Parc

Inscription
Connexion
Pas d’avatar
Ancien sorcier  

Sous une pluie d'étoiles  pv 

De retour de ses vacances d'été ce matin-là, Océane arriva devant les portes de l'école en balai, accompagnée de sa mère. Le voyage avait été long, mais la demoiselle était si heureuse de revenir à l'école qu'elle n'avait pas trouvé un seul instant pour se plaindre. Il arrivait fréquemment que des élèves ne puissent pas rentrer chez eux pendant tout ou partie des vacances et Poudlard restait toujours ouvert. Ce fut le cas d'Océane, dont la mère n'avait pas les moyens d'attendre la rentrée et d'emmener sa fille sur le quai 9 3/4. Cette rentrée en avance de phase ne gênait pas la jeune fille. Cette-dernière embrassa sa mère une dernière fois, elles échangèrent de douces paroles et se séparèrent. La jeune quatrième année poussa la lourde grille de l'entrée, un sac sur le dos et son balais à la main. Il était tôt encore tôt et le soleil ne pointerait le bout de son nez que d'ici quelques heures. Les voyages de nuit étaient préférables lorsqu'on devait survoler des villages entiers de moldus... La jeune fille sortit sa baguette - qui lui avait bien manqué pendant ses vacances - et lança son premier sortilège de l'année.

" Lumos maxima ! "

L'effet ne se fit pas attendre et sa magie illumina les environs. Non pas qu'elle ne connaissait pas le chemin pour se rendre jusqu'au château par coeur, mais elle avait envie de revoir ce parc, ce lac et cette école toute entière qui lui avait tant manqué pendant cette longue absence. Elle se demanda si ses anciens camarades seraient déjà rentrés de vacances ou si elle ne trouverait que des nouveaux, en première ou deuxième année, n'ayant pas pu quitter l'enceinte de Pouldard de tout l'été. Laissant sa baguette éclairer les environs, la jeune fille avançait lentement, profitant du calme de la nuit. Elle savait qu'elle ne croiserait personne à une heure aussi avancée de la nuit, mais que ce silence ne durerait pas. Levant le nez vers le ciel, elle constata que c'était la pleine lune. Océane sourit devant l'étendue étoilée, parfaitement nette et dégagée, qui s'offrait à elle. Renonçant à son idée de retourner dans son dortoir, elle s'avança près du lac, jeta son sac au sol, déposa son balai non loin et s'allongea dans l'herbe fraîche. Il faisait bon, l'air était doux et son plaisir atteignait les plus hautes sphères du ciel. La jeune fille soupira de bonheur et se plongea dans quelques-uns de ses souvenirs de vacances, mais avant cela...

" Nox ! "

Son petit frère, maintenant âgé de deux ans, riait et courrait partout. La jeune fille trottinait derrière lui, amusée et protectrice, veillant à ce qu'il ne lui arrive rien et à ce qu'il continue à rire. Sa mère n'avait pas eu la décence d'éloigner des yeux de sa fille ce nouveau mari qu'elle avait désormais et Océane préférait ne pas penser à lui. Elle concentra ses souvenirs sur ce petit être aux pommettes rouges et au visage rond, maladroit sur ses deux tous petits pieds, trébuchant, tombant et se relevant sans cesse. La quatrième année se prit à sourire, malheureusement, ce sourire lui fit mal au coeur. Elle réalisa qu'elle allait devoir rester loin de lui pendant bien longtemps et elle sentit un pincement la tenailler de l'intérieur. Se ressaisissant, elle décida de penser à des choses plus joyeuses, notamment à l'endroit où elle se trouvait et aux personnes qu'elle avait hâte de retrouver.

Elle avait hâte de retrouver sa salle commune, sa chambre, ses camarades, les cheminées de l'école et leur feu délicat brûlant toute l'année dans les âtres, quelle que soit la saison. Elle voulait découvrir les nouveaux courts de potions - sa matière préférée - de métamorphose, de sortilèges et même d'astronomie ou de botanique. Océane avait dévoré des livres sur les plantes tout l'été et elle avait appris quelques petits trucs de divination auprès de sa mère. En avance de phase, regardant le ciel, elle tenta de lire l'avenir dans les étoiles. Le ciel était si beau, elle ne voulait pas rater une telle occasion... Tirant son sac à dos vers elle, la jeune fille en sortit un livre qu'elle aimait particulièrement. Il s'agissait d'un cadeau de sa mère. Nul besoin de lumière autre que celle de la lune pour le lire. Les pages étaient sombres, mais l'écriture resplendissait d'une douce lueur pâle comme l'astre lunaire. Parcourant les cartes qui apparaissaient sous ses yeux, elle tenta de retrouver des points particuliers dans le ciel et, lorsqu'enfin elle parvint à lire le ciel, elle interpréta ce qu'elle voyait de son mieux. Un bouleversement immédiat allait se produire pour celui qui regardait le ciel... Un courant d'air frais lui parcouru le dos et sembla caresser ses cheveux.


" Il y a quelqu'un ? " demanda-t-elle alors, comme pour se rassurer.

Seul le silence lui répondit et elle jeta un nouvel oeil vers le ciel, pour préciser sa prédiction. Une chose était sûre, chaque soir, le ciel changeait et lorsqu'on était un sorcier, on pouvait lire son propre destin dans les étoiles. Du moins, c'est ce que lui avait dit sa mère. Océane pu lire une rencontre dans le ciel et sourit à l'immensité qui scintillait sous ses yeux avant de s'adresser à elle, comme s'ils étaient de vieux amis.


" Je suppose que tu veux me parler des camarades que je vais retrouver demain matin... Je me doute bien qu'il y aura du changement... mais tu sais, je ne m'en fais pas, je suis certaine qu'il y aura toujours un phare pour me guider, quelque chose d'éternel et d'immuable auquel je pourrai toujours me raccrocher. Même si ce ne doit être qu'un souvenir. Et puis, toi, tu seras toujours là... " Alors qu'elle achevait sa phrase, elle savoura à nouveau le silence en contemplant le ciel, cherchant des signes pour parfaire ses dons de divinatrice en herbe.

Sous une pluie d'étoiles  pv 

A l'instar du commun des mortels, Arseni avait dès le réveil des habitudes bien huilées. Ce matin là, tout le château dormait encore quand il descendit dans son bureau après s'être lavé et habillé. Même le soleil n'avait pas encore trouvé le temps de montrer le haut de son crâne à l'horizon. Dans la pénombre de son bureau, baigné par les respirations lentes et les ronflements des portraits endormis, Arseni commençait toujours sa journée par un tapotement sur sa lampe à lucioles afin d'apporter un peu de lumière tamisée sur le bureau envahis de paperasse et ses proches alentours. Il tirait ensuite à lui un des tiroirs à tête de griffon à l'intérieur duquel était stocké une quantité non-négligeable de nourriture épicée pour phénix. Il en extirpait un sachet puis en déversait le contenu dans le mangeoire en bronze où Feuxnoyr, son phénix, avait l'habitude de l'attendre.

En revenant à son bureau, Arseni réarrangeait la paperasse en piles organisées d'un simple coup de baguette magique avant d'y prendre place. Au moment précis où son arrière-train entrait en contact avec le velours matelassé de son siège rembourré, une assiette de lards fumés et d'oeufs brouillés encore fumants ainsi qu'un exemplaire du Basilisk - le premier quotidien de la communauté magique bulgare - apparaissaient sur le bureau dans un "pop" sonore. A la lueur orangée de sa lampe à lucioles, Arseni prenait le temps d'avaler son petit-déjeuner tout en parcourant librement les unes du journal. Une fois l'assiette terminée, il pliait l'exemplaire du Basilisk, le rangeait au fond d'un autre tiroir à tête de griffon, puis se levait pour enfiler l'une de ses capes préférées, noire, surmontée d'un col en fourrure.

Préférant la marche au transplanage - droit dont-il était le seul à jouir au coeur du domaine de l'école - il saluait la gargouille postée devant l'entrée de son bureau avant même les premières lueurs de l'aube et, après plusieurs minutes passées à arpenter des couloirs déserts et à descendre des escaliers mouvants encore légèrement endormis, il se frayait un chemin dans le parc à une heure où il baignait encore en totalité dans l'obscurité de la nuit. Arrivé là, Arseni prenait toujours le temps de respirer le bon air frais des landes écossaises et d'observer attentivement l'incroyable panorama : le ciel étoilé quand les nuages ne pointaient pas au rendez-vous ; les montagnes, dont les arêtes noires se découpaient nettement dans le lointain ; la surface du lac, ridée par l'agitation aquatique qui animait la grande majorité de ses habitants ; et Poudlard, dont les hauts murs et les tours semblaient perpétuellement scintiller dans la lumière nacrée de la lune, même lorsque celle-ci n'était pas visible.

Après ces minutes contemplatives, Arseni resserrait son col en fourrure autour de son cou puis il s'engageait dans les escaliers sculptés à même la pente naturelle du parc et le traversait sur toute sa longueur pour rejoindre les berges du lac, où il avait l'habitude de croiser le calmar géant occupé à ses exercices de renforcement tentaculaire.

Mais ce matin là, les habitudes d'Arseni s'en trouvèrent un peu bouleversées lorsqu'au beau milieu de sa traversée du parc, une voix lui parvint, claire et nette, quelque part sur sa droite. L'idée l'effleura un bref instant qu'il s'agissait peut-être d'un auror en poste dans les parages, mais très vite il jugea le timbre de voix trop cristallin pour appartenir à un adulte. C'est donc les sourcils froncés par l'agacement qu'il brandit sa baguette magique au-dessus de sa tête et fit un peu de lumière autour de lui. Ce qu'il découvrit alors l'étonna sans l'étonner.

Que pouvait donc bien faire une élève, seule, au beau milieu du parc à cette heure si reculée ? Et surtout comment était-elle parvenue jusqu'ici sans éveiller les soupçons de qui que ce soit ?

Arseni se dirigea vers elle avec la ferme intention de tirer tout cela au clair, mais il se ravisa lorsque sa baguette magique éclaira le sac de voyage et le balai couchés sur l'herbe. Il soupira. Pourquoi les britanniques avaient la fâcheuse manie de prendre des risques inconsidérés pour rien quand le Poudlard Express garantissait la pleine sécurité de leur progéniture ? Il ne s'y ferait vraiment jamais.


« Vous ne devrriez pas vous trrouvez ici mademoiselle ? »

Il fit un pas de côté pour mieux voir à qui il avait à faire. Son agacement s’atténua soudain, remplacé par un amusement non feint.

« Mademoiselle Lindarra... pourrquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt... dit-il en ponctuant la fin de sa phrase. »

En tant qu'ancien directeur de Poufsouffle, Arseni connaissait que trop bien le caractère aventureux de certains jeunes blaireaux. Il ne l'approuvait certes pas, surtout pas en cette période de menace erkling, mais il décida de s'en accommoder pour une fois. Il n'avait de toute façon pas le coeur à punir qui que ce soit à cette heure de la journée.

« Nox. »

Aussitôt l'obscurité les happa de nouveau. Arseni resta planté sur place, les mains logées dans les poches de son pantalon, le nez légèrement relevé vers le ciel, plongé là dans une tornade de souvenirs. Son arrivée en tant que professeur remplaçant, sa nomination au poste de directeur de Poufsouffle, puis de professeur de métamorphose ; la mort tragique de cet élève, ici-même dans le parc ; la décision de Ren de le nominer au poste de sous-directeur et de professeur de défense contre les forces du mal ; le départ de Ren pour le Ministère ; sa prise de fonction à la tête de Poudlard... tout ça en l'espace de moins d'un an... tout c'était passé si vite...

« Venez, ordonna-t-il d'un ton vague. Il n'est pas rraisonnable que vous rrestiez ici. Je vais vous rraccompagner à votrre salle commune. N'oubliez pas votrre sac et votrre balai. »
Pas d’avatar
Ancien sorcier  

Sous une pluie d'étoiles  pv 

« Vous ne devrriez pas vous trrouver ici mademoiselle ? » demanda une voix étrangement familière non loin d'Océane.

La jeune fille fit volte-face, inquiète l'espace d'une seconde de n'avoir rien entendu. Lorsqu'elle découvrit le visage doux de Monsieur Stoynaov, son cœur se ravisa et calma la course folle dans laquelle il venait de se lancer. Toutefois, ses sourcils ne purent s'empêcher de se froncer devant la question de son ancien professeur et sa bouche fit la moue.


« Mademoiselle Lindarra... pourrquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt... »

Aussitôt, le visage de la jeune fille s'illumina d'un sourire et ses yeux se firent plus doux. Il l'avait reconnue malgré la mèche de cheveux tombée devant son visage alors qu'elle s'était retournée, attrapant par la même occasion sa baguette, ne prenant pas le temps de dégager ses yeux. Elle le fit alors, maintenant qu'elle ne risquait plus rien. Enfin, elle ne risquait plus rien, il fallait le dire vite, car une seule et unique pensée traversa son esprit maintenant éloigné de tout danger physique.

* Misère de misère, le directeur... c'est mon premier jour... entorse au règlement... déjà... Misère ! * pensa-t-elle à toute allure, cherchant déjà mille et une excuses. * La porte était fermée ? Et si elle est ouverte ? J'aurai l'air ridicule... un devoir d'astronomie ! C'est ça, j'ai qu'à dire que je dois faire un devoir d'astronomie... Non, j'ai pas choisi l'option astronomie et il pourra rapidement le vérifier... Divination ? Après tout, le ciel est au programme... Voilà c'est ça ! * conclut-elle, les mains tremblantes, rangeant sa baguette, prête à dégainer son excuse.

Le directeur éteignit la pointe de sa baguette et ils ne furent plus éclairés que par la douce lueur émanant de son livre du ciel. Cela remémora à Océane bien des souvenirs, mais elle se demanda si c'était le meilleur moment pour les évoquer. Elle n'osait toujours pas prononcer un mot, attendant la sentence, l'air inquiet, tentant de cacher tant bien que mal le stress qui montait en elle. Finalement, M. Stoyanov prit la parole.

« Venez. Il n'est pas rraisonnable que vous rrestiez ici. Je vais vous rraccompagner à votrre salle commune. N'oubliez pas votrre sac et votrre balai. » dit-il doucement, sans toutefois qu'il soit possible ne serait-ce que d'imaginer négocier cet ordre.

Océane laissa alors la pression retomber, elle allait échapper à des heures interminables dans le bureau de Rusard à astiquer des chaudrons crasseux ou à ranger des objets tous plus poussiéreux les uns que les autres. Et au-delà de ça, elle échappait aussi à une remontrance de la part de son ancien directeur de maison qui restait sa personnalité préférée dans l'enceinte de l'école. Heureuse, elle prit enfin la parole.


" Bonsoir monsieur le directeur. " dit-elle d'une petite voix brisant le silence qui s'était installé entre eux.

En s'entendant parler, la jeune fille repensa à ce qu'elle avait prédit après avoir regardé le ciel, quelques instants plus tôt. Un changement. Celui-ci s'opéra immédiatement, pas de punition, ça c'était du changement ! Quant à son phare, il venait de surgir de l'obscurité, armé d'une baguette brandie au-dessus de la tête illuminant les environs. Un large sourire se dessina alors sur le visage de la demoiselle qui se demanda si son ancien professeur l'avait entendu un peu plus tôt. Si tel était le cas, sa façon de s'avancer, éclairant les alentours de cette façon n'était pas anodine, autrement, c'était tout simplement amusant. Dans tous les cas, elle se félicita de cette prédiction intéressante et considéra son devoir imaginaire achevé.

Regarder cet homme lui rappelait les longues soirées passées devant le feu de la salle commune des poufsouffles à parler de tout et de rien et à attendre que tous les autres soient couchés pour y aller à son tour, heureuse de rester la dernière éveillée, pour rester quelques instants de plus avec son directeur. Elle se souvint des délicieux brownies qu'il faisait apparaître et des thés parfumés à la menthe qu'il leur servait après les cours en leur demandant de leur raconter leur journée. Océane revit dans ses yeux, les étincelles qui brillaient lorsqu'il regardait chacun de ses petits blaireaux qu'il connaissait par cœur. Toutefois, ses mêmes yeux semblèrent la rappeler à l'ordre. Elle devait attraper ses affaires. Il était interdit de se promener dans le château et encore plus dans le parc et ce en pleine nuit.

Se redressant maladroitement, la quatrième année, les mains tremblants toujours un peu, mit son livre dans son sac de voyage, l'attrapa, en oubliant de le refermer et la moitié de son contenu se déversa sur le sol. Par chance, vêtements étaient si tassés dans le fond qu'ils n'avaient pas bougés. On ne pouvait pas en dire autant des nombreux livres de cours ni du cadeau de son père ; une magnifique boîte à l'effigie des frères Weasley qui s'ouvrit, déversant des dizaines de farces et attrapes qui, part chance, n'explosèrent pas. Océane soupira, rassurée, mais s'empressa de tout remettre dans son sac. Elle ne remarqua pas le paquet de thé à la menthe qui avait roulé jusque dans les pieds du directeur et l'abandonna ainsi à son oubli.


" Je suis désolée... je... " commença-t-elle avant de s'interrompre, elle aurait aimé trouver un mensonge à débiter rapidement, malheureusement, elle se savait être un livre ouvert lorsqu'elle commençait à parler et changer de version serait une mauvaise idée, mieux valait ne pas chercher un directeur apparemment dans un bon jour. Aussi reprit-elle le fil de ce qu'elle disait, en baissant les yeux, un peu honteuse. " Je repensais à l'époque où vous étiez directeur de notre belle maison... "

Océane se garda bien d'ajouter qu'elle se rappelait également des soirs où, agissant comme un père, il souhaitait un "bonne nuit" à chacun de ses blaireaux et blairelles au fur et à mesure qu'ils allaient dormir. Elle se souvint également des fêtes qu'il organisait souvent pour fêter mille et une choses qui n'avaient pas toujours lieux d'être fêtées, mais qui était toujours l'occasion de rassembler les jaunes et de ressouder leurs liens. La salle commune avait légèrement perdu ce côté festif dans le cœur de la jeune fille depuis son départ. Elle avait l'impression d'avoir perdu un père et un confident, mais maintenant qu'il était directeur, être à ses côtés était très étrange. Les directeurs étaient toujours des figures d'autorités, croulants sous les responsabilités et n'ayant plus le temps de rien, ni de vivre, ni de sourire, ni de passer une soirée près du feu avec les élèves de son ancienne maison, se dit alors Océane, légèrement triste et silencieuse, se sentant honteuse de prendre du temps à ce directeur grand et droit pour une énième entorse au règlement. Il n'avait probablement pas que ça à faire de s'amuser à raccompagner tous les élèves intrépides de l'école... et pourtant, il prenait le temps. Alors à nouveau, elle se souvint de tout, la quatrième année revit ce fauteuil dans lequel il s'installait chaque fois, écrivant des parchemins au milieu des siens...

Se rendant compte qu'elle n'avançait pas, Océane attrapa à nouveau son sac, le referma, le jeta sur l'une de ses épaules et saisit son balai avant de se redresser de toute sa hauteur - qui n'avait rien de grand du haut de ses 14 ans à côté du directeur - et le regarda, prête à le suivre.

Sous une pluie d'étoiles  pv 

HRP : désolé pour le retard ^ ^'


Ses réflexes étant ce qu'ils étaient, Arseni ralluma sa baguette magique lorsque le contenu du sac de la jeune Poufsouffle se déversa sur le sol. Son regard vif et perçant balaya chaque élément étalé dans l'herbe avec plus ou moins de réaction. Les livres de cours, neufs pour la plupart, qui accompagneraient naturellement Lindara tout au long de sa quatrième année d'étude. Les rouleaux de parchemins indispensables, les quelques plumes et bouteilles d'encre associées, une étrange boîte qui affichait les visages de deux jeunes hommes souriants aux cheveux roux ; boîte qui en s'ouvrant par inadvertance révéla un trésor pour le moins surprenant ( Arseni se demanda aussitôt ce qu'en penserait le concierge... probablement rien, sujet qu'il serait à une violente crise cardiaque ; ) et même un paquet de thé qui s'arrêta net contre sa chaussure. Laissant Lindara ramasser et ranger à la va-vite tout son attirail de parfaite petite farceuse et le reste de ses fournitures, Arseni se pencha pour saisir le paquet de thé et en éclairer l'étiquette en approchant l'extrêmité de sa baguette.

« Mon thé prréférré, commenta-t-il en lançant le paquet à sa propriétaire. Les elfes de l'école le préparrent bien mieux que moi. Je crrois qu'ils y ajoutent une touche de miel grrec ou quelque chose dans ce genrre là. »

Arseni agita sa baguette magique et l'obscurité retomba sur leurs épaules. Il tourna les talons et entreprit la remontée vers le château en suivant le seul chemin de terre qui y conduisait. Ses pensées avaient bien sûr enregistré la remarque de la jeune fille, mais il se contenta de garder le silence pendant une bonne poignée de secondes pour songer à cette époque où il n'était guère plus que le directeur d'une maison qui avait tiré un trait sur ses difficultés et cherchait maintenant à se donner une nouvelle identité dans le château. Des quatre maisons de Poudlard, Poufsouffle était de loin la maison qui correspondait le moins aux valeurs qu'on lui avait inculqués à Durmstrang. Pourtant, il s'était surpris à y découvrir des jeunes gens d'une étonnante maturité et dotés d'un incroyable sens de l'effort et du sacrifice. Preuve, s'il en fallait, qu'il vallait mieux se fier à ses propres observations plutôt qu'aux manuels qui traitaient ce genre de sujets avec beaucoup trop de légèreté.

Aussi incroyable qu'on pouvait le croire, Arseni avait aimé diriger cette maison. Il avait même ressenti de la satisfaction lorsque Poufsouffle s'était octroyé la coupe des 4 maisons après des mois de lutte intense. Si tout ceci était désormais derrière lui, il n'oublierait cependant jamais ce qu'il avait vécu au contact de ces enfants.


« Il m'arrrive d'y rrepenser aussi, avoua-t-il finalement, marchant d'un pas mesuré, lent, nullement pressé par le temps ou une quelconque échéance. Les choses ont cerrtainement changé avec mes successeurrs ? »

La question n'était pas anodine malgré le ton sur lequel elle avait été posé. Arseni n'avait pas grande envie de savoir si les choses étaient meilleures ou non de son temps, ou si Lindara avait un quelconque avis à ce sujet. Il se demandait seulement si l'esprit qu'il avait découvert chez les pousses jaunes, et qui l'avait tant surpris, existait encore, quelque part. La fonction de directeur et la véritable crise de confiance que traversait l'école suite au décès d'un élève ne lui permettait plus de prendre le temps d'observer attentivement les élèves placés sous sa responsabilité, de se fondre dans leur peau, et de les comprendre. Le monde des adultes était ainsi fait.

« Quand nous serrons entrrés dans le château, je vous conseille de bien cacher la boîte que vous avez fait tombée il y a quelques instants, ajouta-t-il en souriant légèrement, les yeux levés vers la tour d'astronomie et l'étoile du berger qui se distinguait très clairement à côté. Il serrait sans doute rregrrettable que le concierrge la découvrre ou que son contenu explose avant l'heurre des festivités. »

L'heure des festivités... le regard d'Arseni s'assombrit. De sa vie, il n'en avait jamais connue.
Pas d’avatar
Ancien sorcier  

Sous une pluie d'étoiles  pv 

HRP : Désolée pour cette attente également...


La jeune fille se sentit ridicule en constatant qu'elle avait oublié de ramasser l'une de ses affaires et, lorsque le directeur lui rendit, elle fut soulagée de voir qu'il ne s'agissait "que" de sa boîte de thé. Il fit un commentaire sur le fait que c'était son préféré. Océane le savait. Ce thé faisait partie de leurs nombreux points communs. Elle se souvenait des longues soirées passées dans sa salle commune, à boire ce thé-là avec son ancien directeur de maison et tous ses anciens camarades. Tout cela avait bien changé...

" Je vous l'offre, monsieur le directeur. En souvenir du bon vieux temps, en quelques sortes... et de ce point commun ! " dit alors Océane, sans vraiment réfléchir.

Ce thé, elle pouvait en avoir tant qu'elle voulait, à vrai dire, s'il était dans son sac, c'était parce qu'elle en avait bu lorsqu'elle était chez elle, mais ici, à Poudlard, les elfes pourraient lui en servir tant qu'elle en voulait et cela, le directeur le savait aussi bien qu'elle apparemment. Il était vrai que ce breuvage qu'ils préparaient avait quelque chose de magique... quelque chose de plus. Le directeur resta quelques instants interdit, peut-être pensait-il... mais à quoi !? Océane comprit rapidement qu'il se souvenait, lui aussi de ses années poufsouffles et, lorsqu'il reprit la parole pour lui demander si cela avait changé, la jeune fille souhaitait lui répondre, le cœur lourd, que rien n'était plus pareil... mais comment le dire ? Avec des mots ? Avec des gestes ? Ou encore avec des actes ? Elle choisit la première proposition et tenta de s'exprimer clairement.


" Oui... monsieur le directeur. Il n'y a aucun doute possible sur ce point. Les choses ont changé. Je suis nostalgique de la période où vous étiez là, à vrai dire et beaucoup d'anciens élèves ont terminé leur scolarité... C'est toujours triste de voir un ancien partir, les septièmes années sont tout de même ceux qui nous apprennent le plus de choses... quoi qu'il en soit, aujourd'hui, la maison des jaunes me semble bien déserte. Monsieur Field fait des choses magnifiques, il y a beaucoup de blaireaux, bien sûr, mais j'ai l'impression d'être un fantôme qui erre au milieu des ruines d'un palais détruit... " Océane s'interrompit. Était-ce bien raisonnable de parler de la sorte à un directeur d'école... sans doute pas. Elle devait se raviser rapidement et ne pas laisser son esprit parler sans réfléchir au préalable. " Toutefois, monsieur le directeur, l'équipe de quidditch des Frelons est solide... "

La jeune fille se souvint tout de même, le cœur lourd de quelques petites choses... Elle garda pour elle sa solitude. Les oublis de sa capitaine qui l'avait appelé par le prénom de la titulaire durant un match, les résultats scolaires qu'elle avait obtenus, à force de travail et de temps qui étaient restés sans félicitations, sans commentaire et sans aucun élan positif de la part de qui que ce soit dans sa maison... Océane se sentait bien seule à vrai dire et la lueur de ses yeux bleus sembla s'éteindre l'espace de quelques instants. Elle sût que le directeur s'en était aperçu lorsqu'il reprit la parole pour rompre le lourd silence qui commençait à peser. Ces quelques mots, prononcés par celui qu'elle admirait tant, suffirent à lui rendre le sourire, bien qu'elle ne pût s'empêcher de rougir.

" J'y veillerai, monsieur le directeur... " après une seconde d'hésitation, la jeune fille se fit une remarque personnelle et ajouta : " monsieur, je tenais à vous dire que vous êtes un excellent directeur, fut-ce de maison ou de Poudlard. Je vous admire énormément et j'espère du fond du cœur qu'un jour, je vous arriverai à la cheville. "

Alors qu'elle prononçait ces mots, leur voyage les mena aux portes de Poudlard. La jeune fille s'apprêta à entrer lorsque son hibou, Dudek, lui fonça dessus, un parchemin en main. Étonnée, la jeune fille ouvrit la lettre et fut surprise d'y voir l'écriture de sa mère.

Océane,

Il s'est passé quelque chose de terrible... je viens de recevoir un hibou et j'ai fait demi-tour. Je suis devant les portes de l'école. Reviens, nous rentrons à la maison. J'ai envoyé un hibou à ton directeur pour lui expliquer que nous déménageons en France. Mon trésor, tu feras ta scolarité dans une autre école... Je t'expliquerai sur le chemin du retour.

Maman qui t'aime.


Au même instant, un autre animal arriva, semblant foncer, quant à lui, vers le directeur. Océane comprit de quoi il s'agissait. Elle laissa le temps à son supérieur de lire la missive et lui jeta un regard emprunt de tristesse.

" À Dieu, monsieur le directeur. " lança-t-elle avant d'enfourcher son balai pour retourner vers sa mère, la peur et la peine au ventre, consciente que sa famille semblait courir un terrible danger et qu'elle abandonnait quelque chose -et quelqu'un- qu'elle adorait.