Cité de Londres

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Fleur de Lotus  Solo 

Neithan HURIN - Août 2041

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Il y a un an: un mois avant la rentrée en première année



Quelques jours avant Poudlard. Les fenêtres étaient fermées, de même que les volets et les rideaux. L'obscurité régnait, mais l'obscurité ne peut empêcher le bruit, le bruit incessant des voitures, le bruit incessant des passants, un son parasite qui ne faisait qu'empêcher Neithan de trouver le repos. Il se tenait seul, recroquevillé sur ce lit qui ne lui apportait pas plus de repos que l'ambiance hermétique de la chambre. Cela était naturel, cet environnement n'était pas le sien, cette maudite ville n'était pas la sienne, cette chambre n'était pas la sienne, et cette auberge ne signifiait rien pour lui hormis la fatalité. Cet instant était injuste et tortueux, et, de la même manière que l'arrivée intempestive d'une tempête vous contraignait immédiatement à regretter les beaux jours, cet instant insufflait en Neithan un immense regret porteur d'un immense chagrin. Le regret de son foyer, paisible et vert, se tenant fort et beau sur les magnifiques plaines d’Écosse, son foyer si réconfortant et si magnifiquement environné par la forêt. Un foyer constitué ni plus ni moins de tout ce que Neithan appréciait. *Cela ne devait pas se dérouler ainsi..* pensa-t-il tristement mais surtout animé par une certaine rage, toutefois, cette rage était justifiée car cela n'aurait pas dû se dérouler ainsi; Neithan aurait du profiter de ses derniers jours avant sa tant désirée entrée à Poudlard entouré des siens, dans son foyer, entouré de ses arbres, dans sa forêt. Un ciel d'un bleu resplendissant avait jadis conquis le ciel sans ne jamais céder place à l'obscurité. Mais un éclair s'était annoncé au sein de ce ciel bleuté, et cet éclair déchaina le ciel à tel point que ce dernier ne produit plus aucune lumière, l'obscurité a pris place dans le ciel, de même que dans l'esprit de Neithan, mais surtout dans sa vie. Si lointains semblent les jours où tout n'était que contes, aventures dans la forêt, écriture et émerveillement face à la beauté des arbres, des étoiles et de la belle magie qui peuplait l'esprit de Neithan ainsi que ses perspectives d'avenir.

Il était perdu, déboussolé, sans repères dans un tunnel sombre et sans fin. Alors, dans cette obscurité totale, tel un arbre qui lutte face à une tempête bien trop oppressante et sombre, Neithan s'en remit au dernier repère qu'il connut, un repère si puissant qu'il put y prendre racine pour ne pas se plier et se briser face à la tempête qui ne cessait d'oppresser sa vie. Un repère si fort qu'il eut soudainement l'impression d'être entouré du plus beau des patronus. Ce n'était malheureusement qu'un souvenir désormais, mais même en tant que souvenir, ce repère émanait une paix et une assurance que rien au monde ne pouvait égaler. *Mère...*. Et Neithan laissât le souvenir de son plus puissant repère, sa mère, envahir son esprit, envahir son cœur et lui apporter chaleur afin de sécher les larmes qui envahissaient le regard de glace de Neithan. Et afin de se laisser bercer par le souvenir de sa mère, Neithan se remémora la discussion qu'ils eurent un mois auparavant, dans cette même maudite pièce qui paraissait moins sombre lorsque Caireann Hurin s'y tenait. Neithan se remémora tous les mots prononcés, toutes les paroles tenues, et toutes les expressions du visage. Il plongea dans ce dernier souvenir, si bien qu'il en entendit les échos, des échos qui se firent de plus en plus forts et de plus en plus distincts :


— J'ai peur mère..., avait-il tout d'abord annoncé à sa mère alors que celle-ci se tenait à ses côtés.
— Et pourquoi as-tu peur mon fils ? Poudlard sera ta maison désormais, et il y a de quoi être heureux, avait-elle répondu avec un ton rassurant que seule une mère peut produire.
— Qui prendra soin de notre maison ? demanda Neithan, même si cela n'était en rien la cause de son tourment. Alors sa mère exprima un rire avant de répondre ce qui lui semblait être l'évidence.
— Quelle question mon fils ! La nature bien sûr; les arbres garderont les environs, les oiseaux feront leurs nids et chanteront pour préserver la bonne humeur, les fleurs libéreront leur bonne senteur, et l'herbe tiendra la chaleur. En automne, les arbres libéreront leurs feuilles mortes et ces dernières sublimeront notre jardin, en hiver la neige protègera nos murs, au printemps, les premières fleurs prouveront que la vie reprend toujours malgré les rudes périodes, et en été le soleil enchantera le lieu. Tandis que la nuit, ton amie de toujours, la lune gardera un œil sur tout ce que nous avons chéri, et enfin Neithan, n'oublie pas la magie, car même sans baguettes et sans sorciers, elle coule dans les racines des arbres qui se déploient comme les plus hautes montagnes dans le sol... Et ces paroles, Caireann Hurin le savait bien, apaisèrent le cœur de Neithan puisqu'elles évoquaient la nature et son foyer.
— Quand reverrons-nous les plaines mère, et la forêt, et notre foyer ? demanda-t-il naïvement avec un pincement au cœur.
— Je n'ai pas de réponses mon fils, avoua-t-elle. Mais quand tu seras à Poudlard, tu ne devras pas oublier ton foyer. Mais tu ne devras pas non plus regarder en arrière.
— Et comment mère ? questionna Neithan, intrigué. Comment ne pas oublier mon foyer si je ne regarde pas en arrière ?
— En regardant de l'avant mon fils ! Observe ton foyer dans le futur, car un jour nous nous y retrouverons ensemble, et nous observeront les étoiles ensemble, entourés de nos jolies fleurs et de nos majestueux arbres, et nos cœurs seront apaisés.

Caireann Hurin avait prononcé ces mots en espérant illuminer le cœur de Neithan et lui redonner le sourire, mais ce dernier n'était pas simplement triste, il n'était pas un simple enfant attristé par une idée qui s'effacerait avec le temps. Les jours de Neithan sont sombres et ils le sont depuis trop longtemps, si bien qu'il en oublie de plus en plus le goût du bonheur, et les cicatrices dont il souffre ne s'effaceront jamais.


— Je n'y arriverai pas, dit-il doucement, tête baissée, alors que des larmes firent leur apparition sur son visage innocent. C'est alors que Caireann Hurin se mit à genoux, à hauteur de son fils et prit son visage dans ses mais froides mais douces. Puisque les mots lui manquaient en cet instant, les gestes demeuraient la seule solution pour une mère. Elle tenta de sécher les larmes, mais ces dernières s'intensifièrent. Mère...reprit Neithan la gorge serrée, mère j'ai peur, annonça-t-il malgré les pleurs qui l'empêchaient de s'exprimer, tout est sombre mère...je suis perdu dans un tunnel sombre, et je n'en vois pas la fin...et les pleurs devinrent tels qu'il ne put exprimer un mot de plus.
— Neithan...commença Caireann Hurin, regarde-moi, dit-elle en séchant les larmes de son fils, laisse-moi voir tes yeux, ils sont si beaux et ne sont pas faits pour être cachés. Alors, malgré les larmes incessantes, Neithan lutta et parvint à ouvrir ses yeux humides. La vie t'a grandement fait du tort mon fils, mais en cet instant tu n'as pas le choix, tu es sur le point de vivre une aventure qui n'appartient qu'à toi, et toute aventure implique de l'obscurité. Dans ce tunnel sombre, tu n'as pas d'autres choix que d'avancer, il te faudra beaucoup de courage et s'il n'y a pas de lumière dans ce tunnel, c'est à toi de l'incarner, déclara-t-elle avec compassion et tristesse pour son pauvre fils. Désormais Neithan, continua-t-elle, ta vie ne sera peuplée que par un seul choix, être une étoile sombre et oubliée ou être une étoile lumineuse dans le ciel noir, annonça-t-elle à son fils bien-aimé non sans retenir avec difficulté ses larmes. Je t'en prie Neithan...Sois la plus belle et lumineuse des étoiles.

Tandis que les paroles coulaient, les pleurs de Neithan se firent de moins en moins intenses. Il assimilait les paroles de sa mère qu'il jugea plus précieux que tout l'or du monde, et lentement mais sûrement, il devint plus fort que les larmes, ce qui forgea un sourire sur le beau visage de Caireann Hurin. Mais elle ne pouvait effacer de son esprit un détail bien trop important, *je ne verrai plus ton doux visage* pensa-t-elle luttant avec de plus en plus de difficultés pour retenir ses larmes.

— Écoute-moi bien Neithan, commença Caireann avec un sourire qui ne s'affichait que pour cacher sa grande et profonde tristesse, lorsque tu seras à Poudlard, tu te devras d'être plus ambitieux que tous, et tu te devras d'être fort, continua-t-elle la gorge nouée. Te souviens-tu de ces jours lointains où tu rêvais d'entrer à Poudlard, et bien je veux que tu retrouves cette envie et je veux que tu l'amplifies mon fils...Sois ambitieux et deviens ce que tu as toujours voulu être, deviens un héros mon fils..., et c'est alors que, pour cacher ses larmes mais également afin de calmer son chagrin, Caireann Hurin prit son fils dans ses bras et le serra aussi fort que son amour le permettait, ce qui représentait une intensité inimaginable. Et de son côté, simplement parce qu'il l'aimait et qu'il s'agit d'un comportement sincère pour celui qui aime, Neithan s'inquiéta pour sa mère.
— Et toi mère ? Qu'adviendra-t-il de toi ? demanda-t-il d'une voix douce et entouré de la douceur de sa mère.
— Peu importe la distance qui nous séparera Neithan, je veux entendre ton histoire, répondit-elle, je veux que le monde entier entende l'histoire de mon fils, ce héros ! Forge-ton histoire Neithan car tu en auras l'opportunité.
— J'aime les bonnes histoires mère...
— Alors fais de ton histoire une bonne histoire, même si tout te paraît sombre mon fils... N'oublie pas que c'est de l'obscurité que jaillit la lumière.

Et alors qu'ils échangèrent leurs dernières paroles, ni Neithan, ni Caireann ne tenta de retenir ses larmes.

— Je forgerai mon histoire mère, et tu l'entendras ! Je te le promets, je serai ambitieux et je travaillerai dur, s'exclama Neithan la gorge nouée. Tu seras fière de moi mère...
— Connais-tu la fleur de Lotus Neithan ? demanda Caireann Hurin.
— Oui, parvint à répondre Neithan.
— Il s'agit d'une des plus belles fleur qui soit, commença Caireann, pourtant elle naît des sombres et répugnants marécages, et malgré les ténèbres et l'ambiance peu accueillante de ces lieux, cette fleur y trouve racine et se déploie pour devenir l'une des plus belles choses qui soit !

Caireann avait prononcé ces mots avec difficulté tant les larmes coulaient et tant elle souffrait, elle ne put retenir ses sanglots plus longtemps mais elle continua malgré tout de faire cadeau à son fils de ce qu'elle espérait être des paroles qui accompagneront Neithan à jamais.

— La vie t'a fait du tort mon fils, ton enfance t'a été enlevée...il y eut un instant durant lequel on ne put entendre que les sanglots d'une mère et de son fils. Mais Neithan, continua Caireann, je suis d'ores-et-déjà fière de toi, tu es ma fleur de Lotus...et les sanglots reprirent des deux côtés, tant ils furent significatifs...

C'est alors que les sorciers vinrent chercher Caireann Hurin, *mais pas pour l'emmener à la maison* s'était dit Neithan, loin d'être naïf sur ce sujet. Mais les efforts de la brave Caireann Hurin ne furent pas vain, car Neithan garda en mémoire chaque mot de sa mère...*Je suis le Lotus* pensa-t-il, seul dans sa chambre, dans cette auberge, un mois après avoir été séparé de sa mère, un mois avant sa rentrée à Poudlard. Mais même si le souvenir de sa mère lui avait apporté la plus douce des chaleurs, Neithan se mit tout de même à sangloter, car il n'était au final qu'un enfant. Mais malgré les larmes et malgré la tristesse, dans son cœur brûlait une flamme qui se ferait de plus en plus grande, une flamme ambitieuse et forte qui projetait dans l'esprit de Neithan l'image d'un Neithan plus grand, plus fort et plus honorable: l'image de la plus belle fleur de Lotus, l'image d'un héros.

"Je suis le Lotus..."
(2ème année RolePlay)