Parc

Inscription
Connexion

Un moment gênant  PV : Joy 

C'était le week-end, plus précisément un dimanche matin, aux alentours de dix heures. John se trouvait là, à marcher tranquillement, l'esprit complètement vide et serein, au milieu du magnifique parc de Poudlard. D'habitude solitaire, il n'était pourtant ce matin pas seul : une jeune Serdaigle, également en première année, l'accompagnait. Il s'agissait de Joy Wedenjack. Les deux jeunes gens se connaissaient assez après une petit mésaventure dans les sous-sols pour pouvoir passer un peu de temps ensemble. Qui plus est, John avait besoin de souffler de sa semaine qui avait été riche en émotion pour lui : il avait eu du mal à suivre les cours, s'entraîner et à potasser les livres à la bibliothèque pour pouvoir mieux comprendre le contenu de ses cours. Une petite pause n'était donc pas de refus. Il n'avait encore jamais vraiment eu le temps de se promener dans le parc de Poudlard, mais il n'avait entendu que du bien de cet endroit. Il est vrai que le soleil matinal réchauffait la peau du jeune garçon, lui procurant une sensation fort agréable. Qui plus est, il n'y avait que quelques nuages dans le ciel, et l'air était doux à respirer. Un très bon dimanche matin, en somme. C'est d'ailleurs cette raison qui avait poussé John à proposer à Joy de se changer les idées avec une balade dans le parc. Il avait trouvé sa nouvelle amie assise dans un fauteuil de leur salle commune et lui avait gentiment offert d'aller se promener. La jeune élève ne se fit pas non plus prier pour un petit moment de détente avant le repas du midi et en fin de semaine, histoire de décompresser tranquillement.

John et Joy marchait alors tranquillement sous le beau soleil de ce dimanche matin, accompagné par le Boursouflet de Joy qui lui aussi semblait apprécier un moment de repos en plein air. Les deux jeunes gens discutaient de sujets et d'autres, des notes, des examens finaux, des cours, de leurs difficultés, de leurs passions respectives tout en échangeant des blagues qui les faisaient tout deux rire aux éclats. Vraiment, les deux enfants semblaient passer un merveilleux moment, quand bien même l'estomac de John commençait à crier famine. Joy semblait également apprécier ce moment. Les deux amis eurent le temps de flâner un peu assis dans l'herbe, d'observer les nuages et allaient à présent se diriger aux abords du lac, quand bien même ils devraient pour cela continuer un peu de marcher.

" C'est tout de même très reposant, ici, tu ne trouves pas ? Il manque peut-être un peu d'animation, mais c'est ce qui fait le charme de cet endroit ! ", argumenta paisiblement John.

La jeune fille ne répondit pas de suite, elle était un peu occupée à surveiller son animal de compagnie. *Je me demande d'où elle vient cette petite bestiole ?* se demanda John. Enfin, lui aussi était occupé à ne pas faire de trop grands pas, sans quoi sa robe risquait de craquer à tout moment. Il n'avait pas vraiment pris la bonne tailler aujourd'hui, mais il s'était dit qu'il ferait attention. Continuant alors leur chemin vers le lac, les deux jeunes gens continuaient leur bavardage incessant, comme si le temps étaient figé autour d'eux. John, qui avait l'habitude de jouer avec son petit frère, voulu alors commencer une course, jusqu'à un arbre qu'il désigna de son doigt à Joy. Un peu surprise, elle lui lança un sourire de défi, et John l'accepta avec plaisir. Oubliant son problème de robe, il parti à toute allure en direction de la ligne d'arrivée désignée plus tôt. Joy quant à elle, semblait être une très bonne coureuse : elle avait dépassé John en deux temps trois mouvements ! Le jeune homme, tout souriant, accéléra alors la cadence, et là CRAC ! Il pût alors sentir sa robe de sorcier se déchirer pile la où il ne fallait pas : au niveau de son arrière train. Complètement pris au dépourvu par la situation, et bien que Joy avait atteint la ligne d'arrivée sans ne rien remarquer, John était rouge d'embarras ! On pouvait apercevoir un bout de ses fesses et son caleçon, qui lui aussi avait lâché au même moment. *Oh non, la honte*, se dit-il.

Sa jeune amie attendait toujours au loin, alors que John s'était arrêté net. Il ne pouvait bien sûr pas continuer à courir et arriver comme si de rien était vers sa jeune amie. Qui commençait d'ailleurs à s'inquiéter et à revenir vers lui. C'est alors que John pris des petits bouts de robe qu'il pouvait sur le reste de celle-ci pour essayer de cacher le trou qui avait été créer plus tôt. Un peu déboussolé et totalement rouge de honte, John réussit tout de même à articuler :

" Ce n'est rien, rien du tout !"

Alors que John essayait tant bien que mal de cacher son derrière à la vue des autres élèves, et surtout de Joy, la pauvre affichait un regard circonspect et pas du tout convaincu. John attendait alors, complètement inutile, le derrière à l'air, que sa jeune amie dise quelque chose, tout en priant intérieurement pour qu'elle ne remarque rien du tout.

Un moment gênant  PV : Joy 

Soyons honnêtes ; une mésaventure commune, bien souvent, ça rapproche. Quand deux personnes ont traversé la même galère, le même problème, il n'est pas rare que ces deux individus deviennent amis par la suite, se remémorant leur bêtise ou leur malchance à deux. C'est ce qui était arrivé aux deux élèves de Serdaigle qui se baladaient en ce moment même au beau milieu du parc de Poudlard. Ils avaient chacun écopé de leur première retenue — Joy eut une mine déçue en y repensant — après s'être fait prendre par Rusard dans les sous-sols. Non mais franchement, quel vieil homme grognon, méchant et sadique, celui-là ! Malgré que cette expédition aux sous-sols se soit passée il y a maintenant plus de deux semaines, la fillette n'en gardait pas moins un souvenir cuisant et son aversion pour l'odieux et cruel concierge s'accroissait chaque jour davantage.

Bref, ce matin là, à neuf heures seulement, le jeune garçon avait proposé à sa camarade une petite balade à l'air frais, ce qu'elle avait tout de suite accepté. Les deux enfants avaient appris à se connaître après leur fâcheuse histoire, et Joy devait avouer qu'elle appréciait le garçon. Il était audacieux, intelligent, drôle, il avait de la conversation, tout pour se révéler d'une compagnie agréable aux yeux de la Serdaigle aux cheveux blonds. Malgré cela, l'aiglonne ne ressentait pas une once d'attirance amoureuse envers son ami, et la réponse à cet étrange fait était bien simple, mais ne déblatérons pas là-dessus.

Son adorable Boursouflet jaune sur l'épaule, Joy écoutait son camarade lui raconter une histoire abracadabrante. Le Boursouflet en question lui avait été offert par Miss Holloway en récompense à sa note excellente et à son travail acharné et continu tout au long de l'année. La fillette n'en avait pas cru ses oreilles et avait été véritablement ravie de ce petit animal de compagnie mignon comme tout. Elle en prenait le plus grand soin et ne manquait pas de remercier sa professeure dès qu'elle la croisait. Joy n'avait que onze ans, et naturellement, il était aisé d'influencer son jugement par un simple cadeau. Ainsi, depuis que la professeure de Défense contre les Forces du Mal lui avait offert Haïkiti — oui, c'était le nom qu'avait donné Joy au Boursouflet, parce que sa couleur lui faisait penser aux ananas, et que les ananas lui faisaient penser au mot Haïkiti.. Esprit quelque peu tordu, il est vrai ! —, la fillette vouait une admiration sans borne à Miss Holloway, vantant sa gentillesse auprès de ses camarades dès que l'occasion se présentait. Certains auraient pu prendre Joy pour une frotte-manche, mais elle était simplement une gamine emplie de gratitude.

Les deux élèves, après s'être dégourdi les jambes quelques minutes, s'assirent dans l'herbe encore fraîche du Parc. Ils étaient tous deux adossés contre un arbre, scrutant l'étendue verte qui s'offrait à elle et l'ambiance était détendue entre les deux jeunes gens. C'était une amitié innocente et toute jolie qui fleurissait là.

Finalement, ils reprirent marche et John continuait inlassablement de parler, tandis que la fillette, qui n'était pourtant pas de nature particulièrement bavarde, discutait avec joie et lui répondait elle aussi avec de longs discours sur ses opinions diverses et variées.


« C'est tout de même très reposant, ici, tu ne trouves pas ? Il manque peut-être un peu d'animation, mais c'est ce qui fait le charme de cet endroit ! » lui dit son ami sur le ton de la conversation.

La Serdaigle aurait voulu lui répondre que non, un endroit désert était selon elle plus flippant que charmant, mais elle se contenta de hocher la tête, trop occupée à empêcher Haïkiti de sauter partout. C'est qu'il était excité, cet animal, il fallait le retenir ! Il couinait toutes les cinq secondes, exécutait de temps en temps quelques cabrioles sur l'épaule de Joy et celle-ci avait eu plusieurs fois peur qu'il ne s'enfuie. Mais les Boursouflets n'étaient pas de nature à s'échapper, et il n'avait encore jamais fait ce coup-là, pour la plus grande fierté de l'aiglonne.

Alors que cela faisait bien trois quarts d'heure qu'ils se promenaient et que la fillette commençait sérieusement à songer à rentrer, John lui proposa une course. Plutôt étonnée par la proposition, Joy accepta néanmoins, se disant qu'elle n'avait rien à perdre, et puis mine de rien, elle n'était pas nulle dans ce domaine ! Même si elle n'avait aucune endurance physique, ses capacités sur de courtes distances se révélaient plutôt bluffantes pour une enfant de son âge. La Serdaigle eut à peine le temps de sourire malicieusement à son ami pour lui signifier son accord qu'il était déjà parti à toute allure vers la ligne d'arrivée qui se trouvait un peu plus loin. N'oubliant pas de prendre Haïkiti en main pour lui éviter quelques désagréments et bousculades, elle s'élança à son tour dans la course, poussant ses capacités sportives au maximum, et elle dépassa rapidement son camarade de maison. L'aiglonne ne se retourna même pas pour jeter un coup d'oeil à son rival et elle se plia en deux lorsqu'elle fut enfin arrivée, serrant fermement ses côtes pour tenter de reprendre une respiration régulière. Lorsque Joy chercha son camarade du regard, elle le vit quelques mètres plus loin, rouge tomate, apparemment gêné. Inquiète, la Serdaigle s'approcha à pas rapides de lui.


« Ce n'est rien, rien du tout ! » balbutia-t-il.

Dubitative, l'aiglonne haussa les sourcils à John pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas née de la dernière pluie et qu'il était évident qu'il y avait quelque chose. En fait, au vu de comment le garçon se tortillait honteusement, il semblait cacher quelque chose derrière son dos, mais Joy n'arrivait pas à savoir quoi. Peut-être était-il tombé et son derrière était-il couvert de terre, signe de sa chute ?


« Heu.. Ça va ? Tu es tombé ? Tu t'es fait mal ? » questionna-t-elle, dans le but d'aider son ami. « Tu veux qu'on aille à l'infirmerie ? »

Inquiète pour son camarade, l'aiglonne se demandait pourquoi il paraissait autant mal à l'aise. Ça va, elle n'allait pas se moquer de lui pour une simple chute quand même ! Joy offrit un sourire rassurant au Serdaigle, tout en tentant vainement de faire taire Haïkiti qui poussait des couinements aigus.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

Un moment gênant  PV : Joy 

« Heu.. Ça va ? Tu es tombé ? Tu t'es fait mal ? Tu veux qu'on aille à l'infirmerie ? »

Tombé ? Si seulement ! Le pauvre John ne savait vraiment plus où se mettre. Il voyait bien que Joy comprenait qu'il essayait de cacher quelque chose, après tout c'était une élève futée, elle n'allait pas se laisser berner de la sorte. Coincée entre sa nouvelle amie et un animal de compagnie, John ne savait plus où se mettre. Il tentait tant bien que mal de cacher son malheur au yeux de Joy mais c'était assez difficile d'agir normalement lorsque l'on tortille sa robe de sorcier dans tout les sens pour combler un petit espace vide laissé par une vilaine ouverture. John essayait de penser aux options qui s'offraient à lui, bien qu'il n'en voyait pas vraiment beaucoup. Il n'allait tout de même pas avouer ce qu'il s'était passé à sa jeune amie, si ? En même temps, plus John y réfléchissait, plus il pensait que c'était la meilleure option. Qui plus est, le jeune garçon restait rouge vif au fur et à mesure que sa jeune camarade lui adressait de petits regards de questionnement. Mécontent de la situation dans laquelle il s'était mise, et ne voulant pas faire perdre plus de temps que ça à la jeune fille, John eût alors l'idée ... de s'asseoir par terre. Quoi ? C'était peut-être idiot mais au moins, il gagnait un peu de temps pour réfléchir à la situation embarrassante dans laquelle il s'était mise. Perplexe lui aussi, John comprit rapidement que Joy ne suivait pas vraiment ce qu'il se passait sous ses yeux. En plus, elle était occupée à tenir en laisse son animal de compagnie, qui semblait curieusement intrigué par le comportement du garçon. Histoire de calmer le jeu, John essaya de tourner la situation à son avantage :

" Ca t'es déjà arrivé de craquer ton pantalon ? Ou ta robe ? ", demanda-t-il, l'air de rien.

D'accord, stop, on s'arrête là. Gaffe. Bourde. Pourquoi il avait demandé ça ? Cette question avait autant de sens qu'un dauphin en plein désert ! En plus, au moment même où John avait ouvert la bouche, il savait qu'il allait rendre le moment encore plus gênant. Cela faisait parti de ce genre de moments où l'on souhaite s'enterrer sous terre et ne ressortir qu'au moment où tu serais régler. Et rien qu'à voir l'expression faciale de Joy, cela ne semblait vraiment pas bon. On aurait dit que son visage disait à John " Mais t'es malade comme garçon ?". En même temps, une question pareille, c'était vraiment ridicule. John se frappa la tête avec sa main pour montrer la stupidité de sa question. Joy sourit à ce petit geste un peu idiot et semblait partagée entre rire et doute. Il ne faisait vraiment aucun doute qu'elle se demandait ce que son ami avait pour se comporter comme un idiot à ce point. Peut être également qu'elle pensait que c'était le côté blagueur du jeune homme qui essayait de se manifester. En tout cas, John de son côté, toujours assis par terre, commençait à se poser des questions quant à la suite des événements. Sans trouver aucune solution et commençant à trouver la situation plus énervante qu'autre chose, parce que après tout cela venait gâcher un très bon moment, John finit par prendre le peu de courage qu'il avait en lui pour prendre la parole, tout en se relevant :

" Bon, arrête de faire cette tête, j'ai peur que tu reste coincée ! ", commença John tout en essayant de faire de l'humour pour le détendre un peu, parce qu'il avait vraiment peur que Joy se mette à exploser de rire. " Par pitié, ne rigole pas de mon infortune hein ! "

Malgré la gêne dont tout son être était empreint, John fini par se retourner rapidement, aussi rapidement qu'il le pouvait, histoire de ne pas non plus afficher ses fesses à sa jeune amie, parce que là, ça deviendrait un peu louche. En fait, John était maintenant partagé entre l'anxiété, jamais il ne s'était senti aussi gêné et inquiet pour la suite, et le soulagement, puisque après tout, maintenant au moins, il n'était plus obligé d'agir comme un abruti. Quand bien même le rictus qui se dessinait sur le visage de l'Aiglonne mettait John encore plus mal à l'aise et lui donnait envie de courir dans la direction opposée à elle, il espérait quand même qu'elle lui vienne un peu en aide. Mais il ne lui en voudrait pas si elle rigolait un bon coup, après tout, il aurait lui même rigolé si cela était arrivé à quelqu'un d'autre. Ce pour quoi il argumenta :

" Aller, je t'autorise à rigoler, va, finissons-en avec ce moment gênant ... Purée c'est pas vrai ..."

La voix de John s'étrangla un peu dans sa gorge à la fin de sa phrase et il avait envie d'échapper une larme ou deux, tant la situation le perturbait au plus haut point. Il se sentait idiot, débile, un peu comme un raté, sans trop savoir quoi faire. Joy semblait souriante, et elle avait l'air de se vouloir réconfortante, mais John n'arrivait pas à trouver un côté positif à la situation. Il se rassit par terre, décidé à ne plus bouger d'un poil, la tête dans ses mains, sans oser même regarder son amie. Il ne s'avait donc pas comment la situation allait tourner, à son avantage où non, et il essayait tant bien que mal de se réconforter avec les petits cris de la bestiole de Joy qui le faisait, mine de rien, légèrement sourire, tant ils lui faisait penser aux petits cris de son petit frère.

Un moment gênant  PV : Joy 

La question de Joy eut pour effet de mettre le Serdaigle encore plus mal à l'aise qu'avant, et l'aiglonne comprit que non, il n'était apparemment pas tombé. Alors quoi ? Elle s'apprêtait à questionner de nouveau son camarade lorsque celui-ci eut l'idée pour le moins saugrenue de.. s'asseoir par terre. Comme ça, au beau milieu du Parc. Les regards des élèves aux alentours se tournaient vers eux, et ils ne comprenaient visiblement pas pourquoi un première année de Serdaigle avait décidé de s'asseoir dans la pleine étendue d'herbe d'un coup, sans raison apparente. Joy, elle, avait une petite idée du pourquoi du comment. Son ami tentait probablement de cacher son derrière, restait encore à comprendre pourquoi. Alors que la fillette avait l'intention de lui dire que s'asseoir tout seul sur l'herbe le faisait passer pour un taré, le garçon prit la parole avant elle.

« Ça t'est déjà arrivé de craquer ton pantalon ? Ou ta robe ? » questionna-t-il le plus naturellement du monde.

Il est certain que la question en elle-même était déjà étrange, mais ce qui était particulièrement drôle, c'était la façon dont l'avait dit son ami. Il lui avait demandé ça sur le ton de la conversation, avec la même intention que s'il lui avait dit « Il fait beau aujourd'hui, n'est ce pas ? ». Franchement, c'était une drôle de façon de lui dire que sa robe s'était déchirée. Non parce que la petite Serdaigle n'était pas non plus complètement stupide, quand quelqu'un cherche à tout prix à vous tourner le dos et puis vous demande si vous avez déjà craqué votre robe, c'est bien parce que ça lui est arrivé. N'empêche que Joy ne savait pas trop comment réagir. Certes, elle avait très envie de rire — parce que franchement, tourner autour du pot pour si peu, c'était risible — mais elle s'empêchait de le faire, de peur de vexer son ami qui avait déjà l'air au fond du trou.

« Bon, arrête de faire cette tête, j'ai peur que tu restes coincée ! Par pitié, ne rigole pas de mon infortune hein ! »

Sachant déjà ce qui allait se produire, Joy retint un rire en voyant le Serdaigle exécuter une petite pirouette pour lui montrer ce qui s'était passé. Certes, la situation la faisait sourire, mais en réalité, elle était plutôt touchée par la gêne qui emplissait son compagnon, il avait l'air véritablement malheureux. Il en faisait vraiment un cirque et Joy ne comprenait pas trop pourquoi, ça pouvait arriver à tout le monde. Oui, en soi, c'était plutôt humiliant, mais que celui qui n'a jamais été dans une situation honteuse jette la première pierre. Haïkiti poussa un nouveau petit cri aigu et la fillette lui caressa la tête pour le faire taire, tout en gardant ses yeux fixés sur son camarade embarrassé.

« Allez, je t'autorise à rigoler, va, finissons-en avec ce moment gênant ... Purée c'est pas vrai... »

Apparemment, John pensait qu'elle avait envie de se moquer de lui, ce qui n'était pas du tout le cas. Il avait l'air tellement désemparé, c'en était presque triste. Heureusement qu'il était tombé sur Joy, qui n'était pas le genre de fille à rire des autres, parce qu'elle n'osait même pas imaginer ce qui se serait passé pour son ami s'il avait tout seul. Il se rassit dans l'herbe, et la Serdaigle en fit de même, se fichant désormais des nouveaux regards tournés vers eux, trop occupée à vouloir rassurer son ami.

« T'inquiète, c'est rien. Je m'en fiche, je ne vais pas me moquer de toi, je ne suis pas comme ça. Pas grave que ta robe se soit déchirée, ça peut arriver à tout le monde, dans quelques jours tu en riras. » lui dit-elle avec un grand sourire. « Ce qu'il faut faire, maintenant, c'est trouver un moyen de t'éviter la honte devant tout le monde. Il est évident que tu ne peux pas retourner dans le dortoir comme ça, comme si de rien n'était, surtout que tout le monde nous regarde déjà. » fit-elle remarquer en jetant un regard noir aux élèves qui les guettaient.

Ce n'était pas dans ses habitudes de se montrer sévère envers qui que ce soit, mais les étudiants qui les regardaient comme s'ils étaient des bêtes de foire l'énervaient pas mal. Ils avaient bien remarqué que quelque chose d'anormal se produisait. Joy leva ses yeux bleus clairs vers une élève qui ne les quittait pas des yeux, apparemment curieuse de comprendre ce qu'il se passait et elle le fusilla du regard, lui intimant silencieusement de partir. Elle sourit à son ami tout en réfléchissant à la meilleure façon de le sortir de l'embarras. Puisqu'il ne pouvait vraisemblablement pas se lever dans cet état, il fallait à tout prix trouver quelque chose qui cacherait son caleçon et qui n'était pas trop ridicule. Finalement, après quelques secondes de réflexion, la fillette décida que la meilleure chose à faire restait que John l'attende là pendant qu'elle courait lui chercher une robe de rechange.

« John, je vais aller te chercher une autre de tes robes dans la salle commune, attends-moi, je reviens vite ! » s'exclama-t-elle. «Tu peux le surveiller en attendant ? Merci ! » La fillette déposa son Boursouflet jaune pâle dans la main de son ami avec un clin d’œil et s'élança à travers le Parc sans même attendre la réponse de son ami.

** Quelques minutes plus tard **


Ça avait été assez rapide de trouver une robe pour John. Entrée en trombe dans la salle commune des bleus et bronze, elle avait foncé dans le dortoir des garçons et avait très vite repéré le lit de son ami. Bon, les autres garçons l'avaient regardé un peu bizarrement, mais elle n'y avait pas porté grande attention et s'était dépêchée de fouiller dans sa valise pour trouver une autre robe. Elle en avait sorti une précipitamment, au hasard et était ressortie de sa salle commune aussi vite qu'elle y était entrée sous les regards ahuris de ses camarades de maison.

À présent, elle s'approchait à pas rapides du Serdaigle en lui montrant fièrement la robe. Lorsqu'elle fut arrivée près de lui, elle lui mit le vêtement dans les bras tout en lui disant.


« Maintenant, faut que tu trouves un endroit pour te changer.. Je t'attends »

La fillette de onze ans n'eut pas à attendre plus tard puisque seulement deux minutes plus tard, son ami ressortit dans la nouvelle robe, toujours mort de honte. Un certain silence s'installa entre les deux Serdaigle, et ce fut finalement Joy qui prit la parole en première.

« Bon et bien.. À demain » fit-elle d'une petite voix tout en s'éloignant vers le château avec un salut de la main.

Reducio
Puisque John n'est plus sur le site, j'ai du modifier mon post en terminant le RPG ici. Ça fait un peu bâclé mais pas le choix :ermm:

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.