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Sous le soleil, les pleurs

Un très bel après midi d'été. Avec un soleil brillant haut dans le ciel, une température des plus agréables, et un léger vent pour se rafraîchir. Cette journée avait vraiment tout pour plaire, du moins en théorie. Le portrait type d'une journée d'été parfaite ou presque, il manquait juste la plage et le tableau serait complet. D'ailleurs le lac scintillait sous l'effet du soleil, seulement avec les créatures qui peuplaient ce lac l'idée était loin d'être excellente. C'était vraiment dangereux, et c'était bien dommage parce que bien des élèves rêvaient de pouvoir aller se baigner. Les seuls élèves présents étaient ceux qui ne rentraient pas chez eux pour les vacances. La majorité jouaient, parlaient, et passaient un début de vacances formidable.

Mais ce n'était pas le cas de Rose. C'est tête baissée qu'elle était sortie de sa salle commune et s'était rendue à contre cœur dans le parc. Elle n'était pas sortie de la matinée et elle n'en pouvait plus du dortoir vide. Ils étaient pourtant nombreux à rester à Poudlard, et elle savait que les préfets leur avaient organisé des animations pour les occuper tout l'été, mais voir certains de ses amis rentrer chez eux lui avait mis un sacré coup au moral. Ils retrouvaient leur famille, leurs parents alors qu'elle ne les verrait pas une fois de plus. Ils lui manquaient malgré les hiboux qu'ils échangeaient fréquemment. Eux et leur fichu travail, ce travail qui ne leur laissait pas de vacances, qui les faisait travailler dix heures par jour. Ce travail qui faisait aujourd'hui que la Poufsouffle ne pouvait pas voir ses parents pendant les vacances d'été. C'était une des raisons pour laquelle elle était particulièrement heureuse quand elle était rentrée à Poudlard. Être entourée de ses amis toute la journée relevait du rêve pour elle. Finie la tristesse des soirées seule chez elle à faire ses devoirs en attendant ses parents, maintenant elle les faisait en salle commune entourée de ses amis prêts a l'aider en cas de besoin. Elle avait passé des moments formidables avec eux. Ces soirées passées à papoter dans le dortoir en cherchant le sommeil, l'ambiance de la salle commune, même les cours lui plaisaient quand elle était avec ses amis. Se remémorer tous ces bons souvenirs ne redonnait pas le sourire à Rose, bien au contraire. Ça la déprimait encore plus.

Elle était horriblement triste, et c'était rare, elle était si joyeuse en général. Il lui arrivait bien quelques fois d'être triste, mais jamais autant que là. Par exemple lors de la dernière défaite de Quidditch qu'elle avait subie. Elle s'était tellement entraînée, avait tellement travaillé avec son équipe que la défaite lui avait mal, très mal. Pourtant le match avait plutôt bien démarré, mais comme on le sait bien rien n'est joué avant la dernière seconde. Des passes, des cognards, des buts aussi. Un match très disputé, de nombreuses actions pour que tout se joue finalement entre les deux finisseurs. C'était les règles du Quidditch, mais c'était toujours frustrant. Cette journée-là était encore bien ancrée dans sa mémoire. Les gradins pleins d'élèves qui les regardaient, l'équipe adverse, son équipe et elle. Les coups de cognards en tous sens et la douleur qu'elle ressentait quand un de ses joueurs s'en prenait un. Les courses au vif d'argent, et finalement la course au vif d'or. Elle se souvenait de tout, jusqu'à la météo qu'il y avait ce jour-là. C'est dire. Ce qui l'avait surtout marqué c'était la déception qui l'avait suivi. Sa maison toute entière avait été déçue, extrêmement déçue. Les joueurs de son équipe l'étaient encore plus. Ce qu'elle avait ressenti était un horrible mélange de sentiments. Un curieux mix de déception, de regrets, d'énervement et de tout le reste. Le pire était surtout le sentiment que c'était de sa faute, c'était elle la capitaine alors si la faute devait retomber sur quelqu'un c'était logique que ce soit sur elle. Elle s'était carrément détestée elle même pendant quelques instants. Alors après le match elle avait fui dans son dortoir pour se mettre à pleurer, pleurer et encore pleurer, jusqu'à ce que ses coéquipières rejoignent à leur tour le dortoir. Elles étaient venues la voir dès qu'elles l'avaient aperçue et avaient réussi à la consoler et à lui remonter le moral. Quelle horrible journée elle avait passée ce jour-là, d'ailleurs depuis elle avait repris les entraînements de plus belle pour que plus jamais un tel événement ne se produise. Rien que de penser à ses amies avait épuisé Rose. C'était trop de tristesse pour une petite fille de douze ans comme elle. Elle n'en pouvait plus alors elle se laissa tomber à terre. Les larmes commençaient à couler sur ses joues lorsque quelqu'un la rejoignit sans qu'elle ne puisse le voir arriver.

Élève du mois de juillet 2013
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Capitaine des Frelons de Poufsouffle
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Ancien sorcier  

Sous le soleil, les pleurs

Aujourd'hui encore, le soleil tapait fortement sur Poudlard. Un vent frais bruissait dans les feuilles des arbres, mais ce n’était pas assez pour Aileen qui avait littéralement l’impression de suffoqué.

*Et dire que certaines personnes trouvent ce genre de température agréable !*


Comme tous les après-midis, après le déjeuner, la jeune collégienne partait à la recherche d’un coin dans le parc, à l’ombre et au frais,où elle pourrait s’installer pour lire ou travailler à l’extérieur, tout en étant protéger des rayons du soleil. Avant, elle avait pour habitude d’opter pour les arbres au tronc confortable, mais l’expérience de la semaine dernière, avec la gryffondor au hérisson, lui avait quelque peu fait changer ses habitudes.

Pareil à tous les autres jours ensoleillés, le Parc de Poudlard était plein d’élèves discutant ou s’amusant, tout en profitant des rayons du soleil. Aileen qui n’en reconnaissait aucun savait, qu’une fois encore, elle devrait se résigner à passer l’après-midi seule, avec pour compagnie ses livres et devoirs.

Elle avait intégré la célèbre école de sorcellerie depuis un moment déjà et même si elle avait déjà sympathisé avec quelques personnes, appartenant ou pas à sa maison, elle n’avait pas encore rencontrée de personnes avec qui elle s'entendait suffisamment bien pour avoir envie de passer tout son temps avec eux, sans se lasser. A vrai dire, en dehors des cours, des repas et des moments passés dans son dortoir, elle était toujours seule (ce qui ne l’aidait pas beaucoup, avec son problème d’orientation).


Elle repéra un coin à l’ombre. L’espace, séparé par quelques arbustes semblait au frais et un arbre s’y trouvait. Le tronc n’en était pas bien épais, cependant il était couvert de mousse, avait l’air confortable et personne ne se trouvait déjà dessous. Elle n’avait vraiment pas envie de revivre une situation aussi gênante que la rencontre avec la sorcière au hérisson.
Elle se dirigeait donc vers l’arbre, quand un mouvement brusque sur sa droite attira son attention. Une élève venait de tomber. Ou plutôt de se laisser tomber, en plein sur le sol herbeux.

Aussitôt Aileen reconnut son capitaine. Elle avait passé tellement de temps à admirer la jeune fille, qu’elle pouvait la reconnaitre alors même qu'elle ne la voyait que de dos. Les courts cheveux blonds qui s’arrêtaient sur de frêles épaules n’étaient qu’un bonus, pour confirmer qu’il s’agissait bien de Rose, car elle avait reconnu sa silhouette.
Assise en plein milieu de l’herbe, la blondinette était immobile et étrangement calme.


*Peut-être est-elle juste fatigué !*
pensa Aileen.

Mais au fond, elle savait bien que la situation était plus complexe. Chassant le sentiment de malaise qui pointait, la jeune fille se concentra sur le dileme auquel elle devait maintenant faire face.
Quelle direction prendre : son coin isolé, à l'ombre ou en plein milieu de l'herbe, totalement exposée au soleil, près de l'autre poufsouffle?

Ayant intégré l’équipe des Frelons, en qualité de remplaçante, depuis peu elle n’en connaissait pas bien le capitaine. Enfin, elle ne la connaissait pas personnellement quoi !
Bon, d’accord elles ne s’étaient jamais adressé la parole, Rose communiquant avec elle uniquement par hibou : un pour la féliciter lorsqu’elle avait intégré l’équipe et un autre pour la convier (sans vraiment lui laisser le choix) à regarder l’entrainement des Frelons.
Il est vrai que la popularité de la blondinette expliquait aussi pourquoi Aileen n’avait jamais osée lui adresser la parole. Elle était toujours entourée par des amies, que se soit dans la salle commune des pouffys ou même lors des repas.

Cela dit elle avait vraiment envie de lui parler et elle voyait cette « rencontre » comme une opportunité. La jeune capitaine était enfin seule donc elle comptait bien en profiter pour lui parler un peu !

Elle avait plein de questions concernant le Quidditch : besoin de précisions quand à son rôle de remplaçante, l’organisation des entraînements (devrait-elle participer à tous les entrainements, comme les joueurs titulaires ?), des conseils et des tactiques de jeu… Et puis elle pouvait en profiter pour lui poser des questions sur la deuxième année à Poudlard ! Était-ce plus difficile ? Plus intéressant ?


Finalement la décision n'était pas si difficile à prendre. Le sourire aux lèvres, elle changea de direction, son pas devenant même un peu dansant. Elle ne serait peut-être pas à l’ombre et risquait un coup de soleil, mais bon, vu comment Rose était pâle, elle ne serait probablement pas la seule !

La conversation qu'elle allait avoir avec la blondinette la mettait tellement de bonne humeur que ce n’est qu’une fois assise par terre, à coté de l’autre joueuse de Quidditch qu’elle s’aperçut que quelque chose n’allait pas.

Les yeux de Rose, qui oscillaient entre le bleu et le vert, brillaient, mais pas d’une joyeuse lueur. Ses joues étaient baignées de larmes.
Son capitaine pleurait et pendant un bref instant Aileen s’arrêta de respirer net, choquée. L’autre jeune fille pleurait silencieusement. Son corps n’était pas parcouru par des soubresauts et elle ne sanglotait pas bruyamment, mais cela n’empêche qu'elle pleurait. Elle était immobile et les larmes courraient librement sur ses joues, comme si ses yeux, trop pleins, n’avaient plus la force de les retenir.

Aileen ne savait pas quoi faire. Elle avait beau savoir que Rose n’était qu’une enfant comme elle, à peine plus vieille, elle ne pouvait s’empêcher d’être surprise par la vision qu’elle avait sous les yeux. Elle avait toujours vu Rose souriante, discutant avec ses amis ou moins souriante, criant des ordres à ses coéquipiers. Elle l'avait toujours vu pleine d'assurance. Mais voilà que maintenant son fière capitaine se tenait devant elle, recroquevillé, pleurante. Dans une position de faiblesse.

La blondinette , dont les joues étaient habituellement toujours légèrement roses, paraissait plus pâle et plus maigre que d’ordinaire, vulnérable.


« Quand il me fait pleurer, mon frère essaye toujours de se racheter avec des chocogrenouilles ! C’est efficace tu sais, y a vraiment rien de mieux que le chocolat pour remonter le moral. »

Le ton était hésitant, mais c'est avec un geste ferme et un sourire bienveillant qu'elle lui tendit une des dites friandises, espérant que cela aurait l’effet escompté.

Sous le soleil, les pleurs

Ça y est les larmes coulaient sur les joues de Rose. Ces petites perles d'eau salée ruisselaient sur ses joues habituellement roses. Elles avaient perdu toute leurs couleurs, et ce n'était pas les seules. La jeune fille toute entière était bien plus pâle qu'en général, plus proche du blanc que de son beige habituel. En plus, les larmes atteignaient parfois ses lèvres et leur goût salé était tout sauf agréable. Et c'était froid, certes avec le soleil cela lui permettait de se rafraîchir, d'autant plus qu'elle était assise en plein soleil. Mais la Poufsouffle aimait la chaleur, et ce froid augmentait encore la sensation désagréable qu'elle ressentait. Celle-ci en devenait omniprésente. Le manque provoqué par l'absence de ses parents, celui de l'absence de ses amies et tous ses bons souvenirs passés pesaient lourd sur son petit cœur d'enfant. Elle n'avait que douze ans, pas encore une adolescente et plus tout à fait une enfant. Seulement dans les moments comme celui-là c'était son côté enfantin qui ressortait. Son côté vulnérable, faible, incapable de résister. Et voilà qu'elle se montrait comme ça en plein milieu du parc de Poudlard. Elle qui le reste du temps était toujours entourée de ses amies, à rigoler elle se trouvait larmoyante seule. Elle pouvait sûrement paraître un peu impressionnante, mais c'était simplement pour cacher sa faiblesse. Ses amis lui permettaient, en plus d'être des camarades formidables pour partager toutes ses journées, de combler le manque de ses parents. La capitaine des Poufsiuffle était incroyablement sensible, mais elle préférait cacher ses faiblesses. C'était simple et efficace, si tes ennemis ne connaissent pas tes faiblesses ils ne peuvent pas te toucher. Ou pas suffisamment sérieusement pour que cela soit réellement problématique.

Voilà qu'une jeune fille était arrivée devant Rose. Elle se força à lever la tête pour regarder qui c'était, bien qu'elle le fasse difficilement et à contrecœur. Elle préférait rester seule dans sa tristesse, et surtout elle espérait que personne ne l'ait vu. À travers ses yeux embués de larmes, elle vit une jeune fille. Elle la connaissait puisqu'elle était nouvellement remplaçante dans l'équipe de Quidditch. La première année de Poufsouffle se nommait Aileen, si elle avait bonne mémoire. Après tout c'était pas si mal que ça... Si quelqu'un devait la voir autant que ce soit une Poufsouffle, et une qu'elle connaissait de loin. En plus elle avait l'air gentille alors les risques qu'elle profite de ce moment de faiblisse étaient minimes. Cela s'est d'ailleurs confirmé lorsqu'elle lui adressa gentiment la parole :


« Quand il me fait pleurer, mon frère essaye toujours de se racheter avec des chocogrenouilles ! C’est efficace tu sais, y a vraiment rien de mieux que le chocolat pour remonter le moral. »

Sa voix tremblait légèrement mais elle lui souriait. Et sur ses bonnes paroles elle lui tendit une sucrerie. Dans une situation normale Rose aurait refusé poliment, mais là elle accepta de bon cœur le chocolat sans faire de manières. Elle était gourmande, une incorrigible gourmande. Et alors le chocolat... Elle pouvait en manger des tonnes et des tonnes, quitte à risquer la crise de foie. Elle savait se montrer digne de Poufsouffle, du moins pour cette qualité. Pour le reste aussi, enfin elle l'espérait et faisait son maximum pour. Elle voulut la remercier d'un sourire, mais en essayant elle se rendit vite compte que cette tentative n'était peut être pas une si bonne idée vu le rendu visuel avec ses yeux rouges gonflés. Bah oui quand on pleure on a pas seulement de l'eau qui coule sur les joues, on a aussi les yeux rouges gonflés avec souvent une mine pitoyable. Toujours est-il que Rose commença à ouvrir la sucrerie, mais très vite elle eut envie d'autre chose. Pas une autre sucrerie, juste un mouchoir. Évidement elle n'en avait pas alors elle demanda poliment, tout en la remerciant :

"Merci pour le chocolat. Et dis est ce que t'aurais un mouchoir ?"

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Sous le soleil, les pleurs

"Merci pour le chocolat. Et dit, est ce que t'aurais un mouchoir ?"

Rose avait effectivement besoin d'un mouchoir : son nez était rouge, ses grands yeux bleu-vert étaient tout aussi rouge et gonflés, pleins des larmes qui n'avaient pas encore coulées sur ses joue
s.

« Je dois en avoir dans mon sac ! » s'exclama Aileen en plongeant aussitôt la main dans son sac. Maintenant que la "conversation" était engagée, elle était plus sûre d'elle et sa voix ne tremblait plus.

Alors qu'elle cherchait, elle ne put empêcher son esprit de vagabonder.

La capitaine des Frelons avait accepté son chocolat, ce qui était bon signe. Même si son visage était encore dans un état assez piteux, on était sur la bonne voie. Bientôt elle retrouverait le sourire ce qui, mine de rien était rassurant. après tout, même si elle pouvait être très effrayante, Aileen préférait voir sa capitaine criant sur ses joueurs plutôt que pleurant seule dans le Parc.

Cela dit, la scène avait vraiment attisée la curiosité de la cadette des Boyd et même si elle avait conscience de faire preuve d’une curiosité mal placé, elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui avait causé la petite crise de larmes de l’autre collégienne.

Venait-elle de recevoir la nouvelle de la mort de quelqu’un dont elle était proche ? Allait-elle se faire remplacer au poste de capitaine à cause de la dernière défaite des jaune et noire au Quidditch ? Allait-elle redoublé son année (d’ailleurs pouvait-on redoubler à Poudlard ? Après tout ce n’était pas un collège comme les autres !).

Des tas de choses auraient pu provoquer la petite scène à laquelle elle venait d’assister et elle mourait d’envie de savoir ce que c’était. Malheureusement (ou plutôt heureusement, cela dépendait du point de vue) elle était trop bien élevée pour poser une question si privée à une personne qu'elle connaissait à peine. C'est pourtant pas l'envie de savoir qui lui manquait !


*P'tet, mais ça ne me regarde pas ! Si elle a envie de se confier, elle le fera! * se sermona intérieurement la brunette.

N'arrivant pas à mettre la la main sur son paquet de mouchoir et, oubliant quelque peu qu’elle se trouvait en plein milieu du parc, elle se mit à vider son sac dans l’herbe.

*Des livres, des plumes, des chocogrenouilles, encore des chocogrenouilles, de la patacitrouille, des biscuits, du parchemin, des pinces pour les cheveux, un élastique, ….*

Beaucoup d’autres objets sortirent de son sac : une peluche, une écharpe aux couleurs de sa maison, une paire de gant et une de chaussettes, des petits bouts de papiers pleins de mot dont un post-it « tuer Arthur » qu’elle ne se souvenait même pas avoir écrit, des stylos, un baume à lèvre, un magazine, d’autres friandises, …mais pas signe d’un paquet de mouchoirs.

Ce fut donc un peu dépitée et rougissante qu’elle se tourna vers son capitaine.

« Désolé, finalement j’en ai pas ... »

Elle aurait pu s’arrêter là, mais craignant qu’un long silence gêné s’installe elle demanda.

« Tu te sens mieux ? Tu veux une autre friandise?»

Sous le soleil, les pleurs

Besoin urgent d’un mouchoir. Le nez de Rose était rouge et elle avait une furieuse envie de se moucher. Après avoir pleuré pendant plusieurs minutes, elle avait besoin de nettoyer son nez. Charmant n’est ce pas ? Toujours est-il qu’après avoir posé la question à sa camarade Poufsouffle elle espérait très fortement que la réponse soit positive. Comme toujours me dirait vous, mais là c’était vraiment important. Déjà que son image de capitaine intransigeante était détruite il fallait absolument qu’elle se mouche avant de paraître avec une tête peu recommandée. Elle fut donc absolument ravie lorsque la réponse d’Aileen arriva :

« Je dois en avoir dans mon sac ! »

Soulagement, elle allait enfin pouvoir se moucher. Pendant que l’autre jeune fille se mettait à chercher dans son sac, elle en profita pour s’essuyer les yeux et les joues. Une fois que tous deux furent secs, elle se força à sourire. Maintenant qu’elle avait arrêté, elle devait retrouver le plus vite possible le visage souriant qu’on lui connaissait. Le temps qu’elle dut attendre pendant qu’elle fouillait son sac fut sacrément long, du moins elle le trouva. Pendant ce temps elle en vint à se demander ce qu’Aileen pensait d’elle. Elle la connaissait en tant que capitaine, ou en tant que petite fille joyeuse entourée de ses amis. Mais maintenant qu’elle l’avait vu pleurer comme ça qu’en était-il. Peut être trouvait-elle cela un juste retour des choses après l’avoir vu crier sur ses coéquipières de Quidditch, peut être avait-elle pitié d’elle, peut être trouvait-elle cette situation amusante, mais ce qu’elle espérait c’est qu’elle soit venue l’aider sans arrière pensée et simplement parce que personne ne mérite de pleurer sans être consolé. Et en plus, du moins si elle était un minimum curieuse, elle devait se demander la raison des pleurs. Rose la lui dirait si elle posait la question mais ne le ferait pas toute seule. Elle n’en avait pas envie et ne trouverait aucun moyen de le dire correctement. C'est-à-dire sans être ridicule, sans avoir une voix tremblotante, sans se mettre à sangloter au milieu de la phrase. Elle s’en savait incapable alors elle allait éviter. Après ces minutes horriblement longues, le sac d’Aileen fut finalement vide. Entres autres choses, des sucreries, une peluche, des affaires scolaires mais pas de mouchoirs. Et ça c’était définitivement nul, parce qu’elle avait besoin de se moucher. Et là la confirmation :


« Désolée, finalement j’en ai pas ... »

Aileen paraissait définitivement désolée, et elle avait rougi aussi. En soi ce n’était pas bien grave de ne pas avoir de mouchoirs, sauf que là c’était embêtant. Maintenant elle devait trouver un autre moyen de se moucher, si possible pas se moucher de façon dégoutante dans sa manche ou de tels moyens. Recherche d’une solution. Elle en était encore au stade de début de recherche lorsqu’Aileen reprit la parole. Effectivement elle venait d’éviter qu’un gros blanc ne prenne place.

« Tu te sens mieux ? Tu veux une autre friandise? »

Allait-elle mieux ? Bonne question. A vrai dire elle ne le savait pas elle-même. Ses larmes avaient arrêté de pleurer mais elle était encore fragile et un mot pourrait la faire rechuter. Et en même temps elle avait besoin d’en parler, elle aurait aimé le faire à une de ses amies mais elles n’étaient pas là. Elle avait envie de le faire à quelqu’un d’agréable et de gentil et Aileen semblait être de ces gens là. Chaque chose en son temps, d’abord elle devait lui répondre et ensuite elle lui parlerait si elle le sentait. Et c’est ce qu’elle fit :

« Euh ça va un peu mieux ouai merci. Et non ça ira t’inquiète pas. »

Avec un petit sourire pour faire passer le tout et c’était parfait. Puis Rose se força à se calmer, plusieurs respirations profondes. Respirer avec le ventre, comme lui avait parfois dis son médecin. Enchainer des inspirations et des expirations longues. Et enfin lorsqu’elle se sentit prête elle commença une sorte de long monologue pendant lequel elle finit par fondre en larme. Un ensemble de phrases désordonnées avec des répétitions et tout le reste. Trop de sentiments pour qu’elle ne puisse le supporter alors elle se laissa faire. Et tant pis pour son image et ce qu’on penserait d’elle, tant pis pour sa figure et l’absence de mouchoir.

« Peut être que t’en as rien à faire mais j’imagine que tu es quand même un minimum curieuse. Enfin en fait si je pleurais c’est que mes parents me manquent. C’est bête mais ça fait longtemps que je les ai pas vu et maintenant que je suis plus tout le temps entourée de mes amis bah voilà. J’ai envie de les voir et je peux pas donc ça me rend triste. »

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Sous le soleil, les pleurs

La deuxième année déclina poliment la seconde proposition de friandise, après avoir assuré à Aileen qu’elle se sentait mieux. Elle ne fit pas non plus de commentaire sur le bazar de la brunette, dont le contenu de son sac était maintenant étalé sur l’herbe sèche du parc.

*Va vraiment falloir que je mette un peu d’ordre la dedans !*

Le soleil était toujours haut dans le ciel et Aileen sentait son visage rougir sous l'effet de la chaleur. Elle imaginait la douleur que lui provoqueraient les coups de soleil qu’elle aurait très certainement sur les bras, si elles ne se déplaçaient pas rapidement et cela la fit grimacer.

*Encore heureux que je ne transpire pas, parce que ça n’aurait pas été beau à voir !*

Cela dit, ça n’aurait pas pu être pire que ce qui se passa en face d’elle.

Alors que quelques instants auparavant, la jolie blonde lui assurait qu’elle se sentait mieux, elle fondit soudainement en larmes.
Cette fois, ce ne fut pas des pleurs silencieux et discret. De gros sanglots secouaient le petit corps de la blonde et malgré ses efforts, elle n'avait plus aucun contrôle sur sa respiration. Des larmes brillaient dans ses yeux, coulaient sur ses joues et son menton. Ses sourcils étaient froncées, son visage tout plissé et rouge, son nez coulait.
Elle avait beau tenté de se calmer, essayé de prendre de grandes inspirations, c’était inutile : la barrière avait cédé et maintenant ses émotions longtemps refoulées reprenaient le contrôle.


« Peut-être que t’en as rien à faire mais j’imagine que tu es quand même un minimum curieuse. Enfin en fait si je pleurais c’est que mes parents me manquent. C’est bête mais ça fait longtemps que je les ai pas vu et maintenant que je suis plus tout le temps entourée de mes amis bah voilà. J’ai envie de les voir et je peux pas donc ça me rend triste. »

Aileen tenta de ne pas la dévisager, mais elle échoua lamentablement.

Si quelqu’un lui avait dit quelques instants auparavant qu’elle allait se retrouver dans le parc de Poudlard, avec la capitaine des Frelons pleurant et se confiant à elle, elle aurait certainement éclatée de rire avant de traiter la personne de bouse de dragon.
Mais voilà qu’elle se trouvait dans le parc et que Rose MOANE, élève de deuxième année à Poufsouffle et Capitaine de leur équipe de Quidditch se confiait à elle, Aileen BOYD, première année.

Elle ne savait pas quoi dire !

Évidemment, elle comprenait ce que ressentait Rose. A elle aussi, il lui était arrivé, les premiers jours à Poudlard, de pleurer en pensant à ses parents, ses amis moldus ou même son frère (si ça ce n’était pas la preuve, que dans ces moments, elle avait été très très très nostalgique!).
Elle s’était même effondrée en se rendant compte qu’il n’y avait que des douches dans sa salle commune et qu’elle ne pouvait donc pas prendre son bain traditionnel du dimanche !

Vraiment, elle comprenait ce que ressentait Rose, mais est-ce que cela consolerait la deuxième année de savoir qu’elle ne valait pas mieux qu’une petite de première année, à pleurer l’absence de ses parents en plein milieu du parc ? Ne se sentirait-elle pas humilier ?
Elle voulait consoler l’autre jaune, cela dit, elle ne voulait pas la vexer et causer sa colère en choisissant mal ses mots (et vu sa maladresse légendaire, ce n’était pas gagner).

En face, les yeux encore rouge de la jeune capitaine, la regardait d’un air presque mauvais, comme si elle la mettait au défi de la juger. Sa respiration était encore un peu saccadée, mais elle avait cessé de sangloter.

Prenant son courage à deux mains, Aileen se lança, priant pour que ses mots soient les bons et accomplissent leur mission (c'est-à-dire, consoler la capitaine, non pas l’énerver davantage)


« Tu sais, c’est normal que tes parents te manquent. Je suis sûre que tout le monde à un moment ou un autre à ressenti cela : l'envie de rentrer chez soi, là où l’on se sent en sécurité, auprès des gens que l’on aime. Et je comprends aussi que l’absence de tes amies renforce le fait que tes parents te manquent, parce que tu n’as vraiment plus personnes. Mais d’un autre côté pleurer ne va pas changer grand-chose !
Sûr, tu vas te sentir mieux après coup, mais ensuite ? Tu feras quoi? Pleurer tous les jours jusqu'au retour de tes amis ou jusqu'aux prochaines vacances où tu verras tes parents? Je suis pas sûre que ça soit sain ... »


Aileen s’interrompit un instant, comme pour laisser à l'autre le temps d'analyser ses paroles.

« L’autre solution sinon, celle qui me semble saine » reprit-elle souriante « c’est de voir ça comme une opportunité ! Tes amis ne sont pas là ? Hé bien alors c’est le moment de t’en faire de nouveau ! Je suis sûre qu’il y a d’autres élèves à la recherche d’un peu de compagnie ! »

Plus elle parlait, plus elle se rendait compte que ce qu’elle disait était loin d’être faux et que ça pouvait aussi s’appliquer à elle.
Ça faisait déjà un moment qu’elle était à Poudlard et à part Eden, la Poufsouffle qui lui avait donné envie d’intégrer l’équipe de Quidditch, elle n’avait jamais vraiment parlé à personnes. Elle connaissait à peine ses camarades de dortoir, prenait la plupart de ses repas seule et passait son temps libre soit toute seule, à lire dans le parc, soit à la bibliothèque à travailler.

Elle hésita un instant, puis fini par ajouter.


« Moi-même, je ne serais pas contre l’occasion de me faire une nouvelle amie ! »

Elle souriait toujours, mais son sourire était plus hésitant, moins confiant.

Sous le soleil, les pleurs

Et voilà c’était reparti pour un tour. Rose pleurait, toutes les larmes de son corps d’enfant. Elle aimait beaucoup ses parents, comme la majorité de ceux de son âge. Et ils lui manquaient terriblement, et ils le savaient. Elle le leur avait suffisamment dit au cours des longues lettres qu’elle leur adressait deux fois par semaine environ. Pourtant elle était encore là, non pas qu’ils ne veuillent pas d’elle bien au contraire, mais ce satané boulot leur prenait trop de temps. La Poufsouffle en arrivait à détester ce travail, et même leur patron sans même le connaître. Toujours est-il qu’elle venait de vider son sac, entre deux énormes sanglots, à Aileen. Et celle-ci la regarda bizarrement. C’était tout sauf agréable, et elle n’était pas habituée à cela. Mais en y réfléchissant c’était logique. D'une la situation était très surprenante, et de deux elle ne devait vraiment ressembler à rien. Entre son nez qui coulait, ses yeux rouges gonflés et les sanglots qui ne voulaient pas s’arrêter elle était bien mal. Et à ce moment-là ce qu’elle voulait c’était qu’on y prête pas attention et qu’on vienne la consoler. Elle se sentait comme une petite de cinq-six ans qui voulait un câlin, régression au stade ultime. C’était bizarre de se sentir comme ça, d’autant plus que c’était tout sauf habituel. Dans son état normal elle aurait remarqué sa camarade hésiter, là elle attendait juste qu’elle réponde. Si possible sans la prendre pour une folle, quand même elle avait un minimum d’honneur à garder. Enfin la réponse arriva :

« Tu sais, c’est normal que tes parents te manquent. Je suis sûre que tout le monde à un moment ou un autre à ressenti cela : l'envie de rentrer chez soi, là où l’on se sent en sécurité, auprès des gens que l’on aime. Et je comprends aussi que l’absence de tes amies renforce le fait que tes parents te manquent, parce que tu n’as vraiment plus personnes. Mais d’un autre côté pleurer ne va pas changer grand-chose !
Sûr, tu vas te sentir mieux après coup, mais ensuite ? Tu feras quoi? Pleurer tous les jours jusqu'au retour de tes amis ou jusqu'aux prochaines vacances où tu verras tes parents? Je suis pas sûre que ça soit sain ... »


Elle avait totalement raison, et Rose le savait. Mais pleurer c’était comme... Obligatoire. Elle n’aimait pas ça, loin de là même, mais les larmes coulaient toutes seules. Et pour les arrêter elle devait se moucher, boire, se moucher de nouveau et avaler un second verre d’eau. Peut être qu’alors elle pouvait espérer que cela s’arrête. Une sacrée pleureuse, faut bien le dire. Mais elle était comme ça et pas autrement, les autres ça leur plaisait ou pas c’était pareil. Elle avait ses amis qui l’appréciaient comme ça, et puis zut. Elle essaya quand même de se calmer, réussissant à grand mal à reprendre son calme. Pour le moment elle aurait été incapable de prononcer le moindre mot sans sangloter, mais elle était en bonne voie.

« L’autre solution sinon, celle qui me semble saine, c’est de voir ça comme une opportunité ! Tes amis ne sont pas là ? Hé bien alors c’est le moment de t’en faire de nouveau ! Je suis sûre qu’il y a d’autres élèves à la recherche d’un peu de compagnie ! »

Encore une fois elle avait raison, et bizarrement Rose pensa juste à Aileen. Elle se tenait juste face à elle et était venue la consoler. A vrai dire elle ne la connaissait pas, ou très peu. Juste par hibou, et pour vérifier qu’elle maniait bien son balai lorsqu’elle était devenue remplaçante de l’équipe de Quidditch. Elle ne partageait même pas son dortoir, rien. Et les moments qu’elles avaient en commun, la capitaine les passait toujours avec ses amis. Pourtant elle était réellement sympa, comme quoi elle passait surement à côté de plein de personnes gentilles sans les voir. Elle tacherait d’y faire plus attention. Il était trop tôt pour répondre, elle était encore trop instable, mais cela ne saurait tarder.

« Moi-même, je ne serais pas contre l’occasion de me faire une nouvelle amie ! »

Rose avait donc raison, Aileen se comptait bien dedans. Seulement cette fois la voix semblait plus hésitante, comme si elle avait peur de l’énerver. En fait elle avait plutôt envie de lui sauter dans les bras, mais effrayer quelqu’un n’est pas une très bonne idée pour une rencontre. Alors maintenant qu’elle était de nouveau capable de parler elle allait en profiter. Elle réfléchit trente secondes à ce qui lui semblait important de dire. S’excuser, quand même. Lui proposer de changer d’endroit parce qu’il faisait quand même très chaud. Elle ne savait pas trop si elle devait se présenter, mais dans le doute...

« Désolée pour la scène hein... C’est juste que... Voilà quoi... » Encore une phrase comme ça et tu te tais, se dit-elle. « Peut être que tu veux aller à l’ombre ? Et sinon moi c’est Rose Moane, ‘fin tu le sais déjà... Sinon ça te dirait qu’on fasse connaissance, je veux dire vraiment ? »

C’était toujours pas ça mais au moins cette fois-ci sa phrase ressemblait à quelque chose. Maintenant elle attendait juste une réponse.

Élève du mois de juillet 2013
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Ancien sorcier  

Sous le soleil, les pleurs

« Désolée pour la scène hein... C’est juste que... Voilà quoi... ».

Il y eut un silence gêné et la blondinette reprit.

« Peut-être que tu veux aller à l’ombre ? Et sinon moi c’est Rose Moane, ‘fin tu le sais déjà... Sinon ça te dirait qu’on fasse connaissance, je veux dire vraiment ? »

Si Aileen avait des doutes sur l’existence d’un dieu, ils s’amenuisaient chaque jour un peu plus. Elle ignorait toujours qui de Jésus, Bouddha ou Merlin elle devait remercier, mais les trois eurent droit à un petit quelque chose. A croire que l'une des fameuses divinités avait lu dans son esprit puis soufflé l'idée à Rose, la jeune capitaine fit à la grande brune la plus belle proposition qu'on pouvait lui faire à l'instant : aller à l'ombre !

La politesse aurait certainement exigée qu’elle rassure la blondinette sur le fait que sa scène n’était pas grave, qu’elle la remercie de sa proposition ou qu’au moins elle lui renvoie l’ascenseur, en se présentant à son tour. Mais la chaleur avait eu raison de sa politesse et Aileen se contenta de précipitamment ranger (ou plutôt jeter) ses affaires dans son sac, avant de se lever, sans même vérifier que son interlocutrice la suivait et de se diriger vers un coin à l’ombre.

Enfin, pas n’importe quel coin d’ombre, le coin d’ombre. Celui qu’elle avait repéré quelques … minutes ? Heures ? Elle ne savait pas trop combien de temps elle était resté sous le soleil, mais il semblait que cela n’avait pas brulé que sa peau, son horloge interne y était passé aussi. Bref, le coin d’ombre qu’elle avait repéré avant d’apercevoir Rose pleurant seule dans l’herbe du parc était toujours libre, l’espace toujours séparé par quelques arbustes paraissait toujours aussi frais et l’arbre qui s’y trouvait, couvert de mousse, toujours aussi confortable.


*On devra se serrer un peu, mais on pourra quand même être confortablement installé à deux en dessous*

Cette pensée ramena l’esprit d’Aileen vers la capitaine de Quidditch. Jetant un coup d’œil qu’elle voulait discret, par-dessus son épaule, elle constata que l’autre la suivait. C’était bon signe.
Il était vrai que sa réaction n’avait pas été des plus polies, elle en avait conscience, et l'autre jaune aurait très bien pu décider de ne pas la suivre, cela dit la réponse que lui avait fait Rose lui donnait matière à réfléchir. Elle l'entendait encore.


* « Sinon ça te dirait qu’on fasse connaissance, je veux dire vraiment ? » *

Qu’était-elle censé répondre à cela ? Devait-elle lui raconter toute sa vie maintenant pour que l’autre la connaisse vraiment?

Il était vrai que les circonstances de leur conversation étaient étranges et Aileen ne savait pas du tout quoi dire, malgré le fait qu’elle avait offert de devenir amie avec la deuxième année. D’ailleurs, elle avait un peu l’impression de lui avoir forcé la main, mais bon elle était tellement heureuse d'avoir quelqu'un avec qui discuter qu'elle préféra ignorer ce sentiment. Après tout, la deuxième année l'estimait suffisamment intéressante pour vouloir passer un moment avec elle (et probablement aussi parce qu'elle n'avait personne d'autre, mais bon, elle n'avait personne non plus alors elle n'allait pas chipoter!)
Elles pourraient discuter de ... ou de ... de ...


*J'avais pourtant des tas de trucs à lui dire tout à l'heure!*

Mais vu le blanc qui régnait actuellement dans son esprit, elle commençait à penser que les après-midi seule étaient peut-être préférables : la brunette ne savait pas quoi dire. A vrai dire, Aileen ne savait jamais trop quoi dire, elle n’était pas douée pour engager la conversation. On lui avait souvent fait remarquer que le fil de ses pensées étaient étranges, difficiles à suivre et que la logique de ses conversations laissait à désirer, ce qui faisait qu’ elle n’était jamais sûre de ce qui était normale ou pas de dire. Et bien qu’elle adorait parler, elle évitait de trop le faire car elle gaffait très souvent, trop souvent même (et pourtant elle s’appliquait, quand elle y pensait, à suivre les conseils moldus de sa mère et à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler!)

Elle repensa à la dernière « conversation » qu’elle avait eu avec un élève et ne put s’empêcher de grimacer. Assister à ce désastre avec la gryffondor au hérisson aurait suffi à n’importe qui pour voir que son cerveau passait trop vite d’une pensée à une autre pour que ses interlocuteurs puissent la suivre et la comprendre.
Cela dit avec Rose une nouvelle opportunité se présentait à elle et elle allait la saisir. Il fallait juste qu’elle trouve un sujet de conversation normal. Oui, voilà un sujet de conversation normal ferait l’affaire.


*Bon, ça doit pas être bien compliqué à faire. Heu …*

Clairement, elle ne pouvait pas lancer la conversation sur leurs familles respectives. Elle avait eu suffisamment de mal à calmer Rose comme ça, hors de question qu’elle lui parle de ses parents et que l’autre se remettent à pleurer. Pareil pour les amis. Puis, bon ce n’était pas comme si elle avait beaucoup d’amis dont elle pouvait parler (enfin, elle pouvait en parler au pluriel, c’était déjà ça !)
Les livres ? Non, elle n’avait pas besoin que la capitaine de Quidditch pense qu’elle était un rat de bibliothèque (ce qu’évidemment, elle était ! Mais pas au même niveau que la célèbre héroïne de guerre,Hermione Granger hein ! N’exagérons rien).
Donc, un gros non pour les livres. L’organisation des sociétés centaures ? C’était un sujet de conversation passionnant et son père lui avait appris des tas de choses dessus ! Et en plus des centaures vivaient dans la forêt Interdite, ça allait forcément intéresser la deuxième année.

N’oubliant pas le conseil de sa mère, Aileen se mit à faire tourner sa langue dans sa bouche. Une première fois. Deuxième.

Peut-être que les centaures n’étaient pas un sujet suffisamment neutre.

Troisième. Quatrième.

Après tout il existait encore des familles qui pensaient que les sorciers étaient supérieurs à toutes les autres créatures magiques et même si Rose était à Poufsouffle, la maison des gens justes, cela n’était une garantie de rien du tout ! Peut-être pensait elle aussi que la supériorité des sorciers rendait toutes les autres civilisations magiques inintéressantes.


*Et puis, après tous, les gens fous et mégalopoles pensent toujours que ce qu’ils ont à offrir au monde est juste, donc bon être juste ça veut pas dire grand-chose …*

Cinquième. Sixième.

Elle posa son sac à terre et s’installa confortablement, appuyant son dos sur le tronc d’arbre sans prendre toute la place, afin d'en laisser à la capitaine de Quidditch et ...


«  D’où te vient ton amour du Quidditch ? Devenir capitaine de l’équipe, alors que tu n’es qu’en deuxième année, c’est incroyable ! Moi ça vient de mon frère et toi ? » S’exclama Aileen, en regrettant aussitôt la fin de sa question.

L'idée du Quidditch comme sujet de conversation lui avait traversé l'esprit comme un éclair et elle s'était empresser d'en parler de peur d'oublier. C'était une bonne idée vu qu'elles étaient toutes les deux passionnées par ce sport. Cependant, préciser qu’elle avait appris avec son frère était une erreur car cela relevait du sujet tabou : la famille.

Priant pour que Rose n’ait pas appris le Quidditch avec son père ou sa mère, Aileen attendit la réponse de la petite blonde installée près d’elle.

*Zut ! Dire que j’avais bien commencé ! *

A l'avenir, elle ferait vraiment attention à faire les sept tours de langue avant de parler !

Sous le soleil, les pleurs

Après avoir proposé de partir de cet endroit bien trop ensoleillé, Rose vit Aileen jeter ses affaires dans son sac pour se précipiter dans une zone d’ombre. Bon d’accord peut être pas se précipiter, mais se diriger rapidement. Ce n’était pas très rassurant, comme si elle voulait fuir la Poufsouffle en raison de la scène qu’elle avait faite, et en soi fuir une fille qui vient de faire toute une scène pour pas grand-chose n’était pas surprenant. Surtout qu’elle n’avait rien dis à ce propos. Mais ça ne ressemblait pas à la Aileen agréable et volontaire qu’elle connaissait, ou plus exactement qu’elle commençait tout juste à connaitre. Et puis tout simplement, elle ne voulait pas y croire. Ce n’était pas possible. Pour elle, la Poufsouffle resterait la fille sympa qui l’avait réconforté. Elle préféra donc se concentrer sur le fait que sa proposition ait plu. Elle se leva donc pour suivre sa camarade vers un coin à l’ombre. Très beau coin au passage, confortable avec de la mousse, bien ombragé et tout comme il faut. Par contre elles auraient besoin de se serrer un peu, mais ce n’était pas bien grave. Elle vit alors Aileen jeter un regard vers elle, comme pour s’assurer qu’elle la suivait, puis retourner la tête en semblant rassurée. Elles arrivèrent ainsi au coin d’ombre, se serrèrent et purent s’asseoir. Ça faisait du bien de retrouver l’ombre décidément, mais si elle voulait bronzer ce n’était pas comme ça qu’elle y arriverait. Elle n’était pas du genre à rester des heures allongée par terre à ne rien faire, mais si elle pouvait prendre quelques couleurs pendant l’été elle ne disait pas non. Rester toute blanche comme elle l’était actuellement était loin d’être ce que voulait. Mais elle profiterait du soleil un autre jour, elle avait encore le temps avant la fin des vacances.

Aucune des deux filles ne parlait, à vrai dire Rose n’avait pas grand-chose à raconter. Elle venait de fondre en larmes, de tout raconter, de se calmer, de proposer quelque chose sans pleurer, et de changer d’endroit. Et pleurer dieu sait à quel point c’est épuisant. Alors essayez d’imaginer à quel point la jeune fille était épuisée. Vous l’aurez comprise la Poufsouffle n’était pas en mesure de faire quoi que ce soit. Alors se fatiguer à chercher un sujet de conversation était loin d’être sa priorité. Et ce malgré le blanc qui s’éternisait. D’ailleurs elle s’était mise à chercher un trèfle à quatre feuille à côté de là où elle était assise. Niveau politesse c’est sûr que ce n’était pas une très bonne idée, mais elle croyait à la chance alors elle ne résistait pas à la provoquer quand elle le pouvait. Trois feuilles, trois, encore trois, et toujours trois. Ou même cinq feuilles, quelques fois. Mais que ce soit devant et sur les côtés il n’y avait aucun trèfle à quatre feuilles à proximité. Dommage. Rose reporta donc son attention sur le sujet principal, tout de même. Aileen sembla en grande réflexion pour trouver de quoi parler, puis elle sembla contente d’elle. Puis elle hésita, en tournant sa langue dans sa bouche. Normalement ce n’était pas censé se voir, mais là Aileen ne semblait pas se soucier de sa discrétion, et Rose n’avait rien d’autre à faire que de la détailler malicieusement. Plus qu’à attendre que la fin du septième tour arrive et ça serait réglé. Du moins c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce que :


« D’où te vient ton amour du Quidditch ? Devenir capitaine de l’équipe, alors que tu n’es qu’en deuxième année, c’est incroyable ! Moi ça vient de mon frère et toi ? »

Il n’y aurait rien eu de surprenant si elle n’avait pas été certaine que les sept tours n’avaient pas été faits, et si Aileen n’avait pas eu l’air à moitié surprise en parlant. Pourtant c’était un sujet de conversation tout à fait approprié, et c’est le sujet qui arrivait le plus souvent quand quelqu’un parlait à Rose pour combler un blanc. Ah le Quidditch... Ce merveilleux sport. Rose n’aimait pas le Quidditch, non elle adorait ça. C’était le plus beau des sports, et c’est pour ça qu’elle avait toujours rêvé d’en faire. Et non seulement elle était finisseuse, mais aussi capitaine. Carton plein. Toujours est-il que pour elle voler sur un balai en pourchassant le vif d’or était synonyme de bonheur. Comme quoi il en faut peu pour être heureux. Maintenant il fallait qu’elle réponde, parce qu’elle n’avait aucune attirance particulière pour les gros moments de vide dans la conversation. Surtout qu’il y en avait déjà largement assez eu. Le truc c’est que lorsque Rose parlait Quidditch, elle se lançait dans un monologue sans fin. En plus elle devait répondre au compliment du mieux qu’elle puisse, comme tout le monde elle aimait ça mais était toujours un peu mal à l’aise. Comme si elle avait l’impression de ne pas les mériter. Elle s’accorda quelques secondes de réflexion, puis elle répondit enfin :

« Mon amour du Quidditch ? Ça me vient de... Je dirais de mes amis d’enfance. C’est eux qui m’ont appris les règles et fait monter sur un balai la première fois. Puis après la sensation de liberté quand on vole, l’adrénaline et voilà quoi c’est venu tout seul. Et merci du compliment, mais tu sais c’est pas si extraordinaire que ça quand même. »

Le tout dit en souriant, et oui finis les pleurs, maintenant Rose souriait. Ce n’était pas que sa tristesse avait disparu d’un coup, non ça c’était impossible, juste qu’elle se sentait beaucoup mieux. Soulagée et concentrée sur tout autre chose. Elle ne remercierait jamais Ailleen pour l’avoir tiré de sa tristesse. Plus qu’à attendre la réponse de celle-ci maintenant. A vrai dire elle était impatiente, maintenant que la conversation avait réellement commencé elle voulait qu’elle continue. Comme quoi rien n’est jamais tout noir, sa tristesse lui avait apporté une belle rencontre. Et même pourquoi pas une nouvelle amie, mais ça ce serait pour plus tard. C’était une belle opportunité, voilà tout.

Et alors qu’elle attendait toujours tranquillement la réponse de sa camarade, elle se souvint de quelque chose. En rapport avec le Quidditch justement. Un entrainement à préparer, un stade à réserver, et tout ça le plus rapidement possible. Pour ne pas se faire coiffer au poteau comme ça lui était déjà arrivé. Maintenant elle avait compris comment il fallait faire. Le problème étant, devait-elle y aller comme ça. En laissant Aileen seule sur l’herbe alors qu’elle venait tout juste de la consoler. C’était impoli au possible, et pourtant. Elle aussi faisait partie de l’équipe, et se doutait forcement de ce que devait faire une capitaine. Puis elle pénaliserait tout le monde si elle ne se bougeait pas en vitesse. Aussi elle se leva en vitesse, et lança à Aileen :


«  Je suis vraiment désolée mais je dois préparer l’entrainement... On se retrouve en salle commune plus tard ça te va ? »

Rose n’attendait pas véritablement de réponse, aussi elle ne prit même pas le temps d’attendre. Elle lui adressa un dernier sourire, avant de partir en trottinant vers le château. Tout serait bientôt prêt et elle passerait surement une très agréable fin d’après midi en compagnie de Aileen. Elle la retrouverait dans à peine quelques heures, ce n’était que partie remise.


∼ Fin du RPG ∼

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