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Ancien sorcier  

 09/2038  La mort de Nicholas Schovajsa

C'était l'une de ces nuits sans étoile, étonnement déstabilisante pour l'oeil humain, habitué à tout voir, tout contrôler. D'énormes nuages noirs avaient en effet pris leur place dans le ciel, et un petit vent frisquet faisait frémir les arbres autour du lac. C'était une de ces nuits pesantes, où les rêveurs se retournaient dans leurs lits, dérangés par on ne savait quels songes perturbants. C'était une nuit qui annonçait l'arrivée d'un événement dramatique, sans que personne ne puisse rien faire pour changer le cours des choses.

Lorsque Nicholas se réveilla, cette nuit-là, il sut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Tout d'abord, il y avait cet étrange courant d'air, glacial, alors que Nicholas était presque sûr qu'aucun des garçons de sa chambre n'avait laissé la fenêtre ouverte. Et puis, il y avait le "lit" aussi, froid, avec une forte odeur de terre, irrégulier, et sans couvertures. Encore à moitié plongé dans le songe, il n'arrivait pas à déterminer ce qui n'allait pas, mais quelque chose n'allait pas.

Il se résigna à ouvrir les yeux, et l'obscurité ambiante, d'une certaine façon, le terrifia.Il n'y voyait pas grand chose, pas assez pour savoir où il était, en tout cas, mais lorsqu'il se redressa, il eut l'impression d'être sur de la pelouse. Dans le parc peut-être ? Il ne se demanda pas la raison de ce réveil hors de sa chambre. Il n'était pas rare que son somnambulisme le fasse se déplacer.

Mais pourquoi aujourd'hui, alors qu'il n'avait pas eu ce genre de réaction depuis des mois ? Comment avait-il pu outrepasser la vigilance des gardiens de l'école et se retrouver dehors à une heure pareil ? En se levant, il frissonna, non pas à cause de son pantalon de pyjama trempé par l'humidité ambiante et tâché d'herbe fraîche, mais plutôt à cause de ce genre de je-ne-sais-quoi qui nous arrive tous parfois.

Scrutant l'obscurité, il crut apercevoir des sortes de gradins. Etait-il au terrain de Quidditch ? Si c'était le cas, il suffisait de trouver un mur et de le suivre jusqu'à la prochaine sortie. Retrouver le château par la suite serait sans doute difficile, mais avec un peu de chance, Hagrid n'était pas encore aller se coucher, et en suivant la lumière jusqu'à sa cabane, il aurait l'aide qui lui était nécessaire. Bien sûr, il se ferait réprimander. Mais enfin, il n'y pouvait rien ...

Soudain, Nicholas crut entendre un bruit, comme une déglutition, ou il ne savait quoi. Peu rassuré, le jeune homme tenta quand même un :


"Il y a quelqu'un ?"

 09/2038  La mort de Nicholas Schovajsa

Les Erklings n'étaient pas des créatures très intelligentes. Chasser, écorcher, manger, dormir, et se balancer doucement de droite à gauche sur un air qu'eux seuls semblaient pouvoir entendre restaient leurs principales activités. C'était des bêtes cruelles, sanguinaires, et qui n'avaient pas la distinction que nous autres humains appellerions bien ou mal. Bref, un mode de vie plutôt sans soucis.

Le Erling qui se trouvait là était l'un de ceux qu'on pourrait qualifier de particulièrement teigneux et sanguinaire, c'est-à-dire, en langage Erklinglien, l'un de ceux qui étaient le plus respectés parmi ses semblables. Peut importait à dire vrai comment il était arrivé là – sans doute s'était-il faufilé au travers de la forêt interdite – mais il était désormais bien là.

Et il avait senti l'odeur de chair fraîche et tendre … d'un jeune élève de Poudlard. Salivant d'avance, il ne put, en s'approchant, s'empêcher d'émettre des gargouillis avec sa langue, signal d'une impatience qui se solderait bientôt par une victoire.

"Il y a quelqu'un ?"

Ohoh, le dîner venait de lui indiquer précisément sa position, comme c'était aimable de sa part. Non pas qu'il eut besoin de cela pour le trouver, les Erklings étant nyctalopes. Mais s'en était encore plus drôle (bien que le Erkling ne puisse appréhender la notion de drôle). Il sentait la peur dans sa voix fluette.

Il vit le gamin scruter désespérément autour de lui, de ses yeux qui ne pouvaient pas voir. Et en un éclair, il bondit sur lui, le plaquant au sol, sentit le jeune homme se débattre, crier, et lui enfonça les ongles dans le ventre, exposant ainsi ses tripes à l'air frais de ce soir si particulier.

♪♪ d~.~b ♪♪
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Ancien sorcier  

 09/2038  La mort de Nicholas Schovajsa

Nicholas n'avait pas compris ce qui s'était passé. A un moment, il entendait ce bruit, et quelques instants plus tard, on l'avait clouer au sol. Toute pensée rationnelle l'avait quitté, et il s'était débattu, avait jeté des coups de pieds, et crié, crié de toutes ses forces, crié comme quand sa mère, lorsqu'il avait quatre ans, le frappait en lui hurlant qu'il était l'engeance du démon.

Et puis, cette douleur … Au-delà de ce qu'il pensait imaginable, et pourtant réelle, lancinante, transformant chacune de ses respirations en torture. Le cri s'était arrêté net, il n'avait plus eu la force de se débattre, mais il y avait la douleur, encore et toujours présente, tandis qu'il ne savait qui semblait lui arracher une partie de son être … (ce qui, en réalité, n'était pas une illusion, le Erkling aimant particulièrement manger les entrailles de ses victimes tandis que ceux-ci étaient toujours vivantes).

Il eut l'impression que sa vue se brouillait, mais comment savoir, avec les nuages qui cachaient toujours le ciel étoilé ? Il se sentait glisser, lentement, sans savoir où il allait. Et puis, il pensa une dernière fois à ses parents. Son père, qu'il n'avait jamais connu, sa mère, qui n'était jamais revenue. Et, chaque jour, il avait prié toutes les étoiles du ciel pour qu'ils soient de nouveau réunis … En un dernier souffle, Nicholas articula, d'une voix si faible que même le Erkling à côté de lui n'aurait pu l'entendre :


"Sbohem, maminko"

Et puis, on n'entendit plus un bruit, à part le déchiquetage des organes par les mâchoires du Erkling. Plus un bruit provenant de ce petit corps de 13 ans, qui la veille encore arpentait les couloirs de Poudlard, et qui désormais, ne le ferait plus jamais. Le « festin » du Erkling durerait encore jusqu'à tard dans la nuit, mais même si quelqu'un était arrivé à ce moment-là, il n'aurait trouvé qu'un corps sans vie, froid.

Ainsi se termina la vie d'un jeune homme ...