Cité de Londres

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Le commencement de la fin  Solo 



L'été et les grandes vacances venaient enfin de commencer et la famille des Lanoblis n'avaient pas prévu de retourner en France cette année. Ils restaient donc tous ensemble, avec Amélia, dans leur grand appartement près de la gare King Cross. Tout cela était silencieux, calme, les différents membres de la famille vacants à leurs occupations sans se soucier des autres.

Depuis maintenant plusieurs jours, une bonne dizaine, une ambiance électrique palpable régnait dans les pièces du superbe duplexe londonien et Rosalys en était venue à passer le plus clair de son temps dans sa chambre avec Amélia, lisant, étudiant pour sa troisième année ou jouant à des jeux de sociétés. Au fur et à mesure, la Serdaigle sentit qu'on lui cachait quelque chose de grave, d'important dont elle devait être au courant. Bien sur, elle essaya plusieurs fois de soutirer des informations à son ancien professeur et amie, mais cette dernière demeurait obstinément silencieuse sur ce sujet. La bleue et bronze s'enferma donc à son tour dans un mutisme sans égal. Bien évidemment, on tenta plusieurs fois de la faire parler, de la décrocher de ses bouquins. Sans se démonter, la blondinette affichait alors un regard noir et se retournait pour continuer sa besogne.

En agissant ainsi, personne ne reconnaissait la jeune fille si douce et joviale qu'avait été, un temps, la bleue et bronze. Dorénavant, elle semblait si taciturne, si soupe au lait, si tourmentée... Rosalys changeait en une personne plus sombre, c'était indéniable. Doucement mais indubitablement, elle se renfermait sur elle-même, telle une huitre, avec comme dessein de ne laisser personne briser sa coquille. Lorsqu'elle marchait, sa grâce et sa prestance d'autrefois avaient été remplacés par les gestes saccadés et prémédités d'un robot. Son teint pâle semblait désormais cadavérique à cause du manque d'appétit de la demoiselle. Ce qui avait le plus changé chez la blondinette restait cependant son regard. Ce dernier, jadis si plein de vie, si brillant d'espoir, paraissait éteint, terne, vide de toute trace de vie.

Voilà quelle métamorphose s'était accomplie sur la pauvre Rosalys, la plongeant de tout son être dans le désespoir et l'incompréhension. Elle désirait ardemment savoir pourquoi tout lui paraissait si sombre, si triste, tout à coup, pourquoi ses parents, soudain, ne semblaient plus s'aimer, pourquoi Amélia lui cachait quelque chose. Elle n'était guère une Serdaigle pour rien. Elle avait envie, non, besoin, de savoir. Cela la minait de rester ainsi dans l'ignorance, seule. Même Éléanore paraissait avoir découvert, compris quelque chose dont Rosalys n'effleurait même pas de son jeune esprit le bout de l'idée. Elle n'était encore qu'une enfant et ne concevait, n'assimilait que peu de choses en comparaison d'un adulte. Elle devait donc se servir de sa jolie tête et des nombreux livres qu'elle avait lu pour essayer de comprendre par elle-même.

Le soir même, juste après sa résolution, alors qu'elle aurait du être couchée dans son lit douillet, Rosalys était descendu dans le salon, dans le but de récupérer ses nombreux livres sur le canapé. La fillette surprit alors une conversation des plus étrange entre Amélia et une voix qu'elle identifia comme étant celle de sa mère.

"Clem... Tu dois le quitter. Regardes ce qu'il te fait..."

Un sanglot éclata dans la nuit noire et le bruit insupportable d'un mouchoir qu'on utilise retentit. La fillette retint son souffle tandis que sa mère répondait difficilement.

"Rosalys a besoin de lui... Éléonore m'en veut, je le sais, et ne voudra jamais plus être avec moi mais Lys... Christian représente beaucoup pour elle. Je sais qu'elle veut se faire aimer de lui... C'est pour ça que je reste..."

Les pleurs et les sanglots se firent plus fréquents, plus audibles. La Serdaigle était quand à elle choquée. De quoi parlait sa mère ? Pourquoi parler de partir ou de rester ? La conversation reprit, moins fort, presque en chuchotant.

"Rosa n'en a rien à faire de lui ! Regardes comme il la traite ! Regarde comme il TE traite depuis que TU lui as dit que tu voulais retrouver cette part de TOI ! La magie est dans ton coeur. S'il n'est pas capable d'accepter ce coeur comme il est, alors il ne vaut guère plus que... Clem... Arrêtes ça... C'est malsain."

Ne souhaitant en attendre plus, la bleue et bronze monta dans sa chambre et se coucha. Elle remonta les draps jusqu'à ses yeux et soupira. Que se passait il dans cette maison ? Qu'est ce que la magie venait faire dans cette histoire ? Mais surtout, pourquoi parler de partir ou de rester ? Qu'est ce qui était en jeu ? Ce sont sur ses pensées que la blondinette s'endormit, rêvant cette nuit là d'une ombre menaçante armé qui se ruait vers sa mère.

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Le commencement de la fin  Solo 

Plusieurs jours passèrent après la sombre conversation que Rosalys avait surprise entre sa mère et sa jeune amie. Elle en était maintenant sûre, tout le monde lui cachait quelque chose. Clémence était bien trop joviale pour être honnête et un sourire factice avait élu domicile sur ses lèvres rubis. Christian portait son masque des mauvais jours, Amélia était devenue infecte avec lui et Éléonore commençait elle aussi à se terrer dans les abysses de sa chambre. Bref, la famille était totalement dissoute et de nouveau, Rosalys se terra dans les livres, ses cours et les jeux de sociétés. Les heures défilaient sans qu'aucun bruit, aucun son ne se fasse entendre. Tout était calme, sans agitation, sans dispute.

Un jour, alors que Rosalys était allongée sur son lit, une personne toqua à la porte de sa chambre. Sûre qu'il s'agissait d'Amélia, la fillette autorisa à ouvrir mais c'est une chevelure blonde qui passa le pas de la porte. Deux yeux de jade et un visage identique au sien accompagnait les cheveux d'or. La Serdaigle se redressa sur son lit et haussa un sourcil.


"Éléonore. Que fais tu ici, dans la chambre d'un monstre ? Tu t'es perdue ? Ta chambre est de l'autre coté du couloir, ma chère jumelle."

Éléonore referma doucement la porte de la chambre de sa soeur derrière elle, faisant fi de la remarque de Rosalys. La blondinette soupira en levant les yeux et recula vers la tête de lit pour laisser une place de libre à sa soeur. Cette dernière s'assit avec toute la grâce et le préciosité qui la caractérisait tandis qu'une nouvelle fois, la Serdaigle souffla d'exaspération. Quand Éléonore finit de prendre ses aises sur son lit, la bleue et bronze s'assit bien droit en face d'elle, cherchant le regard identique au sien. Elle le trouva enfin quand son double se décida à parler.

"Je ne vais pas te dire que je t'aime ou que je te pardonne d'être une... Abomination."

Ouille. Bien qu'on s'y attende, une telle phrase fait toujours mal, d'autant plus quand c'est une personne à laquelle on tient. Car oui, malgré les crasses et les horreurs que sa soeur a pu lui faire, Rosalys l'aimait encore profondément. Sa jumelle continua.

"Mais je sais. Je sais ce qu'il se passe ici. Papa et Maman ne veulent plus être ensemble. L'amour entre eux, ce qu'on admirait petites, a disparu. Je suis venue te..."

Rosalys plaça une main devant la bouche de sa soeur. Elle ne voulait pas en entendre plus. Elle savait ce qu'Éléonore allait lui demander, de l'aide. Elle répliqua donc.

"Ce n'est pas avec l'argent qu'on soigne un coeur malade. Ce n'est pas avec la magie non plus. Je ne peux rien faire pour nos parents ou pour toi. Maintenant, sors, Éléonore."

Sa soeur, verte de rage, sortit de la chambre en claquant violemment la porte. Rosalys sentit une grande tristesse monter le long de sa gorge mais également du soulagement. Elle avait enfin pu envoyer balader sa jumelle ! Elle y était parvenue ! C'est ainsi qu'elle s'endormit sur son lit, un petit sourire aux lèvres.

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Quand la fillette se réveilla, à cause de son ventre qui criait famine, la nuit semblait depuis longtemps tombée. Elle n'avait pas mangé au diner et sa famille ne l'avait même pas réveillée ! Bougonne, Rosalys sortit de son lit pour descendre les escaliers et chipper quelques gâteaux au miel et à l'amande, ses préférés. Alors qu'elle allait remonter pour déguster son festin, des éclats de voix retentirent dans la salon. La blondinette, curieuse, s'approcha doucement de la porte et regarda à l'intérieur de la pièce. Il faisait très sombre mais les bougies étaient allumées et on pouvaient nettement voir des ombres et en deviner les propriétaires. Que faisaient Clémence et Christian si tard dans le salon, se regardant ainsi en chien de faïence ?

Rosalys haussa les épaules. Ce n'était après tout pas ses affaires. Alors qu'elle allait remonter et se détournait déjà de la porte du salon, un bruit de claquement retentit. Dans la seconde qui suivit, un autre coup raisonna dans la nuit accompagné d'un gémissement de douleur. La Serdaigle retourna près de la porte et regarda la scène, horrifiée.

Sa mère était à terre tandis que devant elle se dressait Christian, plus menaçant que jamais, la main levée vers le ciel et prête à s'abattre sur Clémence. Cette dernière, sous l'attente du nouveau coup, se protégea en une vaine tentative le visage de ses bras. Ne pouvant rester sans réagir en regardant simplement, la fillette monta les escaliers et partit en trombe dans sa chambre. Elle récupéra sa baguette de poirier et, en larmes, entra violemment dans la chambre d'Amélia. Elle la réveilla en la secouant et en criant "à l'aide" sans interruption. La Serdaigle expliqua alors ce qu'elle avait vu. Ne voulant perdre un instant, elles descendirent toutes deux les escaliers et accoururent dans le salon.
Christian tenait entre ses doigts le visage tuméfié par les coups de Clémence. Voyant cela, Rosalys sentit sa fureur grandir en elle et la laissa prendre possession d'elle. Aveuglée par la haine et la douleur de voir ainsi sa mère vautré sur le sol de chêne, Rosalys leva sa baguette et prononça distinctement.


"Incarcerem ! Crache Limace !"

Les sorts prononcés, Christian se retrouva au sol, entravé par des cordes magiques et vomissant des limaces à chaque fois qu'il tentait d'hurler une insulte à l'encontre de sa sorcière de fille. La petite hurla alors à ce père, à ce mari qui avait si souvent manqué à son devoir.

"Je te hais !"

Sur ces mots, Rosalys tomba à genoux en regardant son père tandis qu'Amélia entourait de ses bras la fillette, perdue dans la contemplation des limaces que Christian crachait au sol.

Reducio
Je dédis ce post à ma future partenaire de Rp', Sophie !

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