ! Parce que moi , j'aime pas dérangé , j'suis pas comme ça ! "

Shelly n'aimait pas embêter les gens , elle allait partir . Elle repensa le jour , ou elle était avec sa grand mère au centre commercial tranquillou ma poule , en trains d'acheter des fringues , comme toutes les mamies et petite-filles font ! C'était un jour comme tant d'autre , un jour ou des gens riaient , mangeaient et achetaient dans un V2 . Mais alors , un gars cagoulé suivait Shelly et sa grand mère Miranda et il passa à l'acte . Il avait demandé à la grand mère de Shelly de vidait son sac et Shelly avait voulu l'en empêcher et elle s'est pris un coup dans la tronche qui lui avait valu au moins un nez cassé et une dent en moins . La vieille Miranda était une sorcière . Alors quand elle allait jeté un sort à l'autre morpion , celui si lui lança une balle en pleine tête et une balle dans le ventre de Shelly . Shelly n'avait que 8 ans et elle était fragile à cette époque . La grand mère mourut sur le coup , mais c'était une longue agonie pour Shelly qui ne pleurait même pas . Elle se lamenta au près du corps de sa grand mère , sans vie . Puis elles ont était évacué d'urgence . Le garçon avait était condamné à 10 ans de prison et une peine de 15 ans avec sursit . Bref , revenons au présent . Shelly commença à partir vers le château mais quelqu'un la retenu .
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Ancien sorcier  

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

Bon et bien Aly venait d'apprendre quelque chose: Shelly et Katherine de s'entendait pas franchement, voir pas du tout. Elles avaient dut avoir une mauvaise première entrevue et du coup, rien ne c'était créé entre elle. Dommage, Aly les connaissait toute les deux et elle savait très bien que c'était deux supers filles ! Mais cette histoire ne la regardait pas et elle préféra ne pas demander plus d'explication ici. Peut être un soir au dortoir.

Quoi qu'il en soit, Aly ne savait pas vraiment quoi dire à Katherine, déjà prise dans une conversation. Et c'est alors que Shelly s’apprêtât à partir après avoir sous entendu qu'elle devait déranger. Et vu qu'il n'y eu aucune réaction, Shelly commença à tourner les talons.
Mon dieu qu'elle cata ! Aly se sentait extrêmement mal à l'aise, elle devait choisir entre rester avec Katherine ou faire quelque chose pour Shelly, en sachant très bien qu'elle vexerait surement l'une des deux quoi qu'elle choisisse...

Alors elle réfléchit: Katherine était en pleine conversation avec Mila. Et Aly elle, n'était pas inclue dans cette conversation.
Shelly allait partir et tourner les talons, sauf si ça tournait mal entre les deux Serdaigles rivales.
Aly prit une décision, elle ne pouvait pas laisser partir Shelly à cause d'une broutille de petite fille ! Non, elle ne le pouvait pas. C'est pourquoi, en regardant Katherine avec l'air désolée elle dit:


"Katherine je vais aller un peu plus loin avec Shelly et je pense que l'on va vous laisser discuter tranquillement ... Ravie d'avoir fait ta connaissance Mila mais dommage que l'on n'ai pas put plus se parler""

Shelly avait tourné les talons depuis quelques secondes et Aly la rattrapa par l'épaule et l'arrêta pour lui dire: " Tu veux que l'on marche un peu ensemble, que tu m'expliques ce qu'il se passe ? Viens, on part vers le lac !"
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Ancien sorcier  

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Mila attendait une réponse de cette fille, la seule qu’elle ne connaissait pas encore, mais rien ne se passa. Elle semblait perdue dans ses pensées, et même si elle n’y pouvait peut-être rien, Mila trouva ça assez … malpoli en fait. Mais avant que Mila ne puisse la redemander, ou encore la secouer pour la réveiller, ou même lui claquer des doigts devant le nez pour la sortir de sa rêverie, Katherine prit la parole :

"- Merci, Mila, d'avoir souligné l'interruption. Tu m'évites de faire le sale boulot. Donc, tu marques un point. Sérieux. Et bonjour, Aly. Ca faisait longtemps."

Mila fut étonnée. Katherine était
amie avec Alysson ? Mais… ah bon ? Ce n’était pas censé être la fille inatteignable qui ne voulait pas d’amis ? Bon, après tout, Mila s’en fichait. Kate pouvait très bien avoir autant d’amis que de cheveux, en quelques sortes ça ne la concernait pas. Enfin dans ce sens cela pourrait paraître… méchant, mais c’est juste que Mila « didn’t care about it ». Voilà.

"- L'seule moment d'tranquillité ? Mmh ? Moui. Tu as raison. Tu t'sers d'ta tête, toi, dis-moi. Pas mal. Et ouais, t'peux sécher tes fringues. Mais bon. Tu viens de la pluie, puis t'vas sous la douche. Tu t'remouilles. T'trouves pas ça profondément bête, comme principe ?"

Elle était intelligente cette petite. Vraiment intelligente. Mila sentait bien qu’elle voulait la tirer dans une sorte de piège, pour voir comment elle allait s’en sortir, pour voir à quel niveau elle était. Et Mila ne voulait pas être prise pour une cruche de service. Sérieusement. Elle en avait sa claque. Pendant toute son enfance, les autres élèves de son école la considéraient comme arriérée. Mais depuis son entrée à Poudlard, elle avait décidé de faire changer ça.

Mais avant qu’elle ne puisse répondre quoi que ce soit, intelligent, recherché, ou pas, la fille qui ne s’était toujours pas présenté lança assez agressivement :

" - Vous le dites hein si je vous dérange ! Parce que moi, j'aime pas déranger, j'suis pas comme ça ! "

Non mais … pardon ? Mila crut avoir mal entendu. Elle était … bouche bée. Pourquoi est-ce qu’elle dérangerait ? Elle n’était quand même pas SI sensible que les 2 remarques de rien du tout de Kate et Mila lui avaient fait du mal ! Si ? Mais il fallait croire que si. La fille, appelons-la « inconnue », se tourna et partit vers le château.

Dans cette situation, alors qu’il n’y avait rien de drôle, Mila faillit éclater de rire. D’un coup. Un rire franc et qui sortait du cœur. Heureusement, pour ne pas blesser inconnue ou pour ne pas montrer aux autres qu’elle avait un fond sadique, elle réprima son rire. Malgré tout, un sourire resta quand même sur ses lèvres. Elle devait l’avouer, il n’y avait pas grand-chose de comique là-dedans.

"Katherine je vais aller un peu plus loin avec Shelly et je pense que l'on va vous laisser discuter tranquillement ... Ravie d'avoir fait ta connaissance Mila mais dommage que l'on n'ait pas pu plus se parler"

C’était Alysson qui venait de parler. Après ces mots, elle se dirigea vers inconnue (Shirley ? Mila n’avait pas bien entendu), lui tapota l’épaule, et elles partirent toutes les 2.

Mila n’en pouvait plus. Bien qu’il n’y ait rien de comique, elle sentait qu’elle allait exploser.

Malgré tout, elle regretta qu’Alysson soit partie, car elle avait vraiment l’air gentille. Mais bon ! Des fois les gens font des choix, et personne ne peut les faire changer d’avis.

Pour revenir à la situation présente, Mila était là, plantée sous la pluie, avec Kate. Son sac était toujours à quelques mètres.

"C’est vrai, tu te remouilles, mais faut croire que les humains aiment l’eau. Après tout, on en utilise souvent. Pour boire, pour se brosser les dents, pour se laver, pour aller aux toilettes, pour faire du sport… tant de choses. Ca doit être en nous. J’sais pas. En tout cas, moi ça m’dérange pas."

Son sac… avec sa baguette dedans. Elle e pouvait le laisser seul. Dans le monde des moldus, un sac laissé sans surveillance n’était jamais retrouvé. Ici, chez les sorciers, elle ne le savait pas. Mais elle avait quand même un peu peur de ne plus le retrouver. Elle voulait éviter cela.

"Je reviens, j’vais chercher mon sac."

Sa frange, mouillée, commençait à pendouiller tristement devant ses yeux et à lui boucher sa vue. Malgré ce fait, elle marcha en direction du petit rocher, récupéra son sac, et revins vers Kate.

"Et toi, t’aimes la pluie ?"
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Ancien sorcier  

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A la limite, s'intégrer, imposer son style, son rythme, et tout ça, c'était pas dérangeant. Mais mettre fin à une conversation, ça l'était carrément. Quand on est de ceux qui croient que la vie a un rythme naturel, c'est dérangeant de voir quelqu'un débarquer. Et changer l'ordre des choses. Qui est somme toute très plaisant comme il est. Quand c'est en plus pour s'éclipser, et par la petite porte, c'était pas la peine. Non, vraiment pas la peine.

Il se passa soudain un truc étrange. Shelly fit exactement ça. Au moment où Katherine se disait qu'elle avait très envie de la voir partir. Et pour une fois, elle se laissa aller à être pleinement elle-même. En ne la retenant pas. Ca valait peut-être mieux pour tout le monde. De toute façon, c'était un jour comme les autres. Sauf qu'il pleuvait. Mais ça, même si ça changeait tout, ça relevait du détail. Totalement. De la part de hasard qui définit de l'orientation de toute la journée.

Bref, l'autre bleue décida de les quitter, balbutiant quelques mots avant de partir, puis vite suivie par Alysson. Ah, Aly. Une nana au grand coeur. Peut-être un peu trop grand, pour la capacité émotionnelle moyenne d'une fille de son âge. Mais bon. Elle allait pas critiquer ça. La gentillesse, c'était rare. Et quand y'en avait un peu dans l'air, ça pouvait à peu près le faire. Mais là, y'en avait trop autour d'elle. Beaucoup trop. Et ça gâchait l'ambiance de malaise. Plop. Un peu de gaieté et de joie, et tout vous tombe à l'eau. Vous avez beau avoir usé de mille stratagèmes sadiques pour faire souffrir votre proie, ça ne change rien : une personne foncièrement gentille met toujours tout à plat, dans ces cas là.

Et pourtant, Mila ne fit rien. Absolument rien. Elle ne saisit pas l'opportunité pour s'enfuir. Elle resta là. Bien campée sur ses jambes. Les cheveux détrempés, mais le visage illuminé. Une chose était à peu près sûr, la pluie, c'était son trip... La jaune parla :


"C’est vrai, tu te remouilles, mais faut croire que les humains aiment l’eau. Après tout, on en utilise souvent. Pour boire, pour se brosser les dents, pour se laver, pour aller aux toilettes, pour faire du sport… tant de choses. Ca doit être en nous. J’sais pas. En tout cas, moi ça m’dérange pas."

Katherine devait reconnaître qu'elle était moyennement satisfaite par la réponse que venait de lui fournir la fille. Certes, l'eau était utilisée partout, mais c'était pas une raison pour entrer dans un débat complètement inutile sur la société et son utilisation de l'eau. Dommage. Elles auraient pu pousser la discussion un peu plus loin. Mais là, Kate considérait ça comme une conclusion. Un point final. C'était peut-être l'effet recherché. Elle ne savait pas vraiment. Et n'en avait pas grand chose à faire, à la réflexion.

Aussi, elle s'apprêta à retourner au château. Non pas qu'elle avait froid, ni que la pluie la dérangeait, non. Elle voulait juste laisser la Poufsouffle mariner dans son jus. Pour se venger du fait qu'elle ait conclut un échange un peu intéressant. Et aussi pour lui montrer qu'elle venait de perdre la bleue. Définitivement. Et que ça n'était même pas la peine d'essayer de la récupérer. Son intérêt était endormi. La Serdaigle renifla avec mépris, s'apprêtant à partir, sans un mot ni regard. Mais l'autre ne lui en laissa pas le temps.


"- Je reviens, j’vais chercher mon sac."

Son... Son sac ? Kate fit des yeux ronds. Pourquoi est-ce qu'elle emmenait un sac dehors par un temps pareil ? Etait-elle stupide ? Pourtant, leurs quelques paroles avaient semblé assez constructives à Katherine, qui l'avait jugée à peu près capable d'une réflexion pouvant aboutir à quelque chose de correct. Et là, elle aurait embarqué son sac sous la pluie ? En le laissant être mouillé ?

Non c'était autre chose. Elle ne pouvait pas avoir aussi peu de jugeote. Et Kate ne pouvait, de son côté, admettre qu'elle avait mal cerné celle qui lui faisait face. Question de principe. C'est pourquoi, en prise à un vif désarroi, elle attendit patiemment que l'autre revienne. Parce qu'une espèce de certitude turlupinait la bleue et bronze. Si cette fille là était bien comme elle pensait qu'elle était, alors elle trimbalait son sac avec elle parce que... parce qu'elle transportait un truc précieux. Restait plus qu'à trouver quoi.

Alors qu'elle était à nouveau devant la Serdaigle, qui ne l'avait même pas vue revenir, perdue dans ses pensées, Mila lança :


"- Et toi, t’aimes la pluie ?"

Katherine hésita. Partagée entre l'envie de tester la fille encore un peu, de la pousser dans ses retranchements, et celle de partir, de la délaisser, et de s'en aller, tout simplement. Pour prendre l'air. Pour se sécher. Pour retrouver l'atmosphère lourde et énervante de l'intérieur ? Non. C'était pas une bonne idée de rentrer au château. Pas à cette heure. Fallait au moins attendre que l'heure du repas ait sonné, pour que la salle commune se vide un peu de tout ce monde. Et que l'air soit à nouveau respirable.

"- J'aime la pluie, ouais. Et j'veux pas passer trois heures à m'justifier sur l'sujet. J'aime ça. C'tout. A prendre ou à laisser."

C'était peut-être froid, mais au moins, ça avait le mérite d'être franc et direct. C'est vrai, quoi. Pourquoi est-ce qu'on devrait toujours s'évertuer à expliquer pourquoi on apprécie telle ou telle chose ? D'ailleurs, les trois quarts du temps, les personnes à qui on raconte ce genre de chose ne vous écoutent même pas. Ou alors d'une oreille très inattentive. Les yeux dans le vague, la lèvre pendante et le regard vide. Bref. Sans vous prêter la moindre attention. Bref, Katherine avait prit le parti de ne pas se justifier, que ça plaise ou non à l'autre, elle s'en fichait, en fait.

"- T'as quoi de précieux dans ton sac ? Ou t'es juste bête ?"

Les yeux brillants, elle rapprocha son visage de l'oreille de Mila. Ca sentait le chien mouillé. Comme toujours, quand les cheveux sont mouillés sous la pluie. Comme toujours. C'était définitivement pas surprenant. Et Kate profitait de la surprise que cette question sans queue ni tête pouvait produire sur quiconque ignorait la réflexion qui l'avait précédée, pour se faufiler entre les défenses de l'autre. Elle susurra d'une voix doucereuse :

"- T'vois, on lit en toi comme dans un livre ouvert. T'as pas peur, d'laisser tout l'monde faire l'tour d'la question en cinq secondes ?"

Ajoutant à sa phrase un léger claquement de langue, elle se recula enfin, satisfaite. Un sourire sadique était scotché à ses lèvres. Et elle s'amusait, comme le chat avec la souris. Je te cherche, je te cherche.. Je feinte. Tu m'échappes. Ou en tout cas, tu le crois. Bam, je te trouve. Et c'est le début de la fin. Quel jeu de rôle amusant.
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Ancien sorcier  

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Mila sentait bien que cette Katherine la méprisait. Elle le savait. Mais pourtant, elle restait. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle restait. Un peu comme une moldue qui, lorsqu’elle fait de la danse, souffre le martyre sur ses pointes, mais pourtant elle continue. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle continue. Voilà tout. Après tout, elle n’a rien à perdre (ou très peu). Dans le cas de Mila, c’est un peu pareil. Hormis le fait que Kate n’est pas un chausson de danse. Mila n’a rien à perdre. Si Kate décide de la détester, bah ça fera qu’une personne en plus sur sa –déjà très longue- liste. Si Kate décide de devenir avec elle, tant mieux. Rien à perdre, comme dit.

Elle était plantée là, devant Kate, en attendant une réponse de celle-ci. Son sac, qui était maintenant sur son épaule droite, pesait assez lourd. Elle se sentait pencher vers le côté droit. Pourtant, à bien y réfléchir, elle n’avait rien de particulier dedans. Ah si ! peut-être c’était le livre qu’elle avait emprunté à la bibliothèque. Un livre sur un sorcier qui avait vécu quelques années plus tôt. Rien de fou. Juste un sorcier, son histoire. Elle ne savait pas pourquoi elle l’avait pris. Peut-être parce qu’il était divertissant et qu’en le lisant elle se perdait dans ses pages, et qu’elle oubliait tout le reste.

« - J'aime la pluie, ouais. Et j'veux pas passer trois heures à m'justifier sur l'sujet. J'aime ça. C'tout. A prendre ou à laisser. »

Kate avait enfin daigné ouvrir le bec. Et c’était pour remballer Mila. C’est vrai. On va pas se mentir. Même une personne limitée mentalement l’aurait compris. Après tout, c’est bien cette même bleue qui avait demandé quelques minutes auparavant pourquoi Mila aimait la pluie, et Mila avait dû répondre. Par contre, quand c’est elle qui répondait, Madame pouvait se contenter de répondre cela. Mila releva un sourcil, très discrètement, mais ne dit rien. Toute façon Katherine n’avait rien remarqué de cela.

Pourtant, Mila aurait pu répondre. Enfin en l’occurrence, là, elle n’aurait pas pu, puisque Kate reprit la parole :

« - T'as quoi de précieux dans ton sac ? Ou t'es juste bête ? »

*Heu… pardon ?* pensa Mila. Mais qu’est-ce qu’elle s’imaginait ? Elle avait l’esprit tordu ou quoi ? Question bête. C’est un fait. Elle était vraiment tordue. Bon après tout, c’était tordu mais pas dénué de sens. C’est vrai, peu de gens sortaient pour profiter de la pluie avec leurs sacs. Mais bon, ce n’étaient pas vraiment les affaires de Kate. Mila était d’accord sur ce point. Et pour le fait d’être bête… peut-être bien, si ça se trouve. Ou peut-être pas. Ca dépend dans quel sens on emploie le mot bête.

Mais elle décida d’entrer dans son jeu. Rira bien qui rira le dernier. Elle n’avait rien de particulier dans son sac, et n’était pas non plus bête comme ses pieds. Alors, autant lui faire croire.

Kate se rapprocha alors de Mila. Lentement. Quand elle fut à la hauteur de son oreille, elle lui murmura à l’oreille :

« - T'vois, on lit en toi comme dans un livre ouvert. T'as pas peur, d'laisser tout l'monde faire l'tour d'la question en cinq secondes ? »

Puis, elle s’éloigna. Sur son visage était dessiné un sourire de satisfaction. Le genre de sourire sadique que l’on a à regarder les gens torturés en train de souffrir. Le genre de sourire que l’on a quand on fait un croche-pied à quelqu’un, et qu’il s’étale de tout son long devant tout le collège, et que sa dignité est enterrée à tout jamais, à cause de soi. Le genre de sourire que l’on a quand on est fier de faire du mal aux autres. Mais cela ne faisait rien à Mila. Elle n’avait même pas frissonné, ni rien. Il est vrai, au début elle avait été apeurée par cette fille. Mais au fond, elle était la même personne que les autres. C’était une humaine, reposée sur les mêmes valeurs que tous les autres humains présents sur Terre.

Elle n’avait plus peur d’elle. Elle s’en fichait. Elle pouvait répondre quelque chose sans queue ni tête, cela ne changerait plus rien. Kate la méprisait déjà, alors un peu plus ou un peu moins, ça n’faisait pas une grande différence.

« Eh bien, peut-être que j’ai un truc super important dans mon sac. Ou peut-être pas. Je veux dire, qui n’a jamais un truc auquel il tient particulièrement dans son sac ? Mais peut-être que je suis simplement bête. J’en sais rien. Ca dépend dans quel sens tu emploies ce mot. Il y a être bête et être bête. »

Elle savait que cette réponse n’allait pas plaire à Kate. Ou alors, au contraire, elle allait aimer. Mila penchait plutôt pour la première option. Mais bon, le sarcasme est une chose que l’on ne contrôle pas la plupart du temps.

« Pour ton histoire de bouquin, j’pense que je suis pas la plus facile à déchiffrer. Et si tu le penses quand même, tu sauras sûrement répondre à cette question : pourquoi je suis encore là à discuter avec toi ? »

Mince, c’est vrai quoi. Elle connaissait plein de filles qui étaient prévisibles et tout. Et entre nous, Mila ne l’était vraiment pas. Vraiment, vraiment pas.
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Ancien sorcier  

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Katherine était une éternelle insatisfaite. Quelle que soit la réponse qu'on lui donnait, elle ne pouvait jamais lui convenir entièrement. C'est comme si une part d'elle-même était un peu prisonnière de ce trait de caractère. Mauvaise foi ? Non. C'était impossible. On n'imagine pas une fille telle que Kate faire preuve de mauvaise foi ? Si, me dites-vous ? Mais allez, là c'est vous qui abusez. Vous ne la voyez pas, l'auréole qui lui flotte au dessus de la tête ? Non ? Vous êtes sûrs de vous ? Mmmh. Bonne réponse. Parce qu'il y avait plus des oreilles et une queue rouges et pointues qu'une auréole, chez la bleue. Mais bon, ça, fallait pas le dire.

Tout ça pour expliquer à quel point la jeune fille qui lui faisait face la surprit, tout en la laissant sur sa faim, de par sa réponse.


"- Eh bien, peut-être que j’ai un truc super important dans mon sac. Ou peut-être pas. Je veux dire, qui n’a jamais un truc auquel il tient particulièrement dans son sac ? Mais peut-être que je suis simplement bête. J’en sais rien. Ca dépend dans quel sens tu emploies ce mot. Il y a être bête et être bête."

Trop de peut-être. Trop d'peut-être. Pas assez de certitude. Pas de voix affirmée. Pas de ton menaçant. Rien d'intimidant. Et pourtant... Si on pouvait s'amuser à trouver des failles énormes dans ce que venait de dire la jaune, sa réponse tenait un peu la route. Et avait le mérite d'être insolente. Provocatrice. Bref, bien comme il fallait qu'elle soit pour pas sortir de la bouche d'une trop faible. Restait à faire la part de vrai et de faux dans ce qui venait d'être dit.

Katherine se massa les tempes. Son cerveau turbinait à toute allure. C'était le moment où jamais de lui infliger le coup de grâce, à cette Mila. Et pour ça, il fallait user de stratégie. Et d'intelligence. L'intelligence, c'était pas un problème. La stratégie, oui. Car voyez-vous, il faut trouver le bon dosage entre stratégie et sadisme. Trop souvent ce dernier prend le pas sur tous vos plans, aussi fins et subtils soient-ils. Qui plus est quand vous prenez un plaisir malsain à regarder ceux qui vous entourent subir l'objet de vos pulsions démoniaques. De votre besoin de vous défouler. M'enfin, Kate dut interrompre sa réflexion, car a nouveau l'autre parlait, pour faire part de ce qu'elle pensait. Ah non, en fait. C'était juste pour lui répondre. Mais bon, ça, la bleue l'avait déjà oublié.


"- Pour ton histoire de bouquin, j’pense que je suis pas la plus facile à déchiffrer. Et si tu le penses quand même, tu sauras sûrement répondre à cette question : pourquoi je suis encore là à discuter avec toi ?"

Définitivement, cette fille devait apprendre à modérer ses propos. C'est la réflexion que se fit Kate. Au lieu de se protéger en répondant avec justesse mais simplicité, elle préférait se lancer dans des débats dont elle avait peu de chances de se sortir indemne. Surtout vu avec qui elle parlait. C'aurait été Shelly ou Alysson, qui étaient présentes il y avait encore quelques minutes de cela, cette phrase n'aurait pas constitué une perche, un prétexte. Mais là, c'était bien avec Katherine qu'elle parlait. Et cette dernière n'était pas tout à fait convaincue que la Poufsouffle avait saisi à quel point le moindre faux pas lui serait fatal. Ou presque.

"- Mois j'ai rien d'spécial dans mon sac. Des bricoles, quoi. C'est vrai, si j'veux racketter quelqu'un, la première chose que j'r'garde, c'l'intérieur d'son sac. Mais moi, j'ai rien d'dans, d'particulier. Mais après tout, j'suis pas comme tout l'monde, hein ?"

Cette question rhétorique était presque plus une affirmation. Histoire de confirmer à l'autre ce qu'elle semblait avoir déjà assimilé : Katherine n'aurait jamais une réaction tout à fait normale, tout à fait classique. Elle ne se considérait pas pour une sur-homme (ou une sur-femme, plutôt), nan. Elle savait juste que certaines de ses facettes étaient imprévisibles. Tellement imprévisibles qu'elle se surprenait elle-même la plupart du temps. Ce qui était assez perturbant, d'ailleurs. Mais elle n'en laissait rien paraître.

"- Tu transportes donc quelque chose d'précieux avec toi ? Intéressant..."

Peu à peu, son visage s'approchait à nouveau de celui de la jaune. Katherine voulait imprimer sa physionomie dans son propre esprit. Pour garder une trace de leur entrevue. Pour se souvenir. Tout simplement. Du coup, ses yeux s'attardèrent tour à tour sur les yeux de l'autre, sa bouche, ses pommettes, son nez, et même sa frange détrempée, qui lui collait au front. Sous la pluie, elle avait l'air plutôt gentille. Plutôt amicale. Pas aussi hostile que ses mots. Ça tranchait.

Contrastant avec la proximité due à ce rapprochement, Kate fit une moue, tout en disant, froide et distante :


"- La bêtise, c'est le fait de ne pas être qui on est vraiment. De cacher sa nature profonde. Enfin. Ou pas, en fait. C'peut être une bonne chose, pour s'protéger. Mais 'faut juste pas oublier qui on est. Ouais. C'ça, la bêtise. L'fait d'perdre total'ment son identité. T'crois pas ?"

Puis les dernières paroles de Mila résonnèrent dans l'esprit de Katherine. Son interlocutrice venait de lui lancer un défi. Et pas des moindres : il s'agissait d'une trappe. On était de retour à Money Drop. Sauf que là, c'était bien la petite bleue qui était le dindon de la farce. Position qu'elle n'aimait, soit dit en passant, pas le moins du monde, et qu'elle voulait à tout prix quitter. Mais pas brutalement. Avec beauté. Calme. C'était mieux ainsi. Faire glisser tout doucement les ficelles d'entre les doigts de cette malotrue. Pour se venger. Et puis pour prendre plaisir, aussi, un peu.

"- Pourquoi t'es là ? J'en ai aucune idée. Mais s'tu veux partir, rien n'te retiens. Enfin si. Y'a toi qui t'retiens toi-même. C'pour ça qu't'es pas partie, en allant chercher ton sac. Parc'que quelque chose exerce une certaine fascination sur toi. Éveille ton intérêt. C'comme les Moldus qui r'gardent les images d'guerre au journal télévisé. 'Y sont choqués, et en même temps, ça les intéresse. C'moi, cette chose qui t'intéresse ? Suis-je à c'point différente des autres personnes qu't'as rencontrées jusqu'ici ?"

Elle fit à nouveau claquer sa langue. C'était plus parce qu'elle trouvait que ça donnait un p'tit effet théâtral plutôt que par sadisme pur. Enfin, bien entendu, c'était du sadisme pur de parler à cette fille sur ce ton, à mi-chemin entre la provocation et la le léger intérêt. Peut-être que ça la frustrait. Ou peut-être qu'au contraire elle trouvait ça grisant qu'on lui parle comme ça. Qu'on titille les sujets sensibles qu'elle n'avait pas l'habitude d'aborder. Oh, et puis, au diable les conventions. Au diable toutes ces petites magouilles insignifiantes. Katherine était pas venue à Poudlard pour se faire des amis. Théoriquement pas.

A cette pensée, un sourire étira ses lèvres. Ses dents blanches étincelèrent sous la pluie, et elle se recula. Écartant les bras, elle se mit à faire deux tours sur elle même. Doucement. La tête rejetée en arrière, sa longue cascade de cheveux bruns mouillée tombant mollement dans le vide. Sous le rideau de pluie qui recommençait alors à s'épaissir, ça devait être assez spécial comme spectacle. Déjà qu'à la base la scène n'avait rien de commun.

Et tandis qu'elle tournoyait avec douceur et légèreté, elle répétait en boucle dans sa tête la même rengaine. Sans s'arrêter. Elle commença à la murmurer, puis à la chantonner, à mi-voix. Les yeux clos, elle s'arrêta brusquement. Puis recommença son mouvement circulaire, les bras toujours écartés, la bouche légèrement entrouverte. Elle chantait pour de bon, cette fois, de sa voix claire :


"- Et alors, Mila ? Tu vas répondre quoi, cette fois ?"

Pluie. Tu es la meilleure alliée de l'étrangeté. Et merci. Merci à toi de créer tout ça autour de toi. Katherine s'amusait vraiment comme une petite folle à faire semblant de l'être.
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Ancien sorcier  

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Mila se mordit les lèvres. Elle avait vu l’expression faciale de Kate se modifier peu à peu. Mince, POURQUOI elle lui avait dit tout ça ? A la base, Mila n’était pas comme ça. Bon… si. Elle l’était. Mais pas à ce point ! C’était cette satanée fille là, cette Kate, qui l’influençait. Elle voulait l’impressionner. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle savait, c’est que ça n’allait pas être une chose facile. Convaincre cette fille qu’elle n’était pas une nouille complètement faible et bête, c’était presque la mission impossible. Non, rectification. C’était VRAIMENT la mission impossible.

« - Mois j'ai rien d'spécial dans mon sac. Des bricoles, quoi. C'est vrai, si j'veux racketter quelqu'un, la première chose que j'r'garde, c'l'intérieur d'son sac. Mais moi, j'ai rien d'dans, d'particulier. Mais après tout, j'suis pas comme tout l'monde, hein ? »

Eh merde. Ce fut la première chose que pensa Mila. Voilà, elle s’était vraiment foutue dedans. En y réfléchissant, elle aurait dû courir après Inconnue et Alysson, repartir vers le château, quittes à ne pas rester sous la pluie.

Justement, la pluie. Depuis que Mila se trouvait sous ce déluge, elle se demandait pourquoi elle aimait cela. C’est vrai quoi. Bon, il faut avouer que c’était plutôt sa compagnie qui la refroidissait. Rien contre Kate, évidemment. Mais… Elle sentait bien qu’elle commençait à perdre cette partie. La partie d’un jeu très cruel. Sadique et tout. Tu fais un faux pas, tu tombes. Pour toujours. Et dans le néant, par surcroît. Dans le vide intergalactique, dans le vide… Le vide social. Enfin, pas réellement… Ce que Mila ressentait à ce moment est difficile à exprimer. Dans le vide… où sa dignité était morte.


« - Tu transportes donc quelque chose d'précieux avec toi ? Intéressant... »

*Non non non non non non non non non non !* pensa Mila. Kate se rapprochait de nouveau. De nouveau elle la voyait d’aussi près. De nouveau elle sentait cette odeur s’approcher… une odeur de métal froid. Glacial même. Une odeur de dégoût, d’amusement, une odeur tout simplement abominable pour une fille comme Mila. Elle avait presque envie de se boucher le nez. Cette odeur … ! Mais elle ne fit rien. Rien du tout.

Soit dit en passant : Kate était bien rentrée dans son piège.


« - La bêtise, c'est le fait de ne pas être qui on est vraiment. De cacher sa nature profonde. Enfin. Ou pas, en fait. C'peut être une bonne chose, pour s'protéger. Mais 'faut juste pas oublier qui on est. Ouais. C'ça, la bêtise. L'fait d'perdre total'ment son identité. T'crois pas ? »

Mila faillit exploser de rire. Encore une fois. Elle ne laissa rien paraître, évidemment. C’est bien Katherine Jones qui parlait de bêtise lorsqu’on cachait sa vraie nature ? Pff aha ! C’était… le monde à l’envers ! Comme si… comme si des personnes heureuses voyaient quelque chose d’autre que leur reflet dans le miroir du Riséd ! N’importe quoi, en gros.

La proximité de Kate dérangeait Mila. Vraiment. Elle remarqua quand même que la jeune fille était maquillée, ce qui semblait bizarre pour son jeune âge. Mais bon. Elle faisait ce qu’elle voulait hein.

« - Pourquoi t'es là ? J'en ai aucune idée. Mais s'tu veux partir, rien n'te retiens. Enfin si. Y'a toi qui t'retiens toi-même. C'pour ça qu't'es pas partie, en allant chercher ton sac. Parc'que quelque chose exerce une certaine fascination sur toi. Éveille ton intérêt. C'comme les Moldus qui r'gardent les images d'guerre au journal télévisé. 'Y sont choqués, et en même temps, ça les intéresse. C'moi, cette chose qui t'intéresse ? Suis-je à c'point différente des autres personnes qu't'as rencontrées jusqu'ici ? »

*Bien vu la brune*. C’est vrai. Elle avait tapé en plein dans le mille. Mila aurait pu répliquer 15 fois au moins, entre temps. Mais elle ne dit rien. Elle voulait voir jusqu’à quel point Kate allait essayer de la tirer vers le fond. Le vide. On y revient toujours à celui-là. Le grand vide noir. Elle allait sûrement essayer de la tirer si bas, que Mila n’aurait jamais de chance de remonter à la surface.

La pluie se faisait plus forte. Mila inspira un bon coup. Cette pluie était en même temps si bénéfique, belle, sous son ciel gris, mais en même temps elle était en train d’essayer de s’acharner sur un jeu qu’elle n’allait jamais de la vie gagner. C’est comme le loto moldu. Les gens y jouent, et pourtant, ils savent très bien qu’ils ne vont jamais gagner. Et malgré la pub « Ca arrive à tout le monde ! » , ils le savent. Le gros lot ne sera pas pour eux.

Justement, Kate sembla apprécier aussi le fait qu’il pleuve plus forte. Elle s’éloigna de la jaune, et commença à tournoyer sur elle-même, les yeux fermés. Un tour, deux tours… Une petite mélodie s’élevait dans le froid, une mélodie chantée. Chantée par Kate. Au début, elle n’était pas compréhensible. Puis, au fur et à mesure, elle devint audible.


« - Et alors, Mila ? Tu vas répondre quoi, cette fois ? »

*C’est vrai, Mila, tu vas répondre quoi ?*

Réfléchir. Il fallait qu’elle réfléchisse. Et vite. Trouver une réponse. Non ! Répondre à ses questions. C’était plus facile.

« Moi je trouve que justement, tu es comme les autres. Sauf que toi, tu dis ce que tu penses, tu montres qui tu es vraiment. C’est sûrement pas le cas de tout l’monde. »

Réponse NULLE ! Mais bon, tant pis. Toute façon, elle y était déjà, dans ce vide. Alors autant s’enfoncer. Entre nous, un peu plus bas ou un peu plus haut hein… Pis amadouer Kate, pour ensuite lui balancer un truc sadique à la tête… Pas mauvais comme idée. Ca allait pas marcher, mais bonne idée quand même.

« Si t’veux tout savoir, dans mon sac le seul truc précieux est ma baguette, et un vieux livre poussiéreux d’la bibliothèque. Alors si t’en veux, pas d’problème. »

Elle aurait pu écrire un livre à la limite. Les 10 conseils pour s’enfoncer lors d’une conversation qui craint déjà à la base. Par Mila Navy. Au moins, après avoir tombée dans le vide, elle gagnerait beaucoup d’argent, et serait connue. Mouais, pas mauvais non plus comme idée.

Alors, et puis tant qu’à faire, autant s’enfoncer encore plus ! Youpiii ! Bon, le seul point positif est que Mila pouvait répondre à chaque question dans l’ordre. Simplement parce que les paroles de Kate résonnaient dans sa tête. Sujet de la prochaine question : la bêtise !


« Pas faux, ouais. La bêtise c’est surtout d’montrer qui on est, mais qu’en fait on l’est pas vraiment. Je sais pas si tu me suis. Je me comprends, en tout cas. »

Et nous annonçons maintenant l’altitude de miss Navy : à une approximation de 15 000 mètres sous terre ! Mais bon. Autant se lancer. Autant se lâcher. Autant tout donner sur la fin. Une note tragique. Ouais, c’était cool ça.

« T’es la plus différente surtout parce que tu montres une facette de toi qu’on a pas l’habitude de montrer. La plupart des gens montrent leur face gentille et attentionnée, et toi au contraire tu montres la partie méchante et sadique que chacun a en nous. Un peu comme si toutes les faces obscures de tout le monde se regroupaient en toi. Mais j’suis sûre que t’as un bon fond. Sauf qu’tu veux pas nous l’montrer. Et oui, tu me fascines parce que justement ça m'intrigue. »

Adieu, monde cruel.
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Ancien sorcier  

It's raining men ~ Hallelujah !  Libre 

Goutte de pluie. Tu tombes, dans une chute ininterrompue. Tu tombes, lente. Désordonnée. Tu es la plus belle chose que ces satanés nuages qui planent là-haut apportent. T'es fabuleuse. Unique, à ta façon. Complètement à notre portée. Et pourtant, aucun de nous n'a la capacité de t'atteindre. Tu es plus haute. Plus forte. Et si un malheureux a l'idée qu'il va pouvoir t'atteindre... tu lui prouveras le contraire en n'étant plus dès l'instant où vous entrerez en contact. Goutte de pluie. Tu es faible et préfère disparaître. Autant que tu me plais.

Katherine se frotta les mains. Parce qu'elle attendait impatiemment que Mila réponde, et aussi parce qu'elle avait un peu froid. Mais ça, ça n'était pas si grave que ça. Elle pouvait bien se contenter de dire que c'était dans l'attente de la réponse de son interlocutrice. Ça faisait plus classe. Peut-être un peu plus sadique, aussi. Enfin, l'autre s'exécuta :


"- Moi je trouve que justement, tu es comme les autres. Sauf que toi, tu dis ce que tu penses, tu montres qui tu es vraiment. C’est sûrement pas le cas de tout l’monde."

Une réponse comme une autre. De toute façon, qu'avait-elle à perdre ? Elle tentait le tout pour le tout. Même si ses sarcasmes étaient pas spécialement convaincants, c'était déjà ça de pris. Elle avait du répondant, voilà qui était certain. Pour le reste, advienne que pourrait. Et que pourrait advint.

"- Si t’veux tout savoir, dans mon sac le seul truc précieux est ma baguette, et un vieux livre poussiéreux d’la bibliothèque. Alors si t’en veux, pas d’problème."

Pourquoi ? Une ouverture pareille, ça se peaufinait, ça se travaillait. Plus que tout, ça permettait de s'engouffrer dans une brèche. Alors pourquoi venir tout gâcher en avouant un truc idiot ? C'était banal. Cette fille était-elle terrifiée à la simple idée de mentir, ou était-elle juste incapable de résister à la pression incessante que s'amusait Kate à exercer sur elle ? La question méritait méditation. Apparemment, le sujet de la bêtise aussi, puisqu'elle jugea important d'y répondre. Soit.

"- Pas faux, ouais. La bêtise c’est surtout d’montrer qui on est, mais qu’en fait on l’est pas vraiment. Je sais pas si tu me suis. Je me comprends, en tout cas."

Non, non. Montrer qui on est. En étant pas vraiment nous ? What ? Katherine ouvrit grand les yeux. Une expression qui lui était bien propre se dessinait sur son beau visage. La réflexion. Pour une fois, une minuscule petite fois, l'autre venait de dire un truc auquel elle n'avait pas de réponse directe. Ni tranchante. Et il fallait reconnaître que si on lui avait annoncé ça dix minutes avant, elle aurait éclaté de rire en disant un truc comme "Ah ! La bonne blague, j'me gondole !". M'enfin, elle aurait pas eu le temps, vu que Mila enchaînait déjà sur une nouvelle réplique... cinglante ?

"- T’es la plus différente surtout parce que tu montres une facette de toi qu’on a pas l’habitude de montrer. La plupart des gens montrent leur face gentille et attentionnée, et toi au contraire tu montres la partie méchante et sadique que chacun a en nous. Un peu comme si toutes les faces obscures de tout le monde se regroupaient en toi. Mais j’suis sûre que t’as un bon fond. Sauf qu’tu veux pas nous l’montrer. Et oui, tu me fascines parce que justement ça m'intrigue."

La bleue ne savait simplement plus sur quel pied danser. Non. Arrêtez tout de suite la machinerie de votre subconscient. Si elle savait plus où se mettre, c'est parce que la jaune (beh, mais quelle couleur, franchement !), n'arrêtait pas de lui fournir des réponses totalement incomplètes. Elle allait dans une direction, pour bifurquer, trois mètres plus loin. Vraiment, vraiment, vraiment désagréable. Parce qu'elle accompagne ça de cette espèce de sollicitude qui emplit les gens qui croient qu'ils sont normaux et qu'ils ont à faire à des idiots. Des naïfs qui se prennent pour le monde mais sont bien loin de l'être. Très loin, même. En tout cas, il était hors de question pour Katherine de se laisser mettre dans une case comme ça. Elle allait lui faire ravaler ses certitudes, à celle-là. Envolés, les à priori débiles. Pouf. Effacés.

"- Oui, j'dis c'que j'pense. Et parc'que je l'pense. Et parc'que c'est c'que j'suis. Donc, faut pas m'titiller là-d'sus. J'ai pas b'soin d'ton aide pour faire ma psychanalyse. J'ai pas b'soins d'psychanalyse. Nan. J'en ai pas b'soin. Et quand bien même ça s'rait l'cas, j'pense pas qu'j'vais m'amuser à aller t'parler à toi. Donc, you failed."

Pour rajouter de l'intensité à ses dires, la Première Année planta pour la première fois son regard dans celui de la Poufsouffle. Elle l'avait déjà regardé droit devant, mais jamais avec autant de conviction. Jamais avec autant de sérieux, non plus. Cela n'était plus amusant, à force. Il fallait tout envoyer bouler. La faire perdre ses moyens totalement. Ouais, c'était ça, que Kate voulait. Que cette fille-là prenne ses jambes à son cou et s'enfuie, emportant avec elle ses misérables certitudes. Et ce regard, fallait pas être doté du QI de Dumbledore pour saisir à quel point la fille à qui Mila parlait était pas là pour jouer. Plus, en tous cas.

"- J'suis pas comme tout l'monde. Mon credo, c'pas les papillons roses et la vie est belle. J'sais pas si j'ai un bon fond. J'pense qu'c'est l'cas, ouais. Mais quand bien même. Voir l'bonheur autour d'moi, c'juste pas mon truc. T'sais, c'pas compliqué. J'prends simplement pas mon pied m'faisant des.. des futures déceptions qu'les gens comme toi appellent amis."

Katherine avait lâché cette dernière phrase sans cacher son mépris. Mépris pour les faibles. Mépris pour ces mièvreries. Ces histoires d'amitié, ça lui donnait simplement envie de vomir. Et ce qu'elle voyait dans les yeux de Mila, c'est une fille normale. Pas banale, mais normale. Sans soucis apparents. Pas le genre de trucs qui vous hantent un passé au point de vous empêcher de dormir la nuit. Les blessures quotidiennes. Qui brisent quiconque ne l'est pas déjà. De toute façon, on est tous destinés à être brisés. Le truc c'est que des gens se dressent contre ça.

"- Pourquoi t'm'as pas fait croire qu'y'avait un truc dans ton sac ? T'aurais pu t'moquer d'moi. Et t'venger de t'faire rabaisser tout l'temps sans éveiller l'moindre état d'âme. Ça t'révolte pas, mon comport'ment ?"

Puis, se passant la langue sur ses lèvres gelées, Katherine décida d'achever tout ce beau discours sur la réponse qui méritait le plus d'être considérée. Enfin, du moins, selon elle.

"- T'pens'rais donc qu'la bêtise s'rait tout simplement l'ignorance d'sa propre identité ? Mmmh. J'ai rien contre l'idée, mais faudrait qu'tu m'aiguilles un peu plus, pour qu'j'voie si j'te suis."

C'était de loin pas une main tendue. C'était pas non plus une invitation à la causette. Juste la façon dont l'intérêt d'une gamine intelligente se réveille soudainement. Paraît que la pluie draine la réactivité et l'imprévisibilité des gens. Ce qui aurait été top, c'est qu'on aie été un soir d'orage. Comme ça, personne n'aurait pu soupçonner Kate d'être la source de toute cette électricité qui flottait dans l'air.
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