Cité de Londres

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Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

(Ce RPG se déroule sur le Chemin de Traverse, dans le Magasin de Chaudrons)

La rédemption d'Octavia avait presque été miraculeuse. Après des années à considérer la connaissance comme dérisoire, à ne fournir aucun effort, à passer son temps à sortir, la jeune Peters s'était reprise en mains. Elle avait passé de longs mois à étudier, seule, dans sa chambre estudiantine située en plein cœur de Londres. Elle avait réuni tout l'argent de poche que ses parents lui avaient donné pendant des années, avait pris la carte de banque Moldue que lui avait offerte son père, et elle avait loué un petit appartement bon marché. Ce fut dans cet appartement que Octavia avait passé d'innombrables soirées le nez dans ses bouquins, ne donnant plus signe de vie ni à sa famille, ni à ses pseudos-amis. Parfois, elle s'était accordée quelques soirées de répit ; c'est-à-dire qu'elle avait regardé des émissions Moldues sur son canapé, en avalant la mauvaise nourriture qu'elle avait achetée dans un fast-food.

Environ une fois par semaine, la jeune Octavia sortait prendre l'air dans un parc, histoire de ne pas se faire happer par l'enfermement, la solitude et les regrets. Le reste du temps, elle étudiait ; la Métamorphose, la Botanique, la Divination, les Potions, l'Histoire de la Magie,... C'était sa punition. Ses notes scandaleuses de Poudlard l'avait menée à cette vie de « loup solitaire ». Elle s'était condamnée toute seule. Elle n'aurait pas eu tant de choses à apprendre si elle n'avait pas adopté cette attitude de « je m'en-foutiste » durant les années qu'elle avait passées à l'école de sorcellerie réputée. Dans la vie, tout se payait, et Octavia Peters l'avait appris à ses dépens.

Mais la jeune femme ne s'en était jamais plainte. D'abord parce que ses efforts avaient été récompensés ; ses connaissances s'étaient nettement approfondies et elle pouvait désormais se vanter d'être une sorcière douée. Mais ce que ce train de vie lui avait apporté de plus précieux, c'était de la maturité. Octavia avait compris que tout ne lui serait pas toujours offert sur un plateau d'argent. Mieux, elle avait compris que ses fréquentations étaient nocives. Elle avait voulu changer. Elle avait été motivée par l'envie de devenir une personne saine, instruite et autonome. Elle avait coupé les ponts avec tous ses proches, sans que quiconque ne s'y attende.

Puis, après deux ans de ce rythme de vie infernal, Octavia avait estimé avoir rattrapé son retard. Ses capacités en Métamorphose restaient limitées, mais elle excellait en Sortilèges et elle connaissait l'Histoire de la Magie sur le bout des doigts. En clair, Octavia avait voulu entamer des études supérieures et c'est tout naturellement qu'elle s'était dirigée vers l'Académie des Enchantements et Sortilèges. Elle fut une élève brillante et passionnée, se rendant à ses cours avec enthousiasme. Par la seule force de sa volonté, Octavia était devenue une personne cultivée, ce dont elle était secrètement très fière. La liste de ses contacts avait nettement rétréci, mais elle ne regrettait pas d'avoir rayé de sa vie tous ces gens venimeux. Elle se sentait mieux, sans eux.

Dans la lignée de cette remontée exceptionnelle, elle avait été embauchée en tant que professeur de Sortilèges à Poudlard. Ce collège-même qu'elle avait tant méprisé, celui dans lequel elle s'était sentie mal-aimée, l'endroit qui avait été la source de tous ses malheurs. Pourtant, elle s'apprêtait aujourd'hui même à y retourner pour entamer une carrière d'enseignante. La vie pouvait vous réserver bien des surprises... S'étant teint les cheveux d'un bleu-gris clair pour l'occasion, Octavia se sentait prête à prendre le sentier de cette nouvelle vie plus équilibrée. Il semblait qu'enfin, elle avait trouvé sa voie.

Octavia entra dans le magasin de chaudrons, animée par un soupçon de nostalgie. Elle se souvenait encore du moment où elle était entrée ici pour la première fois, alors qu'elle n'était âgée que de onze ans... Désormais, cette boutique lui apparaissait sous un angle nouveau ; tout lui semblait plus chaleureux, plus convivial. Alors qu'elle observait les récipients d'un œil distrait, son regard fut attiré par une chevelure rousse qui se penchait pour attraper un chaudron qui n'était certainement pas de la taille indiquée sur la liste de fournitures des élèves. Octavia s'approcha de l'étudiante et s'adressa à elle avec un air de reproche :


« Je crois pourtant savoir que les élèves doivent se munir d'un chaudron en étain de taille deux. Vous devriez être au courant, non, depuis le temps que vous étudiez à Poudlard ? »

Lorsque l'élève aux cheveux roux se tourna vers elle, Octavia songea qu'elle aurait mieux fait de se mêler de ses affaires... quand bien même il était de son devoir de sermonner les élèves lorsque ceux-ci étaient en tort.
Dernière modification par Octavia Peters le 21 septembre 2016, 18 h 39, modifié 1 fois.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

Lorsqu'elle était allée faire ses courses l'année passée, Meilla n'aurait jamais pensé en refaire un jour de nouvelles pour une rentrée à Poudlard, ou en tout cas, par pour elle. Ne vous méprenez pas, elle n'avait pas raté ses ASPIC, elle n'allait pas redoubler sa septième année - ce qu'elle aurait vraiment pris comme un échec personnel. Non, elle allait enseigner les potions à des jeunes qui allaient avoir plus ou moins son âge. Certains auraient à peine un an de moins qu'elle, mais le professeur Straw l'aiderait dans sa tâche. Elle allait être apprentie professeur en quelque sorte.

Meilla avait bien changé depuis ses débuts dans le château. Quand elle était arrivée, elle était toute timide, mais vers la fin de sa première année, elle s'était ouverte et avait réussi à se faire des amis. Quand Haley avait disparu, elle s'était renfermée jusqu'à sa sixième année où elle avait alors appris que sa vie avait été un mensonge. Elle avait alors cherché du réconfort auprès de personnes plus jeunes, sans trop savoir pourquoi. Ce n'est que le début de sa septième année qui avait marqué la fin de sa solitude, elle avait alors décidé de se sociabiliser et avait ainsi rencontré June avec qui elle partageait son dortoir depuis six ans. Comme quoi, la communication n'est pas toujours innée chez tout le monde.

La rouquine avait montré qu'elle était forte. Elle était capable de passer outre ses problèmes de famille, d'affronter des personne qu'elle avait aimé (notamment son père) et d'affronter des situations dangereuses. La troisième tâche du tournoi des trois sorciers avait montré sa loyauté envers les personnes qu'elle aimait et son courage, mais également son impulsivité, plus digne d'une Gryffondor que d'une Serdaigle.

En bref, la jeune femme avait acquis de la confiance en elle et cette année ne ferait que lui en donner de plus en plus quand elle devrait affronter de nouvelles situations. D'ailleurs, cette simple sortie pour acheter un nouveau chaudron, plus grand et avec éventuellement de nouvelles fonctionnalités, n'allait pas être de tout repos, vous allez vite comprendre pourquoi.

Meilla était donc entrée dans le magasin réservé aux potions. Elle était bien contente de voir qu'il y avait un peu de monde, des familles principalement, car elle détestait avoir des vendeurs sur le dos, plus il y avait de monde, plus il y avait de chances pour qu'on lui fiche la paix. Le matin même, la jeune professeure avait eu de premiers conseils d'Isaac Straw. Il lui avait dit que pour ses premiers cours, il fallait qu'elle se munisse d'un certain livre dont la référence était notée sur un petit papier dans un coin de sa poche ainsi que d'un nouveau chaudron. Il fallait qu'il soit plus grand, c'était certain. Ayant lu les dernières actualités sur le monde des potions, la rouquine savait que de nouveaux chaudrons plus performants étaient sortis et elle lui avait donc demandé ce qu'il en pensait. Il lui avait avoué ne pas être très calé sur les dernières technologies en matière de chaudron et qu'il faudrait donc qu'elle se fasse une idée sur toutes ces nouveautés d'elle même.


*Bon, déjà, je vais regarder la taille qu'il me faut.* La jeune femme se pencha donc pour regarder les chaudrons de taille trois. Elle ne savait pas si cela était suffisant ou s'il fallait qu'elle regarde ceux de taille quatre... Mais elle n'eut pas plus le temps de se poser la question plus longtemps puisqu'avant même qu'elle ne puisse atteindre l'article convoité, elle fut arrêtée par une femme qui devait avoir quelques années de plus qu'elle. D'ailleurs, en voyant la couleur de ses cheveux, Meilla se demanda comment elle avait fait pour ne pas s’apercevoir de sa présence plus tôt.

« Je crois pourtant savoir que les élèves doivent se munir d'un chaudron en étain de taille deux. Vous devriez être au courant, non, depuis le temps que vous étudiez à Poudlard ? »

Tout de suite, le sang de Meilla ne fit qu'un tour. Tout d'abord, elle n'aimait pas du tout le ton de reproche qu'avait pris cette personne et ensuite, elle détestait que l'on se mêle de ses affaires! Elle répliqua donc d'un ton sans appel :

« Je peux faire mes courses tranquillement? Pour qui vous prenez-vous, on ne vous a jamais appris à ne pas vous mêler des affaires des autres? Si j'avais été élève, je ne vois pas ce que cela aurait pu vous faire que j'achète un chaudron qui n'est pas à la bonne taille, vous n'êtes pas professeure de potions à ce que je sache. Mais de toute manière, la question ne se pose pas puisque je SUIS professeure de potions. Inutile donc de me faire la morale et occupez-vous de vos oignons.  »

Meilla se tourna à nouveau vers les chaudrons, faisant mine de réfléchir, mais elle se doutait bien que la dispute qui s'était amorcée n'allait pas s'arrêter là, à moins que son interlocutrice se contre-fiche de se faire engueuler en public...

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

À priori, l'élève qu'Octavia avait interpellée allait entrer en sixième ou en septième année. Elle avait des cheveux d'un roux éclatant, des yeux bleus, une carrure pas vraiment impressionnante. Octavia se demanda automatiquement quel genre d'élève elle pouvait être ; bruyante et perturbatrice ? calme et réfléchie ? entre les deux ? Le professeur de Sortilèges était bien placée pour savoir que les apparences pouvaient être trompeuses, et elle s'efforça donc de cesser d'émettre des théories uniquement basées sur le physique de l'adolescente. Ça faisait désormais des années que la jeune femme avait pris conscience qu'une personne au visage d'ange n'en était pas nécessairement un. Chassant ses pensées inutiles de son esprit, et souhaitant simplement que l'élève se munisse du matériel requis, le jeune professeur aux cheveux bleus-gris avait fait une remarque que son interlocutrice n'avait apparemment pas vraiment appréciée. Elle paraissait singulièrement agacée, voire vexée, et Octavia s'imagina un instant qu'elle était étudiante dans une autre école que Poudlard.

La jeune femme rousse lui expliqua la situation avec une virulence qu'Octavia qualifia intérieurement de disproportionnée. Elle aurait été compréhensive si son interlocutrice lui avait répondu d'un ton sec, si elle avait quitté la boutique la tête haute, si elle l'avait toisée d'un air arrogant, mais elle ne s'était pas attendue à... ça. Apparemment, elle n'était pas étudiante mais professeur, ce qui signifiait qu'elle pouvait choisir le chaudron qu'elle voulait, quand elle le voulait, où elle le voulait, et sans se faire apostropher par la première qui passait. Octavia haussa un sourcil, franchement surprise que son interlocutrice prenne la mouche aussi rapidement ; après tout, ce n'était pas comme si le professeur de Sortilèges s'était attaquée à elle – elle avait simplement fait une remarque qui s'était voulue sympathique.

Mais désormais, les choses étaient claires, le ton était lancé, et une animosité certaine flottait entre les deux jeunes femmes. Pourtant, celles-ci ne pouvaient pas délibérément commencer à s'aboyer dessus. Elles étaient civilisées, et leur statut commun de nouveau professeur ne leur permettait pas d'entamer une joute verbale au beau milieu d'une boutique dans laquelle certains de leurs futurs élèves faisaient présentement leurs achats. De quoi auraient-elles eu l'air, à Poudlard, si elles commençaient à s'injurier, à se comporter comme des sauvages, à se tirer par les cheveux telles des gamines pré-pubères et inconscientes ?

Octavia s'efforça donc de garder son calme. Sans l'ombre d'un sourire, elle toisa la jeune enseignante en s'armant d'une bonne d'hypocrisie. Beaucoup de personnes déploraient ce trait de caractère mais Octavia estimant que toutes les vérités n'étaient pas bonnes à dire ; et parmi ces vérités qu'elle préférait garder pour elle, il y avait une réponse cinglante destinée au professeur de Potions. Maîtrise de soi, hypocrisie, appelez ça comme vous voulez, mais la jeune femme répondit d'un ton parfaitement calme ;


« Navrée pour ce malentendu, je pensais bien faire. Félicitations pour votre poste. Je suis certaine que la politesse, le respect et le self-control sont les qualités qui vous ont permis de le décrocher. »

Si le sarcasme de sa réponse était évident à détecter, au moins avait-elle eu la décence de ne pas hausser la voix. Octavia n'avait pas prévu de déclencher une inimitié avant même d'entrer à Poudlard, mais la chance ne pouvait pas toujours tourner en sa faveur et lui offrir une vie sans accrocs. Il y a de ces fois où vous souhaiteriez rester loin du mécanisme pour ne surtout pas l'enclencher, mais par un malheureux concours de circonstances, vous l'enclenchez quand même. Et dans ces moments-là, vous ne pouvez qu'espérer qu'un retourneur de temps tombe miraculeusement du ciel.
Dernière modification par Octavia Peters le 31 octobre 2016, 15 h 57, modifié 1 fois.

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Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

Si Meilla avait réfléchi deux secondes, elle se serait rendue compte que cela ne valait peut-être la peine de réagir de cette manière. Vous allez me dire mais qu'est-ce qui l'avait poussé à réagir ainsi alors? L'année dernière, la jeune fille avait réussi à trouver sa place à Poudlard et à se sentir bien dans sa vie, elle avait alors cessé de penser au "qu'en dira-t-on". Mais, la rentrée approchant, elle commençait à se demander si elle avait fait le bon choix. Serait-elle capable de gérer des élèves ayant plus ou moins son âge? Avait-elle la maturité suffisante pour le faire? Alors, quand cette personne avait inconsciemment remis son statut en jeu, la rouquine avait éprouvé le besoin de se convaincre, ce qui s'était traduit par cette réponse plus que disproportionnée. Evidemment, à l'heure actuelle, la jeune professeure n'avait pas vraiment conscience de tout cela, mais elle s'était assez calmée pour faire preuve de discernement. Elle devait commencer à se comporter en tant qu'adulte responsable et cela impliquait de ne pas se quereller avec quelqu'un en plein milieu d'un magasin.

Malheureusement, il se trouvait que la jeune femme aux cheveux bleus ne comptait pas en rester là. Le sarcasme de sa voix provoqua un mélange d'émotions chez Meilla. D'un côté elle bouillonnait de rage que cette personne se permette de dire quelque chose comme cela. Elle remettait en cause ses compétences et celles de recrutement de Kristen Loewy accessoirement. D'un autre côté, la potionniste ne pouvait s'empêcher d'être admirative du calme et du détachement dont faisait preuve cette sorcière. Comment pouvait-on avoir une aussi grande différence entre le ton que l'on employait et ce que l'on suggérait? C'était incroyable.

La jeune femme inspira et expira profondément. Les regards s'étaient inévitablement tournés vers elles et elle n'aimait pas beaucoup être le centre de l'attention. Elle reprit donc d'un ton plus calme, essayant d'imiter le ton froid de son interlocutrice.


« Mmh. En tout cas, vous feriez mieux de faire attention à ce que vous dites et à la manière dont vous le dites. Reprocher quelque chose à quelqu'un sans savoir de quoi il est question est rarement apprécié.  »

Allait-elle surenchérir ? Bonne question, en tout cas pour le moment, la rouquine décida de se reconcentrer sur ses chaudrons.

*Est-ce qu'un chaudron avec une cuillère qui se tourne automatiquement est indispensable? Mmh cela pourrait me permettre de faire ma potion en même temps que les élèves tout en passant entre les rangs. D'un autre côté, cela pourrait leur donner un mauvais exemple. Ce n'est peut-être pas une bonne idée. En tout cas, la taille trois devrait suffire.*

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Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

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La réponse cinglante, froide et ouvertement provocatrice d'Octavia contrastait avec l'ambiance joyeuse et festive du Magasin de Chaudrons du Chemin de Traverse. Certains élèves semblaient heureux de faire leur retour à Poudlard, de retrouver leurs amis, les cours, les passages secrets, la rivalité qui persistait entre les maisons, les mystères, la magie. Lorsqu'elle avait été à leur place, Octavia avait abhorré un comportement beaucoup moins euphorique à l'idée de retourner à Poudlard. Mais elle avait grandi, mûri, avait appris à considérer chaque situation sous plusieurs angles, et désormais, à vingt-sept ans, elle était capable de prendre du recul et de comprendre l'enthousiasme qui animait ces jeunes sorciers.

Octavia ne put ravaler un léger sourire moqueur lorsque sa jeune interlocutrice lui conseilla de faire attention à la manière dont elle s'exprimait. Elle ne releva cependant pas la remarque, préférant éviter qu'une violente dispute n'éclate dans la boutique. Elle n'avait pas de temps à perdre dans ces querelles puériles, et Octavia n'était pas ce genre de personne qui voulait avoir le dernier mot à tout prix. Que cette rouquine prenne conscience de ses torts était une chose qui ne la regardait absolument pas. Qu'elle estime sa réplique acerbe jusitifée ou qu'elle décide de se remettre en question, Octavia n'en avait cure. La jeune femme aux cheveux bleus était déjà bien assez occupée avec ses propres tourments ; à quoi bon tenter de régler ceux des autres ?

Elle laissa donc cette fameuse professeur de Potions examiner les chaudrons à son aise et jeta quelques coups d'œil intéressés aux récipients les plus originaux. Octavia n'avait pas l'intention d'acheter quoi que ce soit par ici ; elle voulait simplement faire un tour, redécouvrir cet endroit. Elle écoutait les bavardages des autres clients en promenant son regard sur les différents chaudrons étonnants dispersés un peu partout dans la boutique. Elle percevait des bribes de conversation, de joie, de hâte, d'excitation, d'émerveillement pour les plus jeunes, de plaintes parfois (provenant certainement des élèves qui exécraient la matière qu'enseignait la rouquine, ce que le professeur Peters pouvait comprendre bien qu'elle admira sincèrement le noble art des Potions et ceux qui le pratiquaient). Elle soupira, puis se tourna vers le professeur de Potions qui semblait toujours perdue dans ses réflexions. D'une voix froide, elle s'adressa courtoisement à elle ;


« Écoutez, je pense qu'il est inutile que cette guerre d'enfants perdure plus longtemps. Nous sommes toutes les deux capables de nous comporter de façon courtoise l'une envers l'autre. Vraiment navrée pour ce différend. »

Il fallait être un imbécile fini pour ne pas comprendre qu'encore une fois, cette réponse cachait une bonne dose de sarcasme et de critiques. Cependant, le fond du message d'Octavia était fidèle à ce qu'elle souhaitait réellement ; une entente cordiale entre les deux femmes.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

« Écoutez, je pense qu'il est inutile que cette guerre d'enfants perdure plus longtemps. Nous sommes toutes les deux capables de nous comporter de façon courtoise l'une envers l'autre. Vraiment navrée pour ce différend. »

Meilla sursauta presque en entendant la jeune femme lui parler à nouveau. Elle se doutait bien que la conversation n'allait pas s'arrêter après ce qu'elle avait dit, mais elle avait presque oublié que son interlocutrice était encore là. Elle était tellement concentrée sur ce qu'elle cherchait. En tout cas, son ton n'allait absolument pas avec ce qu'elle disait, elle ne semblait pas réellement désolée pour ce différend et la rouquine était presque certaine qu'à peine rentrée chez elle, elle s'empresserait d'en faire part à son petit ami, mari ou à une amie ou à quiconque cette femme pouvait-elle bien raconter sa vie.

« C'est cela. Je vous souhaite une trèèèèèès bonne fin de journée. Au plaisir de vous revoir. »

Il n'y avait pas de raison pour que la potionniste n'utilise pas elle non plus une bonne dose de sarcasme, de toute manière, il n'y avait aucune chance pour qu'elle recroise cette personne à l'avenir alors ce n'était pas trop grave. Aucune chance, vraiment? Cela restait à voir. En tout cas c'était ce qu'elle croyait à ce moment-là. Que se passerait-il quand elle la reverrait? Enfin, pour le moment, la jeune femme était bien loin de penser que cela était possible, et ses préoccupations se tournèrent à nouveau vers les chaudrons.

~Quelques heures plus tard~


« Je te jure, elle était complètement hystérique cette femme! Elle est venue me faire la morale alors que je n'avais rien demandé et qu'elle était en tort. Ne voulant pas avouer ses torts, elle a décidé de tout me mettre sur le dos. J'ai jamais vu ça. »

Lovée sur le canapé contre Cory, Meilla était en train de s'insurger contre la femme qui l'avait agressée - selon ses propres mots, Cory en est témoin si vous voulez vérifier - pour rien. Elle avait quitté cette femme depuis plus de trois heures déjà, mais elle continuait à s'en plaindre, n'arrivant pas à décolérer. Pendant quelques instants elle eut des remords à avoir agi de la sorte. Elle aurait dû, comme toute personne civilisée et adulte, laisser passer. Mais ses remords furent vite effacés quand elle se rappela le ton sarcastique employé par cette inconnue. Non, décidément, elle avait bien fait de faire ce qu'elle avait fait de la manière dont elle l'avait fait.

« Meilla, j'ai compris, ça fait trois fois que tu me racontes cette histoire. Elle s'est mêlée de ce qui ne la regardait pas, vous vous êtes engueulées et l'histoire s'arrête là. Mais... »

Mais la potionniste n'écoutait pas, elle continuait son monologue, sans plus se soucier de son petit ami qui depuis une dizaine de minutes essayait de changer de sujet sans vraiment y arriver.

« Et puis avec son air sarcastique : "Vraiment navrée pour ce différend". Tu parles, elle n'était pas du tout désolée. Et...
- MEILLA. Stop. Calme toi. Tu ne reverras probablement plus jamais cette personne de toute manière. Et si tu me laissais parler un petit peu, tu saurais que dans vingt minutes, nous sommes attendus au restaurant et que nous partons d'ici dans dix minutes.
- Je... Que... Quoi?! Mais... Je...
- Demain soir j'ai un rapport à finir et tu repars à Poudlard dans deux jours, c'est la dernière occasion que nous avons avant un moment.  »

Meilla arrêta alors de parler et monta se préparer à toute vitesse. Elle n'était pas extrêmement coquette, mais elle aimait être bien habillée, maquillée et coiffée quand elle sortait. Surtout quand elle sortait avec Cory. Cette petite soirée romantique apaisa la colère de Meilla qui oublia tous ses problèmes.





Reducio
Fin du RPG, au plaisir d'en refaire un avec toi Octavia. :roll:

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Sur le Chemin où tout va de Travers  Pv 

On aurait dit un combat de celle qui serait la plus fière, de celle qui aurait le dernier mot, de celle qui serait la plus sarcastique, de celle qui serait la plus puérile. L'une donnait un coup de poing, l'autre répliquait avec trois coups de poing. Jusqu'à ce qu'il y en ait une qui abandonne, qui s'avoue vaincue, qui finisse épuisée par cette bataille de sous-entendus. Octavia savait jouer à ce jeu-là, mais elle ne voyait plus l'intérêt de renchérir. Elle ne répondit donc pas à la réplique sarcastique du professeur de Potions. Elle hocha simplement la tête, sans esquisser le moindre sourire, puis elle lui tourna le dos et leva les yeux au ciel. Elle se replongea ensuite dans la contemplation des objets exposés dans la boutique, sans plus se préoccuper de cette mauvaise rencontre. Elle oublia la rouquine et son tempérament incontrôlable, elle oublia les regards des quelques curieux qui s'étaient intéressés à leur accrochage, elle oublia la moue réprobatrice de la vendeuse, elle oublia les autres, l'espace d'un instant, pour ne plus penser qu'aux vertiges d'un nouvel horizon plus paisible.

Cinq minutes plus tard, elle sortait du magasin de chaudrons et se dirigeait vers Fleury et Bott. Elle frôla doucement quelques reliures de cuir, s'intéressa particulièrement au rayon où s'étalaient les livres traitant de divination et, presque inconsciemment, elle s'arrêta également près des étagères sur lesquels se trouvaient les livres de potions.

***

De retour à son appartement, Octavia retira sa veste qu'elle posa sur son porte-manteau, puis elle se dirigea vers son canapé rapiécé et s'y installa. Elle sortit sa baguette magique de sa poche et lança un Accio pour faire venir à elle le roman dont elle avait entamé la lecture la veille. Elle n'était pas tombée sous le charme de ce livre, mais elle avait la ferme intention de le terminer, juste pour le principe. Octavia détestait entamer des livres et ne pas les finir. C'était comme un échec, un abandon, une entreprise lâchement laissée en suspens pour l'éternité.

Après une quinzaine de minutes, la jeune femme s'interrompit dans sa lecture et se remit à penser au professeur de Potions. Cette altercation signait-elle le début d'une mauvaise année à Poudlard ? Octavia n'était pas superstitieuse, heureusement, et elle chassa bien vite cette idée de son esprit. Une fois à Poudlard, elle se contenterait simplement de l'ignorer, comme le ferait tout adulte civilisé et responsable. La future enseignante promena son regard sur son appartement, tentant de ne pas penser à cette solitude qui, depuis trop d'années, l'acculait. Elle s'était débarrassée de sa mère, de son père, de son ex petit-ami, de ses anciens amis, elle s'était débarrassée d'une compagnie venimeuse. Elle avait fait preuve d'un peu de courage, les avait laissés derrière elle pour devenir une personne libre d'être et de penser. Mais à quel prix ?


Fin

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.