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Orgueil et préjugés, le remake  Libre 

Amber était d'une humeur neutre, pour une fois. Ni souriante, ni énervée, sans être pour autant ennuyée, elle se contentait de vaquer à ses occupations sans rien ressentir de particulier. C'était un peu comme une si une machine contrôlait ses faits et gestes. Son emploi du temps était semblable à tous les autres jours, et elle savait pertinemment que rien de viendrait perturber l'équilibre tranquille de sa routine, à laquelle elle s'était désormais habituée.

C'était la même chose tous les ans, l'hiver avait le don de la plonger dans une léthargie profonde. En effet, la jeune pousse avait besoin de soleil, de rigolade et d'entrain pour rythmer ses journées. Or, le temps maussade et les séances de révision qui occupaient tous ses amis ne lui facilitaient pas la tâche. Au lieu de mener une lute aussi vaine qu'acharnée contre le cours du temps, elle avait préféré se taire et continuer à avancer en gardant ses plaintes pour plus tard. À quoi bon de toute façon ? Étant donné qu'elle ne pouvait strictement rien faire, elle avait - avec une logique imparable - décidé de ne rien faire du tout.

Alors que le commun des Serpentards se détendait où avait le nez plongé dans les bouquins, la Verte avait subitement quitté le petit Salon. Après tout, il lui restait une bonne heure avant de devoir sérieusement se mettre à réviser ses cours, et elle n'avait pas franchement envie de s'y mettre maintenant. Fainéantise oblige, elle préférait de loin repousser l'échéance autant que possible, ce pourquoi elle avait opté pour une petite promenade improvisée.

L'hiver battait son plein, ce pourquoi elle ne fut guère étonnée de ne trouver personne dans le Parc. Rares étaient les élèves qui s'aventuraient dans le froid pour ... quoi, au juste ? Profiter des températures estivales ? Faire une bataille d'eau ? Non, Poudlard avait soudain bien moins de divertissements extérieurs à offrir par moins cinq degrés.

Frigorifiée, même dans ses habits les plus chauds, la préfète pressa le pas, se demandant ce qui lui avait pris d'aller braver un blizzard pareil. Des questions, elle s'en posait plein. Notamment pourquoi le jeune McLensen hantait ses pensées. Ce n'était pas une question de sentiments, bien entendu, mais ce premier année était l'objet de toutes ses attention, sans qu'elle sache vraiment définir pourquoi. Ils ne s'étaient pourtant jamais parlé plus d'une minute à chaque fois et pour échanger des banalités insipides. En revanche, Amber décelait quelque chose de profondément déroutant dans sa personnalité, un petit brin de mystère qui l'obsédait, un charisme mordant qui ne l'avait pas laissé indifférente.

Il n'avait peut-être rien d'extraordinaire au niveau du physique, mais il y possédait quelque chose de rayonnant, de lumineux en lui. Quelque chose qui le différenciait de la populace, qui faisait à coup sûr de lui un être exceptionnel, du genre qu'elle s'attendait à retrouver en tête d'affiche dans les dix ans à venir. Le gosse allait-il intégrer un groupe de rock célèbre, rejoindre l'élite intellectuelle du monde Magique ou carrément gagner le Ministère ? La deuxième année n'en avait pas la moindre idée, mais était convaincue en son for intérieur qu'il y avait un potentiel caché dans ce gamin, quelque chose d'incroyable, de révoltant, de passionné. Elle ne savait pas très bien ce qui l'obnubilait tant chez lui, mais sa prestance y était certainement pour quelque chose. Lorsqu'il entrait dans la Salle Commune, les têtes avaient pour coutume de se retourner sur son passage. Dans une conversation, il savait se faire entendre, imposer le silence. Une autorité mêlée de flegme émanait naturellement de sa personne. Des pieds à la tête, il inspirait le respect, sans pour autant insuffler la crainte.

Pour être tout à fait honnête, la fillette était un peu jalouse des talents d'orateur de son camarade. La preuve, elle n'avait pas échangé trois mots avec lui qu'il la perturbait déjà depuis plusieurs heures d'affilée. Dans son nouveau rôle, elle aurait justement eut besoin de cette bonne dose d'allure et d'élégance pour se faire obéir dans sa Maison. Oh, non pas qu'elle ne parvenait à faire appliquer ses ordres, mais elle sentait comme un soupçon de mauvaise grâce de la part de ses compatriotes à la suite d'une de ses directives un peu acides. La conclusion était là, elle ne savait pas s'y prendre avec les gens, un gamin de onze pige en jetait largement plus qu'elle. Cette pensée acheva la réserve d'égo de secours qu'elle avait rangé dans un coin de sa tête en cas de sinistres.

Soudain morose, son admiration changée en rivalité dévorante, elle se décida à élaborer un plan. Certes, Guillaume était sympathique, ingénieux, attendrissant, et blablabla ... Mais il avait franchit une limite qu'elle ne saurait toléré, il avait essayé d'empiéter sur ses plates bandes en rendant ridicule l'influence due à sa fonction. Le petit allait bientôt devoir envisager une chute depuis son piédestal, car il ne pourrait rester plus longtemps au sommet tant qu'Amber serait dans la course, qu'il ne veuille, ou non.

L'intéressée avait conscience de la cruauté et de la mesquinerie de ses intentions, mais elle s'en fichait pas mal. Tout ce qui comptait était l'image qu'elle renvoyait à ses frères, et si McLensen ou un autre voulait par hasard lui mettre des bâtons dans les roues, même involontairement, elle se débrouillerait d'une façon ou d'une autre pour faire descendre d'un cran sa pseudo-magnificence, coûte que coute.

Elle en était là dans ses réflexions quand un choc sourd la percuta en plein dos. Elle chancela, mais se rattrapa au dernier moment pour enchaîner dans un volt-face peu gracieux:


« Hé, tu pourrais pas faire attention non ?! », vociféra-t'-elle contre son interlocuteur dont elle allait découvrir le visage dans quelque secondes.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
> Serpentard du mois d'août et d'octobre & élève du mois d'octobre.
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Ancien sorcier  

Orgueil et préjugés, le remake  Libre 

L'hiver n'était pas la plus intéressante des saisons. Non. En hiver, il n'y avait rien, vraiment, à part de la neige quand on avait de la chance, et du froid. Tout dort en hiver, ce qui rend cette saison bien ennuyeuse. Mais heureusement que des gens intelligents ont eu la bonne idée de mettre Noel en plein hiver. Ca rend tout ca plus gay gai, et d'un coup, on est bien content que les feuilles tombent et que les oiseaux partent migrer, juste pour se goinfrer de chocolats et avoir des cadeaux de Noel.

Surtout que, comme ces gens intelligents sont intelligents (d'où mon terme "gens intelligents"), eh bien ils se font du fric avec ca! Alors vas-y que j'te vends des sapins, des guirlandes et boules de Noel à tire larigot. Donc, Noel, ca commence le 20 novembre et ca finit le 15 janvier, ce qui occupe déjà une bonne partie de l'hiver.

Bon, et après j'vous parle pas de la Saint Valentin, fete bien, bien commerciale visant à occuper la population pour qu'on ne fasse pas attention qu'il fait moche, froid, que le pays va mal, et que sais-je encore.

Vous savez, ce que j'aime avec Magicland, c'est que j'peux vous écrire les copains. J'peux vous écrire et grave aux "vu XXXfois", et ben je sais que vous me lisez. En fait, ici, j'ai l'impression d'avoir des amis... *musique mélancolique* NAN j'plaisante, j'ai plein d'amis! J'suis adulé par des millions de gosses et aimé par des tonnes de femmes qui ne revent que de tromper leur mari avec moi...

Oui donc je disais, ce que j'aime ici, c'est que j'peux vous donner mon avis, vous me lisez mais vous avez pas le droit de m'engueuler parce que Guigui, lui, il est en règle! Je suis inaccessible ! MWAHAHAHAHAHAHAHahahahahahaha ... ... Ahem, pardon.

M'enfin, oui. Guillaume se baladait dans le parc. Il n'aimait pas trop le froid mais il trouvait qu'aujourd'hui, par rapport à d'habitude, il faisait plutôt doux. Et puis, il avait prit maintenant depuis quelques jours, l'habitude d'aller auprès du lac pour voir la faune aquatique.

Donc il marchait lentement mais surement dans la neige qui ne mouillait pas ses pieds puisqu'il avait mit des chassettes-sorcières imperméables. Avec ça, toujours les pieds au sec ! (Oui, Guigui il a tout plein de trucs sorcier pour la vie de tout les jours, parce que Guigui, il est classe ! Quoi? Oui, bien sûr! Quoi?! Vous me traitez de menteur? Non mais arretez, j'vous jure que j'invente pas tous ces objets, et que ca existe... Vous avez qu'à aller voir le catalogue de "La Redoute" version sorcière et vous verrez bien.. Pfeu. Public ingrat)

Bref, il marchait donc avec les pieds au sec, ne regardant pas devant lui mais regardant le ciel tout blanc si peu agréable. Un ciel qui ne laissait passer une lumière du jour que peu prononcée et qui donnait un teint maladif à tout le monde...

C'est puisqu'il regardait absolument ailleurs qu'il ne remarqua pas une gamine qui se trouvait dans son chemin et BOUM il la percuta de plein fouet! La gamine lui cria dessus ce qui lui fit, bien sur, sortir de sa rêverie.


«Je.. Euh.. Excuse-moi ! Je ne.. Je ne regardais pas où j'allais»

S'empressa-t-il de dire. Il baissa ensuite les yeux pour voir qui était l'heureuse a avoir pu être en contact avec son corps d'homme fort et musclé. Il s'avérait que c'était la jolie préfète de Serpentard, Amber. Il ne la connaissait pas vraiment. Mis à part des échanges de politesse en Salle Commune. Il sourit légèrement en étant heureux d'avoir en face de lui un visage familier. Il passa tout de même, mal à l'aise, ca main dans ses cheveux pour se gratter la nuque, avant de lui dire.

«Amber! J'suis vraiment désolé! Je t'ai pas fait mal au moins?»

Orgueil et préjugés, le remake  Libre 

*Je rêve, dîtes moi que je rêve*, songea Amber, atterrée par ce qu'elle voyait. Combien y avait-il de chances, parmi tous les élèves et personnel de Poudlard, qu'elle se retrouve face à face avec l'objet de ses pensées ? C'était dingue, complétement fou, absurde même. Elle pensait à une personne, et fallait qu'au milieu d'un château entier elle se fasse bousculer par ce même individu dans un lieu désert. Une expression féroce passa sur son visage lorsqu'elle reconnu les traits de McLensen. Une seconde plus tard, elle retrouvait sa mine habituelle, sorte de façade blasée ponctuée d'une touche de dédain qui lui donnait ce petit air d'impératrice méprisante qu'elle affectionnait tant.

«Je.. Euh.. Excuse-moi ! Je ne.. Je ne regardais pas où j'allais»

*C'est ça, je vais te croire tiens, t'as tout un parc pour te promener et t’arrives à me foncer dedans*. La Verte passa au crible le visage lisse de son interlocuteur, cherchant à détecter le mensonge qui aurait dû forcément s'y dépeindre, même chez le plus habile des comédiens. Il était pratiquement impossible qu'il l'ait bousculé par mégarde, qu'il ait lui aussi été piqué par l'envie fulgurante d'une petite balade dans le froid en solitaire. Non, elle ne pouvait accepter cette idée. Il devait s'agir d'un complot. À coup sûr, il projetait de lui voler sa place de Préfète, ce qui semblait tout à fait logique, cela expliquerait qu'il la prenne en filature et fasse tout pour la déstabiliser, au sens propre comme au figuré. Après tout, qui ne serait pas près à briser une personne pour monter dans la hiérarchie, se faire une place au soleil impliquait parfois de devoir traverser des contrées glaciales.

«Amber ! J'suis vraiment désolé! Je t'ai pas fait mal au moins ?»

Une étincelle de colère passa dans les pupilles de la jeune fille tandis qu'un feu vengeur prenait naissance en elle. Les pièces du puzzle s'assemblaient doucement et donnaient peu à peu raison à son instinct. Effectivement Guillaume avait bien quelque chose de spécial en lui, une sournoiserie authentique et parfaitement dissimulée sous son apparence de gamin innocent, un esprit calculateur bien plus mâture que son âge ne pourrait le laisser penser. Voilà pourquoi il l'intriguait tant, parce que l'image qu'il donnait ne correspondait absolument pas à la soif de pouvoir qui l'habitait.

Et il croyait arriver à la tromper avec son petit sourire navré, lui faire croire que toutes ces persécutions étaient le simple fruit du hasard ? Non, son petit numéro n'avait plus aucun effet sur elle, maintenant qu'elle avait entraperçu les engrenages de sa petite comédie qui n'avait que trop duré. En tout cas, il y avait au moins un point positif dans tout cela: elle n'aurait aucun remords à lui infliger la vengeance qu'elle lui préparait, maintenant qu'il avait troqué son statut de bambin mystique contre celui de menace imminente pour son poste.


« Oh Guillaume, quel plaisir de te voir ! Non, ne t'en fais pas, j'ai eu plus de peur que de mal, c'est bien comme cela que l'on dit les Moldus, n'est-ce pas ? », répondit-elle avec un sourire mielleux.

Cette petite pique sur ses origines était un simple avant-goût de ce qu'il allait désormais subir au quotidien. Il avait été beaucoup trop loin en cherchant à s'en prendre à son aînée, et allait devoir en payer le prix fort. Animée par moult idées noires, la fillette inspecta les lieux alentours: ils étaient toujours aussi seuls, seuls au milieu d'un brouillard neigeux qui commençait à se lever. L'imbécile avait dû jugé cette absence de foule comme avantageuse vis à vis de ses intentions, mais c'était tout l'inverse. En l'absence de témoins, elle pouvait faire de lui ce qu'elle voulait, ce serait ensuite sa parole contre la sienne. Et elle l'emporterait, évidemment.

Éprise d'un regain de joie malsaine, elle plaça une main plus dominante que protectrice dans le dos de son rival en prenant son intonation la plus sucrée:


« Mais dis-moi mon petit, que faisais-tu tout seul ? Tu te promenais ? Oh, mais c'est dangereux tu sais d'être seul ... On a pas idée de ce qu'il pourrait arriver, par un froid pareil en plus, non vraiment, ce n'est pas raisonnable ! », elle agita un index autoritaire devant sa figure, faisant mine de lui donner une leçon.

« Hé bien, puisque tu es là, pourquoi en pas continuer ensemble ce pourquoi nous sommes venus tous deux ? Étant donné les temps qui courent, je me sentirais plus rassurée de te savoir sous protection, tu sais, on est jamais trop prudent, je m'en voudrais tellement si tu te faisais bouffer par un Erkling », lança-t-'elle d'un ton faussement léger.

Sans lui laisser le temps de refuser, elle l'entraîna par le bras à travers les herbes recouvertes de givre, enfonçant doucement ses ongles dans le manteaux de Guillaume. Peut-être ne sentait-il rien grâce à la doublure, mais la suite qu'elle lui réservait risquait de ne pas être aussi indolore.


« Tu vas voir, je suis sûre qu'on va bien s'amuser ! »
Dernière modification par Amber J. Hoover le 28 décembre 2013, 14 h 46, modifié 2 fois.

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Orgueil et préjugés, le remake  Libre 

On m'avait pas dit que les Serpentards s'entendaient forcément bien, juste parce qu'ils étaient Serpy et qu'ils sont toujours solidaires entre eux parce que les autres maisons les discriminent? Ben si, il me semblait. Mais là, en fait, Amber avait plutôt un air furieux dans ses yeux et son ton gentillait sonnait faux. Pourtant il n'avait rien fait de mal, à part lui foncer dessus, pas trop violemment, et puis... Il lui avait même pas fait mal apparemment, et... Et zut, à part ça, ils s'étaient jamais parlé auparavant alors il n'a rien pu faire avant ce moment qu'il l'avait chiffonnée. Il était toujours gentil avec tout le monde, il apportait des pâtisseries en salle commune, toussah quoi. Gentil.

Il entama sa ballade avec la préfète dans le brouillard ambiant, la gamine bien, bien accrochée à son bras. En fait, elle avait presque l'air d'avoir peur tellement elle serrait fort son bras, il sentait même légèrement ses ongles dans son bras. Il fit mine de rien. C'est bien s'il fait de l'effet comme ça aux filles, s'il a un air protecteur! Guillaume, j'ai toujours su que tu arriverais à charmer une fille un jour, et ça y est, le moment est venu !

Bref, Guigui, j'pense que t'as assez laissé parler ta préfète et tu peux enfin lui répondre mais... Ouais, mais. Ca me plait pas trop la tournure de cette histoire. Vous avez déjà vu des films d'horreur? Ben cette scène prenait vraiment une allure de film d'horreur. En prétextant une attaque d'Erkling, c'est comme si elle en prévoyait une, comme si, une "malencontreuse" attaque allait survenir et, malgré une bataille acharnée des enfants, il tuerait Guillaume et la préfète aurait juste le temps de se sauver. Enfin, c'est ce qu'elle pourrait raconter aux professeurs, mais qui sait, alors, ce qui pourrait arriver...

Bref, arrête de rester dans le silence, on dirait que t'es impressionné par la gamine. Enfin, oui, c'est un peu le cas, quoi, c'est ta préfète, elle t'es supérieure et a presque tous les droits sur toi...


«[/i]Oui, on dit bien "plus de peur que de mal", mais elle est un peu nulle cette expression... dit-il d'abord d'un air peu assuré mais avec un sourire, avant de continuer. Ben si tu veux, j'allais vers le lac. J'ai l'impression que le calmar géant et moi sommes connectés, et ce depuis quelques jours, alors je viens voir un peu tous les jours le lac, et l'observe pendant un certain temps. Et quand j'étais en chemin pour venir te voir, ca peut paraître un peu tiré par les cheveux mais j'étais en train de regarder le ciel, dit-il en pointant celui-ci du doigt. Tu vois, j'aime pas quand il est blanc comme ça, ça donne mauvaise mine et on sait même pas quelle heure il est puisqu'il y a la même luminosité à 10h qu'à 16h. léger blanc. Et c'est pour ça que je t'ai foncé dedans, je regardais vraiment pas devant moi...»

Il laissa un léger moment pour profiter du silence brisé seulement par leurs pas dans la neige. Il posa ses yeux sur sa préfète en essayant de lire l'expression sur son visage. Rien de très explicite ne ressortait de ses traits. Il réfléchissait et essayait de savoir ce qu'elle pouvait bien penser. Elle n'allait quand même pas le tuer, mais alors, elle l'emmenait juste en ballade? Hm. Affaire à suivre. Là, il lui aurait fallu une petite caméra coincée dans son bonnet pour filmer la scène et avoir une preuve si on lui demandait de témoigner sur ce moment en tête à tête. Mais tant pis, sa mémoire infaillible devra suffire.

M'enfin, il réfléchit un instant pour constituer une réponse un peu près correcte. Alors, il faut : qu'il la remercie de veiller sur lui, et puis vanter ses mérites en tant que préfète. Il faut aussi qu'il lui demande où elle compte l'emmener. Et peut-être finir avec du blabla de politesse. Aller Guigui, lance toi, ça va bien se passer !


«C'est gentil de ta part de t'inquiéter pour moi, mais je ne pense pas qu'un Erkling m'attaque, je fais cette ballade un peu tous les jours tu sais... Il marqua un temps de pause. Tu sais, je te l'ai jamais dit parce qu'on s'est jamais vraiment parlé, mais t'es une bonne préfète je trouve, tu t'occupes bien de nous et la maison elle tient debout grave à vous deux, toi et Craig. Il lui sourit sincèrement. Bon ! Sinon, tu m’emmènes où comme ça?»

Puis il finit son petit monologue avec un grand sourire puis détourne ses yeux de sa camarade pour les plonger dans le brouillard devant eux.

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Amber avait l'impression de recevoir son cadeau de Noël en avance. Elle qui traînait sa carcasse dans le château depuis le début de la journée sans la moindre ambition venait tout juste d'hériter d'une occasion en or de se venger tout en affermissant son autorité d'une façon mémorable. Et puis, il fallait se l'avouer, il y avait une certaine distraction à tirer de la souffrance des autres, surtout quand elle était amplement méritée.

Elle pouvait bien se montrer cruelle sur les bords, l'individu qui lui faisait face n'était après tout qu'une vile crapule déguisée sous des traits angéliques, prêt à tout pour se frayer un chemin dans la hiérarchie Poudlarienne. Bien entendu, son instinct ne l'avait pas trompé. Un jour, McLensen serait effectivement en tête d'affiche, mais elle imaginait nettement mieux en légende « dictateur du monde magique » que « grand sauveur de la nation ». Le faire redescendre d'un cran permettrait peut-être d’étouffer dans l’œuf ses envies de pouvoir, et d'éviter à la prochaine décennie de subir excès de convoitise.

Un homme qui tue un assassin est-il aussi coupable que sa victime ? Est-ce qu'un meurtre pouvant en empêcher de nombreux autres pourrait se révéler plus salutaire que criminel ? La jeune fille n'en doutait pas une seconde. Bien sûr, il ne s'agissait que d'un exemple disproportionné vis-à-vis de la situation, il n'était pas question de faire couler la moindre goutte de sang. C'était le concept de la chose qui l'intéressait, à savoir la gloire personnelle qu'elle pourrait tirer de sa petite vengeance. Sérieusement, elle avait absolument tout à gagner dans cette affaire. Elle pouvait humilier Guillaume comme bon lui semblerait sans que personne ne le sache, se maintenir avec brio à sa chère petit place de Préfète avec la fierté d'avoir neutralisé un opposant à l'ordre. Elle allait passer pour l'héroïne de l'histoire, ce qui empêcherait sa cible d'en piper le moindre mot. Bref, que des avantages.


« Oui, on dit bien "plus de peur que de mal", mais elle est un peu nulle cette expression... Ben si tu veux, j'allais vers le lac. J'ai l'impression que le calmar géant et moi sommes connectés, et ce depuis quelques jours, alors je viens voir un peu tous les jours le lac, et l'observe pendant un certain temps. Et quand j'étais en chemin pour venir te voir, ça peut paraître un peu tiré par les cheveux mais j'étais en train de regarder le ciel. Tu vois, j'aime pas quand il est blanc comme ça, ça donne mauvaise mine et on sait même pas quelle heure il est puisqu'il y a la même luminosité à 10h qu'à 16h. léger blanc. Et c'est pour ça que je t'ai foncé dedans, je regardais vraiment pas devant moi... », lui répondit l’intéressé en plusieurs temps, accompagnant certaines de ses déclarations par les gestes de rigueur.

La deuxième année l'écouta d'une oreille attentive, feignant d'être distraite par le brouillard ambiant alors qu'elle étudiait minutieusement chacune de ses paroles.
*Il croit sincèrement que je vais gober son histoire ? Et puis c'était quoi là son trip sur le calamar au juste ? Il fallait qu'il dise quelque chose pour meubler, et tout ce qu'il a trouvé à me sortir c'est d'aller accuser cette pauvre bête, c'est vraiment du grand n'importe quoi à ce stade*, songea-t-'elle, légèrement amusée par les mensonges évidents de son rival miniature. Il avait encore beaucoup à apprendre en matière de malhonnêteté s'il voulait se hisser au niveau des véritables fourbes.

Un blanc s'installa dans leur conversation. Le gosse n'était pas stupide, il percevait parfaitement l'étrangeté de la situation, qui ne devait à coup sûr pas tourner dans le sens qu'il espérait. Évidemment, il pensait la prendre par surprise, ne s'attendant pas une seconde à ce qu'elle prenne les devants et commande les opérations. Peut-être même la croyait-elle assez bête pour ne pas avoir remarqué son petit manège, et s'assurer par la même occasion de pouvoir venir la rabaisser comme bon lui semblerait. Croyait-il réellement pouvoir la faire dégringoler aussi facilement, sans s'attendre à la moindre réaction ?

Non, décidément quelque chose clochait. Amber était convaincu que sous sa façade lisse et sans tâches se cachait un petit être aussi vicieux que calculateur, redoutable de par son intelligence précoce, capable de mettre en danger la fonction qu'elle chérissait tant. D'autre part, comment aurait-il put se montrer assez crétin pour venir l'aborder en solitaire, dans un lieu carrément désert et donc dépourvu du moindre témoin ? Était-ce son trop plein de confiance en lui et d'égo qui l'avait poussé à effectuer ce choix désastreux ?
*Oui, ça doit être ça*, déclara-t-'elle en son for intérieur, décidant de reléguer ce détail mineur aux oubliettes. À tord ou à raison ?

« C'est gentil de ta part de t'inquiéter pour moi, mais je ne pense pas qu'un Erkling m'attaque, je fais cette ballade un peu tous les jours tu sais... Tu sais, je te l'ai jamais dit parce qu'on s'est jamais vraiment parlé, mais t'es une bonne préfète je trouve, tu t'occupes bien de nous et la maison elle tient debout grave à vous deux, toi et Craig. Bon ! Sinon, tu m’emmènes où comme ça ?  »

C'était marrant comme il arrivait vachement bien à contrôler les inflexions de sa voix pour un menteur de supérette. Autant ce qu'il disait n'avait pratiquement aucun sens, autant il paraissait diablement convaincant lorsqu'il balançait ses insanités. Si elle n'avait pas été aussi futée, aussi lucide afin d'être capable de voir clair dans son jeu, elle se serait presque laissée convaincre par sa réplique sucrée. C'est vrai, il y avait tout dedans, un discours mûrement réfléchi contenant tout les éléments nécessaire pour extraire une information. Et vas-y que je te caresse dans le sens du poil, que je vante tes louanges en long, en large et en travers ... et après je te demande ce que tu vas faire en de moi, en espérant t'avoir suffisamment adouci pour au mieux te poignarder dans le dos ou au pire prendre la poudre d'escampette et retenter plus tard. *Bien tenté p'tit gars, mais t'es encore loin de la Comedia Del Arte*.

« Oh, on n'est jamais à l'abri d'un accident, tu sais, ça arrive tellement vite ces choses là ! M'enfin, je te remercie pour le compliment, tu ne peux pas savoir à quel point ça me touche  », répondit-elle, sa voix devenant de plus en plus mielleuse au fur et à mesure qu'elle débitait ses hypocrisies à la chaîne.

« Où on va ? Ben écoute, puisque que tu sembles si lié à ton calamar, je propose d'aller lui rendre une petite visite. On pourra ainsi mesure l'étendue de tes ... capacités. »

Un sourire carnassier flottant sur son visage, la demoiselle entraîna son compagnon à travers les rangées d'arbres maigrichons jusqu'à atteindre la vaste étendue d'eau gelée. Une fine couche de glace recouvrait les flots, mais était encore trop molle pour permettre de s'y aventurer. La température n'étant pas assez basse en dessous de zéro, il s'agissait plutôt d'une sorte de pâte neigeuse vaguement transparente de laquelle un ou deux Strangulot sortaient parfois leurs têtes, histoire de faire coucou.

Elle jeta un regard circulaire autour de leur duo, personne ne s'était rajouté entre temps, Dieu merci. Impatiente, elle le poussa d'un petit geste sec grâce à sa main qui avait demeuré sur son épaule, et qui avait laissé de ravissantes traces d'ongles sur la doublure de son manteau. Sans lui laisser le temps de s'interroger, elle l'envoya valser sur la berge et sortit sa baguette de sa poche d'une traite, pointant le petit blond avec:


« Levicorpus ! », incanta-t-'elle vivement.

La fillette observa avec délectation le petit corps désarticulé de Guillaume s'agiter devant elle, mais à trois mètres du sol. Elle décala sensiblement sa baguette vers l'avant, de sorte à ce que sa victime flotte au dessus du lac.


« Alors, toujours aussi connecté avec ton pote ? Si tu ne me dis pas exactement ce que je veux savoir, tu vas pouvoir aller le rejoindre de plus près. », le menaça-t-'elle, une lumière sombre flamboyant au fond de ses pupilles.

« Tu te crois malin hein ? T'as vraiment crû pouvoir me battre aussi facilement ? Je crois que tu n'as pas vraiment réalisé à qui tu a affaire mon chou. Mais je suis clémente, avoues que ton petit stratagème pour me voler ma place était minable et j'te repose. Bon, tu te doutes qu'il y aura bien un autre prix à payer, mais quasiment rien, juste deux ou trois ... services, que je pourrais te demander quand bon me semble et que tu ne pourras pas refuser. », lança-t-'elle en savourant chaque mot.

Puis, perdant patience:


« Oh et puis dépêche toi s'il te plaît, j'ai pas toute la journée devant moi ! Si tu veux te baigner avec ton copain, no soucis, mais dis-le maintenant que je te lâche de suite, ça nous évitera à tous les deux de la parlotte inutile. »

Reducio
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