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« À l'impossible je suis tenu. », dit-on.  PV 

Le bal de Noël était maintenant passé depuis plusieurs semaines. Cette soirée s’était terminée sur l’élection d’Ivan et d’Ambre comme roi et reine du bal. Rien que ça. Les deux jeunes gens étaient très contents de recevoir ce ‘’titre‘’, d’autant plus qu’ils ne se connaissaient, et encore, que depuis quelques semaines. Ils avaient d’ailleurs profité de cette soirée de bal de Noël pour faire plus ou moins connaissance, à l’exception de leur petit passage sur la piste de danse, qui avait d’ailleurs révélé les talents de danseur du nordique. Bref, tout ça pour dire que la Poufsouffle avait passé une très bonne soirée, elle espérait que son cavalier avait tout autant apprécié la soirée qu’elle.

Mais depuis ce soir ils ne s’étaient plus vraiment reparlé. La rouquine était certes allée regarder le match opposant les Lynx de Durmstrang aux Lys de Beauxbâtons, ces derniers ayant d’ailleurs gagné le match, mais elle n’avait pas réussi à retrouver Ivan après le match. Elle s’était d’ailleurs dit que toute l’équipe de Durmstrang était peut-être retournée dans le navire qui leur avait servi pour venir jusqu’à Poudlard. Ou peut-être qu’Ambre n’avait tout simplement pas assez cherché ? Mais le voulait-elle vraiment ? Là était toute la question…

Quelques jours plus tôt la troisième année avait reçu un mot, donné par un première année de Poudlard. Il lui avait dit que cela venait d’un grand garçon qui faisait peur et qui ne parlait pas bien anglais, avant de rapidement repartir dans l’autre direction. La seule personne qu’Ambre connaissait et remplissant ces critères était Ivan. Un mince sourire apparut sur son visage lorsqu’elle lu, malgré les fautes, que le nordique souhaitait la revoir, en lui proposant un rendez-vous. Pourquoi pas ? Après tout ce n’était qu’Ivan.

C’est donc comme ça qu’Ambre se retrouva à attendre dans le parc, lieu indiqué dans le mot que son cavalier d’un soir lui avait fait parvenir. Elle n’avait pas vraiment eu à réfléchir longtemps pour savoir si elle allait ou non y aller. De toute façon, au vu du mot, Ivan semblait penser que la Poufsouffle n’allait pas refuser. Le mot comportait simplement le lieu, la date et l’heure, ainsi que la signature du jeune homme. En somme ce n’était pas vraiment une demande qui attendait une réponse. Et puis comme elle n’arrêtait pas de se le répéter, ce n’était qu’Ivan, que pouvait-elle redouter ? Bref, elle avait décidé d’y aller. Le printemps arrivait peu à peu, mais la fraicheur de la fin d’hiver se faisait encore ressentir, si elle avait su elle aurait pris un manteau, au lieu de n’avoir que sa cape sur elle… Enfin bref cela n’avait pas beaucoup d’importance. De loin elle reconnut la silhouette d’Ivan et brandit la main pour lui faire signe avec un grand sourire:

« Bonjour Ivan ! »

« DÉFONCE-LES TOUS », Monseigneur Endive • « Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe » • Batteuse des Frelons

« À l'impossible je suis tenu. », dit-on.  PV 

Ivan n’avait pas dormi la nuit qui avait suivi le Bal. Après tout ce qu’il s’était passé durant cette soirée-là – l’élection qui l’avait laissé de marbre, la piste de danse et les conversations avec l’anglaise –, la jeune fille à la chevelure rousse ne cessait de lui tourner dans la tête, ses sourires, son étonnement ; il se remémorait chacune de ses expressions comme d’une photographie qui n’aurait pas jauni malgré le temps qui passe. Plusieurs de ses camarades l’avaient d’ailleurs harponné, tantôt en langues slaves, tantôt imitant son anglais désastreux, et lui avait signifié qu’il n’avait pas arrêté de se tourner sous sa couverture toute la nuit.

Durant les semaines qui suivirent, et à mesure que l’hiver mourait pour renaître printemps, Ivan n’avait eu que deux fois l’occasion de croiser Ambre à nouveau : à la fin du match de Quidditch qui s’était joué peu après le Bal – mais il n’avait pas souhaité lui parler car son orgueil en avait pris un coup – et dans les couloirs du château alors que la jeune fille sortait d’un cours, mais le slave devait rejoindre le plus vite possible le navire, aussi n’avait-il pu qu’agiter la main pour lui dire bonjour.

L’occasion s’était présentée au début du printemps : le samedi suivant, Ivan et toute sa troupe serait exceptionnellement en quartier libre. Gare néanmoins à respecter l’éthique, l’étiquette et la réputation de Durmstrang ! Ivan garda un air neutre tandis que le Directeur les assénait d’ordres à suivre et de règles à respecter, mais sauta sur le premier bout de papier qu’il trouva et griffonna rapidement une courte phrase « 
Rendé-vou prêt du hangar sammedi a 10 a.m. » suivie de sa signature. Il fourra le papier dans sa poche en toute hâte, entendant quelqu’un arriver, cacha rapidement sa plume et son encrier et marcha d’un pas rapide et maladroit en direction de la salle à manger pour rejoindre les autres, comme s’il cherchait une excuse ou un alibi à un crime qu’il n’avait pourtant pas commis.

Le repas terminé, il profita de la demi-heure qu’ils avaient encore à disposition pour se précipiter dans le château anglais et donner son bout de papier à un petit garçon tout maigre à l’écusson vert à qui il donna foultitudes d’ordres, tous bafouillés en raison de son catastrophique niveau d’anglais. Fort heureusement, il avait pensé à mettre le nom de la destinataire « 
Ambre B. » car l’air circonspect et effrayé de l’enfant laissait penser qu’il n’avait pas compris un traître mot du flot de paroles de l’adolescent qui se dépêcha de revenir à temps pour le couvre-feu.

Les jours suivants parurent une éternité au slave qui ne cessait de ruminer, le soir, lorsqu’il ne parvenait pas à s’endormir, ce qu’il allait lui dire afin de ne pas apparaître plus débile qu’il n’était déjà – tout du moins, était-ce possible ? – et comment il allait gérer la situation. C’est donc avec une pointe d’anxiété qu’il était arrivé sur les lieux du rendez-vous et qu’il avait commencé à faire les cent pas. Finalement, il entendit une voix. C’était la jeune fille qu’il attendait de pied ferme. Il tenta un sourire, se rapprocha d’elle, s’approcha d’abord de sa joue puis lui serra maladroitement la main.


— Bonjour Ambre ! Content que toi as pu venir.

Ivan tenta un sourire, mais celui-ci se ressemblait plutôt à une grimace qu’à autre chose. Il décida alors de reprendre une expression neutre et typiquement slave, celle qu’il savait le mieux maîtriser. Quelques secondes de gêne passèrent avant qu’Ivan ne brisât un silence qui n’aurait pas tarder à s’installer entre les deux adolescents.

— Hum… Tu voudrais que nous allons marcher ?

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Le slave l’attendait visiblement un peu plus loin, mais lorsqu’il l’aperçut il se dirigea immédiatement vers elle. Il esquissa ce qui semblait être un sourire, ce qui en arracha un à la rouquine. Décidemment Ivan n’était vraiment pas à l’aise avec elle, ce qui ne manquait pas d’être comique aux yeux de la jeune fille, sans pour autant se moquer du garçon. Lorsqu’il fût à sa hauteur, il se pencha d’abord vers son visage mais se redressa presqu’immédiatement comme si quelqu’un lui avait soufflé dans une oreillette qu’il n’avait pas le droit de faire ça. Il se redressa donc et lui empoigna la main, un peu comme un entrepreneur qui sert la main d’un nouvel employé. C’était une réaction plutôt étrange mais Ambre ne préféra pas lui faire remarquer.

Il retenta un sourire mais changea rapidement son expression en quelque chose de beaucoup plus neutre et presque glacial. La troisième année n’avait pas vraiment l’habitude de voir des personnes aussi… inexpressive. A Poudlard la plupart des élèves étaient toujours enjoués, ou ceux qui ne l’étaient pas arrivaient très bien à le faire comprendre aux autres en ayant toujours des airs renfrognés, de ceux qui vous font comprendre qu’il ne vaut mieux pas aller l’embêter. Rien à voir avec l’expression d’Ivan, qui était aussi expressif qu’un grille-pain. Mais elle ne lui en voulait pas, loin de là. Disons qu’elle comprenait que cela devait être dans sa nature, elle imaginait mal les élèves de Durmstrang autrement en fait.

Un silence un peu gênant s’installa entre les deux adolescents, dommage que la rouquine n’avait pas dans ses poches deux chocogrenouilles en chocolat ou n’importe quelle autre friandise, généralement cela réussissait à réchauffer l’atmosphère lorsqu’elle en proposait aux autres… Mais rapidement Ivan rompit le silence en lui proposant de marcher un peu. Elle acquiesça et se mit en route.

Elle ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi Ivan avait voulu la voir. Enfin, elle comprenait quand même n’allez pas croire, ils avaient passé le bal de Noël ensemble tout de même, et elle espérait qu’ils ne perdraient pas contact à la fin de l’année, lorsque les délégations rentreraient dans leurs pays respectifs. Mais elle était quand même un peu étonnée du fait qu’ils veuillent la voir seule, les occasions de se voir et de passer un peu de temps ensemble, au château dans la grande salle aux heures des repars par exemple, n’avaient pourtant pas manqué ces dernières semaines. Si les cogitations internes des gens pouvaient se voir depuis l’extérieur, un gros point d’interrogation flotterait au dessus de la tête de la jeune sorcière. Elle se racla la gorge et s’adressa au nordique tout en lui souriant :

« Pourquoi n’es-tu pas directement venu m’apporter ton message ? Je croyais que les élèves de Durmstrang n’avaient peur de rien ? »

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La jeune fille accepta la proposition du slave et tous deux partirent dans le sens opposé à celui de l’école et, de fil en aiguille, du navire de Durmstrang. Kovacevic ne cessait de réfléchir à la manière dont il allait tourner l’aveu qu’il souhaitait faire, sans que cela soit trop brusque et de manière à ce que l’anglaise puisse comprendre ce qu’il voulait dire, ce qu’il voulait lui signifier, quoique cela ne se décelait pas dans ses yeux au fond desquels un voile sombre s’était étendu.

Ils marchèrent pendant plusieurs minutes, ne se parlant pas et profitant du souffle de la légère brise que se levait et qui chatouillait leur visage. Ivan avait tourné la tête pour éviter d’avoir le beau regard d’Ambre dans les siens et pour qu’elle ne constate pas qu’il rougissait en voyant ses yeux briller tel des diamants trop précieux pour exister.

Peu à peu, ils s’éloignaient du château et peu à peu, Ivan se disait que ce n’était peut-être pas une bonne idée, peut-être aurait-il dû rester au bateau, suppliant un première année de son école de dire à la jeune fille rousse avec une insigne de bronze qu’il était tombé malade en mangeant un potage trop cuit et qu’il lui avait été ordonné de rester alité une bonne partie de la journée. Au final, l’adolescent se dit qu’il avait bien fait d’honorer le rendez-vous qu’il avait lui-même. À ce propos, la poudlardienne lui posa une question qui manqua de le courroucer.


— Pourquoi n’es-tu pas directement venu m’apporter ton message ? Je croyais que les élèves de Durmstrang n’avaient peur de rien ?
— Hum… En vrai, nous avons peur que d’une chose, commença-t-il en retenant un soupire d’exaspération, plus envers lui-même qu’envers la jeune fille : faire des taches sur notre réputation. Je ne crois pas qu’on dit comme cela en anglais...

Ivan baissa légèrement la tête et une légère teinte rose ajouta quelque chaleur au visage blanc presque maladif qui trahissait son origine. Il n’osa même pas se dire que c’était la fraîcheur de l’air qui lui donnait des couleurs, car le climat de Durmstrang était beaucoup plus rude et il rosissait surtout au niveau du nez, contrairement à l’instant présent où seul ledit nez était encore épargné. Il déglutit un peu avant de continuer, comprenant qu’il avait sans doute gaffé.

— Pardon, n’est pas ce que je voulais dire. A Durmstrang tu vois, nous avons pas l’habitude d’être avec des filles. Il y en a, mais elles sont pas beaucoup. C’est pour ça que je suis maladresse, euh… maladroit.

Les deux jeunes avaient continué d’avancer en direction du bout du lac et se trouvaient à présent près d’un petit bois qui constituait une excroissance de la forêt de l’école. Ivan fit un geste à Ambre qui l’invitait à s’asseoir sur un rocher plat, assez grand pour que les deux adolescents s’y assoient. L’atmosphère se montra tout de suite plus détendue et Ambre lança quelques blagues qu’Ivan ne comprit pas en raison de sa méconnaissance de la langue anglaise, mais auxquelles il rit de bon cœur.

Néanmoins, il se refusait toujours à expliciter les raisons d’un tel rendez-vous et surtout, dans un coin aussi éloigné du château et du navire. En vérité, Kovacevic vérifiait depuis plusieurs minutes du coin de l’œil que personne ne venait dans leur direction, qu’ils étaient tranquilles et saufs dans leur coin un peu privé. Il profita d’un blanc dans la conversation pour se lancer.


— Je dois dire que je te apprécier beaucoup… très…

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Les réponses qu’Ivan apporta résonnèrent comme de nouvelles questions dans la tête de la rouquine. Ne pas faire de tâches sur sa réputation. Ambre connaissait, pas besoin d’être à Durmstrang pour avoir ce genre de réaction et réflexion. Cette simple phrase fit apparaître de nombreuses questions dans la tête de la troisième année, en particulier la fameuse question que tous le monde ne connait que trop bien ‘’pourquoi avoir dit ça ?‘’. Son regard se posa sur le visage du nordique, qui venait de prendre une étrange teinte rosée qu’elle ne lui imaginait pas. Il enchaîna en ajoutant que la raison de sa maladresse était le fait qu’elle soit une fille et qu’il n’y soit pas habitué, venant de Durmstrang. Si cela n’avait pas été vu comme un geste idiot et brusque et tous les adjectifs que vous voulez, Ambre lui aurait sûrement crié dessus de continuer et d’être plus clair dans ses paroles. Mais elle n’en fit rien. Une boule pris place au milieu de son ventre et elle continua de marcher, comme si de rien n’était.

A proximité d’un petit bois, les deux sorciers prirent place sur un rocher. Jugeant l’atmosphère légèrement tendue, Ambre essaya de raconter quelques blagues à l’adolescent. Il ne devait pas vraiment tout comprendre à cause de la langue, mais la Poufsouffle apprécia l’effort qu’il faisait pour y rire. Difficile de rire lorsque l’on ne comprend pas la blague, mais il le faisait quand même, probablement pour ne pas la vexer. Quoiqu’il en soit elle appréciait. Et la boule dans son ventre persistait.


« Je dois dire que je te apprécier beaucoup… très… »

Il fallait bien l’avouer, Ambre ne savait pas vraiment comment réagir à cela. Et visiblement son corps non plus. Elle détourna la tête en direction du château, les yeux dans le vide. Sa respiration s’accéléra pendant quelques secondes avant qu’elle ne le remarque, et la régule à nouveau. Elle ne voulait pas ressembler à une personne qui venait de courir un marathon sans entrainement. Bien qu’elle doutait que courir un marathon sans entrainement soit réellement possible. Enfin bref là n’était absolument pas le problème. La boule qui occupait déjà une place conséquente dans son ventre semblait avoir doublé voir même triplé de volume. Elle passa une main dans ses cheveux et la reposa délicatement sur celle d’Ivan :

« Moi aussi je t’apprécie beaucoup Ivan… Mais… »

Sa voix se brisa et elle retira peut-être un peu trop brusquement la main qu’elle avait posée quelques secondes plus tôt sur celle de son cavalier d’un soir. Elle posa un regard soucieux sur Ivan, cherchant comment elle pouvait tourner sa phrase pour ne pas le blesser, et même pour ne pas se blesser elle-même. Après un long soupire elle décida que si elle ne disait rien cela ne sortirai jamais :

« Mais… »

Elle n’eut même pas le temps de terminer qu’Ivan lui coupa la parole.

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Plus la situation allait, moins le nordique se sentait bien. Il n’aurait jamais dû demander à la jeune fille de passer du temps avec lui malgré ce qu’il voulait lui dire, ils auraient dû s’arrêter au bal de Noël, c’était très bien ainsi. Tous deux étaient mal à l’aise et la tension était palpable. Et le slave n’arrivait pas à se départir de son teint rosé de gêne, tandis qu’il sentait que l’élève de Poudlard à ses côtés ne savait pas quoi ajouter pour détendre une situation venimeuse. Finalement, l’adolescente posa sa main sur celle d’Ivan qui se tourna pour la regarder, le cœur battant à tout rompre, et l’œil étonné, une goutte de sueur perlant sur la tempe du jeune homme. Il n’eut guère le temps de s’imaginer ce qu’elle allait lui dire qu’elle commença précipitamment sa phrase.

— Moi aussi je t’apprécie beaucoup Ivan… Mais…

Une boule lui monta dans la gorge. Ce « mais » signifiait l’exact opposé de ce qu’il souhaitait. En réalité, il n’était pas même pas certain de ses sentiments, n’ayant jamais, à seulement quinze ans, connu les affres de l’amour. Après tout, cela pouvait aussi n’être qu’une amitié sincère et profonde, n’est-ce pas ? Ivan commençait à douter de lui-même, ça n’était pas bon signe. Il devait se reprendre, mais le moment était clairement mal venu. Dans tous les cas, il avait compris que rien n’arriverait jamais entre un slave et une anglaise, cela semblait évident. Et cela aurait dû lui être évident dès le départ, il n’aurait jamais dû aller au bal avec elle. Voire ne pas y aller du tout.

Elle retira sa main et plongea à nouveau son regard dans celui du garçon. Un regard inquiet, désolé, qui fit ressentir au petit Kovacevic un serrement au cœur, comme jamais il n’en avait eu, même en apprenant la mort de son hippogriffe adoré. Ressaisis-toi bon sang, tu es un Kovacevic, descendant de la branche cadette de Vlad III de Valachie, ça n’est pas rien ! Si tu n’empales pas, aie au moins un peu de dignité !


— Mais…
— Tu préférer Jonas, cela est ? la coupa-t-il et lui lança-t-il à la volée. J’ai avoir vu que tu l’as beaucoup regardé pendant la tache deux. Enfin, je supposer que cela est mieux comme.

Comme s’il avait été blessé dans son honneur, Ivan se leva, les poings serrés. Le soleil était à présent au zénith et les cloches du château annonçaient le milieu de la journée, mais Ivan n’avait pas faim, sans aucun doute parce que son estomac était noué.. Il tourna son regard en direction de la jeune et lui adressa un sourire. Un sourire sans doute bloqué par la rage et la tristesse qui montaient doucement de son être.

— Ravi de t’avoir connue.

Il comptait conclure sur cette phrase prononcée dans un anglais étonnamment proche de la perfection puis s’éloigner en direction du navire de Durmstrang, mais la réplique qu’allait lancer la Poufsouffle le stopperait net dans sa marche.

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«  Tu préférer Jonas, cela est ? J’ai avoir vu que tu l’as beaucoup regardé pendant la tache deux. Enfin, je supposer que cela est mieux comme. »

Le slave se leva, poings serrés, sans que la troisième année ne puisse dire quoi que ce soit pour lui assurer qu’il faisait fausse route. Ou du moins, que ce n’était pas exactement ce qu’il pensait. Lorsqu’elle le vit se lever, elle tendit le bras inconsciemment dans sa direction, comme pour l’arrêter, mais le rebaissa rapidement, cela ne servirait à rien de toute façon. Elle tourna la tête dans sa direction. En apercevant le sourire triste qui s’affichait sur le visage d’Ivan, elle se mit à fixer le sol devant elle, comme honteuse de lui avoir donné l’illusion qu’il y avait peut-être plus. Mais comment pouvait-elle lui expliquer alors que même elle ne comprenait pas exactement tout ce qu’il se passait ?

« Ravi de t’avoir connue. »

« Marie. C’était Marie que j’essayais de voir… »

Elle prononça ces mots tout en continuant de fixer le sol, sentant la boule dans son ventre s’agrandir encore plus. Ses battements s’accélérèrent si bien qu’elle les entendait nettement retentir dans sa tête. Elle avait l’impression que jamais auparavant elle n’avait été aussi stressée qu’à ce moment précis.

« Ivan, Jonas n’est pas mieux que toi, et Marie… Marie c’est différent… Ou c’est moi qui suis différente, qu’est-ce que j’en sais ? C’est juste que c’est pas pareil… »

Difficile de penser que le jeune garçon allait comprendre ce qu’elle voulait dire exactement. Elle avait beau dire qu’elle ne comprenait pas tout de ce qu’il se passait, mais au fond d’elle, elle savait. Malgré le fait qu’elle ne veuille pas l’avouer elle savait pertinemment qu’en effet, pour elle, Marie Duval était différente des autres personnes du château, et des autres délégations, Ivan compris. Certes, elle était différente, mais du haut de ses treize ans, Ambre ne comprenait pas exactement en quoi, ou du moins elle n’en était pas certaine et ne comprenait pas forcément toutes les facettes de ce qu’elle ressentait pour la française.

Tout ce qu’elle pouvait dire, c’était qu’elle avait tout de suite été attirée par la jeune fille. Elle avait d’abord pris cela pour une sorte de sentiment de curiosité, Marie venait d’un autre pays, elle était un peu plus âgée, elle la trouvait belle aussi, mais on pouvait également percevoir cela comme de l’envie. L’envie d’être à sa place, de pouvoir prétendre au titre de champion de son école. Mais plus elle y pensait et plus elle se rendait compte que ce n’était pas que ça.

Jamais elle ne regretterait le bal passé en compagnie d’Ivan. Cette soirée resterait gravée dans sa mémoire. Jamais un garçon n’avait été aussi gentil et attentionné envers elle, et le collier qu’il lui avait offert le lui rappellera chaque fois qu’elle le mettra, elle en était persuadée. Mais elle n’oubliera également jamais que l’idée d’inviter Marie Duval à ce bal lui avait traversé l’esprit. Elle n’oubliera également jamais le sentiment qu’elle avait eu lorsqu’elle avait aperçu la française en compagnie du champion de Durmstrang.

La Poufsouffle releva la tête vers Ivan, une larme roulant sur sa joue. Elle lui sourit tristement :


« Je suis vraiment désolée… »

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— Marie. C'était Marie que j'essayais de voir.

Ses pieds ne répondirent plus. Ses jambes non plus d'ailleurs et même tout son corps semblait s'être complètement gelé sous le coup de la nouvelle. Comment cela était-il possible ? État-ce bien légal ? Dans son pays, une loi archaïque l'interdisait. Il était même interdit d'en parler. Cela n'était sans doute pas le cas en Écosse, sinon la jeune fille n'aurait-elle sans doute jamais osé en parler. Un bouillonnement intense se produisait dans la tête de l'adolescent tandis qu'Ambre poussait plus loin son explication :

— Ivan, Jonas n’est pas mieux que toi, et Marie... Marie c’est différent... Ou c’est moi qui suis différente, qu’est-ce que j’en sais ? C’est juste que c’est pas pareil...

La poudlardienne semblait sincère. Ivan se posait également la question. "C'est pas pareil", venait-elle de lancer. Ça n'était pas pareil, mais différent ne voulait pas obligatoirement dire mal. Fiodor, l'oncle du slave, avait subi les affronts de son homosexualité quelques années auparavant. Les images de ce qu'il s'était produit seraient sans doute à jamais gravées dans son esprit encore juvénile. Ce que cette communauté devait subir quotidiennement le révulsait — pourquoi ? et, plus important, ... pour quoi ? — et l'effrayait. Pour ne pas aimer comme tout le monde, certaines et certains étaient bannis, enfermés, disgraciés... ou même pire...

En réalité, Ivan était désolé pour la jeune fille. Désolé qu'un être aussi sympathique, généreux et touchant puisse être la victime de telles choses. Il pivota sur ses talons et vit la jeune fille en pleurs. Il regretta de l'avoir poussée à bout, de l'avoir mise au pied du mur, d'avoir brisé ses défenses, les avoir faites exploser en mille morceaux. Mais en définitive, se demanda le slave, était-ce un mal ? Certes, Ambre sanglotait, mais au moins, cela lui aura-t-il permis de se libérer. Cela ne pourrait lui être que bénéfique pour la suite, pour les années à venir...

Elle tenta un sourire, mais Ivan comprit parfaitement que ce sourire n'était qu'illusion, une morphologie du pardon, en quelque sorte, qu'elle s'apprêtait à demander implicitement :


— Je suis vraiment désolée...

Alors, comme un prince charmant qui fût venu des pays slaves, il posa un genou au sol et lui essuya sa larme en lui affichant un sourire candide de fraternité.

— Tu n'as pas besoin. Je être certain que tu auras une très belle et gentille épouse plus tard !

Il lui prit ensuite la main de manière galante.

— M'accorderiez-vous une dernière danse, Mademoiselle Baxrendhel ?

Reducio
RPG terminé de mon côté. Content d'avoir pu le faire avec toi et merci ! :D

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Alors qu’elle sanglotait, persuadée qu’Ivan allait trouver toutes ces explications encore pire que si elle avait effectivement préféré Jonas à lui, elle fût surprise de sentir la main du slave passer sur sa joue pour essuyer la larme qui venait d’y couler. Elle le regarda, surprise, avant de répondre à son sourire.

« Tu n'as pas besoin. Je être certain que tu auras une très belle et gentille épouse plus tard ! »

Le jeune garçon venait de dire tout haut ce que la rouquine espérait au plus profond de son être, et qu’elle n’avait jamais réussi à s’avouer. Elle n’avait peut-être que treize ans, mais qu’importe, il n’y avait pas besoin de se poser trente-six questions, si pour elle c’était comme ça, c’est que cela l’était. Peut-être qu’un jour ce ne sera finalement pas ça, ou peut-être pas, ou peut-être que cela ne le sera plus pendant un moment, puis ce le sera de nouveau. Bref, qu’importe. L’important était qu’elle soit heureuse et transparente avec elle-même et sur ce qu’elle ressentait.
Ivan la surprit lorsqu’il lui prit délicatement la main, tout en lui disant :


« M'accorderiez-vous une dernière danse, Mademoiselle Baxrendhel ? »

Un vrai sourire prit place sur le visage de la troisième année. Elle ne pouvait pas rêver mieux comme réaction. Danser avec Ivan était quelque chose qu’elle appréciait particulièrement, bien qu’elle ne l’ai fait qu’une fois, au bal de Noël, mais cette expérience lui suffisait pour savoir qu’elle appréciait beaucoup. Elle avait l’impression de s’évader du monde réel, que plus rien autour n’existait, que la seule chose importante était de suivre les pas de son cavalier, et de se laisser guider. Se laisser guider, voilà peut-être ce qu’elle appréciait le plus. Ne pas devoir réfléchir à ce qu’elle devait faire, se laisser aller, se laisser emporter, ne plus se poser de questions. Oui, se couper du monde réel, pour quelques secondes. Elle ne demandait que ça.

« Avec plaisir Ivan. »

Elle se leva, et se laissa guider.

Dans le parc où la fraicheur du début du printemps régnait, les rares élèves bravant courageusement la température pour se balader dans le parc ne pouvaient pas ne pas voir ces deux élèves danser, loin, loin de toute cette réalité. Ils n’étaient qu’eux deux, seuls, dans leur bulle, parenthèse dans cette dure réalité. Le roi et la reine du bal de Noël s’accordaient une dernière danse, point d’orgue d’une histoire que nul n’aurait pu imaginer avec cette fin. Le vent, les bruits de leurs propres pas sur le sol ainsi que ceux des promeneurs et tout les bruits du parc, leur servait de fond sonore, les accompagnant dans cette dernière danse. Lorsque les pas de danse cessèrent, la rouquine passa ses bras autour du cou du jeune slave, sans un mot. Jamais elle n’oublierait ses paroles. Ivan aura toujours une place particulière dans son cœur. Il n’y avait pas besoin de mot pour ça.


-FIN-


Reducio
C'était un plaisir, merci ! :D

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