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Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

[center]- OCTOBRE - [/center]

Mia avait décidé de se promener un peu après Elle aimait les grandes étendues sauvages, même si elle habitait à Londres, et elle n'avait encore jamais visité le Parc. C'était l'occasion rêvé. En plus, avec le vent qui soufflait, les nuages orageux qui s’amoncelaient au dessus du château et les feuilles mouillées qui commençaient à tomber, personne ne sortait. Un facteur décisif pour la jeune Serpentard qui enfila ses gants en peau de dragon et se dirigea vers le Hall, presque en sautillant - presque. Malgré la non-présence d'élèves, les portes étaient grandes ouvertes, et la jeune fille s'engouffra dans le frais encore vivable de ce mois d'octobre.

Un vent léger traînait, mais il n'était pas désagréable et Mia appréciait ce contact. Ne sachant pas vraiment par où commencer, elle se dirigea vers me mur d'enceinte, qui semblait plus enclin à être visité que le reste (à l'Est, la Forêt Interdite qui, comme son nom l'indique est... interdite, et au Sud, le Lac - pas vraiment la saison pour une petite baignade). La jeune fille était guillerette, elle sortait tout juste d'un cours de Sortilèges où elle avait particulièrement eu quelques soucis, mais elle se sentait vivante, dans cette immense étendue de gazon. Elle pouvait entendre le gazouillement de quelques oiseaux et elle en profita ; c'était probablement la dernière fois qu'elle les entendait jusqu'au printemps prochain.

Soudain, elle aperçut une jeune fille qui devait être à Gryffondor, comme le supposait sa longue robe noire à intérieur rouge. Ce n'était pas dans les habitudes de Mia d'aller voir de son propre chef les gens, sa timidité refaisant surface trop souvent, et encore moi les Griffons - elle avait même plutôt tendance à les fuir. Cependant, elle était curieuse. La jeune fille avait dans ses mains des feuilles de parchemin et semblait avoir quelque peu du mal. Indécise, la jeune vert et argent se mordit la lèvre inférieure. Que faire ? Intérieurement, elle avait vraiment envie d'aller voir cette jeune fille, toute seule, dehors, en plein mois d'octobre, qui semblait se ficher de la météo et du vent qui commençait à faire frissonner les gens. D'ailleurs, Mia s’emmitoufla un peu plus dans sa cape. Mais en même temps, les Gryffondor étaient, à ce qu'il paraît, les ennemis jurés de sa Maison. Et en plus, elle avait beaucoup de mauvais rapport avec eux - comme quoi, la haine ne tenait pas que de la légende.


*Allez, Mia, c'est le moment de te surpasser*, lui chuchota alors une petite voix dans sa tête.

La jeune fille inspira un grand coup et se dirigea à grandes enjambées vers la rouge et or, décidée à vaincre sa timidité. Mais à quelques mètres de l'autre fille, elle s'arrêta. Elle serra les dents, et se battit mentalement quelques instants avec elle-même. La lutte semblait durer, sans que l'une des deux ne prennent le dessus, puis Mia poussa un petit "Mh !" de satisfaction. Elle continua de s'avancer vers la Griffonne.


"Sa- salut", fit-elle, rouge pivoine.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

Cassiopé Wagner adorait l'école. Elle adorait les cours, et adorait ses professeurs. Ce qu'elle aimait moins, c'était la quantité astronomique de devoirs que ces derniers avaient imposés aux première années, un mois seulement après la rentrée. La jeune fille, habituellement d'humeur joyeuse et souriante, affichait désormais une moue maussade, à l'image du temps orageux et humide qu'elle apercevait derrière les carreaux de la douillette salle commune de Gryffondor.

Soufflant dessus, elle dégagea une mèche bouclée chocolat de devant ses yeux, réajusta ses lunettes, et se pencha pour énième fois sur le devoir de potion qu'elle devait rendre le lendemain même. Ce n'était rien de bien compliqué -rien qui soit au dessus de ses capacités et tous cas- mais, combiné aux devoirs de Métamorphose et de Défense Contre les Forces du Mal qu'elle devait rendre à la même date, cela restait un travail fastidieux, car elle tenait à rendre une copie impeccable à Miss Primard.


« Lister les ingrédients nécessaires à la préparation de la potion, et leur rôle. »

La jeune fille mordilla machinalement l'extrémité de sa plume, trempa la pointe dans l'encrier, et se mit à écrire.

Pendant quelques instants, on n'entendit que le grattement de la plume sur le parchemin, ponctué de quelques soupirs. Mais au bout d'une dizaine de mots, Cassiopé suspendit son geste, et se remit à mâchouiller sa plume. L'inspiration ne venait pas. Son regard se porta au dehors, sur les arbres dont on apercevait la cime au travers des carreaux. Ils semblaient se balancer doucement, sûrement au gré d'une quelconque brise automnale. Leur mouvement hypnotisait la jeune Gryffondor, l'intéressant visiblement davantage que son devoir de potion.

Les yeux rivés sur la cime des sapins sombres, le jeune fille éprouva soudain comme une étreinte à la poitrine. Elle inspira une grande goulée d'air pour faire passer cette sensation désagréable, mais rien n'y fit. L'étau qui enserrait sa poitrine se resserra . Elle se mit à respirer avec difficultés, et de façon saccadée. Il lui semblait que les murs de la pièce bougeaient -sans doute l'effet des flammes de la cheminée- et se rapprochaient d'elle. Sa tête se mit à tourner, et sa respiration accélérait toujours. Et il n'y avait aucun élève dans la salle pour lui apporter de l'aide.


*Calme toi, Cass. Ce n'est qu'une crise de panique. Tu sais gérer cela, n'est ce pas?* se dit-elle.

Au prix d'un réel effort, elle se leva brusquement -faisant sursauter un gros matou roux qui dormait devant le feu ronflant de la cheminée- enfila la cape posée sur le dossier de sa chaise, et attrapa la liasse de parchemin étalés sur la table avant de les glisser sous son bras, et de se diriger résolument vers la sortie de la salle commune.

Il lui fallait de l'air. De l'air pur. C'était exactement comme cet été, chez sa tante Ellerina. Elle avait fait une crise semblable, après laquelle Tante Ellerina, Medicomage à Ste Mangouste, lui avait fortement conseillé de sortir à l'air frais lors d'une crise de ce genre.


« L'air et le vent apaisent les tourments. » Avait-elle dit.

En se hâtant le long des couloirs glacials du septième étage, le jeune fille sentit la sensation d'étourdissement diminuer. Mais elle avait toujours du mal à respirer. Elle descendit une volée de marches sans croiser personne, mais arrivée à l'embranchement d'un couloir, elle aperçut la silhouette de Peeves voleter au dessus de la tête de deux filles de quatrième année en poussant des cris perçants. Bien résolue à s'éviter davantage d'ennuis, Cassiopé bifurqua en direction d'un autres escalier.

Lorsqu'elle atteignit enfin les grandes portes de chênes qui donnaient accès au parc, sa respiration s'était calmée à son tour. Elle s'engagea donc plus sereinement entre les deux lourds battants que quelqu'un avait par ailleurs laissés ouverts.

Lorsqu'elle quitta la protection des épais murs de pierre, une fine brise s'engouffra dans ses boucles et les fit voler tout autour de son visage fin. Elle retira ses lunettes, et les glissa dans sa poche, avant de se mettre en marche en direction d'un arbre solitaire au milieu du parc.

Ses pieds foulant l'herbe humide, et le vent dans ses cheveux terminèrent de l'apaiser. Arrivant sous le couvert des branches qui se paraient d'orange avec l'automne, elle laissa glisser son dos le long du tronc, et appuya sa tête sur l'écorce. Il allait falloir se remettre à ce devoir de potions. L'air frais lui apporterait peut être l'énergie nécessaire à le terminer. Elle passa la main dans ses cheveux, et s'apprêta à relire -pour la centième fois sûrement- la question numéro trois, lorsqu'une voix timide retentit derrière elle, brisant le murmure du vent.


''Sa – salut.''

Cassiopé se retourna, surprise, et se retrouva face à une Serpentard de première année. Elle savait qu'elle était en première année, et de surcroît à Serpentard, car elle l'avait remarqué lors de la Répartition, à cause de ses longs cheveux noirs corbeau et sa peau pâle, qui lui conféraient un air énigmatique, quelque peu maladif.

''Oh, salut !'' S'exclama Cassiopé en souriant à la nouvelle venue. ''Pardon d'avoir été surprise, mais je ne t'avais pas entendue arriver ! Il faut dire que j'étais absorbé par ce fichu devoir.. !'' Ajouta-t-elle, avec un rire nerveux.

Cassiopé W.
Gryffondor, première année.
~All was well~

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

Alors que son cœur battait la chamade face à ce premier contact, Mia remarqua que la jeune Griffonne s'était retournée vers elle, surprise, et lui avait sourit.

''Oh, salut !'' S'était-elle exclamée. ''Pardon d'avoir été surprise, mais je ne t'avais pas entendue arriver ! Il faut dire que j'étais absorbé par ce fichu devoir... !''

La rouge et or avait alors émit un petit rire nerveux, comme si elle avait dit quelque chose de ridicule ou d’inapproprié. Pourtant la Serpentard ne voyait pas ce que l'autre avait pu dire qui ne convenait pas... Elle refoula donc ses pensées et se focalisa sur la nouvelle venue. Elle avait une abondante chevelure brune, dont une petite mèche bouclée qui lui tombait devant les yeux, qu'elle avait d'un joli bleu clair. Ils brillaient d'ailleurs d'une étincelle de malice que Mia envia tout de suite. Sur d'autres, le contraste aurait pu faire tâche, mais sur elle, il donnait un joli rendu. Une autre particularité de la jeune fille était son nez. Il était constellé de tâche de son. La vert et argent trouva cela très chou sur la nouvelle venue.

Mia était restée muette durant quelques instants, détaillant la Griffonne, puis elle se dit qu'il fallait qu'elle dise quelque chose. Elle enclencha ses méninges à grande vitesse, tentant vainement de trouver un sujet de discussion. Rien ne lui venait, c'était comme si tout son être l'avait quitté par les oreilles pour partir en vacances. Soudain, la jeune Serpentard se rappela de ce que l'autre fille lui avait dit, à propos d'un "fichu devoir". En jetant un œil sur les fiches, la vert et argent pu lire quelques mots comme "Potion", "devoir" et "ingrédients".


"Un devoir, hein ? Tu veux de l'aide ?"

*Super, Mia, tu veux pas envoyer ta phrase à "Ringard Magazine" ? Je suis sûre qu'elle serait immédiatement élue "Phrase la plus commune de l'année" ! Reprends-toi, bon sang !* pesta intérieurement la jeune fille.

"Enfin, je veux dire ...", se reprit-elle. "Comment ça se fait que tu travailles ici, par un temps pareil, alors que la Salle Commune ou la Salle d'Etude sont faites pour ça ?"

*Voilà, là c'est mieux ! Tu commences à poser les bonnes questions !*

Mon Dieu, que cette voix est agaçante ! La vert et argent avait toujours détesté Constance, comme elle l'avait appelé. Parce que conscience, Constance, vous avez compris ? Bref ! La jeune fille retourna à la Griffonne et la regarda intensément, attendant une réponse.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

Cassiopé raffermit sa prise sur ses parchemins qui semblaient sur le point de s'envoler sous l'effet de la bourrasque. Debout devant elle, ses longs cheveux agités par le vent, la Serpentard la dévisageait sans dire un mot. Cassiopé, surprise, l'interrogea du regard, sans succès. Le visage de la jeune fille semblé crispé, comme si un dilemme se menait à l'intérieur de son crâne. Ses yeux descendirent sur la liasse de parchemins que la jeune Gryffondor tenait entre ses main, et soudain, une lueur traversa son regard vert aux reflets changeants de la fille.

''Un devoir, hein ! Tu veux de l'aide ?'' Demanda-t-elle.

Tout de suite après, elle sembla regretter sa phrase, et ferma brièvement les yeux en marmonnant quelque chose que Cassiopé ne comprit pas. Cette dernière commençait à s'amuser, sans aucune méchanceté évidement, de la bagarre intérieure que la Serpentard semblait mener avec elle même,et lui sourit quand celle-ci ré-ouvrit les yeux en demandant :

''Enfin, je veux dire...Comment ça se fait que tu travailles ici, alors que la salle commune et la salle d'études sont faites pour ça ?'' Se reprit la brune.

Elle sembla satisfaite de sa question et sourit à Cassiopé, attendant sa réponse.


''Et bien, c'est que...j'étouffais dans ma salle commune, et n'arrivait pas à me concentrer !'' Répondit cette dernière. ''J'avais besoin de prendre l'air, alors j'ai décidé de sortir, pour voir si l’extérieur m'aiderai à vaincre ce devoir !'' Ajouta-t-elle en riant.

Elle passa sous silence sa crise de panique, de peur que l'inconnue lui conseille de rentrer et d'aller à l'infirmerie. Et puis de toute façon, c'était terminé ! Cassiopé se sentait beaucoup mieux, il n'y avait aucun besoin d'inquiéter la Serpentard. Et puis, l'arrivée de cette dernière avait fait du bien à la Griffonne, qui ne se sentait plus ignorée et délaissée comme quelques minutes auparavant, seule dans la salle commune. Elle se tourna vers son interlocutrice.

''Mais ne parlons pas de moi ! Dis moi plutôt comment tu t'appelle.'' Dit elle en souriant.

Il n'y avait décidément aucune raison de s'inquiéter, toute trace de la crise était bel et bien passée. La jeune fille se félicita intérieurement de n'être sujette qu'à de petites crises comme celle-ci, et non à de plus importantes.

Elle tendit la main à la Serpentard.


''Moi c'est Cassiopé ! Enchantée de faire ta connaissance !'' Dit-elle, avant d'éclater de rire en pensant au ridicule de sa situation, la main tendue devant une fille qui ne comprenait sûrement pas comment cette étrange Griffonne faisait pour rire alors qu'elle avait un devoir de Potions à terminer.

Cassiopé W.
Gryffondor, première année.
~All was well~

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

Mia n'eut pas à attendre la réponse de la Gryffondor très longtemps ; cette dernière répondit presque au quart de tour, semblant ravie de pouvoir discuter un peu :

"'Et bien, c'est que... J'étouffais dans ma Salle Commune, et n'arrivais pas à me concentrer ! J'avais besoin de prendre l'air, alors j'ai décidé de sortir, pour voir si l’extérieur m'aiderai à vaincre ce devoir !''

Et elle laissa échapper un petit rire, qui fit sourire Mia. Elle aimait bien voir les gens prendre les devoirs au sérieux, tout en ayant assez de recule pour en rigoler. Elle voulut se présenter dans les formes, mais la rouge et or la coupa de peu, un immense sourire aux lèvres :

''Mais ne parlons pas de moi ! Dis moi plutôt comment tu t'appelles.''

Voyant que la Serpentard ne répondait pas, elle continua sur sa lancée :

''Moi c'est Cassiopé ! Enchantée de faire ta connaissance !''

Et elle se mit à rire à gorge déployée, la main tendue vers Mia. Qu'avait-elle dit de drôle ? La vert et argent hocha intérieurement les épaules et attrapa la main de la-dite Cassiopé.

"Je m'appelle Mia.", lança-t-elle en même temps.

Elle n'ajouta rien. Elle n'était pas "enchantée de faire la connaissance" de cette nouvelle venue, ni rien. Elle était juste tombée sur elle et avait voulu engager la discussion, juste parce qu'il lui semblait qu'elles se ressemblaient, sentimentalement parlant. Mais plus elles avançaient dans la conversation, moins la Serpentard voulait rester dans le Parc. L'expression de Mia se changea d'ailleurs du tout au tout ; d'un visage accueillant et paisible, elle était passée à l'ennuie totale et elle voulait simplement un peu de tranquillité. Elle ne savait pas si la Griffonne avait remarqué le changement, mais si elle ne l'envoyait pas bouler, la vert et argent s'en occuperait.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

La Serpentard attrapa avec raideur la main tendue de Cassiopé, et répondit, avec un visage dénué d'expression :

''Je m'appelle Mia.''

Mais Cassiopé n'écoutait plus. Elle était concentrée sur l'expression faciale de son interlocutrice. Le visage de Mia s'était refermé, et affichait désormais une expression lisse, teintée d'ennui. La jeune Gryffondor eut un mouvement de recul. Aurait-elle été trop entreprenante ? Elle avait pourtant tenté de se montrer accueillante envers cette fille qui avait engagé la conversation. Mais visiblement, au vu du changement radical d'attitude de Mia, elle ne s'était pas comporté comme il aurait fallu. La Griffonne se mordit inconsciemment la lèvre, et recula d'un pas. Il lui semblait que l'atmosphère s'était soudain refroidie, et que le vent devenait glacial. L'autre la toisait toujours, l'air de plus en plus ennuyé.

''Je...hum...'' Hasarda-t-elle.

Elle passa une main tremblante dans ses cheveux. Elle ne comprenait vraiment pas ce qu'elle avait fait de mal, mais ce qui la surprenait d'avantage, c'était sa propre réaction, face à l'attitude réfractaire de celle avec qui elle pensait être entrain de nouer un lien d'amitié. Elle se sentit ridicule, presque honteuse, d'avoir mi autant de cœur dans son accueil, et de se retrouver face à un si piètre résultat.

''Et bien, je...je...vais rentrer.'' Lâcha Cassiopé, l'air sombre.

Elle se leva, rassemblant ses parchemins d'une main, et époussetant sa robe pour en faire tomber les brindilles, de l'autre. Et sans jeter un regard à l'autre fille, la jeune Gryffondor, dépitée, se mit en marche vers les hauts murs du château. Le parc ne lui semblait plus accueillant du tout, et elle n'avait désormais plus qu'une envie, plonger dans son lit, et s'endormir.

Une fois passées les lourdes portes de chêne, toujours grandes ouvertes, Cassiopé glissa sa main droite dans sa poche, pour attraper ses lunettes, et les remettre sur son nez. Mais sa main eut beau fouiller, elle ne rencontra que quelques Mornilles d'argent qui traînaient dans la poche. Prise de panique, le jeune fille posa ses parchemins sur le sol de pierre, et fouilla frénétiquement l'autre poche de sa robe, en vain. Les lunettes s'étaient volatilisées. Désespérée, Cassiopé s'assit brutalement sur le sol, à côté de ses feuilles, et pris sa tête entre ses mains. Il allait falloir retourner dans le parc, et fouiller les herbes sur le chemin parcouru quelques minutes auparavant. Cassiopé inspira un grand coup, et se releva. Il ne restait plus qu'à espérer que cette Mia soit partie. En effet la Griffonne n'avait pas le moindre envie de se ridiculiser à nouveau, à quatre pattes dans l'herbe mouillée. Ramassant ses effets, elle se dirigea pour le seconde fois de la journée vers les portes donnant accès au parc.

Le soir commençait à tomber, et la silhouette de la jeune fille s'avançant vers le parc, les cheveux agités par le vent, se découpait dans l'embrasure des lourdes portes.

Cassiopé W.
Gryffondor, première année.
~All was well~

Devoir de potions et grandes émotions  Privé 

Sans le vouloir, Mia avait laissé ses pensées se montrer sur son visage. En effet, elle était vite ennuyée, mais ça n'avait rien à voir avec la rouge et or. La Serpentard avait du mal à rester concentrer, voilà tout. Et si elle n'avait pas un bon feeling, cela se ressentait beaucoup trop vite. Aussi, après avoir répondu à la Griffonne, elle sentit bien que l'ambiance n'était plus la même. D'ailleurs, Cassiopé avait dû, elle aussi, ressentir le changement.

"Je... hum...", tenta-t-elle afin de s'échapper de cette situation presque cauchemardesque.

Elle passa alors une main tremblante, presque anxieuse, dans ses cheveux.


*Sûrement un réflexe*, présuma Mia dont le geste avait retenu l'attention.

"Eh bien, je... je... vais rentrer", lâcha la Gryffondor d'un air sombre.

Elle récupéra alors ses parchemins, tout en s'époussetant de sa main libre, avant de s'en aller, sans jeter un seul regard à la vert et argent. Celle-ci comprit aussitôt qu'une amitié n'était pas possible entre elle. Elle n'avait pas eu l'étincelle qui faisait bondir son cœur lorsqu'elle faisait une bonne rencontre.

*Au moins, j'aurais essayé."

Et c'était vrai. Même si elle ne le savait pas, Cassiopé pouvait être fière que la jeune vert et argent lui ai adressé la parole. Ça n'arrivait pas souvent. Mais elle ne le saurait probablement jamais. Elle aurait toujours l'impression que Mia était une Serpentard correspondant aux critères : froids, distants, et sans intérêts à l'égard des autres.

*Amalgames*, chuchota Constance.

Parce que Mia n'était pas comme ça. Elle était juste timide. Et aussi, elle avait tendance à se désintéresser facilement. Mais en général, lorsque l'on grattait, elle avait plutôt bon caractère. Elle était joyeuse et loyale. Mais jamais, au grand jamais, elle n'était méchante. Elle pensait à tout cela quand un éclair argenté dans l'herbe, sûrement dû au soleil, piqua sa curiosité. Elle s'avança et trouva une paire de lunettes. Qui avait pu bien laisser un objet aussi important ? Elle repensa à Cassiopé, qu'elle avait totalement chassé de ses pensées un instant, et se dirigea vers le château, la direction que la Gryffondor avait prise. Et en effet, non loin des portes de Poudlard, elle était là - sûrement avait-elle remarqué la disparition. Mia la rejoignit.


"Tiens, tu as laissé tombé ça, enfin je suppose."

Même si elle n'avait pas voulu, elle avait dit tout cela d'un trait, d'un ton froid et distant - encore. Elle déposa la paire dans les mains de la Griffonne et, sans attendre de réponse de la rouge et or qui devait être éberluée, rentra au château. Ce n'était pas tout, mais elle avait un devoir à finir.

FIN

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”