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Le Bleu de la Lune  PV Ada V. 

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AMORY                                            OSKAR

Premier soir des vacances d'été 2043,
20h54.


Pour la première fois de sa vie, Solal pu goûter à la joie des vacances d'été. Il était de ces élèves qui appréciaient la vie à l'école : Poudlard était pleine de surprise et il voyait les cours comme un puits de connaissance plus que comme une corvée. Néanmoins, il y avait quand même des journées fatigantes et désespérantes. Aussi, comme beaucoup d'élèves de Poudlard ce jour-là il se sentit libéré d'un poids alors qu'il descendit du Poudlard Express. Il allait connaître le plaisir de deux mois de vacances estivales tout en s'impatientant de la prochaine année à suivre. Sur le quai, il retrouva Amory et Oskar, ses deux aînés. Tout deux semblaient très heureux d'accueillir un été de farniente. Les Rosenberg étaient plutôt casaniers et les vacances d'été étaient souvent passées à ne rien faire, ce qui ravivait grandement Amory et Oskar qui étaient tous les deux mus d'un certain calme naturel. Aussi longtemps qu'il se souvienne, Solal ne voyait que très rarement ses aînés courir partout, sauter, crier... Leur calme contrastait largement avec l'excitation permanente de Solal et de Blaze, qui était de loin les deux éléments perturbateurs de la fratrie —Blaze plus que Solal.

Aussi,  Solal fut le seul à trottiner pour sortir de la gare. Il se tourna vers ses deux aînés qui ne semblaient pas pressés et paraissaient plus enclins à profiter de leur première soirée. Si Solal n'aimait pas tellement la hiérarchie, il avait un profond respect pour ses grands-frères de qui il enviait le flegme naturel. Comme pour jouer au grand garçon, lui aussi, il enfonça ses mains dans ses poches alors qu'ils sortaient de la poste magique et se mit à traîner des pieds au même rythme que ses aînés. Ils venaient d'envoyer leurs bagages directement à leur adresse et pouvaient à présent profiter pleinement de leur soirée.
« On se trouve un café ? » questionna Amory à Oskar, ignorant plus ou moins la présence de Solal : il ne faisait aucun doute, le cadet n'aurait pas son mot à dire ce soir-là, mais l'idée de suivre ses aînés pendant une soirée nocturne ne lui déplaisait pas. Oskar hocha la tête en s'étirant, les bras vers le ciel : le Serdaigle avait entendu un de ses voisins de compartiment se moquer de lui pour avoir dormi tout le trajet et avoir bavé.

Oskar, le Gryffondor de la fratrie, s'arrêta d'un coup. Solal, qui marchait juste derrière lui, cogna son front contre le dos de son aîné et râla quelques secondes avant de se taire. Son aîné était visiblement intéressé par un café sur le trottoir d'en face : même de là où ils étaient, le trio pouvait entendre une musique s'élever dans un café.
« Tiens, c'est du blues. Venez. » Il ne leur laissa pas le choix et se dirigea aussitôt vers le dit café. Sur sa devanture, des lettres formées par des néons laissaient lire « Luna Blues ». Solal ne connaissait pas grand chose en musique mais il devina que c'était un de ces cafés où une scène permettait de mettre en lumière des artistes. Entrant à la suite de ses aînés, Solal remarqua aussitôt un grand bar sur la droite. Le reste de la salle était occupée par des chaises en bois et, au fond, un homme âgé était assis sur un tabouret de bar, un saxophone entre les mains. La musique provenait de lui. Comme hypnotisé, Oskar s'approcha d'une des tables et s'installa en observant le vieil homme. Amory leva les yeux au ciel mais n'en fit rien, il était rare que le Gryffondor décide de faire des choses sans demander l'avis des autres ; et ils n'avaient de toute façon rien de prévu.
« Je prends un coca, vous voulez pareil ? » Solal hocha la tête furieusement et se leva pour accompagner son aîné. Oskar acquiesça lui aussi. Quelques minutes après, les trois garçons furent attablés avec leurs verres et une assiette de chips; Oskar semblait avoir tout prévu puisqu'il avait retiré de l'argent moldu à leur sortie de la gare. 
« Tu connaissais déjà le café ? » demanda le cadet. Pour toute réponse, le Gryffondor hocha la tête mais ne développa pas sa pensée. Quelque peu agacé du silence de son aîné, Solal poussa un soupire avant de poser son visage entre ses mains les sourcils froncés, tout sirotant lentement son coca.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 2ème année RP.

Le Bleu de la Lune  PV Ada V. 

Ada rentrait enfin chez elle, dans sa maison miteuse mais où elle se sentait si bien. En sortant du Poudlard Express une bouffée d'air frais et son frère l'accueillit. La Serdaigle souriait rarement, voire jamais, mais cette fois-ci en cette journée d'été, un immense sourire flamboyant se dessina sur son visage dès qu'elle aperçut son frère. C'était sa moitié, il lui faisait du bien. Alors quand elle le vit à la gare, son coeur avait battu la chamade et elle avait courut vers lui, Ada n'était pas tactile donc ils ne s'étaient ni pris dans les bras ni embrassés. Elle s'était élancée vers lui, ils s'étaient regardés, avait sourit et leur retrouvaille étaient déjà terminée. Le père d'Ada ne venait que trop rarement accueillir la première année à la gare. Leur écart se creusait au fur et à mesure du temps qui passe. Le fil qui les liait commençait petit-à-petit à se rompre. Hélios, n'arrivait pas à le recoudre, et il faisait office de lien entre le père et la fille. 

La sorcière et le cracmol sortirent donc de la gare et Hélios alluma une cigarette, Ada ne s'en était jamais plainte, elle avait fini par s'habituer voire apprécier cette odeur de tabac. Il avait un petit sourire en coin tandis qu'il mettait la cigarette à sa bouche, l'Aiglonne s'attendit donc à une surprise. Ses yeux verts tournoyèrent pour trouver un indice puis ils se posèrent sur le Luna Blues. Un vieux café qui sert jour et nuit du blues, aux grands plaisir d'Ada. Fan de jazz, la blonde joue depuis quelques années du saxophone et adore ce style de musique. C'est son frère qui lui a fait découvrir, et depuis Ada est devenu accro à ce genre musical. Son frère reste accroché à classique Pink Floyd, mais il emmène toujours sa soeur dans ces endroits atypiques. Le jazz est né en partie dans ce genre de café, et de nouveau artiste vienne souvent se représenter dans ces endroits. 
Hélios lui lança donc :

- J'ai des sous, ça te dit une virée au Luna Blues? On a du temps, papa ne m'a donné aucun horaire. On pourra aller où tu veux après. 

Ada lui répondit par un grand sourire et poussa vivement la porte du bar. Elle y allait depuis son plus jeune âge, son père emmenait Hélios avant mais après la naissance d'Ada il a arrêté de s'y rendre. Ce café lui rappelle des souvenirs trop douloureux et c'est grâce à Hélios que la blonde a pu le découvrir . Alors à chaque fois que le frère et la soeur vont à Londres, le détour par le Luna Blues est inévitable. Ils n'ont jamais vraiment eu d'horaire donc ils leurs aient arrivés d'y rester jusqu'à la fermeture.

En entrant, une lumière réconfortante accueillit les deux nouveaux arrivants et Ada adressa un simple signe de tête au barman. Il ne se sont presque jamais échangés de paroles, en partie à cause de la froideur de la Serdaigle, mais ils se connaissent depuis longtemps et leurs habituels signe de tête leurs suffis. Celui qui engage la conversation c'est Hélios, et Ada  a pris l'habitude de chercher une table pendant que son frère discute quelques minutes avec le barman. Aujourd'hui un artiste qu'Ada connaissait vaguement jouait du saxophone sur la scène du bar. Elle essaya de se remémorer le nom de l'artiste en question tout en cherchant une table mais elle commença déjà à adorer le saxophoniste. Sa technique était très bonne et on voyait bien que c'était le genre d'artiste qui ne voulait pas entrer dans un orchestre malgré son niveau. C'était ces électrons libres de la musique qu'Ada idolâtrait. 

L'Aiglonne trouva enfin une table près de la scène et son frère ramena une café noir et un sirop à la menthe. Ada prenait toujours la même chose et Hélios variait les plaisirs. La première année avait les yeux scotchés sur la scène et elle ne se rendit pas compte que son verre tombait près de la table voisine. Hélios lui tapota sur l'épaule et lui montra la flaque verte qui s'étendait petit-à-petit sur le sol. Ada soupira et ne voulait pas parler à des inconnus mais ce foutu sirop allait l'obliger à communiquer avec eux :

- Mon verre est tombé, j'appelle un serveur. Pardon.

Froide, elle n'avait pas été particulièrement poli, voulant en finir au plus vite. Mais en regardant ses voisins elle découvrit que Solal Rosenberg avait de la menthe sur ses chaussures. Elle le connaissait de nom, c'était un Serdaigle plutôt populaire et sociable. Il n'avait pas grand chose en commun et elle haussa un sourcil en le voyant dans ce café. Un serveur arriva et Ada continua à fixer froidement le jeune Solal. 

La vie est un mystère qu'il faut vivre et non un problème à résoudre.

Le Bleu de la Lune  PV Ada V. 

Solal ne connaissait pas beaucoup la musique : ses parents n'en écoutaient pas beaucoup et, par extension, il n'avait jamais vraiment été bercé dedans. Ses grands-frères semblaient un peu plus connaisseurs, bien qu'Amory était plutôt du genre à se laisser bercer par la musique, tandis qu'Oskar avait l'habitude de prendre des notes sur un petit calepin. Il y notait les chansons dont on lui parlait, les noms des genres de musique, les noms d'instruments... Oskar venait de sortir le dit bloc-note et Solal ne se fit pas prier. Tout en sirotant son soda, il laissa ses doigts glisser sur le calepin, en tourner les pages. Tout était joliment écrit, avec des boucles élégantes, des petites notes de musique ici et là, d'autres symboles que Solal ne connaissait pas pour illustrer certains noms. La propreté du calepin contrastait lourdement avec les cahiers du garçon, dont les marges étaient remplies de gribouillis et de dessins en tout genre, qui n'avait rien de bien joli. Mais cela ne l'étonnait pas, le Gryffondor des Rosenberg était connu pour être le perfectionniste, le garçon toujours carré, toujours tiré à quatre épingles. Solal s'étonnait encore que celui-ci ne soit pas intéressé pour devenir préfet, mais peut-être avait-il assez à faire lorsqu'il était à Chipping Campden : s'occuper de trois petits frères devait être assez fatigant pour ne plus avoir envie de s'occuper des autres le reste du temps.

Solal comprenait. S'il devait s'occuper de quelqu'un, c'était d'oiseaux, ou peut-être d'un certain Poufsouffle. Il ne comprit pas pourquoi son esprit se tourna vers le garçon à cet instant et il balaya la pensée inutile. Il était là pour profiter de sa première soirée de vacances, non pas pour se poser des questions là où il n'y avait pas lieu d'y en avoir. Cette année, le Serdaigle avait compris une chose : le cerveau aimait s'embêter de pensées qui n'avaient pour conséquences que de la négativité. Ce n'était alors pas facile de s'en dépêtrer. 

Un tintement de verre, comme si quelque chose tombait. Une odeur de menthe dans les airs, et alors qu'il tapait le pied au rythme de la chanson, ce dernier frappa le sol dans un "shploc" étrange, différent des bruits d'avant. Il baissa les yeux vers le sol et fronça les sourcil en remarquant que la pointe de son pied s'offrait un bain dans ce qui semblait être de la menthe. Voilà qui allait coller.
Il releva ensuite les yeux pour chercher le coupable de son inconfort. Il fut surpris de découvrir devant lui Ada Valley, une Serdaigle de première année —qui allait passer, comme lui, en deuxième année à la rentrée. Il n'était pas très proche d'elle mais lui avait parlé plusieurs fois, notamment lors du concert. Elle ne s'était pas avérée être quelqu'un de très agréable et comme pour confirmer l'impression que Solal avait eu sur elle, la blonde se mit à le fixer ouvertement. À cette vision, le brun fronça les sourcils, perplexe. Qu'est-ce qu'elle voulait ? Il n'avait rien fait, et il n'avait surtout pas demandé au verre de menthe de se vider à ses pieds. N'était-on d'ailleurs pas censé s'excuser, dans ces cas-là, plutôt que de fixer la victime de sa maladresse ?
Voilà une autre chose que Solal avait appris, lors de cette première année à Serdaigle : la première impression n'était pas forcément la bonne. Après tout, sa première rencontre avec Noor avait été assez électrique mais avait débouché sur une jolie amitié. Mais son impulsivité lui jouait des tours et, même les lèvres scellées, son cerveau lui sommait de ne pas se laisser faire. Le compromis était difficile, mais avoir ses deux frères à côté de lui lui donna envie de faire quelques efforts et d'avoir l'air d'un grand, lui aussi, capable de régler ses conflits sans s'énerver.

« Oui ? Valley, c'est ça ? Tu devrais faire attention, t'en as mis partout, même jusqu'à mes pieds. » Le ton avait été incontrôlé : visiblement agacé. S'il essayait de mesurer ses propos, son expression ne mentait pas. Qu'est-ce qu'elle voulait, à la fin ? Oskar jeta un regard désapprobateur à Solal, tandis que le serveur passait avec lassitude la serpillière. Le garçon, lui, n'attendait qu'une chose : comprendre.

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Ada voulait vite se replonger dans la musique qui attirait ses oreilles, mais Solal lui avait répondu avec agacement et la froideur de la blonde ne fit qu'accentuer. Elle pointa ses yeux durs dans ceux du brun et continua à l'observer en essayant de contrôler sa froideur. Quand son frère était à ses côtés elle arrivait à tempérer la glace qui sortait de sa bouche, mais ses yeux eux, ne faisaient aucun effort. Pendant quelques minutes elle jeta un coup d'oeil à Hélios qui l'observait malicieusement, puis lâcha finalement, glacial :

- Rosenberg c'est ça? Je me suis excusée, et quelqu'un est entrain de nettoyer. Tu veux quoi en plus?

Cette question n'attendait pas de réponse et en répondant ainsi elle espérait clore la conversation. Pour lui faire comprendre son attention, Ada le lâcha enfin des yeux et laissa ces derniers se perdre dans la contemplation du saxophoniste. Ils avaient enfin perdu leurs froideurs, et étaient maintenant brillant d'admiration. Mais l'Aiglonne se rendit compte que son frère la fixait avec un mélange d'espièglerie et de reproche. Elle marmonna un "quoi" et il lui murmura :

- Ada... Ouvre-toi aux gens! Il a l'air sympa en plus, juste un peu impulsif.

Avec un léger sourire au visage Hélios espérait créer des liens entre la blonde et les enfants de son âge. Elle avait toujours été solitaire mais son frère voulait voir sa soeur heureuse. Il ne savait pas que la blonde avait créer un lien fort avec une Poufsouffle. Et il ne saurait pas aussi quand la douleur du manque changerait l'amoureuse. Les vacances d'été allait lui déchirer le coeur et elle préférait ne pas y penser. Mais avec ces mots Hélios lui avait rappelé ce qu'elle redoutait tant.
Pour toute réponse, Ada lui lança un regard agacé et teinté de tristesse puis montra la scène du doigt pour lui faire comprendre qu'elle préférait écouter la mélodie attirante plutôt que les paroles de son frère. Ce dernier soupira et jeta un dernier regard à Solal.

Au même moment, Ada pensa au garçon brun. Il ne se connaissaient que de vue, et avait du s'échanger peu de mots. Leurs véritables échanges avait été pendant le concert mais il n'avait pas créés un lien quelconque car Ada s'était plutôt isolée durant la préparation pour s'entraîner au saxophone ou écrire les paroles. Et puis la gamine se disait qu'il n'avait rien en commun. Leurs caractères paraissaient opposés, du moins c'est ce que répétait l'Aiglonne. Son comportement pessimiste ne voulait espérer aucune future amitié. Pourtant sa première rencontre avec Lucy avait été volcanique et maintenant elle ne rêvait plus que d'entendre sa voix, de sentir la chaleur de ses mains et de ses yeux. Avec Ada les premières rencontres étaient souvent mouvementées mais aboutissaient parfois à une relation positive.

C'est ainsi que la curiosité prit le dessus sur la froideur et elle regarda Solal avec discrétion pour capter sa réaction, finalement les foudres attirait la glace et même la musique ne parvient pas à la désintéresser des éclairs que dégageait Solal.

La vie est un mystère qu'il faut vivre et non un problème à résoudre.

Le Bleu de la Lune  PV Ada V. 

Ada Valley était une énigme. Un point d'interrogation couronné d'une couronne de points d'interrogation, dans l'esprit de Solal. Elle était quelqu'un de difficile à comprendre ; elle semblait haïr tout le monde. Solal n'avait, pourtant, jamais cherché à décrypter la froideur légendaire des expressions de la Serdaigle. Il s'était posé quelques questions mais avait déjà assez à faire avec son entourage. Il fallait nettoyer les miettes et la poudre des choux à la crème de Lucy, aider Ivy à trouver une nouvelle façon de faire le mur le soir, se lancer dans une énième discussion profonde sur l'humanité avec Noor, faire semblant de ne pas voir les flèches d'amour que lui lançaient les yeux de Christopher.. C'était sans compter Elian qui semblait toujours à deux doigts de prendre une fenêtre au lieu de prendre une porte —tragique.  Il avait déjà assez à faire avec ses propres amis pour décider d'aller briser la glace avec un des icebergs de Serdaigle. Pourtant, la maison bleue était comme sa seconde famille et s'il n'avait pas le temps ni l'occasion de devenir ami avec chacun, le garçon espérait au moins connaître chacun d'entre eux. Ada, il n'en savait qu'une chose : elle était la personnification de l'Antarctique. 

Lui, était plutôt la lave qui sommeillait dans les volcans. Et si la lave s'était éveillée quelques instants, elle se rendormait dès à présent : pas d'éruption programmée pour le moment. Le Serdaigle tourna alors la tête pour observer l'artiste sur la scène et décida d'ignorer Valley, tant pis pour elle. Son regard suivait les doigts de l'artiste enfoncer les boutons de l'instrument un par un. Il avait toujours trouvé étrange que les instruments n'étaient pas magiques : comment pouvaient-ils sortir des sons aussi mélodieux sans magie ? Les Moldus étaient clairement capables de choses incroyables, même sans magie, ce qui fascinait Solal —pour autant, il n'aurait abandonné sa magie pour rien au monde. Il en était certain. Il regretta que les repas à Poudlard n'étaient pas accompagné d'un tel artiste.
Penser à Poudlard lui rappela la présence de sa camarade à côté de lui. Il releva les yeux vers elle avec la plu grande discrétion —c'est-à-dire aucune puiqu'il croisa aussitôt le regard de la Serdaigle, qui continuait de le regarder. Il était certain qu'on n'était pas censés regarder si fixement les personnes qu'on ne connaissait qu'à peine. Il savait aussi que c'était quelque chose que faisaient les gens amoureux mais il était certain que ce n'était pas le cas d'Ada, elle n'avait même pas les yeux en cœur —il avait entendu que c'était une des particularités des gens amoureux, mais il n'avait définitivement jamais croisé quelqu'un qui avait de cœurs à la place des yeux. Il fronça les sourcils aussitôt que leurs regards se croisèrent puis tenta de se détendre : la première stratégie n'ayant pas marché, il fallait en changer. Il s'essaya à un sourire, qui ressemblait plus à une grimace qu'autre chose. Il remarqua que l'expression d'Ada semblait s'être légèrement adoucie, ce qui n'était pas compliqué lorsqu'on comparait la dureté de son expression un peu plus tôt. 
Il jeta un regard à ses frères qui semblaient avoir suivi toute la scène, au vu de leurs regards rieurs. Oskar lui fit signe de la main d'aller discuter avec la fille. Solal leva les yeux au ciel en soupirant ; il savait très bien ce qu'ils avaient en tête et le garçon n'était certainement pas en train de faire ce qu'ils croyaient qu'il faisait. Il attrapa néanmoins son tabouret et le fit glisser bruyamment jusqu'à la jeune fille avant de se mettre à siroter son soda.

« C'est cool, c'est les vacances. Tu vas faire quoi ? » Il adressa ensuite un signe de tête au garçon qui accompagnait Ada, comme s'il venait tout juste de se rendre compte qu'il existait. Peut-être était-ce son grand-frère, c'était sûrement soirée baby-sitter pour les grands frères et grandes sœurs des premières années de Poudlard. Il espérait sincèrement que le grand frère était plus doux que la petite sœur, sans quoi il finirait par se noyer dans son soda avant la fin de la soirée : il en était certain.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 2ème année RP.