Cité de Londres

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Maman...et la famille qui va avec.  SOLO 

21 Juillet 2043


La voiture de sport s'arrêta devant une petite maison. Lahira descendit, prête à rencontrer sa mère. Elle remercia vaguement son père, et la maison : elle était plutôt jolie, avec le petit portillon en fer, et l'escalier couvert de roses menant à la porte d'entrée. Coincée entre de vieux immeubles, cette maisonnette avait beaucoup de charme.

Respire. pensa Lahira. C'est qu'une maison...


L'aiglonne poussa doucement le portillon : il n'était pas fermé. Elle n'osait pas avancé, et pourtant il le fallait. Alors, prenant son courage à deux mains, elle se mit à monter le petit escalier en pierre.

Et... Une porte. Une simple porte la séparait de sa nouvelle vie. Mais si il n'y avait personne pour elle, derrière ce panneau de bois ? Si, tout ce chemin fait, tout ce courage rassemblé, n'était qu'une erreur ?

Une respiration. Un coup. Timide. Nouvelle respiration. Deux coups. Plus sonores.

Lahira attendit. Des questions se bousculaient dans sa tête, son cœur battait trop fort, son estomac se tordait.

Des pas. Une personne marchait, se dirigeait vers la porte. Si près... Lahira souffla doucement. Inspiré, expiré. Inspiré, expiré. Et ainsi de suite.

La porte s'ouvrit. Une femme, belle, se tenait dans l'encadrement. Peau mat, cheveux et yeux noirs... La femme de sa photo.

Je peux vous aider ? demanda la femme.

Une voix. Celle que Lahira avait toujours rêvé d'entendre. L'air manqua. La tête de la jeune fille se mit à tourner, ses yeux se mirent à picoter. Elle l'avait trouvé. Elle avait trouvé sa mère.

Ça va, jeune fille ? demanda Adhira Holms, d'une voix légèrement anxieuse.

Si elle savait... Oui, ça allait. Ça n'avait jamais aussi bien aller. Lahira se reprit, et parla doucement, son cœur battant toujours à tout rompre :
Oui, ça va bien, merci. Je m'appelle Lahira Holms... Vous êtes bien Adhira Khan ?...
La...Lahira ? balbutia Adhira.

L'aiglonne vit une larme couler sur la joue de sa mère. Celle-ci la prit dans ses bras. Lahira sentit son parfum, une douce odeur fleurie.
Lahira ne pleure jamais. Ce jour-là, elle fit une exception.

Les minutes passèrent, et Adhira se détacha de sa fille et l'invita à rentrer chez elle. Le salon était très mignon : le canapé en cuir abimé, les coussins colorés, les fleurs séchées, les poufs, les fauteuils, tout semblait vivant. Lahira s'assit sur le canapé, tendit que sa mère s'assit sur un des fauteuils.
Lahira ne savait pas quoi dire, mais sa mère le fit à sa place :
Attends... Je vais aller chercher des boissons, nous serons plus à l'aise avec. Tu veux quoi ? Eau, jus de fruit, thé, tisane ? ...?
Euh... Une tisane, s'il te plaît, répondis-je.
Très bien. Je reviens tout de suite, dit-elle en partant dans ce qui devait être la cuisine.

Lahira se rendit compte qu'il y avait des jouets, des habits, dans la pièce. Elle attrapa un petit pull de fille qui trainait sur le canapé et lu l'étiquette : taille : 10 ans. La Serdaigle fronça les sourcils, sans comprendre. Elle n'eut pas le temps de s'interroger plus que sa mère revint dans le salon avec deux boissons chaudes, et elle lâcha le pull.
Alors, tu as sûrement des question, non ? Moi aussi, je me demande ce qu'est devenu ma fille, mais tu mérites plus de savoir que moi... dis tristement ma mère avec un léger sourire.

Bizarrement, aucune question qu'elle avait pu se poser pendant toutes ces années ne lui revint en tête. Elle demanda alors la première question qui lui passa par la tête :
Pourquoi Anju ?
Quoi ? Pourquoi quoi Anju ? questionna Adhira.
Pourquoi mon deuxième prénom est Anju ? dit-elle en reformulant ma phrase.

Elle n'aimait pas mon deuxième prénom. Elle le trouvait bizarre.
Vois-tu, j'ai des origines indiennes, commença Adhira. J'ai choisis ce prénom, parce que, en indien, il signifie : "celle qui est dans le Cœur". Ton père n'aimait pas trop la consonance, donc nous t'avons appelé Lahira, et ton deuxième prénom, Anju.

A l'énonciation de son père, toutes les questions revinrent en bourdonnant dans la tête de Lahira. Toutes se bloquaient dans sa gorge, mais une se fit entendre :
Mon père... Il est venue me chercher, il y a deux semaines. Pourquoi pas toi ? Et après tout ce temps ?
Je ne sais pas ... répondis sa mère, le regard voilé.

Super. Lahira a retrouvé sa mère, mais celle-ci n'était même pas capable de répondre pourquoi elle l'a abandonner. L'aiglonne ressentit une profonde frustration.

Expliques. S'il te plaît... ,demanda Lahira.
D'accord... , commença Adhira. Jeunes, avec ton père, on a beaucoup voyagé, dans plein de pays. Mais quand tu es née... On était pas près. Trop jeunes, trop incompétents pour ce nouveau rôle de parents. Ton père ne voulait pas te garder, et, sur le moment, je me suis rangée à son avis. Il avait de très bon arguments... On était à Liverpool, donc on t'a laissé dans un pensionnat qu'on savait sûr et bien. On est reparti en voyage, en Orient, continua la femme indienne, des étoiles dans les yeux. C'était merveilleux, mais j'avais un poids sur le cœur. Des regrets.

Adhira semblait bouleversée, à présent. Mais Lahira n'arrivait qu'à ressentir de l'amertume et de la déception. Sa mère, qui l'avait abandonnée de plein gré, rejetait la faute sur son père, qui, lui, au moins, était revenu la chercher. Même avec douze de retard.

Je me suis séparée de Jason, et je suis rentrée à Liverpool. J'y suis restée un mois. Chaque jour, je passais devant ton pensionnat, mais je n'arrivais pas à venir te chercher. Après... Après, je suis rentrée chez mes parents. Tu sais, j'ai mis du temps à m'en remettre...

Apparemment, le discours était fini. Pour Lahira, cette histoire n'était pas une excuse. Sa mère parlait d'un "pensionnat", mais Lahira avait bien grandit dans un "orphelinat". Elle se sentait plus chez elle là-bas, ou même à Poudlard, que ici ou chez son père.

La fille et la mère restèrent longtemps sans bouger, dans le silence. C'est la porte de la maison qui s'ouvrit brutalement qui brisa le silence. Lahira entendit des voix d'enfants, puis celle d'un homme.

Ah. Adrian et les petits sont rentrés. Viens, je vais te présenter Kylie et Ivan. Tu vas voir, ils sont adorables.

Quoi ?! Puis Lahira compris : sa mère n'était pas restée douze ans chez ses parents. Elle s'en était bien remise, apparemment.
Dernière modification par Lahira Holms le 3 janvier 2019, 16 h 37, modifié 4 fois.

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Deuxième année devoir, deuxième année RP.
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Lahira se leva du canapé où elle était assise et suivi sa mère. Elle arriva dans le couloir où un homme, grand, et deux enfants ressemblant étrangement à Lahira enlevaient leur veste.

Bonjour Dhira, salua-t-il, Tu as passé une bonne journée ? Ah. Bonjour, jeune fille, fit-il en me remarquant, tu es...?
Lahira Holms, répondit-elle, le regard fuyant.

A ce nom, l'homme fit une drôle de tête. Lahira décida de le détester dès à présent : il appelait sa mère "Dhira" et ne semblait pas apprécier la présence de Lahira.

Bonjour, Maman ! s'écria joyeusement le petit garçon.
Bonjour mon chéri. Kylie, tu pourrais nous saluer, non ? Je vous présente Lahira. Lahira, voici Kylie et Ivan, présenta Adhira.
B'jour Mam, marmonna Kylie.

Lahira devina que l'homme était Adrian. Elle n'apprécia pas non plus l'attitude de Kylie, qui l'ignorait. Elle entendit Adrian chuchoter :
Adhira... Qui est-ce ? Elle s'appelle vraiment Holms ?
Allons dans le bureau pour discuter, tu veux ? chuchota à sont tour Adhira. Lahira, je te laisse avec les petits ? Je reviens dans un instant, continua-t-elle d'une voix plus forte.

J'suis pas petite, râla Kylie.
Oui, c'est sûr, approuva Lahira, pour instaurer de bonnes relations avec Kylie, Tu as quel âge ?
Comme si ça t'intéressais... dit-elle en guise de réponse.

Lahira fut surprise : comme Adrian, Kylie ne semblait pas ravie de sa présence. Mais Ivan, qui lui, avait vraiment l'air adorable, répondit :
On a dix ans.
Oh ! Vous êtes jumeaux ? demanda Lahira, en remarquant leur ressemblance frappante : même cheveux noirs, même peau mat, même yeux verts.
Oui, répondit fièrement Kylie, mais c'est moi la plus grande.
De très peu ! râla Ivan.
Pff... tu parles ! rétorqua la fillette.

Les deux enfants continuèrent de se chamailler jusqu'à qu'Adhira vienne chercher Lahira pour lui parler en privée :
Ça va sûrement être un choc pour toi, avec tout ça... Mais...

Mais Lahira avait compris. Ça mère n'avait pas mis autant de temps qu'elle le prétendait pour se remettre du choc de sa séparation, et de son incapacité à gérer un enfant. Surtout si les jumeaux avaient dix ans... Lahira n'en avait que douze.  Et maintenant, elle avait une petite sœur, et un petit frère.
J'ai compris. Ton choc n'a pas été très long. Pas besoin des détails. coupa Lahira, d'un ton amer et dur.
Je... Tu sais, reprit Adhira, Adrian est un formidable père, et il sera un beau-père tout aussi formidable. Quand à Kylie et à Ivan, ils vont être ravis d'avoir une grande sœur. Tu pourras prendre la chambre à l'étage et...
Quoi ? Tu veux que je vienne habiter ici ? coupa de nouveau Lahira, perturbée.
Mais bien sûr, ma chérie. Tu fais partie de la famille, à présent. Adrian est en train d'annoncer la nouvelle aux petits. Mais il y a un problème ?
C'est que... Je pensais... Je crois que je vais rester habiter chez mon père, d'abord, confia Lahira, effrayée par cette vitesse.
Mais... Tu es sûre ? répondit Adhira, déçue. Tu vas au moins rester quelques jours ?
Oui, bien sûr...

Lahira entra de nouveau dans le salon, sous le regard encourageant de sa mère, celui fermé d'Adrian, celui adorable d'Ivan...et sous le regard assassin de Kylie, sa petite sœur. Lahira ne se sentait pas à sa place.
Dernière modification par Lahira Holms le 2 janvier 2019, 19 h 46, modifié 1 fois.

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Silence. Personne ne parlait dans le salon, et Lahira était très, très, très gênée. Elle  croisa le regard venimeux de Kylie. Lahira ne pouvait lui en vouloir : si elle avait eu une famille, comment aurait-elle réagit si une fille, qui, du jour-au-lendemain, se pointait, et prétendait être sa sœur ? Sûrement mal.
Ce fût Ivan qui rompit le silence :
Alors t'es notre grande sœur ? (Lahira opina en silence) Cool ! s'écria de nouveau Ivan. Mais tu seras gentille, hein ?

L'aiglonne sourit : son "incrustation" ne semblait pas le gêner pour le moins du monde ! Adrian sembla voir le trouble de sa nouvelle "belle-fille" et ordonna calmement :
Ivan, Kylie, allez-vous mettre en pyjama, et laver les mains avant de passer les mains à table. Nous, nous occuperons de préparez à manger. Lahira, tu nous aides ?
Bien sûr, répondit-elle, en lançant une œillade reconnaissante à Adrian.

Tendis qu'elle se dirigeait vers la cuisine, Lahira entendit Kylie demander à son père d'une voix amère :
J'imagine que se ne serait pas repas indien, ce soir, si ?
Non ma chérie. Avec l'arrivée de Lahira, ta mère n'a pas eu le temps de préparer...(Kylie souffla de mécontentement) C'est dommage, je suis d'accord avec toi. Un bon repas aurait été parfait pour accueillir Lahira...
L'accueillir, hein ? Quelle blague...

Les dernières paroles d'Adrian n'avaient apparemment pas plu à Kylie. Cette dernière, après avoir regardé (encore !) méchamment Lahira, monta à l'étage.
Je suis désolée, Lahira, commença Adhira, qui avait aussi entendu l'échange. Kylie a...un petit peu de mal à t'accepter. Il lui faudra un peu de temps, mais tu verras, c'est un vrai ange.

Ça, Lahira en doutait. Adrian lui expliqua ensuite que tous les vendredi, la famille avait pour tradition de manger indien. Ce soir-là était un vendredi, et Kylie avait était un peu déçu de ne pas pouvoir manger indien. Lahira la trouva bien capricieuse.

Après un repas constitué essentiellement de salade verte et de pâtes, Lahira s'amusa un peu avec Ivan. Elle avait pris confiance, car le repas s'était bien passé, et Kylie était monté directement dans sa chambre une fois la table débarrassée. L'ambiance était donc plutôt  bonne.
Assise sur le tapis du salon avec son petit frère, Lahira sentit un petit frottement sur son cou : son boursouflet ! Elle l'avait complétement oublié : il avait du dormir tout le long, et, à force de sentir de sa présence, Lahira l'oubliait presque. Maintenant qu'il était réveillé, elle le montra à Ivan :
Il est trop mignon ! s'écria joyeusement Ivan.
Elle, c'est une femelle, précisa Lahira.
Ah pardon, elle est trop mignonne, alors, rectifia le petit garçon. Comment s'appelle-t-elle ?
Liu.
Liou ? demanda Ivan.
Oui, Liu. Mais ça s'écrit L-I-U... précisa de nouveau Lahira.
Ivan, fais moins de bruit, les coupa Adrian. Ta mère est au téléphone...

Lahira se tût. Adhira devait être au téléphone avec Jason, son père. Depuis deux semaines, sa vie partait dans tous les sens. Son père était venue la chercher dans son orphelinat. Il avait tous les papiers, tout était en ordre, et deux heures plus tard, Lahira se trouvait avec lui dans une voiture de sport rutilante. Il l'avait emmené à Londres, dans son appartement, grand lumineux et luxueux.
Il lui avait montré sa chambre, simple mais spacieuse. Il y avait tout pour une adolescente : un grand lit, des poufs, un bureau, des miroirs, des placards, un chaine hi-fi. Les murs blanc semblaient même attendre qu'on colle des posters dessus.
Jason était attentionné, sympathique et présent. Les premiers jours. Après, il était devenu plus absent, occupé, de mauvaise grâce. Mais pour l'instant, Lahira se sentait plus chez elle là-bas que ici.

C'est bon ! s'exclama Adhira. Jason vient te chercher dans deux jours.
Pour l'instant, tu pourras dormir dans le bureau, ajouta Adrian. Après...
Peut-être qu'on pourra t'aménager le grenier, supposa Adhira avec un pauvre sourire. Il faudra aussi que tu passes du temps ici, même si ton père à la garde...

Adhira amena Lahira dans les étages de la maison. Elles préparèrent ensuite un lit d'appoint pour l'aiglonne, et Adhira en profita pour questionner sa fille :
Alors... Comment as-tu eu ton petit boursouflet ?
C'est à l'examen de Défense Contre les Forces du Mal, expliqua Lahira. On avait une épreuve avec des boursouflets, et j'ai eu la note maximale, donc j'ai pu garder le mien.
C'est bien, ça ! s'exclama de nouveau Adhira. Mais d'ailleurs, tu es dans quelle maison ?
Je suis à Serdaigle.
Moi aussi, j'étais à Serdaigle... Jason était à Griffondor, et Adrian a passé sa scolarité à Serpentard.

Elles continuèrent de discuter ainsi pendant quelques minutes, mais le courant ne passait pas très bien, puis Lahira se coucha.
La tête posé sur l'oreiller blanc, elle trouvait que sa vie, c'était du n'importe quoi. Mais elle allait s'habituer, et quand ses amis lui demanderont ceux que font ses parents, si elle a des frères et sœurs, elle pourra répondre. Mais elle se sentait quand même mal.
Perdue dans ses pensées, Lahira eut beaucoup de mal à s'endormir.
Dernière modification par Lahira Holms le 3 janvier 2019, 11 h 48, modifié 2 fois.

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Lahira se réveilla brusquement, et regarda autour d'elle. Un rayon de soleil passa par la fenêtre, éclairant l'horloge accrochée sur le mur : elle indiquait neuf heures quarante deux. Les souvenirs de la veille lui revinrent peu à peu en mémoire.
Elle soupira. Elle aura tellement préférée se réveiller dans sa petite chambre de l'orphelinat... Elle était moins belle, moins confortable et moins chaude, mais c'était chez elle.

Après s'être habillé, Lahira sortit du bureau, où elle avait passé la nuit. Mais avant que l'aiglonne atteigne l'escalier, Kylie jaillit de sa chambre en claquant bruyamment la porte, et pour la première fois depuis l'arrivée de Lahira, elle lui adressa la parole :

Je te préviens, quoi qu'en disent mes parents, tu ne seras jamais ma sœur, siffla-t-elle, accompagné d'un regard des plus venimeux.

Elle disparut alors dans l'escalier. Lahira était toujours immobile, blessée et perturbée par ces paroles. Elle finit par décider de se bouger, et descendit à son tour l'escalier. Kylie et Ivan était dans le salon, où on entendait des bruits de voix et de musiques, qui provenaient sûrement de la télévision.
Lahira traversa le couloir pour aller dans la cuisine, pour prendre son petit déjeuner. Elle allait ouvrir la porte, quand elle entendit des éclats de voix à travers le battant en bois.
Le bruit qui venait du salon couvrait les voix, et la conversation ne concernait sûrement pas l'aiglonne. Pourtant, au lieu de tourner les talons, elle colla son oreille sur la porte, et sursauta en entendant son nom :
...ne vais pas renvoyer Lahira là-bas ! s'exclamait Adhira. Jason est incapable ne s'occuper d'elle, et...
Je ne veux pas qu'elle habite ici ! C'est hors de question ! rétorqua Adrian. En plus, c'est lui qui a tous les papiers, la garde, et le reste. Elle t'a dit qu'elle voulait habiter chez lui !
Mais je suis sûre que j'arriverai à la convaincre de rester ! supplia la femme indienne.
Non Adhira ! Je viens d'apprendre que tu as une fille cachée, c'est déjà beaucoup, ce que j'ai acceptée.
On... On pourrait la prendre à mi-temps, non ? Un peu pour les vacances, pour Noël...

Lahira partit. Alors comme ça, Adrian ne voulait pas qu'elle reste ? De toute façon, elle non plus. Elle allait habiter chez son père la plupart du temps, et pourrai, oui, peut-être passer quelques jours chez sa mère pendant les vacances... Elle voulait quand même apprendre à connaître son petit frère et sa petite sœur. Même si... Ça allait être un peu compliqué.
La Serdaigle pensa à Poudlard, et son cœur s'allégea. Elle serait là-bas chez elle. Même que si elle ne voulait pas voir sa famille, elle pouvait y rester pendant les vacances.

L'aiglonne alla dans le salon, et s'installa sur le canapé. Les jumeaux regardaient des mangas, elle attrapa un livre qui traînait. Elle l'ouvrit mais ne le lit pas, les yeux perdu dans le vague, rêvant la fin de l'été.

Lahira n'avait pas encore osé penser à Kylie. Quand elle revint dans la cuisine, Adrian était là, et avec de nombreux croissants encore chauds.
L'aiglonne ne parvint pas à s’intéresser à la conversation, et débarrassa la table dans un état second. Elle revient à elle quand elle sentit une vive douleur dans le pied : Kylie lui avait lâché une assiette en céramique sur le pied, qui s'était cassée en plusieurs morceaux, creusant une entaille profonde dans le pied de Lahira.

Kylie ! s'indigna Adhira.
Eh ! J'ai pas fait exprès ! s'exclama violemment l’intéressée.
Vraiment ? pensa méchamment Lahira.

Elle se pencha ensuite en grimaçant pour ramasser les bouts d'assiette, mais Adrian l'interrompit :
Laisse, Lahira, je vais m'en occuper. Kylie, même si tu ne l'as pas fait exprès, excuse-toi !

Mais Kylie tourna les talons et monta s'enfermer dans sa chambre.

Je suis désolée, Lahira, commença Adhira, tu n'as pas trop mal ? Viens, je vais te désinfecter ça.

Lahira ne répondit rien et serra les dents.


Quelques heures plus tard, assise dans son lit d'appoint, Lahira repensait au petit déjeuner. C'était le premier qu'elle passait dans sa nouvelle famille, et il avait été désastreux.

Après avoir enduit la blessure au pied de sa fille d'un désinfectant piquant et d'une crème cicatrisante, Adhira avait assuré d'une voix pourtant sans conviction : Je suis sûre que Kylie n'a rien contre toi, Lahira. Il lui faut juste du temps pour s'habituer... Tu sais, elle vit une période plutôt difficile... Son frère a déjà eut son premier signe de magie - bien que, depuis, il n'y en ai pas eu d'autres - mais Kylie, elle, n'a pas découvert sa magie. Elle a peur de ne pas...d'être une cracmole.

Lahira n'avait rien répondu. Est-ce que cette histoire excusait la conduite de sa petite sœur ? Elle n'en était pas sûre.

L'aiglonne fût tirée de sa rêverie par la voix de sa mère qui l'appelait. Lahira rejoignit Adhira dans sa chambre, qui tenait un petit coffret.

Je voudrais te l'offrir. Je l'ai eu pour mes dix ans, c'est ma grand-mère qui me l'avait taillé...

Lahira n'eut pas le temps de demander de quoi parlait sa mère que celle-ci ouvrit le coffret et en sortit un collier : une pierre noire taillée en forme de dragon, attachée à un cordon en cuir, reposait sur un petit coussin.

C'est une onyx, dit Adhira, Elle porte chance.
Euh... Merci beaucoup, répondit Lahira, ne sachant quoi dire.

Cette nuit-là, Lahira fût réveillé par un  rêve : Un boursouflet, semblable à Liu, se trouvait à côté d'elle. Soudain, il sauta sur le pied de Lahira et le mordit. Il tourna alors sa "tête" vers Lahira, ses petits yeux brillants allumées d'une lueur mauvaise et dit avec la voix de Kylie : Tu ne seras jamais ma sœur !

Les yeux grands ouverts, Lahira referma sa main sur la pierre de son collier.
Dernière modification par Lahira Holms le 3 janvier 2019, 12 h 18, modifié 2 fois.

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26 Août 2043


C'était la cinquième fois que Lahira venait chez sa mère. Aussi la dernière fois. Elle avait pris le métro, parce que son père, qui avait prévu de l'emmener, avait annulé au dernier moment. "Une réunion de dernière minute", avait-il dit.
L'aiglonne balança son sac sur son épaule, et s'avança vers le petit portillon. Sa mère l'accueillit avec un peu trop d'enthousiasme. Lahira savait qu'elle faisait tout ça pour récupérer les années perdues, et se faire pardonner. Du côté de Lahira, c'était plutôt mal parti.
La jeune fille salua son beau-père, embrassa son petit frère, et monta dans sa chambre. Kylie devait être restée dans sa chambre : elle n'aimait pas quand sa grande sœur venait.

Lahira, aidé d'Adrian et parfois du reste de la famille, avaient aménager le grenier. Ça rendait plutôt bien, même si chambre chez son père était beaucoup plus moderne et spacieuse.
Elle se jeta sur son lit, respirant l'odeur des draps frais, un peu poussiéreux. En même temps, ça faisait deux semaines qu'elle n'avait pas dormit dedans.
Les mur blanc était à moitié recouvert de posters, et de photos. Lahira en décrocha quelques une, et les étala par terre. Finalement, elle en pris trois : une avec sa famille du côté de sa mère, une autre avec les jumeaux, dans le jardin, et une dernière sur le toit de la maison, avec encore Kylie et Ivan.
Les deux jumeaux lui avait montré le passage : il fallait aller sur le rebord de sa fenêtre, puis escalader les tuiles, pour s’asseoir sur la cheminée. Sur la photo, Kylie était morte de rire, Ivan très concentré, car il était en pleine ascension, et Lahira avait une tête d'enterrement (elle avait le vertige, et se demandait pourquoi elle s'était laissé embarquer). L'aventure avait été un peu chaotique, mais le souvenir, lui, était sublime.

Elle rangea les photos dans son carnet de dessin, et le jeta dans sa lourde valise. Elle était surtout revenue chez sa mère pour ça : finir sa valise. Dans quelques jours, elle sera confortablement installée dans le Poudlard Express.
Lahira, tout sourire par cette pensée, commença à ramasser ses grimoires et ses rouleaux de parchemin.


Lahira se sentait désormais mieux chez sa mère, mais malgré tout, chaque matin où elle se réveillait 28, rue St Arundel, elle ressentait un certain malaise. Et ce malaise ce répétait souvent quand elle était proche de sa mère : comment vivre avec une personne qui vous a abandonné, et alors qu'elle avait la possibilité de vous reprendre, ne l'a pas fait ? De ce fait, Lahira et Adhira n'était pas du tout proche.

Et puis, il y avait aussi Kylie. Comment un être aussi petit et mignon pouvait se rendre à ce point détestable ? Kylie avait pour but de faire regretter Lahira d'être venue habiter avec eux, et c'était réussit. Sa mère lui avait bien dit que la petite Williams avait peur d'être une Cracmolle, mais ça n'expliquait pas tout ! Du moins, pour Lahira. Les parents du petit monstre lui excusait tout.


Lahira descendit dans le salon, et les trois enfants décidèrent de passer le temps à se faire des passes, dans le jardin. Lahira, d'habitude adroite et douée, ratait toutes ses balles : elle avait la tête ailleurs. Tout son esprit était occupé par l'idée de retourner dans son école, à Poudlard. Kylie et Ivan ne rentraient qu'en CM2, ils avaient encore un an à attendre. Enfin, Ivan, surtout. Kylie n'avait pas fais encore de signe de magie.

Pour la énième fois Lahira laissa tomber la balle, et Kylie s'énerva :
Non mais fais un peu attention ! On peut pas joué, là ! Tout ça parce que Madame pense à sa petite rentrée...


D'habitude de mauvaise humeur et railleuse, Kylie devenait de plus en plus exécrable au fur et à mesure que la rentrée approchait.
Soupirant, Lahira se concentra et se prépara à bien tirer, mais au dernier moment, ces pensées dérivèrent vers sa valise. La balle vola avec forces, mais au lieu d'atterrir dans les mains de Kylie, elle tomba dans le jardin des voisins.

Ah bah merci, Lahira, cracha Kylie, c'est super maintenant ! Tu m'expliques comment on va récupérer le ballon ?!
Oui bon ça va, je suis déso...

Avant de pouvoir finir sa phrase, elle reçut un ballon, le ballon, en plein nez, la faisant abondamment saigné.

Qu'est ce qui c'était passé ? Kylie avait eu son premier signe de magie, et, énervée contre sa sœur, lui avait envoyé, sans vraiment le vouloir, le ballon en pleine tête.
Résultats des courses : tout le monde était content, Kylie était une sorcière, et Lahira pouvait bien souffrir en paix. Même si, d'un côté, tout ça, c'était grâce à elle...

L'aiglonne n'était pas venue mangée, prétextant de ne pas à avoir faim et était restée enfermée dans sa chambre. Elle n'en voulait pas à sa sœur (enfin si un peu) mais elle se sentait mal devant cette joie familiale. Le seul bon point, c'était que, peut-être, Kylie deviendrai enfin plus aimable.

Soupirant, Lahira compléta sa valise. Oui, il y avait un autre bon point : elle partait à Poudlard, elle n'aurait pas besoin de revenir avant Noël.

FIN

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