Cité de Londres

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Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

Enfin les vacances d’avril arrivaient. Tous les élèves de Poudlard étaient heureux de pouvoir retourner auprès de leurs familles. Cela s’entendait, se voyait. Seulement, Eden l’était moins. 

Ayant toujours les cheveux bleutés, elle craignait le regard que porteraient ses parents sur elle et sa naïveté de s’être faite avoir par un moldu ou un sang mêlé. Peu importe, elle savait qu’il n’était pas un sang pur, ce qui rendrait triste ou plutôt furieux ses parents en sachant cela. 

En prenant le Poudlard express, et se trouvant à quai, personne ne l’attendait de « vive joie ». 
Seul un majordome se tenait là, à l’attendre patiemment. Il était doté d’un nez crochu, plutôt grand mais bossu. A cause de sa corpulence, il avait une démarche un peu dandinante. Pâle, l’homme aux oreilles pointue, ne donnait pas l’impression d’être accueillant.

Il s’en allait chercher les affaires de la fillette. Quant à celle-ci, elle observait toutes les familles, dont ceux de sa maison, épanouit, l’ignorant même. Elle était invisible de tous.
Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Eden ressentait comme une certaine jalousie. 
Pourquoi ? Pourquoi ils y ont le droit et pas moi ?

Le majordome, chariot en main avec les affaires d’Eden, lui tendait dans l’autre, une lettre avec le blason de la famille. La demoiselle savait qu’il s’agissait, sans nul doute, de ses parents. Déchiquetant la lettre, elle commençait à la lire.
« (...) Depuis que tu as attaqué cette élève, nous sommes heureux que tu as enfin admis ta réelle nature. (....) C’est pourquoi, nous te laissons le loisir de te balader dans le Londres des moldus, et de t’offrir tous les cadeaux qui te feront plaisir. (…) Ps : Nous ne serons pas présents au cours dès les quatre premiers jours de tes vacances. »
La gamine souriait à cette annonce. Elle allait peut-être enfin trouver un moyen de retrouver sa couleur. En sachant, que son stresse sera inexistant à l’idée de ne plus voir ses parents, ou même les entendre.

Dans la foule, elle recherchait du regard Franz Suisei. Et ne tardait pas à le reconnaître avec ses cheveux en batailles blonds. Mais surtout,  le fait qu’il tenait toujours en main son étrange éventail fait de plumes, de différentes couleurs. Eden donnait des instructions à son majordome. Il s’en allait, rapidement, rejoindre le garçonnet.

Il se présentait comme étant le majordome de la Famille des Lyn, et faisait passer le message de la gamine.

« Mardi 24 avril, à 14h, Eden vous attendra dans le quartier de Paddington de Londres, près de la boutique Paddington Bear. Mademoiselle Lyn vous conseilles de prendre vos affaires pour rectifier votre expérience. Alors veillez à être aimable, et, soyez à l’heure. »

Puis sans demander son reste, l’homme se retirait pour ramener la fillette chez elle. Ils disparaissaient, dans l’attroupement des familles, sans laisser de traces.

(…)


Eden se préparait pour son rendez-vous, ou plus précisément pour son face à face avec Franz. Malheureusement, elle n’a jamais eu d'« entrevue » que cela soit amicale ou .. Professionnelle ? Cela lui était bien trop inconnue. Par chance, elle avait eu le temps de prendre contact auprès de son oncle, lui conseillant de porter des vêtements simples. Qu’elle soit à l’aise.

Alors elle portait à ce jour, un jean bleu foncé troué, des tennis noirs, un débardeur uni blanc (sans écriteau changement de forme toutes les secondes, puisqu’elle allait se retrouver parmi les modlus), une chemise à carreau rouge qui la serrait au niveau de la taille, et une veste en cuir noir. Elle prenait avec elle, un petit sac à dos rouge. Puis elle s’en alla en direction du Londres des moldus, seule. Elle ne pouvait se permettre de partir en compagnie des elfes de maisons ou du majordome, cela pourrait lui apporterait bons nombres de soucis.

Arrivée à destination, il était 13h40. En avance de 20 minutes, elle prenait le temps d’observer ce qui l’entourait. Beaucoup la regardait, surement à cause de ses cheveux, pensait-elle. La main sur la poitrine, elle commençait à avoir peur. S’il venait lui arrivée quelque chose, elle ne pourrait pas réellement se défendre, puisque l’utilisation de la baguette est interdite en ces lieux. Sans adulte, elle ne pourrait rien faire. Le pire est …. Est-ce que Franz va venir ? Ou va-t-il la laisser poiroter ? 

Peut être que le majordome aurait mieux fait d’attendre la réponse du garçon, s’il était d’accord ou non?

Ensuite, d’autres pensées lui venaient en tête. Franz devait certainement, être au courant de ce qu’elle avait fait à Gryffs. Pourtant ce n’était que de la légitime défense. Elle n’avait rien fait de mal, pour elle.
Plaquant ses mains sur sa tête, secouant ses cheveux dans tout les sens. La gamine ressemblait presque à une hystérie. Face à la vitre de la boutique Paddington, Eden tentait de rester calme et de reprendre ses esprits.

Car Franz allait bientôt venir.

... //... Si vous ne croyez pas en la magie. Vous ne la trouverez jamais. ...//...
~Le but de la magie, c'est d'amener le doute au réel ~
"La magie de l'amitié se complète grâce à la joie, la maladresse et la gourmandise !"

Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

      *Enfin les vacances !* songeait Franz dans le Poudlard Express. Il aimait beaucoup l'école de sorcellerie, cependant, il y avait là bas trop d'agitation pour lui... Être élève à Poudlard implique la présence constante de camarades, pendant les cours, les repas, les weekends, les temps libres, il y a toujours un bruit de fonds dans ce château... La nuit non plus, on ne peut être seul, alors, même si son dortoir était relativement calme, on n'échappait pas aux ronflements et autres bruits organiques bordant le sommeil de chacun... *Enfin les vacances !* songeait Franz en s'imaginant se promener seul dans sa campagne.

        Le trajet passa plutôt vite, il l'avait passé sur une passerelle entre deux wagons. Le printemps était déjà bien installé, et la flore épanouissante colorait déjà les monts et vallées. Il en profita pour compter les oiseaux migrateurs qu'il croisait. Une activité sans trop d'intérêt, mais qu'il affectionnait réellement. Arrivé à King Cross, il laissa les autres élèves descendre en premier. Franz n'était jamais pressé, c'est une qualité qu'il avait prise à son père. Ce-dernier lui avait envoyé une lettre deux mois auparavant, chose qu'il faisait rarement. Quelques mots indéchiffrables par ceux qui ne connaîtraient pas son écriture : "C'est moi qui vient te chercher. Papa". Lorsqu'il reçut ce courrier en février, il ne s'imaginait pas que son père parlait des vacances d'Avril, mais il était habitué à ce genre de choses...

        Lorsqu'il descendit sur le quai, Franz prit un livre, son père le repérerait s'il était déjà arrivé. Plongé dans une description qu'il connaissait par cœur d'un Phénix, il sursauta lorsqu'une voix l'interpela. Un homme assez étrange, au physique peu amène, se présenta comme étant le majordome de la famille Lyn. *La famille Lyn... Ah Eden !* finit par comprendre le jeune garçon. Il enchaîna sans qu'il put    répondre :  
« Mardi 24 avril, à 14h, Eden vous attendra dans le quartier de Paddington de Londres, près de la boutique Paddington Bear. Mademoiselle Lyn vous conseille de prendre vos affaires pour rectifier votre expérience. Alors veillez à être aimable, et, soyez à l’heure. »
Il repartit sur ces mots, laissant Franz seul face à son désarroi... Il prit la résolution de se rendre à ce rendez-vous, c'était l'occasion qu'il cherchait pour réparer son erreur !

       "Franz ! Je suis là !" cria une femme au loin. Sa mère. Elle trottina jusque lui et le serra dans ses bras : "Désolé mon poussin, la montre de ton père a 24h de retard aujourd'hui, alors je préférais venir.".


Mardi 24 avril, 8h du matin

        Franz et son père était à Londres depuis 18h, car, cette-fois ci, sa montre était en avance. Franz en était plutôt content, car pendant plusieurs jours il craignit d'arriver en retard. Et il savait qu'Eden ne le lui pardonnerait pas. *Elle n'en a pas l'air mais elle a un sacré caractère!* pensa Franz en avalant son petit déjeuner dans un hôtel indien de la banlieue londonienne. Son père, un homme trentenaire mais au visage buriné par des rides précoces, lui dit : "On ira acheter ce qu'il faut pour les cheveux de ton amie. Et puis, je veux te faire un cadeau aussi. Tu sais, pour ton anniversaire !"

        Franz était vraiment content de ce début de vacances, tout d'abord parce qu'il n'avait pas eut à batailler pour que ses parents l'amènent à Londres. En effet, son père adorait faire les magasins de moldus, et sa mère, à l'apathie légendaire, comprenait le besoin qu'il avait de réparé son erreur auprès de la jeune fille. "Aussi galant que ton père !" avait-elle dit. Cela ne rassura pas Franz... Ils firent les boutiques toute la matinée, tous les ingrédients réunis, le jeune garçon eut même le temps de préparer la décoction avant midi.

       L'heure du rendez-vous approchait... Franz sentit son cœur se serrer et le stress augmentait... Mais il ne pouvait pas se dérober. Il décida alors de se changer, et enfila sa robe et son chapeau de sorcier. Chose qu'il ne faisait que rarement lorsqu'il était à Poudlard, mais, ayant compris que la famille d'Eden n'affectionnait pas énormément les moldus, il préféra les mettre dans de bonnes dispositions. Son père l'accompagna jusqu'au centre ville de Londres, lui flanqua une tape sur l'épaule en lui disant : "Sois gentil avec la petite mon fils ! Je passerai vous voir tout à l'heure, là je dois t'acheter quelque chose !" Et il partit de son côté, laissant Franz se débrouillait avec un plan de bus... Ses parents n'étaient pas au courant qu'Eden avait blessé un autre élève, mais cela dit, il n'en avait eut lui-même que des "on dit" , alors cela ne servait à rien de les inquiéter.

       14h05, un peu de retard mais, à force de demander à tous les passants où était le magasin, il finit par trouver son chemin. Cependant, beaucoup le moquèrent gentiment quant à son "costume"... Devant la boutique Paddigton, la jeune fille l'attendait. *Je suis en retard et... et elle est habillée en moldu...* se désola Franz. Elle avait l'air perdu dans ses pensées, il décida alors de l'interpeler : "Tu connais cette boutique? Euh... Elle est bien? Bonjour ! Ca va...? J'ai amené ce qu'il faut pour... tu sais..." dit-il en pointant les cheveux de la jeune fille. "On va où?"

       Franz avait un peu balbutié, mais bon, il fallait bien commencer ce rendez-vous...
Dernière modification par Franz Suisei le 29 avril 2018, 13 h 35, modifié 3 fois.

Se protéger du soleil, c'est protéger sa santé !

Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

La fillette aux cheveux bleues s'impatientait. L'idée d'attendre toute seule l’agaçait au plus haut point.
Mais il s'agissait de son problème. D'une affaire qu'elle se devait de régler toute seule et à l'insu de tous, surtout de ses parents.

Seulement, c'était difficile de se trouver un peu seule, dans cette ville de moldu. Elle goûtait peu aux endroits des non mages et à leurs produits qui lui étaient quelques peu inconnus. Bien qu'elle avait la chance d'échanger des courriers avec sa tante, et apprendre les us et coutumes des moldus. C'est n'était plus le cas. Celle-ci disparu, Eden avait de plus en plus de mal à se mettre à jour, et à comprendre.

Soudain, une voix la faisait sortir de ses pensée. Une voix qui ne lui était pas inconnue. Franz !
Enfin il était là ! Néanmoins, elle n'allait pas lui faire la remarque sur son retard, étant donné qu'elle était arrivée en avance, très en avance.
Cherchant du regard le garçon, elle le voyait dans son habit de sorcier. Étrangement, au lieu de se mettre en colère, elle riait. Elle riait à gorge déployée, à se tordre de douleur même.

Elle n'avait jamais autant rit de sa vie. Elle sentait pour la première fois ses joues devenir toutes rouges, une chaleur qui semblait la réchauffer, la réconforter. Ce qui lui faisait oublier -pendant cet instant- ses peurs, ses craintes.

Peu à peu, elle se calmait, prenant plusieurs inspirations, évitant d'avoir à nouveau un fou rire.

Franz lui avait posé une question sur la boutique. Une boutique dans laquelle elle aurait souhaité y entrer. Mais ce n'était pas le moment. Pas le bon moment pour elle. Le Paddington, un magasin où des familles entraient et ressortaient, le sourire au lèvres, lui rappelait sa maudite vie.
Le sourire qu'elle avait aux lèvres s’effaçait peu à peu. Son visage redevenait plus terne, plus triste, comme à son habitude.

Il fallait qu'il trouve un lieu pour ses cheveux, et elle avait déjà une idée en tête. Seulement, elle espérait de ne pas être une gêne là où elle emmènera Franz. Eden avait aussi dans l'espoir de ne pas apporter de nouveaux problèmes. Mais elle devait régler un problème, c'était maintenant ou jamais.

Alors sans trop y réfléchir, elle prenait la main de Franz, et le tendait vers elle, vers une course limite interminable. Eden marchait d'un pas rapide, elle ne se préoccupait pas de savoir si Franz parvenait à la suivre.

Tous les deux défilaient les pavés, les rues bondés de monde, de voitures, de mobylettes, et autres moyens de transports. Le paysage citadins peuplés faisait peu à peu place à une ruelle sombre mais pas lugubre. De nombreuses maisons chevauchés les unes sur les autres d'un côté, et des arbres jalonnés de l’autre se présentaient sous les yeux des deux enfants.

Seulement, pas une âme y vivaient. Il n'y avait même pas le son des moineaux qui se faisaient entendre aux alentours.

Ils étaient arrivés à bons port. Il suffisait pour Eden, de se rappeler quelle était la bonne porte. Toutes d'une forme et couleur différente, Eden ne se souvenait plus. Relâchant la main de Franz, elle se grattait le crâne, essayant de faire appel à ses souvenirs.

Plusieurs minutes passaient, jusqu'à un grincement de porte, et une petite voix qui appelait le nom d'Eden.

« Deeeedeeen !!! » une petite fille aussi rousse qu'elle (malgré sa seconde couleur : bleu), dans une petite robe blanche, elle ne devait pas avoir plus de 4-5 ans, descendait d'une traite les marches et courrait en direction des deux jeunes.

Au pas de la porte, se trouvait un jeune homme, environ la trentaine, roux, un peu barbu, les cheveux ébouriffés, il portait un long costume gris. Les mains dans les poches, décontracté,il interpellait aussi Eden.

« Je vois que ta mémoire te fait toujours autant défaut, Eden. Et.. elle n'est pas si mal cette nouvelle couleur... ! »

Eden n'en croyait pas ses yeux. Enola avait bien grandi en l'espace de quelques mois. De même pour Carter, qui avait quelque peu changé physiquement.

La personnalité d'Eden changeait aussi. En un instant, sous les yeux de Franz, d'une Eden froide, en manque de confiance en elle et des autres, elle devenait une Eden plus chaleureuse et accueillante.
La jeune fille s'accroupissait pour prendre la petite Enola dans ses bras, elle serrait très fort contre elle.

La portant, elle se dirigeait vers la maison où se tenait Carter. Une grande bâtisse, avec des fenêtres sous différentes formes : ovales, carré, rectangulaire, etc. Quant à la porte, elle était mi bleu, mi verte, mi jaune, mi rouge.

« Franz, suis moi. Ce sera dans cette maison que nous ferons .. tu sais quoi .. »

En entrant dans la maison, elle donnera l'impression d'être bien plus grande que ce que l'extérieur pourrait faire croire. Tout semblait incroyablement grand. Des livres volaient comme des moineaux, les cadres photos gigotaient. Rien n'était moldu. 
Là où Eden guidait Franz, s'agissait d'une grande cuisine, avec des ustensiles bougeant seuls, lavant la vaisselle (par exemple).

Carter utilisait sous les yeux des enfants, sa magie pour y sortir des placards quelques gâteaux, verres, et laits, s'ils souhaitaient grignoter.

Mais avant de les laisser seuls, et bienveillant qu'il est, Carter pris de nouveau la parole, tout sourire.

« Pas de bêtise les jeunes. Si vous avez besoin de quoique ce soit, je suis juste à côté .. » avant de reprendre Enola -qui comme à son habitude bavait- des bras d'Eden « Avec Enola la baveuse .. »

A cet instant, seule et ne sachant trop quoi dire, Eden posait son regard sur Franz, à attendre qu'il répare sa faute.

... //... Si vous ne croyez pas en la magie. Vous ne la trouverez jamais. ...//...
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Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

          Quel soulagement ! Les appréhensions de Franz s'en allèrent bien vite lorsqu'il vit Eden partir dans un rire incompréhensible et a priori incontrôlable. Il regarda alors la vitrine du magasin mais n'aperçut rien de très comique. Continuant à se questionner sur ce qui pouvait bien la faire rire ainsi, Franz eut la désagréable impression qu'il en était la cause ! *Elle se moque de moi? Je ne porterai plus ces satanées robes !* s'attrista-t-il. Fort heureusement, l'avantage d'un fou rire, c'est qu'il est communicatif et qu'il prend le pas sur tout ! Alors, au lieu de lui en tenir rigueur, Franz préféra ajouter son rire au sien.

         Après ces quelques instants sonores, ayant permis aux passants de remarquer un peu plus son accoutrement, les deux enfants se calmèrent. Franz observa alors le regard empli de tristesse que sa camarade jeta vers le magasin. Elle était passée d'un rire franc, d'un visage ouvert à une apparence opposée, arborant un mutisme doublé de froideur... *Elle est folle?* songea Franz -le terme qu'il voulait employer était "lunatique", mais il ne le connaissait pas encore- *L'é pâ ennuyeuse au moins c'te poul'* réfléchit-il, à moitié dans son patois natal.
     
        Sans qu'il eut ni de réponse, ni le temps de dire quoi que se soit, la jeune fille commença à le traîner dans les rues londoniennes. Vraiment, cette journée allait être amusante ! Franz se laissa faire, Eden n'avait pas l'air de vouloir bavarder et, comme il ne connaissait pas cette ville, il en profita pour l'admirer.
         Enfin, pour l'admirer à sa façon : *Je suis sûr que je peux retenir tous les noms de rue !* se défia-t-il. Alors qu'ils en changeaient sans cesse, au risque de taper sur les nerfs d'Eden, il les cita : " London Street. A droite y a l'hôpital Saint Mary." Puis répéta en ajoutant : "London Street. A Droite l'hôpital de Mary. A droite, la rue Wharf. Puis un pont." Il continua : "London Street. Par là, l'hospice de Marie. Ensuite, la rue Wouaf ! Après, la rivière. La rue avec trois cabines téléphoniques. Celle où y a un magasin de bonbon. Juste à gauche, une station de taxis.". Franz leva la tête "Celle-ci sera la rue aux lampadaires !" décida-t-il. Il trébucha légèrement lorsqu'Eden leur fit prendre une ruelle à angle droit, se rattrapa de justesse, mais en perdit son compte. "Zut, y avait combien de lampadaires en tout? On dira quarante sept d'accord? Donc. La boutique de l'ours. Londres. Marie-Madeleine. La rue du chien. Les taxis. Mais y en a partout des taxis ! Mince... Bon, les taxis. Puis, les bonbons avec celui en forme de sapin. J'en ai oublié une non? Ah oui ! Les trois cabinets rouges ! Merci ! Et l’avenue des quarante sept !"

         Au bout de ce qui ne parut que quelques minutes pour Franz, Eden s'arrêta. Elle semblait perdue, déboussolée. *En même temps, on a quand même traversé pas loin de seize mille rues !* Il ne préféra donc pas la sortir de ses pensées, au risque de subir un mauvais sort... Et puis, Franz avait assez à faire à se masser la main qu'elle avait enfin libérée. *Dieu qu'elle a d'la poigne !* souffrit-il en regardant sa main blanche revirant tout doucement à son bronzage naturel. Mais les minutes défilaient, et, toujours avec sa notion erronée du temps, Franz se demanda s'il n'allait pas bientôt faire nuit... Il n'était en réalité pas plus de quatre heures. Il s'apprêtait à lui demander si c'était sur ce trottoir qu'elle voulait que Franz lui décolore les cheveux quand une enfant l'apostropha : « Deeeedeeen !!! »

          Franz sursauta sans trop savoir pourquoi. C'est alors qu'il prit conscience qu'une présence venait de se rompre. Celle du silence. Comment ne l'avait-il pas remarqué avant? Alors que tout leur trajet se fit dans le bruit, les odeurs, les mouvements incessants liés à l'urbanité. Pourquoi n'avait-il pas ressenti ce silence qui était tombé d'un coup? Franz le subit à ce moment là, lourd, pesant, rendant l'air irrespirable, l'entourant d'une atmosphère claustrophobique... Cette oppression le prit à bras le corps, il sentit son corps insupportable, étouffé, étriqué, au point tel qu'il voulut exploser et emplir le monde de sons pour ne plus vivre cela. Mais pourquoi tout cela l'accablait maintenant? Pourquoi pas quelques minutes auparavant lorsque le silence n'était pas encore brisé?
           *Bah, je devais penser à autre chose ! En tout cas, il était bien ce documentaire sur les abysses !*, et voilà cette sensation partie ! Franz aimait bien recréer des ambiances de films, mais maintenant, il voyait défiler des méduses géantes se battant contre des Krakens sous ses yeux, alors le silence ne l’intéressait plus.

       "Deden ? J'ai déjà entendu ça dans un dessin animé je crois ! " dit-il à la petite fille qui s'était réfugiée dans les bras d'Eden. Cette-dernière s'avança vers la porte et l'enjoignit à la suivre. Franz remarqua alors qu'elle était une fois de plus transfigurée : de nouveau souriante, le teint plus vif, la démarche plus assurée aussi. Elle semblait être... à l'aise. *Elle a encore changé? Deden la folle! Non, la folâtre ! Comme ça on entend que c'est gentil ! * ria-t-il intérieurement. Mais il nota aussi deux autres choses. La première : l'apparence de la maison. Franz en était émerveillé : les couleurs, les formes, rien n'avait de sens ! C'était... "Magique! Alors c'est ça une maison de sorcier?" souffla-t-il des étoiles dans les yeux. La seconde, il préféra la garder pour lui.

         Lorsqu'il arriva sur le porche, Franz salua le sorcier et ne put s'empêcher de complimenter sa maison. Mais il n'avait encore rien vu... Une fois à l'intérieur, toute la maison semblait animée. Chaque objet possédait sa vie propre et semblait pouvoir se balader à leur guise dans cette gigantesque demeure. "Pu**** !" lâcha Franz, admiratif, en oubliant qu'il fallait éviter ce genre de grossièreté. Il s'arrêta à chaque mètre, regardant tous les artefacts ensorcelés qu'il croisait, mais n'osa pas les toucher. *Ils sont peut-être aussi fragile que les oiseaux. Et ils peuvent peut-être avoir mal.* se demanda-t-il. Ce genre de questions, il aurait pu se les poser à Poudlard, mais, une école n'est pas une maison, et l'effet en est totalement différent.

         Ils arrivèrent dans une cuisine où Eden et Franz finirent par se retrouver seul. Elle ne lui parla pas et semblait attendre quelque chose. Le jeune Poufsouffle décida alors de remettre sa curiosité à plus tard et de ne pas la faire attendre. Enfin, il essaya, mais il ne put s'empêcher de jeter des coups d’œil à droite, à gauche, en haut, en bas, horizontalement, verticalement, circulairement jusqu'à se rendre compte qu'Eden attendait toujours.

         "Euh... Oui, pour t es cheveux !" balbutia-t-il en commençant à sortir son étrange mixture de sa besace. "Alors, la couleur est un peu noire dans la potion mais c'est pas grave ! Faut juste la chauffer un peu !" Il sortit un petit réchaud de camping, une minuscule casserole, et la fit chauffer à vide quelques minutes. "Faut attendre un peu, c'est, enfin, c'est pas pour la potion elle-même, mais... bah sinon ça brûle le fond." expliqua Franz, mal à l'aise dans cette cuisine pourtant formidable. Pendant ce temps, Franz commença à remuer la fiole tout en regardant sa montre - copie conforme de celle que possède son père-, il décrivit dans les airs les mêmes rotations qu'il observait sur le cadran. Lorsque la potion eut pris une dizaine d'elliptiques différentes, il la versa d'un trait dans la casserole. " Un. Deux. Trois. Trois virgule quinze. Quatre." et il retira le récipient du feu.

         "Voilà ! C'est prêt ! J'ai suivi toutes les indications de mon père donc ce devrait être bon !" déclara-t-il. Puis, il se rappela toutes les expériences de son père qui avaient mal tourné et eut peur d'aggraver sa faute plutôt que de la réparer. *Y a plus que ça à faire !* se convainquit-il. Et, ne se laissant pas le temps de se dérober, il avala la moitié de la potion en deux secondes.

        Pas bien sûr qu'il aurait dû faire cela, Franz regarda Eden : "C'est juste pour voir si ça marche. Faut attendre une trentaine de secondes ! Dis, j'ai oublié de demander, mais comment elle s'appelle ta petite sœur?".
           Au moment où il achevait sa phrase, Franz vit des gouttes passer sur son nez. Il se leva précipitamment pour se rendre au dessus de l'évier. Les gouttes furent plus nombreuses. Une véritable pluie perlait sur son visage. Cela ne s'arrêtait pas. Des litres et des litres ruisselaient. Sa mixture fonctionnait : ses cheveux transpiraient peu à peu tout leur blond artificiel. Franz sentit chacun d'eux comme s'ils étaient vivants et expiaient une toxine. Il ressentit alors une violente douleur, comme si chaque cheveu s'était transformé en épines se plantant de plus en plus profondément dans son crâne. Cette douleur fut aussi vive que rapide, et ne dura qu'un instant. Son père l'avait prévenu : "Il faut que les cheveux s'accrochent très fort pour ne pas être expulsés avec la couleur.". Mais c'était le moyen le plus efficace, preuve en était, quand Franz se redressa, il vit son reflet dans le robinet : ses cheveux avaient retrouvé leur blancheur originelle.

      Il se retourna vers Eden, la regarda droit dans les yeux en essayant de ne pas ciller malgré la douleur, et lui dit : "Ca marche, par contre ça fait quand même très mal... Et puis, en plus, ton père a dit que ça t'allait bien le bleu. Enfin, c'est juste que je ne veux pas te revoir pleurer." Il s'assit lourdement sur la chaise et tendit la casserole à la fillette, lui laissant faire son choix.

Se protéger du soleil, c'est protéger sa santé !

Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

La petite rouquine qui s'était enfuie dans les bras d'Eden, restait timide en présence du blondinet. Néanmoins, elle était préoccuper par la venue impromptue de sa cousine. Elle ne l'avait pas vue depuis quelques mois.

Carter laissait ce nouvel invité entrer dans sa demeure enchanté. L'homme reconnaissait le garçonnet, certes il n'avait pas le nom en tête. Cependant, Eden détaillait sous toutes les coutures ses camarades dans ses lettres qu'ils échangeaient tous les deux. De ce qu'il savait, ce jeune blond était à l'origine de cette nouvelle couleur de cheveux.

En partie, il savait qu'Eden n'allait pas faire long feu si Edwige et Edward (les parents d'Eden) apprenait que leur « progéniture » sait bêtement fait avoir.

Content d'apprendre qu'Eden pouvait (sans forcément le vouloir ou faire exprès) être en bonne compagnie, les inquiétudes de Carter s'apaisait.
Les laissant pénétrer la demeure, il laissait les deux jeunes gens dans la cuisine, pendant qu'il s'amusait avec sa petite fille.
(...)


Eden observait avec attention la concoction de cette étrange potion. Cette potion qui allait certainement lui faire perdre un poids. Un gros poids en moins sur ses épaules.

Franz lui expliquait dans les moindre détails ce qu'il mettait dans potion, comment la touiller, la durée, et son résultat. Subjuguée par ses propos, elle trouvait que Franz savait y faire. Du moins, il était un peu plus sûre de lui comparé à sa dernière expérience.

Eden n'osait pas intervenir une seule fois. Même lorsque Franz se décidait de faire une démonstration. Il n'était pas si blond qu'il n'y paraît. Ses cheveux étaient en réalité blanc. 
Blanc. Blanc … Tellement blanc … les yeux ronds, la gamine restait bouche bée. Jusqu'à ce que celui-ci l'interrogeait sur le nom de sa cousine. Seulement celui-ci croyait qu'il s'agissait de sa petite sœur.

Ainsi, il  pensait que l'homme qui venait de les accueillir était son père. Par réflexe, elle fit une mou. Franz avait faux sur toute la ligne. Ayant honte de ses parents, Eden pourrait très bien mentir, et dire qu'il s'agissait bien de son père et de sa sœur.

Seulement, commencer à mentir... Pour Eden, ce serait comme si elle se décidait à devenir comme ses parents. Elle en avait bien plus peur.

Alors lorsque Franz agréait les dire de son oncle, il fallait qu'il sache la vérité. Au moins une partie …

« Carter … Non .. Ce n'est pas mon père...malheureusement » Dit-elle, les yeux vers le bas, vers la casserole.

Son visage qui était à la fois ébahie et ahurie, se changeait rapidement, plus morose et triste.
La gamine hésitait d'en dire plus. Mais si elle ne lui révélait pas certain détails. Il était sûre que Franz pouvait continuer à s'imaginer tout un arbre généalogique hallucinant sur la famille d'Eden.

Avant d'ajouter, elle avalait le reste de la potion. Ainsi, elle laissait le sort de ses cheveux entre les mains de Franz, ou plus précisément, dans l'étrange décoction.
Au moment où elle allait lui répondre. Eden ressentait curieusement un liquide tiède sur crâne.

Instinctivement, elle se dirigea vers l'évier, mimant les mêmes gestes que Franz.

« Il s'agit de mon oncle Carter et de sa fille .. ma cousine … Enola. Mes parents sont différents. Il est de sang pur aussi.. mais … lui .. la race, non-mage ou sorcier .. il reste comme il est.. Il est gentil … comme Elena  qui … ma tante .. qui ..... » En prononçant le nom de sa tante, le ton de sa voix était triste.

Une furieuse douleur hérissait ses cheveux. Eden agrippait à l'évier. Néanmoins, son visage ne reflétait pas la douleur. Ses cheveux débutait un long acheminent pour revenir à leur couleur d'origine.

Ils étaient bleus.

Maintenant, ils se décoloraient en vert.
La pigmentation de ce vert s'étendait d'un vert foncé à un vert clair. Cette couleur s'associait à un mélange pour obtenir du bleu. Il ne manquait simplement qu'une touche de jaune. Ce qui était le cas au niveau des racines.

Eden continuait à prononcer le nom de sa tante .. sans rien ajoutait ou dire de plus.
« Elena .. qui .. Elena .. »

Du jaune pisse. Du jaune poussin. Du jaune pissenlit. C'était en tout point du jaune. Puis les couleurs s'intensifiaient de clair en foncé ou de foncé en clair, et plus Eden s'accrochait à l'évier. Pourtant elle ne ronchonnait pas. Son visage ne se crispait pas.

« Ma tante … Elena ... » Plus elle prononçait ce nom, plus sa voix paraissait mélancolique. Il était difficile de savoir si elle s’agrippait à l'évier tant pour la douleur que pour la disparition de sa tante.

Des teintes rouges s'affichaient un peu partout sur les mèches de la gamine. Elles se mélangeaient au jaune. Ainsi, le roux faisait place. Sa couleur d'origine revenait à la perfection. 

Eden était de nouveau rousse. Sa couleur était -même- un peu plus brillante. Ses cheveux semblaient un peu plus ondulée qu'à la normale. Cette potion devait certainement avoir quelques spécificité pour donner ce petit plus.

Sans attendre, elle se dirigeait directement vers la salle à manger où trôner un gigantesque miroir au dessus d'une cheminée. Elle se regardait. Eden pouvait admirer le résultat. Elle était à la fois fière et soulagée.

A l'instar où elle est partie pour s'admirer dans la salle à manger, son oncle amusait sa fille en usant de sa magie. Il utilisait le sort de lévitation sur celle-ci. Ce qui l'amusait et criait de joie.

« Deeeedeeeen aaagarde !! Ze vole !!! Aaaagarde !! » la petite rigolait à plein poumons.

Pendant que Carter amusait sa fille, celui-ci interpelle le jeune adolescent à les rejoindre.

« L'ami d'Eden, tu peux nous rejoindre.D'ailleurs .. Eden, j'espère que tu l'as remercier pour qu'il t'ai rendu ta couleur de cheveux à la normale ? Si je crois me souvenir .. vous êtes dans la même maison ? » Carter n'attendait pas spécialement une réponse de la part de sa nièce, mais plus particulièrement une de Franz. Chaleureux, Carter aime recevoir de la visite.

Il savait qu'Eden n'avait jamais eu d'amis et n'avait jamais su comment communiquer avec une personne de son âge sans une crainte cachée.

Attendant que Franz les rejoint, Carter usa du Leviosa sur Eden, la faisant planer vers le plafond. Enola tentait de rejoindre Eden en agitant ses bras dans les airs. Comme si elle brassait de l'air ou mimer une technique de nage.

Rouge pivoine, Eden ne s'attendait pas à ce que son oncle lui fasse à nouveau ce coup là. Généralement, c'était Elena qui utilisait ce sort, lorsque celle-ci voyait ou ressentait que sa nièce se sentait angoissée ou apeurée.

... //... Si vous ne croyez pas en la magie. Vous ne la trouverez jamais. ...//...
~Le but de la magie, c'est d'amener le doute au réel ~
"La magie de l'amitié se complète grâce à la joie, la maladresse et la gourmandise !"

Des souvenirs plein les cheveux  PV Franz Suisei 

    Alors cet homme n’était pas son père. Mais pourquoi avait-elle précisé « malheureusement » ? Il s’agissait peut-être de son père adoptif. Ou d’un ami de la famille ? Franz n’osa pas en demander plus car le visage de la fillette avait encore pris un virage à 180 degrés, passant d’un air surpris à un beaucoup plus triste. *Elle fait souvent cette tête là, songea Franz. Elle est peut-être pas si folle que ça, sûrement qu’elle a des problèmes familiaux. Bah, on en a tous.*

          Tandis qu’il ne l’interrompait pas, Eden avala d’un coup la potion qu’il lui avait préparé. Puis elle continua à lui répondre. Alors il s’agissait de son oncle. Ils se ressemblaient quand même beaucoup. *Peut être que son père est mort et que c’est lui qui l’élève ?* Les quelques informations que distillait Eden donna une furieuse envie à Franz de mener son enquête imaginaire !


Ce qui suit se passe dans sa tête... Sauf pour les retours à la réalité ! La mise en forme c'est histoire que cela soit plus digeste !



Enquête interne (ce qui se passe dans le cerveau de Franz et un peu sur son faciès)




Alors, alors, alors, si l’on réunit tous les faits que je connais :



        1) elle tient beaucoup à ses cheveux.

          2) Carter n’est pas son père.

            C’est maigre, mais ça doit bien vouloir dire quelque chose ! Ah oui, c’est sûrement ça, se désola Franz. Son père a eut un cancer, et il a dû perdre ses cheveux pendant les traitements, comme dans cette série qui s’passe aux urgences. C’est pour ça qu’elle ne veut pas les perdre !


            Ou sinon, Carter est son père mais elle l’a renié, cependant, elle n’arrive pas à totalement couper les liens donc elle veut garder la même couleur de cheveux ! Mais pourquoi elle l’aurait renié ? Il a l’air sympa. Ah mais peut être parce qu’il préfère son autre fille ? Non, c’est pas ça.


            Les cheveux, pas son père, a l’air sympa, sa « cousine » aussi, aaaahhhh c’est un casse tête ! C’est autre chose alors… Mais oui ! Comme ce film là, she’s the man, son père est un drag queen ! Donc elle en a honte et préfère avoir la couleur de cheveux de son oncle ! Non Franz, tu pars trop loin là, se rabroua-t-il. Drag queen, drag queen, "drag" ça rappelle dragon , "queen"  la reine : la reine des dragons ! Son père est sûrement parti élever des mamans dragons ! Et du coup, elle veut rester rousse car son père a dû se faire roussir les cheveux !


Interlude : retour bref à la réalité




            Franz songea à tout cela en quelques instants seulement, il s’était suffisamment perdu dans ses pensées pour en oublier complètement la situation actuelle : deux enfants dans un cuisine faisant de la coiffure chimique. Eden se trouvait au dessus de l’évier de la cuisine, ses cheveux suintant une féerie de couleur qui subjuguait Franz. Mais une chose impressionna plus encore le jeune garçon : elle semblait toujours triste mais était à peine crispée par la douleur.  " Waouh ! T’es hyper courageuse ! En plus avec tes cheveux longs, ça doit faire encore plus mal ! " lâcha-t-il, admiratif.


              Il n’osa pas parler plus tant que la potion était en train d’agir, alors lui revint à l’esprit les autres paroles d’Eden, sur les sangs purs, et surtout, le nom de sa tante.




Nouveaux indices




Bon, je ne vais pas l’embêter avec des questions. Mais :


          1) elle tient beaucoup à ses cheveux.

          2) Carter est son oncle gentil.

          3) Elena aussi, sa tante qui… Qui quoi ? T’va la cracher c’te bal’ ! s’énerva-t-il intérieurement. Non Franz, calme-toi. Si on te donne tout dans une enquête, c’est pas drôle ! Ah oui, autre indice.

          4) Eden est triste quand elle parle d’eux.



          Alors, peut-être qu’elle aime pas que des sangs purs acceptent les moldus et elle leur en veut ? Sur cette pensée, Franz frissonna légèrement, il était un moldu, peut-être que sa camarade l’exécrait à cause de son sang. Ca fait un bond rebondissement ! Le méchant, enfin, la méchante est dans la maison. Et je suis la proie. Il me faut vite résoudre l’enquête pour m’en sortir ! Non, ce n’est pas ça, parce que son oncle aime bien les moldus donc elle ne pourrait rien me faire là, non ? Ou peut être qu’elle attendait de retrouver sa couleur… Franz eut alors envie de partir en courant, mais un dernier coup d’œil en direction d’Eden lui fit changer d’avis : elle s’agrippait à l’évier en scandant le nom de sa tante. Elle va finir par le graver dans l’inox ! Bon alors elle ne se préoccupe pas de moi. Ainsi :



          1) Elle tient à ses cheveux.


          2) Son oncle Carter est gentil.


          3) Sa tante aussi mais quand elle en parle elle est triste à en incruster le nom sur un lavabo.


          4) Eden n’est pas une meurtrière de moldu –je fais confiance à mon instinct pour ce coup là !-.



Fulgurance de l'esprit, résolution et rapport




          Mais attend, je ne l’ai pas vu sa tante ! Et si c’était à elle qui était arrivé quelque chose ? Bon numéro 3 résolu, sa tante est morte, probablement en accident de dragon. Il faut résoudre le reste maintenant ! Malheureusement Carter n’est pas son père et elle tient à ses cheveux. A moins que… Elle voudrait que Carter soit son père ? Quand on voit la bicoque ça pourrait se comprendre ! Et les cheveux ? Et bien il ressemble à ceux de son oncle.




Rapport du 24 avril des années 2000 


Objet :Eden Lyn



La susnommée Eden, alias –Deden la folâtre- n’est pas une tueuse. Elle voudrait juste vivre avec son gentil oncle et est triste que sa tante soit morte. La cause de son comportement provient sûrement de ses parents qui, même s’ils ne chassent pas les dragons, chassent sûrement les moldus. Preuve : elle m’aurait invité chez eux sinon.


Inspecteur Franz Suisei



Validation du rapport du 24 avril des années 2000 et quelques




Objet : Cas Eden Lyn



Bravo Inspecteur Suisei, encore une affaire résolue grâce à votre flair hors du commun. Vous aurez une augmentation et deux semaines de vacances.


Signé : Commissaire en chef Mouduciboulot, dit commisaire à la voix haut perchée.



Retour définitif à la réalité



              Heureusement pour Franz, tout son raisonnement ne prit pas trop de temps et Eden, penchée au-dessus de l’évier, n’avait pas remarqué son jeu. Car en effet, lorsqu’il délirait, le visage de Franz était expressif. Pendant toute sa réflexion, il passa son temps à froncer les sourcils, faire semblant de fumer une pipe, se gratter la tête pour réfléchir, et compter muettement tous ces indices et preuves… Lorsqu’il eut terminé ses conclusions, Franz regarda à nouveau Eden qui achevait sa transformation. " Pffffiouuuu…" souffla Franz, rassuré que tout se soit bien déroulé. Il n’eut pas le temps de complimenter la fillette sur le roux flamboyant de sa nouvelle/ancienne chevelure que celle-ci sortit de la cuisine.


          Ni une ni deux, Franz décida de le suivre ! Il devait en avoir le cœur net : son raisonnement s'avérait-il vrai ? Un bon inspecteur fait toujours du zèle ! Enfin, il n’osait quand même pas y aller sans permission… Mais dès que Carter l’appela, là, ni une ni deux, il se rendit sur les lieux de sa future investigation ! Mais lorsque Franz entra dans la salle à manger, toutes ses questions furent balayées tant il fut ébahi par la situation. La petite fille, dite Enola, volait dans la pièce, l’air réjoui. Volant, littéralement, de surprise en surprise, Franz ne put s’empêcher de sourire et de clamer : " C’est trop biieeeennnn !!!! " lorsqu’il vit qu’Eden aussi lévitait. Quel magnifique ballet ! Ou opéra, car Carter semblait bien être le chef d’orchestre de ces deux instruments !


            Mais le jeune garçon se rendit compte qu’il avait peut être hurlé un peu trop fort. Généralement il se fichait de ce que pourrait en dire les autres, mais là, quand même, il était dans une maison de sorcier avec pleins de trucs magiques partout ! Il souhaitait faire bonne impression pour pouvoir y rester le plus longtemps possible et admirer tout cela. Il se rappela alors que Carter avait posé une question. Un peu stressé à cause du temps qu’il mettait à répondre, il usa de sa technique favorite et infaillible : répondre et poser de nombreuses questions en un temps record et en un souffle !


                " Oui nous sommes dans la même maison ! A Poufsouffle. Enfin, j’ai toujours pas trop compris l’intérêt des maisons. Y a des enfants comme nous dans les autres. Et vous, vous étiez aussi à Poufsouffle ? Votre fille aussi c’est une sorcière ? " Continuant son monologue et s’adressant à Eden : " Dis dis dis, ça fait quoi de voler comme ça Eden ? Et à toi Enola ? Ça à l’air bien mieux qu’avec un balai !!! Mais, vous pouvez bouger toutes seules là ? " Se retournant vers l’oncle de la fillette : " Vous êtes le frère du papa d’Eden ? Il est roux comme vous ? Vous êtes tous sorciers chez vous ? Moi je suis, euh comment y disent déjà chez les sorciers… Sang de bourbe ou sang mêlé, je confonds toujours les deux ! Dites, le majordome que j’ai vu à la gare il travaille chez vous ? Vous travaillez chez les sorciers ? Y travaillent dans quoi les sorciers ? C’est un peu flou quand ils nous expliquent à l’école. "


Tut tut tuuut tuuuuut tuuuuuuut Jauuunnnnneeeee !


        Franz fut interrompu par ce bruit strident, et malheureusement pour lui, il avait raté sa mission. En effet, il n’avait pas posé toutes ses questions en un souffle mais en deux. Il baissa les yeux, un peu déçu. Toussa un peu car il en avait oublié de reprendre sa respiration, ce qui lui fit monter les larmes aux yeux.


Tiiit tuuut tit tut ti ti ti ti ti tuut c’est Vert !!!!


Ce petit message se répéta une dizaine de fois. La voix qui le prononça était grave, comme celle d’un homme très vieux, du genre à cracher un glaviot toutes les deux minutes car il chique son tabac toute la journée. Mais il était chanté joyeusement.


" Ah pardon, c’est mon père. "


          Franz souleva alors la manche de sa robe et contempla sa montre qui émettait une lueur verdâtre. Les aiguilles s’étaient complètement stoppées et le cadran en verre avait disparu. Le garçon bougea alors la quatrième aiguille -elles étaient toutes de la même taille, mais bon, la quatrième ça reste la quatrième non ?- d’un quart de tour pour répondre à son père.


          " Désolé, il fallait que je lui réponde. Il est encore occupé pour un moment car il doit se rendre au commissariat pour payer une amende. Enfin, je crois que c’est ce qu’il a dit. "
           
          Se sentant gêné, Franz voulut rattraper le coup, il farfouilla dans une de ses poches et en sortit une poignée de ses bonbons artisanaux, parfum coquelicot mangue. Une nouvelle recette inventée ce weekend. Il en tendit un à Carter et en lança un à chacune des fillettes.

Se protéger du soleil, c'est protéger sa santé !