Parc

Inscription
Connexion

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

C'était devenu une habitude pour la Poufsouffle. Elle aimait se promener dans le parc pour évacuer son stress et oublier quelques instant ses problèmes. Pas qu'elle en ait beaucoup, sa scolarité se passait même très bien, mais elle n'était pas à l'abri des tracasseries quotidienne qui vienne gâcher la vie de tout un chacun. Une autre de ses habitudes était d'effectuer ces promenades en solitaire. Elle avait besoin de s'entendre penser et ne pouvait pas laisser son esprit divaguer avec quelqu'un à ses côtés qui s'efforcerait d'entretenir la conversation. Bref, c'était une promenade comme les autres. Elle était toujours plus sereine après ce petit rituel. Cependant, quelqu'un avait visiblement décidé qu'il en serait autrement, bien qu'elle ne le sache pas encore. Une ombre masqua un instant le soleil, l'incitant à lever les yeux. C'était un hibou, pas si surprenant vous me direz quand on vit dans une château remplis de sorciers. Sauf que celui-ci semblait avoir manqué l'heure du courrier. Et qu'il ne se dirigeait pas vers le château. Non, l'animal vint se poser devant elle et ce faisant, lâcha une lettre à ses pieds. La lettre était écarlate. Elina n'avait encore jamais reçu de beuglante de sa vie, elle n'avait personne avec qui correspondre en dehors de ses parents et, jusque là, elle n'avait rien fait qui les mette en colère. Alors d'où pouvais bien provenir cette lettre.

La Poufsouffle hésita, se demandant si cette lettre lui était réellement destinée. Les hiboux avaient peut-être une réputation de postiers irréprochable mais ils n'étaient pas infaillible pour autant.Il ne pouvait pas l'être. Comme tout être de chair et de sang, il pouvait faire une erreur. Son hésitation fut trop longue et scella son destin. Brusquement, le lettre décolla du sol pour ne s'arrêter qu'a hauteur de ses yeux. Elina regardait ce spectacle avec stupéfaction et avant qu'elle n'ait pu émettre
le moindre son, la lettre se fendit comme une large bouche, le cachet de cire se transformant en deux lèvres minces et serrées par la fureur.


« Elina Montmort, je ne supporterais pas que nos enfants demeurent dans la même école qu'un membre de votre maudite famille ! Votre lignée aurait dû finir à Azkaban avec les derniers mangemorts! Vous ne devriez pas avoir le droit d'étudier parmi nos enfants ! Soyez bien sûre que les choses ne se passerons pas comme ça! Je dévoilerais tous vos plus noirs secrets et aucun de vous ne s'en relèvera.»

Les hurlements prenant fin, la lettre se déchiqueta en millier de fragments écarlate. Elina était blême. Son nom avait été cité, ce ne pouvait donc pas être une erreur, mais de quoi parlait donc l'envoyeur ? Ses parents avaient toujours refusés de lui parler du reste de leur famille. Quand enfin elle repris pied dans la réalité, elle réalisa que tout les élèves qui traînaient dans le parc à cette heure la dévisageaient d'un air stupéfait. Quant à elle, elle se sentait nauséeuse et aurait voulu disparaître pour ne pas affronter les regards braqués sur elle. C'était un cauchemar et elle allait se réveiller.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Lorsque la lettre était tombée sous les yeux de la malheureuse préfète de Poufsouffle, Abby n'y avait pas fait attention. A vrai dire, elle n'avait même pas remarqué Elina Montmort jusqu'alors, plongée qu'elle était dans la lecture d'un épais volume à la couverture rapiécée. Et puis les cris l'avaient agressée de plein fouet, ses doigts s'étaient crispés sur la page, déchirant le parchemin sur quelques centimètres, et elle s'était redressée d'un bond pour déverser sa colère sur les responsable de ce petit massacre. On ne plaisante pas avec les bouquins, surtout lorsqu'il s'agit d'un héritage familial. Mais la diatribe furieuse jetée à la figure de cette élève blonde, clouée de surprise à quelques mètres d'elle...

« Elina Montmort, je ne supporterai pas que nos enfants demeurent dans la même école qu'un membre de votre maudite famille ! Votre lignée aurait dû finir à Azkaban avec les derniers Mangemorts! Vous ne devriez pas avoir le droit d'étudier parmi nos enfants ! Soyez bien sûre que les choses ne se passeront pas comme ça ! Je dévoilerai tous vos plus noirs secrets et aucun de vous ne s'en relèvera. »

... la refroidit quelque peu, en plus de la stupéfier. Ce n'était cependant rien face à l'état de la destinataire de la beuglante, beuglante qui partit en pièce dans le hurlement du papier, laissant dans l'air de cette après-midi de juillet une trace vibrante. Visiblement bouleversée, la jeune fille restait blême et figée, et Abby ne se serait pas étonnée de la voir défaillir. Mais bon, tomber dans les pommes au milieu du parc, rendu boueux par la pluie tombée sans prévenir le matin-même, ce n'était pas une bonne idée. Et puis mine de rien, Abby connaissait Elina et rester immobile devant cette attaque soudaine lui donnait mauvaise conscience.

*Première étape, éloigner les curieux.*

La petite sorcière se leva donc et, décochant aux élèves attroupés un regard menaçant dont elle ne se savait pas capable, rejeta sa tresse dans son dos pour mieux beugler :

« Dites-moi, là, qu'est-ce que vous fichez encore ici ? Ç'n'est pas un spectacle, circulez, y'a rien à voir ! » ajouta-t-elle avant d'aviser un Gryffondor qui s'était visiblement fait sourd ce jour-là : « Paraît que Rusard cherche des volontaires pour faire briller la coupe du professeur Dejava, elle prend la poussière. Je te recommande ? »

Les joues plus rouges de s'être ainsi mise en scène que sous le coup de la colère, elle balança un dernier regard-de-la-mort-qui-tue avant de se mordre la lèvre pour étouffer sa timidité et se donner bonne contenance. Puis, presque craintivement, elle se rapprocha de la préfète de Poufsouffle à qui l'expression perdue donnait des airs de petite fille. Quand elle disait qu'elle connaissait Elina, c'était un bien grand mot : elles se croisaient en Salle des Préfets, lors de rondes dans le château, et avaient passé un après-midi ensemble plusieurs mois auparavant où leurs rapports avaient plus tenu d'une rivalité illégitime que d'une amitié naissante. Inutile de dire qu'on faisait mieux, et qu'un élève de la même Maison aurait sûrement été plus à même de s'occuper d'elle, mais...

« Elina ? » glissa-t-elle à l'adolescente trop pâle en évitant de regarder les vestiges de la lettre à leurs pieds. « Ça va ? Qu'es... »

... mais manque de chance, elle était celle qui était sur les lieux. Sans remarquer que tous les élèves ne s'étaient pas éloignés comme elle l'avait escompté (comme quoi elle avait encore des progrès à faire sur son autorité naturelle), elle retint du bout des lèvres un « Qu'est-ce que ça veut dire ?! ». Comme tout le monde, elle connaissait le nom de Mangemorts, bien que la guerre soit terminée depuis une quarantaine d'années maintenant. Si ses parents étaient trop jeunes et ses oncles et tantes les plus âgés pas en mesure de lui raconter la façon dont ils l'avaient vécue, sa Granny ne s'était pas gênée pour lui faire le récit de son expérience de Née-Moldue. A vrai dire, elle avait du mal à comprendre exactement ce qu'il s'était passé, sinon qu'il y avait eu pas mal d'horreurs commises, par ce groupe qu'on appelait Mangemorts justement. De quelle manière Elina était-elle reliée à eux et pourquoi une telle agressivité envers une élève exemplaire ?

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Un boule s'était formée au fond de sa gorge. La stupéfaction quelque peu atténuée, elle avait sentit les larmes lui monter aux yeux, mais la présence de spectateur lui donna la force de retenir ses larmes et de refouler son envie de pleurer. Il n'était pas question qu'elle laisse qui que ce soit la voir pleurer ou sa honte serait complète. Elle s'était toujours interdit de pleurer devant quelqu'un, même ses parents. C'était une chose qu'elle ne voulait pas partager. Les minutes qui suivirent le choc de l'arrivée de la beuglante, elle les passa à refouler les sanglots qui ne demandaient qu'a sortir. Elle aurait tout le temps de repenser à cette lettre plus tard. Sa priorité du moment était de ménager sa dignité froissée. Elle entendit Abigail éparpiller les spectateur sans vraiment comprendre ses paroles. Comme si elle avait été à des centaines de mètres de là ou que les sons ne lui étaient parvenus qu'à travers un brouillard épais.

« Dites-moi, là, qu'est-ce que vous fichez encore ici ? Ç'n'est pas un spectacle, circulez, y'a rien à voir ! Paraît que Rusard cherche des volontaires pour faire briller la coupe du professeur Dejava, elle prend la poussière. Je te recommande ? »

L'intervention de la préfète des Gryffondor avait été une diversion salutaire pour elle et elle reprenait doucement conscience de ce qui l'entourait. La plupart des autres élèves s'étaient éloignés, malgré eux pour certains. Elina ne connaissait Abigail Lewis que vaguement, elle s'étaient rencontrées une fois à Londres mais cette rencontre avait été brève. Quoiqu'il en soit, elle lui était profondément reconnaissante de l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Une fois sa mission menée à bien, la Gryffondor s'était approchée d'elle et avait tenté de lui parler.

« Elina ? Ça va ? Qu'es... »

La jeune fille s'était interrompue. Par peur d'être indiscrète ? Parce qu'elle avait finalement changé d'avis et ne voulait plus poser la question qui lui brûlait pourtant les lèvres ? La Poufsouffle n'avait aucun mal à se faire une idée de la question que sa sauveuse avait voulu lui poser. Qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Peu importe la formulation, le sens était le même. Mais Elina était incapable d'y répondre. Pour elle, sa famille se limitait à ses parents et la sœur de sa mère. Tous étaient trop jeunes pour avoir participé au conflits auxquels avaient participé les Mangemorts. Et ils n'avaient jamais voulu lui parler des autres membres de sa famille. Tout ce qu'elle savait, c'est que ses deux parents étaient issus de familles de sang-purs. Le reste, elle n'avait pu en deviner que des bribes. Inutile d'avoir fait des années d'études pour se rendre compte que son nom de famille ne sonnait pas du tout allemand, mais elle n'avait jamais su ce qui avait poussé ses parents à s'isoler. Maintenant qu'elle y pensait, elle ne connaissait même pas le nom de jeune fille de sa mère. C'est à peine si ses parents lui avaient dit être en conflit avec le reste de la famille. D'ailleurs, quel reste ? Ses parents avaient ils des frères et sœurs autre que la grande sœur de sa mère ? Ses grands parents étaient-ils seulement encore de ce monde ? Étais-ce bien normal d'en savoir aussi peu sur sa propre famille ? Cette lettre avait jeté le doute dans son esprit, avait bousculé ses certitudes. Oserait-elle seulement questionner ses parents ? Le sujet était tabou, elle l'avait compris dès son plus jeune âge et avait cessé de poser des questions. Pas par manque de curiosité, simplement parce qu'elle était consciente de la tension que cela apportait chez ses parents. Elle croisa le regard d'Abigail mais ne sut quoi dire. Elle avait peur que sa voix tremble et avait bien plus de question que ne pouvait en avoir la jeune Gryffondor. Quelques curieux s'attardaient encore mais la plupart avait fuit les lui pour éviter le courroux de la jeune rouge et or.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Fusillant du regard un élève de trois ans son aîné qui semblait accorder beaucoup d'intérêt aux deux filles, Abigail tira nerveusement sur sa tresse. Sur le moment, ça lui avait paru super Gryffondor de se porter au secours de cette jolie demoiselle en détresse, mais maintenant qu'elle se retrouvait face à Elina Montmort, silencieuse et bouleversée, elle se demandait si elle avait les épaules pour apaiser le choc occasionné par ce genre de missive.

La jeune fille ne semblait pas encline à lui adresser la parole et elle retint une grimace ironique : et merci, c'était dans son vocabulaire ? Cependant, ce n'était pas le moment pour les plaisanteries de mauvais goût ou la méchanceté gratuite ; vu la tête que tirait la préfète de Poufsouffle, elle ne réussirait pas à s'en faire ainsi une amie. Bon, de base elles n'étaient pas amies. Mais il n'y avait aucune raison d'aggraver la situation, et Abby se retrouva à réciter ce que lui avait appris son père (fait on ne peut plus étrange vu le manque de tact qui caractérisait ce dernier).


*Étape un, fait. Étape deux, s’enquérir de la situation... Bon, on va estimer que c'est fait. Étape trois... C'est quoi, déjà ? Ah oui : réconforter l'individu.*


Rabaisser Elina au terme d'individu, c'est tout ce qu'elle pouvait faire, ou du moins tout ce qu'elle faisait à cet instant. Mais comment réconforter quelqu'un dont on ignorait tout ? Elle ne savait rien de son interlocutrice (si interlocutrice était le mot puisque jusqu'alors la conversation s'était faite à sens unique), mis à part qu'elle était élève de troisième année à Poufsouffle, préfète de cette même Maison et amatrice des escapades en monde Moldu. Ah, et depuis quelques minutes, reliée d'une bien étrange manière au groupe terroriste qui avait œuvré en Grande-Bretagne quarante ans plus tôt. Ce qui suscitait des réactions assez violentes chez les parents d'élèves ; du moins supposait-elle que l'expéditeur (ou l'expéditrice) de la beuglante soit affilié(e) à un élève du Collège.

Plongée dans ses réflexions, elle releva la tête pour croiser le regard d'Elina et sentit poindre dans son cœur une pitié croissante, qu'elle tenta vainement de réfréner. Son aînée semblait perdue ; la lettre au cachet de cire l'avait bouleversée bien plus qu'elle n'aurait dû le faire. D'ailleurs, qu'est-ce qui bouleversait vraiment Elina ? Que l'on sache la vérité sur sa famille, ou la découverte inattendue de cette vérité ? Après tout, elle n'était peut-être au courant de rien.


« Evanesco. »

Elle avait dégainé sa baguette sans y réfléchir, histoire de régler leur compte à ces petits bouts de papiers écarlates qui les narguaient toutes deux entre trois brins d'herbe verte. Peut-être le regretterait-elle, peut-être Elina lui en voudrait-elle. Sur le moment, elle ne trouvait rien de plus défoulant que de faire disparaître l'origine de tout ce cirque. Ce qui n'en atténuerait pas plus les retombées.

« Tu veux des plumes en sucre ? »


Elle avait aussi des Chocogrenouilles et des crapauds à la menthe. Et même une théière et quelques sachets de tisane. Sans attendre la réponse de la jeune fille, elle la traîna jusqu'à sa cape étendue sur l'herbe sous un saule où reposait déjà son livre à côté de son sac de cours, dans lequel elle fouilla pendant quelque seconde avant d'en sortir un sachet de sucreries encore neuf. La meilleure thérapie quand on ne se sent pas de parler ? Manger. Les questions viendraient après.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Le jeune Gryffondor la regarda un moment puis sortie sa baguette pour faire disparaître les restes de cette sinistre lettre.

« Evanesco. »


En même temps que les dernière trace du papier écarlate s'évanouissaient, Elina se sentait retrouver un peu de son calme. Du moins en partie. Elle se poserait toutes ces questions plus tard, quand elle aurait retrouvé un semblant de calme. Pour l'instant, elle devait simplement se raccrocher à ce qu'elle pouvait pour apaiser la tempête qui faisait rage sous son crâne. De toute manière, elle n'avait aucun moyen d'y changer quoi que ce soit. *Ce qui est fait et fait et agir dans la précipitation n'est jamais une bonne chose.* Il fallait qu'elle parvienne à s'en convaincre. Brisant le fil de ses cogitations, Abigail lui adressa de nouveau la parole.

« Tu veux des plumes en sucre ? »

Le gros avantage de cette question fut qu'elle surpris Elina suffisamment pour lui faire oublier un instant ses préoccupation. Un très court instant, mais c'était le mieux qu'elle pouvait espérer. Elle se rendit alors compte que sous le choc, elle n'avait pas adressé la parole une seule fois à la Gryffondor. Elle en oubliait ses bonnes manières. Sans attendre davantage, Abigail l'entraîna jusqu'à une cape étendue sur l'herbe ou trônaient déjà un livre et un sac. Probablement l'endroit où se trouvait la Gryffondor quand les hurlements avaient commencés. Elina ne pouvait pas répondre aux question que soulevait la beuglante mais elle pouvait au moins répondre aux attention de la préfète des Gryffons.

« Je... Merci. Je suis désolée pour ce qui vient de se passer. » C'était idiot, elle n'était pas responsable de cette beuglante mais elle était encore désorientée. « Je ne comprend pas... »

Elle cessa brusquement de parler, sentant sa gorge se serrer de nouveau. Quand Abigail lui tendis le sachet de sucreries, elle pris un crapaud à la menthe sans réellement y prêter attention et commença à le suçoter du bout des lèvres, espérant que la menthe lui rafraîchirait les idées. En tout cas, elle pouvait remercier le caractère chevaleresque des Gryffondors. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle aurait pu faire pour se sortir de ce pétrin sans l'intervention d'Abigail.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

« Je... Merci. Je suis désolée pour ce qui vient de se passer. »

Désolée ? De quoi ? Abby haussa un sourcil, mais Elina enchaîna :

« Je ne comprend pas... »

Et elle n'était pas la seule. Posant le sachet de sucrerie entre elles deux, la fillette se risqua à observer le profil de la Poufsouffle qui suçotait son crapaud à la menthe, puis se détourna. A vrai dire, s'occuper de la demoiselle bouleversée n'était pas dans le programme de sa journée lorsqu'elle s'était levée ce matin-là. Bon, elle supposait bien que ce n'était pas non plus le cas de ladite demoiselle bouleversée. Et puis elle ne pouvait décemment pas la laisser là alors qu'elle venait de subir une humiliation publique, ou quelque chose qui s'en approchait beaucoup. C'était son sens de l'honneur qui était en jeu ; son petit cœur de Gryffondor.

Quoiqu'il en soit, la situation n'avait rien de drôle ou de plaisante, et elle espérait très franchement que son statut de préfète la garderait de représailles ridicules si la rumeur se propageait ; les Mangemorts étaient vraiment, mais alors vraiment pas appréciés. D'ailleurs, à quoi avait pensé l'expéditeur de la beuglante en envoyant cette petite bombe de papier ? Qui pouvait associer Elina Montmort, préfète modèle de Poufsouffle, élève sympathique et tolérante au possible, au groupe terroriste ?

Abby était la première à le dire, elles n'étaient pas amies. Elles n'étaient pas non plus de la même Maison, et ne se croisaient que de temps en temps en Salle des Préfets. Elles ne s'étaient même jamais parlé depuis cette chasse au trésor qui les avait embarquées dans un périple à travers Londres ; mais Abby, si elle avait été agacée par cette fille dont elle ignorait qu'elle était une sorcière (et c'était peut-être réciproque), ne pouvait pas l'associer à l'image qu'elle se faisait des militants extrémistes de Sang-Pur. Pas assez hautaine, pas assez méprisante, pas assez guindée...

« Pourquoi tu t'excuses ? » finit-elle par lancer. « Ça arrive à tout le monde de se faire sauter à la gorge par un cinglé intolérant au beau milieu du parc qui t'éclate à la figure les secrets de famille. »

Bon, elle y allait peut-être un peu fort, même si le ton brusque n'y était pas. Piochant distraitement une Patacitrouille qu'elle déchira d'un coup de dent, elle ajouta, d'une voix beaucoup plus douce :

« Tu peux en parler ? »

Elle ne voulait pas spécialement jouer les confidentes, après tout Elina avait sans doute tout un tas d'amis génialissimes à qui se confier, et elle-même n'aurait sûrement pas pensé à la Poufsouffle si il lui était arrivé quelque chose du genre (mais rien de tel ne pouvait lui arriver. Les squelettes du placard Lewis avaient été mis en lumière depuis longtemps.... Non ?). D'ailleurs, si le hasard n'avait pas voulu qu'elle soit justement présente lors de l'explosion, elle n'en aurait probablement jamais eu vent, ou simplement par les rumeurs qui couraient peut-être déjà le château.

Pouvoir, vouloir, deux notions distinctes pour quelques lettres interchangeables. Bien sûr, ça ne voulait pas dire qu'Elina devait se confier à elle, mais que la jeune adolescente avait franchement l'air perturbée. Abigail était peut-être très curieuse, elle n'en restait pas moins respectueuse, ou du moins l'espérait-elle, et elle ne souhaitait blesser personne. Parler n'était pas toujours la meilleure des solutions.
Dernière modification par Abigail Lewis le 27 août 2015, 19 h 34, modifié 1 fois.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

La fraîcheur du crapaud à la menthe lui éclaircissait doucement les idées. La situation était assez déroutante même sans prendre en compte la beuglante malvenue. Elle ne connaissait Abigail qu'a cause de cette chasse au trésor londonienne où elles s'étaient rencontrées sans même savoir que l'une et l'autre était sorcière. A vrai dire, on ne peut même pas dire qu'elles s'étaient beaucoup appréciées à cette occasion. Il était assez étrange d'être ainsi secourue par la Gryffondor même si c'était probablement dû à leur caractère chevaleresque. Après lui avoir laissé le temps de retrouver un calme tout relatif, Abigail l'interrogea.

« Pourquoi tu t'excuses ? Ça arrive à tout le monde de se faire sauter à la gorge par un cinglé intolérant au beau milieu du parc qui t'éclate à la figure les secrets de famille. »

Il est vrai que ses excuses devaient sembler tout à fait déplacées vu les circonstances, mais c'était tout ce qu'elle avait pu dire étant encore sous le choc. Par contre, elle doutait fortement de l'affirmation selon laquelle ce genre de situation pouvait arriver à tout le monde. Toutes les familles ont des secrets, ou du moins c'était son opinion, mais ceux-ci n'étaient pas nécessairement aussi désagréables à entendre.

« Tu peux en parler ? »


En parler ? Mais parler de quoi ? Elle ne savait rien de ce à quoi cette femme faisait allusion. Elle n'osait même pas traiter l'envoyeuse de folle furieuse, elle avait trop entendu d'histoire à propos des Mangemorts et du mal qu'ils avaient fait pour ça. En plus de ça, les insinuations de cette femme répondait à trop de questions en suspend pour qu'elle se contente de les ignorer. Elle ne pouvait pas envoyer une lettre à ses parents pour demander des explications. Elle avait appris depuis longtemps à ne pas poser trop de questions. Et la famille était depuis toujours le sujet tabou par excellence. Sa tante n'avait jamais rien pu cacher à sa sœur, elle ne pouvait donc pas non plus avoir recours à son aide. De toute manière, elle n'aurait pas voulu les inquiéter en leur rapportant la nouvelle de ce courrier désagréable. Si elle voulait savoir ce qui se cachait véritablement derrière tout ces non-dit, elle allait devoir se débrouiller seule.


« Est-ce que tu sais où... »

Elle avait faillit demander à Abigail si elle savait où étaient conservées les informations sur les Mangemorts, mais s'était ravisée au dernier moment. Après tout, elles n'était pas proches de la Gryffondor à ce point et elle ne pouvait pas la mêler à ça. Les dossiers en question étaient probablement détenus au Ministère de la Magie ou dans un quelconque endroit qui lui était inaccessible. Il devait bien exister des traces des procès des Mangemorts, dans de vieux numéros de la gazette par exemple, mais c'était aussi un problème, tous les Mangemorts avaient-ils été recensés ?

« Je veux dire... Est-ce que tu sais s'il existe une liste des Mangemorts ou quelque chose de ce genre ? »


Elle avait peu d'espoir d'obtenir une réponse de la Gryffondor mais elle devait bien commencer quelque part.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Elle n'avait jamais été très fan des Patacitrouilles, mais force était de constater que celle-ci était particulièrement délicieuse. A ses côtés, Elina resta quelques secondes silencieuse avant de prendre la parole, et la petite fille devina au timbre plus posé de sa voix qu'elle se remettait doucement du choc, du moins l'espérait-elle.

« Est-ce que tu sais où... »

Abby attendit la suite, mais la Troisième année s'était momentanément tue, comme plongée dans une intense réflexion. Bah, ça ne dérangeait pas Abigail, elle avait tout son après-midi. Malgré tous ses efforts, elle ne pouvait pas ne serait-ce que de s'imaginer à sa place. Le plus honteux de ses secrets, celui qu'elle ne partageait qu'avec sa cousine (en même temps, elle était l'instigatrice de l'affaire) et ses frères (les complices) remontait à une tortueuse affaire de vandalisme involontaire sur le Chemin de Traverse, peu après avoir fêté ses onze années. Et la famille Lewis, comme les Pritchard du côté de sa mère, ne cachaient rien, à part peut-être une certaine Lucian qui avait renié sa famille issue du milieu ouvrier Moldu et s'était autoproclamée Sang-Pur avant de convoler avec l'héritier de l'une des Vingt-huit sacrés. Bref, du très banal, et ça remontait à plus d'un siècle.

« Je veux dire... Est-ce que tu sais s'il existe une liste des Mangemorts ou quelque chose de ce genre ? » lança finalement Elina.

Elina dont les squelettes semblaient bien plus nombreux que les siens.La gamine se repassa longuement les rares informations qu'elle avait en sa possession, des rumeurs, des bribes de conversations et des souvenirs floués par le temps. Elle connaissait l'histoire de la guerre, les Mangemorts, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom alias Lord Voldemort, et tout ce dont sa Granny lui avait fait le récit. Mais généralement l'honorable vieille dame s'arrêtait à la nomination de Kingsley Shacklebolt et reprenait son tricot sans un mot de plus.

« Je crois que la liste des condamnés et des recherchés pour collaboration a été publiée très vite après que le gouvernement provisoire ait été mis en place... » réfléchit-elle tout haut. « Au Magenmagot, ou dans les archives du Département de la Justice Magique, ils doivent avoir conservé les comptes-rendus des procès. Mais ça a duré très longtemps. Il y en a eu quelques uns entre 1981 et 1975, et puis ça n'a repris qu'en 1998 pour se terminer il y a quelques années. Et encore. Après, il y a aussi les archives d'Azkaban, ils doivent avoir conservé la liste des prisonniers incarcérés au fil des ans... Mais faudrait déjà déterminer lesquels sont des Mangemorts. Et puis de toute façon faudrait déjà que tu sois autorisée à les consulter ! »

Et ça, elle pouvait presque garantir que ce ne serait pas le cas. A cause des démarches administratives, entre autre. Elina pouvait toujours tenter d'expliquer que c'était dans le cadre d'un exposé d'Histoire de la Magie, mais Abby n'était pas convaincue, et sûrement à raison.

« Ceci dit, il y a toujours les journaux. Les listes des personnes recherchées, disparues, celles des procès et des morts, la Gazette devait le publier. » ajouta-t-elle rapidement. « Et l'avantage, c'est que si des traîtres ont été identifiés et tués immédiatement après, ça y sera forcément. Après... Il me semble que ça a commencé dans les années 60, non ? Tu en trouveras peut-être à la bibliothèque, ils ont peut-être gardé de vieux exemplaire... »

Si elle ne se trompait pas, Miss Pince avait une étagère pour les journaux d'actualité, mais rien ne garantissait qu'elle n'avait pas jeté ces numéros vieux d'un demi-siècle. Ses propres connaissances l'étonnaient, à vrai dire, mais elle ignorait si ça serait utile à Elina. Après tout, elle n'en savait somme toute pas non plus des masses, comme tout enfant que la famille n'avait pas tenu à écarter du drame, même si elle n'en réalisait pas encore toute l'atrocité. Et son père bossait au Département de contrôle et régulation des Créatures Magiques, pas à la Justice Magique !

« Tout ce que je peux te dire, c'est que je n'ai jamais entendu parler de Mangemorts du nom de Montmort » assura-t-elle avec sincérité, les yeux plantés dans le regard changeant de la Poufsouffle.

Elles n'étaient pas amies, mais même si ça ne la concernait pas elle se sentait embarquée dans cette histoire à présent. Au fond, ça ne la dérangeait pas. Elle était simplement contrariée de ne pouvoir être d'une grande aide à l'adolescente.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Abigail ne mis pas longtemps pour répondre à la question de la Poufsouffle. A vrai dire, Elina ne s'était pas attendu à une réponse aussi précise et détaillée. Elle avait eu de la chance de tomber sur la Gryffondor. A moins qu'elle ne soit la seule à laquelle on n'ait donné que les grandes lignes de l'histoire.

« Je crois que la liste des condamnés et des recherchés pour collaboration a été publiée très vite après que le gouvernement provisoire ait été mis en place... Au Magenmagot, ou dans les archives du Département de la Justice Magique, ils doivent avoir conservé les comptes-rendus des procès. Mais ça a duré très longtemps. Il y en a eu quelques uns entre 1981 et 1975, et puis ça n'a repris qu'en 1998 pour se terminer il y a quelques années. Et encore. Après, il y a aussi les archives d'Azkaban, ils doivent avoir conservé la liste des prisonniers incarcérés au fil des ans... Mais faudrait déjà déterminer lesquels sont des Mangemorts. Et puis de toute façon faudrait déjà que tu sois autorisée à les consulter ! »

Effectivement, c'était un problème. Elle n'aurait jamais accès à la moindre archive, qu'elle soit du ministère ou d'Azkaban. A plus forte raison si son nom de famille y figurait. Sans compter qu'étant mineure, même si un miracle lui permettait d'y accéder, elle aurait probablement besoin d'un accord parental. Ou de celui d'un professeur. Mais pouvait elle vraiment demander ça à l'un de ses professeurs. Quoi qu'elle fasse, si elle passait par les voies officielles, ses parents l'apprendraient. Il restait toujours la possibilité selon laquelle la femme qui avait envoyé la lettre était folle, mais elle devait s'en assurer.

« Ceci dit, il y a toujours les journaux. Les listes des personnes recherchées, disparues, celles des procès et des morts, la Gazette devait le publier. Et l'avantage, c'est que si des traîtres ont été identifiés et tués immédiatement après, ça y sera forcément. Après... Il me semble que ça a commencé dans les années 60, non ? Tu en trouveras peut-être à la bibliothèque, ils ont peut-être gardé de vieux exemplaire... »

Elle avait déjà envisagé cette possibilité. C'était très probablement la plus facile à mettre en œuvre, à la condition que madame Pince ait conservé les journaux en question. Quoiqu'il en soit, c'était toujours un bon point de départ.

« Tout ce que je peux te dire, c'est que je n'ai jamais entendu parler de Mangemorts du nom de Montmort »


Elina la regarda quelques instant, surprise par son affirmation. Cependant, même avec toute la bonne volonté d'Abigail, cette affirmation n'avait pas grande valeur. Bien qu'Elina soit sensible à sa tentative de la rassurer, elle ne se leurrait pas pour autant. Il était tout a fait normal que des élèves de leur âge ne connaissent pas les noms de tout les Mangemorts. En outre, il y avait aussi un autre problème. Ces recherches ne serviraient à rien si ces Mangemorts avaient échappés à la justice. Pourtant, la femme qui lui avait envoyé cette beuglante était persuadée qu'il y avait des Mangemorts dans sa famille ou du moins qu'il y en avait eu. D'où pouvait lui venir cette certitude ? Si elle le découvrait, elle aurait les réponses à ses questions.


« Je te remercie. Je pense que je vais commencer par la bibliothèque dans ce cas. Je ne voudrais pas abuser de ton temps. »

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

La première fois qu'elle s'était retrouvée nez à nez avec Bellatrix Lestrange, elle avait huit ans. Vêtue de l'uniforme d'Azkaban, le regard fou, la Mangemorte semblait rire à gorge déployée sous l'objectif. L'avis de recherche était en première page de la Gazette, un vieux numéro qui devait dater des années 90, entre trois autres photographies de criminels recherchés. Même en sachant l'objet de ses cauchemars morte et enterrée, Abby avait passé par la suite de longues nuits à pleurer silencieusement dans son lit, trop terrifiée pour se laisser aller à un sommeil agité.

« Tout ce que je peux te dire, c'est que je n'ai jamais entendu parler de Mangemorts du nom de Montmort. »

C'était la pure vérité, mais personne n'était dupe ; Abby était bien trop jeune pour en savoir assez et déterminer avec précision les Mangemorts et les familles affiliées. De plus, un sorcier qui avait servi le Lord Noir durant la première guerre n'en avait pas forcément fait de même lors de la seconde (pour diverses raisons, bien que la situation soit rare), et inversement.

« Je te remercie. Je pense que je vais commencer par la bibliothèque dans ce cas. Je ne voudrais pas abuser de ton temps. »

Elina semblait déjà ailleurs, et Abby eut un sourire timide. A bien y réfléchir, c'était sûrement le premier qu'elle esquissait depuis le début de leur discussion. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû juger la jeune fille si hâtivement. Peut-être qu'elle était bien plus sympathique qu'elle ne lui avait paru au premier abord. Peut-être même que si elles essayaient vraiment, elles pourraient devenir amies. Seulement, Abigail n'était pas sûre de vouloir vraiment essayer.

« Ça ne m'a pas dérangé » assura-t-elle quand même, à moitié honnête. « Tant mieux si ce que je t'ai raconté t'a un peu aidée. »

Fallait pas non plus pousser Merlin dans les citrouilles, et la dernière phrase avait été prononcée avec désintérêt, comme une simple formalité. Cette gosse était décidément plus bornée qu'un filet du diable.

« Fais de ton mieux » finit-elle par ajouter lorsqu'Elina s'éloigna. « Bonne chance »

Un peu pour tout, en fait : ses recherches, les rumeurs et les secrets qu'elle allait tâcher de percer. La vie de l'adolescente allait sûrement en être bouleversée, et cette matinée de début d'été serait peut-être le point de départ d'une nouvelle histoire. Une histoire dont elle ne ferait évidemment pas partie ; ce n'était pas ses affaires. Même si elle ne pouvait s'empêcher d'être curieuse.

*Fais de ton mieux, c'était peut-être un peu présomptueux quand même.*

La moue ennuyée qui tordait son visage s'effaça bien vite et elle sortit de son sac le livre qui avait pour elle tout causé. A la page qu'elle avait cornée (une sale habitude qu'elle s'efforçait de réfréner avec les livres de la Bibliothèque), Abby observa la déchirure du parchemin, puis finit par rassembler ses affaires et regagner le château ; son cerveau tournait à plein régime dans la recherche désespérée du sortilège le plus approprié pour réparer cette catastrophe.

Et mine de rien, elle était fière de s'être comportée en vraie Gryffondor.

Reducio
Bah voilà. Je te laisse conclure ;)

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)

Une épée de Damoclès  Libre 1 personne 

Elina réfléchissait déjà à la manière dont elle allait s'y prendre pour obtenir les informations dont elle avait besoin. Le plus simple était probablement de demander à madame Pince l'autorisation de consulter ses archives de la gazette. Restait à espérer qu'elle détenait les numéros qui pouvaient l'intéresser. Il y avait de grandes chances que cela ne soit pas si simple, mais c'était la seule chose qu'elle pouvait faire dans l'immédiat.

« Ça ne m'a pas dérangé. Tant mieux si ce que je t'ai raconté t'a un peu aidée. Fais de ton mieux. Bonne chance »


Tandis qu'Elina prenait la direction du château, elle se retourna un unique fois, profitant du fait qu'elle était encore à portée de voix. Accompagnant ses parole d'un rapide signe de main, pressée comme elle l'était de se mettre à l'ouvrage.

« Merci en tout cas »


Malgré tout, elle doutait que trouver ce qu'elle cherchait puisse être considéré comme de la chance. Tout dépendrait des révélations qu'elle découvrirait. Depuis qu'elle était élève à Poudlard, elle avait bien remarqué que les relations familiales des autres élèves étaient différentes des siennes. Tous se connaissaient des cousins, oncles, tantes, grands-parents. En comparaison, sa famille avait un très petit effectif. Sans compter qu'il n'y avait jamais eu chez elle, ni arbre généalogique, ni album de famille. Elle avait vite appris à ne pas poser de question sur ce sujet, mais maintenant qu'elle côtoyait tout ces sorciers de son âge, chaque journée passée à leurs côtés lui renvoyait à la figure les non-dits avec lesquels elle avait toujours vécus jusque là. Quelque part, elle avait fait preuve de lâcheté en ne cherchant pas à en savoir plus. Elle avait en fait toujours craint cette zone d'ombre mais s'y trouvait maintenant confronté.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
ma couleur : #7F6000